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GrĂące Ă  vous Framasoft peut dĂ©coller en 2025
 et outiller celles et ceux qui changent le monde !

Il ne reste plus que quelques heures pour faire un don Ă  Framasoft, renforcer notre budget 2025, et bĂ©nĂ©ficier d’une rĂ©duction sur les impĂŽts de 2024


Ce modĂšle solidaire de la contribution et du soutien permet Ă  notre association d’exister
 mais aussi de complĂ©ter le travail de nombreuses initiatives qui, elles aussi, changent le monde Ă  leur niveau.

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21e annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

âžĄïž Lire la sĂ©rie d’articles de cette campagne (nov. – dĂ©c. 2024)

Faisons de 2025 une bonne annĂ©e !

À l’heure oĂč nous Ă©crivons ces lignes, le palier des 200 000 € de dons est dĂ©passĂ© : merci Ă  celles et ceux qui ont dĂ©jĂ  contribuĂ© !

C’est, pour nous, un sacrĂ© soulagement : ces dons vont nous assurer de pouvoir poursuivre les services DĂ©googlisons Internet et le maintien de PeerTube en 2025, pĂ©renniser le poste de Wicklow (qui a rĂ©alisĂ© cette annĂ©e l’application Lokas et surtout l’application PeerTube pour mobiles), et stabiliser l’équipe rĂ©duite de Framasoft.

DĂšs lors, tous les dons qui nous rapprochent du palier « idĂ©al Â» des 400 000 € nous permettront de faire plus, de faire mieux en 2025.

Illustration - des mascottes ont plantĂ© une flopĂ©e de ballons qui prennent la forme du logo Framasoft. Le lopin de terre s'est dĂ©tachĂ©, et ils flottent dans le ciel nocture en faisant la fĂȘte.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Ce ne sont ni les envies, ni les projets qui manquent pour 2025 (et au delĂ  !)

Nous voulons promouvoir Framaspace et en faciliter l’adoption afin d’équiper des milliers d’associations en plus. Nous souhaitons renouveler ou rĂ©nover des logiciels derriĂšre certains de nos services les plus utiles (mais vieillissants).

Nous voulons continuer de sensibiliser autour de l’enjeu de l’IA, et dĂ©montrer concrĂštement (comme avec Lokas) que les consĂ©quences dĂ©sastreuses de cette industrie sont des choix, des choix politiques, pris sans le consentement des citoyennes.

Nous avons envie de voir comment appliquer la low-technicisation, et ses valeurs de rĂ©silience, sobriĂ©tĂ©, autonomie, paisibilité  Ă  des outils pratiques et agrĂ©able qui rĂ©pondent Ă  un besoin rĂ©el.

Bref, nous avons envie de continuer Ă  apporter notre pierre aux Communs numĂ©riques. Des Communs qui offrent, Ă  celles et ceux qui crĂ©ent des bulles d’air hors du Capitalisme de Surveillance, des outils numĂ©riques efficaces, et Ă  la hauteur de leurs valeurs.

Aider Framasoft Ă  faire plus et mieux en 2025

Contributions et solidaritĂ©s : un cercle vertueux qui sert Ă  toustes

Nous l’avons rĂ©pĂ©tĂ© chaque semaine depuis le dĂ©but de cette campagne : Framasoft fonctionne grĂące Ă  un modĂšle solidaire

  • 8000 donatrices en 2023 ;
  • plus de 2 millions de bĂ©nĂ©ficiaires chaque mois ;
  • votre don (dĂ©fiscalisable Ă  66 %) peut bĂ©nĂ©ficier Ă  249 autres personnes.

Si une personne « suffit Â» pour financer les outils Framasoft de 250
 cela veut dire que 249 autres peuvent contribuer Ă  d’autres solidaritĂ©s.

La premiĂšre de ces solidaritĂ©s, c’est d’offrir de la gratuitĂ© Ă  l’entrĂ©e. Tout le monde n’a pas les moyens de payer pour un Framaforms, pour faire dĂ©velopper un PeerTube, pour ouvrir un cloud Framaspace Ă  son collectif naissant, ou pour une confĂ©rence sur les dangers des GAFAM.

D’ailleurs, tout le monde ne voit pas encore l’intĂ©rĂȘt de financer de tels outils en payant des hĂ©bergeurs de confiance plutĂŽt qu’en payant avec des morceaux de sa vie et de ses interactions avec les autres.

Offrir la gratuitĂ© d’outils numĂ©riques Ă©thiques Ă  ces personnes lĂ , c’est leur offrir la possibilitĂ© d’en expĂ©rimenter l’intĂ©rĂȘt sans se sentir discriminĂ©es par le porte monnaie.

DĂ©googlisons Internet - Image CC BY-SA David Revoy

DĂ©googlisons Internet – Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Mais surtout, nous savons qu’un grand nombre de bĂ©nĂ©ficiaires de nos services font des dons
 non pas Ă  Framasoft, mais Ă  d’autres associations, structures et initiatives amies, que l’on cĂŽtoie parfois dans un archipel de collaborations, et avec qui on partage des valeurs fondamentales.

Nous le savons, car les membres de Framasoft participent aussi Ă  cette Ă©conomie du don.

C’est la force de ce modĂšle solidaire : votre don bĂ©nĂ©ficie Ă  plus de personnes que juste vous, et ces personnes peuvent Ă  leur tour contribuer Ă  une autre initiative, qui vous servira.

Contribuer au modĂšle solidaire de Framasoft

Parmi les membres de Framasoft, on donne à


Alors c’est super tard, et super difficile comme exercice, parce qu’on sait qu’on va oublier du monde et s’en vouloir


Mais nous prĂ©fĂ©rons proposer une liste imparfaite plutĂŽt que de ne pas vous donner des idĂ©es, si vous cherchez Ă  qui donner d’ici la fin de l’annĂ©e (ou en 2025, hein : ça marche aussi !).

Sachez que parmi nos membres (personnellement et donc hyper subjectivement), nous aussi on donne
 Entre autres, on donne à


Libertés, Communs et numérique

  • l’April, association pour la dĂ©fense et la promotion du logiciel libre ;
  • Open Food Facts, pour un commun indĂ©pendant qui dĂ©crypte ce qu’il y a dans nos assiettes ;
  • Open Street Map France, pour un commun qui fait l’Histoire en dessinant la gĂ©ographie ;
  • La Contre-Voie, association qui hĂ©berge des services web et sensibilise au numĂ©rique Ă©thique ;
  • YesWiki, association au service du logiciel libre pour crĂ©er des sites communautaires et collaboratifs ;
  • WikimĂ©dia France, l’association des contributions aux projets autour de la WikipĂ©dia Francophone ;
  • InterHop, pour le dĂ©veloppement de communs numĂ©riques de la santĂ© ;
  • Exodus Privacy, association qui Ă©value et popularise le niveau de vie privĂ©e des applications android ;
  • Internet Archive, pour la prĂ©servation et l’archivage de l’internet ;
  • GCompris, logiciel libre Ă©ducatif pour les enfants de 2 Ă  10 ans ;
  • Thunderbird, le client mail libre qu’on ne prĂ©sente plus ;
  • Abuledu-fr, pour crĂ©er et promouvoir des outils numĂ©riques libres et Ă©thiques Ă  vocation pĂ©dagogique ;
  • La Digitale pour concevoir et dĂ©velopper des outils numĂ©riques libres pour les enseignantes et les enseignants ;
  • Flus, logiciel libre pour trier et partager sa veille digitale sans captation de l’attention ;
  • Codeberg, organisation sans but lucratif allemande pour le partage de code et le soutien des communs :

 

RĂ©sistances, empouvoirement et justices

 

Journalistes, artistes : cultiver les libertĂ©s

  • Au Poste ! MĂ©dia indĂ©pendant qui dĂ©fend les libertĂ©s publiques (et utilise et promeut des outils Libres) ;
  • Blast Info, autre mĂ©dia indĂ©pendant et citoyen, qui lui aussi co-diffuse ses contenus sur PeerTube ;
  • Next, web mĂ©dia indĂ©pendant sur les Ă©volutions du numĂ©rique ;
  • David Revoy, artiste du web-comic libre Pepper & Carrot (et des belles illustration pour Framasoft <3)
  • Gee, alias Ptilouk, auteur du blog BD Grise-Bouille, de jeux vidĂ©os, le tout sous licences libres !
  • Hacking Social, autrices et vidĂ©astes popularisant la psychologie sociale, et l’auto dĂ©fense contre les autoritarismes ;
  • Khaganat, association pour la crĂ©ation d’un univers libre afin d’y crĂ©er des histoires, Ɠuvres, jeux vidĂ©os ;
  • Lent CinĂ©, association de production et diffusion d’Ɠuvres audiovisuelles libres ;
  • Les designers Ă©thiques, qui Ɠuvrent pour aider Ă  produire un numĂ©rique Ă©mancipateur durable et dĂ©sirable ;
  • Libre Ă  toi, association de la radio Cause Commune (radio promouvant les Communs) ;
  • Dogmazic, plateforme de partage de musique sous licence libre ;
illustration oĂč des animaux mascottes de projets framasoft rassemblent des ballons sur deux piquets au sol. Les ballons prennent la forme d'un 20 gĂ©ant.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Le dĂ©fi (presque gagnĂ©) : 20 000 fois 20 € de dons pour les 20 ans de Framasoft !

Framasoft est financĂ©e par vos dons ! Chaque tranche de 20 euros de dons sera un nouveau ballon pour cĂ©lĂ©brer 20 ans d’aventures et nous aider Ă  continuer et dĂ©coller une 21e annĂ©e.

Jauge de dons de Framasoft au 30 dĂ©cembre 2024, Ă  268 890 €

 

À l’heure oĂč nous publions, nous avons collectĂ© 268 890 € sur notre objectif de campagne. Il ne reste plus que quelques heures pour convaincre les copaines et rĂ©colter de quoi faire dĂ©coller Framasoft.

(Et on rappelle que Framasoft Ă©tant reconnue d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, c’est le dernier jour pour faire un don dont 66 % peuvent ĂȘtre dĂ©duits de vos impĂŽts sur les revenus 2024)

Rendez-vous ce soir : dĂ©fi relevĂ© ?

🎈🎈🎈Relever le dĂ©fi avec Framasoft🎈🎈🎈

Framasoft en chiffres, Ă©dition 2024

Quel est l’impact concret des actions de notre association ? C’est la question Ă  laquelle nous aimons rĂ©pondre en fin d’annĂ©e (cf. chiffres 2022, chiffres 2023) : prendre le temps de chiffrer nos actions est essentiel pour rĂ©aliser le service que l’on peut rendre aux autres. En route pour les Framastats 2024 !

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21iĂšme annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

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Du cÎté de nos services en ligne


Plus de 1,8 million de personnes naviguent sur nos sites internet chaque mois : c’est trois fois plus de visites que n’en reçoit la Tour Eiffel, chaque mois ! C’est assez fou (et trĂšs motivant) d’imaginer que ce que nous faisons est utile Ă  tant de monde.

Et service par service, ça donne quoi ?

Framadate

Framadate permet de crĂ©er des mini-sondages, notamment pour trouver le bon crĂ©neau de rendez-vous. Et en chiffres, Framadate c’est :

  • 37 403 780 visites en 2024, soit 5 millions de plus qu’en 2023
  • 1,246 million de sondages hĂ©bergĂ©s en 2024 (sensiblement Ă©quivalent Ă  2023)
Graphique présentant l'évolution des visites sur Framadate

Graphique prĂ©sentant l’évolution des visites sur Framadate

Framapad

Framapad permet de rĂ©diger Ă  plusieurs sur un mĂȘme document. Framapad est sans doute l’un des plus gros services Etherpad au monde avec :

  • 601 800 pads hĂ©bergĂ©s actuellement, soit 92 000 de plus qu’en 2023
  • Plusieurs millions de pads hĂ©bergĂ©s depuis le lancement du service
  • 337 650 comptes sur MyPads (+ 28 000 par rapport Ă  2023)
  • Plus de 5 millions de visites en 2024
Graphique présentant la répartition des pads selon nos instances Framapad (pads annuels, bimestriels, hebdomadaires, semestriels, mensuels et comptes Mypads)

Graphique présentant la répartition des pads selon nos instances Framapad (pads annuels, bimestriels, hebdomadaires, semestriels, mensuels et comptes Mypads)

 

Framalistes et Framagroupes

Framalistes et Framagroupes permettent de crĂ©er des listes de discussion par email. Le serveur de Framalistes Ă©tant arrivĂ© au maximum de ses capacitĂ©s, nous avons ouvert Framagroupes en juin 2023, pour continuer Ă  proposer ce service que nous trouvons indispensable. Framalistes et Framagroupes sont certainement les plus gros serveurs de listes de discussion (hors gĂ©ants du Web) qui existent, avec :

  • Plus d’1,3 million d’utilisateurs et utilisatrices, soit 200 000 de plus qu’en 2023
  • 69 180 listes ouvertes, soit 5 280 de plus qu’en 2023
  • Environ 300 000 mails envoyĂ©s en moyenne par jour ouvrĂ©

Framaforms

Framaforms permet de crĂ©er simplement des questionnaires en ligne. Framaforms en chiffres c’est :

  • 867 000 visites par mois
  • 597 859 formulaires actuellement hĂ©bergĂ©s
  • 194 216 formulaires crĂ©Ă©s cette annĂ©e (22 000 de plus qu’en 2023)
Graphique présentant l'évolution des visites sur Framaforms (ça grimpe !)

Graphique prĂ©sentant l’évolution des visites sur Framforms (ça grimpe !)

Framacalc

Framacalc permet de crĂ©er des tableurs collaboratifs. C’est peut-ĂȘtre lĂ  encore la plus grosse base Ethercalc au monde avec :

  • 4 632 215 visites en 2023
  • 212 000 calcs hĂ©bergĂ©s
Graphique présentant l'évolution des visites sur Framacalc

Graphique prĂ©sentant l’évolution des visites sur Framacalc

Framateam

Framateam est un service de tchat, et permet une organisation d’équipe par canaux. C’est probablement l’une des plus grosses instances Mattermost publique au monde avec :

  • 163 730 utilisateurs et utilisatrices sur le service (dont 6 197 se connectent tous les jours), soit 15 000 de plus qu’en 2023
  • 31 703 Ă©quipes qui s’organisent
  • 184 537 canaux de discussions (20 000 de plus que l’an passĂ©)
  • Plus de 6 millions de messages Ă©changĂ©s cette annĂ©e (et presque 50 millions depuis le lancement du service)
Statistiques de Framateam, notre instance Mattermost

Statistiques de Framateam, notre instance Mattermost

Framagit

Framagit est une forge logicielle, oĂč dĂ©veloppeurs et dĂ©veloppeuses peuvent publier leur code et contribuer Ă  celui des autres. Framagit est probablement un des plus gros serveurs Gitlab publics de France avec :

  • 76 945 projets hĂ©bergĂ©s
  • 53 072 utilisateurs et utilisatrices
  • 10 615 forks
  • 161 156 issues
  • 103 153 Merge requests
  • 1,9 million de notes
Capture Ă©cran du tableau d'accueil de Framagit

Capture Ă©cran du tableau d’accueil de Framagit

Capture Ă©cran du tableau d'accueil de Framagit

Capture Ă©cran du tableau d’accueil de Framagit

Framacarte

Framacarte permet de crĂ©er des cartes gĂ©ographiques en ligne. Et en chiffres, c’est :

  • 3 161 967 visites en 2023
  • 8 764 utilisateurs et utilisatrices (+ 2 074 en un an)
  • 196 978 cartes hĂ©bergĂ©es (+ 16 476 en un an)
Graphique présentant l'évolution des visites sur Framacarte

Graphique prĂ©sentant l’évolution des visites sur Framacarte

Framatalk

Framatalk permet de crĂ©er ou rejoindre un salon de vidĂ©oconfĂ©rence. Et en chiffres, c’est :

  • 121 765 visites en 2024
  • 27 200 visioconfĂ©rences hĂ©bergĂ©es en 2024, soit en moyenne 75 confĂ©rences actives pour 200 participant⋅es par jour ouvrĂ©
Graphique présentant l'évolution des visites sur Framatalk (remarquez cet énorme pic pendant l'année des confinements !)

Graphique prĂ©sentant l’évolution des visites sur Framatalk (remarquez cet Ă©norme pic pendant l’annĂ©e des confinements !)

Framindmap

Framindmap permet de crĂ©er des cartes mentales. En chiffres, Framindmap c’est :

  • 282 379 visites en 2024
  • 1,36 1,13 million de cartes mentales hĂ©bergĂ©es, soit 223 000 cartes crĂ©Ă©es en 2024
  • 588 584 utilisateurs et utilisatrices, soit 100 000 de plus qu’en 2023
Graphique présentant l'évolution des visites sur Framindmap

Graphique prĂ©sentant l’évolution des visites sur Framindmap

 

Framavox

Framavox permet Ă  un collectif de se rĂ©unir, dĂ©battre et prendre des dĂ©cisions, dans un seul endroit. Framavox est probablement une des plus grosses instances existantes de l’excellent logiciel Loomio, avec :

  • 128 938 utilisateurs et utilisatrices, soit 9 000 de plus qu’en 2023
  • 136 067 visites en 2024
  • 13 388 communautĂ©s, ce qui fait plus de 1 000 nouvelles communautĂ©s accueillies

Framavox – Illustration de David Revoy

Framagenda

Framagenda permet de crĂ©er des calendriers en ligne. Et en chiffres, c’est :

  • prĂšs de 300 000 calendriers
  • plus de 130 000 utilisateurices

Framaspace

Framaspace est un environnement de travail collaboratif pour les petites associations et collectifs. En chiffres, c’est :

  • 1 627 associations et petits collectifs qui ne s’organisent pas chez Google
  • 777 nouveaux espaces ouverts en 2024
  • 16 serveurs (dĂ©diĂ©s et machines virtuelles) pour 640 To d’espace disque provisionnĂ©
  • Plus de 800 000 fichiers hĂ©bergĂ©s
Une licorne dĂ©guisĂ©e en cosmonaute (avec une passoire sur la tĂȘte) marche sur les nuages et souffle des bulles. Dans ces bulles, on retrouve des cubes symbolisant le travail en commun (dossiers, boite Ă  outils, livres, machine Ă  Ă©crire, boulier, etc.).

Framaspace – Illustration de David Revoy

PeerTube

PeerTube est une alternative aux plateformes vidĂ©o. Et en chiffres c’est :

  • 422 000 utilisateurs et utilisatrices, soit 122 000 de plus qu’en 2023
  • 922 000 vidĂ©os
  • 1 062 instances publiques
  • 509 000 commentaires sur les vidĂ©os, contre 200 000 l’an passĂ©, soit une multiplication par 2,5 !
  • 443 millions de vues, soit 2 fois plus que l’an passĂ© (on compte une vue Ă  partir de 10 secondes sur la vidĂ©o)
  • 503 To de fichiers
  • 411 issues rĂ©solues en 2024 (sur 4 842 issues traitĂ©es au total)
  • 441 591 visites sur JoinPeerTube.org
  • 1 nouvelle application smartphone !

Statistiques PeerTube des 3 derniers mois de 2023 : instances, utilisateurices, commentaires, vidĂ©os, vues et poids des vidĂ©os

Mobilizon

Mobilizon est l’alternative que nous proposons aux groupes et Ă©vĂ©nements Facebook. En chiffres, c’est :

Mobilizon – Illustration de David Revoy

Framadrive

Framadrive, service de stockage de documents, n’est plus ouvert aux inscriptions, mais fonctionne toujours ! Et en chiffres, c’est :

  • Plus de 10 millions de fichiers
  • PrĂšs de 5 000 utilisateurs et utilisatrices
  • 2,6 To d’espace disque utilisĂ©

Framapiaf

Framapiaf, installation du logiciel de micro-bloging Mastodon, n’est plus ouvert aux nouvelles inscriptions mais reste bien actif. En chiffres, c’est :

  • 1 400 utilisateurs et utilisatrices s’étant connecté·es dans les 30 derniers jours
  • 2 597 813 messages postĂ©s depuis la mise en place de l’instance.

Dorlotons DĂ©googlisons – Illustration de David Revoy

Infrastructure technique

Framasoft est, Ă  notre connaissance, le plus gros hĂ©bergeur associatif de services en ligne au monde. Et a priori, ce modĂšle de fonctionnement associatif n’existe nulle part ailleurs ! En chiffres :

  • 63 serveurs et 63 machines virtuelles qui hĂ©bergent nos services en ligne (soit 5 serveurs physiques de plus qu’en 2024)
  • 0,7 tonne Ă©quivalent CO2 pour la consommation Ă©lectrique annuelle de notre infrastructure technique (notre hĂ©bergeur Hetzner utilisant des Ă©nergies renouvelables hydroĂ©lectriques et Ă©oliennes)
  • 1 admin sys Ă  temps plein et 2 personnes tech en soutien
  • 1 personne au support Ă  temps plein

Je participe au financement des Framaservices

 

L’association et les communs culturels

Les services en ligne que nous mettons Ă  disposition du public ne sont pas les seuls Ă  occuper nos journĂ©es. VoilĂ  quelques chiffres concernant d’autres actions que nous avons menĂ©es Ă  bien cette annĂ©e.

Dessin dans le style d'un jeu vidĂ©o de combat, oĂč s'affronte l'Ă©lĂ©phant et le piaf de DĂ©googlisonse et le monstre de Google Suite.

C’est grĂące Ă  vos dons que EspĂ©hef et AhĂšmvĂ© font face Ă  Hydrooffice ! Illustration de David Revoy

En interne

  • Framasoft c’est 25 membres bĂ©nĂ©voles et 9 salariĂ©â‹…es
  • 45 interventions en 2024, en prĂ©sentiel et/ou en ligne sur le numĂ©rique, les communs culturels et leurs enjeux
  • Plus de 102 articles publiĂ©s sur le Framablog en 2024
  • La parution de notre premier ouvrage de notre maison d’édition Des Livres en Communs : L’amour en Commun

Les projets partagés

  • 1 128 notices sur l’annuaire Framalibre, soit 31 de plus que l’an passĂ©
  • 51 prestataires (30 de plus qu’en 2023) en capacitĂ© d’accompagner des associations dans leur Ă©mancipation numĂ©rique recensĂ©s sur le site emancipasso.org
  • La participation Ă  la rĂ©union de clĂŽture du projet ECHO Network
  • La transmission de la coordination aprĂšs 8 annĂ©es d’animation du collectif CHATONS regroupant actuellement 96 hĂ©bergeurs alternatifs

Je soutiens les actions de Framasoft

Le dĂ©fi : 20 000 fois 20 € de dons pour les 20 ans de Framasoft !

Framasoft est financĂ©e par vos dons ! Chaque tranche de 20 euros de dons sera un nouveau ballon pour cĂ©lĂ©brer 20 annĂ©es d’aventures et nous aider Ă  continuer et dĂ©coller une 21e annĂ©e.

illustration oĂč des animaux mascottes de projets framasoft rassemblent des ballons sur deux piquets au sol. Les ballons prennent la forme d'un 20 gĂ©ant.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

À ce jour, nous avons dĂ©passĂ© le pallier des 200 000 €, qui nous assure de pouvoir maintenir l’existant (en Ă©quipe rĂ©duite) en 2025.

Tout ce qui nous rapprochera du pallier idĂ©al des 400 000 € nous permettra de pouvoir accueillir de nouvelles forces, amĂ©liorer des services web, s’attaquer Ă  de nouveaux enjeux
 bref de dĂ©coller en 2025.

Il nous reste 4 jours pour convaincre les copaines et récolter de quoi faire décoller Framasoft.

Alors : dĂ©fi relevĂ© ?

🎈 Je soutiens la 21e annĂ©e de Framasoft 🎈

[bonus] Dans les coulisses du podcast des 20 ans de Framasoft

Ça y est, les deux Ă©pisodes du podcast Projets Libres ! qui racontent les 20 ans de Framasoft sont sortis ! Et comme dĂ©montrĂ© par chaque Ă©pisode de ce podcast, il y a de la rencontre humaine de partout : surtout dans un projet de podcast pour raconter un projet associatif !

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21iĂšme annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

âžĄïž Lire la sĂ©rie d’articles de cette campagne (nov. – dĂ©c. 2024)

 

Framasoft ouvre donc les lignes du Framablog Ă  Walid Nouh (le rĂ©alisateur de cette sĂ©rie de podcasts libres sur des projets libres qu’on ne saurait trop vous conseiller), car nous avions fortement envie de vous raconter les coulisses de ces enregistrements
 Avec, entre parenthĂšses et en italiques, des petites « notes de Pouhiou Â» pour contextualiser ce qu’il s’est passĂ© cĂŽtĂ© Framasoft.

photo de Walid Nouh

Walid (crĂ©dit : site du podcast Projets Libres ! )

Automne 2023 : un Ă©pisode consacrĂ© Ă  PeerTube fait naĂźtre une idĂ©e.

Quelques semaines aprĂšs la publication de l’épisode sur l’histoire de Peertube avec Pouhiou et Booteille, je reçois un mail de Pouhiou me demandant si cela pourrait m’intĂ©resser de raconter l’histoire humaine des 20 ans Framasoft. L’équipe a apprĂ©ciĂ© l’épisode sur PeerTube, et me propose donc un autre projet.

(Walid est ici trĂšs modeste : participer Ă  ce podcast est une chance. Il travaille brillamment son sujet en amont, pour ouvrir un espace oĂč on se sent Ă  l’aise de raconter les rencontres, les envies, les joies, les atermoiements
 bref les partages humains qui font qu’un projet avance. C’est rare (et prĂ©cieux) que quelqu’un vous tende une chaise et une oreille pour vous dire : « vas-y, raconte moi. Â» — Note de Pouhiou)

Les choses sont posĂ©es avec cette petite phrase :

Donc si le projet t’intĂ©resse, il faudra que tu poses clairement ton cadre et tes limites, histoire de ne pas te faire dĂ©border par le sujet

(il faut dire qu’à Framasoft nous avons 20 ans d’Histoire et d’histoires Ă  raconter, et une quarantaine de bavard·es invĂ©tĂ©rĂ©es actifves
 sans compter les membres des annĂ©es passĂ©s. Y’a de quoi se faire noyer sous les anecdotes ! — NdP)

capture d'Ă©cran de la page des choix pour s'abonner au podcast projets Libres

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Automne 2024 : on passe Ă  l’action

Le temps passe, et je commence Ă  faire plus ample connaissance avec Pierre-Yves Gosset (pyg) quand on se croise sur les salons (Capitole du libre, JDLL, RPLL, etc).

Bref, j’avais un peu procrastinĂ© sur le sujet en pensant Ă  la masse de travail que cela reprĂ©sente (et surtout au format que je pourrais imaginer) !

Et puis en octobre, le mois dernier, Pouhiou me recontacte pour savoir si je suis toujours intĂ©ressĂ© : est-ce que vous ne seriez pas intĂ©ressĂ©, vous, par faire une interview de l’équipe de Framasoft, suivant le format que vous avez vous-mĂȘme dĂ©fini ^^ ?

(Franchement, de notre cĂŽtĂ©, c’était une bouteille Ă  la mer
 Avec une annĂ©e 2024 tumultueuse, nous n’avons pas pu relancer Walid avant octobre
 Donc nous n’imaginions pas qu’il rĂ©ponde ainsi au quart de tour, avec enthousiasme
 et ça nous a fait trĂšs chaud au cƓur ! — NdP)

J’accepte donc de suite et je rĂ©flĂ©chis rapidement Ă  un format. Je propose de partir sur une entrevue en deux parties, un peu comme ce que j’avais fait pour les Ă©pisodes sur GLPI.

On se met d’accord sur les intervenants, et l’équipe me demande de ne pas faire de trame pour avoir le cĂŽtĂ© spontanĂ© (je fais toujours une trame que je soumets aux invitĂ©.es, ce qui m’aide Ă  mener l’entrevue).

La seule contrainte c’est que les deux Ă©pisodes doivent ĂȘtre enregistrĂ©s sur une semaine (je me dĂ©pĂȘche donc de proposer les deux framadates !).

(Notons ici que nous devons beaucoup au professionnalisme de Walid. Car quand il accepte, d’abord on est surpris, ensuite on est contentes, et enfin on panique un peu d’avoir dĂ©jĂ  un calendrier un peut trop rempli
 Mais il nous a gĂ©rĂ© de main de maĂźtre ! — NdP)

capture d'écran de la page du podcast projets libres dédié à Framasoft

Cliquez pour aller Ă©couter le premier Ă©pisode du podcast racontant les 20 ans de Framasoft

21 et 23 octobre 2024 : silence, ça tousse !

L’enregistrement du premier Ă©pisode ne se passe pas dans les meilleures conditions car Alexis a une connexion capricieuse, et il se dĂ©connecte une dizaine de fois pendant l’enregistrement
 Pierre-Yves et moi n’étions pas super sereins, mais finalement plus de peur que de mal, j’ai bien rĂ©cupĂ©rĂ© toutes les bandes sons !

(LĂ  encore, Walid fait preuve de beaucoup de mĂ©thode dans l’enregistrement et le montage, ce qui a permis un si beau rĂ©sultat — NdP)

Le second enregistrement se passe bien, à part un Pouhiou un peu malade. Nous avons tout le temps pour parler et enregistrer, et donc dire l’essentiel.

(Alors en vrai j’étais rĂ©tamĂ© par une vilaine crĂšve, j’ai dormi tout l’aprĂšm, je me suis shootĂ© au paracĂ©tamol + un truc Ă  la vitamine C du fond de ma trousse Ă  pharmacie
 et aprĂšs l’enregistrement j’ai passĂ© trois jours sous la couette. Mais j’ai dĂ» bien tricher si ça ne s’entend pas trop :p — NdP)

Au final j’ai quatre heures de discussions passionnantes qu’il va falloir monter, transcrire et mettre en forme (cela reprĂ©sente environ 12 Ă  15 heures de travail).

(Et encore, si ce n’est « que Â» 15 heures de boulot, c’est parce que maintenant tu es rĂŽdĂ©, Walid
 C’est important de dire que derriĂšre tout podcast, toute vidĂ©o, tout article blog
 il y a un travail de mise en forme important, souvent ingrat et invisible. — NdP)

capture d'écran de la page du podcast projets libres dédié à Framasoft

Cliquez pour aller Ă©couter le deuxiĂšme Ă©pisode du podcast racontant les 20 ans de Framasoft

Les leçons de ces enregistrements

J’en tire quelques leçons :

  • c’est une grande marque de confiance dont je suis trĂšs fier
    • (C’est le soin que tu mets dans ton travail qui se voit et inspire confiance, en fait. — NdP)
  • j’ai appris plein de choses et j’ai pu poser mes questions
  • il faut bien confirmer que les gens ont reçu mon invitation pour l’enregistrement

    • (Oui alors il faut dire que les Frama-tĂȘte-en-l’air sont nombreuses, dans l’association ^^ — Note de Pouhiou)
  • si tu connais les gens ou le sujet, c’est possible de faire des Ă©pisodes intĂ©ressants sans trame (merci les conversations avec pyg !), sinon c’est compliquĂ© de ne pas passer Ă  cĂŽtĂ© des choses qui te semblent importantes
  • ces deux Ă©pisodes sont un bon rĂ©sumĂ© de ce qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© publiĂ© sur toute cette aventure. J’avais comme envie de donner aux auditeur.ices un panorama de ce qui s’est passĂ© d’important pendant ces vingt ans pour l’asso, et de montrer les transformations qui se sont produites
    • (et nous on trouve que c’est trĂšs rĂ©ussi
 on espĂšre que les personnes qui ont Ă©coutĂ© le podcast aussi ! — NdP)

En conclusion je remercie l’équipe de Framasoft pour sa confiance, et j’espĂšre que vous aurez autant de plaisir Ă  Ă©couter (ou lire) ces entrevues que j’en ai eu Ă  les rĂ©aliser !

Je sais que les notes que j’ai ajoutĂ©es Ă  ton tĂ©moignage peuvent paraĂźtre flagorneuses
 mais elles sont simplement vraies.

C’est vraiment à nous, Walid, de te remercier.

C’est toi qui a rĂ©pondu prĂ©sent, Ă©coutĂ©, organisĂ©, rĂ©flĂ©chi, travaillĂ©, enregistrĂ©, dĂ©rushĂ©, montĂ©, transcrit, traduit
 Bref c’est toi qui a offert ton travail Ă  Framasoft pour nous aider Ă  partager un peu plus l’histoire de notre association. Et pour cela, tu as toute notre reconnaissance. (cette note-lĂ  n’est pas que de Pouhiou
 mais de tout Framasoft)

illustration oĂč des animaux mascottes de projets framasoft rassemblent des ballons sur deux piquets au sol. Les ballons prennent la forme d'un 20 gĂ©ant.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Les 20 ans de Framasoft : ne loupez rien !

Nous sommes fin 2024, et Framasoft fĂȘte ses vingt annĂ©es d’existence associative avec

À ce jour, nous avons collectĂ© 213 766 € sur notre objectif de campagne. Il nous reste 7 jours pour convaincre les copaines et rĂ©colter de quoi faire dĂ©coller Framasoft.

Alors : dĂ©fi relevĂ© ?

🎈 Je soutiens la 21e annĂ©e de Framasoft 🎈

Bilan de deux annĂ©es d’actions pour « DĂ©googliser les assos Â» 🩆🩆

En lançant en octobre 2022 la campagne COllectivisons INternet / COnvivialisons INternet (coin coin pour les intimes), nous annoncions notre ambition de poursuivre le mouvement Ă©mancipateur lancĂ© par DĂ©googlisons Internet et approfondi par Contributopia, sans limiter nos actions aux « petits gestes individuels de dĂ©googlisation Â». Notre objectif : fournir des outils numĂ©riques aux associations et collectifs qui Ɠuvrent pour le bien commun et le bien des Communs.

Un peu plus de deux ans aprÚs le lancement de cette feuille de route, il est temps pour nous de vous présenter le bilan des 4 projets la constituant.

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21e annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

âžĄïž Lire la sĂ©rie d’articles de cette campagne (nov. – dĂ©c. 2024)

Emancip’Asso, favoriser l’émancipation numĂ©rique du monde associatif

BanniÚre Emancip'Asso : "les géants du numérique, c'est pas automatique !"

PremiĂšre Ă©tape : accompagner la montĂ©e en compĂ©tences des fournisseurs de services numĂ©riques Ă©thiques

Ayant constatĂ© que les fournisseurs de services numĂ©riques Ă©thiques Ă©taient peu nombreux Ă  proposer des solutions prenant rĂ©ellement en compte les besoins des associations, notamment l’accompagnement nĂ©cessaire pour mener Ă  bien une dĂ©marche de transition vers des outils numĂ©riques libres, nous avons souhaitĂ© accompagner la montĂ©e en compĂ©tences de ces acteurices Ă  travers deux dispositifs : une formation et un cours en ligne (MOOC).

Nous avons publiĂ© le bilan complet de ces dispositifs sur le Framablog fin 2023. Rappelons tout de mĂȘme que 20 personnes se sont retrouvĂ©es Ă  Paris en janvier 2023 pour participer Ă  la formation « DĂ©velopper une offre de services pour accompagner les associations dans leur transition numĂ©rique Ă©thique Â» et que courant 2023, cette formation a Ă©tĂ© transposĂ©e en cours en ligne sur la plateforme https://mooc.chatons.org/.

screenshot de la page d'accueil du MOOC Emancip'Assp

C’est bien Ă©videmment Ă  son lancement il y a un an que la frĂ©quentation du MOOC a Ă©tĂ© la plus importante : plus de 2000 consultations des leçons en dĂ©cembre 2023 (dont 1253 provenant d’apprenant⋅es identifiĂ©â‹…es) et 1150 en janvier 2024. À compter de fĂ©vrier, on note une consultation bien plus faible, mais rĂ©guliĂšre des leçons Ă  hauteur de 120 consultĂ©es en moyenne chaque mois. Sachant qu’il est possible de suivre le MOOC de maniĂšre anonyme, il n’est pas aisĂ© de dĂ©terminer le nombre rĂ©el d’apprenant⋅es, mais on comptabilise 91 comptes crĂ©Ă©s qui ont suivi tout ou partie du MOOC.

Seconde Ă©tape : un site web pour que les associations trouvent qui peut les accompagner dans leur Ă©mancipation numĂ©rique

Si le site emancipasso.org a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© au cours de l’annĂ©e 2023, c’est en mars 2024 que nous avons communiquĂ© spĂ©cifiquement Ă  son sujet auprĂšs des associations. La campagne de communication « Associations : les gĂ©ants du numĂ©rique, c’est pas automatique ! Â» s’est articulĂ©e autour d’articles de blog (l’un prĂ©sentant le projet, les autres documentant la dĂ©marche de plusieurs associations en cours de transition), de publications sur les rĂ©seaux sociaux (#EmancipAsso) pour visibiliser les prestataires du rĂ©pertoire et cĂ©lĂ©brer les associations qui ont mis en cohĂ©rence leurs outils et leurs valeurs, d’un webinaire de prĂ©sentation et d’une campagne d’emailing auprĂšs des organisations de l’ESS.

S’il est difficile d’évaluer si cette campagne a permis aux associations de prendre conscience de l’incohĂ©rence qu’il y a Ă  vouloir changer le monde en utilisant les outils du capitalisme, on peut se fĂ©liciter que la communautĂ© Emancip’Asso, espace d’entraide pour Ă©changer bonnes pratiques, conseils et astuces, ait progressivement Ă©tĂ© rejointe par des associations et des acteurices de l’écosystĂšme du numĂ©rique Ă©mancipateur. On comptabilise Ă  ce jour 145 comptes, dont quasiment la moitiĂ© (48,3 %) y ont contribuĂ©. Au total, la communautĂ© a accueilli 105 Ă©changes, lesquels reprĂ©sentent au total 360 messages. Ces Ă©changes sont principalement initiĂ©s par des membres d’associations pour exprimer des besoins techniques ou stratĂ©giques. La communautĂ© (prestataires et/ou autres associations) y rĂ©pond rapidement (dĂ©lai de moins de 3 jours en gĂ©nĂ©ral) et on estime que le niveau de satisfaction est Ă©levĂ©. De plus, l’outil est un bon moyen pour les prestataires recensĂ©s dans le rĂ©pertoire de valoriser leur savoir-faire.

screenshot du forum Emancip'Assp

On peut aussi se rĂ©jouir de voir de plus en plus de prestataires soumettre leur candidature pour intĂ©grer le rĂ©pertoire. En l’espace d’un an, leur nombre a doublĂ© : ils Ă©taient 25 en dĂ©cembre 2023, 33 au lancement de la campagne de communication en mars et 52 dĂ©sormais.

Enfin, afin de faire connaĂźtre Emancip’Asso au plus grand nombre, nous l’avons prĂ©sentĂ© Ă  plusieurs reprises en 2024 :

  • le 31 janvier au Forum national de l’ESS (Niort)
  • le 25 avril lors d’un webinaire pour le rĂ©seau NumĂ©ris’Asso
  • le 26 mai aux JournĂ©es du Logiciel Libre (Lyon)
  • le 10 juin aux Rencontres Professionnelles du logiciel libre (Lyon)
  • le 26 septembre lors d’un webinaire pour la communautĂ© de la Fondation CrĂ©dit CoopĂ©ratif
  • le 13 novembre au Forum National des Associations et fondations (Paris)
  • le 23 novembre au Campus du Libre (Lyon)
  • le 10 dĂ©cembre lors d’un mardi de l’ESS (Lyon) sur Les Communs numĂ©riques, leviers de la transformation sociale

Perspectives

Emancip’Asso n’en est qu’à ses dĂ©buts et a vocation Ă  durer dans le temps, pour convaincre toujours plus d’associations de mettre en cohĂ©rence leurs outils numĂ©riques avec leurs valeurs.

Nous allons continuer Ă  faire connaĂźtre le site emancipasso.org en :

  • communiquant rĂ©guliĂšrement sur les prestataires recensĂ©s dans le rĂ©pertoire ;
  • prĂ©sentant les ressources qui y sont rĂ©pertoriĂ©es ;
  • animant la communautĂ© Emancip’Asso ;
  • dĂ©veloppant les partenariats avec les fĂ©dĂ©rations d’associations ;
  • dĂ©veloppant notre prĂ©sence lors des Ă©vĂ©nements nationaux du secteur associatif ;
  • animant webinaires de prĂ©sentation, ateliers ou confĂ©rences.

Et nous comptons sur le bouche-Ă -oreille pour que ce site devienne une ressource incontournable pour toutes les associations : n’hĂ©sitez pas Ă  prĂ©senter cet outil Ă  vos associations prĂ©fĂ©rĂ©es !

Si vous le souhaitez, vous pouvez nous donner les moyens de continuer Ă  faire dĂ©couvrir Emancip’Asso auprĂšs des nombreuses associations qui utilisent encore les outils des gĂ©ants du web.

Soutenir Emancip’Asso (et Framasoft)

 

Peer.Tube, mettre en valeur le PeerTube pour lequel nous Ɠuvrons

PeerTube pouvant ĂȘtre utilisĂ© par toutes et n’importe qui, on peut parfois trouver tout et n’importe quoi dans cet univers de vidĂ©os, dont des contenus qui ne nous correspondent pas du tout. Ce n’est pas notre rĂŽle de les interdire, mais cela peut ĂȘtre notre rĂŽle de promouvoir des vidĂ©os sur PeerTube qui nous rendent fiĂšr·es de tout ce travail que nous fournissons depuis plus de 7 ans sur ce logiciel.

Notre idĂ©e Ă©tait donc de crĂ©er sur le site peer.tube une vitrine de vidĂ©os PeerTube qui nous enthousiasment. En rĂ©alisant ce travail de curation, via la sĂ©lection de contenus de qualitĂ©, nous aurions ainsi pour rĂ©pondre Ă  celles et ceux qui nous demandent comment trouver des vidĂ©os intĂ©ressantes sur PeerTube : essaye sur peer.tube !

Nous avions prĂ©vu 4 axes de dĂ©veloppement sur ce projet :

  • se fĂ©dĂ©rer avec des instances et chaĂźnes au contenu original,
  • partager nos choix de fĂ©dĂ©ration pour que d’autres instances puissent les suivre,
  • permettre Ă  des crĂ©atrices de contenus qui ne trouvent pas leur place sur d’autres instances de candidater pour avoir un compte sur peer.tube,
  • tenter de faire communautĂ© avec les administratrices et administrateurs d’autres instances qui ont Ă©tabli leur ligne Ă©ditoriale.

Si, en 2022, nous avions dĂ©jĂ  commencĂ© ce travail en proposant sur peer.tube une sĂ©lection de chaĂźnes « qui valent le dĂ©tour Â» et de quelques playlists en anglais et en français, nous n’avons au final pas trouvĂ© l’énergie et la disponibilitĂ© d’avancer davantage dans ce projet.

screenshot de la page d'accueil de peer.tube

Pour autant, le besoin est, selon nous, toujours d’actualitĂ©. Nous avions d’ailleurs pensĂ© que l’application PeerTube que nous venons de publier pourrait en partie y rĂ©pondre. Mais c’était avant qu’on dĂ©couvre que les magasins d’applications d’Apple (AppStore) et Google (PlayStore) n’étaient manifestement pas prĂȘts Ă  hĂ©berger un client pour (non pas une plateforme mais) un rĂ©seau de plateformes autonomes de partage de vidĂ©os. Ainsi, pour pouvoir publier l’application PeerTube, nous avons dĂ» prĂ©senter l’application mobile avec une « liste autorisĂ©e Â» de plateformes PeerTube rĂ©pondant Ă  leurs normes. Normes qui font que certains comptes et certaines chaĂźnes que nous trouvons pertinents (et qui sont dĂ©jĂ  dans notre sĂ©lection sur https://peer.tube/) en sont exclus.

Si le projet Peer.Tube n’a pas vu le jour sous la forme qu’on avait imaginĂ©e en 2022, on espĂšre cependant qu’on pourra envisager sa transformation (ou sa relance) prochainement. En 2025, on aimerait continuer Ă  mettre un peu d’énergie et de moyens pour davantage valoriser les contenus de qualitĂ© postĂ©s sur le rĂ©seau PeerTube. Cela pourrait ĂȘtre en prolongeant l’expĂ©rience de la newsletter de l’écosystĂšme PeerTube envoyĂ©e en avril dernier
 ou bien d’une toute autre façon


Si vous pensez que c’est une bonne idĂ©e, n’hĂ©sitez pas Ă  nous le faire savoir : quelques encouragements en commentaire et/ou votre soutien financier nous serons trĂšs prĂ©cieux.

Soutenir la promotion de PeerTube (et Framasoft)

 

Framaspace, cloud convivial pour collectifs solidaires

Deux ans aprĂšs l’annonce de Framaspace, un environnement de travail en ligne collaboratif pour outiller les associations et collectifs qui veulent changer le monde, 1627 organisations ont rejoint ce service gratuit basĂ© sur le logiciel libre Nextcloud. C’est 125 de plus depuis la publication de l’article de blog du 26 novembre, ce qui nous conforte dans l’idĂ©e que ce service rĂ©pond bien Ă  un besoin.

Un environnement de travail collaboratif tout-en-un


Entre la version beta lancĂ©e le 15 novembre 2022 et aujourd’hui, le service Framaspace a bĂ©nĂ©ficiĂ© de nombreuses amĂ©liorations via :

  • plusieurs mises-Ă -jour majeures de Nextcloud, le logiciel derriĂšre Framaspace ;
  • le dĂ©veloppement et l’ajout de 2 applications : Visites guidĂ©es et Transfert de propriĂ©tĂ© ;
  • l’ajout de 3 autres applications : Formulaires, Tableaux et Paheko.
Illustration - Dans l'espace, une licorne fait apparaitre des bulles de sa baguette magique. Dans les bulles, on trouve des symboles : un boulier, des fichiers, etc.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Framaspace, c’est aujourd’hui une suite logicielle qui intĂšgre 13 outils :

📁 un espace de stockage / partage de documents (drive)

đŸ—’ïž une suite bureautique pour l’édition collaborative des fichiers

đŸ“· une application pour crĂ©er des albums de photos ou des vidĂ©os

💬 la possibilitĂ© d’échanger par conversation Ă©crite ou en visioconfĂ©rence avec les autres utilisateur⋅ices

đŸ‘„ un carnet de contacts oĂč en plus d’y enregistrer vos contacts personnels, vous pouvez crĂ©er des groupes pour les organiser et des Ă©quipes pour partager des donnĂ©es spĂ©cifiques

đŸ—“ïž une application pour crĂ©er des agendas, y ajouter vos Ă©vĂ©nements et les partager

đŸ—‚ïž un outil de gestion de projet de style kanban destinĂ© Ă  la planification personnelle et Ă  l’organisation de projets en Ă©quipe

📣 un module d’annonces qui permet de publier des informations à destination de tous les utilisateur⋅ices de votre Framaspace

🔄 une application permettant aux associations qui ont rejoint Framaspace de coopĂ©rer entre elles autour de projets communautaires, en construisant des connaissances partagĂ©es via l’édition collaborative de contenus

📊 un outil pour crĂ©er des formulaires simples dont les rĂ©sultats sont visibles directement ou transfĂ©rĂ©s dans un fichier .csv ou un tableur

đŸ§© un outil de gestion de la vie associative (gestion des membres, gestion des activitĂ©s et gestion comptable)

📝 une application pour gĂ©rer des listes de tĂąches et de les partager avec d’autres utilisateur⋅ices

🚀 un outil no code qui permet de crĂ©er des mini-applications (rĂ©servĂ© Ă  un public ayant une bonne maĂźtrise des outils numĂ©riques)

Et on ne compte pas s’arrĂȘter lĂ  ! MĂȘme si nous proposons dĂ©sormais une offre relativement complĂšte. Avec l’installation de la version 30 de Nextcloud dĂ©but 2025, de nouvelles fonctionnalitĂ©s intĂ©ressantes vont ĂȘtre ajoutĂ©es. Pour la suite, nous envisageons de mettre en place une infrastructure plus performante pour augmenter les capacitĂ©s de l’outil de visioconfĂ©rence intĂ©grĂ© Ă  Framaspace pour que cette fonctionnalitĂ© soit accessible Ă  davantage de participant⋅es.

De plus, nous Ă©valuerons l’intĂ©gration de nouvelles applications, comme celle mettant Ă  disposition un tableau blanc interactif et partagĂ©, ou celle proposant des dossiers de groupes (qui reste pour l’instant un peu trop buguĂ©e Ă  notre goĂ»t). Nous estimerons la pertinence d’intĂ©grer la valorisation du bĂ©nĂ©volat. Et nous verrons si nous avons les moyens humains et financiers d’ajouter la possibilitĂ© de crĂ©er et gĂ©rer votre site web associatif, directement depuis votre Framaspace.

Soutenir Framaspace (et Framasoft)

 


 adoptĂ© par des organisations Ɠuvrant Ă  la transformation sociale et environnementale

GrĂące aux informations renseignĂ©es lors de chaque inscription, il nous est possible d’avoir une petite idĂ©e de qui sont les bĂ©nĂ©ficiaires de Framaspace. On constate ainsi que ce sont des structures plutĂŽt rĂ©centes : 42 % d’entre elles ont moins de 5 ans alors que 26 % ont entre 5 et 15 ans et 32 % plus de 15 ans. Elles sont mĂȘme 10 % Ă  avoir Ă©tĂ© crĂ©Ă©es en 2024.

graphique en barre montrant en absysse le nombre de structures et en ordonnée les années de création

 

La majeure partie d’entre elles (70 %) sont constituĂ©es en associations, mais 25 % sont des collectifs informels et 5 % des syndicats.

Quant Ă  leurs domaines d’intervention, elles sont 43 % Ă  indiquer qu’elles Ɠuvrent dans l’éducation, 41 % dans le social et 40 % dans l’environnement.

Nous le constations dĂ©jĂ  en 2022 et 2023 et cela se confirme en 2024 : nous avons rĂ©ussi Ă  cibler le public que nous souhaitions toucher : des associations (dĂ©clarĂ©es ou de fait) plutĂŽt petites, avec de petits budgets dont les domaines d’intervention sont l’éducation, l’environnement, le social ou le culturel. Ce qui n’est pas Ă©tonnant quand on connaĂźt le public de Framasoft !

Du cĂŽtĂ© des usages, 46 % d’entre elles ont crĂ©Ă© entre 1 et 4 comptes sur leur Framaspace, 20 % entre 5 et 9 comptes, 10 % entre 10 et 14 comptes et seulement 24 % ont crĂ©Ă© 15 comptes et plus. Rien d’étonnant Ă  cela puisque Framaspace est rĂ©servĂ© aux petites organisations.

Elles sont finalement assez peu nombreuses Ă  ĂȘtre contraintes par la capacitĂ© de stockage maximum que nous avons fixĂ©e : 90 % stockent sur leur Framaspace moins de 5 Go de donnĂ©es et seulement 2 % d’entre elles ont dĂ©passĂ© les 20 Go de donnĂ©es alors qu’elles sont 8 % Ă  utiliser entre 5 et 20 Go.

Pour construire les fondations d’une communautĂ© francophone d’utilisateur⋅ices de Nextcloud et favoriser l’entraide entre les utilisateur⋅ices de Framaspace, nous avons mis en place un forum. A ce jour, 388 comptes y ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©s, ce qui est encore trop peu Ă  notre goĂ»t au regard du nombre de structures utilisant Framaspace. En revanche, les Ă©changes vont bon train puisque 1642 messages ont Ă©tĂ© postĂ©s au sein de 497 sujets diffĂ©rents.

En 2025, nous souhaitons mettre davantage d’énergie pour inciter les structures qui ne l’ont pas encore rejoint Ă  le faire et pour animer et modĂ©rĂ©r les Ă©changes qui s’y tiendront. Cela ne pourra Ă©videmment se faire que si vous nous en donnez les moyens.

Soutenir les 1600 bénéficiaires de Framaspace (et Framasoft)

 

Et la suite ? promouvoir et faciliter l’adoption !

Le projet Framaspace n’en est qu’à ses dĂ©buts et, en 2025, nous espĂ©rons que davantage d’associations et collectifs pourront en bĂ©nĂ©ficier. Car si accueillir 1627 organisations est dĂ©jĂ  un exploit technique, nous aimerions davantage permettre Ă  ces structures de s’émanciper des outils des gĂ©ants du web. Pour cela, nous souhaitons consacrer davantage de temps Ă  la promotion de ce service.

Un autre objectif pour l’annĂ©e Ă  venir est de dĂ©velopper l’accompagnement aux usages de Framaspace. Mieux accompagner les utilisateur⋅ices, notamment celles et ceux qui dĂ©couvrent Nextcloud, nous semble essentiel au regard de la complexitĂ© de l’outil. Nous allons nous lancer dans la rĂ©alisation du tutoriel interactif dont vous serez l’hĂ©roĂŻne ou le hĂ©ros et comptons produire plusieurs tutoriels sur des fonctionnalitĂ©s avancĂ©es de NextCloud, en particulier sur les apps « Formulaires Â», « Tableaux Â» et « Paheko Â».

Enfin, nous souhaitons inciter Ă  la « collaboration politique Â» entre les espaces. Que cela soit en mettant en valeur les possibilitĂ©s de « fĂ©dĂ©ration Â» (c’est-Ă -dire la possibilitĂ© de lier et de partager des informations entre plusieurs espaces Framaspace ou Nextcloud), ou en proposant une « veille militante Â» partagĂ©e afin de faciliter les mobilisations (ce qui nous semble particuliĂšrement essentiel en ce moment).

À la louche, on estime que le service Framaspace nous a coĂ»tĂ© 30 000 € en 2024 : la moitiĂ© de cette somme a servi Ă  louer des serveurs, l’autre Ă  rĂ©munĂ©rer les Ă©quipes techniques. Mais si en 2025, comme nous le souhaitons, nous consacrons davantage de temps Ă  promouvoir Framaspace, dĂ©velopper l’accompagnement Ă  sa prise en main et inciter Ă  la collaboration entre utilisateur⋅ices, ces coĂ»ts vont forcĂ©ment augmenter.

Nous pensons sincĂšrement qu’un service rĂ©alisĂ© par une association pour des associations a du sens. Si vous le pensez aussi, que vous bĂ©nĂ©ficiez ou non d’un Framaspace, nous avons donc besoin de votre soutien, dĂšs maintenant, afin de nous « aider Ă  aider Â» ces structures non seulement Ă  quitter les GAFAM et Ă  mettre leurs outils en cohĂ©rence avec leurs valeurs, mais aussi et surtout Ă  mieux agir, Ă  mieux coopĂ©rer, Ă  mieux crĂ©er du lien. À mieux faire sociĂ©tĂ©, ensemble.

Soutenir l’avenir de Framaspace (et Framasoft)

 

ECHO Network, comprendre les besoins de l’éducation populaire hors de nos frontiĂšres

Ethical, Commons, Humans, Open-Source Network (RĂ©seau autour de l’Éthique, les Communs, les Humaines et l’Open-source) est un projet et un rĂ©seau de 7 structures associatives d’éducation populaire provenant de 5 pays europĂ©ens (CĂ©mĂ©a Federzione Italia, CĂ©mĂ©a Belgique, Willi Eichler Academy, Solidar Foundation, Centar Za Mirovne Studije et Framasoft) menĂ© par l’association d’éducation populaire des CĂ©mĂ©a France.

logo du projet Echo Network

Si ces organisations ont en commun d’accompagner les citoyen⋅nes dans leur autonomie et leur Ă©mancipation, elles s’interrogeaient sur comment accompagner leurs publics Ă  s’émanciper des services des gĂ©ants du web. Le projet s’est donc donnĂ© comme objectif de promouvoir la citoyennetĂ© numĂ©rique en outillant les organisations de jeunesse et plus largement les associations, Ă  analyser et comprendre les effets du numĂ©rique sur nos vies, nos organisations et nos relations, en tenant compte des droits des personnes ; et en proposant des alternatives numĂ©riques Ă©thiques, respectueuses de l’environnement et des droits humains.

5 temps forts en 2023

En 2023, les partenaires du projet se sont rencontrĂ©s, ont Ă©changĂ© des pratiques et expĂ©rimentĂ©s des mĂ©thodes d’animation lors de 5 temps forts. Un sĂ©minaire d’ouverture s’est tenu en janvier 2023 Ă  Paris et a Ă©tĂ© suivi de 4 visites d’études dans chacun des pays pour Ă©changer sur les usages numĂ©riques spĂ©cifiques Ă  leurs pays, leur culture, leur langue. Si ces rencontres ont permis une meilleure comprĂ©hension du contexte de chacun·e, elles ont surtout favorisĂ© l’acquisition de connaissances et de compĂ©tences.

Le sĂ©minaire d’ouverture co-organisĂ© par les CemĂ©a France et Framasoft a rassemblĂ© Ă  Paris une trentaine de participant·es reprĂ©sentant les partenaires du projet ECHO Network et plus de vingt personnes des rĂ©seaux de l’éducation nouvelle, de la mĂ©diation numĂ©rique, des communs et du libre. Pendant 3 jours, les participant⋅es ont pu faire connaissance et Ă©changer sur les notions d’Éthique, de Communs, d’Humanisation et d’Ouverture dans le numĂ©rique.

lire le CR complet sur le Framablog

La premiĂšre visite d’étude s’est tenue Ă  Berlin du 27 au 31 mars 2023. OrganisĂ©e par la Willi Eichler Akademy sur la thĂ©matique « jeunes, rĂ©seaux sociaux et Ă©ducation politique Â», elle a permis aux participant⋅es de questionner leurs usages des rĂ©seaux sociaux (comment partager nos messages en restant cohĂ©rent⋅es avec ce que l’on dĂ©fend) et de mieux comprendre comment les jeunes gĂ©nĂ©rations les apprĂ©hendaient.

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Du 12 au 17 juin 2023, c’est sous le soleil de Bruxelles que s’est tenue la deuxiĂšme visite d’étude sur la thĂ©matique « pratiques d’éducation active pour sensibiliser aux outils Ă©thiques Â». Les participant⋅es ont pu expĂ©rimenter de nombreux formats d’animation pour partager leurs connaissances en matiĂšre de numĂ©rique Ă©thique, mais aussi rencontrer les diffĂ©rentes organisations locales ou se former Ă  la captation vidĂ©o ou Ă  la diffusion radio.

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La troisiĂšme visite d’étude s’est dĂ©roulĂ©e Ă  Rome du 27 au 29 septembre 2023. OrganisĂ©e par la fĂ©dĂ©ration italienne des CEMEA autour de la thĂ©matique « Entre prĂ©sentiel et distanciel, quelle utilisation du numĂ©rique ? Â», elle s’est articulĂ©e autour de rencontres avec plusieurs associations italiennes, dont les formateur·ices ont tĂ©moignĂ© de leur utilisation des outils numĂ©riques en formation, d’ateliers de rĂ©flexion et de production sur les enjeux du numĂ©rique dans les formations et les contenus pĂ©dagogiques et la rencontre avec une chercheuse de l’UniversitĂ© de Rome Tre autour des enjeux de l’Intelligence Artificielle.

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Le consortium du projet ECHO Network s’est retrouvĂ© pour la derniĂšre visite d’étude du projet, Ă  Zagreb du 5 au 7 dĂ©cembre 2023 au Center for Peace Studies, organisation croate de dĂ©fense des droits humains. Les participant·es ont pu rencontrer diffĂ©rentes organisations croates utilisant le numĂ©rique dans leurs activitĂ©s, Ă©changer sur la question des Droits Humains et de l’IA, sur le rĂŽle d’Internet dans les mouvements anti-guerre en Croatie dans les annĂ©es 90 et de la cyber-surveillance.

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2024 : production et valorisation

AprĂšs ces 4 visites d’études, le projet ECHO Network Ă©tait consacrĂ© en 2024 Ă  la production de ressources qui pourraient servir Ă  d’autres associations en Europe. Lors d’un Ă©change en mars, nous nous sommes mis d’accord sur la forme que prendrait nos rĂ©alisations et comment se rĂ©partir le travail. Framasoft a pris en charge la rĂ©alisation d’un site web pour prĂ©senter l’ensemble de ces productions.

screenshot de la page d'accueil du site https://echo-network.eu/

Vous pouvez ainsi trouver sur le site https://echo-network.eu :

  • une cartographie des structures Ɠuvrant pour un numĂ©rique Ă©thique Ă  travers la formation, la construction d’outils et/ou la proposition de services
  • un rĂ©fĂ©rentiel de ressources et outils disponibles dans le rĂ©seau des partenaires en lien avec la promotion de la citoyennetĂ© numĂ©rique
  • des dĂ©marches d’animation Ă  destination des Ă©ducateur·ices et des jeunes pour analyser et comprendre
  • un guide de survie numĂ©rique pour les reprĂ©sentant⋅es d’associations qui souhaitent engager une transition numĂ©rique en lien avec leurs valeurs associatives
  • un plaidoyer pour une transition numĂ©rique Ă©thique et durable

Les partenaires du projet ECHO Network se sont retrouvĂ©s une derniĂšre fois Ă  Bruxelles du 4 au 6 novembre 2024 pour finaliser le bilan du projet et le prĂ©senter lors d’un Ă©vĂ©nement organisĂ© par Solidar au ComitĂ© Ă©conomique et social europĂ©en, un organe consultatif de l’Union EuropĂ©enne. Cet Ă©vĂ©nement a permis de rĂ©unir les acteurs de l’éducation et de la formation et les dĂ©cideurs politiques europĂ©ens lors d’une table ronde politique sur le thĂšme de la transition numĂ©rique Ă©thique et durable.

photo d'un temps lors de la table-ronde organisée au Comité économique et social européen

Présentation du projet au Comité économique et social européen

 

Tout au long de ce projet, nous avons pu dĂ©couvrir les diffĂ©rences de fonctionnement, d’actions et de culture de nos structures respectives. Les activitĂ©s de Framasoft sont Ă©videmment assez diffĂ©rentes des mĂ©thodes d’animation des CemĂ©a ou des actions de plaidoyer de Solidar. De plus, nous n’avons pas pour habitude de faire des rencontres dans toute l’Europe (qui restent assez chronophages en particulier lorsqu’on Ă©vite le transport aĂ©rien), notre fonctionnement plus dynamique prĂ©fĂšre les Ă©changes asynchrones et Ă  distance. Pour autant, ces rencontres nous ont permis de dĂ©couvrir nos points communs et nos discours partagĂ©s, et nous nous rĂ©jouissons d’avoir apportĂ© notre regard aux enjeux du numĂ©rique qui ont pu ĂȘtre discutĂ©s.

Nous espĂ©rons que les contenus prĂ©sents sur ce site aideront les membres de la sociĂ©tĂ© civile au niveau europĂ©en Ă  la recherche de ressources autour du numĂ©rique Ă©thique, et nous nous efforcerons d’y rĂ©fĂ©rer et de diffuser ses contenus sous licence libre, en particulier au sein de notre rĂ©seau non-francophone.

Soutenir la participation de Framasoft Ă  ECHO Network

Vous reprendrez bien un peu de numĂ©rique Ă©mancipateur pour NoĂ«l ?

Au regard de ce long bilan, et mĂȘme si nous n’avons pas menĂ© tous ces projets dans leur intĂ©gralitĂ©, nous estimons avoir atteint l’objectif que nous nous Ă©tions fixĂ©, Ă  savoir fournir des outils numĂ©riques aux associations et collectifs qui Ɠuvrent pour le bien commun et le bien des Communs. Et on est sacrĂ©ment fier⋅es de ce que nous avons accompli ces deux derniĂšres annĂ©es, dans un contexte mouvementĂ©.

Pour autant, nous n’allons pas nous arrĂȘter en si bon chemin ! Il reste encore beaucoup Ă  faire pour que toutes les structures qui veulent changer le monde mettent en cohĂ©rence leurs outils numĂ©riques et leurs valeurs. D’ailleurs, on compte sur vous pour leur faire dĂ©couvrir tout ce que nous avons mis en place ces deux derniĂšres annĂ©es. Et pour vous aider, on vous a concoctĂ© une petite vidĂ©o qui prĂ©sente en 13 min chrono l’offre de Framasoft Ă  destination des associations.

En cette veille de NoĂ«l, et mĂȘme si nous ne sommes pas hyper fans des fĂȘtes religieuses et consumĂ©ristes, on se dit que vous nous feriez un chouette cadeau en participant Ă  rendre virale cette vidĂ©o ! Alors, n’hĂ©sitez pas Ă  la partager auprĂšs de votre famille, votre cercle amical, vos collĂšgues et bien Ă©videmment auprĂšs de vos communautĂ©s.

Soutenir les actions qui dégooglisent les associations (et Framasoft)

 

Le dĂ©fi : 20 000 fois 20 € de dons pour les 20 ans de Framasoft !

Framasoft est financĂ©e par vos dons ! Chaque tranche de 20 euros de dons sera un nouveau ballon pour cĂ©lĂ©brer 20 d’aventures et nous aider Ă  continuer et dĂ©coller une 21e annĂ©e.

Framasoft, c’est un modĂšle solidaire :

  • 8000 donatrices en 2023 ;
  • plus de 2 millions de bĂ©nĂ©ficiaires chaque mois ;
  • votre don (dĂ©fiscalisable Ă  66 %) peut bĂ©nĂ©ficier Ă  249 autres personnes.

Jauge de dons de Framasoft au 24 dĂ©cembre 2024, Ă  201 425 €

À ce jour, nous avons collectĂ© 201 425 € sur notre objectif de campagne. Il nous reste 7 jours pour convaincre les copaines et rĂ©colter de quoi faire dĂ©coller Framasoft.

Alors : dĂ©fi relevĂ© ?

🎈 Je soutiens la 21e annĂ©e de Framasoft 🎈

Alternatiba poursuit sa sortie des logiciels propriétaires et adopte un outil de base de données no-code et libre

Le mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale nous parle de sa vision des outils numĂ©riques et comment il entreprend de sortir concrĂštement des logiciels privateurs. Partage d’expĂ©rience dans la mise en place d’un outil de base de donnĂ©es no-code.

Bonjour Adrien et Gauthier ! Pouvez-vous vous prĂ©senter ?

Salut, ici Gauthier, profil type de l’ingĂ©nieur qui aurait pu travailler dans la voie toute tracĂ©e de l’industrie mais qui se posait trop de questions pour ça. AprĂšs une escapade dans l’éducation nationale, je suis devenu militant Ă  plein temps Ă  Alternatiba / ANV-COP21 Grenoble, puis je me suis impliquĂ© de plus en plus dans l’équipe informatique globale jusqu’à devenir salariĂ© du mouvement en 2021. Je suis aussi impliquĂ© dans plein d’assos militantes ou dans le domaine de l’animation, et je traĂźne dans le monde du numĂ©rique libre depuis quelques annĂ©es ! Aujourd’hui, je dirais que je suis un geek (barbu, lunettes et tout đŸ€“) qui comprend Ă  peu prĂšs ce que disent les machines (encore que
), mais qui prĂ©fĂšre surtout parler aux humains (c’est ça qui est intĂ©ressant !).

 

Salut ! Moi, c’est Adrien ! J’ai 35 ans. Dans une autre vie, j’ai fait des Ă©tudes de maths pour l’information et une thĂšse en cryptographie quantique. J’ai quittĂ© le monde de la recherche aprĂšs mon doctorat et j’ai travaillĂ© pour diffĂ©rentes ESN. J’ai notamment fait une mission de 3 ans en tant qu’ingĂ©nieur de recherche en analyse de donnĂ©es pour Michelin. J’ai dĂ©missionnĂ© durant l’étĂ© 2021 pour me consacrer entiĂšrement Ă  des engagements associatifs, notamment Ă  Alternatiba et ANV-COP21 Ă  Clermont-Ferrand, mais Ă©galement dans un atelier bois partagĂ© ou pour la monnaie locale du Puy-de-DĂŽme. J’ai rejoint Gauthier Ă  la commission informatique d’Alternatiba en dĂ©cembre 2022.

 

Le mouvement Alternatiba est dĂ©jĂ  relativement mĂ©diatisĂ© et connu, mais sans doute pas de tout le monde. Alors, c’est quoi Alternatiba ? Et quel est votre rĂŽle ?

Alternatiba et Action Non-Violente COP21 (ANV-COP21) sont les deux « jambes Â» d’un mĂȘme mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale. NĂ© au Pays Basque en 2013, ce mouvement forme aujourd’hui un rĂ©seau de 115 groupes locaux implantĂ©s sur les territoires et vise Ă  relever le dĂ©fi climatique en contribuant Ă  faire Ă©merger un mouvement de masse, Ă  la fois radical, populaire, non-violent et dĂ©terminĂ©. Alternatiba promeut les alternatives et fait de la mobilisation citoyenne (organisation de marches climat, de villages des alternatives, d’actions de plaidoyer, etc.) En parallĂšle la « jambe Â» ANV-COP21 s’oppose et rĂ©siste face aux projets climaticides par l’organisation d’actions de dĂ©sobĂ©issance civile non violente.

Ces deux « jambes Â» nous permettent de faire passer les citoyen⋅nes Ă  l’action autour du slogan « Changeons le systĂšme, pas le climat ! Â»

Pour animer ce rĂ©seau de 115 groupes locaux, une Ă©quipe d’animation a pour rĂŽle de faciliter le lien entre tous ces groupes et de crĂ©er des dynamiques, sur des thĂšmes ou des campagnes ou projets communs. Cette Ă©quipe, composĂ©e de bĂ©nĂ©voles et d’une quinzaine de membres permanent⋅es salarié·es, est rĂ©partie en diffĂ©rentes commissions (animation du rĂ©seau, communication externe, collecte, finances, etc.). Pour notre part, nous sommes les deux coordinateurs de la commission informatique. Nous mettons en place et maintenons les outils numĂ©riques utilisĂ©s par l’équipe globale et nous sommes force de proposition pour transposer les valeurs du mouvement Ă  nos pratiques numĂ©riques !

 

Groupe de personnes, assises en demi-cercle, participant Ă  une formation/animation par Alternatiba.

Formation lors du Camp Climat Militant Nord 2022

 

Comment dĂ©finiriez-vous le rapport entre votre mouvement et « le numĂ©rique Â» en gĂ©nĂ©ral ?

Les groupes locaux du rĂ©seau sont tous autonomes et ont chacun leur propre style cĂŽtĂ© numĂ©rique : ça va du « geek de service Â» un peu tout seul qui bricole les outils du groupe avec les moyens du bord, aux « gros Â» collectifs qui mettent en place des systĂšmes plus robustes et souvent avec des outils libres et une Ă©quipe informatique plus structurĂ©e. RĂ©sultat ? Un joyeux mĂ©li-mĂ©lo de pratiques numĂ©riques qui dĂ©pend souvent de la magie des personnes en charge ! đŸ€Ș Une des questions que l’on se pose d’ailleurs beaucoup au sein de la commission informatique est de savoir comment accompagner les diffĂ©rents groupes locaux pour mettre en place des outils numĂ©riques qui leur permettent de mobiliser efficacement.

Pour ce qui est de l’équipe d’animation globale, notre rapport au numĂ©rique a longtemps Ă©tĂ© dictĂ© par l’usage des outils les plus rĂ©pandus, les moins chers, et les plus faciles Ă  utiliser
 oui, vous avez bien devinĂ©, on est encore beaucoup chez Google
 Ces outils ont Ă©tĂ© choisi par dĂ©faut au dĂ©but d’Alternatiba par les premier⋅es militant⋅es du mouvement.

La crĂ©ation de la commission informatique en 2018, suivie par l’arrivĂ©e d’un salariĂ© dĂ©diĂ©, a permis de concrĂ©tiser la volontĂ© de mettre en cohĂ©rence nos pratiques numĂ©riques avec nos valeurs et d’initier les changements nĂ©cessaires : structuration des usages numĂ©riques, sobriĂ©tĂ© numĂ©rique, sensibilisation au capitalisme de surveillance, choix d’hĂ©bergeurs Ă©thiques, virage vers des logiciels Ă©mancipateurs, etc.

À savoir que les membres permanent⋅es de l’équipe d’animation globale n’ont pas une trĂšs grande connaissance du monde du numĂ©rique en gĂ©nĂ©ral. Pour beaucoup, les outils numĂ©riques sont utilisĂ©s par nĂ©cessitĂ© (parce que nous sommes une Ă©quipe dĂ©centralisĂ©e – vive les visios
 😅) et doivent avant tout ĂȘtre des outils fonctionnels et efficaces. Par ailleurs, la multiplication d’outils numĂ©riques est globalement vue comme une contrainte qui peut gĂ©nĂ©rer de la lassitude ou de la frustration. C’est clair qu’on prĂ©fĂ©rerait faire de la randonnĂ©e, de la soudure ou du jardinage plutĂŽt que d’ĂȘtre devant un Ă©cran !

En rĂ©sumĂ©, nous restons collectivement pragmatiques : nous sommes un mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale, et nos outils numĂ©riques doivent avant tout nous permettre de rĂ©pondre Ă  ces objectifs de maniĂšre efficace. Le numĂ©rique n’est pas le « cƓur de mĂ©tier Â» d’Alternatiba / ANV-COP21 : nous, c’est la mobilisation citoyenne ! Alors on Ă©vite d’auto-hĂ©berger ou de dĂ©velopper nos propres outils : en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, on se tourne plutĂŽt vers des hĂ©bergeurs en qui on a confiance et vers des outils qui existent dĂ©jĂ . Cependant, la conviction que le choix des outils numĂ©riques est politique est globalement partagĂ©e par tout le monde et nous donne (en tant que commission informatique) la lĂ©gitimitĂ© de pousser Ă  dĂ©velopper une culture du numĂ©rique libre au sein du mouvement.

 

Et y a-t-il une volontĂ©, une politique/doctrine, envers le logiciel libre en particulier ?

La volontĂ© de valoriser les logiciels libres est clairement prĂ©sente au sein du mouvement. Cela a Ă©tĂ© affirmĂ© Ă  plusieurs reprises dans diffĂ©rentes instances du mouvement, notamment au sein du conseil d’administration. Pour nous, les logiciels libres incarnent dans le monde du numĂ©rique les valeurs que nous dĂ©fendons pour une sociĂ©tĂ© dĂ©sirable : plus de communs gĂ©rĂ©s de maniĂšre dĂ©mocratique, moins de surveillance, une philosophie d’opposition au capitalisme


En thĂ©orie, tout ça est bien beau mais, en pratique, c’est beaucoup moins Ă©vident
 😬 Cette volontĂ© de s’affranchir des logiciels privateurs et de mettre en place des usages numĂ©riques alternatifs Ă©mancipateurs est limitĂ©e par l’habitude (« oui mais je connais bien ce logiciel
 Â»), le manque de convivialitĂ© et d’ergonomie de certains outils (« ah non c’est moche ! Â») ou le besoin de fiabilitĂ© (« oui c’est sympa mais bon, ça ne marche jamais ton truc Â»). Ces questions Ă©tant actuellement portĂ©es par un nombre restreint de personnes, il y a une certaine inertie au sein du mouvement, et c’est normal.

En rĂ©sumĂ©, nous adoptons une posture radicalo-pragmatique : nous cherchons Ă  nous Ă©manciper du numĂ©rique privateur autant que possible mais nous utilisons ce que nous avons Ă  disposition ici et maintenant pour continuer d’avancer efficacement. Alternatiba / ANV-COP21 est avant tout un mouvement citoyen Ă©cologiste qui se veut accessible Ă  toutes et tous, et qui a besoin d’avoir des outils facilement appropriables pour les gens. La question de la convivialitĂ© et de la formation Ă  ces outils est primordiale, nous devons encore beaucoup travailler dessus !

"ce qu'on veut" vs "ce qu'on parvient Ă  faire"

Allégorie du quotidien de la commission informatique

 

Dans vos actions, vous utilisez donc diffĂ©rents logiciels ou plateformes. Peut-on savoir lesquels ?

Globalement, nous sommes toujours dĂ©pendant⋅es d’un certain nombre de logiciels propriĂ©taires. L’outil de travail central de l’équipe globale est un Google Drive sur lequel nous stockons et partageons nos documents de travail, les ordres du jours et les comptes rendus (on fait beaucoup de rĂ©daction collaborative ! ✏), ainsi que des tableaux de suivi et de nombreux autres documents. Nos boĂźtes mails et listes mails sont actuellement hĂ©bergĂ©es chez OVH, mais nous avons initiĂ© un processus pour les migrer chez un hĂ©bergeur associatif. Nous utilisons encore beaucoup Zoom pour faire des rĂ©unions en visio. On utilise Ă©galement Brevo (ex Sendinblue) pour envoyer nos infolettres, des outils spĂ©cifiques pour la collecte de don, et Ohme comme CRM. Enfin, en tant que mouvement de mobilisation, nous sommes presque « contraint⋅es Â» Ă  utiliser les rĂ©seaux sociaux dominants pour toucher un maximum de personnes.

Cependant, nous migrons peu Ă  peu nos usages vers des outils libres. Nos sites web sont hĂ©bergĂ©s chez Infomaniak sur WordPress depuis 2018. Nous utilisons le logiciel de messagerie instantanĂ©e Mattermost, hĂ©bergĂ© par le CHATONS le Cloud Girofle, nous avons un serveur Mumble pour les rĂ©unions audio, on utilise l’instance Vaultwarden de Tedomum (un autre CHATONS) pour la gestion de nos mots de passe, Paheko pour la gestion de notre caisse, BigBlueButton chez Globenet pour les visios, et Aktivisda, le petit nouveau qui permet de crĂ©er des visuels. Et bien sĂ»r, nous utilisons beaucoup des services de Framasoft : Framadate (sondage), Framaforms (formulaire), Framavox (prise de dĂ©cision), Framagit (forge logicielle)
 Certains groupes locaux ont Ă©galement mis en place une instance Nextcloud pour partager les fichiers et s’organiser. D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, nous Ă©vitons de dĂ©velopper nos propres logiciels, mais en 2019 Alternatiba s’est malgrĂ© tout lancĂ© dans une chouette aventure en participant au dĂ©veloppement de NOÉ, une application libre d’organisation d’évĂ©nements, car nous avions des besoins trĂšs spĂ©cifiques pour l’organisation des Camps Climat. â›ș Aujourd’hui, le projet s’est autonomisĂ© mais nous continuons Ă  utiliser ce logiciel pour nos Ă©vĂ©nements, et notamment pour notre projet de Camp Climat 2025.

Enfin, pour certains usages spécifiques liés à la désobéissance civile avec ANV-COP21, nous utilisons certains outils qui mettent en avant la confidentialité et le chiffrement, par exemple Proton Mail, Signal ou Cryptpad.

Vous noterez qu’on dĂ©pend de pas mal d’hĂ©bergeurs diffĂ©rents, mais on essaie de maintenir un lien de confiance avec les humain⋅es de ces diffĂ©rentes organisations. Notre critĂšre primordial : « suis-je capable de boire une biĂšre avec mon hĂ©bergeur ? Â» Â» đŸ»

OĂč sont nos donnĂ©es ? - La galaxie des hĂ©bergeurs sympas autour d'Alternatiba

OĂč sont nos donnĂ©es ? – La galaxie des hĂ©bergeurs sympas autour d’Alternatiba

 

Vous nous avez contactĂ© au sujet d’un projet, d’une envie. Celle d’utiliser des outils type « base de donnĂ©es no-code Â». On a beau ĂȘtre sur Framasoft : pouvez-vous nous expliquer ce que sont ces outils, et quels sont leurs principaux avantages ?

En tant qu’équipe d’animation globale, nous cherchons Ă  suivre la dynamique du rĂ©seau Alternatiba / ANV-COP21 et Ă  faire circuler des informations dans l’ensemble des groupes locaux. Pour cela, nous devons stocker un certain nombre d’informations, comme les contacts des diffĂ©rents rĂ©fĂ©rent⋅es, les activitĂ©s des groupes, les participations aux diffĂ©rentes mobilisations et campagnes ou encore les formations donnĂ©es.

Toutes ces donnĂ©es ont longtemps Ă©tĂ© stockĂ©es dans de nombreux tableaux de suivi sous forme de Google Sheets. Le temps passant, ces tableaux sont devenus lourds et difficiles Ă  maintenir et Ă  mettre Ă  jour car ils n’ont pas Ă©tĂ© conçus de maniĂšre optimale Ă  l’origine. La mise Ă  jour ou la rĂ©cupĂ©ration de donnĂ©es spĂ©cifiques se sont avĂ©rĂ©es compliquĂ©es, fastidieuses et chronophages, un peu comme dans le grenier de la vieille maison de famille dans lequel on entasse un peu tout ce qui passe annĂ©es aprĂšs annĂ©es
 đŸ•žïž

À l’inverse de ces tableaux indĂ©pendants, une base de donnĂ©es est un outil qui permet nativement de rĂ©pondre Ă  ce type de besoin en liant diffĂ©rents tableaux entre eux de telle sorte que les informations des uns puissent ĂȘtre lues ou mises Ă  jour Ă  partir des autres. Cela Ă©vite les doublons et facilite grandement la mise Ă  jour et la consultation des donnĂ©es ! Au contraire d’une base de donnĂ©es « classique Â» qui s’utilise par des requĂȘtes type SQL, un outil de base de donnĂ©es dit «  no-code  Â» est dotĂ© d’une couche supplĂ©mentaire qui permet de rendre invisible pour l’utilisateur⋅rice les formules qui se cachent derriĂšre et est donc parfaite pour des utilisateurices non geeks.

C’est pour ces raisons que nous avons dĂ©cidĂ© de procĂ©der Ă  un grand mĂ©nage de printemps de notre vieux grenier et de nous orienter vers ce type d’outils pour faciliter le suivi de notre rĂ©seau ! đŸ§č

 

OK, merci : on y voit (un peu) plus clair :-) Maintenant, pouvez vous prĂ©ciser votre projet ?

Dans l’idĂ©e de sortir petit Ă  petit un maximum de nos donnĂ©es de Google (en particulier les donnĂ©es personnelles), notre projet est de migrer l’ensemble de nos tableaux de suivi Google Sheets vers un outil de base de donnĂ©es no-code existant. Le leader du marchĂ© est AirTable, un logiciel propriĂ©taire amĂ©ricain de la Sillicon Valley BigTech et compagnie. Nous avons choisi une alternative open-source, Baserow, qui offre Ă©galement de nombreuses fonctionnalitĂ©s intĂ©ressantes.

Nous avons donc construit une (vraie) base de donnĂ©es sur Baserow pour le suivi de notre rĂ©seau. Finies les bidouilles : place aux tables de suivi interconnectĂ©es, oĂč chaque info est bien rangĂ©e Ă  sa place et prĂȘte Ă  ĂȘtre trouvĂ©e en deux clics. 😁 Plus besoin de jouer aux dĂ©tectives, toute l’équipe peut accĂ©der aux infos sans prise de tĂȘte.

Pour complĂ©ter le tout, nous voulions avoir un maximum de contrĂŽle sur l’ensemble de nos donnĂ©es (qui ne sont donc plus stockĂ©es sur les serveurs de Google) et en particulier sur les donnĂ©es sensibles de notre rĂ©seau. Il s’avĂšre cependant que nous n’avons trouvĂ© aucun CHATONS qui administre et met Ă  disposition des instances Baserow. Nous avons donc fait le pari d’auto-hĂ©berger notre propre instance Baserow afin d’avoir facilement la main sur nos donnĂ©es. Pour cela, nous utilisons une machine chez GrĂ©sille un hĂ©bergeur associatif de confiance avec qui nous avons des liens forts. ❀

 

Ca Ă  l’air chouette ! Comment vous y ĂȘtes-vous pris·es ?

Bien que Baserow soit un outil relativement simple d’utilisation, il ne fallait pas foncer tĂȘte baissĂ©e sans rĂ©flĂ©chir
 La premiĂšre Ă©tape a Ă©tĂ© de concevoir la structure de notre base de donnĂ©es : quelles tables, quelles infos, Ă  quelle place ? Cette pĂ©riode de conception nous a occupé·es pendant plusieurs mois.

Ensuite, un gros travail a Ă©tĂ© de mettre en place les fonctionnalitĂ©s qui rĂ©pondent Ă  nos besoins. Baserow ayant aujourd’hui des fonctionnalitĂ©s natives relativement limitĂ©es, nous avons dĂ» nous adapter et ĂȘtre inventifs dans la conception de la base de donnĂ©es en attendant le dĂ©veloppement de ces fonctionnalitĂ©s. Pour cela, on a crĂ©Ă© grĂące Ă  notre complice n8n (un outil libre que l’on hĂ©berge aussi et qui se branche sur Baserow) de nombreuses automatisations de tĂąches grĂące Ă  des nƓuds prĂ©configurĂ©s et un soupçon de code maison. Exemple ? Un systĂšme d’envoi automatique de courriels mensuels aux groupes locaux pour qu’ils mettent Ă  jour leurs infos eux-mĂȘmes. RĂ©sultat : les donnĂ©es des groupes sont Ă  jour sans se prendre la tĂȘte ! đŸ§˜â€â™‚ïž

D’ailleurs, nous avons Ă©tĂ© impressionnĂ©s par la dynamique de dĂ©veloppement de Baserow qui tĂ©moigne d’un lien fort avec la communautĂ© d’utilisateurices. Nous avons osĂ© publier quelques demandes de fonctionnalitĂ©s en expliquant notre besoin, et elles ont Ă©tĂ© prises en compte par l’équipe dans le dĂ©veloppement ! đŸ€©

Schéma de fonctionnement dans le cas de la mise à jour mensuelle des groupes locaux - Source Excalidraw

SchĂ©ma de fonctionnement dans le cas de la mise Ă  jour mensuelle des groupes locaux – SchĂ©ma rĂ©alisĂ© avec Excalidraw

 

 

Capture d'Ă©cran du logiciel Baserow, montrant un menu sur la partie gauche et un tableur sur le reste du texte

Capture d’écran du logiciel Baserow

 

Pour mettre en place tous ces outils, nous avons fait appel Ă  Maxime, dĂ©veloppeur salariĂ© de la coopĂ©rative TelesCoop et qui a Ă©tĂ© un membre actif d’un groupe local Alternatiba par le passe.

TelesCoop est une coopĂ©rative super chouette qui accompagne « les acteurs qui participent Ă  l’amĂ©lioration des problĂ©matiques sociales et environnementales de notre sociĂ©tĂ© Ă  travers les technologies de l’information Â». Au delĂ  des compĂ©tences techniques, nous avons Ă©tĂ© touchĂ©â‹…es par les choix forts qui ont Ă©tĂ© fait dans l’entreprise concernant les conditions salariales (Ă©galitĂ© femme/homme Ă©videmment, salaire adaptĂ© en fonction des besoins, temps de travail modulable) et le choix des projets qu’ils et elles choisissent d’accompagner. Chaque salariĂ©â‹…e peut allouer une partie de son temps de travail sur des projets bĂ©nĂ©voles mais qui remplissent des critĂšres Ă©thiques forts ! 😍 Cela rĂ©sonne fortement avec les valeurs que nous portons au sein du mouvement Alternatiba.

Nous sommes uni·e·s et engagé·e·s autour de valeurs communes – Ă©cologie, justice sociale, sobriĂ©tĂ© – et d’une volontĂ© de mettre en commun nos expĂ©riences individuelles au service d’un projet collectif.
— TelesCoop, sur leur site https://telescoop.fr

Quelle est la suite pour ce projet Ă  moyen terme ?

Aujourd’hui, nous continuons d’intĂ©grer peu Ă  peu l’ensemble des donnĂ©es du mouvement et nous connectons notre base de donnĂ©es Ă  diffĂ©rents outils pour des fonctionnalitĂ©s spĂ©cifiques : formulaires de contact sur nos sites web, visualisation d’indicateurs de la dynamique du rĂ©seau grĂące Ă  Metabase, inscription/dĂ©sinscription Ă  nos listes mails, ou encore mise Ă  jour automatique de nos diffĂ©rentes cartes interactives GoGoCarto. D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les possibilitĂ©s offertes par Baserow (et n8n) sont infinies pour ajouter des nouvelles fonctionnalitĂ©s Ă  notre systĂšme !

Par ailleurs, nous avons conçu ce systĂšme d’information en nous appuyant sur les besoins de notre mouvement Alternatiba / ANV-COP21, structurĂ© en groupes locaux rĂ©partis sur tout le territoire et animĂ© par une Ă©quipe dĂ©diĂ©e. Mais peut-ĂȘtre que d’autres mouvements ou collectifs ont une organisation similaire Ă  la notre, et pourraient ĂȘtre intĂ©ressĂ©s par cet outil ? Une fois que tout sera en place et fonctionnel, il peut ĂȘtre intĂ©ressant de le diffuser et le proposer Ă  d’autres mouvements qui ont les mĂȘmes besoins que nous ! C’est ça aussi la dynamique du logiciel libre. :)

 

Cool ! Mais
 ça va prendre du temps ? NĂ©cessiter de l’argent ? Comment allez-vous faire ?

Le projet a commencĂ© concrĂštement avec Maxime de TelesCoop au mois de mars 2023. D’un point de vue opĂ©rationnel, nous Ă©tions quatre cĂŽtĂ© Alternatiba Ă  suivre le dĂ©veloppement de l’outil : deux personnes de l’équipe informatique et deux de l’équipe d’animation du rĂ©seau. Il y a eu beaucoup d’aller-retour entre TelesCoop et nous sur les fonctionnalitĂ©s, la configuration des tables de donnĂ©es ou les workflows n8n.

Pour ce qui est du dĂ©veloppement, on met les mains dans la technique cĂŽtĂ© Alternatiba pour pouvoir gĂ©rer en interne le support et les Ă©volutions par la suite mais c’est surtout Maxime qui a dĂ©veloppĂ© la structure de l’outil en travaillant sur le projet plusieurs heures par semaine. Le temps bĂ©nĂ©vole et le mĂ©cĂ©nat de compĂ©tences que TelesCoop nous consacre Ă  travers Maxime ont permis de faire avancer ce projet trĂšs rapidement.

Aujourd’hui, le projet est fonctionnel et utilisĂ© par toute l’équipe. 🎉 La premiĂšre version a Ă©tĂ© lancĂ©e courant aoĂ»t 2023. AprĂšs de nombreux tests, nous avons migrĂ© toutes nos donnĂ©es sur notre nouvelle base de donnĂ©es. Les Google Sheet sont maintenant figĂ©s. Le premier mail automatique, contenant les liens vers les formulaires de mise Ă  jour, est parti dĂ©but septembre 2023. Nous avons Ă©galement commencĂ© Ă  mettre Ă  disposition des projets Baserow pour les groupes locaux intĂ©ressĂ©s !

Nous avons apportĂ© une attention particuliĂšre Ă  former toustes nos collĂšgues et, aujourd’hui, Baserow est un outil largement adoptĂ© dans l’équipe. Cette annĂ©e, nous avons notamment rĂ©alisĂ© la gestion du projet du Tour Alternatiba 2024 (notre grand projet qui a impliquĂ© des centaines de bĂ©nĂ©voles dans plus de 100 villes de France sur 4 mois) avec efficacitĂ© et il sera encore central dans l’organisation du Camp Climat 2025 !

C’est merveilleux (et je pĂšse mes mots) pour moi de vĂ©rifier les mises Ă  jour des rĂ©fĂ©rent·es de groupe sans avoir Ă  ouvrir 3 tableaux Google pour repĂ©rer / noter les modifs / les faire / les doubler dans un autre tableau. Effet Whaouh !

— LĂ©a, animatrice du rĂ©seau Alternatiba / ANV-COP21

Comment Baserow a changé la vie de Léa, animatrice du réseau Alternatiba / ANV-COP21

Vous avez des besoins d’aide ? Technique ? FinanciĂšre ? Autre ?

D’un point de vue technique, le projet roule aujourd’hui parfaitement et nous ajoutons rĂ©guliĂšrement de nouvelles fonctionnalitĂ©s. Nous avons un petit groupe de travail qui assure le support et l’amĂ©lioration continue de notre systĂšme Baserow/n8n.

D’un point de vue financier, nous avons lancĂ© dĂ©but dĂ©cembre notre campagne de collecte de fin d’annĂ©e. Cette collecte est cruciale dans un contexte d’incertitude financiĂšre croissante pour notre mouvement et, plus largement, pour tous les acteurs de la mobilisation climatique et sociale. Plus que jamais, l’auto-financement devient une nĂ©cessitĂ© (toujours dans une logique d’autonomie !). Pour vous donner un ordre d’idĂ©e, en 2024, la collecte de dons de particuliers a reprĂ©sentĂ© 26,3 % de nos financements sur Alternatiba et 59,5 % sur ANV-COP21.

Notre objectif est de faire grandir cette part afin de garantir notre indĂ©pendance et notre vision Ă  long terme. Pour renforcer notre mouvement, multiplier nos actions, et gagner en autonomie face Ă  l’urgence climatique, nous avons besoin du soutien financier des citoyen·nes, car c’est leur mouvement avant tout. Chaque nouveau donateur·rice crĂ©dibilise nos actions : en soutenant financiĂšrement, des centaines de personnes renforcent la pression citoyenne pour un monde plus juste et soutenable. Si vous souhaitez contribuer, vous pouvez faire un don directement sur don.alternatiba.eu ! ❀

 

👉 Je soutiens Alternatiba

 

Personne avec un tshirt Alternatiba, au milieu d'un groupe, souriante et levant un pouce.

 

 

PeerTube v7 : offer a complete makeover to your video platform !

With its brand new design, PeerTube‘s new interface isn’t just prettier (although it is). It is also simpler, easier to use and understand and more accessible. Welcome to a new era of this software that empowers creators to get, control and connect their own video platforms.

🎈Framasoft is 20 years old🎈 : Contribute to finance a 21st year !

Thanks to your donations (66 % tax-free), the Framasoft association has been working for 20 years to advance the ethical and user-friendly Web. Find out more about some of our actions in 2024 on the Support Framasoftwebsite .

âžĄïž Read the series of articles from this campaign (FR – Nov. – Dec. 2024)

Let’s reflect the growth of the PeerTube Ecosystem

Seven year ago, PeerTube was mainly a tool that tech-savvy FOSS enthusiasts were happy to toy with. Then it became popular among content creators that wanted a self-hosted mirror of their YouTube/Twitch channels ; and among communities who wanted to create and regulate their safe space (deaf people, queer people, etc.)

Nowadays, PeerTube is experiencing increasing success among content creators who publish original content (or exclusive content for their community), alternative media, and institutions : colleges, ministries of education, national television and radio archives, etc.

Public structures often need to share video content without attention-grabbing mechanisms or data exploitation.

illustration with the PeerTube mascot and the motto "building a free internet of the future"

Learn more about the history and values of PeerTube with this interview from the Association for Progressive Communication.

To us, this is a new step in the evolution of PeerTube‘s audiences.

That is why this year, we’ve asked La CoopĂ©rative des Internets to lead a thorough UX research (complete with interviews, tests, etc.) and help us start a top to bottom redesign of the interface. Our goal was to improve on PeerTube so it would better fit the need of those new audiences. We were clear that everything was on the table : colors, vocabulary, layout


Well, we are proud to release this v7 of PeerTube, that lays the ground to a complete remodeling of the interface.

Check the source code Support Framasoft

First look : themes, new colors and vocabulary

PeerTube design, color schemes, vocabulary, etc. has been constructed over seven years, as we went along, learning, getting help from the community. This new design was an opportunity to take a step back an get some intentions behind the interface.

screenshot PeerTube v7 light/beige interface

PeerTube new light/beige theme

The new Light/beige default theme is calmer, easier on the eye than the original Black & orange one. We also added a Dark/brown theme into the core for the dark mode aficionados. Both aims to facilitate video browsing.

Creating those new themes was an opportunity to clean up and simplify how the interface is coded (specifically : clean up the CSS, with a focus on the variables), while limiting breakages with preexisting customized themes. It is now really easier to create new themes for PeerTube, and we hope you’ll share your creations !

screenshot PeerTube v7 dark/brown interface

PeerTube new dark/brown theme

We also updated the PeerTube lingo. There is a reason we are now using the word « platform(s) Â» to talk about all the servers where PeerTube has been installed.

Yes, calling them « instance(s) Â» has been the norm in the tech savvy-world of activity-pub enthusiasts. But, to those not privileged enough to know about the fediverse and its protocol, the word platform is self-explanatory, and facilitates inclusion.

PeerTube Website Support Framasoft

Enjoying simpler and relevant layouts

There are lots of informations to display on any PeerTube page. The layouts and menus grew organically during seven years of development
 and needed some pruning ! We remodeled those menus and pages to bring forward relevant informations, and present a more intuitive way to find out what you are looking for.

screenshot of PeerTubev7 menus for anonymous users

OK, the « PeerTube Nightly Â» description is not the most thrilling one
 But we trust you’ll find more intersting descriptions of your platform to inform passers-by.

For exemple, content creators used to access their channels and uploaded video in their library (where any PeerTube user can get to their playlists, history, etc. of the videos they watched). Now in PeerTube v7, there is a new section called « video space Â» specific for video uploaders’ needs.

In the same way, « admin Â» pages for PeerTube platforms administrators have now been separated into an Overview page (to get more info about users, hosted videos, etc.), a Moderation one (to manage abuses, blocking, registrations), and a Settings one (to access configurations, runners, etc.)

screenshot of PeerTube v7 overview page for a logged in administrator

Platform administrators have more convenient menus (here on the overview page)

The several pages that presented the videos on a PeerTube platform (Recently added, Local videos, Trending) have been merged into a « Browse videos Â» page, that includes quick filters to display the same selections of content in a more forward way.

The same intent has driven the new layout of the « Discover videos Â» page we hope it will empower curious users.

Obviously, the left bar and header menus have been reorganized to reflect those changes and make navigation even more intuitive. You can now access your account settings and notifications from the header menu, as it is customary on other websites.

PeerTube Search Engine Support Framasoft

Displaying relevant information to show video diversity

A big feedback from new users was that the old interface was confusing, that is was hard for a user to know where they were, and where the videos came from.

That is why, in PeerTube v7, we have added more ways for platforms owners to customize and identify their platforms : easily add a banner (used on pages, mobile app exploration, and our search engine SepiaSearch) and a platform icon (used by the mobile application) More, the name and description of their platform is now displayed to non-registered users in the left hand menu.

Screenshot of platform search results on JoinPeerTube

Platforms banners positively pop on search results (here on joinpeertube.org)

We have also changed how video miniatures appear in all pages that lists videos. Channel avatar are always displayed so it’s easier to identify creators, titles are highlighted, the date and viewcount of the video are present but toned down. Those changes make pages that lists videos easier to read, and facilitate identifying the video you want to watch.

PeerTube Mobile App Support Framasoft

Accessibility on the forefront

The redesign was also the opportunity to prioritize the interface accessibility (for impaired people). In 2023, we prepared the code and worked on what we knew
 so the planned 2024 full accessibility audit (thanks to the NGI Entrust consortium) would bring as much new and detailed improvements as possible.

Thanks to the audit, we have improved on so many issues : we fixed color contrats and themes, progress bar, several components, and various screen reader issues. We added missing labels on interactive elements, « skip menu Â» links, underlining to links. We also improved keyboard navigation, and re-implemented components of a non-accessible dependency.

 

screenshot of the vrowse video page on peertube v7

Did you know that the former orange used for PeerTube wasn’t contrasted enough to be accessible ?

We sincerely think that PeerTube have caught up with accessibility issues and should be up to standards
 but we know, now, that there is always room for improvement, and for learning directly from those who are concerned.

Follow PeerTube on Mastodon Support Framasoft

Editing captions, promoting videos and more


With the brand new remote transcoding tool we introduced last year, getting a transcription or subtitles for your video is easier than ever. But the caption editing tool was
 hum
 let’s say « barebone Â». We are now introducing a new modal that makes editing captions really convenient.

Screenshot of PeerTube v7 new caption edition interface

Editing your captions is waaaay more fun with our new interface

We welcomed and integrated upstream a community contribution on SEO (search engine optimization), to help promote PeerTube-hosted-content on search engines. A platform avatar now appears in the opengraph tags, empty accounts and channels are hidden from the sitemap, while additional video tags are now present there.

Last, PeerTube has been translated into Slovak.

We really want to take time to thank the community that contributes to translations of PeerTube, we would never have thought that our software would one day be available in more than 38 languages.

Huge thanks to all of you, wonderful people, who took time and care to contribute on our translation tool : you are amazing.

sepia, mascotte de peertube, entretenant son jardin

Chasing bugs and gardening the common grounds
 The PeerTube community <3
Illustration : David Revoy (CC-By)

Subscribe to PeerTube news Support Framasoft

There is more to come


We still have more work planned from this whole interface remodel. We hope to deliver it in the firsts months of 2025. First, we are currently finishing the translation of the UX research report from La Coopérative des Internets and we will publish it in the hope that it will help the whole fediverse community.

We will also wait a bit for PeerTube administrators to update their platforms, and then update the PeerTube documentation with new screenshots, and the new menus pathways.

Our next interface changes will focus on streamlining the channels & videos management experience for content creators (where several tools and menus added to the pile over the years). We also plan on fine-tuning the categorization of NSFW videos.

Illustration - Dans la mer Sepia, lĂŠ poulpe mascotte de PeerTube, dessine un grand chiffre sept avec son encre.

Illustration : David Revoy – Licence : CC-By 4.0

We obviously have many more items to our 2025 roadmap, but are still trying to secure funds to realize them : we’ll keep you informed as soon as we know more !

About funds, we really want to thank the NGI0 Entrust program for their grant that funded most of the work on this new version (and on the PeerTube mobile app we released last week). The NLnet team has been a great partner on the management of this grant, and the accessibility audit from the consortium has really made a huge difference.

Share ideas & Feedback on PeerTube Support Framasoft

The challenge : 20,000 times €20 donations for Framasoft’s 20th anniversary !

Even though those new developments has been funded, maintaining PeerTube, offering great (and free) support, integrating contributions, etc. happens on our own dime. And Framasoft isn’t an IT company : we’re a non-profit advocating on digital emancipation.

Framasoft is funded by your donations ! Every €20 you donate will be a new balloon to celebrate 20 years of adventures and help us continue and take off for a21st year.

Framasoft is a model of solidarity :

  • 8,000 donors in 2023 ;
  • over 2 million beneficiaries every month ;
  • your donation can benefit 249 other people.

Framasoft donation bar on 2024 dec. 17th, at 110619€

To date, we have raised €110,619 of our campaign target. We still have 14 days to convince our friends and raise enough money to get Framasoft off the ground.

So, challenge accepted ?

🎈🎈 Help Framasoft fund its 21st year of existence ! 🎈🎈

PeerTube v7 : offrez un nouveau look Ă  votre plateforme vidĂ©o !

DotĂ©e d’un tout nouveau design, la nouvelle interface de PeerTube n’est pas uniquement plus esthĂ©tique. Elle est aussi plus simple, plus facile Ă  utiliser et Ă  comprendre, et plus accessible. C’est une nouvelle Ăšre pour ce logiciel qui permet aux vidĂ©astes d’avoir leurs propres plateformes de vidĂ©o, de les modĂ©rer et de les connecter entre elles.

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21e annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

âžĄïž Lire la sĂ©rie d’articles de cette campagne (nov. – dĂ©c. 2024)

AvancĂ©es rapides de l’écosystĂšme PeerTube

Il y a sept ans, PeerTube était principalement un outil connu uniquement des passionnés de logiciels libres à la pointe de la technologie. Il est ensuite devenu plus populaire parmi les créatrices et créateurs de contenus qui voulaient auto-héberger un miroir de leurs chaßnes YouTube/Twitch et parmi les communautés qui voulaient créer et modérer un espace inclusif (personnes sourdes, personnes queers, etc.).

Aujourd’hui, PeerTube connaĂźt un succĂšs croissant auprĂšs de vidĂ©astes qui publient du contenu original (ou du contenu rĂ©servĂ© Ă  leur communautĂ©), de mĂ©dias alternatifs et de diverses institutions : universitĂ©s, ministĂšre de l’éducation, archives de la tĂ©lĂ©vision et des radios nationales, etc.

Les structures publiques ont souvent besoin de partager des contenus vidĂ©o sans avoir recours Ă  des mĂ©canismes qui attirent l’attention ou qui exploitent les donnĂ©es.

illustration with the PeerTube mascot and the motto "building a free internet of the future"

DĂ©couvrez l’histoire et les valeurs de PeerTube grĂące Ă  cette interview de l’Association pour la communication progressive (en anglais).

Pour nous, il s’agit d’une nouvelle avancĂ©e dans l’évolution de l’audience de PeerTube.

Cette annĂ©e, nous avons donc demandĂ© Ă  La CoopĂ©rative des Internets de mener une Ă©tude UX approfondie (avec entretiens, tests, etc.) et de nous aider Ă  entamer une refonte complĂšte du design. Notre objectif Ă©tait d’amĂ©liorer PeerTube pour qu’il rĂ©ponde au mieux aux besoins de ces nouveaux publics. Nous leur avons clairement donnĂ© carte blanche pour tout remettre en question : les couleurs, le vocabulaire, la mise en page


Nous sommes fiers de vous prĂ©senter cette v7 de PeerTube, qui pose les bases d’une refonte complĂšte du logiciel et de son design.

Voir le code source Soutenir Framasoft

Petit aperçu : des thĂšmes, des nouvelles couleurs et du vocabulaire

Le design de PeerTube, ses couleurs, son vocabulaire
 Tout s’est construit au cours des sept derniĂšres annĂ©es, au fur et Ă  mesure de notre apprentissage sur le tas et de l’aide apportĂ©e par la communautĂ©. Ce nouveau design a Ă©tĂ© l’occasion de prendre un peu de recul et de donner un sens, des intentions Ă  l’interface.

Image de l'interface light beige de PeerTube

Le nouveau thĂšme par dĂ©faut, beige clair, est plus chaleureux et plus agrĂ©able Ă  l’Ɠil que le thĂšme original, noir et orange. Un thĂšme brun est aussi disponible, pour qui prĂ©fĂšre les affichages sombres. Ces deux thĂšmes ont pour but de faciliter la navigation dans les vidĂ©os.

La crĂ©ation de ces nouveaux thĂšmes a Ă©tĂ© l’occasion de nettoyer et de simplifier le code de l’interface (en particulier : nettoyer les CSS, en se concentrant sur les variables), tout en limitant les ruptures avec les thĂšmes personnalisĂ©s prĂ©existants. Il est maintenant beaucoup plus facile de crĂ©er de nouveaux thĂšmes pour PeerTube. Nous espĂ©rons d’ailleurs que vous nous partagerez vos rĂ©alisations !

Image de l'interface dark marron de PeerTube

Le glossaire de PeerTube a Ă©galement Ă©tĂ© mis Ă  jour. Ce n’est pas pour rien que nous utilisons dĂ©sormais le terme « plateforme(s) Â» pour parler de tous les serveurs sur lesquels PeerTube a Ă©tĂ© installĂ©. Les appeler « instance(s) Â» est la norme dans le monde technique des enthousiastes d’activity-pub. Mais pour celles et ceux qui n’ont pas le privilĂšge de connaĂźtre le Fediverse et son protocole, le mot plateforme est plus explicite, et facilite l’inclusion.

Site PeerTube Soutenir Framasoft

Une mise en page plus simple et plus pertinente

Il y a beaucoup d’informations Ă  afficher sur une page PeerTube. Les prĂ©sentations et les menus se sont dĂ©veloppĂ©s au fil du temps durant sept annĂ©es de dĂ©veloppement
 et avaient bien besoin d’ĂȘtre rĂ©visĂ©s ! Ces nouveaux menus et pages ont Ă©tĂ© complĂštement retravaillĂ©es pour mettre en avant les informations importantes et permettre de trouver plus facilement le contenu que l’on recherche.

Image de l'interface de PeerTube en utilisateur anonyme

Par exemple, les crĂ©ateurs et crĂ©atrices de contenus accĂ©daient Ă  leurs chaĂźnes et aux vidĂ©os tĂ©lĂ©chargĂ©es dans leur bibliothĂšque (oĂč tout utilisateur de PeerTube peut accĂ©der aux listes de lecture, Ă  l’historique, etc. des vidĂ©os visionnĂ©es). DĂ©sormais, dans PeerTube v7, il existe une nouvelle section appelĂ©e « Espace vidĂ©o Â» spĂ©cifique aux besoins des crĂ©ateurs de contenus.

De la mĂȘme maniĂšre, les pages « Admin Â» pour qui administre leur propre plateforme PeerTube ont Ă©tĂ© sĂ©parĂ©es en une page « Aperçu Â» (pour obtenir plus d’informations sur les utilisateurs, les vidĂ©os hĂ©bergĂ©es, etc.), une page « ModĂ©ration Â» (pour gĂ©rer les abus, les blocages et les inscriptions), et une page « ParamĂštres Â» (pour accĂ©der Ă  la configuration, les runners, etc.).

Image de la partie admin de PeerTube

Les diffĂ©rentes pages qui affichaient les vidĂ©os d’une plateforme PeerTube (RĂ©cemment ajoutĂ©es, VidĂ©os locales, Tendances) ont Ă©tĂ© fusionnĂ©es en une page « Parcourir les vidĂ©os Â», qui inclut des options de filtres rapides pour afficher les mĂȘmes sĂ©lections de contenus d’une maniĂšre plus directe.

La nouvelle disposition de la page « DĂ©couvrir des vidĂ©os Â» a Ă©tĂ© conçue dans le mĂȘme esprit. Nous espĂ©rons qu’elle satisfera mĂȘme les utilisateurs les plus curieux.

Enfin, la barre de gauche et les menus de l’en-tĂȘte ont Ă©tĂ© rĂ©organisĂ©s afin d’illustrer ces changements et rendre la navigation encore plus intuitive. Vous pouvez dĂ©sormais accĂ©der aux paramĂštres de votre compte et aux notifications Ă  partir du menu d’en-tĂȘte, coutume courante sur d’autres sites web.

Moteur de recherche PeerTube Soutenir Framasoft

Afficher simplement la diversité des vidéos

L’un des principaux retours de personnes dĂ©couvrant PeerTube Ă©tait que l’ancienne interface Ă©tait confuse, qu’il Ă©tait difficile pour une utilisatrice de savoir oĂč il se trouvait et d’oĂč provenaient les vidĂ©os.

C’est pourquoi, dans PeerTube v7, nous avons ajoutĂ© plus de moyens pour les propriĂ©taires de plateformes de personnaliser et d’identifier leurs plateformes : ajouter facilement une banniĂšre (utilisĂ©e sur les pages, l’exploration de l’application mobile, et notre moteur de recherche SepiaSearch) et une icĂŽne de plateforme (utilisĂ©e par l’application mobile). De plus, le nom et la description de leur plateforme sont maintenant affichĂ©s pour les utilisateurs non-enregistrĂ©s dans le menu de gauche.

Capture d'écran des résultats de recherche de la plateforme sur JoinPeerTube

Les banniÚres des plateformes apparaissent positivement dans les résultats de recherche (ici sur joinpeertube.org)

La maniĂšre dont les miniatures vidĂ©o apparaissent a Ă©galement Ă©tĂ© modifiĂ©e dans toutes les pages qui listent des vidĂ©os. Les avatars des chaĂźnes sont mis en avant afin de faciliter l’identification des crĂ©ateurs, les titres sont mis en Ă©vidence, la date et le nombre de vues de la vidĂ©o sont prĂ©sents mais attĂ©nuĂ©s. Ces changements rendent les pages qui rĂ©pertorient les vidĂ©os plus lisibles et simplifient l’identification de la vidĂ©o que vous souhaitez regarder.

Application mobile PeerTube Soutenir Framasoft

L’accessibilitĂ© mise Ă  l’honneur

La refonte nous a Ă©galement permis de donner la prioritĂ© Ă  l’accessibilitĂ© de l’interface (pour les personnes handicapĂ©es). En 2023, nous avions prĂ©parĂ© le code et avancĂ© Ă  l’aide de nos connaissances
 pour que l’audit complet d’accessibilitĂ© prĂ©vu en 2024 (grĂące au consortium NGI Entrust) apporte autant d’amĂ©liorations nouvelles et dĂ©taillĂ©es que possible.

GrĂące Ă  l’audit, de nombreux points ont pu ĂȘtre amĂ©liorĂ©s : les contrastes de couleurs et les thĂšmes, la barre de progression, plusieurs composants et divers problĂšmes liĂ©s aux lecteurs d’écran ont Ă©tĂ© corrigĂ©s. Les labels manquants sur les Ă©lĂ©ments interactifs ainsi que des liens « passer le menu Â» ont Ă©tĂ© ajoutĂ©s, les liens sont soulignĂ©s. La navigation au clavier a Ă©tĂ© perfectionnĂ©e et les composants d’une dĂ©pendance non accessible ont pu ĂȘtre rĂ©implĂ©mentĂ©s.

capture d'écran de la page vidéo vrowse sur peertube v7

Saviez-vous que l’ancien orange utilisĂ© pour PeerTube n’était pas assez contrastĂ© pour ĂȘtre accessible ?

Nous pensons sincĂšrement que PeerTube a rattrapĂ© son retard en matiĂšre d’accessibilitĂ© et devrait maintenant ĂȘtre conforme aux normes
 mais nous savons aussi qu’il est toujours possible de s’amĂ©liorer et d’apprendre directement des personnes concernĂ©es.

Suivre PeerTube sur Mastodon Soutenir Framasoft

Édition de sous-titres, promotion des vidĂ©os et plus encore


GrĂące au nouvel outil de transcription introduit l’annĂ©e derniĂšre, il est dĂ©sormais trĂšs simple d’obtenir une transcription ou des sous-titres pour votre vidĂ©o. Mais l’outil d’édition des transcriptions/sous-titres Ă©tait
 hum
 disons sommaire. Une nouvelle fenĂȘtre modale a Ă©tĂ© introduite, pour rendre l’édition des sous-titres beaucoup plus aisĂ©e.

Image montrant l'interface pour modifier les sous-titres dans PeerTube

Nous avons accueilli et intégré en amont une contribution de la communauté sur le SEO (optimisation pour les moteurs de recherche), pour aider à promouvoir le contenu hébergé sur PeerTube dans les moteurs de recherche. Un avatar de la plateforme apparaßt désormais dans les balises opengraph, les comptes et canaux vides sont masqués dans le plan du site, tandis que des balises vidéo supplémentaires y sont désormais présentes.

Enfin, PeerTube a été traduit en slovaque.

Nous voulons vraiment prendre le temps de remercier la communautĂ© qui contribue aux traductions de PeerTube, jamais nous n’aurions pensĂ© que notre logiciel serait un jour disponible dans plus de 38 langues.

Un grand merci Ă  vous tous, personnes merveilleuses, qui avez pris le temps et le soin de contribuer Ă  notre outil de traduction : vous ĂȘtes incroyables !

sepia, mascotte de peertube, entretenant son jardin

Faire la chasse aux bugs et cultiver le jardin Commun
 une allégorie de la communauté PeerTube.
Illustration de David Revoy (CC-By)

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Plus d’amĂ©liorations Ă  venir


D’autres chantiers sont prĂ©vus dans le cadre de cette refonte de l’interface. Nous espĂ©rons les livrer dans les premiers mois de 2025. Tout d’abord, la traduction du rapport de recherche UX de La CoopĂ©rative des Internets est en voie d’ĂȘtre terminĂ©e. Nous le publierons dans l’espoir qu’il aidera l’ensemble de la communautĂ© du Fediverse.

Une fois que les administratrices de PeerTube auront le temps de faire la mise Ă  jour de leurs plateformes, nous mettrons Ă  jour la documentation de PeerTube avec de nouvelles captures d’écran, et les chemins des nouveaux menus.

Les prochaines Ă©volutions seront dĂ©diĂ©es Ă  la simplification de la gestion des chaĂźnes et des vidĂ©os pour les crĂ©ateurs de contenus (oĂč plusieurs outils et menus ont Ă©tĂ© ajoutĂ©s au fil des ans). La catĂ©gorisation des vidĂ©os NSFW devrait Ă©galement ĂȘtre affinĂ©e.

Illustration - Dans la mer Sepia, lĂŠ poulpe mascotte de PeerTube, dessine un grand chiffre sept avec son encre.

Illustration : David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Évidemment, beaucoup d’autres projets sont prĂ©vus pour notre feuille de route 2025, mais nous attendons de voir si nous allons obtenir des fonds pour les rĂ©aliser : nous vous tiendrons informĂ©es dĂšs que nous en saurons plus !

En ce qui concerne les fonds, nous tenons Ă  remercier le programme Entrust du NGI0 pour sa subvention qui a permis de financer la majeure partie du travail sur cette nouvelle version (et sur l’application mobile PeerTube que nous avons lancĂ©e la semaine derniĂšre). L’équipe NLnet a Ă©tĂ© un excellent partenaire dans la gestion de cette subvention, et l’audit d’accessibilitĂ© du consortium a vraiment fait une Ă©norme diffĂ©rence.

Partagez vos idées et retours sur PeerTube Soutenir Framasoft

Le dĂ©fi : 20 000 fois 20 € de dons pour les 20 ans de Framasoft !

MĂȘme si ces nouveaux dĂ©veloppements ont pu ĂȘtre financĂ©s, la maintenance de PeerTube, le support (gratuit), l’intĂ©gration des contributions, etc. se font sur nos propres ressources. Et Framasoft n’est pas une grande entreprise de la tech : nous sommes une association Ă  but non lucratif qui milite pour l’émancipation numĂ©rique.

Or Framasoft est financĂ©e par vos dons ! Chaque tranche de 20 euros de dons sera un nouveau ballon pour cĂ©lĂ©brer 20 annĂ©es d’aventures et nous aider Ă  continuer et dĂ©coller une 21e annĂ©e.

Framasoft, c’est un modĂšle solidaire :

  • 8000 donatrices en 2023 ;
  • plus de 2 millions de bĂ©nĂ©ficiaires chaque mois ;
  • votre don (dĂ©fiscalisable Ă  66 %) peut bĂ©nĂ©ficier Ă  249 autres personnes.

Jauge de dons de Framasoft au 17 dĂ©cembre 2024, Ă  110619 €

À ce jour, nous avons collectĂ© 110 619 € sur notre objectif de campagne. Il nous reste 14 jours pour convaincre les copaines et rĂ©colter de quoi faire dĂ©coller Framasoft.

Alors : dĂ©fi relevĂ© ?

🎈 Je soutiens la 21e annĂ©e de Framasoft 🎈

Les Framactus – Hiver 2024

Entre bonnets, Ă©charpes et prĂ©paration de la fin de l’annĂ©e
 Voici les derniĂšres nouvelles de Framasoft en 2024, de la campagne de dons en cours et de la cĂ©lĂ©bration des 20 ans de l’association.

🎈Je soutiens l’association Framasoft🎈

2024 en quelques chiffres

Nous le disions dans la prĂ©cĂ©dente lettre d’info, l’annĂ©e fut particuliĂšrement difficile pour Framasoft. NĂ©anmoins, notre association peut ĂȘtre fiĂšre des chiffres (temporaires) qu’elle prĂ©sente :

  • 42 interventions Ă  votre rencontre ;
  • 104 articles sur le Framablog ;
  • 52 structures accompagnantes rĂ©pertoriĂ©es sur Emancip’Asso ;
  • 1583 espaces cloud attribuĂ©s Ă  des assos et collectifs sur Framaspace ;
  • 81 sites dont 24 services sur 126 serveurs ;
  • 1068 plateformes PeerTube hĂ©bergeant leurs propres vidĂ©os ;
  • 
pour environ 1,8 millions bĂ©nĂ©ficiaires chaque mois (estimation (au doigt mouillĂ© (on peut pas ĂȘtre sĂ»rs (on ne vous piste pas))))

Nos actions sont financĂ©es par vos dons : plus que jamais, merci de vos contributions.

Soutenir le travail de Framasoft

illustration des 20 ans de Framasoft

Pour ses 20 ans, Framasoft vous couvre de cadeaux !

Depuis le 19 novembre, l’association Framasoft cĂ©lĂšbre sa 20e annĂ©e d’existence. Chaque semaine a Ă©tĂ© l’occasion d’une nouvelle annonce, d’un nouveau partage :

  • CĂ©lĂ©brez les 20 ans de l’association, avec un site web commĂ©moratif, et deux Ă©pisodes du podcast Projets Libres !
  • Framaspace, le cloud libre et gratuit pour les petites assos, s’enrichit de formulaires, outil comptable, gestion de membres
 pour mieux aider les collectifs Ă  changer le monde !
  • DĂ©mystifions ensemble l’Intelligence Artificielle : le site-outil FramamIA propose des clĂ©s de comprĂ©hension autour de l’IA
 et l’application Lokas permet d’expĂ©rimenter avec un outil concret.
  • PeerTube dispose dĂ©sormais d’une application mobile, pour dĂ©couvrir et regarder des vidĂ©os et des lives. Conçue avec soin, l’interface ne capte ni vos donnĂ©es, ni votre attention.
  • Quant au logiciel PeerTube, la version 7 vient juste de sortir ! ThĂšme, nouvelle interface, accessibilité  c’est un relooking complet pour notre alternative Ă©thique Ă  YouTube ou Twitch.
  • (la semaine de NoĂ«l) Nous avons hĂąte de vous prĂ©senter un bilan de Collectivisons Internet, Convivialisons Internet
 notre stratĂ©gie pour dĂ©googliser les associations.

Toutes ces publications sont (et seront) dĂ©taillĂ©es sur le Framablog, et rĂ©sumĂ©es sur le site Soutenir Framasoft, oĂč notre campagne de dons bat son plein.

Soutenir les actions de Framasoft

illustration de FRamasoft décolle

Plus que quelques jours pour nous aider Ă  continuer, voire Ă  dĂ©coller, en 2025 !

Framasoft vit principalement de vos dons. Environ 95 % de nos revenus proviennent de donations, dont 20 % de dons de fondations
 Ce qui fait que 75 % de notre budget vient de vous.

Votre gĂ©nĂ©rositĂ© depuis que nous avons commencĂ© Ă  cĂ©lĂ©brer ces 20 ans n’a pas fait dĂ©faut, et nous souhaitons remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont dĂ©jĂ  contribuĂ© Ă  cet Ă©lan solidaire.

Notre objectif, cette fin d’annĂ©e, est double :

  • si l’on collecte 200 000 €, on sort de l’orniĂšre, on boucle le budget 2025 et Framasoft pourra poursuivre ses projets (en Ă©quipe rĂ©duite).
  • dĂšs qu’on se dirige vers les 400 000 €, vous offrez Ă  Framasoft les moyens de rebondir, voire dĂ©coller, pour innover et s’emparer de nouveaux enjeux.

L’association Framasoft Ă©tant reconnue d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, les contribuables Français peuvent bĂ©nĂ©ficier d’une dĂ©duction fiscale de 66 %
 mais il faut donner avant le 31 dĂ©cembre minuit si vous voulez que ça compte pour 2024 !

Cette annĂ©e plus que les autres, nous espĂ©rons votre aide, vos partages et votre solidarité  en souhaitant que nos actions soient Ă  la hauteur de vos dons.

🎈Contribuer aux 20 ans de Framasoft🎈

On vous envoie plein de chaleur et de paillettes pour cette fin d’annĂ©e,

L’équipe de Framasoft, asso vingtenaire.

 

PeerTube mobile app : discover videos while caring for your attention

Today, at Framasoft (bonjour !), we publish the very first version of the PeerTube Mobile app for android and iOS. A lot of care went into its conception, to help a wider audience watch videos and discover platforms, while not getting their attention (and data) exploited.

🎈Framasoft is 20 years old🎈 : Contribute to finance a 21st year !

Thanks to your donations (66 % tax-free), the Framasoft association has been working for 20 years to advance the ethical and user-friendly Web. Find out more about some of our actions in 2024 on the Support Framasoftwebsite .

âžĄïž Read the series of articles from this campaign (FR – Nov. – Dec. 2024)

Another step into PeerTube growth

Even though we have been developing and maintaining the PeerTube software for 7 years, we, at Framasoft, are far from being an IT company. First because we are a not-for-profit (funded through donations, you can support us here), and then because our goal is, actually, to help others educate themselves on digital issues, surveillance capitalism, etc. and to give them tools that helps them get digitally emancipated.

Developing PeerTube has been, to us, an (happy) accident. We wanted to show that with one paid developer (for the first six years, then two), very little means (~ €650,000 over 7 years) and lots of community contributions, we can create a radical alternative to YouTube and Twitch. It also took a lot of patience. From the get go, we knew we needed to aim for a slow but steady pace of growth for the software, the network of video platforms it federates, the whole ecosystem and the audiences it reached.

Videos and live-streams are increasingly watched on mobile devices. We knew the next step to widen the audience of the PeerTube network of platforms was to develop a mobile client. Last year, we decided to hire Wicklow (who completed his last internship, before graduating, here with us), to train him on mobile technologies, develop a mobile app, while continuing to get familiar with PeerTube’s core code.

Support PeerTube & Framasoft

Getting funded and getting help

This was (and still is) a big decision : a new hire needs to be funded (our huge thanks to NLnet and the NGI0 Entrust program !), and we want to stay a small structure, so we don’t have lots of room in our team. In hindsight, though, we believe it was the right one.

We surrounded ourselves with Zenika, to get help on architecture and experience on mobile strategy. We soon realized that peer-to-peer video sharing wouldn’t be a wise strategy on mobile devices. After benchmarking different technologies, Wicklow picked Flutter for the development.

La CoopĂ©rative des Internets (French design workers-owed-company), helped us pinpoint the relevant user experience and design an app fit for videos on the fediverse. We decided, for the first release, to limit the scope of the app to the « spectator use-case Â» : browsing and watching videos.

We plan to share all their reports soon (early 2025), as soon as we put in the final touches. We hope that sharing this expertise and experience will help other FLOSS initiatives in their endeavor.

In the meanwhile, the PeerTube Mobile app is (as always with us) Free-libre and open-source, and you can find the source code here on our repository.

Image "welcome" PeerTube app Image PeerTube app video player

 

🎈🎈 Celebrate Framasoft’s 20th birthday 🎈🎈

Fediverse complexities made simple

This preparatory work helped us realize that a mobile client was an amazing opportunity to simplify the PeerTube experience. PeerTube is not a video platform : it’s a network of video platforms, each with their own rules, means and focus, that can choose to federate with others (or not).

It is, by design, more complex than a centralized platform. One of the main feedback we got from video enthusiasts was

« I don’t know where to get an account. I don’t know where to search & find videos Â» (even though we maintain SepiaSearch).

Screenshot of SepiaSearch.org, our PeerTube Search Engine

Local account

Within a mobile client, we can create some kind of local account, directly on your device, so you get your watch-list, playlists, faves, etc. It saves you the hassle of finding a platform where you’d need to create an account if you just want to enjoy video content.

Image "Watch later" PeerTube app

Explore platforms

We can also include a search engine and an interface to explore the federation of PeerTube platforms and find videos suited to your interest. Not everyone knows SepiaSearch (and other fediverse search engines) exists : you get it from the get go, in your pocket.

Highlighting platforms’ diversity

Finally, we can present content in a way that highlights the platforms, and show you where the videos/channels you watch are hosted. Differentiating platforms is a practical, visual way of introducing the concept of federation to a wider audience.

Image PeerTube app "explore platforms"

Fund Framasoft’s work

Designing out dark patterns

Humility check : a small French nonprofit will never have Google’s workforce nor Amazon’s money (and vice versa). But we have an edge : we are not constrained by surveillance capitalism rules, and its captology models.

Neither PeerTube nor the mobile app have any interest into grabbing your attention, force-feeding you ads and milking behavioral and personal data from you.

That is how we freed the design from toxic design patterns such as doom scrolling, curated feeds, needy notifications and so on.

It might sound obvious, but it takes real effort to conceive an interface cleaned from what has unfortunately became the new normal. Even more if you need to keep it familiar enough so it says easy to use.

Image "show more" PeerTube app

A very first build, limited by (play & i) stores

We knew beforehand that fitting into Google’s PlayStore and Apple AppStore would be a challenge. They clearly weren’t ready to host a client for (not-a-platform but) a network of autonomous video-sharing platforms, published by a small French nonprofit, funded through its independent donation website.

We knew about the issues encountered by Thorium (another PeerTube mobile client). We got help and advice from Gabe, who develops the streaming tool Owncast (may your keyboard always repel crumbs and click smoothly), and encountered many obstacles
 We knew about all that but, oh my Tux, it was a wild ride.

After jumping though hoops, here we are, you can download the PeerTube mobile app here :

Download on F-Droid, alternative store for Android AppStoreSoon Download on Google Play Store Download on Apple AppStore

🔗Download the latest apk🔗 ((Android/Advanced)

🎈 Contribute to Framasoft’s Future 🎈

(un-)Limiting the federation

To get through Apple’s (and, in a lesser way, Google’s) validation processes, we had to present the mobile app with a curated « allowlist Â» of PeerTube platforms that meet their standards.

Here is the state of those limitations right now :

  • Apple AppStore : limited to a very strict allowlist. Truth be told, a week before release, we are still unsure of being validated. Once we manage it, we’ll see how to widen the list & let users add platforms they want ;
  • Google Play Store : limited allowlist, but users can already add the platforms they want. We plan to widen the allowlist next ;
  • F-Droid (coming soon) and direct download apk : all PeerTube platforms we have indexed on SepiaSearch are available. If an instance isn’t declared to our index or is moderated, you can add it manually.

Image explore plateforms PeerTube app

Download on F-Droid, alternative store for Android AppStoreSoon Download on Google Play Store Download on Apple AppStore

🔗Download the latest apk🔗 ((Android/Advanced)

We cannot stress enough how their stores are not ready for independent solidarity-oriented networks. For exemple, a small « support us Â» donation link in our website footer or even on one of the allowed platforms triggered a « nope Â» from Apple.

And that’s consistent : as seen in their fight with Epic (owners of Fortnite) Apple take their share in every in-app purchases. They have an economic interest to keep your expenses enclosed in their ecosystem. Please, please : consider getting your freedom back ;).

meme "I expected nothing, and yet I was disappointed"

Coming soon, in the PeerTube App

Fitting into Apple’s (and Google’s) very small boxes took time and energy, more than what we expected. We decided to release a first (incomplete) version of the app in December anyway, and gradually improve on it.

Here are the features we plan to develop and share for the PeerTube app :

  • Soon (early 2025)
    • Finalize and publish design and mobile strategy reports
    • Publish documentation
    • Play video in background
    • Log in to one’s account, gets subscriptions, comment videos
    • next video recommandation
    • improve on the limited platforms list situation
  • Then (mid 2025 (if funded))
    • adapt to tablets
    • adapt to TVs (well : AndroidTV
 as for AppleTV, it will depend on their limitations)
    • Watch offline (for downloadable content)

Right now, we are still waiting to secure funding for those mid-2025 features (for which we have requested a NGI0 Commons grant to NLnet).

Depending on the app success and usage, we would love to add the content creator usecase to the app. But that’s a big one : upload and publish a video, manage one’s content, create a livestream, etc. We are still wondering where, when and how to get funds for this undertaking.

Illustration - Sepia, lÊ poulpe mascotte de PeerTube, sort de l'écran d'un téléphone mobile.

Illustration by David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Care, Share and Contribute !

This is the part where we need you.

We hope you will enjoy this app, download and use it, and share it with your friends. This is a new gateway to promote PeerTube content, get audience to fabulous content creators, entice them to share more and boost that virtious loop.

This app is also a way of showcasing how media could be presented, when they are made with care for your agency and attention. More than ever : sharing is caring.

Download on F-Droid, alternative store for Android AppStoreSoon Download on Google Play Store Download on Apple AppStore

🔗Download the latest apk🔗 ((Android/Advanced)

You can also contribute by reporting bugs (within the app), helping on the code (here is the git repository), and translating the interface. This is an important one : right now, the App is only available in English and French. Your language contributions are welcomed here on our translation platform.

Obviously, we plan to maintain the app, add translations, implement bugfixes and security updates when needed : but this has a cost. We need to secure Framasoft’s 2025 budget to make Wicklow’s position permanent in our team (which is a priority to us). Our donation campaign is active right now, you can add your support here (and thanks !).

illustration oĂč des animaux mascottes de projets framasoft rassemblent des ballons sur deux piquets au sol. Les ballons prennent la forme d'un 20 gĂ©ant.

Illustration by David Revoy – Licence : CC-By 4.0

The challenge : 20,000 times €20 donations for Framasoft’s 20th anniversary !

Framasoft is funded by your donations ! Every €20 you donate will be a new balloon to celebrate 20 years of adventures and help us continue and take off for a21st year.

Framasoft is a model of solidarity :

  • 8,000 donors in 2023 ;
  • over 2 million beneficiaries every month ;
  • your donation can benefit 249 other people.

Framasoft donation bar on 2024 dec. 10th, at 84817€

To date, we have raised €84,817 of our campaign target. We still have 21 days to convince our friends and raise enough money to get Framasoft off the ground.

So, challenge accepted ?

Support Framasoft

PeerTube sur mobile : un univers de vidĂ©os qui prend soin de votre attention

Aujourd’hui, chez Framasoft, nous publions la toute premiĂšre version de l’application PeerTube Mobile pour android et iOS. beaucoup de soin a Ă©tĂ© apportĂ© Ă  sa conception, afin d’aider un public plus large Ă  regarder des vidĂ©os et dĂ©couvrir des plateformes, sans exploiter les attentions (ni les donnĂ©es).

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21e annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

âžĄïž Lire la sĂ©rie d’articles de cette campagne (nov. – dĂ©c. 2024)

Une nouvelle Ă©tape dans la croissance de PeerTube

Bien que nous dĂ©veloppions et maintenions le logiciel PeerTube depuis 7 ans, nous, chez Framasoft, sommes loin d’ĂȘtre une entreprise d’informatique. D’abord parce que nous sommes une association Ă  but non lucratif (financĂ©e par des dons, vous pouvez nous soutenir ici), et ensuite parce que notre but est, en fait, d’aider les autres Ă  s’éduquer sur les questions numĂ©riques, le capitalisme de surveillance, etc. et de leur donner des outils qui les aident Ă  s’émanciper numĂ©riquement.

Le dĂ©veloppement de PeerTube a Ă©tĂ©, pour nous, un (heureux) accident. Nous voulions montrer qu’avec un dĂ©veloppeur rĂ©munĂ©rĂ© (pendant les six premiĂšres annĂ©es, puis deux), trĂšs peu de moyens (~ 650 000 € sur 7 ans) et beaucoup de contributions de la communautĂ©, nous pouvons crĂ©er une alternative radicale Ă  YouTube et Twitch. Il a Ă©galement fallu beaucoup de patience. DĂšs le dĂ©part, nous savions que nous devions viser un rythme de croissance lent mais rĂ©gulier pour le logiciel, le rĂ©seau de plateformes vidĂ©o qu’il fĂ©dĂšre, l’ensemble de l’écosystĂšme et le public qu’il atteint.

Les vidĂ©os et les flux en direct sont de plus en plus regardĂ©s sur des appareils mobiles. Nous savions que la prochaine Ă©tape pour Ă©largir l’audience du rĂ©seau de plateformes PeerTube Ă©tait de dĂ©velopper un client mobile. L’annĂ©e derniĂšre, nous avons dĂ©cidĂ© d’embaucher Wicklow (qui a effectuĂ© son dernier stage chez nous avant d’obtenir son diplĂŽme), pour le former aux technologies mobiles et dĂ©velopper une application mobile, tout en continuant Ă  se familiariser avec le code de base de PeerTube.

Soutenir PeerTube & Framasoft

Obtenir un financement et de l’aide

C’était (et c’est toujours) une dĂ©cision importante : une nouvelle embauche doit ĂȘtre financĂ©e (un grand merci Ă  NLnet et au programme Entrust du NGI0 !), et nous voulons rester une petite structure, donc nous n’avons pas beaucoup de place dans notre Ă©quipe. Avec le recul, nous pensons que c’était la bonne dĂ©cision.

Nous nous sommes entourĂ©s de Zenika, pour obtenir de l’aide sur l’architecture et de l’expĂ©rience sur la stratĂ©gie mobile. Nous nous sommes vite rendu compte que le partage de vidĂ©os en peer-to-peer n’était pas une stratĂ©gie judicieuse sur les appareils mobiles. AprĂšs avoir comparĂ© diffĂ©rentes technologies, Wicklow a choisi Flutter pour le dĂ©veloppement.

La CoopĂ©rative des Internets (une scop des designers) nous a aidĂ©s Ă  identifier l’expĂ©rience utilisateur pertinente et Ă  concevoir une application adaptĂ©e aux vidĂ©os sur le fediverse. Nous avons dĂ©cidĂ©, pour la premiĂšre version, de limiter le champ d’application de l’app au « cas d’utilisation spectateur Â» : parcourir et regarder des vidĂ©os.

Nous prĂ©voyons de partager tous les rapport prochainement (dĂ©but 2025), dĂšs que nous aurons mis les derniĂšres retouches Ă  l’application. Nous espĂ©rons que le partage de cette expertise et de cette expĂ©rience aidera d’autres initiatives FLOSS dans leurs efforts.

En attendant, l’application PeerTube Mobile est (comme toujours avec nous) libre et open-source, et vous pouvez trouver le code source ici sur notre dĂ©pĂŽt.

Image "welcome" PeerTube app Image PeerTube app video player

 

🎈🎈 CĂ©lĂ©brer les 20 ans de Framasoft 🎈🎈

Simplifier la complexité du Fediverse

Ce travail prĂ©paratoire nous a permis de rĂ©aliser qu’un client mobile Ă©tait une formidable opportunitĂ© de simplifier l’expĂ©rience PeerTube. PeerTube n’est pas une plateforme vidĂ©o : c’est un rĂ©seau de plateformes vidĂ©o, chacune avec ses propres rĂšgles, moyens et objectifs, qui peuvent choisir de se fĂ©dĂ©rer avec d’autres (ou non).

Il est, de par sa conception, plus complexe qu’une plateforme centralisĂ©e. L’un des principaux commentaires que nous avons reçus de la part des passionnĂ©s de vidĂ©o est le suivant

« Je ne sais pas oĂč ouvrir un compte. Je ne sais pas oĂč chercher et trouver des vidĂ©os Â» (mĂȘme si nous maintenons SepiaSearch).

Screenshot of SepiaSearch.org, our PeerTube Search Engine

Compte local

Dans un client mobile, nous pouvons crĂ©er une sorte de compte local, directement sur votre appareil, afin que vous puissiez accĂ©der Ă  votre liste de visionnage, Ă  vos listes de lecture, Ă  vos favoris, etc. Cela vous Ă©vite d’avoir Ă  trouver une plateforme sur laquelle vous devez crĂ©er un compte si vous voulez simplement profiter du contenu vidĂ©o.

Image "Watch later" PeerTube app

Explorer les plateformes

Nous pouvons Ă©galement inclure un moteur de recherche et une interface pour explorer la fĂ©dĂ©ration des plateformes PeerTube et trouver des vidĂ©os adaptĂ©es Ă  vos centres d’intĂ©rĂȘt. Tout le monde ne connaĂźt pas l’existence de SepiaSearch (et d’autres moteurs de recherche fĂ©dĂ©rĂ©s) : vous l’avez dĂšs le dĂ©part, dans votre poche.

Mise en évidence de la diversité des plateformes

Enfin, nous pouvons prĂ©senter le contenu d’une maniĂšre qui mette en Ă©vidence les plateformes et vous montrer oĂč sont hĂ©bergĂ©es les vidĂ©os/chaĂźnes que vous regardez. La diffĂ©renciation des plateformes est un moyen pratique et visuel d’introduire le concept de fĂ©dĂ©ration auprĂšs d’un public plus large.

Image PeerTube app "explore platforms"

Financer le travail de Framasoft

Designer pour sortir des dark patterns

Restons humbles : une petite association française n’aura jamais la force de travail de Google ni l’argent d’Amazon (et vice versa). Mais nous avons un avantage : nous ne sommes pas contraints par les rĂšgles du capitalisme de surveillance et ses modĂšles de captologie.

Ni PeerTube ni l’application mobile n’ont intĂ©rĂȘt Ă  capter votre attention, Ă  vous gaver de publicitĂ©s et Ă  vous soutirer des donnĂ©es comportementales et personnelles.

C’est ainsi que nous libĂ©rons le design des conceptions toxiques tels que le « doom scrolling Â», la curation de flux, et les notifications omniprĂ©sentes.

Cela peut sembler Ă©vident, mais il faut un rĂ©el effort pour concevoir une interface dĂ©barrassĂ©e de ce qui est malheureusement devenu la nouvelle norme. D’autant plus qu’il faut la rendre suffisamment familiĂšre pour qu’elle soit facile Ă  utiliser.

Image "voir plus" pour l'application PeerTube.

Une toute premiÚre version, limitée par les (play et i) stores

Nous savions Ă  l’avance que l’intĂ©gration dans le PlayStore de Google et l’AppStore d’Apple serait un dĂ©fi. Ils n’étaient manifestement pas prĂȘts Ă  hĂ©berger un client pour (non pas une plateforme mais) un rĂ©seau de plateformes autonomes de partage de vidĂ©os, Ă©ditĂ© par une petite association française Ă  but non lucratif, financĂ©e par son site web de dons indĂ©pendant.

Nous Ă©tions au courant des problĂšmes rencontrĂ©s par Thorium (un autre client mobile PeerTube). Nous avons reçu l’aide et les conseils de Gabe, qui dĂ©veloppe l’outil de streaming Owncast (que ton clavier repousse les miettes et clique avec douceur), et qui a rencontrĂ© de nombreux obstacles 
 Nous Ă©tions au courant de tout cela mais, oh mon Tux, quelle aventure.

AprĂšs avoir fait des pieds et des mains, nous y voilĂ , vous pouvez tĂ©lĂ©charger l’application mobile PeerTube ici :

Download on F-Droid, alternative store for Android AppStoreBientĂŽt Download on Google Play Store Download on Apple AppStore

🔗TĂ©lĂ©charger le fichier apk🔗(Android/Expert)

🎈 Contribuer à l’avenir de Framasoft🎈

(dé)Limiter la fédération

Pour passer les processus de validation d’Apple (et, dans une moindre mesure, de Google), nous avons dĂ» prĂ©senter l’application mobile avec une « liste autorisĂ©e Â» de plateformes PeerTube rĂ©pondant Ă  leurs normes.

Voici l’état de ces limitations Ă  l’heure actuelle :

  • L’AppStore d’Apple : limitĂ© Ă  une liste d’autorisation trĂšs stricte. À vrai dire, une semaine avant la sortie, nous n’étions toujours pas sĂ»rs d’ĂȘtre validĂ©s. Une fois les premiĂšres mises Ă  jours passĂ©es, nous verrons comment Ă©largir la liste et permettre aux utilisateurs d’ajouter les plateformes qu’ils souhaitent.
  • Google Play Store : liste limitĂ©e, mais les utilisateurs peuvent dĂ©jĂ  ajouter les plateformes qu’ils souhaitent. Nous prĂ©voyons d’élargir la liste ensuite.
  • F-Droid (bientĂŽt) et tĂ©lĂ©chargement direct de l’apk : toutes les plateformes PeerTube que nous avons indexĂ©es sur SepiaSearch sont disponibles. Si une instance n’est pas dĂ©clarĂ©e dans notre index ou est modĂ©rĂ©e, vous pouvez l’ajouter manuellement.

Image explore plateforms PeerTube app

Download on F-Droid, alternative store for Android AppStoreBientĂŽt Download on Google Play Store Download on Apple AppStore

🔗TĂ©lĂ©charger le fichier apk🔗(Android/Expert)

Nous n’insisterons jamais assez sur le fait que leurs magasins ne sont pas prĂȘts Ă  accueillir des rĂ©seaux indĂ©pendants axĂ©s sur la solidaritĂ©. Par exemple, un petit lien de donation « soutenez-nous Â» dans le pied de page de notre site web ou mĂȘme sur l’une des plateformes autorisĂ©es a dĂ©clenchĂ© un « non Â» de la part d’Apple.

Et c’est cohĂ©rent : comme on l’a vu dans leur combat avec Epic (propriĂ©taire du jeu Fortnite) Apple prend sa part dans chaque achat in-app. Ils ont un intĂ©rĂȘt Ă©conomique Ă  garder vos dĂ©penses enfermĂ©es dans leur Ă©cosystĂšme. S’il vous plaĂźt, s’il vous plaĂźt : pensez Ă  rĂ©cupĂ©rer votre libertĂ© ;). MĂšme de Dewey déçu alors qu'il ne s'attendait Ă  rien

Bientît, dans l’application PeerTube

Entrer dans les trĂšs petites cases d’Apple (et de Google) a demandĂ© du temps et de l’énergie, plus que ce imaginions. Nous avons dĂ©cidĂ© de publier une premiĂšre version (incomplĂšte) de l’application en dĂ©cembre, et de l’amĂ©liorer progressivement.

Voici les fonctionnalitĂ©s que nous prĂ©voyons de dĂ©velopper et de partager pour l’application PeerTube :

  • BientĂŽt (dĂ©but 2025)
    • Finaliser et publier les rapports sur le design et la stratĂ©gie mobile
    • Publier la documentation
    • Lire une vidĂ©o en arriĂšre-plan
    • Se connecter Ă  son compte, s’abonner, commenter des vidĂ©os
    • Prochaine recommandation de vidĂ©o
    • AmĂ©liorer la situation de la liste des plateformes limitĂ©es
  • Ensuite (mi 2025 (si financĂ©))
    • Adaptation aux tablettes
    • Adaptation aux tĂ©lĂ©viseurs (AndroidTV
 AppleTV dĂ©pendra de leurs limitations)
    • Regarder hors ligne (pour les contenus tĂ©lĂ©chargeables)

Pour l’instant, nous attendons toujours le financement de ces fonctionnalitĂ©s pour la mi-2025 (pour lesquelles nous avons demandĂ© une subvention NLnet).

En fonction du succĂšs et de l’utilisation de l’application, nous aimerions ajouter le cas d’utilisation du crĂ©ateur de contenu Ă  l’application. Mais ce n’est pas une mince affaire : tĂ©lĂ©charger et publier une vidĂ©o, gĂ©rer son contenu, crĂ©er un livestream, etc. Nous nous demandons encore oĂč, quand et comment obtenir des fonds pour cette entreprise.

Illustration - Sepia, lÊ poulpe mascotte de PeerTube, sort de l'écran d'un téléphone mobile.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Prendre soin, partager et contribuer !

C’est ici que nous avons besoin de vous.

Nous espĂ©rons que vous apprĂ©cierez cette application, que vous la tĂ©lĂ©chargerez et l’utiliserez, et que vous la partagerez avec vos amis. Il s’agit d’un nouveau moyen de promouvoir le contenu de PeerTube, d’attirer le public vers de fabuleux crĂ©ateurs de contenu, de l’inciter Ă  partager davantage et de relancer la boucle virale.

Cette application est Ă©galement un moyen de montrer comment les mĂ©dias peuvent ĂȘtre prĂ©sentĂ©s, lorsqu’ils sont conçus avec soin pour votre agentivitĂ© et votre attention. Plus que jamais : partager, c’est prendre soin.

Download on F-Droid, alternative store for Android AppStoreBientĂŽt Download on Google Play Store Download on Apple AppStore

🔗TĂ©lĂ©charger le fichier apk🔗(Android/Expert)

 

Vous pouvez Ă©galement contribuer en signalant des bugs (dans l’application), en aidant au code (voici le dĂ©pĂŽt git), et en traduisant l’interface. Ce dernier point est important : pour l’instant, l’application n’est disponible qu’en anglais et en français. Vos contributions linguistiques sont les bienvenues sur notre plateforme de traduction.

Évidemment, nous prĂ©voyons de maintenir l’application, d’ajouter des traductions, de corriger les bogues et d’effectuer des mises Ă  jour de sĂ©curitĂ© lorsque cela est nĂ©cessaire : mais cela a un coĂ»t. Nous avons besoin de sĂ©curiser le budget 2025 de Framasoft pour pĂ©renniser le poste de Wicklow dans notre Ă©quipe (ce qui est une prioritĂ© pour nous). Notre campagne de dons est active en ce moment, vous pouvez apporter votre soutien ici (et merci !).

illustration oĂč des animaux mascottes de projets framasoft rassemblent des ballons sur deux piquets au sol. Les ballons prennent la forme d'un 20 gĂ©ant.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Le challenge : 20 000 dons de 20€ pour les 20 ans de Framasoft !

Framasoft est financĂ© par vos dons ! Chaque tranche de 20 € que vous donnerez sera un nouveau ballon pour fĂȘter 20 ans d’aventures et nous aider Ă  continuer et Ă  dĂ©coller pour une 21e annĂ©e. Framasoft est un modĂšle de solidaritĂ© :

  • 8 000 donateurs en 2023 ;
  • plus de 2 millions de bĂ©nĂ©ficiaires chaque mois ;
  • votre don peut bĂ©nĂ©ficier Ă  249 autres personnes.

jauge de dons au 10 dĂ©cembre 2024 Ă  84 817 €

À ce jour, nous avons collectĂ© 84 217 € sur l’objectif de notre campagne. Il nous reste 21 jours pour convaincre nos amis et rĂ©colter suffisamment d’argent pour faire dĂ©coller Framasoft. Alors, dĂ©fi relevĂ© ?

🎈🎈 Participer Ă  la 21e annĂ©e de Framasoft 🎈🎈

ï»ż20 anni di Framasoft
 e uno in piĂč grazie alle vostre donazioni ?

Grazie alle vostre donazioni, Framasoft aiuta piĂč di 2 milioni di persone a diventare digitalmente indipendenti. Dopo un ventesimo anno difficile, la nostra associazione vi chiede i mezzi per continuare il suo lavoro
 e per affrontare le sfide del futuro.

🎈 Framasoft compie 20 anni🎈 : contribuisci a finanziare il 21° anno !

Grazie alle vostre donazioni, l’associazione Framasoft lavora da 20 anni per far progredire un Web etico e conviviale. Per saperne di piĂč su alcune delle nostre azioni nel 2024, visitate il sito web Support Framasoft.

âžĄïž Leggere la serie di articoli di questa campagna (novembre-dicembre 2024)

 

Nonostante un anno difficile


Senza entrare nei dettagli o nell’autocommiserazione (perchĂ© questo Ăš un momento di festa), quest’anno Ăš stato doppiamente difficile per Framasoft.

Prima di tutto dal punto di vista umano, perché dei conflitti significativi (che possono verificarsi in qualsiasi associazione
 e in qualsiasi avventura umana) hanno assorbito molte energie e indebolito il livello di motivazione.

Framasoft conclude quindi il 2024 con una stanchezza accumulata, un team piĂč piccolo e un forte desiderio di focalizzarsi nel 2025 sulle nostre azioni al servizio di chi ha bisogno di strumenti digitali etici e popolari.

Ma anche dal punto di vista finanziario non c’ù da rallegrarsi. Tra il fatto che abbiamo meno persone nell’associazione e un annata triste per tutti : l’inflazione, il fascismo alle porte del potere, un crescente bisogno di solidarietà


Framasoft (come molti altri) ha visto le sue donazioni diminuire drasticamente. Il 1° ottobre 2024, Framasoft aveva ricevuto quasi 50.000 euro in meno di donazioni rispetto alla stessa data del 2023.


Framasoft Ăš orgogliosa dei risultati ottenuti nel 2024 !

Da qui alla fine dell’anno, vi presenteremo in dettaglio su questo blog alcune delle azioni significative realizzate nel 2024. Naturalmente, Framasoft Ăš molto di piĂč di questa selezione (ad esempio, tutti i servizi Internet di DĂ©googlisons)
 Ma dovete scegliere tra le 100 pagine dei resoconti delle nostre attivitĂ .

🩄 Framaspace, il cloud associativo, si arricchisce di importanti strumenti

Illustration - Dans l'espace, une licorne fait apparaitre des bulles de sa baguette magique. Dans les bulles, on trouve des symboles : un boulier, des fichiers, etc.

Illustrazione di David Revoy – Licenza : CC-By 4.0

 

Contabilità, gestione dei soci, moduli, gestione semplificata dei dati
 tutte queste funzioni si aggiungono alle intro interattive, alla condivisione delle proprietà, alle agende, ai contatti, alla chat e alla sincronizzazione delle cartelle già disponibili in Framaspace.

Se desiderate che la vostra associazione o il vostro piccolo gruppo riceva un Framaspace e possa beneficiare di queste nuove funzionalitĂ  il prima possibile, non esitate : le iscrizioni sono ancora aperte !
‱ scoprire Framaspace
‱ Tutti i dettagli sul Framablog.

 

🩄 Sostieni Framaspace 🩄

đŸ€– Framamia & [Project L] : demistificare l’IA attraverso la spiegazione (e l’esempio !)

Dal miracolo all’apocalisse, l’IA ù oggetto di fantasie profetiche. Framasoft si ù posta la sfida di precisare il dibattito e di ritornare alla concretezza condividendo alcune chiavi di lettura.

 

Illustration. Autour d'une table, des pingouin chantent. Au centre, un petit perroquet mécanique prend des notes à la maniÚre d'un sténographe.

Illustrazione di David Revoy – Licenza : CC-By 4.0

 

Con il sito web di Framamia, vogliamo spiegare chiaramente come vediamo oggi questa nuova sfida digitale


Per quanto riguarda il [Progetto L], sarà un esperimento, una dimostrazione del tipo di strumenti che possono essere creati quando l’IA viene utilizzata senza cercare il profitto, la crescita o lo sfruttamento
 ma solo per essere fondamentalmente utile.

 

‱ Tutti i dettagli sono in arrivo sul Framablog.

 

đŸ€– Sostieni Framamia đŸ€–

đŸ“± L’app PeerTube : un mondo di video nel palmo della mano

PeerTube non Ăš una piattaforma di video e di live : Ăš una rete di piattaforme autonome, autogestite e interconnesse.

 

Tuttavia, rimane difficile scoprire i contenuti su questa rete, soprattutto perché la maggior parte dei video online viene ormai guardata da un telefono cellulare.

Illustration - Sepia, lÊ poulpe mascotte de PeerTube, sort de l'écran d'un téléphone mobile.

Illustrazione di David Revoy – Licenza : CC-By 4.0

 

Abbiamo quindi sviluppato un’applicazione mobile PeerTube, che sarà disponibile su F-Droid, PlayStore e iOS appstore (se tutto va bene).
‱ Tutti i dettagli sono in arrivo sul Framablog.

 

đŸ“± Sostieni l’applicazione PeerTube đŸ“±

🐙 PeerTube versione 7 : una riprogettazione per un’esperienza ancora piĂč fluida

È stato un anno ricco di nuove funzionalitĂ  per il software che consente di creare la propria piattaforma di video e di live : esportazione e importazione di account, moderazione dei commenti, trascrizione automatica dei video, separazione dei flussi audio e video, navigazione nei sottotitoli, ecc.

Illustration - Dans la mer Sepia, lĂŠ poulpe mascotte de PeerTube, dessine un grand chiffre sept avec son encre.

Illustrazione di David Revoy – Licenza : CC-By 4.0

 

A dicembre ù previsto il rilascio della versione 7 di PeerTube, con importanti modifiche all’esperienza e all’interfaccia del software.

PiĂč chiaro, piĂč semplice e piĂč accessibile : non vediamo l’ora di condividere questo nuovo look con voi !

‱ scoprire PeerTube
‱ Tutti i dettagli sono in arrivo sul Framablog.

 

🐙 Sostieni PeerTube v7 🐙

🩆 Cancanons : bilancio delle azioni per rendere internet piĂč collettivo e facile da usare

Annunciata alla fine del 2022, la roadmap di Collectivisons Internet / Convivialisons Internet (o « coin-coin Â», per i piĂč veloci) puĂČ essere riassunta in un’unica ambizione : degooglizzare le associazioni.

 

Illustration - Une maman canard regarde le nid dans lequel quelques uns des Ɠufs ont Ă©clot.

Illustrazione di David Revoy – Licenza : CC-By 4.0

 

Con ECHO network che si sta concludendo (brillantemente), Emancip’Asso che ù stata lanciata e sta facendo buoni progressi, Framaspace che si sta evolvendo
 sembra un buon momento per fare il punto su queste iniziative e sul futuro che abbiamo in serbo per loro.

Framasoft offre ora una serie di strumenti ai gruppi che desiderano strumenti digitali all’altezza dei loro valori : Ăš ora di presentarli correttamente !
‱ Vedere la roadmap di Collectivisons / Convivialons Internet
‱ Rete ECHO
‱ Emancip’Asso
‱ Tutti i dettagli sono in arrivo sul Framablog.

 

🩆 Sostieni Coin-Coin 🩆

Celebriamo i 20 anni di condivisione associativa

Per noi, il 2024 ù anche il 20° anno dell’associazione Framasoft, la cui fondazione ù stata ufficializzata con la pubblicazione sul Journal Officiel del 03 gennaio 2004.

Annuncio della fondazione dell’associazione Framasoft nel Journal Officiel del 3 gennaio 2004.


 nel podcast di Projets Libres !

Non abbiamo intenzione di raccontare 20 anni di avventure associative in un post sul blog (non sappiamo se un solo libro sarebbe sufficiente !) CosĂŹ abbiamo chiesto a Walid, autore del podcast Projets Libres ! di aiutare alcuni membri storici a condividere alcuni ricordi di questi due decenni.

Il primo episodio di questo podcast Ăš giĂ  disponibile : Framasoft, i primi anni (2004-2014) raccontati da Alexis Kauffmann e Pierre-Yves Gosset.

 

capture d'écran de la page du podcast projets libres dédié à Framasoft

Clicca per ascoltare la prima puntata del podcast sui 20 anni di Framasoft


 sul sito 20ans.framasoft.org !

Inoltre, i membri volontari dell’associazione hanno messo a punto un sito web che illustra 20 anni di azioni e progetti sul software libero, sui beni culturali comuni e sull’educazione popolare alle tematiche digitali.

La storia di Framasoft dimostra che con tanti contributi, talento, duro lavoro, fortuna (anche) e determinazione
 una piccola associazione con meno di 40 membri puĂČ offrire servizi e strumenti che migliorano la vita digitale di oltre due milioni di persone ogni mese.

 

Fare clic qui per visitare il sito web dei 20 anni di Framasoft

Questa storia potrebbe essere un’anomalia statistica (anche se
 vorremmo cogliere l’occasione per augurare alle amiche e agli amici di CLISS XXI, Thunderbird e Wikimedia France un buon 20° compleanno) ! Eh sĂŹ : Framasoft ha un modello certamente difficile da riprodurre
 ma Ăš soprattutto un grande motivo di orgoglio per noi e una grande responsabilitĂ , resa possibile dal sostegno di chi, ogni anno, ha donato a Framasoft.

🎈 Sostieni i 20 anni di Framasoft 🎈

Due possibili futuri, che dipendono interamente da voi

Le donazioni a Framasoft sono una dimostrazione di solidarietĂ  : nel 2023, stimiamo di aver avuto circa 8.000 donatori per 2 milioni di beneficiari mensili.

Una persona che fa una donazione a Framasoft permette ad altre 249 persone di beneficiare gratuitamente dei nostri strumenti.

Essendo Framasoft un’associazione di interesse generale, le donazioni danno diritto ai contribuenti francesi a una detrazione fiscale del 66 %. Una donazione di 200 euro quest’anno sarĂ  di 67 euro, al netto della detrazione.

SĂŹ, questo Ăš il periodo dell’anno in cui facciamo appello al vostro sostegno per continuare e finanziare le azioni di Framasoft. E dopo un ventesimo anno difficile, la nostra associazione ha ancora piĂč bisogno di voi, sia per per ripartire che per prendere il volo.

 

illustration oĂč des animaux mascottes de projets framasoft rassemblent des ballons sur deux piquets au sol. Les ballons prennent la forme d'un 20 gĂ©ant.

Illustrazione di David Revoy – Licenza : CC-By 4.0

Con 200.000 euro, Framasoft prosegue nel suo 21° anno di attività

È la somma di cui abbiamo bisogno per completare il bilancio 2025 e continuare i nostri progetti con il team ridotto. Questo ci permetterà, ad esempio, di assicurare finalmente il posto di lavoro a Wicklow (che, tra le altre cose, sviluppa l’applicazione PeerTube), il cui contratto a tempo determinato ù stato prorogato alla fine di agosto.

Tuttavia, non illudiamoci : se da un lato questa somma (giĂ  molto cospicua) consentirĂ  a Framasoft di uscire dall’impasse, dall’altro avremo solo i mezzi per mantenere le nostre azioni attuali, i servizi online, ecc. senza poter davvero affrontare nuovi progetti.

 

🎈 Aiuta Framasoft a continuare il suo lavaro 🎈

Con 400.000 euro, Framasoft prende il volo per innovare !

Ecco perchĂ© quest’anno abbiamo aggiunto un secondo livello, un bonus nella nostra raccolta fondi. Qualsiasi cifra che superi i 200.000 euro ci darĂ  i mezzi per fare di piĂč, per fare meglio e per affrontare nuovi progetti.

Naturalmente abbiamo giĂ  una serie di progetti per migliorare drasticamente i servizi che oggi utilizziamo di piĂč. Ma questo richiede tempo, talento
 in breve : denaro.

Vogliamo anche dimostrare che una tecnologia digitale emancipatrice, compresa e controllata
 ù un tema attuale e importante di fronte alle urgenze climatiche e sociali.
Che si parli di usi mobili, di AI, di Commons, di strumenti resilienti (bassa tecnologia, riuso, ecc.), del posto della tecnologia digitale nell’attuale emergenza climatica
 abbiamo grandi ambizioni nell’iniziare questo nuovo decennio della vita di Framasoft. Ci mancano solo i mezzi per realizzarle !

 

🎈🎈 Aiuta Framasoft a decollare nel 2025 🎈🎈

Illustration - des mascottes ont plantĂ© une flopĂ©e de ballons qui prennent la forme du logo Framasoft. Le lopin de terre s'est dĂ©tachĂ©, et ils flottent dans le ciel nocture en faisant la fĂȘte.

Illustrazione di David Revoy – Licenza : CC-By 4.0

La sfida : 20.000 volte 20 euro di donazioni per il 20° anniversario di Framasoft !

Certo, lo slogan « 20 euro (20 balles/palloni) per 20 anni di Frama Â» suonava bene
 ma se i piĂč generosi tra voi limitassero le loro donazioni a 20 euro, dovremmo trovare 20.000 donatori ! (contro i poco piĂč di 8.000 del 2023).

Non vogliamo dirvi quanto contribuire, ma solo che (se siete disposti e in grado di farlo), il vostro sostegno sarĂ  piĂč che benvenuto. Ogni 20 euro donati saranno un nuovo palloncino per celebrare 20 anni di avventure e aiutarci a prendere il volo.

Il vostro sostegno e il vostro incoraggiamento saranno altrettanto preziosi per noi : insieme, abbiamo 42 giorni per convincere i nostri amici e raccogliere abbastanza denaro per far decollare Framasoft.

Allora : sfida accettata ?

 

🎈 Io sostengo il 21° anno di Framasoft 🎈

—

Traduzione : nilocram (grazie !)

Lokas : l’app pour enregistrer et transcrire vos rĂ©unions en toute confidentialitĂ©

Framasoft vous propose d’essayer le prototype de Lokas, une nouvelle application de transcription « speech to text Â» qui respecte votre vie privĂ©e. Cette dĂ©mo fonctionnelle est aussi une expĂ©rimentation de Framasoft dans le domaine de l’IA, accompagnĂ©e du site Framamia, que l’on prĂ©sente ici.

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21e annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

âžĄïž Lire la sĂ©rie d’articles de cette campagne (nov. – dĂ©c. 2024)

 

Veuillez noter que cet article est aussi disponible en anglais.

Facilitez vos prises de notes avec Lokas

Lokas est une application (sur smartphone Android ou iOS) qui permet de transcrire le son de voix en fichier texte.

En gros, pour une rĂ©union : vous mettez le tĂ©lĂ©phone au centre de la table, vous appuyez sur le bouton « Enregistrer Â» en dĂ©but de rĂ©union, sur « ArrĂȘter Â» en fin de rĂ©union, et l’application vous renvoie quelques minutes aprĂšs un fichier texte reprenant les phrases prononcĂ©es par chacun et chacune.

Lokas permet et surtout permettra pas mal d’autres choses, mais nous y reviendrons en fin d’annonce.

captures d'écran de l'application Lokas avec les trois étapes : enregistrement, édition du transcript, détail du temps de parole

Lokas, c’est pour qui ?

Lokas s’adresse Ă  toute personne qui participe Ă  des rĂ©unions. Autant dire un paquet de personnes sur la planĂšte :)

Nous pouvons cependant partager quelques cas d’usages.

Premier exemple : une AG associative

Imaginons une AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale associative. Il y a 15 personnes dans la piĂšce, 2 animateur⋅ices, 1 personne Ă  la prise de notes. Et une rĂ©union de 2H.

Les soucis :

  • La prise de notes est Ă©puisante
  • La personne qui prend les notes voit sa participation limitĂ©e
  • Les notes peuvent ĂȘtre incomplĂštes (un « trou Â» dĂ» Ă  une pause pipi)

Ce qu’apporte Lokas ?

Lokas permet d’assister la personne qui prend les notes, et lui permettra de participer plus facilement (tout en autorisant la pause pipi !).

Exemple de transcription d'un Ă©change vocal avec l'application Lokas

Exemple de transcription d’un Ă©change vocal avec l’application Lokas

Second exemple : un atelier avec des ados

Un atelier de l’association « Les petits dĂ©brouillards Â». 3 groupes de 5 adolescent⋅es. Une majoritĂ© de filles dans les groupes.

Les soucis :

  • La prise de notes peut ĂȘtre trĂšs compliquĂ©e
  • Les garçons monopolisent la parole

Ce qu’apporte Lokas ?

Lokas permet de garder trace (sonore et Ă©crite) de ce qu’il s’est dit. Et permet d’établir des statistiques de temps de paroles, notamment par genre, afin d’objectiver le fait que les garçons ne laissent que peu de temps de paroles aux filles.

TroisiĂšme exemple : une rĂ©union de travail en visio, en langue Ă©trangĂšre

Votre collectif militant est proche d’une association espagnole. C’est Camille, une bĂ©nĂ©vole de votre collectif, qui parle Ă  peu prĂšs l’espagnol, qui fera la visio avec son interlocutrice madrilĂšne. La visio a donc lieu dans une langue Ă©trangĂšre.

Les soucis :

  • Vous avez besoin de pouvoir rĂ©Ă©couter Ă  tĂȘte reposĂ©e
  • Vous avez besoin d’une transcription en français et de la partager aux membres du C.A.

Ce qu’apporte Lokas ?

Avec Lokas, Camille pourra réécouter la visio, la transcrire automatiquement en français, et la partager depuis votre smartphone (par mail, via Signal, Matrix, WhatsApp, Telegram, etc).

Soutenir Lokas (et Framasoft)

L’IA n’est pas magique ✹. Lokas non plus đŸ€·.

Lokas n’est qu’un outil. Il peut vous assister dans la prise de notes. Cependant, comme tout outil, il ne doit pas vous dispenser d’utiliser votre cerveau !

L’invention de l’écriture (une autre technologie, trĂšs perfectionnĂ©e) date d’au moins 3 000 ans. Cela fait donc au moins aussi longtemps que l’humanitĂ© est capable de se rĂ©unir et de garder des traces Ă©crites. Sans IA. Sans smartphone. Ne jetez pas plusieurs millĂ©naires de techniques avec l’eau de l’IA. Un outil comme Lokas pourra ĂȘtre utile dans certains cas, et complĂštement gadget, voire improductif, dans d’autres cas. Cela n’est pas sans rappeler le concept de Pharmakon, cher au philosophe Bernard Stiegler : Lokas, comme tout objet technique, est Ă  la fois poison, remĂšde, et bouc-Ă©missaire.

Par exemple le web est « Ă  la fois un dispositif technologique associĂ© permettant la participation et un systĂšme industriel dĂ©possĂ©dant les internautes de leurs donnĂ©es pour les soumettre Ă  un marketing omniprĂ©sent et individuellement tracĂ© et ciblĂ© par les technologies du user profiling. Â». RemĂšde et poison.

De la mĂȘme façon, Lokas pourra ĂȘtre Ă©mancipateur (en facilitant la participation plutĂŽt que la prise de notes), ou au contraire contraignant (les rĂ©unions un peu foutraques dans un bar bruyant ont aussi leur intĂ©rĂȘt, il ne faudrait pas s’en passer parce que l’outil fonctionne mieux dans un environnement calme), ou frustrant (« l’application a plantĂ©, je n’ai aucune note de secours ! La technologie, c’est de la mĂąrde ! Â»).

Lokas, comme une voiture, un marteau, un stylo, n’est pas un outil « neutre Â». À vous de voir, collectivement, si vous souhaitez l’utiliser, et comment.

Illustration de Gee, montrant de mauvaises conditions pour utiliser Lokas, à savoir une réunion bruyante dans un bar

ForcĂ©ment, ça va moins bien marcher – CC-By SA Gee

« C’est l’histoire d’une app
 Â»

Il nous semble intĂ©ressant de pouvoir vous raconter comment est nĂ©e l’application Lokas. C’est lever un coin de rideau sur les coulisses de Framasoft, comprendre comment nous pouvons prendre la dĂ©cision de faire (ou de ne pas faire) tel ou tel projet. C’est aussi montrer que parfois, avec un peu de chance et d’huile de coude clavier, on peut faire des choses qui pourraient paraĂźtre impossibles. Cependant, comme cette partie n’est pas indispensable, on vous laisse le choix d’en prendre connaissance ou pas.

Cliquez ici pour lire (l’improbable et fabuleuse) histoire de Lokas

 

Cela fait bien trois ou quatre ans que l’idĂ©e de Lokas traĂźne dans la tĂȘte de pyg, membre de Framasoft.

L’idĂ©e de dĂ©part (nom de code : « Brewawa Â»), c’était surtout d’imaginer une application qui serait capable de calculer le temps de parole de locuteur⋅ices dans une rĂ©union. Le but (pas du tout cachĂ©) Ă©tait de dĂ©montrer facilement que lors d’une discussion avec des personnes de genres diffĂ©rents, ce sont de façon trĂšs trĂšs majoritairement les hommes qui monopolisent la conversation.

DiffĂ©rents essais ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s ces derniĂšres annĂ©es (coucou Gee, coucou bjnbvr !) pour Ă©tudier la faisabilitĂ© d’une telle application. Mais le fait est qu’en 2020, mĂȘme si les possibilitĂ©s techniques Ă©taient prĂ©sentes, elles n’étaient pas vraiment accessibles pour notre toute petite association, surtout sur un projet parallĂšle Ă  tous ceux que Framasoft menait dĂ©jĂ .

« C’est l’histoire d’amĂ©liorations techniques
 Â»

Cependant, avec le dĂ©veloppement de logiciels tels que Vosk ou Whisper, les capacitĂ©s de transcription audio (c’est-Ă -dire la capacitĂ© Ă  transformer le son de phrases en texte) se sont largement amĂ©liorĂ©es.

À tel point qu’aujourd’hui, ces technologies sont utilisĂ©es par Ă©normĂ©ment de logiciels (de YouTube Ă  PeerTube, en passant par BigBlueButton ou WhatsApp), et souvent mĂȘme directement intĂ©grĂ©e dans des appareils (Samsung en fait clairement un argument de vente).

Par ailleurs cette derniĂšre dĂ©cennie a aussi vu s’amĂ©liorer les processus de « diarisation Â». Ce terme un peu barbare est en fait la technique qui permet d’identifier diffĂ©rent⋅es locuteur⋅ices dans une discussion. Par exemple, si Alex, Camille et Fred font une rĂ©union, la diarisation saura attribuer Ă  chacun⋅e les phrases qu’il ou elle aura prononcĂ©es (non, le logiciel ne va pas deviner le prĂ©nom de la personne, mais il saura – Ă  peu prĂšs – identifier qu’il y avait trois participant⋅es, et dire « Cette phrase a Ă©tĂ© prononcĂ©e par la personne #1. Cette phrase a Ă©tĂ© prononcĂ©e par la personne #2. Â», etc.

C’est Ă©videmment une phase essentielle pour pouvoir comprendre « qui a dit quoi Â» dans une rĂ©union.

Ce processus est encore imparfait, mais s’amĂ©liore de mois en mois. Il faut donc se projeter en 2026 ou 2027 pour imaginer une diarisation vraiment fiable, mais elle est aujourd’hui « suffisante Â» dans 60 Ă  80 % des usages en « bonnes conditions Â».

« C’est l’histoire d’un alignement de planĂštes
 Â»

Il se trouve qu’au sein de Framasoft, les compĂ©tences nĂ©cessaires pour le dĂ©veloppement d’une telle application Ă©taient rĂ©unies.

Chocobozzz, le dĂ©veloppeur de PeerTube, avait dĂ©jĂ  beaucoup travaillĂ© sur le processus d’intĂ©gration de Whisper Ă  PeerTube, afin de pouvoir gĂ©nĂ©rer automatiquement les sous-titres d’une vidĂ©o. Il connait donc bien Whisper, ses options de configuration, ses performances, etc.

Wicklow, le dĂ©veloppeur de l’application PeerTube, travaille depuis plusieurs mois avec le langage Dart et le SDK Flutter qui permet de dĂ©velopper en une seule base de code une application pour diffĂ©rents terminaux (Android, iPhone, ordinateur/tablette, web, etc).

Luc, notre administrateur systĂšme prĂ©fĂ©rĂ© (c’est pas compliquĂ©, remarquez, nous n’en avons qu’un 😅) gĂšre l’intĂ©gralitĂ© de l’infrastructure technique de Framasoft (une soixantaine de serveurs informatiques physiques). Donc, mettre en place la machine qui gĂšre les transcriptions, l’installer, la sĂ©curiser, etc, Ă©tait pour lui un jeu d’enfant.

pyg, anciennement directeur de Framasoft, aujourd’hui coordinateur des services numĂ©riques de l’association, a gĂ©rĂ© d’innombrables projets pour Framasoft ces 20 derniĂšres annĂ©es. Alors, un de plus, mĂȘme en pleine campagne, ça n’allait pas l’arrĂȘter.

Entre cet ensemble de compétences, et les capacités techniques des logiciels de transcriptions et diarisation, les planÚtes étaient donc alignées pour lancer un tel projet.

« C’est une histoire de chance
 Â»

Cependant, comme souvent, il faut un peu compter aussi sur le hasard ou la chance.

En effet, pyg avait un peu laissĂ© tomber l’idĂ©e de cette application, tout simplement par ignorance des avancĂ©es techniques en termes de diarisation.

C’est en Ă©voquant l’idĂ©e de cette application lors du dernier Framacamp, en juillet 2024, que Wicklow a lĂąchĂ© une info au dĂ©tour de la conversation : « Ah, mais tu sais, Whisper fait maintenant une diarisation correcte. Â»

BIM 💣

 

« Ah, super intĂ©ressant ! Mais j’imagine qu’il faudrait longtemps pour dĂ©velopper une telle application de transcription libre ? Â» lui demanda pyg.

« Oh, je dirais qu’en 3 jours, je peux avoir un prototype fonctionnel si Chocobozzz se charge de la partie serveur. Â»

BOUM đŸ’„

Autant vous dire qu’au lieu de profiter de sa soirĂ©e Ă  jouer au poker, pyg a filĂ© dans sa chambre, prĂ©parĂ© une prĂ©sentation d’une douzaine de diapositives sur un potentiel projet d’application, qu’il a prĂ©sentĂ© Ă  l’association le lendemain matin.

Diapo extraite de la présentation "Brewawa"

Une des diapos produites pendant la nuit


 

Certain⋅es membres Ă©taient enthousiastes, d’autres moins. Et on les comprend : d’une part, c’était encore ajouter du travail Ă  une association dĂ©jĂ  particuliĂšrement chargĂ©e et Ă©puisĂ©e ; d’autre part, c’était un projet utilisant un logiciel issu de l’intelligence artificielle, une technologie sur laquelle nous sommes (unanimement) trĂšs critiques.

Cependant, cette application, qui allait devenir Lokas, nous semblait un bon moyen « d’incarner Â» l’objet social de Framasoft : faire de l’éducation populaire aux enjeux du numĂ©rique et des communs culturels.

Cela nous permettait en effet de sortir de l’aspect discours pĂ©dagogique, Ă  la fois indispensable, mais insuffisant en termes d’appropriation et d’autodĂ©termination. En crĂ©ant un « objet numĂ©rique manipulable Â», nous pouvions faire de Lokas une occasion complĂ©mentaire de faire comprendre ce qu’est l’IA, ses possibilitĂ©s, mais aussi ses faiblesses. Et revenir, donc, Ă  notre « Pharmakon Â» Ă©voquĂ© plus haut.

Par ailleurs, en plus de pouvoir assister tout collectif faisant des rĂ©unions, cela nous permettait de mettre en Ɠuvre, concrĂštement, une application portant nos valeurs : un outil convivial, n’exploitant pas les donnĂ©es des utilisateur⋅ices, sous licence libre, s’adressant avant tout aux personnes qui changent le monde pour plus de progrĂšs social et de justice sociale.

Au final, la majoritĂ© des membres prĂ©sent⋅es s’est exprimĂ©e : « Banco la caravane ! On se lance ! Â».

« C’est (aussi) une histoire de contraintes Â»

Comme évoqué plus haut, les contraintes étaient fortes.

Un projet, ça coĂ»te forcĂ©ment en temps et en argent. Du temps et de l’argent qui ne pourront pas ĂȘtre utilisĂ©s ailleurs.

Or, il ne vous a pas Ă©chappĂ© que Framasoft vit des dons. Il faut donc faire des campagnes de dons. Et la fin de l’annĂ©e Ă©tait dĂ©jĂ  particuliĂšrement chargĂ©e par la finalisation de diffĂ©rents projets et leurs annonces

En discutant avec Thomas et Pouhiou, codirecteurs de l’association, il a donc Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© que Lokas devrait rester un projet sous contraintes fortes : coĂ»ter moins de 10 000€ tout compris ; ne pas impacter fortement les missions de Chocobozzz, pyg, ou Wicklow ; ĂȘtre rĂ©alisĂ© (Ă  « temps perdu Â», donc) entre mi-septembre et mi-novembre (notamment Ă  cause des dĂ©lais de validation des stores Android et iOS, que nous ne maĂźtrisons pas).

Avec de telles contraintes, impossible pour nous de rĂ©aliser un produit bien finalisĂ©. Nous avons donc dĂ©cidĂ© de viser plutĂŽt la mise Ă  disposition d’un prototype. Voyez ce prototype comme un appartement tĂ©moin. Nous avons produit cette version non pas en nous focalisant sur un projet de long terme, avec des fondations solides, mais plutĂŽt comme une « preuve de concept Â», dĂ©veloppĂ©e rapidement, pour voir si le concept est suffisamment attirant et intĂ©ressant pour qu’en 2025 nous priorisions le dĂ©veloppement de cette application (si les dons sont suffisants, donc !).

Afin de vous donner suffisamment « envie Â» de voir un jour une version 1.0 de Lokas arriver, nous avons fait appel aux compĂ©tences de l’Atelier Domino pour la crĂ©ation d’un logotype et d’une charte graphique. Ce qui nous a guidĂ©s pour rĂ©alisĂ© en interne le site web du projet : lokas.app

En parallĂšle, Wicklow et Chocobozzz se sont attaquĂ©s au dĂ©veloppement du prototype, ainsi qu’à la partie serveur de transcription.

« C’est une histoire qui ne demande qu’à ĂȘtre Ă©crite
 Â»

Une quinzaine de jours de travail plus tard (et un coĂ»t estimĂ© Ă  7 500€ tout compris, avec en gros moitiĂ© de temps de travail Framasoft, et moitiĂ© prestations : Atelier Domino, location du serveur, des noms de domaines, validation des stores), nous pouvons prĂ©senter, avec fiertĂ© et un peu d’anxiĂ©tĂ©, notre prototype !

Soutenir Lokas (et Framasoft)

Lokas, comment ça marche ?

1. Se mettre dans les bonnes conditions

Lokas, comme tous les outils de transcription, d’ailleurs, est imparfait. Des bruits extĂ©rieurs, une mauvaise articulation, une voix fluette en fond de salle, des personnes qui se coupent la parole
 Autant de raisons qui peuvent nuire Ă  la transcription.

En consĂ©quence, prĂ©voyez de vous mettre au calme, de placer le tĂ©lĂ©phone au centre de la table (meilleure est la qualitĂ© sonore, meilleure est la transcription), n’ayez pas plusieurs discussions en mĂȘme temps, et
 prenez des notes « Ă  l’ancienne Â» Ă  cĂŽtĂ© (papier+crayon, ordinateur+pad, etc) en cas de souci.

Une fois cela fait, le fonctionnement est trĂšs simple.

Illustration de Gee montrant les bonnes conditions pour Lokas, à savoir une réunion au calme.

L’IA c’est pas magique : Lokas nĂ©cessite de bonnes conditions – CC-By SA Gee

2. Lancer l’enregistrement

Cliquez simplement sur le bouton « Enregistrement Â». Placez le tĂ©lĂ©phone de façon Ă  ce qu’il puisse capter au mieux les Ă©changes. Et commencez votre rĂ©union.

Capture (non contractuelle ;) ) de l'application Lokas, permettant l'enregistrement et la mise en pause de cet enregistrement audio

Enregistrement d’une rĂ©union

 

Afin de limiter les abus, les enregistrements sont limités à 5 par jour et par appareil.

Notez que le modĂšle de langue gĂ©rĂ© par Lokas permet de l’utiliser d’ores et dĂ©jĂ  dans une cinquantaine de langues, notamment : NĂ©erlandais, espagnol, corĂ©en, italien, allemand, thaĂŻlandais, russe, portugais, polonais, indonĂ©sien, mandarin, suĂ©dois, tchĂšque, anglais, japonais et bien entendu français ! D’autres langues sont supportĂ©es, mais la reconnaissance sera moins performante.

À la fin de la rĂ©union, cliquez sur « Finaliser Â».

3. Envoyez votre fichier pour transcription (et patientez)

Vous pourrez Ă©ventuellement rĂ©Ă©couter votre fichier avant de cliquer sur « Envoyer Â».

Votre fichier est alors envoyĂ© sur notre serveur oĂč il sera placĂ© dans la file d’attente pour sa transcription.

Cette Ă©tape pourra prendre de quelques minutes Ă  quelques heures, suivant le nombre de fichiers en attente.

Vous pourrez vérifier manuellement si votre fichier a bien été transcrit, ou attendre tranquillement la notification (dont la tùche de vérification est exécutée toutes les 15mn)

 

Capture (non contractuelle ;) ) de l'application Lokas, montrant l'Ă©cran signifiant l'envoi du fichier audio aux serveurs de Framasoft

L’écran signifiant l’envoi du fichier audio aux serveurs de Framasoft

Une fois la transcription reçue

Une fois la transcription reçue, vous pourrez l’afficher dans Lokas.

 

Vous pourrez Ă©videmment la partager (avec l’application de votre choix : mail, Signal, WhatsApp, etc) pour la corriger.

Affichage du menu de partage (audio ou texte) dans Lokas. En fond d'Ă©cran, la transcription.

Affichage du menu de partage (audio ou texte) dans Lokas. En fond d’écran, la transcription.

 

Vous pourrez aussi voir les statistiques de temps de parole (NB : cette fonctionnalitĂ© est relativement expĂ©rimentale). Si vous le souhaitez, pour une meilleure lecture des notes, vous pouvez attribuer un prĂ©nom (ou pseudo) aux participant⋅es. Pour obtenir des temps de parole par genre, vous pouvez aussi les attribuer manuellement, en vous assurant Ă©videmment du consentement des personnes concernĂ©es Ă  communiquer cette information. Notez que ces informations sont volontairement manuelles, et ne quittent pas votre tĂ©lĂ©phone, et ne sont donc pas transmises Ă  Framasoft ou qui que ce soit.

 

Capture (non contractuelle ;) ) des stats de l'application Lokas. Temps de parole par participant⋅es et genres (attribuĂ©s manuellement) des participant⋅es

Aperçu des temps de parole, ainsi que des noms et genres des participant⋅es (aucune de ces informations n’est transmise à Framasoft)

 

Point confidentialitĂ© : l’une des particularitĂ©s de Lokas est que nous respectons votre vie privĂ©e : le fichier audio est enregistrĂ© sur votre tĂ©lĂ©phone. Il est envoyĂ©, Ă  votre demande, sur nos serveurs, qui se chargeront alors de sa transcription. Une fois la transcription terminĂ©e, une notification est envoyĂ©e sur votre tĂ©lĂ©phone ; lorsque vous ouvrez (dans « Mes fichiers Â») la rĂ©union en question, la transcription est alors tĂ©lĂ©chargĂ©e sur votre tĂ©lĂ©phone. Une fois cette Ă©tape rĂ©alisĂ©e, et aprĂšs un lĂ©ger dĂ©lai pour s’assurer que tout s’est bien passĂ© techniquement, tout est supprimĂ© de notre serveur : le fichier audio ainsi que la transcription. Par ailleurs, si vous attribuez des noms, pseudos ou genres, pour les statistiques, sachez que ces informations ne font l’objet d’aucun traitement de notre cĂŽtĂ©.

Soutenir Lokas (et Framasoft)

Et l’IA dans tout ça ?

À Framasoft, nous ne sommes pas fans du tout de l’IA. Nous pensons que cette technologie (ou plutĂŽt cet ensemble de technologies), pose plus de problĂšmes qu’elle n’apporte de solutions. Nous avons d’ailleurs essayĂ© de prĂ©senter une synthĂšse de notre position sur l’I.A. au sein du site Framamia, que nous prĂ©sentons ici sur le Framablog.

Alors, n’est-ce pas contradictoire d’utiliser l’IA au sein d’applications Framasoft, comme Lokas ou PeerTube ?

À notre sens, non. Et ce pour plusieurs raisons.

D’abord, comme nous l’écrivions dans le site Framamia, tous les modĂšles d’intelligence artificielle ne se valent pas. Whisper, le logiciel qui sert Ă  la transcription, est une IA « spĂ©cialisĂ©e Â», et non une IA « gĂ©nĂ©raliste Â» comme ChatGPT par exemple.

« Les modĂšles spĂ©cialisĂ©s, quant Ă  eux sont optimisĂ©s pour rĂ©soudre efficacement une tĂąche prĂ©cise. Leur impact est souvent maĂźtrisĂ©, et peut correspondre Ă  celui d’un autre logiciel. Â».
Framasoft, sur le site Framamia.org

Whisper est certes une IA, mais qui tourne « en vase clos Â» sur nos serveurs.

Les algorithmes utilisĂ©s sont plus complexes qu’un filtre « EnlĂšve les yeux rouges de cette photo Â» avec GIMP ou Photoshop, mais cela reste un modĂšle relativement simple (avec un processus d’entrĂ©es/sorties) infiniment moins Ă©nergivore qu’un modĂšle d’entraĂźnement. En effet, l’infĂ©rence (le processus d’utiliser le modĂšle pour effectuer une tĂąche) consomme bien moins d’énergie que l’entraĂźnement. Par exemple, exĂ©cuter Whisper pour transcrire un fichier audio de quelques minutes nĂ©cessite une puissance de calcul relativement modeste.

Ensuite, un projet comme Lokas ne nĂ©cessite pas d’acheter 350 000 puces GPU pour 9 milliards de dollars, comme l’a fait rĂ©cemment Meta/Facebook, ce qui reprĂ©sente en gros le PIB du Togo en 2023. Nous ne pensons pas participer Ă  la croissance de la bulle financiĂšre autour de l’IA, ou Ă  faire faire s’emballer le capitalisme algorithmique.

Enfin (et surtout), avec Lokas ou PeerTube, nous demeurons cohĂ©rent⋅es avec une des valeurs au cƓur de Framasoft, Ă  savoir le respect de la confidentialitĂ© de vos donnĂ©es. En effet, nous ne faisons aucune exploitation de vos fichiers, en dehors de la tĂąche explicitement demandĂ©e, par exemple la transcription. Elles ne servent pas Ă  enrichir un modĂšle d’IA Ă  partir de vos discussions, de votre identitĂ©, etc. Nous ne conservons pas les fichiers audio ou texte, nous n’avons pas accĂšs aux noms/prĂ©noms/genres que vous attribuez manuellement aux participant⋅es d’une discussion (ça reste sur votre tĂ©lĂ©phone), etc. Et, Ă©videmment, vos donnĂ©es ne sont JAMAIS monĂ©tisĂ©es.

Bref, Framasoft se fiche du contenu de vos données, elles vous appartiennent et ne regardent que vous.

MalgrĂ© cela, nous respectons le point de vue des personnes qui souhaitent boycotter l’IA, et nous entendons la contradiction qu’iels pourraient trouver Ă  ce qu’une asso technocritique comme Framasoft propose des projets utilisant l’I.A.

Notre objectif est justement de proposer un outil qui permette d’avoir une rĂ©flexion concrĂšte, afin de se forger un avis autonome, permettant Ă  chacun et chacune de se construire sa propre position.

Illustration. Autour d'une table, des pinguoin chantent. Au centre, un petit perroquet mécanique prend des notes à la maniÚre d'un sténographe.

Un perroquet mĂ©canique prend des notes : tout un symbole.Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Lokas c’est pour quand ?

Vous pouvez d’ores et dĂ©jĂ  tĂ©lĂ©charger l’application Lokas sur le Play Store, iOS (toujours en testflight chez Apple, parce qu’ils sont đŸ€Źâ€Š disons tatillons. EDIT : c’est maintenant disponible !), f-droid (en cours), ou avoir l’apk Android en tĂ©lĂ©chargement direct ici. Notez cependant que Lokas est un prototype (si ce n’est pas dĂ©jĂ  fait, prenez deux minutes pour lire « L’histoire de Lokas Â» et comprendre pourquoi), et il est donc normal que plein plein plein de choses ne fonctionnent pas !

Nous avons dĂ©jĂ  pris du temps, de l’énergie, et un peu d’argent sur des ressources pourtant limitĂ©es (on vous a dĂ©jĂ  dit qu’on ne vivait que de vos dons ? ;-) ). De plus, comme toujours, le code est libre, nous l’avons publiĂ© ici sur notre forge logicielle.

Avant d’aller plus loin, nous avons donc besoin de confirmer que ce projet vous intĂ©resse. Si les dons ne sont pas assez importants, ou si les contradictions sont trop fortes : nous nous arrĂȘterons lĂ . (le code est libre, donc ça ne sera pas « perdu Â»).

Si, par contre, vous trouvez ça pertinent, les possibilitĂ©s de dĂ©veloppements futurs sont innombrables. Citons par exemple :

  • Reprendre complĂštement le design et l’accessibilitĂ© (en mode prototypage, nous sommes allĂ©â‹…es trĂšs vite, et Lokas est donc trĂšs perfectible) ;
  • PossibilitĂ© de (re)transcrire le fichier de son choix (par exemple issu d’une vidĂ©o ou d’une autre application) ;
  • Ajouter un mode « web Â» Ă  l’application. C’est Ă  dire la possibilitĂ© d’utiliser Lokas depuis son ordinateur (sur le modĂšle de ce que fait le serveur Scribe de nos ami⋅es des CĂ©mĂ©a) ;
  • Ajouter la possibilitĂ© de synthĂšses automatiques des transcriptions, pour retrouver rapidement les points clĂ©s ;
  • Traduire l’application (et le site web) dans d’autres langues que le français et l’anglais ;
  • PossibilitĂ© d’éditer et corriger la transcription directement depuis votre tĂ©lĂ©phone ;
  • Donner la possibilitĂ© d’obtenir la transcription dans la langue de son choix (par exemple une rĂ©union en anglais, transcrite en français, ou l’inverse) ;
  • etc

Mais pour cela, il va nous falloir du temps salariĂ©, et donc de l’argent. Donc, au risque de paraĂźtre insistant, nous vous invitons, si vous le pouvez, Ă  nous faire un don.

Faire une don pour soutenir Lokas

Le dĂ©fi : 20 000 fois 20 € de dons pour les 20 ans de Framasoft !

Framasoft est financĂ©e par vos dons ! Chaque tranche de 20 euros de dons sera un nouveau ballon pour cĂ©lĂ©brer 20 d’aventures et nous aider Ă  continuer et dĂ©coller une 21e annĂ©e.

Framasoft, c’est un modĂšle solidaire :

  • 8000 donatrices en 2023 ;
  • plus de 2 millions de bĂ©nĂ©ficiaires chaque mois ;
  • votre don (dĂ©fiscalisable Ă  66 %) peut bĂ©nĂ©ficier Ă  249 autres personnes.

jauge de dons au 3 dĂ©cembre 2024 Ă  58 625 €

À ce jour, nous avons collectĂ© 58 625 € sur notre objectif de campagne. Il nous reste 29 jours pour convaincre les copaines et rĂ©colter de quoi faire dĂ©coller Framasoft.

Alors : dĂ©fi relevĂ© ?

Obtenir Lokas Soutenir Framasoft

Lokas : Record and transcribe your meetings in complete confidentiality !

Framasoft invites you to try out the prototype of Lokas, a new speech-to-text transcription application that respects your privacy. This functional demo is also an experiment by Framasoft in the field of AI, accompanied by the Framamia website, which we present here (in French).

🎈Framasoft is 20 years old🎈 : Contribute to finance a 21st year !

Thanks to your donations (66 % tax-free), the Framasoft association has been working for 20 years to advance the ethical and user-friendly Web. Find out more about some of our actions in 2024 on the Support Framasoftwebsite .

âžĄïž Read the series of articles from this campaign (Nov. – Dec. 2024)

 

Please note that this article is also available in French here.

Make note-taking easier with Lokas

Lokas is an application (for Android or iOS smartphones) that allows you to transcribe the sound of your voice into a text file.

Basically, during a meeting : you put the phone in the middle of the table, press the ‘Record’ button at the start of the meeting and the ‘Stop’ button at the end. A few minutes later, the application sends you a text file containing the sentences spoken by everyone.

Lokas can and will do many more things, but we’ll come back to that at the end of this announcement.

screenshots of the Lokas application with the three stages: recording, editing the transcript, details of speaking time

Who is Lokas for ?

Lokas is aimed at anyone who takes part in meetings. That’s a lot of people on the planet :)

However, we can share a few usecases.

First example : a nonprofit’s Annual General Meeting

Let’s imagine a nonprofit AGM. There are 15 people in the room, 2 moderators and 1 note taker. And a 2-hour meeting.

Concerns :

  • Note-taking is exhausting
  • The person taking the notes has limited participation
  • The notes may be incomplete (a ‘blank’ due to a bathroom break).

What does Lokas offer ?

Lokas assists the note-taker, making it easier for him or her to participate (while still allowing for a pee break !).

Example of a transcription of a voice exchange using the Lokas application.

Second example : a workshop with teenagers

A workshop run by the ‘ Les petits dĂ©brouillards ’ association. 3 groups of 5 teenagers. A majority of girls in the groups.

Concerns :

  • Note-taking can be very complicated.
  • Boys monopolise the floor

What does Lokas offer ?

Lokas makes it possible to keep a record (audio and written) of what was said. It also makes it possible to compile statistics on speaking time, particularly by gender, so that we can see for ourselves that boys leave very little speaking time for girls.

Example of transcription of a voice exchange using the Lokas application

Example of transcription of a voice exchange using the Lokas application

Third example : a video meeting in a foreign language

Your activist collective is close to a Spanish association. Camille, a volunteer from your group, who speaks a little Spanish, will be doing the video with her contact in Madrid. The video will therefore take place in a foreign language.

Concerns :

  • You need to be able to listen again with your head down
  • You need a French transcript to share with board members.

What does Lokas offer ?

With Lokas, Camille will be able to listen to the video again, automatically transcribe it into French, and share it from your smartphone (by email, via Signal, Matrix, WhatsApp, Telegram, etc).

Support Lokas (and Framasoft)

AI isn’t magic ✹. Neither is Lokas đŸ€·.

Lokas is just a tool. It can assist you in taking notes. However, like any tool, it shouldn’t exempt you from using your brain !

Writing (another highly sophisticated technology) was invented at least 3,000 years ago. So humanity has been able to get together and keep written records for at least that long. Without AI. Without smartphones. Don’t throw away several millennia of technology with the water of AI. A tool like Lokas could be useful in some cases, and completely gimmicky, even unproductive, in others. This is reminiscent of the concept of Pharmakon, a concept dear to the French philosopher Bernard Stiegler : Lokas, like any technical object, is simultaneously poison, remedy and scapegoat.

The web, for example, is both a technological device enabling participation, and an industrial system dispossessing Internet users of their data in order to subject them to omnipresent marketing that is individually traced and targeted by user profiling technologies.

In the same way, Lokas can be emancipating (by facilitating participation rather than note-taking), or on the contrary restrictive (meetings in a noisy bar can be interesting, but we shouldn’t do without them because the tool works better in a quiet environment), or frustrating (« The application has crashed, I don’t have any backup notes ! Technology is shite ! Â»)

Lokas, like a car, a hammer or a pen, is not a ‘neutral’ tool. It’s up to you, collectively, to decide whether and how you want to use it.

Illustration by Gee, showing poor conditions for using Lokas, i.e. a noisy meeting in a bar.

Inevitably, it won’t work as well – CC-By SA Gee

 

‘This is the story of an app
’

We thought it would be interesting to tell you how the Lokas app came about. It means lifting the curtain on what goes on behind the scenes at Framasoft, and understanding how we can decide to do (or not to do) such and such a project. It’s also about showing that sometimes, with a bit of luck and a bit of elbow keyboard, you can do things that might seem impossible. However, as this part is not essential, we’ll leave it up to you to decide whether or not you want to read it.

Click here to read the (improbable and fabulous) origin story of Lokas

The idea for Lokas has been in the head of pyg, a member of Framasoft, for three or four years now.

The original idea (code name : ‘ Brewawa ’) was mainly to come up with an application that would be able to calculate the speaking time of participants in a meeting. The (not at all hidden) aim was to easily demonstrate that during a discussion with people of different genders, it is overwhelmingly men who monopolise the conversation.

Various tests have been carried out in recent years (hi Gee, hi bnjbvr !) to study the feasibility of such an application. But the fact is that in 2020, even if the technical possibilities were there, they weren’t really available to our tiny association, especially on a project piling on all those that Framasoft was already carrying out.

‘It’s all about technical improvements
’.

However, with the evolution of softwares such as Vosk and Whisper, audio transcription capabilities (i.e. the ability to transform the sound of sentences into text) have considerably improved.

So much so that today, these technologies are used by a huge number of software applications (from YouTube and PeerTube to BigBlueButton and WhatsApp), and are often even integrated directly into devices (Samsung has clearly made this a selling point).

The last decade has also seen improvements in ‘diarization’ processes. This rather barbaric term is in fact the technique used to identify different⋅es speakers in a discussion. For example, if Alex, Camille and Fred are having a meeting, the diarization will know how to attribute to each their sentences (no, the software won’t guess the person’s first name, but it will know – more or less – identify that there were three participants, and say ‘This sentence was uttered by person #1. This sentence was said by person #2.’, etc.

This is obviously an essential phase in being able to understand ‘who said what’ in a meeting.

This process is still imperfect, but it is improving month by month. We therefore need to look ahead to 2026 or 2027 to imagine truly reliable diarization, but today it is ‘sufficient’ in 60 to 80 % of uses under ‘good conditions’.

‘It’s the story of an alignment of planets
’.

It just so happened that Framasoft had the skills needed to develop such an application.

Chocobozzz, developer of PeerTube, had already worked hard on the process of integrating Whisper into PeerTube, in order to be able to automatically generate subtitles for a video. So he’s very familiar with Whisper, its configuration options, its performance and so on.

Wicklow, developer of the PeerTube application, has been working for several months with the Dart language and Flutter SDK, which enables an application to be developed for different terminals (Android, iPhone, computer/tablet, web, etc.) in a single code base.

Luc, our favourite system administrator (it’s not complicated, mind you, we only have the one 😅 ) manages Framasoft’s entire technical infrastructure (around sixty physical computer servers). So setting up the machine that manages the transcriptions, installing it, securing it, etc, was child’s play for him.

pyg, former director of Framasoft, now the association’s digital services coordinator, has managed countless projects for Framasoft over the last 20 years. So one more, even in the middle of a campaign, wasn’t going to stop him.

With this range of skills, and the technical capabilities of the transcription and diarization software, the planets were aligned to launch such a project.

‘It’s all about luck
’

However, as is often the case, you also have to rely a little on chance or luck.

Indeed, pyg had somewhat dropped the idea of this application, simply out of ignorance of the technical advances in terms of diarisation.

It was while discussing the idea of this application at the last Framacamp, in July 2024, that Wicklow dropped a piece of information in the nick of time : ‘Ah, but you know, Whisper now does proper diarization.’

BIM 💣

‘Ah, very interesting ! But I imagine it would take a long time to develop such a free transcription application ?’ asked pyg.

‘Oh, I’d say in 3 days I can have a working prototype if Chocobozzz takes care of the server part.’

BANG đŸ’„

So instead of enjoying his evening playing poker, pyg went off to his room and prepared a presentation of a dozen slides on a potential application project, which he presented to the association the following morning.

One of the slides produced during the night...

One of the slides produced overnight


 

Some members were enthusiastic, others less so. And we can understand them : first, because it was adding yet more work to an already particularly busy and exhausted association. More, this project would use software derived from artificial intelligence, a technology about which we are (unanimously) very critical.

However, this application, which was to become Lokas, seemed to us to be a good way of ‘embodying’ the social purpose of Framasoft : to educate the public about the challenges of digital technology and the cultural commons.

This enabled us to move away from the pedagogical aspect, which is both essential and insufficient in terms of appropriation and self-determination. By creating a ‘manipulable digital object’, we could use Lokas as an additional opportunity to explain what AI is, its possibilities, but also its weaknesses. And so return to our ‘Pharmakon’ mentioned above.

What’s more, as well as being able to assist any collective holding meetings, this enabled us to put into practice, in concrete terms, an application bearing our values : a user-friendly tool, not exploiting users data, under an open licence, aimed above all at people who are changing the world for more social progress and social justice.

In the end, the majority of members present said : ‘Let’s go for it !’.

‘It’s (also) a story of limits’.

As mentioned above, the constraints were considerable.

A project inevitably costs time and money. Time and money that can’t be used elsewhere.

As you know, Framasoft lives off donations. So we have to run donation campaigns. And the end of the year was already particularly busy with the finalisation of various projects and their announcements.

In discussions with Thomas and Pouhiou, co-directors of the association, it was decided that Lokas should remain a project subject to strict limitations : it should cost less than €10,000 all-included ; it should not have a major impact on the missions of Chocobozzz, pyg or Wicklow ; and it should be completed (in ‘wasted time’) between mid-September and mid-November (in particular because of the validation deadlines for the Android and iOS stores, which we don’t control).

With such constraints, it was impossible for us to produce a well-finished product. So we’ve decided to focus instead on making a prototype available. Think of this prototype as a showroom house. We’ve produced this version not by focusing on a long-term project, with solid foundations, but rather as a ‘proof of concept’, developed rapidly, to see if the concept is sufficiently attractive and interesting for us to priorise the development of this application in 2025 (if donations are sufficient, that is !).

To give you enough ‘desire’ to see a version 1.0 of Lokas arrive one day, we called on the skills of Atelier Domino to create a logotype and a graphic charter. This led us to create the project website in-house  : lokas.app

At the same time, Wicklow and Chocobozzz set about developing the prototype and the transcription server.

‘It’s a story just waiting to be written
’.

A fortnight’s work later (and an estimated cost of €7,500 all-in, with roughly half the time spent by Framasoft and half on services : Domino workshop, server hire, domain names, validation of Google & Apple app stores), we can proudly and somewhat anxiously present our prototype !

Support Lokas (and Framasoft)

How does Lokas work ?

1. Get in the right conditions

Lokas, like all transcription tools, is imperfect. Outside noise, poor articulation, a faint voice in the background, people cutting each other off
 These are just some of the reasons why transcription can be difficult.

As a result, plan to be in a quiet room, place the telephone in the centre of the table (the better the sound quality, the better the transcription), don’t hold several discussions at the same time, and
 take ‘old-fashioned’ notes (paper+pencil, computer+pad, etc.) in case of problems.

Once you’ve done that, it’s very simple.

Illustration by Gee showing the right conditions for Lokas, i.e. a quiet meeting.

AI isn’t magic : Lokas needs the right conditions – CC-By SA Gee

 

2. Start recording

Simply click on the ‘Record’ button. Position the phone so that it can best pick up the exchanges. And start your meeting.

Record your meetings with Lokas

Record your meetings with Lokas

 

To limit abuse, recordings are limited to 5 per day and per device.

Note that the language model managed by Lokas means that it can already be used in around fifty languages, including : Dutch, Spanish, Korean, Italian, German, Thai, Russian, Portuguese, Polish, Indonesian, Mandarin, Swedish, Czech, French, Japanese and, of course, English ! Other languages are supported, but recognition will be less effective.

At the end of the meeting, click ‘Finish’.

3. Send your file for transcription (and be patient)

You may wish to listen to your file again before clicking on ‘Send’.

Your file will then be sent to our server where it will be queued for transcription.

This stage can take from a few minutes to a few hours, depending on the number of files in the queue.

You can check manually whether your file has been transcribed, or wait quietly for the notification (the verification task is carried out every 15 minutes).

The screen showing that the audio file has been sent to the Framasoft servers.

The screen showing that the audio file has been sent to the Framasoft servers.

 

Once the transcript has been received

Once you have received the transcript, you can display it in Lokas.

You can of course share it (with the application of your choice : email, Signal, WhatsApp, etc.) to correct it.

Display of the sharing menu (audio or text) in Lokas. The transcript in the background.

Display of the sharing menu (audio or text) in Lokas. The transcript in the background.

 

You can also see the speaking time statistics (NB : this feature is relatively experimental). If you wish, you can assign a first name (or pseudonym) to each participants to make it easier to read the notes. To obtain speaking times by gender, you can also allocate them manually, obviously ensuring that you have the consent of the people concerned to communicate this information. Note that this information is voluntarily manual, and does not leave your phone, and is therefore not transmitted to Framasoft nor anyone else.

Overview of speaking times, as well as names and genders of participants (none of this information is transmitted to Framasoft)

Overview of speaking times, as well as names and genders of participants (none of this information is transmitted to Framasoft)

 

Confidentiality point : one of the special features of Lokas is that we respect your privacy : the audio file is recorded on your phone. At your request, it is sent to our servers, which will then transcribe it. Once the transcription is complete, a notification is sent to your phone ; when you open (in ‘My files’) the meeting in question, the transcription is then downloaded to your phone. Once this stage has been completed, and after a slight delay to ensure that everything has gone well technically, everything is deleted from our server : the audio file as well as the transcript. And if you give us names, pseudonyms or genres for statistical purposes, please note that we do not process this information in any way.

Support Lokas (and Framasoft)

What about AI ?

At Framasoft, we are not at all fans of AI. We think that this technology (or rather this set of technologies) poses more problems than it solves. In fact, we tried to summarise our position on AI on the Framamia website, which we present here on the Framablog (in French).

So, isn’t it contradictory to use AI in Framasoft applications such as Lokas or PeerTube ?

In our opinion, no. For several reasons.

Firstly, as we wrote on the Framamia website, not all artificial intelligence models are created equal. Whisper, the software used for transcription, is a ‘specialised’ AI, not a ‘generalist’ AI like ChatGPT, for example.

‘Specialised models are optimised to solve a specific task efficiently. Their impact is often controlled, and may correspond to that of other software’.

Framasoft, on the Framamia.org website

Whisper is certainly an AI, but it runs ‘in isolation’ on our servers.

The algorithms used are more complex than a ‘Remove the red eyes from this photo’ filter with GIMP or Photoshop, but it remains a relatively simple model (with an input/output process) that uses infinitely less energy than a training model. In fact, inference (the process of using the model to perform a task) consumes much less energy than training. For example, running Whisper to transcribe an audio file lasting a few minutes requires relatively modest computing power.

Secondly, a project like Lokas does not require the purchase of 350,000 GPU chips for $9 billion, as Meta/Facebook recently did, which is roughly equivalent to Togo’s GDP in 2023. We don’t think we’ll be taking part in the growth of the AI financial bubble, or in the runaway growth of algorithmic capitalism.

Finally (and most importantly), with Lokas or PeerTube, we remain consistent with one of the values at the heart of Framasoft, namely respect for the confidentiality of your data. Indeed, we do not make any use of your files, apart from the task explicitly requested, for example transcription. They are not used to enrich an AI model based on your discussions, your identity, etc. We don’t keep audio or text files, we don’t have access to the names/first names/genders that you manually assign to participants⋅es in a discussion (that stays on your phone), etc. And, of course, your data is NEVER monetised.

In short, Framasoft doesn’t care about the content of your data, it belongs to you and is nobody’s business but yours.

Despite this, we respect the point of view of people who wish to boycott AI, and we understand the contradiction they might find in a technocritical association like Framasoft proposing projects using AI.

Our aim is to offer a tool that will enable people to think about the issues in a concrete way, so that they can form their own opinions and come to their own conclusions.

Illustration. Around a table, penguins are singing. In the centre, a small mechanical parrot takes notes like a stenographer.

A mechanical parrot takes notes : quite a symbolic Illustration by David Revoy – Licence : CC-By 4.0

 

When is Lokas coming ?

You can Download the Lokas app on the Play Store, iOS (still in TestFlight on iOS, because they are đŸ€Źâ€Š let’s say picky EDIT : it’s now available), (and soon on f-droid), or get the android apk directly from us here. But keep in mind it is a prototype (if you haven’t already, take two minutes to read ‘The Lokas Story ’ and understand why), so it’s normal that lots and lots of things don’t work !

We’ve already taken time, energy and a bit of money out of limited resources (did anyone ever tell you that we only live off your donations ? ;-) ). And, obviously, this POC is open source, the code is publish here on our forge.

So before going any further, we need to confirm that you are interested in this project. If the donations aren’t big enough, or if the contradictions are too strong : we’ll stop there (the code is free, so it won’t be ‘lost’).

If, on the other hand, you find it relevant, there are countless possibilities for future developments. For example :

  • Complete redesign and accessibility (in prototyping mode, we went very fast, and Lokas is therefore very perfectible) ;
  • Ability to (re)transcribe the file of your choice (from Lokas, a video or another application, for example) ;
  • Add a ‘web’ mode to the application. This means you can use Lokas from your computer (similar to the Scribe server used by our friends at the CĂ©mĂ©a) ;
  • Add the possibility of automatic summaries of the transcripts, to quickly find the key points ;
  • Translate the application (and the website) into languages other than French and English ;
  • Ability to edit and correct the transcript directly from your phone ;
  • Provide the option of obtaining the transcript in the language of your choice (e.g. a meeting in English transcribed into French, or vice versa) ;
  • etc

But to do this, we’re going to need some staff time, and therefore money. So, at the risk of sounding insistent, we invite you, if you can, to make a donation.

Make a donation to support Lokas

 

The challenge : 20,000 times €20 donations for Framasoft’s 20th anniversary !

Framasoft is funded by your donations ! Every €20 you donate will be a new balloon to celebrate 20 years of adventures and help us continue and take off for a21st year.

Framasoft is a model of solidarity :

  • 8,000 donors in 2023 ;
  • over 2 million beneficiaries every month ;
  • your donation (66 % tax deductible) can benefit 249 other people.

To date, we have raised €58,625 of our campaign target. We still have 29 days to convince our friends and raise enough money to get Framasoft off the ground.

So, challenge accepted ?

Get Lokas Support Framasoft

Framamia : partageons des clĂ©s de comprĂ©hension de l’IA

Afin d’aider Ă  dĂ©mystifier le sujet de l’intelligence artificielle, Framasoft publie une premiĂšre version du site Framamia. DĂ©finitions, enjeux, risques et questionnements : en partageant le savoir, nous espĂ©rons contribuer Ă  reprendre le pouvoir sur ces technologies qui impactent nos sociĂ©tĂ©s. Et pour la mise en pratique, Framasoft publie en mĂȘme temps l’application Lokas, que l’on prĂ©sente ici.

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21e annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

âžĄïž Lire la sĂ©rie d’articles de cette campagne (nov. – dĂ©c. 2024)

Furby est presque en Ăąge de voter : toute une Histoire

Depuis deux-trois ans, « âœš L’IAâ„ąâœšÂ© Â» semble ĂȘtre le nouveau fourre-tout-tech Ă  la mode qui fait vibrer la silicon valley, se rĂ©pand dans les appels Ă  projets publics, et sera oubliĂ© tout aussi rapidement (qui se souvient des NFT
 ? Du web3
 ? Y’a quelqu’un
 ?).

Sauf que c’est plus compliquĂ© que ça. À l’inverse des NFT et autres techno-lubies, l’intelligence artificielle est un domaine du numĂ©rique composĂ© de nombreuses branches et disciplines (d’oĂč l’impression de fourre tout).

Frise Chronologique de l'IA

Avec une histoire de plus de 70 ans, les expĂ©rimentations dans l’Intelligence artificielles sont dĂ©jĂ  prĂ©sentes dans nos quotidiens numĂ©riques. On peut imaginer Clippy (le trombone assistant numĂ©rique de Microsoft Office 97) comme l’ancĂȘtre de Siri ou Alexa. Ou encore que les comportements de plus en plus rĂ©alistes des personnages de jeux vidĂ©os sont l’hĂ©ritage de DeepBlue (ordinateur qui bat le champion mondial Gary Kasparov aux Ă©checs en 1997) ou des Furby (peluches parlantes crĂ©Ă©es en 1998)


Photo d'un Furby

Cette peluche animatronique disposait de son propre langage et pouvait « apprendre Â» celui qu’on lui parlait.

Bref, notre histoire ne manque pas d’exemples pour montrer que les domaines de l’IA ont existĂ© bien avant la popularisation des IA gĂ©nĂ©ratives comme Chat GPT et Dall-E (Ă  explorer : ce poster, en anglais malheureusement, de la professeure de philosophie Danielle J. Williams).

 

Ni ✹magique✹, ni đŸ˜±apocalyptiqueđŸ˜±â€Š L’IA, c’est technique

Au delĂ  de cette histoire, notre culture est remplie de mythes et clichĂ©s narratifs oĂč la machine devient plus humaine que les humains. Du Golem Ă  Wall-E, de HAL (2001, l’OdyssĂ©e de l’espace) Ă  Skynet (Terminator), notre propension Ă  vouloir humaniser des bouts de minĂ©raux et impulsions Ă©lectriques a inspirĂ© bien des Ɠuvres.

PrĂ©sentes dans nos cultures et nos esprits, ces histoires jouent souvent sur la magie de la compassion, l’émerveillement de voir une crĂ©ation se doter d’empathie
 ou sur le pĂȘchĂ© de dĂ©miurgie, se prendre pour l’égal de Dieu en crĂ©ant la vie, et dĂ©clencher ainsi une apocalypse vengeresse.

Gif tirĂ© d'Edward aux mains d'argent, oĂč un vieil homme place un biscuit en forme de cƓur sur une machine de patisserie.

À l’origine, « Edward aux mains d’argents Â» est un robot Ă  pĂątisserie. – © 20th Century Fox / Tim Burton

Or les chantres des entreprises de l’IA gĂ©nĂ©rative jouent justement sur ces mythes de « l’IA Miraculeuse Â» (qui va rĂ©soudre le problĂšme de l’urgence Ă©cologique, selon Éric Schmidt, ancien directeur de Google) ou de l’IA apocalyptique (qui risque de dĂ©truire l’humanitĂ© sans que l’on sache vraiment comment, Ă  en croire Sam Altman, directeur d’OpenAI).

PrĂ©senter l’IA comme un unique personnage lĂ©gendaire tour Ă  tour salvateur et destructeur permet d’appuyer l’argument de laisser leurs entreprises faire le bien© sans entraves, et de rĂ©guler les autres (la concurrence) qui pourraient faire advenir le mal©.

L’IA c’est technique, donc politique

Or l’IA, c’est avant tout des technologies numĂ©riques. On parle de code dĂ©veloppĂ© par des humains, dirigĂ©s par d’autres humains, qui ont prit des dĂ©cisions en fonction de leurs motivations et leurs idĂ©ologies.

Par exemple : vous ne crĂ©erez pas la mĂȘme plateforme vidĂ©o, vous n’y dĂ©velopperez pas les mĂȘmes fonctionnalitĂ©s si votre objectif est de faire croĂźtre le chiffre d’affaire de votre entreprise en exploitant les vidĂ©astes et leur audience ; ou si votre but est de favoriser le partage du savoir et de la culture entre pairs. Les motivations sont diffĂ©rentes car les modĂšles idĂ©ologiques (le capitalisme de surveillance pour YouTube/Twitch, les communs numĂ©riques pour PeerTube) sont diffĂ©rents.

Un outil n’est pas neutre. Les outils numĂ©riques, complexes et organisant nos partages entre humains, sont donc Ă©minemment politiques.

À Framasoft, nous fĂȘtons les 10 ans de DĂ©googlisons Internet, dix annĂ©es riches d’expĂ©riences et de leçons. Nous avons vu la gĂ©nĂ©ralisation des services en ligne. Cet internet de plateformes a sĂ©curisĂ© les monopoles des gĂ©ants du web, qui sont devenus les hĂ©rauts et garants du capitalisme de surveillance.

Illustration « Quittons la planÚte GAFAM NATU BATX », CC BY David Revoy

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Une des forces de ce systĂšme a Ă©tĂ© d’arriver Ă  nous faire croire que l’outil numĂ©rique est neutre, qu’il est magique, que c’est trĂšs trĂšs trĂšs compliquĂ© de nous l’expliquer, Ă  nous pauvres consommateurs. Et puis de toutes façons, c’est de notre faute aussi : il a bien lu les conditions gĂ©nĂ©rales, elle a cliquĂ© sur « tout accepter Â», iel reste libre de ne pas utiliser ces outils.

En individualisant la responsabilitĂ© sur des outils qu’il ne faut pas chercher Ă  comprendre (de toutes façons ils sont neutres, qu’on vous dit !), il n’est plus possible de faire des choix collectifs sur la sociĂ©tĂ© que l’on dĂ©sire.

Framamia, here we go again !

VoilĂ  quelques annĂ©es qu’à Framasoft, on se penche, on discute, on se trompe et on apprend sur le boom des intelligences artificielles. Les Ă©changes sont nombreux, et nous partageons mĂȘme une veille sur le sujet.

Aujourd’hui, Framasoft publie Framamia : un site oĂč nous partageons des clĂ©s de comprĂ©hension sur l’intelligence artificielle, ainsi que des extraits de notre veille.

Vous y trouverez des définitions, des informations, des enjeux identifiés pour nos sociétés et notre environnement, et enfin des questionnements
 Autant de bouts de savoirs que nous proposons pour que chacune et chacun puisse se construire un avis éclairé et le partager avec ses proches.

Partager la connaissance sur un sujet, c’est partager le pouvoir de l’apprĂ©hender individuellement et de l’influencer collectivement.

capture d'Ă©cran de l'entĂȘte du site framamia.org

Cliquer pour visiter le site Framamia.

Notez bien qu’il s’agit lĂ  d’un premier jet, d’une premiĂšre tentative de partage autour des intelligences artificielles, et plus prĂ©cisĂ©ment des intelligences artificielles gĂ©nĂ©ratives qui se multiplient aujourd’hui.

Nous ne prĂ©tendons pas que Framamia est parfait, que les informations sont comprĂ©hensibles par une personne qui ne s’y connaĂźt pas, ou que le site soit gravĂ© dans le marbre. Nous espĂ©rons pouvoir amĂ©liorer cet outil informatif avec le temps.

Visiter Framamia Soutenir FramamIA et Framasoft

Jeter le Clippy avec l’eau (
K Google) du bain ?

Si l’histoire du numĂ©rique semble se rĂ©pĂ©ter, nous avons envie de partager quelques leçons que nous en avons tirĂ©es. Nous espĂ©rons contribuer Ă  sortir des clichĂ©s tels que « Le cloud L’IA c’est magique Â», « Google OpenAI est ton ami Â», « roh lĂ  lĂ  regarde c’est meugnon Siri CharacterAI a hallucinĂ© Â», « si tu utilises Amazon Dall-E c’est ta faute et je te juge
 Â»

Pour le capitalisme de surveillance comme pour le capitalisme algorithmique, l’enjeu ne se situe pas sur tel ou tel outil, ni sur le choix de Camille Dupuis-Morizeau de l’utiliser ou le boycotter. L’enjeu est systĂ©mique : c’est celui du monde dans lequel nous voulons collectivement vivre, et comment les citoyennes peuvent collectivement reprendre le pouvoir de le choisir.

S’il semble impossible de poser, a posteriori, un moratoire sur les larges modĂšles de langage et les IA gĂ©nĂ©ratives, peut-on sortir ces outils du capitalisme algorithmique et les utiliser pour le bien commun ?

MÚme Clippy « avez-vous besoin d'aide pour déclencher l'apocalypse ? »

« avez-vous besoin d’aide pour dĂ©clencher l’apocalypse ? Â»â€Š merci Clippy.

On le sait : transcrire des voix en texte permet de rendre vidĂ©os et podcasts accessibles aux personnes sourdes, ajouter une description textuelle des images que nous partageons sert aux personnes aveugles qui utilisent un lecteur d’écran.

Au delĂ  de l’accessibilitĂ©, tout le monde ne maĂźtrise pas l’outil numĂ©rique : savoir formuler efficacement sa demande sur un moteur de recherche, Ă©crire un objet d’email plus informatif et facile Ă  retrouver que « Quelques nouvelles



 Â» Tout le monde n’est pas en capacitĂ© de s’adapter aux outils numĂ©riques. Pouvoir adapter les interfaces aux humains et Ă  leurs langages naturels pourrait rĂ©duire la fracture numĂ©rique.

Encore faut-il peser les coĂ»ts (humains, techniques, Ă©cologiques) de tels projets, choisir collectivement si c’est ce que l’on dĂ©sire et enfin s’en donner les moyens.

ExpĂ©rimenter une IA des communs
 ? Voici Lokas !

La question « Pour ou contre l’IA ? Â» ressemble Ă  un piĂšge, un faux dĂ©bat qui nous isole les unes des autres. À Framasoft, nous n’avons pas (souvent) de rĂ©ponses, mais beaucoup de questions qui nous semblent bien plus enthousiasmantes.

Une IA des Communs est-elle possible ? A quoi ressemblerait-elle ? Est-ce seulement souhaitable ? Quels en seraient les compromis et les consĂ©quences ? Pour travailler de telles questions, nous avons eu envie d’expĂ©rimenter.

En parallĂšle de FramamIA, Framasoft publie dĂšs aujourd’hui Lokas. Lokas est une application mobile (Android et iOS) qui permet d’enregistrer une rĂ©union, afin d’obtenir une transcription.

captures d'écran de l'application Lokas avec les trois étapes : enregistrement, édition du transcript, détail du temps de parole

Cliquez pour découvrir et obtenir Lokas

Attention, Lokas est un prototype : c’est une dĂ©mo limitĂ©e, mais fonctionnelle.  Nous avions envie de voir quelle forme prendrait un outil fait par une association sans but lucratif, aux moyens limitĂ©s, souhaitant ĂȘtre utile au bien commun, en transparence et en limitant l’impact.

Nous avons hĂąte d’avoir vos retours sur une telle dĂ©marche, afin de voir s’il faut s’avancer dans cette voie, ou conclure l’expĂ©rimentation.

Lire une présentation complÚte de Lokas sur le Framablog

Obtenir Lokas Soutenir Framasoft

 

Le dĂ©fi : 20 000 fois 20 € de dons pour les 20 ans de Framasoft !

Framasoft est financĂ©e par vos dons ! Chaque tranche de 20 euros de dons sera un nouveau ballon pour cĂ©lĂ©brer 20 d’aventures et nous aider Ă  continuer et dĂ©coller une 21e annĂ©e.

Framasoft, c’est un modĂšle solidaire :

  • 8000 donatrices en 2023 ;
  • plus de 2 millions de bĂ©nĂ©ficiaires chaque mois ;
  • votre don (dĂ©fiscalisable Ă  66 %) peut bĂ©nĂ©ficier Ă  249 autres personnes.

jauge de dons au 3 dĂ©cembre 2024 Ă  58 625 €

À ce jour, nous avons collectĂ© 58 625 € sur notre objectif de campagne. Il nous reste 29 jours pour convaincre les copaines et rĂ©colter de quoi faire dĂ©coller Framasoft.

Alors : dĂ©fi relevĂ© ?

Visiter Framamia đŸŽˆ Je soutiens la 21e annĂ©e de Framasoft 🎈

Formulaires, compta, membres
 Framaspace dĂ©googlise encore mieux les assos !

Ce sont les 20 ans de Framasoft, mais c’est aussi l’anniversaire de Framaspace, notre cloud gratuit Ă  destination des associations et petits collectifs militants. Deux ans aprĂšs son annonce, c’est l’occasion de faire le bilan de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e, et de vous annoncer nos envies pour 2025.

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21e annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

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Framaspace : un cloud pour dĂ©googliser les assos

En novembre 2022, Framasoft annonçait Framaspace, un service en ligne avec les caractĂ©ristiques suivantes :

  • Un espace cloud de 40Go et 50 utilisateur⋅ices maximum
  • RĂ©servĂ© aux associations et petits collectifs militants francophones
  • basĂ© sur le logiciel libre Nextcloud
  • infogĂ©rĂ© (c’est Framasoft qui se charge de la maintenance et des mises Ă  jour)
  • permettant de gĂ©rer
    • des fichiers de tous types et de les partager
    • des agendas, publics ou privĂ©s
    • des contacts (synchronisĂ©s sur votre smartphone)
    • des photos (partageables sous forme d’albums)
    • des projets (mĂ©thode Kanban)
    • de la documentation (en mode « wiki Â»)
    • des visioconfĂ©rences (jusqu’à une dizaine de personnes)
    • ou encore d’éditer, en ligne et Ă  plusieurs des documents bureautiques (textes, feuilles de calculs, prĂ©sentations, etc)
  • le tout gratuitement (c’est Framasoft qui offre !)

Pour en savoir plus sur le projet, vous pouvez vous rĂ©fĂ©rer : au site web Framaspace, Ă  son article d’annonce, Ă  l’article bilan publiĂ© Ă  l’occasion de son premier anniversaire ou encore Ă  la vidĂ©o qui prĂ©sente Framaspace.

Vous pourrez notamment comprendre pourquoi une petite association comme Framasoft s’est lancĂ©e dans le projet « un peu Â» fou de financer sur ses fonds propres jusqu’à 10 000 clouds associatifs (spoiler : « C’est politique ! Â»).

🩄 Soutenir l’initiative Framaspace 🩄

2024 : l’odyssĂ©e de Framaspace

Alors le moins que l’on puisse dire, c’est que cette annĂ©e encore, nous n’avons pas chĂŽmĂ© !

1 500 associations hébergées hors GAFAM grùce à Framasoft

Nous avons donc plus que doublĂ© le chiffre de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, qui bĂ©nĂ©ficiait pourtant d’un effet d’annonce (oĂč pas mal d’assos ont candidatĂ© « pour voir Â», et sans doute un peu par « syndrome FOMO Â»).

C’est moins que le chiffre que nous annoncions vouloir atteindre l’an passĂ© (nous visions plutĂŽt 2 500 associations hĂ©bergĂ©es), mais accueillir 800 nouvelles structures, dont la sĂ©lection est faite manuellement, reprĂ©sente cependant dĂ©jĂ  un petit exploit :)

Comme l’an passĂ©, nous avons quelques statistiques Ă  vous partager.

graphique en barre montrant en absysse le nombre de structures et en ordonnée les années de création

 

Notez donc qu’il reste de la place, donc votre asso ou collectif peut parfaitement candidater !

Nextcloud s’amĂ©liore, Framaspace aussi !

Tout d’abord, nous avons fait trois « grosses Â» mises Ă  jour de Nextcloud, le logiciel qui motorise Framaspace, en passant de la version 26, fin 2023, Ă  la version 29, fin 2024.

Voici un rĂ©sumĂ© des principales amĂ©liorations, sĂ©lectionnĂ©es en partie sur la base du travail de nos ami⋅es de la sociĂ©tĂ© Arawa.

  • AmĂ©liorations globales :
    • 🎯 Une recherche unifiĂ©e repensĂ©e et plus performante
    • ⚙ Personnalisation de l’interface : rĂ©glage de l’ordre des apps dans la barre d’icĂŽne
    • đŸ‘ïž AccessibilitĂ© : amĂ©lioration de l’usage de lecteurs Ă©crans, ajouts de raccourcis claviers
    • đŸ‘„ Les « Cercles Â» deviennent des « Ă‰quipes Â» et affichent le contenu partagĂ©
  • 🗃 Nextcloud Files : performances en hausse !
    • Un chargement 65 % plus rapide de Nextcloud Files et un chargement plus rapide des dossiers volumineux
    • PossibilitĂ© de limiter le nombre maximal de tĂ©lĂ©chargements
    • Fichiers PDF : il est possible d’annoter ou de remplir des champs de formulaires dans vos fichiers PDF
    • Partages externes : gĂ©nĂ©ration de QR code
  • 💬 Nextcloud Talk :
    • AmĂ©liorations des performances du chat et de la visioconfĂ©rence
    • Recueil de consentement quant Ă  l’enregistrement de la visioconfĂ©rence, ajout d’émoticĂŽnes, meilleure identification de « qui est qui ? Â», etc
    • Édition des messages, support du format Markdown et widgets interactifs
  • đŸ‘„ Nextcloud Collectives :
    • Il est dĂ©sormais possible de lier des fichiers aux pages de vos collectifs
    • Collectives supporte dĂ©sormais le chiffrement des donnĂ©es sur le serveur
    • Affichage pleine largeur
    • PossibilitĂ© de dupliquer des pages entre Collectifs
  • đŸ—“ïž Nextcloud Calendar :
    • Ajout d’une fonction permettant facilement l’ajout de calendriers de vacances ; rapprochement du module de prise de rendez-vous avec Nextcloud Talk
    • PossibilitĂ© de dĂ©clarer des congĂ©s, dĂ©placements, maladies
 Pour se tenir au courant facilement en cas d’indisponibilitĂ©
  • 📇 Nextcloud Contacts bĂ©nĂ©ficie entre autres choses d’un relookage de ses fiches contact

C’est sans compter que ces nouveautĂ©s sont aussi complĂ©tĂ©es par de (trĂšs) nombreuses corrections de bugs.

Plus d’outils dans Framaspace, plus de pouvoir aux assos

Mais ce n’est pas tout ! Nous avons aussi ajoutĂ© plusieurs applications Ă  Framaspace.

Visites guidées

Grùce aux visites guidées, vous bénéficiez de tutoriels guidés dans les principales applications de votre Framaspace.

Cette application a été développée par Val, stagiaire à Framasoft cet été (lire son interview pour en savoir plus).

Transfert de propriété

Transfert de propriĂ©tĂ© est une application rĂ©servĂ©e aux administrateur⋅ices d’espaces. Elle permet aux admins de pouvoir transfĂ©rer facilement : fichiers, agendas et contacts, d’un⋅e utilisateur⋅ice Ă  l’autre (par exemple en cas de dĂ©part soudain d’un⋅e membre de l’asso).

Capture Ă©cran d'Ownership Transfer Capture Ă©cran d'Ownership Transfer

Cette application a, elle aussi, Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e par Val, stagiaire Ă  Framasoft en pleine canicule (on vous a dĂ©jĂ  dit que nos stagiaires Ă©taient formidables ? Non, ben iels le sont ! La preuve ? Lisez sa seconde interview).

Formulaires

Formulaires vous permet de crĂ©er des formulaires simples (pour vos adhĂ©rent⋅es ou vos bĂ©nĂ©ficiaires).

Les rĂ©sultats peuvent ĂȘtre visibles directement dans votre espace, ou directement transfĂ©rĂ©s dans un fichier .csv ou tableur, que vous pouvez ouvrir et manipuler Ă  votre guise sans quitter votre espace.

Vous pouvez lire l’article de prĂ©sentation sur le blog de Nextcloud.

 

Tableaux

Tableaux vous permet de crĂ©er de mini-applications sans rien n’y connaĂźtre en code. Par exemple, pour un atelier vĂ©lo, vous pouvez crĂ©er une petite application qui permet de savoir qui rĂ©serve quoi dans une liste de matĂ©riel. Ou encore, pour l’organisation d’une AG, qui vient quand ? Ă  quelle heure ? qui a besoin d’un logement ? etc.

Cette application est fonctionnelle, et sera enrichie lors des prochaines mises à jour, MAIS est plutÎt réservée à un public avancé.

Si cela vous intéresse, vous pouvez lire cet article (en anglais).

Les applications Formulaires et Tableaux bénéficieront de tutoriels dédiés en 2025.

🩄 Soutenir l’évolution de Framaspace 🩄

Avec Paheko, gérez vos membres et votre compta dans Framaspace

C’est probablement LA principale annonce que nous avons à vous faire 😊

Nous sommes fier⋅es d’avoir intĂ©grĂ© une partie du logiciel libre de gestion associative Paheko Ă  Framaspace 🎉

Paheko, Kezako ?

Paheko, que les plus ancien⋅nes d’entre vous connaissaient peut-ĂȘtre sous le nom de Garradin, est un logiciel qui vous permet de gĂ©rer associations, clubs sportifs, ONG, syndicat, CSE, syndic de copropriĂ©tĂ©, etc.

Paheko propose de nombreuses fonctionnalitĂ©s :

  • Gestion comptable : Paheko propose de gĂ©rer une comptabilitĂ© en partie double (saisie, journaux, grand livre, bilan, compte de rĂ©sultats, statistiques, import/export au format FEC, suivi des dĂ©pĂŽts de chĂšques, etc).
  • Gestion de membres : Paheko permet une gestion de membres Ă  la fois trĂšs simple et trĂšs complĂšte.
  • Gestion d’activitĂ©s  : une activitĂ© type peut ĂȘtre celle d’ĂȘtre adhĂ©rent Ă  l’association, mais  peut Ă©galement ĂȘtre par exemple : participer Ă  une formation, s’inscrire Ă  un atelier, ĂȘtre bĂ©nĂ©vole pour un Ă©vĂ©nement, ĂȘtre membre d’un groupe de travail, etc. Paheko permet une gestion simple de ces activitĂ©s, ainsi que de leurs tarifs Ă©ventuels. Mais vous pouvez aussi  faire des rappels rĂ©guliers Ă  vos membres (par exemple pour faire un rappel de cotisation d’adhĂ©sion annuelle, ou pour envoyer une lettre d’information Ă  tou⋅tes les membres inscrit⋅es Ă  l’activitĂ© « Sorties vĂ©lo Â»).
  • Gestion de documents : comme Nextcloud, Paheko permet la gestion de documents en mode stockage, partagĂ©s ou collaboratifs.
  • Gestion du site web de l’association  : Paheko permet rapidement et facilement de gĂ©rer le site web de votre association.

Paheko est aujourd’hui utilisĂ© par plus de 6 000 associations, notamment au travers de son portail Paheko Cloud qui propose un essai gratuit (pour un seul exercice comptable) et un tarif Ă  contribution libre.

Nous connaissons bien ce logiciel et son développeur principal, impliqué depuis de nombreuses années dans différents milieux militants, dont celui du logiciel libre francophone. Notez par ailleurs que Paheko est membre du collectif CHATONS, impulsé par Framasoft.

Cet article est d’ailleurs l’occasion de le remercier, lui et toute l’équipe Paheko, Ă  la fois pour avoir rĂ©alisĂ© ce logiciel libre de qualitĂ©, mais aussi pour nous avoir permis et mĂȘme aidĂ© Ă  l’intĂ©gration de Paheko dans Framaspace. Nous pensons qu’il s’agit lĂ  d’un exemple concret oĂč l’esprit collaboratif du libre et des communs l’emporte largement sur l’aspect compĂ©titif de l’individualisme et de la mise en concurrence. Merci Ă  elles et eux !

Gérer les membres et activités de votre collectif

Ainsi, dans Framaspace, vous pouvez dorénavant gérer les membres de votre association.

Ajoutez un⋅e membre en quelques clics. CrĂ©ez des catĂ©gories de membres. GĂ©rez leurs adhĂ©sions (avec ou sans cotisation). GĂ©nĂ©rez des fiches/badges de membres, avec vos propres champs, etc. L’éventail des possibilitĂ©s est large ! Par ailleurs, notez que si vous n’avez le droit qu’à 50 comptes utilisateurs maximum dans Framaspace, vous n’ĂȘtes pas limitĂ©.es dans le nombre de membres que peut gĂ©rer Paheko.

Liste des membres dans Paheko Cotisations dans Paheko

Vous pourrez aussi crĂ©er des « activitĂ©s Â». Une activitĂ© peut correspondre Ă  toute thĂ©matique. Il peut s’agir de la cotisation annuelle, d’un atelier, d’une formation, d’un Ă©vĂ©nement, etc. Nous faisons confiance Ă  votre imagination :)

Une fois l’activitĂ© crĂ©Ă©e, vous pouvez y inscrire les membres de votre choix. Vous pourrez leur envoyer des messages (par emails groupĂ©s). Ces derniers pourront recevoir des rappels automatiques que vous pourrez configurer (par exemple un rappel 15 jours avant l’expiration d’une cotisation Ă  l’asso, ou 3j avant la date d’une formation).

Liste d'activités dans Paheko Envoyer un message groupé

Un outil de comptabilitĂ© associative
 et pas que !

C’est un trĂšs gros morceau, et cet article n’a pas pour but de vous dĂ©montrer toutes les fonctionnalitĂ©s comptables de Paheko. Nous rappellerons juste que plus de 6 000 associations utilisent Ă  ce jour Paheko, ce qui dĂ©montre la robustesse de son application de comptabilitĂ©.

Par ailleurs, Paheko permet de choisir diffĂ©rents plans comptables. Framaspace hĂ©berge prĂšs d’une centaine de syndicats, de collectifs de copropriĂ©taires (syndics), d’associations belges ou suisses, etc. pour lesquelles Paheko permet de choisir ou d’importer un plan comptable adaptĂ©.

Suivi de l'activité d'un compte

 

Pour dĂ©couvrir les possibilitĂ©s d’usage de Paheko en termes de comptabilitĂ©, nous vous renvoyons Ă  la documentation officielle de Paheko.

Tout Paheko n’est pas (encore) dans Framaspace

Alors, « la peinture est encore fraĂźche Â», comme disent les boomers.

Pour intĂ©grer Paheko dans nos 1 500 Framaspaces, il nous aura tout de mĂȘme fallu mettre en Ɠuvre des efforts considĂ©rables (notamment pour Thomas et Luc, qui se sont chargĂ©s du dĂ©veloppement et du dĂ©ploiement). Par consĂ©quent, nous avons fait le choix d’y aller par Ă©tapes, pour nous Ă©viter de nous retrouver submergĂ©â‹…es par le support autour de l’application.

Par ailleurs, nous voulions aussi Ă©viter de surcharger le support officiel de la communautĂ© Paheko, si trop d’utilisateur⋅ices de Framaspace signalaient des bugs en rĂ©alitĂ© liĂ©s Ă  l’intĂ©gration de Paheko dans Framaspace.

Donc, pour l’instant, nous avons quand mĂȘme limitĂ© le pĂ©rimĂštre d’usage de Paheko dans Framaspace :

  • La fonctionnalitĂ© « site web de l’association Â» inclue dans Paheko est dĂ©sactivĂ©e (nous regarderons en 2025 s’il est possible de la rendre accessible) ;
  • La gestion des membres et la gestion des utilisateur⋅ices dans Framaspace, ne sont pas totalement liĂ©es : c’est un choix volontaire. Ainsi, si vous ajoutez un utilisateur Ă  votre Framaspace, celui-ci se verra automatiquement crĂ©Ă© en tant que membre dans Paheko. L’inverse n’est cependant pas vrai, puisque vous pouvez tout Ă  fait avoir besoin de gĂ©rer une « grosse Â» association (par exemple avec 1 000 membres dans Paheko), sans pour autant souhaiter leur donner, Ă  toutes et tous, un accĂšs Ă  votre espace Framaspace (de toutes façons limitĂ©, lui, Ă  50 comptes) ;
  • Documents : cĂŽtĂ© Framaspace, nous avons limitĂ© cette fonctionnalitĂ©, afin de ne pas perdre vos membres entre les fichiers gĂ©rĂ©s par Nextcloud et ceux gĂ©rĂ©s par Paheko ;
  • Pour l’instant, seul⋅es les utilisateur⋅ices Framaspace faisant partie du groupe « admin Â» peuvent accĂ©der Ă  Paheko. Mais l’administrateur⋅ice peut aussi ajouter des utilisateur⋅ices aux groupes « paheko_compta Â» ou « paheko_membres Â», qui auront alors accĂšs en Ă©criture aux modules dĂ©diĂ©s ;
  • Graphiquement, l’interface est encore assez mal intĂ©grĂ©e Ă  Framaspace. Nous verrons Ă  amĂ©liorer cela (si vous nous en donnez les moyens) ;
  • Il reste certainement des bugs ici ou lĂ , vous pouvez nous les signaler sur la catĂ©gorie dĂ©diĂ©e du forum Framaspace.

🩄 Soutenir la collaboration Paheko & Framaspace 🩄

Framaspace en 2025 : viser la lune ?

Accroßtre la notoriété de Framaspace

Pour diverses raisons, nous avons pris du retard sur les actions de promotion de Framaspace. Pour l’instant, en dehors de quelques confĂ©rences et messages sur les rĂ©seaux sociaux, nous avons trĂšs peu communiquĂ© sur ce service, qui est pourtant un « poids lourd Â» dans notre offre.

En 2025, nous consacrerons donc du temps Ă  travailler la communication autour de Framaspace : conception de supports promotionnels, contacts avec les tĂȘtes de rĂ©seaux associatives, lettres d’information, etc.

Construire les fondations d’une communautĂ© d’utilisateur⋅ices de Nextcloud

L’un des objectifs de Framaspace est aussi de faire Ă©merger une communautĂ© d’utilisateur⋅ices francophone du logiciel Nextcloud.

En effet, ce logiciel libre est utilisĂ© par plus de 100 millions de personnes dans le monde, mais l’essentiel de la communautĂ© Ă©change en anglais ou allemand. Quant aux forums en français, les discussions sont souvent trĂšs trĂšs techniques.

Nous voulons donc participer à la structuration d’un espace d’entraide plutît à destination des utilisateur⋅ices.

Pousser (enfin) l’accompagnement aux usages de Framaspace

Nextcloud est un logiciel aussi riche que complexe. Et Framaspace hĂ©rite de cette richesse et de cette complexitĂ©. MĂȘme si sa fonction principale reste le stockage et le partage de fichiers, son pĂ©rimĂštre d’action dĂ©passe aujourd’hui largement ce cadre : agenda, suite bureautique collaborative, synchronisation de fichiers, chat, visioconfĂ©rence, formulaires, et maintenant gestion de membres et comptabilitĂ©.

En consĂ©quence, la question de pouvoir mieux accompagner les utilisateur⋅ices, notamment celles et ceux qui dĂ©couvrent Nextcloud, demeure centrale.

MĂȘme si Framasoft a participĂ© Ă  des webinaires ou soutenu financiĂšrement l’animation d’ateliers, nos actions d’accompagnement des publics n’en sont encore qu’à leurs dĂ©buts.

Plusieurs projets sont en cours de rĂ©alisation, notamment un tutoriel interactif, dont vous serez l’hĂ©roĂŻne ou le hĂ©ros. Mais aussi plusieurs tutoriels sur des fonctionnalitĂ©s avancĂ©es de NextCloud, en particulier sur les apps « Formulaires Â», « Tableaux Â» et « Paheko Â».

IntĂ©gration de nouvelles fonctionnalitĂ©s en 2025 ?

Nous commençons à avoir une offre relativement complÚte sur Framaspace.

Mais cela ne signifie pas que nous allons nous arrĂȘter là


D’abord, dĂ©but 2025, nous passerons Ă  la version 30 de Nextcloud qui apportera, lĂ  encore, son lot de nouvelles fonctionnalitĂ©s intĂ©ressantes.

Nous Ă©valuerons aussi l’intĂ©gration de nouvelles applications, comme celle mettant Ă  disposition un tableau blanc interactif et partagĂ©, ou celle proposant des dossiers de groupes (qui reste pour l’instant un peu trop buguĂ©e Ă  notre goĂ»t). Nous estimerons la pertinence d’intĂ©grer la valorisation du bĂ©nĂ©volat. Et nous verrons si nous avons les moyens humains et financiers d’ajouter la possibilitĂ© de crĂ©er et gĂ©rer votre site web associatif, directement depuis votre Framaspace.

Par ailleurs, nous envisageons de « muscler Â» les capacitĂ©s de visio de Framaspace, en mettant en place une infrastructure plus performante et plus avancĂ©e. En effet, les tests de Framaspace semblent dĂ©montrer qu’une visio Ă  2 ou 3 personnes fonctionne correctement. Mais avec plus de participant⋅es, la qualitĂ© peut vite se dĂ©grader, et impose une excellente connectivitĂ©. Nous souhaitons nous pencher sur ce problĂšme, et Ă©valuer les coĂ»ts des diffĂ©rentes solutions.

Enfin, mĂȘme s’il ne s’agit pas de nouvelles fonctionnalitĂ©s, nous souhaitons inciter Ă  la « collaboration politique Â» entre les espaces. Que cela soit en mettant en valeur les possibilitĂ©s de « fĂ©dĂ©ration Â» (c’est-Ă -dire la possibilitĂ© de lier et de partager des informations entre plusieurs espaces Framaspace ou Nextcloud), ou en proposant une « veille militante Â» partagĂ©e afin de faciliter les mobilisations (ce qui nous semble particuliĂšrement essentiel en ce moment).

Cela ne pourra Ă©videmment se faire que si vous nous en donnez les moyens, car il nous faut encore



 trouver notre modĂšle Ă©conomique 😅

Qu’est-ce qui peut bien pousser une association française qui compte moins d’adhĂ©rent⋅es que le club de bridge de Pouilly-en-Auxois Ă  dire « OK, on va outiller numĂ©riquement des milliers d’associations en leur fournissant du cloud Ă©thique. Et on va faire ça gratuitement. Â» ?

La folie, l’inconscience, ou le manque d’humilitĂ©, diront certains. Et peut-ĂȘtre auront-ils raison ! :-P

Mais nos objectifs ont toujours Ă©tĂ© les mĂȘmes : faciliter l’accessibilitĂ© et la dĂ©couvrabilitĂ© d’outils numĂ©riques libres, Ă©thiques et solidaires.

Or, si l’offre Nextcloud est plĂ©thorique chez les CHATONS, il faut bien avouer que le coĂ»t Ă  l’entrĂ©e (mĂȘme pour quelques dizaines d’euros par mois) est un vĂ©ritable frein Ă  quitter les GAFAM et notamment Google Workspace, utilisĂ© par des centaines de milliers d’associations Ă  travers le monde.

Illustration - Dans l'espace, une licorne fait apparaitre des bulles de sa baguette magique. Dans les bulles, on trouve des symboles : un boulier, des fichiers, etc.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

C’est une des raisons qui nous a poussĂ©s Ă  proposer une offre gratuite, ou plutĂŽt «  sans discrimination par l’argent Â».

Mais voilĂ , on estime, Ă  la trĂšs grosse louche, que Framaspace coĂ»te environ 30 000 € par an Ă  Framasoft.

CÎté recettes, nous recevons bien entendu quelques dons pour Framaspace, et une partie du soutien financier de fondations à Framasoft, se fait aussi parce que nous proposons ce service.

Cependant, cela ne suffit pas Ă  mettre le projet Ă  l’équilibre financier. Ça tombe bien : comme tout projet militant, l’équilibre budgĂ©taire n’est pas un objectif ✊

Cependant, c’est un moyen parmi d’autres de pouvoir assurer la pĂ©rennitĂ© d’un projet. Vous nous voyez donc venir avec nos gros sabots
 Soutenir Framasoft, c’est soutenir Framaspace.

C’est permettre Ă  des centaines (demain des milliers ?) d’associations de pouvoir mettre leurs valeurs de progrĂšs social et de justice sociale en cohĂ©rence avec leurs usages numĂ©riques.

C’est redonner, aussi, un peu de fiertĂ© et de dignitĂ© Ă  un milieu associatif aujourd’hui en grande souffrance – et en grand danger – face aux rouleaux compresseurs du nĂ©olibĂ©ralisme, de la haine en ligne (mais aussi dans le monde physique), du rĂ©trĂ©cissement de l’espace dĂ©mocratique, etc. en dĂ©montrant que les associations ne sont pas solubles dans la startup nation, et peuvent prendre soin d’elles-mĂȘmes, y compris dans un monde oĂč certains voudraient nous faire croire que la solidaritĂ© serait une valeur dĂ©passĂ©e.

En conséquence, si vous trouvez Framaspace utile, opportun ou tout simplement intéressant, nous vous invitons à soutenir Framasoft.

(ça se passe ici)

 

Le dĂ©fi : 20 000 fois 20 € de dons pour les 20 ans de Framasoft !

Framasoft est financĂ©e par vos dons ! Chaque tranche de 20 euros de dons sera un nouveau ballon pour cĂ©lĂ©brer 20 ans d’aventures et nous aider Ă  continuer et dĂ©coller une 21e annĂ©e.

jauge de dons au 26 novembre 2024 à 24 421 €

Framasoft, c’est un modĂšle solidaire :

  • 8000 donatrices en 2023 ;
  • plus de 2 millions de bĂ©nĂ©ficiaires chaque mois ;
  • votre don (dĂ©fiscalisable Ă  66 %) peut bĂ©nĂ©ficier Ă  249 autres personnes.

À ce jour, nous avons collectĂ© 24 421 € sur notre objectif de campagne : merci ! Il nous reste 35 jours pour convaincre les copaines et rĂ©colter de quoi faire dĂ©coller Framasoft.

Alors : dĂ©fi relevĂ© ?

🎈 Je soutiens la 21e annĂ©e de Framasoft 🎈

20 ans de Framasoft
 et un de plus grĂące Ă  vos dons ?

Grùce à vos dons, Framasoft accompagne plus de 2 millions de personnes dans leur émancipation numérique. AprÚs une vingtiÚme année difficile, notre association vous demande les moyens de poursuivre ses actions
 et de relever les défis du futur.

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21e annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

âžĄïž Lire la sĂ©rie d’articles de cette campagne (nov. – dĂ©c. 2024)

 

Malgré une année difficile


Sans rentrer dans les dĂ©tails ni l’auto-apitoiement (car l’heure est Ă  la cĂ©lĂ©bration), cette annĂ©e a Ă©tĂ© doublement difficile pour Framasoft.

Humainement d’abord, car des conflits significatifs (qui peuvent advenir dans toutes les associations
 et toute aventure humaine) ont accaparĂ© beaucoup d’énergies et affaibli le niveau de motivation.

Ainsi Framasoft conclut 2024 avec une fatigue cumulĂ©e, une Ă©quipe amoindrie, et une furieuse envie de se recentrer en 2025 sur nos actions au service de celles et ceux qui ont besoin d’outils numĂ©riques Ă©thiques et populaires.

Or financiĂšrement aussi, c’est pas la joie. Entre le fait d’avoir moins de forces humaines dans l’association, et une annĂ©e morose pour tout le monde : inflation, fascisme aux portes du pouvoir, besoins de solidaritĂ©s qui se multiplient


Framasoft a vu (comme bien d’autres) ses dons baisser drastiquement. Ainsi, au 1er octobre 2024, Framasoft a reçu prĂšs de 50 000 € de dons en moins qu’à la mĂȘme date, en 2023.

🎈 Soutenir Framasoft 🎈


Framasoft est fiĂšre de son bilan 2024 !

D’ici la fin de l’annĂ©e, nous vous prĂ©senterons en dĂ©tail sur ce blog quelques actions marquantes rĂ©alisĂ©es en 2024. Bien entendu, Framasoft c’est beaucoup plus que cette sĂ©lection (on pense par exemple Ă  l’ensemble des services DĂ©googlisons Internet)
 Mais il faut bien choisir parmi les 100 pages de nos rapports d’activitĂ©s.

🩄 Framaspace, le cloud associatif s’enrichit d’outils importants

Comptabilité, gestion des membres, formulaires, gestion simplifiée de données
 toutes ces fonctionnalités viennent rejoindre les intros interactives, partage de propriété, agendas, contacts, chat et synchronisation de dossiers déjà proposés dans Framaspace.

Illustration - Dans l'espace, une licorne fait apparaitre des bulles de sa baguette magique. Dans les bulles, on trouve des symboles : un boulier, des fichiers, etc.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Si vous souhaitez que votre asso ou petit collectif obtienne un Framaspace et profite de ces nouveautĂ©s dĂšs que possible, n’hĂ©sitez pas : les inscriptions sont toujours ouvertes !

🩄 Soutenir Framaspace 🩄

đŸ€– Framamia & Lokas : dĂ©mystifier l’IA par l’explication (et l’exemple !)

Du miracle Ă  l’apocalypse, l’IA est le lieu des fantasmes prophĂ©tiques. Framasoft s’est lancĂ© le dĂ©fi de nuancer le dĂ©bat, et de revenir au concret en partageant des clĂ©s de comprĂ©hension.

Illustration. Autour d'une table, des pingouin chantent. Au centre, un petit perroquet mécanique prend des notes à la maniÚre d'un sténographe.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Avec le site Framamia nous voulons exposer, de maniĂšre claire, ce que nous percevons aujourd’hui de ce nouvel enjeu du numĂ©rique


Quant Ă  Lokas, c’est une expĂ©rimentation, une dĂ©monstration du type d’outils qu’on peut crĂ©er lorsque l’on s’empare de l’outil IA sans chercher le profit, la croissance ou l’exploitation
 mais juste Ă  ĂȘtre fonciĂšrement utile.

đŸ€– Soutenir Framamia đŸ€–

đŸ“± L’application PeerTube : un univers de vidĂ©os au creux de votre main

PeerTube n’est pas une plateforme de vidĂ©os et de live : c’est un rĂ©seau de plateformes, autonomes, auto-gĂ©rĂ©es et interconnectables.

Cependant, il reste difficile de dĂ©couvrir des contenus sur ce rĂ©seau, d’autant plus quand la majoritĂ© des vidĂ©os en ligne sont dĂ©sormais regardĂ©es depuis un tĂ©lĂ©phone.

Illustration - Sepia, lÊ poulpe mascotte de PeerTube, sort de l'écran d'un téléphone mobile.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Nous avons donc dĂ©veloppĂ© une application mobile PeerTube, disponible sur le PlayStore, l’appstore d’iOS et bientĂŽt F-Droid.

đŸ“± Soutenir l’application PeerTube đŸ“±

🐙 PeerTube v7 : un redesign pour une expĂ©rience encore plus fluide

Ce fut une annĂ©e riche en nouveautĂ©s pour le logiciel qui permet de crĂ©er sa plateforme de vidĂ©os et de lives : export et import des comptes, modĂ©ration des commentaires, transcription automatique d’une vidĂ©o, sĂ©paration des flux audio et vidĂ©o, navigation dans les sous-titres


Illustration - Dans la mer Sepia, lĂŠ poulpe mascotte de PeerTube, dessine un grand chiffre sept avec son encre.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

En dĂ©cembre nous comptons publier la version 7 de PeerTube, avec des changements majeurs dans l’expĂ©rience et l’interface du logiciel.

Plus de clartĂ©, de simplicitĂ©, d’accessibilitĂ© : nous avons hĂąte de vous partager ce nouveau look !

🐙 Soutenir PeerTube v7 🐙

🩆 Cancanons : bilan des actions pour collectiviser et convivialiser internet

AnnoncĂ©e fin 2022, la feuille de route Collectivisons Internet / Convivialisons Internet (ou « coin-coin Â», pour les rapides) peut se rĂ©sumer en une ambition : dĂ©googliser les associations.

Illustration - Une maman canard regarde le nid dans lequel quelques uns des Ɠufs ont Ă©clot.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Avec ECHO Network qui arrive Ă  sa (brillante) conclusion, Émancip’Asso qui a Ă©tĂ© lancĂ© et fait son petit bonhomme de chemin, Framaspace qui Ă©volue
 le moment nous semble propice pour faire le point sur ces actions et le futur que nous leur rĂ©servons.

DĂ©sormais, Framasoft propose plusieurs outils aux collectifs qui dĂ©sirent des outils numĂ©riques Ă  la hauteur de leurs valeurs : c’est l’heure de les prĂ©senter correctement !

🩆 Soutenir Coin-Coin 🩆

Célébrons 20 ans de partages associatifs

2024, c’est aussi pour nous la 20e annĂ©e de l’association Framasoft, dont la dĂ©claration fut officialisĂ©e par la publication au Journal Officiel du 03 janvier 2004.

Annonce de dĂ©claration de l’association Framasoft au journal officiel du 3 janvier 2004.


 dans le podcast Projets Libres !

On ne va pas raconter 20 ans d’aventures associatives dans un article de blog (on ignore si un seul livre suffirait !) Nous avons donc demandĂ© Ă  Walid, auteur du podcast Projets Libres !, d’aider des membres historiques Ă  partager quelques souvenirs autour de ces deux dĂ©cennies.

Le premier Ă©pisode de ce podcast est dĂ©jĂ  disponible : Framasoft, les premiĂšres annĂ©es (2004-2014) racontĂ©es par Alexis Kauffmann et Pierre-Yves Gosset.

capture d'écran de la page du podcast projets libres dédié à Framasoft

Cliquez pour aller Ă©couter le premier Ă©pisode du podcast racontant les 20 ans de Framasoft

Pensez Ă  vous abonner Ă  Projets Libres ! pour ne pas rater (trĂšs prochainement) l’épisode suivant, autour des annĂ©es DĂ©googlisons (2014-2024), racontĂ©es par Christophe Masutti, Pierre-Yves Gosset et Pouhiou.


 sur le site 20ans.framasoft.org !

De plus, les membres bĂ©nĂ©voles de l’association vous ont prĂ©parĂ© un site web qui dĂ©taille 20 ans d’actions et de projets autour du logiciel libre, des communs culturels, et de l’éducation populaire aux enjeux du numĂ©rique.

L’histoire de Framasoft dĂ©montre qu’avec beaucoup de contributions, de talents, de travail, de chance (aussi) et de dĂ©termination
 une petite association de moins de 40 membres peut proposer des services et des outils qui amĂ©liorent la vie numĂ©rique de plus de deux millions de personnes chaque mois.

capture d'Ă©cran du bandeau d'accueil du site des 20 ans de Framasoft

Cliquez pour découvrir le site des 20 ans de Framasoft

Cette histoire est peut-ĂȘtre une anomalie statistique (quoique
 nous en profitons pour souhaiter un joyeux 20 ans aux copaines du CLISS XXI, de Thunderbird et de WikimĂ©dia France !). Et oui : Framasoft prĂ©sente un modĂšle assurĂ©ment difficile Ă  reproduire
 mais c’est surtout pour nous une grande fiertĂ© et une grande responsabilitĂ©, qui a Ă©tĂ© rendue possible par le soutien de celles et ceux qui, chaque annĂ©e, ont donnĂ© Ă  Framasoft.

🎈 Soutenir 20 ans de Framasoft 🎈

Deux futurs possibles, qui ne dépendent que de vous

Les dons Ă  Framasoft sont une dĂ©monstration de solidaritĂ© : en 2023, nous estimons avoir eu environ 8 000 donateurices pour 2 millions de bĂ©nĂ©ficiaires mensuels.

Une personne qui fait un don à Framasoft permet à 249 autres de bénéficier gratuitement de nos outils.

D’ailleurs, Framasoft Ă©tant une association d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, on rappelle que les dons ouvrent droit Ă  66 % de dĂ©duction fiscale pour les contribuables français. Un don de 200 € cette annĂ©e reviendra finalement Ă  67 €, aprĂšs dĂ©duction.

Car oui, c’est le moment de l’annĂ©e oĂč nous faisons appel Ă  votre soutien pour poursuivre et financer les actions de Framasoft. Et aprĂšs une 20e annĂ©e difficile, notre association a encore plus besoin de vous, que ce soit pour redĂ©marrer ou pour dĂ©coller.

illustration oĂč des animaux mascottes de projets framasoft rassemblent des ballons sur deux piquets au sol. Les ballons prennent la forme d'un 20 gĂ©ant.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Avec 200 000 €, Framasoft continue une 21iĂšme annĂ©e

C’est la somme qu’il nous faut pour boucler le budget 2025, et poursuivre nos projets avec l’équipe rĂ©duite. Cela nous permettra, par exemple, de pĂ©renniser enfin l’emploi de Wicklow (qui, entre autres, dĂ©veloppe l’application PeerTube) dont nous avons prolongĂ© le CDD fin aoĂ»t dernier.

Cependant, ne nous leurrons pas : si cette (dĂ©jĂ  trĂšs belle) somme permettra Ă  Framasoft de se dĂ©sembourber, nous aurons juste les moyens de maintenir les actions actuelles, les services en ligne, etc. sans pouvoir vraiment s’attaquer Ă  de nouveaux chantiers.

🎈 Aider Framasoft à continuer ses actions 🎈

Avec 400 000 €, Framasoft dĂ©colle pour innover !

D’oĂč le fait qu’on affiche un deuxiĂšme pallier, bonus, dans notre collecte de dons cette annĂ©e. Tout ce que vous nous confierez au-delĂ  des 200 000 € nous donnera les moyens de faire plus, de faire mieux, et de s’attaquer Ă  de nouveaux sujets.

Bien entendu, nous avons d’ores et dĂ©jĂ  de nombreux plans pour amĂ©liorer drastiquement les services actuels les plus utilisĂ©s. Or cela demande du temps, des talents
 bref : de l’argent.

Nous avons aussi envie de dĂ©montrer qu’un numĂ©rique Ă©mancipateur, compris, maĂźtrisé  c’est un enjeu d’actualitĂ© et d’importance face aux urgences climatiques et sociales.

Qu’il s’agisse des usages mobiles, de l’IA, des Communs, des outils rĂ©silients (low-technicisation, rĂ©emploi, etc.), de la place du numĂ©rique Ă  l’heure de l’urgence climatique
 nous avons de grandes ambitions pour entamer cette nouvelle dĂ©cennie de la vie de Framasoft. Il ne nous manque plus que les moyens de les rĂ©aliser !

🎈🎈 Aider Framasoft Ă  dĂ©coller en 2025 🎈🎈

Illustration - des mascottes ont plantĂ© une flopĂ©e de ballons qui prennent la forme du logo Framasoft. Le lopin de terre s'est dĂ©tachĂ©, et ils flottent dans le ciel nocture en faisant la fĂȘte.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Le dĂ©fi : 20 000 fois 20 € de dons pour les 20 ans de Framasoft !

Certes, le slogan « 20 balles pour les 20 ans de Frama Â» avait de l’allure
 mais si les plus gĂ©nĂ©reuxses d’entre vous se limitent Ă  20 € de dons, il faudrait trouver 20 000 donateurices ! (alors qu’il y en avait un peu plus de 8000 en 2023)

Et puis on ne veut pas vous dire combien contribuer, juste que (si vous le souhaitez et le pouvez), votre soutien sera plus que bienvenu. Chaque tranche de 20 euros de dons sera un nouveau ballon pour cĂ©lĂ©brer 20 ans d’aventures et nous aider Ă  dĂ©coller.

Vos partages et vos encouragements nous seront tout aussi prĂ©cieux : nous avons, ensemble, 42 jours pour convaincre les copaines et rĂ©colter de quoi faire dĂ©coller Framasoft.

Alors : dĂ©fi relevĂ© ?

🎈 Je soutiens la 21e annĂ©e de Framasoft 🎈

Zagreb, December 2023 : logbook of the fourth ECHO Network study visit

As a reminder, the participants in the European ECHO Network exchange belong to 7 different organisations in 5 European countries : CemĂ©a France, CemĂ©a Federzione Italia, CemĂ©a Belgique, Willi Eichler Academy (Germany), Solidar Foundation (European network), Centar Za Mirovne Studije (Croatia), Framasoft (France).

Report on the week in Zagreb.

 

Click here to read the article in French.

Travel,travel

As with every ECHO trip, the first day was reserved for travels and reunions. Four of us from Frama made the trip : Booteille, Numahell, Pascal and Yann. And while the last three shared a cabin on the plane (almost avoiding having to deal with hold luggage), Booteille chose to take the bus, for more than 18 hours, with no changes but with stopovers including Toulon, Nice, Genoa, Venice, Trieste, Lubjana and finally Zagreb. It was an opportunity for him to see our Italian companions in Venice get on the bus.

In the evening we tried to meet up with our CEMÉA comrades, using the name of a restaurant as our destination, which turned out to be one of a chain with many branches in the city. This gave us the opportunity to look around the town, which was decorated for Christmas. The atmosphere was rather quiet, although a festive (winter) breeze blew through the streets.

We ended up meeting up with the CEMÉA team in a bar opposite the famous restaurant. It was a good opportunity to have a few drinks while waiting for dinner. Many of the European partners came to the restaurant, giving us a great opportunity to catch up with people we’ve met before and to meet people we haven’t.

 

This first evening (which would be followed by many others) was the occasion to notice something rather surprising : THEY SMOKE IN THE BARS ! It’s horrible. And while it was very cool to spend time with the other members of the project every evening, every night it was the same thing : smoking in the bars. Apart from the fact that you can’t breathe indoors, the smell of cigarettes on our clothes (and in the dreads of those with the best hair
) lingered in the hotel room.

 

Yes we let the sentence in French because OSS 117 cannot
does not want to speak English,obviously !

The Center for Peace Studies

The next day began at the Human Rights House in Zagreb, in the same building as the Centre for Peace Studies. There was a brief introduction to the seminar and a presentation of the three structures sharing the premises.

First, we had a few words from several people as a whole group, then we split into three small groups, where each entity presented its actions to us and to whom we could ask our questions. After a few minutes, each group rotated to meet a new entity. In the end, we got to know :
– the Dosta & Jemrznje platform, which helps manage online discrimination and hate speech ;
– the Documenta organisation, which aims to create links and documentation around war, as well as educating people about anti-war issues ;
– CROSOL, an international cooperation platform for development and humanitarian aid.

 

The Centre for Peace Studies (CPS in English, CMS in Croatian) is the result of years of development. It was originally a participatory work camp project in the 90s, with the aim of building links between people in the Balkan countries through action.

The culture of the CPS revolves around anti-war, anti-fascist and inclusive movements. Today, through a wide range of actions, CPS seeks to promote this culture in their territory. There is also a strong focus on the right to asylum and its protection. And that’s just part of the work carried out by this small team. You can find more information here : https://www.cms.hr/en/o-cms-u-tko-je-tko/cms

After a very pleasant meal on site, we took public transport back to the city centre. It’s great to be able to get around the city quickly and efficiently thanks to the dense network of trams, with timetables so full that you never have to worry about them – they’re never far away !

 

 

Fascists ! Fascists everywhere !

We met up with a historian who spent the afternoon taking us on a tour of different parts of the city, looking at places that are emblematic of fascism and the resistance. Croatian history is not very well known in our part of the world, and our guide gave us a lot of information about the country and its relationship with fascism and history, particularly during and around the Second World War.

 

It was very interesting to visit the places, often not very far away, where the government and its opponents were located during the war. We joked about the fact that it seemed that every building in the centre had at one time or another housed its own personal contingent of fascists. A map has been created to pool and record the information.

Unfortunately, the weather was not on our side, and with the cold and rain, we ended up in a warm bar, where our guide continued to tell us the story over a drink.

Si vis pacem para pacem

On the second day of the seminar, we returned to the Human Rights House. Various organisations presented their work on access to education. Once again, it was very intense in terms of information.

The CPS introduced us to the concept of negative peace (absence of violence, fear of violence) and positive peace (building a peaceful society). We also learned that in formal education (#school), civic education in Croatia is now mandatory. This is based on the understanding that peace education cannot be an individual subject and that it needs to be linked to human rights and other societal issues.

The CPS shared with us some principles of peace education :

– encourage participants to explore the subjects of war and peace through different disciplines ;
– focus not on experts in diplomacy but on citizens and civil society, particularly in their role in building a fairer world ;
– Peace Studies is value-based and therefore requires academic objectives that recognise the ethical approach to peace and social justice ;
– there is a need to be transformative, society needs alternatives to the status quo : peace is the result of radical transformations of values, social arrangements and international relations. From a positive peace perspective, the aim is therefore to prevent wars, to move towards social justice and respect for human rights, and to combat oppression and structural violence.

 

 

Migration flows and AI

After the CPS presentation, we were introduced to the work of a programme focusing on migration.

This work focuses in particular on the creation of links with refugees in Croatia, seeking to open up discussions on the causes of migration, its place in Croatian society and empowerment.

Readings, films and music were shared with us, with the aim of deconstructing our preconceptions and developing critical thinking.

We then met Ana Cuca on video. Ana is a researcher who, as we understand it, works in Mostar, Bosnia-Herzegovina. She told us about the impact of pseudo-IAs on migratory flows. It was a very interesting meeting. She talked about how Europe is trying to anticipate and prevent migratory flows by making massive use of pseudo-IAs at its borders.

 

 

In the category of false good ideas, there is the fact that pseudo-IA algorithms are used for asylum application forms. Except that certain accents and dialects are not recognised by the algorithm. So people find themselves unable to make their application, all because the algorithm was designed that way.

Ana also told us about uses of the pseudo-IA that she sees as positive. In particular, through a project to analyse migratory flows to try to anticipate where there might be a need for humanitarian aid of food or medicine.

We invite you to read her presentation, which we found very interesting.

 

Coders Without Borders

Finally, Coders Without Borders brought the presentations to a close with their projects.

With the help of volunteers, they train refugees in various digital techniques to help them find employment.

At the end of their presentation, we raised the following question : « Have you ever thought about and/or started migrating to tools other than Google when working with refugees ? I understand the idea of acculturating with tools that everyone uses and that the aim is to reduce the divide between refugees and the society into which they are trying to integrate, but I find it dangerous, in a fascist political context, to put Google in the hands of people for whom it could sooner or later harm their lives. If a fascist government came to power, it would be very easy to find and target refugees and do them harm. Â»

We then discussed this question and the issues involved. We concluded that we needed to work on a diagnostic grid that would enable organisations to ask themselves certain questions and come up with some answers about their digital practices.

At the end of the day, we went to the Human Rights Film Festival to see The Old Oak. In this film, we follow a bar owner who helps a family of refugees who have just arrived in town, despite the racist rhetoric of his most loyal customers : the pub regulars.

 

Difficulties paying in Zagreb’s restaurants

During our ECHO Network meetings, we don’t just work : we also eat. This led to a little anecdote that we’ll share here.

That same evening, in a restaurant after the film, it was extremely difficult for us to pay ‘normally’. The waiters would only let us into the restaurant if we didn’t pay separately ! This is a cultural thing in Zagreb : you don’t pay separately, even if there are invoices to pay. And when we wanted to pay ‘by organisation’, the waiters refused again.

In the end, we had to find a compromise by paying by country, on condition that we were seated at our tables according to our country ! The scene struck us as particularly surreal.

 

 

 

A little peace (in the world and for our stay)

We changed location for the last day. We found ourselves in the Community Centre, in a room with a few small pouffes. It was great to spend the morning lying on the floor !

There we met Paul, a sociologist and anti-racist activist. He sees himself as a historical artifact and is an outstanding storyteller. He told us how Zagreb was at the cutting edge of digital communications in the 1990s.

He also told us about the ZaMir network (a network for peace communications), which was used by pro-peace activists all over the world.

Listening to Paul was really good for us, thanks to his talents as a speaker. After two days of information-packed presentations – but exciting ones ! – Paul’s presentation was relaxing to listen to. It made you feel less like you were at school and had to concentrate to make sure you didn’t miss any of the information in the course.

 

Activism and cyber-surveillance

After Paul, we met up with Tomislak Medak, who told us about his work on the Memory of the World online bookshop, as well as the Syllabus project. This is a research project on activism in Europe that takes into account ‘care’ and piracy. Yann’s eyes sparkled as he drank in Tomislak’s words.

We ate in small groups between lunchtime and midday, and then met up again for the final afternoon, hosted by CÉMÉA France for a workshop on cyber-surveillance.

Individually, we had to respond to the following instruction : ‘Based on your knowledge and experience, illustrate cyber-surveillance by drawing or writing’. We then got into small groups and discussed our respective drawings, before illustrating our common definition. We then repeated the exercise in larger groups. Finally, we had to share our ideas in plenary.

In all this, the idea of the panopticon came up several times. We also discussed surveillance capitalism, political and police control, and the fact that surveillance could help regulate online hate speech. We also talked about moderation on the internet and the inequalities between individuals in their knowledge of their rights in the digital space.

The session concluded with a discussion on alternatives to cyber-surveillance. As well as the obvious idea of burning capitalism – we won’t drop any names – technical tools were mentioned, as well the issues of regulation, degrowth (disengaging from digital technology) and education.

 

Back home, via the museum of broken relationships

It was on this last activity that we ended the seminar, thanking our hosts and sharing our feedback. We found the subjects and the structures we encountered absolutely fascinating, but the form made the whole thing difficult to digest. Bouteille in particular found that there was a huge amount of information, in a very vertical format to which he is no longer accustomed, which made the meeting intense and tiring for him.

We finally said our goodbyes that night, after closing down a bar that our Croatian hosts had enjoyed.

While the others headed home the next day, Booteille had to wait for his 6pm bus and ended up visiting the Museum of Broken Relationships with Gabriela and Alexandra from Solidar.

The museum is full of objects linked to broken relationships and the little stories that go with them. This little exhibition takes you through a lot of emotions.

At the beginning, you read some things a bit light-heartedly, laughing, then you read this story linked to the war, or this one linked to bad luck, you laugh at this broken relationship with this pizza lover who unfortunately is now allergic to gluten. Then you open the (huge) guestbook, and frankly, you laugh out loud at the violence of some of the messages. The guestbook has obviously served as an outlet for a lot of people !

 

Translation from the French version made with DeepL

 

Zagreb, dĂ©cembre 2023 : journal de bord de la quatriĂšme visite d’études d’ECHO Network

Pour rappel, les participant⋅es Ă  l’échange europĂ©en ECHO Network font partie de 7 organisations diffĂ©rentes dans 5 pays d’Europe : CemĂ©a France, CemĂ©a Federzione Italia, CemĂ©a Belgique, Willi Eichler Academy (Allemagne), Solidar Foundation (rĂ©seau europĂ©en), Centar Za Mirovne Studije (Croatie), Framasoft (France).

 

Compte-rendu de la semaine Ă  Zagreb.

Click here to read the article in English.

Voyage, voyage

Comme pour chaque sĂ©jour ECHO, le premier jour fut rĂ©servĂ© pour les trajets et retrouvailles sur place. Nous Ă©tions quatre personnes de Frama Ă  faire le dĂ©placement, Booteille, Numahell, Pascal et Yann. Et si les trois dernier·es firent cabine commune dans l’avion (en Ă©vitant —presque— d’avoir Ă  gĂ©rer des bagages en soute), Booteille avait choisi de tenter le bus, pour plus de 18h, sans changement mais avec escales parmi lesquelles Toulon, Nice, Genova, Venise, Trieste, Lubjana et enfin Zagreb. Ce fut l’occasion pour lui de voir monter dans le bus nos comparses italiens Ă  Venise.

Dans la soirĂ©e, nous tentions de retrouver les camarades des CEMÉA avec comme destination le nom d’un restaurant qui s’avĂ©ra ĂȘtre celui d’une chaĂźne ayant de nombreux Ă©tablissements dans la ville. Cela nous permit de commencer Ă  observer la ville, dĂ©corĂ©e pour NoĂ«l. L’ambiance Ă©tait plutĂŽt tranquille, mĂȘme si un vent (d’hiver) festif parcourait les rues.

On a fini par retrouver l’équipe des CEMÉA dans un bar, situĂ© face au fameux restaurant. Ce fut l’occasion de boire des p’tits coups en attendant l’heure du repas. Au restaurant, une grande partie des partenaires europĂ©en·es sont venu·es, offrant une belle opportunitĂ© pour prendre des nouvelles des personnes dĂ©jĂ  rencontrĂ©es auparavant et de dĂ©couvrir celles que l’on ne connaissait pas encore.

Cette premiĂšre soirĂ©e (qui serait suivie de bien d’autres) fut l’occasion de constater un Ă©vĂ©nement plutĂŽt surprenant : ÇA FUME DANS LES BARS ! C’est horrible. Et si c’était trĂšs cool de passer du temps avec les autres membres du projet chaque soirĂ©e, chaque soir, rebelote : ça fumait dans les bars. Outre le cĂŽtĂ© irrespirable lorsque l’on est dans un lieu clos, il y avait cette odeur de clope prĂ©sente sur nos vĂȘtements (et dans les dreads des plus favorisĂ©s capillairement
) qui persistait jusque dans la chambre d’hĂŽtel.

Le Center for Peace Studies

Le lendemain, la journĂ©e commençait au Human Rights House de Zagreb, dans le bĂątiment oĂč il figurent les locaux du Center for Peace Studies. On assista Ă  une petite session d’introduction sur le sĂ©minaire, ainsi qu’une prĂ©sentation des trois structures qui cohabitent au sein du lieu.

D’abord, nous avons eu quelques mots de plusieurs personnes alors que nous Ă©tions en groupe complet, puis nous nous sĂ©parĂąmes en trois petits groupes, oĂč chaque entitĂ© nous prĂ©sentait ses actions et Ă  qui nous pouvions poser nos questions. AprĂšs une poignĂ©e de minutes, chaque groupe tournait pour rencontrer une nouvelle entitĂ©. Au final, cela a permis de faire connaissance avec :

  • la plateforme Dosta & Jemrznje qui aide Ă  la gestion des discours en ligne de discrimination et de haine ;
  • l’organisation Documenta qui vise Ă  crĂ©er du lien et de la documentation autour de la guerre, ainsi qu’à Ă©duquer autour des questions anti-guerre ;
  • CROSOL qui est une plateforme de coopĂ©ration internationale pour le dĂ©veloppement et l’aide humanitaire

Concernant le Center for Peace Studies (CPS en anglais, CMS en croate), la structure est le fruit d’annĂ©es d’évolution. Originairement c’était un projet de chantiers participatifs des annĂ©es 90â€Č, ayant pour objectif de construire des liens Ă  travers le faire entre les habitant·es des pays balkans.

La culture du CPS est tournĂ©e autour des mouvements anti-guerres, anti-fascistes, inclusifs. Aujourd’hui, Ă  travers de trĂšs nombreux modes d’actions, CPS cherche Ă  promouvoir cette culture sur leur territoire. Il y a aussi un gros axe autour du droit Ă  l’asile et sa protection. Et ce n’est qu’une partie des travaux rĂ©alisĂ©s par cette petite Ă©quipe, vous trouverez d’autres informations plus complĂštes ici : https://www.cms.hr/en/o-cms-u-tko-je-tko/cms

AprĂšs un repas fort sympathique sur place, nous prĂźmes les transports en commun pour rejoindre le centre-ville. Il faut signaler le bonheur de pouvoir se dĂ©placer rapidement et efficacement dans toute la ville grĂące au rĂ©seau trĂšs dense de tramways, avec des horaires si complets qu’on n’a jamais Ă  s’en prĂ©occuper, ils ne sont jamais bien loin !

 

Fascists ! Fascists everywhere !

Nous avons rencontrĂ© un historien qui a passĂ© l’aprĂšs-midi Ă  nous faire visiter diffĂ©rents quartiers de la ville afin d’en observer les lieux emblĂ©matiques du fascisme et de la rĂ©sistance. L’histoire croate est plutĂŽt mĂ©connue dans nos contrĂ©es, et notre guide nous a partagĂ© Ă©normĂ©ment d’informations sur le pays et son rapport au fascisme avec l’histoire, tout particuliĂšrement durant et autour de la seconde guerre mondiale.

 

Il Ă©tait trĂšs intĂ©ressant de parcourir les lieux, souvent peu Ă©loignĂ©s, oĂč se tenait le pouvoir et les opposants pendant les Ă©pisodes de guerre. On a pas mal plaisantĂ© sur le fait qu’il semblait que chaque bĂątiment du centre avait abritĂ© Ă  un moment ou un autre son contingent personnel de fascistes. Une cartographie a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e afin de mutualiser et recenser les informations.

 

Malheureusement le temps n’était pas de la partie et avec le froid et la pluie, nous finĂźmes par nous rabattre dans un bar, au chaud, oĂč notre guide continua de nous conter l’histoire autour d’un verre.

Si vis pacem para pacem

Le deuxiĂšme jour de sĂ©minaire, nous sommes retournĂ©s au Human Rights House. DiffĂ©rentes structures nous ont prĂ©sentĂ© leurs travaux autour de l’accĂšs Ă  l’éducation. Encore une fois, c’était trĂšs intense en terme d’informations.

 

Le CPS nous a notamment fait dĂ©couvrir le concept de paix nĂ©gative (absence de violence, peur de la violence) et positive (le fait de construire une sociĂ©tĂ© paisible). On y a aussi appris qu’en Ă©ducation formelle (#Ă©cole), l’éducation civique en Croatie est dĂ©sormais obligatoire. Cela part de la comprĂ©hension que l’éducation Ă  la paix ne peut pas ĂȘtre un sujet individuel et qu’il y a besoin de le lier aux droits humains et d’autres enjeux de sociĂ©tĂ©.

 

Le CPS nous a partagĂ© quelques principes d’éducation Ă  la paix :

– encourager les participant·es Ă  explorer les sujets de guerre et paix Ă  travers diffĂ©rentes disciplines ;
– se concentrer non sur les expert·es en diplomatie mais sur les citoyen·nes et la sociĂ©tĂ© civile, notamment dans leur rĂŽle pour construire un monde plus juste ;
– les Ă©tudes sur la paix sont basĂ©es sur des valeurs et il faut donc des objectifs acadĂ©miques reconnaissant l’approche Ă©thique de la paix et de la justice sociale ;
– il y a un besoin d’ĂȘtre transformatif, la sociĂ©tĂ© a besoin d’alternatives au status quo : la paix est le rĂ©sultat de transformations radicales des valeurs, d’arrangements sociaux et de relations internationales. D’un point de vue de paix positive, l’objectif est donc de prĂ©venir les guerres, d’aller vers de la justice sociale, du respect des droits humain·es et de combattre les oppressions et violences structurelles.

 

Flux migratoire et IA

AprĂšs la prĂ©sentation du CPS, nous avons eu droit Ă  la dĂ©couverte des travaux d’un programme se concentrant sur la question migratoire.

 

Ces travaux se penchent notamment sur la crĂ©ation de liens avec les rĂ©fugié·es en Croatie, en cherchant Ă  ouvrir des discussions sur les causes des migrations, leur place dans la sociĂ©tĂ© croate et la maniĂšre de s’empouvoirer.

On nous a partagĂ© des lectures, des films et des musiques ayant pour objectifs de dĂ©construire nos a priori et de dĂ©velopper l’esprit critique.

 

Nous avons ensuite rencontrĂ© Ana Cuca en visio. Ana est une chercheuse qui, si nous avons bien compris, travaille Ă  Mostar, en Bosnie-HerzĂ©govine. Elle nous a exposĂ© l’impact des pseudo-IAs sur les flux migratoires. La rencontre Ă©tait trĂšs intĂ©ressante. Elle a abordĂ© la maniĂšre dont l’Europe cherche Ă  anticiper et prĂ©venir les flux migratoires en utilisant massivement les pseudo-IA aux frontiĂšres.

 

Dans la catĂ©gorie des fausses bonnes idĂ©es, il y a le fait que des algorithmes de pseudo-IA sont utilisĂ©s pour les formulaires de demandes d’asile. Sauf que certains accents et certains dialectes ne sont pas reconnus par l’algorithme. Les personnes se retrouvent donc coincĂ©es Ă  ne pas pouvoir effectuer leur demande, tout ça parce que l’algorithme a Ă©tĂ© conçu ainsi.

 

Ana nous a aussi parlĂ© d’utilisations de la pseudo-IA qu’elle estime positives. Notamment Ă  travers un projet d’analyse des flux migratoires pour essayer d’anticiper oĂč il pourrait y avoir un besoin d’apport humanitaire en nourritures ou mĂ©dicaments.

 

Nous vous invitons à lire sa présentation qui nous parut trÚs intéressante.

Coders Without Borders

Enfin, ce sont Coders Without Borders qui ont clÎturé les présentations avec leurs projets.

Ils et elles forment, avec l’aide de bĂ©nĂ©voles, des rĂ©fugié·es sur diffĂ©rentes techniques numĂ©riques afin de les aider Ă  trouver un emploi.

 

À la fin de leur prĂ©sentation, nous avons soulevĂ© la problĂ©matique suivante : « Est-ce que vous avez dĂ©jĂ  songĂ© et/ou entamĂ© une migration vers des outils autres que Google dans les travaux avec les rĂ©fugié·es ? Je comprends l’idĂ©e d’acculturer sur des outils que tout le monde utilise et que le but est de rĂ©duire la fracture entre les rĂ©fugié·es et la sociĂ©tĂ© dans laquelle ils et elles cherchent Ă  s’intĂ©grer, mais je trouve dangereux, dans un contexte politique fascisant, de mettre du Google dans la main de personnes pour qui ça pourrait tĂŽt ou tard nuire Ă  leur vie. Si un gouvernement fasciste arrive en place, il serait trĂšs facile de trouver et cibler les personnes rĂ©fugiĂ©es et leur nuire. Â»

 

Nous avons alors échangé autour de cette question et de ses enjeux. Nous conclûmes que nous devons travailler sur une grille de diagnostic permettant aux structures de se poser certaines questions associées à des éléments de réponses vis-à-vis de leurs pratiques numériques.

 

La journĂ©e terminĂ©e, nous sommes ensuite allĂ©â‹…es au Human Rights Film Festival pour y voir The Old Oak. Dans ce film, on suit un tenancier de bar qui aide une famille de rĂ©fugié·es tout juste arrivĂ©e en ville, malgrĂ© les discours racistes de ses plus fidĂšles clients : les piliers de comptoir.

Des difficultés à payer dans les restos de Zagreb

Lors de nos rencontres ECHO Network, nous ne faisons pas que travailler : nous mangeons Ă©galement. Cela nous a valu une petite anecdote que nous glissons ici.

 

Ce mĂȘme soir, aprĂšs le film, dans un restaurant, il nous a Ă©tĂ© Ă©normĂ©ment compliquĂ© de payer « normalement Â». En effet, les serveurs ne voulaient nous accepter dans le restaurant qu’à condition que nous ne payions pas sĂ©parĂ©ment ! C’est en effet culturel Ă  Zagreb : on ne paye pas sĂ©parĂ©ment, mĂȘme s’il y a des factures Ă  faire. Et quand nous avons souhaitĂ© payer « par organisation Â», mĂȘme refus de la part des serveurs.

 

Il nous a fallu finalement trouver un compromis en payant par pays, mais Ă  condition qu’on s’asseye Ă  nos tables en fonction de nos pays ! La scĂšne nous a paru particuliĂšrement surrĂ©aliste.

 

Un peu de paix (dans le monde et pour notre séjour)

Nous changeĂąmes de lieu pour la derniĂšre journĂ©e. Nous nous sommes retrouvĂ©s au Community Center, dans une piĂšce avec quelques petits poufs. C’était trĂšs chouette de passer la matinĂ©e allongé·es au sol !

 

Nous y avons rencontré Paul, un sociologue et activiste anti-raciste. Il se considÚre comme un objet historique et est un conteur hors pair. Il nous conta comment Zagreb était à la pointe des communications numériques dans les années 90.

Il nous parla aussi du réseau ZaMir (un réseau pour les communications autour de la paix), qui était utilisé par des activistes pro-paix un peu partout dans le monde.

Écouter Paul nous fit vraiment du bien, merci Ă  ses talents d’orateur. AprĂšs deux jours oĂč nous Ă©tions sur des prĂ©sentations trĂšs chargĂ©es d’informations — mais passionnantes, hein ! — celle de Paul Ă©tait reposante Ă  Ă©couter. Cela donnait moins cette sensation d’ĂȘtre Ă  l’école et Ă  devoir rester concentrĂ© pour ne pas manquer une des nombreuses informations du cours.

Activisme et cybersurveillance

AprĂšs Paul, nous avons rencontrĂ© Tomislak Medak, qui nous a parlĂ© de ses travaux autour de la librairie en ligne Memory of the World, mais aussi du projet Syllabus. Il s’agit d’un travail de recherche sur l’activisme en Europe qui tient compte du « care Â» et de la piraterie. Les yeux de Yann pĂ©tillaient lorsqu’il buvait les mots de Tomislak.

 

Nous avons mangĂ© en petit groupe entre midi et deux puis nous nous sommes retrouvé·es pour la derniĂšre aprĂšs-midi, animĂ©e par les CÉMÉA France autour d’un atelier autour de la cybersurveillance.

 

Individuellement, nous devions rĂ©pondre Ă  la consigne suivante : « Selon vos connaissances et vos expĂ©riences, illustrez la cybersurveillance par le dessin ou l’écriture Â». AprĂšs quoi nous avons fait des petits groupes avec lesquels nous avons Ă©changĂ© sur nos dessins respectifs, puis nous avons illustrĂ© notre dĂ©finition commune. Ensuite, nous avons reproduit l’exercice en plus grands groupes. Enfin, nous devions partager nos idĂ©es en plĂ©niĂšre.

 

Dans tout ça, l’idĂ©e du panoptique est revenu plusieurs fois. Nous avons aussi abordĂ© le capitalisme de surveillance, le contrĂŽle politique et policier, le fait que la surveillance pouvait aider Ă  rĂ©guler des discours de haine en ligne. Nous avons aussi parlĂ© de modĂ©ration sur internet et des inĂ©galitĂ©s entre les invidividu·es dans leur connaissance de leurs droits dans l’espace numĂ©rique.

 

Cette session se conclut par un Ă©change sur les alternatives Ă  la cybersurveillance. Outre le fait de brĂ»ler le capitalisme qui est bien Ă©videmment apparu — nous ne balancerons aucun nom —, des outils techniques ont Ă©tĂ© citĂ©s, tout comme la question de la rĂ©gulation, de la dĂ©croissance (se dĂ©sengager du numĂ©rique) et de l’éducation.

Le retour, en passant par le musée des relations amoureuses brisées

C’est sur cette derniĂšre activitĂ© que nous terminions le sĂ©minaire en remerciant nos hĂŽtes et en partageant nos retours. Nous avons trouvĂ© les sujets et les structures rencontrĂ©es absolument passionnantes, mais la forme rendait le tout difficile Ă  digĂ©rer. Bouteille en particulier a trouvĂ© qu’il y avait Ă©normĂ©ment d’informations, sur une forme trĂšs verticale Ă  laquelle il n’est plus habituĂ©, ce qui a rendu la rencontre intense et fatigante pour lui.

 

 

Nous nous sommes finalement dit au revoir dans la nuit, aprĂšs avoir fait la fermeture d’un bar apprĂ©ciĂ© par nos hĂŽtes croates.

 

Alors que les autres rentraient le lendemain, Booteille devant attendre son bus de 18h, s’est retrouvĂ© Ă  visiter le musĂ©e des relations brisĂ©es avec Gabriela et Alexandra de Solidar.

Le musĂ©e est plein d’objets liĂ©s Ă  des relations amoureuses brisĂ©es avec les petites histoires qui vont Ă  cĂŽtĂ©. On passe par beaucoup d’émotions Ă  travers cette petite exposition.

Au dĂ©but, on lit des trucs un peu Ă  la lĂ©gĂšre en rigolant, puis on lit telle histoire liĂ©e Ă  la guerre, ou celle-ci liĂ©e Ă  pas de chance, on s’amuse de cette relation brisĂ©e avec cette amoureuse de pizza qui malheureusement est dĂ©sormais allergique au gluten. Puis on ouvre le livre d’or (immense), et lĂ , franchement, on rit beaucoup en lisant la violence de certains messages. Le livre d’or a visiblement servi d’exutoire Ă  beaucoup de personnes !

 

 

 

Rome, septembre 2023 : journal de bord de la troisiĂšme visite d’études d’ECHO Network

Pour rappel, les participant⋅es Ă  l’échange europĂ©en ECHO Network font partie de 7 organisations diffĂ©rentes dans 5 pays d’Europe : CemĂ©a France, CemĂ©a Federzione Italia, CemĂ©a Belgique, Willi Eichler Academy (Allemagne), Solidar Foundation (rĂ©seau europĂ©en), Centar Za Mirovne Studije (Croatie), Framasoft (France).

Compte-rendu de la semaine Ă  Rome.


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C’est la troisiĂšme visite d’étude dans le cadre du programme ECHO Network, cette visite nous mĂšne Ă  Rome, la ville musĂ©e. Enfin nous : seulement Numahell, puisque le COVID en a dĂ©cidĂ© autrement pour les trois autres qui avaient prĂ©vu de venir


AprĂšs un petit pĂ©riple par bus puis train depuis Lyon, j’arrive dans l’aprĂšs-midi Ă  la gare Termini Ă  Rome. Avec les membres des CEMÉA France, nous rejoignons deux membres de Solidar pour manger ensemble. Des questions sur l’educ’pop nous traversent dĂšs le premier soir pendant le repas : quelle est la diffĂ©rence entre Ă©ducation populaire et Ă©ducation active ? Et l’éducation active, il se passe quoi si tu n’as aucune curiositĂ© ? Bref, des discussions trĂšs riches.

Gare de Termini (CAPTAIN RAJU - CC BY-SA - Wikimedia)

Gare de Termini (CAPTAIN RAJU – cc-by-sa – Wikimedia)

Les deux premiĂšres journĂ©es se dĂ©roulent dans la « Casa del municipio Â» Ă  Rome. Ces maisons municipales permettent aux associations de la ville de s’y retrouver, de faire des activitĂ©s, de rĂ©server gratuitement des salles. Un peu comme certaines maisons de quartier en France, ou les maisons des associations dans les grandes villes (sauf que dans la plupart des grandes villes c’est payant, par exemple Ă  Toulouse c’est 60€ l’annĂ©e).

Nous commençons par des exercices de brise-glace pour apprendre Ă  se connaĂźtre : Ă©peler le prĂ©nom de chacun-e en mimant les voyelles de son prĂ©nom, communiquer pour se positionner dans l’ordre alphabĂ©tique, et enfin se classer par rapport Ă  lĂ  d’oĂč nous venons, du plus loin au plus proche. AnimĂ©s par Christina des CEMÉA Mezzo Giorno, ces brises glaces seront notre rituel de dĂ©but de journĂ©e.

Jour 1 : formation Ă  distance, projection sur ECHO Network, visite de squat

Formation Ă  distance, en prĂ©sence : retours d’expĂ©rience et dĂ©but de stratĂ©gies

La premiĂšre matinĂ©e est consacrĂ©e Ă  des retours d’expĂ©rience de trois organisations sur la formation Ă  distance. Si vous vous souvenez, il y a Ă  peu prĂšs 3-4 ans il y a eu un confinement ou deux
 nous obligeant Ă  modifier nos pratiques en terme de formation.

L’Acque Correnti (traduction : « les courants d’eau Â») doit former les bĂ©nĂ©voles de l’équivalent italien du service civique, environ 15000 personnes par an. L’état italien fixe des rĂšgles strictes sur la formation des services civiques, il y a trois volets.
Soudain, le Covid et paf : la question de la formation Ă  distance se pose. Massimiliano raconte comment ils ont utilisĂ© les fonctionnalitĂ©s de sous-salles de Zoom (nous connaissons l’alternative libre BigBlueButton qui offre Ă©galement cette fonctionnalitĂ©).

FondĂ© en 1951 par des Ă©ducateur⋅ices et des enseignants, le Movimiento di cooperazione Educativo prĂŽne les mĂ©thodes de pĂ©dagogie active. Il fait partie de la FIMEM, organisation internationale autour de la pĂ©dagogie Freinet, crĂ©Ă©e dans les annĂ©es 50.
ConstituĂ© de groupes territoriaux, ils assurent des activitĂ©s de formation chaque annĂ©e, et animent Ă©galement un groupe de recherche au niveau national, sur les disciplines dont ils s’occupent.
Pour le public enfants, cela va de la maternelle au secondaire. Les formations sont assurées majoritairement à distance, et ce avant le COVID.
Donatella prĂ©sente l’expĂ©rience accumulĂ©e, et notamment le site senzascuola.wordpress.com.

Les CEMÉA Federazione Italiana comme son nom l’indique fĂ©dĂšre les CEMÉA d’Italie. Les formations assurĂ©es par la fĂ©dĂ©ration ce sont dix stages par an, environ neuf jours par stage. Au dĂ©but, de nombreux formateur⋅ices refusaient d’enseigner Ă  distance : il est important de reconnaĂźtre les limites de l’enseignement Ă  distance. Luciano explique qu’il faut « curbare la technologia Â» (courber, tordre la technologie) Ă  nos pratiques, et non l’inverse. La question est de savoir comment utiliser nos mĂ©thodes de pĂ©dagogie actives Ă  distance. Il revient sur onze problĂ©matiques de la formation Ă  distance, dont certaines sont similaires en ligne ou sur site, telle que la gestion du temps et de l’espace, ou l’alternance des types d’apprentissage.

Le temps de questions / rĂ©ponses a permis de dĂ©gager quelques points intĂ©ressants. L’un de nos hĂŽtes, Claudio, indique qu’il faut plus craindre la dĂ©shumanisation que les technologies elles-mĂȘmes. De plus, les projections virtuelles nous restreignent l’utilisation de notre langage corporel, de par la vision du corps Ă  travers l’espace 2D des Ă©crans. Il est donc important de se rĂ©approprier les corps et les espaces en 3D, par exemple par des pauses loin de nos ordinateurs.
Les questions d’accessibilitĂ©  contribuent Ă©galement Ă  la marginalisation de certain·es participant·es, notamment la question de la barriĂšre de la langue.

Nous nous accordons Ă  dire qu’il ne faut pas abandonner la formation en ligne aux marchĂ©s privĂ©s : ces organisations ne font pas forcĂ©ment de pĂ©dagogie active et ont un but plus lucratif qu’émancipateur. Malheureusement, ce sont ces organisations que les institutions financent, l' Â»ed tech Â» (education technologies), plutĂŽt que les collectifs d’éducation populaire, Ă  visĂ©e plus Ă©thique.

L’ESS, l’enseignement au numĂ©rique en Italie

L’aprĂšs-midi, nous rĂ©flĂ©chissons collectivement Ă  la suite du projet Echo Network, en rĂ©pondant aux questions suivantes : ce que fait chacune de nos structures, ce qui nous intĂ©resse toustes et enfin les perspectives futures du projet.

Tableau avec des post-it attachés dessus.

Nous nous sommes rĂ©parti·es ensuite en petits groupes pour une discussion plus informelle. Dans mon groupe, nous avons comparĂ© les pratiques entre l’Italie, la France et Belgique sur l’ESS (Économie Sociale et Solidaire) puis sur la place de l’enseignement du numĂ©rique Ă  l’école.

Christina des CEMÉA Mezzo Giorno expose la situation en Italie, oĂč des rĂ©formes rĂ©centes ont reconfigurĂ© le paysage de l’ESS (Économie Sociale et Solidaire).
En Italie, trois statuts d’organisations sont inclus dans l’ESS :

  • l’Odivu qui est un type d’organisation de volontariat
  • les APIES : des associations Ă  visĂ©es sociales, Ă  but non lucratif et ayant moins de 50 % de salariĂ©s
  • les « impresa sociale Â», un nouveau type d’entreprise avec des composantes sociales, actuellement en expĂ©rimentation

Les frontiĂšres sont floues entre ces types d’organisation. Le dĂ©bat actuel en Italie porte sur la limite public / privĂ© et le contrĂŽle de l’éthique : la troisiĂšme catĂ©gorie amĂšne un assouplissement des rĂšgles pour dĂ©terminer si une organisation relĂšve de l’économie sociale ou non. Un peu comme on peut le voir en France avec la RSE (ResponsabilitĂ© SociĂ©tale des Entreprises), il existe un risque important de social-washing.

Nous apprenons qu’en Italie, les directeurices d’établissement ont beaucoup plus de pouvoir qu’en France et qu’un cloisonnement existe entre Ă©coles et associations, y compris au niveau des enseignants. Cela empĂȘche les associations d’intervenir dans les Ă©coles et d’y amener des mĂ©thodes actives et des thĂ©matiques comme la sensibilisation aux enjeux du numĂ©rique.
En Belgique, c’est paradoxalement dans les Ă©coles « libres Â» (privĂ©es) qu’il y a de plus en plus d’expĂ©rimentations de la pĂ©dagogie active. Il y a donc de quoi creuser sur le contexte socio-structurel de chaque pays sur ces sujets.

Ensuite, sur la thĂ©matique du numĂ©rique, j’ai parlĂ© pour le cas français du langage de programmation Scratch qui est utilisĂ© en cours de techno au collĂšge et des Sciences NumĂ©riques et Techniques en seconde. J’aurais aussi pu parler de la plateforme PIX, qui est utilisĂ©e pour la validation des acquis.

Sur le sujet du matĂ©riel, j’explique qu’en France bien souvent celui-ci devient vite obsolĂšte et est mal maintenu. Il dĂ©pend des mairies, dĂ©partements ou rĂ©gions selon la nature de l’établissement.
En Italie, l’État investit beaucoup avec l’argent de l’EU, des TNI (Tableaux NumĂ©riques Interactifs) Ă©quipent quasiment chaque classe, mais les enseignants ne sont pas formĂ©s et n’en connaissent pas le dixiĂšme des possibilitĂ©s.

Selon des recherches rĂ©centes, environ 75 % des enseignants utilisent des mĂ©thodes de pĂ©dagogie frontales en Italie : je me demande combien en France.

Enfin, nous parlons un peu de la question de l’utilisation du jeu ou du jeu vidĂ©o en classe, et j’en profite pour mentionner aux copain·es le projet Minetest (un Ă©quivalent libre Ă  Minecraft).

 

Tout un immeuble en autogestion, un commun dans la ville

Nous visitons en fin d’aprĂšs-midi un lieu d’occupation emblĂ©matique Ă  Rome, Spin Time Labs, qui accueille Ă  la fois des rĂ©fugiĂ©â‹…es, des SDF, des Ă©tudiant⋅es grĂ©vistes contre la hausse des loyers. Le bĂątiment dispose d’un auditorium, d’une salle de concert, d’un studio de radio. De nombreuses activitĂ©s culturelles et artisanales s’y dĂ©roulent, nous dĂ©couvrons en particulier un journal papier Ă©ditĂ© par un collectif composĂ© exclusivement de jeunes de moins de 25 ans, Scomodo.

Photo d'une plaque oĂč il est Ă©crit Open Borders Photo de nombreuses couvertures d'un journal accrochĂ©es au mur Photo de couvertures d'un journal accrochĂ©es au mur et une affiche le pagine da scrivere sevono ancora

 

Cet endroit est gĂ©rĂ© par ses habitant⋅es et contributeurices, il n’y a pas de loyer mais les personnes qui bĂ©nĂ©ficient du lieu peuvent proposer en Ă©change leur temps, faire des dons financiers ou proposer leur aide sur des chantiers de rĂ©fection.

Environ 150 familles sont logĂ©es dans cet immeuble occupĂ©, oĂč mĂȘme la mairie de Rome, pourtant peu orientĂ©e Ă  gauche, tolĂšre ce squat pour les services qui y sont rendus, et mĂȘme les travailleurs sociaux de la mairie renvoient des personnes vers ce lieu pour y trouver de l’aide et des ressources.

AprĂšs cette visite, nous nous sommes retrouvé·es pour discuter dans une rue animĂ©e du quartier Pigneto, oĂč les riverain·es sont particuliĂšrement investi·es dans la vie du quartier.

Jour 2 : IA, ateliers

Le lendemain 27 septembre, Claudio nous reçoit pour nous prĂ©senter le CSV (Centro di servicio volontario) Lazzio. Le lieu est un peu sa maison, on l’y sent comme un poisson dans l’eau.

Christina anime un jeu pour se dĂ©gourdir : chacun choisit un geste qui lui correspond et l’a dĂ©signĂ© tout le long du jeu, ce qui nous a obligĂ©es Ă  avoir une attention visuelle durant ce moment. Ce type d’exercice d’éducation populaire a pour but d’amĂ©liorer la cohĂ©sion du groupe, et ça fonctionne !

PrĂ©sentation sur l’IA

Ensuite, nous assistons Ă  la prĂ©sentation de Marika Mashitti, doctorante Ă  l’UniversitĂ© Roma tre au dĂ©partement des sciences de l’éducation.

Elle commence par des dĂ©finitions (ce qu’est une IA, les diffĂ©rents types de systĂšmes) et rappelle que l’IA est surtout une discipline scientifique. Puis elle enchaĂźne sur un petit historique, qui montre la rapiditĂ© des derniĂšres avancĂ©es, notamment depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie, comme si c’était devenu une urgence de dĂ©velopper ce domaine.

Pour elle, c’est une question de pouvoir. En effet, qui est impliquĂ© dans les recherches sur les IA ? Des personnalitĂ©s comme Elon Musk et des gĂ©ants du web tels que Alphabet, Meta, Microsoft, etc.

Elle donne quelques exemples de biais dus aux IA : des discriminations dans la reconnaissance des visages (seulement 52 % de succĂšs dans la reconnaissance de visages de femmes noires), des publicitĂ©s ciblĂ©es pour des opportunitĂ©s de jobs, le profiling.

Extrait d'une diapositive de la prĂ©sentation, parlant de « l'algocratie Â».

Le mot « Algocracy Â» (« le pouvoir par les algorithmes Â», forgĂ© par Danaher, 2018), est lĂąchĂ©. Elle insiste sur le fait que la technologie n’est jamais neutre. Elle aborde le point de singularitĂ©, en reprenant la proposition de Frederico Cabitza, Professeur Ă  l’UniversitĂ© de Milan. Il dĂ©finit la singularitĂ© comme le moment oĂč l’humain choisit de laisser quasi-intĂ©gralement le contrĂŽle Ă  la machine plutĂŽt que sa dĂ©finition classique, Ă  savoir le moment oĂč celle-ci devient indistinguable d’un humain.

Les membres de l’assemblĂ©e ont bien apprĂ©ciĂ© sa prĂ©sentation, aussi bien son contenu que l’énergie qui l’anime et posent de nombreuses questions.

 

Les enjeux du numérique en atelier

Nous commençons l’aprĂšs-midi avec un jeu que j’ai proposĂ©, et que j’avais dĂ©jĂ  expĂ©rimentĂ© au Camp Climat 2022. il s’agit de se positionner sur deux axes pour une question donnĂ©e : un axe selon son niveau de confiance (en anglais : confidence) et l’autre son niveau d’aisance (en anglais : confortable), en se sĂ©parant en trois groupes. Christina, Morgane et Claudio ont prĂ©parĂ© une liste de 4 problĂ©matiques :

  • la formation en ligne
  • les IA
  • les rĂšglementations politiques au sujet du numĂ©rique
  • le pouvoir d’agir

Des discussions intĂ©ressantes ont eu lieu, chaque personne devant expliciter son choix de positionnement. Cet exercice a permis aux personnes qui avaient peu pris la parole de s’exprimer, les petits groupes facilitant l’écoute. J’y apprends que deux personnes du groupe utilisent rĂ©guliĂšrement des IA gĂ©nĂ©ratives pour leurs travail quotidien dans la communication, et que la confĂ©rence de ce matin leur a fait prendre conscience des enjeux.

Ensuite nous reprenons les discussions, soit autour du travail fait la veille, soit sur les Ă©crits dĂ©marrĂ©s le matin, pour en faire un rĂ©sumĂ© sur une feuille A2 : mon groupe a reprĂ©sentĂ© tout cela en un nuage de mots.

Jour 3 : ateliers, « Zazie Nel Metro Â», rĂ©trospective de la semaine

Ateliers numériques en impro

Le jeudi, nous nous retrouvons dans le mĂȘme lieu pour deux ateliers sur le numĂ©rique, imaginĂ©s la veille suite Ă  la rĂ©organisation d’une partie du programme, du fait de l’absence d’un de nos camarades covidĂ©s.
Nous avons animé ces deux ateliers en parallÚle deux fois, pour que chaque groupe en bénéficie.

  • atelier mobile : les paramĂštres pour amĂ©liorer sa vie privĂ©e, et quelques applications libres intĂ©ressantes. AnimĂ© par Domenico et moi-mĂȘme.
  • atelier desktop / internet : des logiciels et des applications libres pour s’organiser, notamment Zourit. AnimĂ© par Lucas des CEMÉA Belgique et Olivier des CEMÉA France
Photo d'une affiche listant des logiciels libres pour s'organiser Photo d'une affiche listant des paramÚtres améliorant la vie privée sur Android

 

 

J’ai Ă©tĂ© Ă©tonnĂ©e car nous n’étions que peu nombreux⋅ses Ă  connaitre ces outils et astuces. Les participant⋅es ont vraiment apprĂ©ciĂ© de les dĂ©couvrir. Je trouve ce format d’atelier pratique pour mettre le pied Ă  l’étrier et permettre d’éviter les listes Ă  la PrĂ©vert, qui noient parfois l’auditoire.

Visite de « Zazie Nel Metro Â»

Zazie Nel Metro est un bar associatif et sa librairie associĂ©e, gĂ©rĂ©s par un collectif de personnes trĂšs chouettes, qui organisent divers Ă©vĂšnements artistiques et citoyens. Iels organisaient 3 jours aprĂšs un festival nommĂ© « Zazie la bona vita Â», alliant discussions militantes / politiques et concerts.

Photo d'une affiche du festival, avec le slogan « Zazie Fest Bona Vita Â»

Notre hĂŽte nous prĂ©sente une sĂ©lections de livres d’auteurices anarchistes ou engagĂ©s Ă  gauche, notamment « Cimento, arme di construzionna di massa Â», de Anselm Jappe, ou encore un livre de Ivan Illich que nous apprĂ©cions chez Framasoft. Cela fait Ă©cho Ă©trangement Ă  de trop nombreux projets de constructions inutiles, imposĂ©s et Ă©cocides


Photos de différents livres posés sur une table

J’y retournerai si je reviens un jour Ă  Rome (e perchĂš no :))

Retour sur les 3 jours

Nous nous retrouvons dans l’aprĂšs-midi au local des CEMÉA Mezzo Giorno (ce qui signifie « Milieu de jour Â» mais aussi « centre de l’Italie Â»).

Morgane anime le moment qui suit en demandant Ă  chacun·e de noter sur des post-it trois choses de notre sĂ©jour, que l’on classe sur trois affiches illustrĂ©es :

  • ce qu’il faut conserver (dans un frigo)
  • ce Ă  quoi je vais repenser dans les prochaines semaines (🧠)
  • ce qu’il faut jeter (une poubelle trĂšs bien dessinĂ©e)

Photo d'une assemblée de personnes assises en cercle avec 3 feuilles de papier au centre, et des morceaux de papiers posés sur ces 3 feuilles.

Invitation Ă  la fĂȘte de l’école

Pour finir ce dernier jour, certains d’entre nous assistent Ă  la fĂȘte de l’école dans laquelle interviennent nos hĂŽtes des CEMÉA Mezzo Giorno, Christina et Domenico. Cette Ă©cole se situe dans un quartier populaire mixte socialement ; elle est intĂ©ressante car les CEMÉA Mezzo Giorno ont initiĂ© depuis plus d’une dizaine d’annĂ©es une multitude de projets (activitĂ©s en commun, ateliers musique, 
) ayant notamment pour objectif de faire en sorte que la population des migrants soit mieux acceptĂ©e : et ça fonctionne.

J’avoue que j’ai un petit moment de nostalgie, tant cette ambiance de fĂȘte d’école m’en rappelle d’autres. Et il est temps de prendre congĂ©, je visiterai Rome le lendemain et continuerai mon voyage de retour en France tranquillement en train, ayant le privilĂšge d’avoir du temps devant moi cette fois lĂ .

 

 

Rome, September 2023 : logbook of the third ECHO Network study visit

As a reminder, the participants in the European ECHO Network exchange belong to 7 different organisations in 5 European countries : CemĂ©a France, CemĂ©a Federzione Italia, CemĂ©a Belgique, Willi Eichler Academy (Germany), Solidar Foundation (European network), Centar Za Mirovne Studije (Croatia), Framasoft (France).

Report on the week in Rome.

Click here to read the article in French.

This is the third study visit as part of the ECHO Network program, this visit takes us to Rome, the museum city. Well, us : only Numahell, since COVID decided otherwise for the other three who had planned to come


After a short trip by bus then train from Lyon, I arrive in the afternoon at Termini station in Rome. With the members of CEMÉA France, we join two members of Solidar to eat together. Questions about popular education cross our minds from the first evening during the meal : what is the difference between popular education and active education ? And active education, what happens if you have no curiosity ? In short, very rich discussions.

File:Rome Termini in 2018.06.jpg

Termini Station (CAPTAIN RAJU – CC BY-SA – Wikimedia)

The first two days take place in the « Casa del municipio Â» in Rome. These municipal houses allow the city’s associations to meet there, do activities, and book rooms for free. A bit like some community centers in France, or the community centers in big cities (except that in most big cities it’s paid, for example in Toulouse it’s €60 a year).

We start with icebreaker exercises to get to know each other : spelling each person’s first name by miming the vowels of their first name, communicating to position ourselves in alphabetical order, and finally classifying ourselves according to where we come from, from the furthest to the closest. Led by Christina from CEMEA Mezzo Giorno, these icebreakers will be our ritual at the start of the day.

Day 1 : distance training, screening on ECHO Network, squat visit

Distance learning, face-to-face training : feedback and start of strategies

The first morning is dedicated to feedback from three organizations on distance learning. If you remember, about 3-4 years ago there was a lockdown or two
 forcing us to change our training practices.

The Acque Correnti (translation : « the water currents Â») must train volunteers for the Italian equivalent of civic service, about 15,000 people per year. The Italian state sets strict rules on civic service training, there are three components.

Suddenly, Covid and bam : the question of distance learning arises. Massimiliano tells how they used Zoom’s breakout room features (we know the free alternative BigBlueButton which also offers this feature).

Founded in 1951 by educators and teachers, the Movimiento di cooperazione Educativo advocates active pedagogy methods. It is part of the FIMEM, an international organization around Freinet pedagogy, created in the 1950s.
Made up of territorial groups, they provide training activities each year, and also lead a research group at the national level, on the disciplines they deal with.
For children, this ranges from kindergarten to secondary school. The training is mainly provided remotely, and this before COVID.
Donatella presents the experience accumulated, and in particular the site senzascuola.wordpress.com.

The CEMEA Federazione Italiana as its name suggests federates the CEMEA of Italy. The training provided by the federation consists of ten courses per year, approximately nine days per course. At the beginning, many trainers refused to teach remotely : it is important to recognize the limits of distance learning. Luciano explains that we must « curbare la technologia Â» (bend, twist the technology) to our practices, and not the other way around. The question is how to use our active teaching methods remotely. He returns to eleven issues of distance learning, some of which are similar online or on site, such as time and space management, or alternating types of learning.

The question/answer time allowed us to identify some interesting points. One of our hosts, Claudio, says that we should fear dehumanization more than the technologies themselves. In addition, virtual projections restrict our use of body language, by seeing the body through the 2D space of screens. It is therefore important to re-appropriate bodies and spaces in 3D, for example by taking breaks away from our computers.
Accessibility issues also contribute to the marginalization of some participants, particularly the issue of the language barrier.

We agree that we should not abandon online training to private markets : these organizations do not necessarily do active pedagogy and have a more lucrative than emancipatory goal. Unfortunately, these are the organizations that institutions finance, « ed tech Â» (education technologies), rather than popular education collectives, which have a more ethical aim.

ESS, digital education in Italy

In the afternoon, we collectively reflect on the continuation of the ECHO Network project, answering the following questions : what each of our structures does, what interests us all and finally the future prospects of the project.


We then split into small groups for a more informal discussion. In my group, we compared practices between Italy, France and Belgium on the ESS (Social and Solidarity Economy) and then on the place of digital teaching in schools.

Christina from CEMEA Mezzo Giorno explains the situation in Italy, where recent reforms have reconfigured the landscape of the ESS (Social and Solidarity Economy).
In Italy, three organizational statuses are included in the ESS :

  • Odivu which is a type of volunteer organization
  • APIES : associations with social aims, non-profit and with less than 50 % employees
  • the « impresa sociale Â», a new type of company with social components, currently being tested

The boundaries are blurred between these types of organization. The current debate in Italy concerns the public/private boundary and the control of ethics : the third category brings a relaxation of the rules to determine whether an organization falls under the social economy or not. A bit like we can see in France with CSR (Corporate Social Responsibility), there is a significant risk of social-washing.

We learn that in Italy, school principals have much more power than in France and that there is a compartmentalization between schools and associations, including at the teacher level. This prevents associations from intervening in schools and bringing active methods and themes such as awareness of digital issues.
In Belgium, it is paradoxically in « free Â» (private) schools that there are more and more experiments in active pedagogy. There is therefore something to dig into the socio-structural context of each country on these subjects.

Then, on the subject of digital technology, I spoke for the French case of the Scratch programming language which is used in technology in middle school and of Digital and Technical Sciences in the second year. I could also have spoken about the PIX platform, which is used for the validation of acquired skills.

On the subject of equipment, I explain that in France it often quickly becomes obsolete and is poorly maintained. It depends on the town halls, departments or regions depending on the nature of the establishment.

In Italy, the State invests a lot with EU money, IWBs (Interactive Digital Boards) equip almost every class, but teachers are not trained and do not know a tenth of the possibilities.

According to recent research, about 75 % of teachers use frontal teaching methods in Italy : I wonder how many in France.

Finally, we talk a little about the question of using games or video games in class, and I take the opportunity to mention to my friends the Minetest project (a free equivalent to Minecraft).

An entire building under self-management, a common in the city

In the late afternoon, we visit an emblematic occupation site in Rome, Spin Time Labs, which welcomes refugees, homeless people, and students striking against rising rents. The building has an auditorium, a concert hall, and a radio studio. Many cultural and craft activities take place there, and we discover in particular a paper newspaper published by a collective composed exclusively of young people under 25, Scomodo.

Photo d'une plaque oĂč il est Ă©crit Open Borders Photo de nombreuses couvertures d'un journal accrochĂ©es au mur Photo de couvertures d'un journal accrochĂ©es au mur et une affiche le pagine da scrivere sevono ancora

This place is managed by its residents and contributors, there is no rent but people who benefit from the place can offer their time in exchange, make financial donations or offer their help on renovation projects.

About 150 families are housed in this occupied building, where even the Rome City Hall, which is not very left-leaning, tolerates this squat for the services provided there, and even the social workers of the city hall refer people to this place to find help and resources.

After this visit, we met up to chat on a lively street in the Pigneto district, where local residents are particularly involved in the life of the neighborhood.

Day 2 : AI, workshops

The next day, September 27, Claudio receives us to introduce us to the CSV (Centro di servicio volontario) Lazzio. The place is a bit like his home, we’re in our element.

Christina leads a game to stretch : everyone chooses a gesture that corresponds to them and has designated it throughout the game, which forced us to have visual attention during this moment. This type of popular education exercise aims to improve group cohesion, and it works !

Presentation on AI

Then we attend the presentation by Marika Mashitti, a doctoral student at the University of Roma tre in the Department of Educational Sciences.

She begins with definitions (what AI is, the different types of systems) and recalls that AI is above all a scientific discipline. Then she goes on to give a brief history, which shows the speed of the latest advances, especially since the start of the pandemic, as if it had become urgent to develop this field.

For her, it is a question of power. Indeed, who is involved in AI research ? Personalities like Elon Musk and web giants such as Alphabet, Meta, Microsoft, etc.

She gives some examples of biases due to AI : discrimination in facial recognition (only 52 % success in recognizing faces of black women), targeted advertising for job opportunities, profiling.

Excerpt from a slide from the presentation, talking about “algocracy”.

The word “Algocracy” (“power through algorithms”, coined by Danaher, 2018), is dropped. She insists on the fact that technology is never neutral. She addresses the point of singularity, taking up the proposal of Frederico Cabitza, Professor at the University of Milan. He defines singularity as the moment when humans choose to leave almost complete control to the machine rather than its classic definition, namely the moment when the latter becomes indistinguishable from a human.

The members of the assembly appreciated her presentation, both its content and the energy that drives it and asked many questions.

Workshop on digital issues

We start the afternoon with a game that I proposed, and that I had already tried at the Climate Camp 2022. It involves positioning yourself on two axes for a given question : one axis according to your level of confidence and the other your level of comfort, by splitting into three groups. Christina, Morgane and Claudio prepared a list of 4 issues :

  • online training
  • AI
  • political regulations on digital technology
  • the power to act

Interesting discussions took place, with each person having to explain their choice of position. This exercise allowed people who had spoken little to express themselves, the small groups making it easier to listen. I learn that two people in the group regularly use generative AI for their daily work in communication, and that this morning’s conference made them aware of the issues.

Then we resume the discussions, either around the work done the day before, or on the writings started in the morning, to summarize them on an A2 sheet : my group represented all this in a word cloud.

Day 3 : workshops, “Zazie Nel Metro”, retrospective of the week

Improv digital workshops

On Thursday, we meet in the same place for two workshops on digital technology, imagined the day before following the reorganization of part of the program, due to the absence of one of our covid comrades.
We ran these two workshops in parallel twice, so that each group could benefit from them.

  • mobile workshop : settings to improve your privacy, and some interesting free applications. Led by Domenico and myself.
  • desktop / internet workshop : free software and applications to organize yourself, including Zourit. Led by Lucas from CEMÉA Belgium and Olivier from CEMÉA France
Photo d'une affiche listant des logiciels libres pour s'organiser Photo d'une affiche listant des paramÚtres améliorant la vie privée sur Android

I was surprised because there were only a few of us who knew these tools and tips. The participants really enjoyed discovering them. I find this workshop format practical for getting started and avoiding Prévert-style lists, which sometimes drown the audience.

Visit to “Zazie Nel Metro”

Zazie Nel Metro is an associative bar and its associated bookstore, managed by a collective of very nice people, who organize various artistic and civic events. They organized 3 days later a festival called “Zazie la bona vita”, combining militant / political discussions and concerts.

Photo of a festival poster, with the slogan “Zazie Fest Bona Vita”

Our host presents us with a selection of books by anarchist or left-wing authors, including « Cimento, arme di construzionna di massa Â» by Anselm Japp, or a book by Ivan Illich that we appreciate at Framasoft. This strangely echoes too many useless, imposed and ecocidal construction projects


Photos of different books lying on a table

I will go back if I ever come back to Rome (e perchĂš no :))

Looking back on the 3 days

We meet in the afternoon at the CEMEA Mezzo Giorno premises (which means « Midday Â» but also « center of Italy Â»).

Morgane leads the next moment by asking everyone to write down on post-its three things from our stay, which we classify on three illustrated posters :

  • what to keep (in a fridge)
  • what I’m going to think about in the coming weeks (🧠)
  • what to throw away (a very well-drawn trash can)

Photo of a group of people sitting in a circle with 3 sheets of paper in the center, and pieces of paper placed on these 3 sheets.

School Party Invitation

To end this last day, some of us attend the school party in which our hosts from CEMEA Mezzo Giorno, Christina and Domenico intervene. This school is located in a socially mixed working-class neighborhood ; it is interesting because CEMEA Mezzo Giorno have initiated a multitude of projects for over ten years (joint activities, music workshops, etc.) with the aim of ensuring that the migrant population is better accepted : and it works.

I admit that I have a little moment of nostalgia, as this school party atmosphere reminds me of the one my children went to <3. And it is time to say goodbye, I will visit Rome the next day and continue my journey back to France quietly by train, having the privilege of having time in front of me this time.

L’amour en commun : essai subversif

À l’occasion de la parution de L’amour en commun, essai de la collection Des Livres en Communs (Framasoft), nous avons questionnĂ© les auteurices. Leur cheminement peut se mesurer Ă  l’aune du premier point d’étape que nous avions publiĂ© en avril 2023. Un impressionnant travail d’écriture et de questionnement !

Margaux, TimothĂ©, vous venez d’écrire un livre Ă  quatre mains dans la collection Des Livres en Commun. C’est le premier ouvrage de la collection subventionnĂ© sur notre modĂšle de mise en commun de la connaissance et pour lequel vous aviez proposĂ© un projet trĂšs motivant. AprĂšs presque deux ans d’efforts voici un travail remarquable et stimulant sur l’amour et comment le fait de penser nos relations sociales Ă  travers cette notion permet aussi de proposer une alternative au capitalisme et ses imaginaires. C’est une grosse dissert’ de philo ou c’est autre chose ?

Margaux — À vrai dire, j’ai du mal Ă  dĂ©finir ce que recouvre cet essai. C’est peut-ĂȘtre un OVNI, un ouvrage non-identifiĂ©, un projet tentaculaire qui partait d’un questionnement sur les limites des modĂšles relationnels dans lesquels nous Ă©voluions et qui est allĂ© vers quelque chose de plus grand.

En fait, une fois que nous avions posĂ© le constat que les modĂšles classiques de la famille et de l’amour Ă©taient Ă  rĂ©inventer, ce qui nous semblait Ă©vident, c’est comme si tout l’ouvrage restait encore Ă  Ă©crire. Qu’est-ce qui fait que le changement individuel ne marche pas ? Quelles structures sociales nous empĂȘchent de nous aimer mieux ? Comment faire autrement ? Dans les expĂ©rimentations qui ont tentĂ© de sortir du capitalisme, qu’est-ce qui peut nous inspirer et qu’est-ce qui a Ă©tĂ© mythifiĂ© et nous aveugle au contraire ? Nous avons avancĂ© dans le projet au fil de nos lectures, en changeant de direction, d’avis, de plan d’ouvrage. Donc je dirais que c’est un livre de cheminement de pensĂ©e, qui recouvre deux ans de formation politique Ă  grand coup de fiches de lectures, de rencontres et de discussions. Nous n’avons rien inventĂ©, nous avons collectĂ©, mis en lien, synthĂ©tisĂ© ce que nous amassions. Avec la spĂ©cificitĂ© de faire tout ça Ă  quatre mains, donc en se donnant une confiance et une libertĂ© totale, y compris celle de ne pas ĂȘtre forcĂ©ment d’accord au mot prĂšs avec ce qu’écrivait l’autre.

En bref, c’est un livre qui a suscitĂ© plus de questions que de rĂ©ponses. Il en reste encore plein !

TimothĂ© — Une « Grosse disser’t Â» de philo, c’est Ă  la fois un peu dur et un peu gentil. Personnellement je ne pense pas savoir Ă©crire une disser’t, alors je doute d’en avoir Ă©crit une Ă  l’insu de mon plein grĂ©. En plus notre sommaire n’est, je pense, pas adaptĂ© Ă  une dissert, il part dans trop de directions. Cet essai est plutĂŽt entre un panier en osier et un topo d’escalade. Dans le panier, les idĂ©es s’accrochent et se mĂȘlent pour donner un ensemble solide qui peut servir Ă  accueillir de nouvelles choses. Avec un topo d’escalade, les parties peuvent ĂȘtre prises individuellement pour partir affronter la face d’une montagne, mais collectivement ces parties dĂ©crivent l’ensemble de la montagne. En plus, comme ledit Margaux c’est tout Ă  fait un cheminement, et qui continue souvent Ă  cheminer dans ma tĂȘte, avec de nouvelles idĂ©es qui surgissent
 Mais bon, aujourd’hui nous avons dĂ©cidĂ© de ne plus rien rajouter pour pouvoir sortir le livre. Nous avons fait notre part et maintenant c’est aux lecteurices de prendre la suite si iels ont en envie. C’est un livre libre, alors servez-vous-en et enrichissez-le si le cƓur vous en dit.

De l’amour courtois mĂ©diĂ©val aux princes et les princesses des contes, de Marivaux Ă  Titanic, les reprĂ©sentations de l’amour sont surtout des Ă©mergences du romantisme et du couple sempiternellement revisitĂ©, et caricaturĂ©. Pourtant face Ă  la diversitĂ© des sentiments, on nous ressert bien souvent la mĂȘme soupe. Qu’est-ce que vous entendez par une idĂ©ologie de la domination ? et vous rĂ©pondez quoi ?

Margaux — Pour rĂ©pondre Ă  cette question, il faut dĂ©finir rapidement ce que j’entends quand je parle d’amour romantique dans cet essai. C’est un ensemble de normes, vĂ©hiculĂ© par la culture occidentale et façonnant des imaginaires largement partagĂ©s sur ce que l’amour (le vrai) devrait ĂȘtre.

D’une maniĂšre un peu ringarde en effet, c’est le·a princesse charmant·e, c’est l’idĂ©e d’un·e Ăąme sƓur complĂ©mentaire, d’un·e partenaire qui nous est prĂ©destiné·e, avec lequel nous pourrions fusionner dans une histoire d’amour sans fin. Mais c’est plus complexe que ça. Si nous sommes Ă  peu prĂšs tous·tes d’accord pour rejeter cette reprĂ©sentation, l’amour romantique n’a pas disparu pour autant de nos maniĂšres d’entrer en relation. Le problĂšme, c’est que l’amour romantique est une construction sociale indissociablement liĂ©e Ă  celle du couple hĂ©tĂ©rosexuel :c’est sa forme lĂ©gitime. Or le couple hĂ©tĂ©rosexuel, dans le mythe de la complĂ©mentaritĂ© entre ses partenaires, vient lui-mĂȘme renforcer l’idĂ©e que le sexe se confond avec l’identitĂ© de genre et un dĂ©sir pour le sexe opposĂ©.

Autrement dit, les discours qui me prĂ©existent, dont ceux sur l’amour romantique, m’amĂšnent Ă  penser que si j’ai une vulve, je suis une femme et je suis attirĂ©e par les hommes, et que si je souhaite avoir accĂšs au couple et Ă  la famille, il va falloir m’en contenter. L’idĂ©ologie de la domination, j’y viens, c’est donc le fait que sous le voile de l’amour romantique, on en vient Ă  justifier des violences patriarcales, des inĂ©galitĂ©s et l’exclusion de toutes les personnes qui ne se retrouvent pas dans les schĂ©mas hĂ©tĂ©rosexuels, monogames et genrĂ©s.

Ce que je rĂ©ponds Ă  l’idĂ©ologie de la domination
 c’est qu’on n’est pas sorti·es de l’auberge ! Je pense que sortir du patriarcat (ce qui me semble essentiel Ă  des relations amoureuses saines), c’est sortir du binarisme de genre. Ensuite, il faut penser la question du pouvoir. Je trouve que l’amour romantique vient souvent hanter nos tentatives de rĂ©invention du sentiment amoureux. Par exemple, que la non-exclusivitĂ© est une passade jusqu’à ce qu’une relation monogame se stabilise et Ă©vince les autres. Ou au contraire, que la coexistence de plusieurs relations, au nom de la rĂ©invention du modĂšle amoureux, va lĂ©gitimer une mise en compĂ©tition des partenaires et un fort individualisme affectif. La solution la plus convaincante que j’ai trouvĂ©e pour le moment, ce sont les rĂ©seaux affectifs de Brigitte Vasallo, et de se dĂ©centrer du rapport amoureux pour valoriser l’amitiĂ©. Mais lĂ , il va falloir lire le livre parce que je suis en train de le divulgĂącher :)

TimothĂ© — C’est Margaux qui a travaillĂ© sur cette partie, alors je n’ai pas grande chose Ă  ajouter.

Les pirates Ann Bonny et Mary Read (1724, B. Cole). Wikimedia. Domaine public.

Les pirates Ann Bonny et Mary Read (1724, B. Cole). Wikimedia. Domaine public.

Depuis les annĂ©es 1980, il y a une sociologie de la famille, une gĂ©ographie de la famille, on s’intĂ©resse au mariage, aux transmissions culturelles, l’apport structurel de la parentĂ© dans la sociĂ©tĂ©, la parentalitĂ©, la sexualitĂ©, etc
 mais cette notion dans l’histoire des sciences est assez instable et ne recouvre pas toujours les mĂȘmes choses. Vous parlez d’un imaginaire de la famille, qui serait mĂȘme « de droite Â», et vous pensez l’alternative de la parentĂšle : les pratiques sont-elles en train de changer ?

TimothĂ© ­— J’espĂšre ! ! !

Une statistique importante c’est qu’aujourd’hui presque la moitiĂ© des enfants vivent dans des familles recomposĂ©es. C’est une Ă©norme modification. AprĂšs, de lĂ  Ă  dire qu’elle est de droite ou de gauche


Dans sa partie sur les « couples Â» Margaux rapporte des interviews qu’elle a faites, ce qui appuie de façon directe son propos. De mon cĂŽtĂ© j’en ai fait 3. Une dans un habitat collectif dont les membres retapent collectivement un corps de ferme pour qu’à la fin chacun.e y ait son logement. Une d’un couple qui a une petite fille et qui vit avec un ou deux colocs suivant les moments. Et enfin une de deux ami.es qui, dans la mesure du possible, essayent de prioriser leur relation sur le travail. C’était mes premiĂšres interviews, et je n’ai pas rĂ©ussi Ă  en faire sortir des citations que je pouvais facilement incorporer au texte. Donc je ne l’ai pas fait. C’est 3 groupes qui sont dĂ©jĂ  une marque de changement et crĂ©ent des pratiques qui, si elles existaient avant, Ă©taient inconnues. Le fait que ces pratiques soient mises en lumiĂšre, notamment par notre travail, ne peut que participer au changement. NĂ©anmoins, mĂȘme ce genre de diffĂ©rence par rapport Ă  la norme est difficile aujourd’hui, car il n’existe pas de structure juridique qui les rend facilement accessibles.

Il y a des volontĂ©s de faire diffĂ©remment, mais si elles ne sont pas accompagnĂ©es par la lĂ©gislation, il faudra plus de temps pour qu’elles prennent en amplitude. L’absence de cadre lĂ©gal n’est pas un frein suffisant pour empĂȘcher les humain·es de faire famille comme iels l’entendent. Alors, au bout d’un moment, il faudra bien reconnaitre que ces nouvelles familles existent et faire avec.

Cob House. Maison en torchis, Zad de NDDL. Hambinfo. 2016.

Cob House. Maison en torchis, Zad de NDDL. Hambinfo. 2016. Wikimedia. CC-By-Sa.

Le systĂšme capitaliste nous impose ses modĂšles et ses imaginaires. Selon vous, en quoi les expĂ©riences concrĂštes de rĂ©sistances collectives, de prĂ©figuration, en particulier les ZAD et plus gĂ©nĂ©ralement des projets de vie en commun, permettent de penser diffĂ©remment notre rapport Ă  l’amour ?

Margaux — Pour expliquer comment nous sommes arrivé·es Ă  nous intĂ©resser Ă  la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes et Ă  la piraterie, je vais retracer rapidement notre chemin de pensĂ©e. Notre hypothĂšse de base Ă©tait que rĂ©inventer l’amour par le biais de nos relations individuelles en changeant simplement de contrat (non-exclusivitĂ©, polyamour, etc.) ne fonctionne pas, parce qu’il faut s’attaquer aux structures sociales qui le dĂ©finissent, donc in fine au capitalisme et au patriarcat.

À partir de lĂ , nous avons cherchĂ© du cĂŽtĂ© des expĂ©riences et des luttes qui tentaient de construire des « contre-mondes Â», c’est Ă  dire des bulles de rĂ©sistance au capitalisme et qui, par leur existence, affaiblissent le systĂšme social et tentent de prĂ©figurer une vie en dehors de lui. Nous supposions que, dans ces espaces, penser un rapport Ă  l’autre diffĂ©rent serait envisageable.

MAIS, et c’est un grand mais, la rĂ©alitĂ© de ces luttes est plus ambigĂŒe. Pour la piraterie comme pour la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, j’ai Ă©tĂ© marquĂ©e par l’importance du mythe, qui est constamment utilisĂ© pour les raconter. Pour les pirates par exemple, il existe une multitude d’interprĂ©tations contradictoires de ce phĂ©nomĂšne social. Si j’ai choisi la piraterie comme agent rĂ©volutionnaire, qui a permis pendant un temps Ă©phĂ©mĂšre de mettre en cause le dĂ©veloppement du commerce maritime international, je sais que cela n’embrasse pas tout ce que cela a pu ĂȘtre. Sur la question prĂ©cise du rapport Ă  l’autre, la mythification des pirates empĂȘche par exemple de penser la place des femmes au sein de ces contre-mondes, oĂč d’interroger le rĂŽle des pirates dans le commerce triangulaire qui a participĂ© Ă  la colonisation.

Pour la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, qui est devenue une rĂ©fĂ©rence de militantisme quasi-universelle (qu’elle soit plĂ©biscitĂ©e ou dĂ©criĂ©e), c’est pareil. C’est un trĂšs bon exemple des dangers de la mythification d’une lutte sociale. Parce que quand on parle de la ZAD, on parle de quoi ? De la victoire contre l’aĂ©roport ? De l’opĂ©ration CĂ©sar ? Du collectif qui est restĂ© habiter sur les terres en nĂ©gociant avec l’État ? De la volontĂ© de crĂ©er un nouveau rapport au vivant ? De ce que j’ai lu, il me semble que l’histoire de la ZAD est multiple, complexe, pas toujours reluisante, mais surtout que le rĂ©cit de ce qu’a Ă©tĂ© une lutte est souvent Ă©crit par les vainqueurs, aux dĂ©pens de celleux qui ont participĂ© Ă  une lutte et en ont Ă©tĂ© Ă©vincé·es. Donc de lĂ  Ă  en faire une terre magique oĂč l’on pourrait tous.tes s’aimer quel que soit notre genre, notre classe sociale ou notre couleur de peau
 pour moi on en est loin.

Et cela rejoint peut-ĂȘtre une idĂ©e importante Ă  mon sens :si sortir du capitalisme est indispensable pour mieux s’aimer, la lutte des classes seule n’entraĂźnera pas la fin du patriarcat. Il nous faut lutter pour nos conditions matĂ©rielles d’existence pour survivre, tout en pensant nos relations en dehors du prisme hĂ©tĂ©rosexuel, hiĂ©rarchique et inĂ©galitaire.

TimothĂ© — C’est dur d’essayer de s’astreindre Ă  l’objectivitĂ©. Il serait tellement plus simple de crĂ©er des mythes et de les encenser plutĂŽt que de les Ă©corner. D’une certaine façon cela nous rendrait plus forts, nous aurions un modĂšle, des plans et nous saurions oĂč aller. Si nous proposons des imaginaires et des moyens alternatifs au capitalisme, nous reconnaissons aussi qu’aucun n’est parfait et adaptable partout. Finalement
 tout ça pour rien ? Non pas vraiment, car retrouver de la diversitĂ© dans les modes de vie c’est nĂ©cessaire. Nous n’allons pas revenir Ă  ceux du passĂ©, car le monde Ă  changĂ© (physiquement) et tous ont prĂ©sentĂ©s de gros red flags. Margaux parle des pirates et de la Zad. Moi, dans la partie sur les liens aux vivants, je parle d’une relation Ă  la terre, Ă  l’espace et aux non humains qui le peuplent en montrant que nous devrions retrouver un lien que nous avons perdu. Ce lien il a disparu, c’est comme ça, il ne faut pas vouloir le recrĂ©er Ă  l’identique, car beaucoup des sociĂ©tĂ©s qui l’ont fait perdurer Ă©taient bien plus patriarcales et nationalistes qu’aujourd’hui. Il faut le retisser avec les connaissances et l’état du monde actuel.

Pour ce qui est de la prĂ©figuration, Il y a une interview qui m’avait mis des Ă©toiles dans les yeux. Celle d’Alessandro Pignocchi, auteur avec Philippe Descola de Ethnographies des mondes Ă  venir. Il dit qu’un modĂšle serait de crĂ©er partout des Zad vivantes en rĂ©seau. Sur le moment j’avais adorĂ© l’idĂ©e, mais d’une part, il met sous le tapis les difficultĂ©s de Notre Dame des Landes et, d’autre part, il oublie que les Zads, si elles savent fabriquer des cabanes, ne savent pas fabriquer les outils pour fabriquer les cabanes (c’est une remarque de FrĂ©dĂ©ric Lordon). Tout cela pour dire que l’on ne lutte pas contre un systĂšme qui a tout uniformisĂ© (le capitalisme) avec une autre façon d’uniformiser. C’est une des conclusions de nos rĂ©flexions :il n’y a pas de contre-modĂšle parfait, en revanche il y a plein de contre-modĂšles chouettes oĂč piocher.

Imaginaire Tradwife

The Ladies’ home journal (1948). Wyeth, N. C.. Wikimedia.

Pour de nombreuses reprĂ©sentations, la famille est d’abord perçue comme un cadre social dĂ©diĂ© aux soins, notamment pour les enfants, et Ă  la transmission des valeurs, ce qui structure les relations de couple dans un rĂ©fĂ©rentiel figĂ© voire traditionnel. La sociĂ©tĂ© de consommation a modifiĂ© ces dynamiques. Pour beaucoup qui ont du mal Ă  l’accepter, il s’agit de revenir Ă  une vision rĂ©actionnaire de la famille ou du couple. Or, Ă  y regarder de plus prĂšs, la sociĂ©tĂ© de consommation n’a-t-elle pas plutĂŽt amplifiĂ© des tendances comme le patriarcat, l’exclusivitĂ©, la hiĂ©rarchisation des Ă©motions ?
 En somme, justement des tendances rĂ©actionnaires.

Margaux — De mon cĂŽtĂ©, je me suis intĂ©ressĂ©e Ă  l’irruption des notions de marchĂ© et d’économie dans la sphĂšre amoureuse, notamment Ă  travers l’ouvrage Pourquoi l’amour fait mal d’Eva Illouz. L’autrice soutient que dans une sociĂ©tĂ© de consommation nĂ©olibĂ©rale, le dĂ©sir comme moteur de choix et l’utilitarisme comme modĂšle de dĂ©cision traversent nos relations. C’est ce qu’elle appelle l’individualisme affectif, c’est-Ă -dire l’injonction Ă  l’autonomie du sujet dans son Ă©panouissement, qui grĂące Ă  sa rationalitĂ© est capable de faire les meilleurs choix sur le marchĂ© amoureux. DĂšs lors, l’individu ne tend plus Ă  faire un choix satisfaisant, mais le meilleur pour ellui. Cela explique selon elle la difficultĂ© plus grande Ă  s’engager, comment ĂȘtre sĂ»r.e que cette personne soit « la bonne Â» pour moi, alors qu’il reste encore d’autres partenaires dĂ©sirables potentiels sur le marchĂ© ? ParallĂšlement, elle observe les effets de l’émancipation de la sexualitĂ© de la sphĂšre de l’amour et du mariage. Cela a crĂ©Ă©, Ă  cĂŽtĂ© du marchĂ© des relations Ă  long-terme, un marchĂ© de la sexualitĂ© sĂ©rielle oĂč le capital social des individus augmente avec leurs expĂ©riences et le nombre de partenaires rencontré·es. Paradoxalement, avoir un capital sexuel Ă©levĂ© favorise Ă©galement les individus dans le marchĂ© des relations Ă  long-terme.

Or ce contrat est asymĂ©trique :lĂ  oĂč les hommes jouissent d’un plus grand accĂšs au marchĂ© sexuel et amoureux, les femmes, plus contraintes par la temporalitĂ© biologique de leurs corps, si elles ont envie d’avoir un enfant, vont souvent voir cohabiter des stratĂ©gies de sexualitĂ© sĂ©rielle (comme attribut du pouvoir) et monogames (comme accĂšs Ă  la reproduction). Cela nourrit la domination affective des hommes sur les femmes, et une organisation de l’amour oĂč la femme prend en charge le travail Ă©motionnel pour permettre l’indĂ©pendance masculine, lĂ  oĂč l’homme performe la masculinitĂ© par le dĂ©tachement et un rejet de l’engagement.

C’est un rĂ©sumĂ© Ă  grands traits, mais cela montre bien en effet comment la sociĂ©tĂ© de consommation et les effets du marchĂ© peuvent renforcer le patriarcat et les inĂ©galitĂ©s de genre au nom de l’amour.

TimothĂ© — En effet la sociĂ©tĂ© de consommation s’entend trĂšs bien avec le patriarcat, tout comme elle pourrait probablement faire aussi sans. D’aprĂšs mes recherches, elle a surtout dynamitĂ© des solidaritĂ©s Ă  l’échelle de petites communautĂ©s qui se sont dispatchĂ© pour chercher du travail et aussi parce qu’il y avait dedans un fort contrĂŽle social. C’est bien que le contrĂŽle social ai diminuĂ©, mais il est dommage d’avoir perdu les solidaritĂ©s. Comme je l’ai dit prĂ©cĂ©demment, il ne faut pas vouloir revenir Ă  quelque chose de passĂ©iste, mais se rappeler que certains de ses bons aspects sont encore possibles.

Confrontation courte de deux concepts :hĂ©tĂ©rosexualitĂ© et capitalisme. C’est quoi le problĂšme ?

Margaux — Bon, lĂ  il faudrait Ă©crire une thĂšse, mais je vais essayer de rĂ©sumer ce que j’ai compris de Frederico Zappino, qui a Ă©tĂ© une lecture trĂšs importante pour cet essai. Pour lui, l’hĂ©tĂ©rosexualitĂ© en tant que systĂšme de production du genre binaire (homme, femme) est un sous-bassement du capitalisme, qui se nourrit des inĂ©galitĂ©s patriarcales pour exister.

Frederico Zappino se base notamment sur la PensĂ©e Straight de Monique Wittig, dans lequel elle avance que les catĂ©gories de sexe, fĂ©minin ou masculin, ainsi que la rĂ©partition des rĂŽles et des valeurs qui leur sont assignĂ©s, sont produites par le systĂšme hĂ©tĂ©rosexuel pour justifier une relation inĂ©gale. C’est l’inĂ©galitĂ© qui prĂ©existe, pas la diffĂ©rence entre les sexes ou le genre binaire, qui sont construits aprĂšs pour justifier la domination masculine. Le problĂšme, c’est que l’hĂ©tĂ©rosexualitĂ© est obligatoire. C’est Ă  dire que l’on se pense et on se construit Ă  partir d’elle, Ă  partir du genre binaire, Ă  partir de notre appartenance ou pas Ă  la norme hĂ©gĂ©monique hĂ©tĂ©rosexuelle et cisgenre. Le capitalisme, lui, est un systĂšme Ă©conomique, politique, idĂ©ologique basĂ© sur l’exploitation des travailleur·euses par les dĂ©tenteur·ices des moyens de production, pour gĂ©nĂ©rer une plus-value, rĂ©investie dans ce capital. Or le capitalisme se nourrit de l’inĂ©galitĂ© hĂ©tĂ©rosexuelle fondamentale :l’économie productive ne pourrait exister sans une Ă©conomie reproductive, du soin, sans la reproduction concrĂšte opĂ©rĂ©e par la famille hĂ©tĂ©rosexuelle oĂč les parents produisent une force de travail future. Si on va plus loin, les minoritĂ©s de sexe et de genre (les femmes et les personnes trans) sont en premiĂšre ligne quand nos conditions matĂ©rielles de survie se dĂ©gradent :potentielle dĂ©pendance Ă  un·e conjoint·e ou enfants Ă  charge, difficultĂ© d’accĂšs au marchĂ© du travail pour les personnes qui ne se conforment pas Ă  la binaritĂ© de genre, plus grand risque d’isolement social


Lutter contre le binarisme de genre, pour la subversion de l’hĂ©tĂ©rosexualitĂ©, c’est saper un des soubassements du capitalisme, ça fait donc partie de la lutte des classes ! Or la lutte pour les conditions matĂ©rielles d’existence et le fĂ©minisme sont trop peu pensĂ©s de concert aujourd’hui.

Pour conclure : l’avenir en commun pour vous, c’est quoi ?

Margaux — Une dystopie, mais une dystopie queer et fĂ©ministe.

TimothĂ© — Beaucoup d’inconnues, la sensation ambiante qu’il y aura des Ă©vĂšnements important mais l’espoir que nous nous nous surprenions pour arriver quelque part de chouette.

Marche des fiertés, Rennes 2017

Marche des fiertés, Rennes, 2017. Missbutterflies. Wikimedia. CC-By-Sa.

Parution : L’amour en commun

C’est avec grand plaisir que nous annonçons la parution du premier ouvrage de la collection Des Livres en Communs !

Premiers laurĂ©ats de l’appel Ă  projet Des Livres en Communs (Framasoft) en 2022, accompagnĂ©s par l’équipe Ă©ditoriale, Margaux Lallemant et TimothĂ© Bodo ont travaillĂ© durant deux ans Ă  l’élaboration d’un essai original et fouillĂ© dont la lecture est trĂšs stimulante ! En attendant une interview des deux auteurs, prochainement disponible sur ce blog, voici la prĂ©sentation de l’ouvrage, sous licence Creative Commons CC-By-Sa.

Couverture du livre L'amour en commun

L’amour en commun (couverture)

Comment libĂ©rer l’amour des carcans du couple et de la famille pour en faire un projet collectif ? Cet essai explore les effets du patriarcat et du capitalisme sur nos relations et montre que rĂ©inventer l’amour ne peut se faire isolĂ©ment.

À travers une analyse de dynamiques interpersonnelles — amour romantique, amitiĂ© — en relation avec les structures sociales qui les façonnent — genre, soin, travail, rapport au vivant — les auteur-ices interrogent les oppressions qui traversent l’amour au sens large.

À la recherche de « contre-mondes Â» oĂč l’affaiblissement du systĂšme capitaliste semble possible, iels s’intĂ©ressent Ă  la piraterie et la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, dans leurs mythes et leurs Ă©cueils.

Une invitation Ă  envisager l’amour sous un jour nouveau, comme un espace d’émancipation et de crĂ©ation collective.

PrĂ©sentation et tĂ©lĂ©chargements : L’amour en commun

Margaux Lallemant et TimothĂ© Bodo, L’Amour en commun, PrĂ©face signĂ©e Yann Kervran (co-Ă©diteur pour DLeC), Des Livres en Communs, oct. 2024.


Des Livres en Communs est un projet Framasoft. C’est un modĂšle alternatif radical (et anticapitaliste) Ă  l’édition, basĂ© sur l’expĂ©rience acquise avec dix ans de Framabook. Des Livres en Communs ne propose pas qu’un modĂšle alternatif d’édition thĂ©orique, c’est trĂšs concrĂštement que nous agissons pour crĂ©er des communs culturels pertinents et de qualitĂ© :

  • d’abord en accompagnant les auteur·ices tout au long du processus de crĂ©ation, car nous n’attendons pas que l’Ɠuvre nous arrive toute cuite pour commencer notre travail Ă©ditorial ;
  • en mobilisant des fonds : dĂšs le dĂ©but du processus de crĂ©ation, les auteur·ices sont rĂ©munĂ©rĂ©s pour leur travail, et non pas en attendant d’hypothĂ©tico-famĂ©liques Ă©moluments basĂ© sur un nombre de ventes (nous considĂ©rons qu’une Ɠuvre versĂ©e dans les communs culturels n’est pas un capital rentier).

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site DLeC.

EnquĂȘte Framalab : ce sont vos besoins qui comptent

Partagez vos retours et besoins sur les outils en ligne prĂ©sentĂ©s sur Framalab en vous exprimant dans notre enquĂȘte. Vous avez 15 jours pour contribuer ainsi Ă  Framasoft !

Framalab, un labo pour tester des services libres

Il y a trois mois, Framasoft ouvrait Framalab, un laboratoire ouvert Ă  toustes, qui permet de tester des services libres en ligne.

Notre objectif est de savoir si de tels outils peuvent répondre à vos besoins, à vos attentes, et quelles améliorations leur apporter pour que vous les adoptiez.

Ces logiciels libres sont proposĂ©s « tels que dĂ©veloppĂ©s par leur communautĂ© Â» et vous permettent de :

illustration mettant en scÚne une femme réparant un coucou sur son étable, sous les yeux d'un viel homme et d'un chaton

Cliquez pour explorer le Framalab – illustration CC-By David Revoy (sources)

Essayer et s’exprimer, une autre maniùre de contribuer

Pour savoir comment vous aider Ă  Ă©manciper vos pratiques numĂ©riques, le mieux c’est encore de s’adresser : Ă  vous ! C’est bien beau de vous proposer de tester les outils du laboratoire Framalab (et allez-y, hein : ça reste ouvert !) ; mais c’est quand mĂȘme mieux de savoir ce que vous pensez de ces tests.

Du 24 septembre au 8 octobre, nous ouvrons donc une enquĂȘte Framalab, afin de rĂ©colter vos avis et vos besoins !

RĂ©pondre Ă  cette enquĂȘte devrait vous prendre 10-15 minutes. Ces retours seront prĂ©cieux pour Framasoft, car ils nous permettront de mieux dĂ©cider sur quels services concentrer notre travail.

Nous sommes aussi persuadĂ©es que vos rĂ©ponses Ă  cette enquĂȘte seront importantes pour les communautĂ©s dĂ©veloppant ces logiciels libres, et pour d’autres qui pourront s’en inspirer. C’est pourquoi nous nous engageons Ă  en publier les rĂ©sultats (aprĂšs les avoir dĂ©pouillĂ©s et anonymisĂ©s, bien entendu ^^).

Illustration mettant en scĂšne un Tux qui offre des outils aux personnes autour de lui.

Cliquez pour accĂ©der Ă  l’enquĂȘte – Illustration CC BY David Revoy (sources)

Rendez-vous sur Framalab.org

Nous nous donnons jusqu’au 8 octobre pour rĂ©colter vos rĂ©ponses Ă  notre enquĂȘte.

N’hĂ©sitez pas Ă  partager l’info et ces liens autour de vous : on compte sur vos contributions.

A new application for Framaspace : OwnershipTransfer

Still more features on Framaspace ? Yes ! At the moment, we’re spoiling the users of this service, with the integration of quite a few features like the Forms and Tables applications, but also the ‘Intros’ app developed by Val, our summer intern. And because it’s Val, it’s festival (shameful rhyme !) : just before leaving us for a well-deserved holiday and a final year of studies, he delivered a new ‘Ownership Transfer’ application that will make life easier for administrators of Framaspace spaces.

 

 

Hi Val, we’re not going to ask you to introduce yourself, as you already did in the previous interview. We’ll just remind you that you’re doing an internship at Framasoft from the beginning of May to the end of August 2024, with the aim of developing tools to support Framaspace, and therefore Nextcloud free software.

Hi ! Check out my previous interview to find out more about me ! I introduce Intros, a Nextcloud app to help users get to grips with Framaspace.

At the end of the interview, I mentioned I was working on another Nextcloud app, OwnershipTransfer. Back then things were only getting started, but I cooked, and now it’s ready.

OK, so let’s talk about the OwnershipTransfer App. What’s it for ? Who is the target audience ?

As mentioned in the previous article, OwnershipTransfer makes it possible to transfer data from one user to another in Nextcloud. For example, when someone leaves an association that uses Nextcloud (say, on Framaspace 😏), it can be useful to move their files to another user before deleting their account. You could avoid losing important archives, invoices
 The same goes for calendars or address books.

Well worry no more, OwnershipTransfer (or « OT Â» from now on in this article) does all that. It allows Nextcloud admins to transfer data from whoever to whoever. Initially mostly designed for files, I extended it to calendars and contacts transfer.

OT allows a transfer of all the data, but also a more fine-grained choice. One can choose the calendar, address book or folder they want to transfer, so they don’t end up with someone’s holidays pictures in their files.

Screenshot of Ownership Transfer (also available in English) Screenshot of Ownership Transfer (also available in English)

 

But
 didn’t this feature already exist in Nextcloud ?

It did, but not the way we wanted it to.

Nextcloud already allows transferring your own files to another user, with a small graphical interface in the user settings section. You can only transfer your own files to another user, but not choose a source user : this isn’t suitable for an instance admin who would want to move files from one user to another.

An instance admin can also transfer files or calendars from one user to another, with an OCC command. OCC is Nexctloud’s CLI, via which admins can handle some server settings. You can only use it from the command line in a terminal, which to most human beings is
 cryptical.

In short there are existing working solutions, but not with a simple graphical interface for admins. This is especially an issue in « Nextcloud farms Â» (an organization hosting Nextcloud instances for a lot of clients at once) like Framaspace, because admins don’t have access to the CLI in this case.

 

Technically, how does it work ?

Since it’s integrated with other Nextcloud apps, OT is heavily relying on existing Nextcloud APIs. The app also uses adapted parts of Nextcloud’s code. For example, I use the code from the existing files transfer feature, which I modified to fit with our requirements. The same goes for the calendar transfer.

However, I add to implement the contacts transfer, since it is not available in Nextcloud (not even through a cryptic CLI). It looks a lot like the calendar transfer, since both of them are based on the WebDAV protocol, so I had an example to work with.

The interface is built with Nextcloud’s Vue components, of course. They are pretty pleasant to use, and new ones are often released. It allowed me to build a complete graphical interface in no time, while staying consistent with the rest of Nextcloud’s UI.

 

Have you encountered any technical or organisational problems ?

Since Nextcloud’s documentation hasn’t miraculously grown since last time, I had to wander around in Nextcloud’s source code to find the functions needed. I could almost make a hobby out of that. Almost.

At least the features exist in Nextcloud already, so adapting them wasn’t the most difficult thing ever. I could also rely on tcit’s advice, co-director of Framasoft and Nextcloud contributor. In short : I write code, he looks at it, says « cool thing, but not scalable Â», and I correct it.

Scalability was the most common problem. It always works on my small test environment with 5 accounts and 7 folders, but it should also (and most importantly) work on big Nextcloud instances with lots of files. For example, the files transfer can take a lot of time and resources : it has to move all the files from the source to the destination folder, which takes more or less time depending on the amount of files to move and the underlying storage type. Because of that, it is handled in the background : instead of launching it upon receiving the request, it is placed in a jobs queue that the server periodically handles.

Calendar and contacts transfers do not have this issue : they only consist of a simple SQL query to change the right property on the right element. This operation is fast, so it can be handled in the foreground.

Besides the actual transfer, building the interface was also challenging. The app allows the admin to choose which element will be transferred, so they need an interface to choose it. For calendars and contacts, it’s fairly simple : with Nextcloud’s components, I could easily build a list of calendars or address books. But for files, things are getting complicated : we need a whole tree-style view to show the subfolders’ content.

Luckily, I’ve got back up. Romain, former fellow INSA Lyon student (in Telecom, just like me !) and former Framasoft intern, worked on Sorts a few years ago. The goal was to make an app to enhance Nextcloud’s file search, mostly with filters. And Sorts has something I was really interested in : a tree-style files view. Exactly what I needed.

Interface de Sorts avec l'arborescence de fichiers Interface adaptée à OT pour choisir le dossier à transférer

After a few tweaks here and there in Sorts’ code, which wasn’t necessarily easy, its tree-style view perfectly integrated with OwnershipTransfer. It helped a lot and saved a lot of dev time, and I could even improve it a bit with some lines to better view the current folder and some sharing icons.

 

Now that your internship is coming to an end, and you’ve been « eating Â» some Nextcloud for the past 6 months, what are your potential takes on this software ?

It’s rant time !

Anyways, besides the rant and all the things I could blame on Nextcloud (like its lightweight documentation, its occasional slowness or its imperfect UI), its a very functional software, and it’s all that matters for pretty much everyone. It could be better (and it’s already happening !), but I find it to be working just fine for most typical usages. I’ve been using it for 2 years on a Raspberry PI to backup my files and photos, and I’ve never had any major issues with it.

However, its collaborative features can definitely get better (things like multiple people writing on the same text or calc document at the same time), especially since they are very popular among the people who use Nextcloud. These features exist, but they are typically hard to use, especially the first time, and poorly optimized. So when I see Nextcloud bragging about how they now have AI integrated (which I think most people don’t find that useful anyway), while opening a shared file sometimes still causes a mess
 I think they could focus on more important things. But I guess you do need something to make it look shiny.

 

We’ve been very very pleased and satisfied to work with you over the last few months ! Any final words ?

I was delighted to work at Framasoft ! I’ve learned a lot through this internship, and I want to thank the association again for its welcoming and comfortable working conditions.

Right now it’s time to relax, for me at least (before going to « class Â» again, but don’t mention it), and then to go back to work on my final internship at the beginning of next year ! I’m just saying, of course ;)

 


Main links for Ownership Transfer :

Une nouvelle application pour Framaspace : OwnershipTransfer

Encore des nouveautĂ©s sur Framaspace ? Et oui ! En ce moment, on gĂąte les utilisateur⋅ices de ce service, avec l’intĂ©gration de pas mal de fonctionnalitĂ©s comme les applications Forms et Tables, mais aussi l’app « Intros Â» qu’a dĂ©veloppĂ©e Val, notre stagiaire estival (rime riche !). Et comme c’est Val, c’est festival (rime honteuse !) : juste avant de nous quitter pour des vacances bien mĂ©ritĂ©es et une derniĂšre annĂ©e d’études, il nous a livrĂ© une nouvelle application « Ownership Transfer Â» qui facilitera la vie des administrateur⋅ices d’espaces Framaspace.

An English version of this interview is available at : https://framablog.org/2024/09/10/a-new-application-for-framaspace-ownershiptransfer

 

Bonjour Val, on ne va pas te proposer de te prĂ©senter, car tu l’as dĂ©jĂ  fait dans la prĂ©cĂ©dente interview. On rappellera juste que tu es en stage Ă  Framasoft de dĂ©but mai Ă  fin aoĂ»t 2024, avec pour objectif de dĂ©velopper des outils d’accompagnement Ă  Framaspace, et donc au logiciel libre Nextcloud.

Salut ! N’hĂ©sitez pas Ă  aller lire ma prĂ©cĂ©dente interview pour en savoir plus sur moi ! J’y parle d’Intros, une application pour faciliter la prise en main de Framaspace.

A la fin de l’interview, je parle d’une autre application Nextcloud sur laquelle je travaillais, OwnershipTransfer. À l’époque c’était encore en cours de prĂ©paration, mais depuis j’ai cuisinĂ©, et maintenant c’est prĂȘt.

 

OK, donc, parlons de l’App Ownership Transfer. À quoi sert-elle ? Quel est le public visĂ© ?

Comme indiquĂ© dans l’article prĂ©cĂ©dent, OwnershipTransfer sert Ă  transfĂ©rer des donnĂ©es d’un⋅e utilisateurice Ă  l’autre dans Nextcloud. Par exemple, lorsqu’une personne quitte une association qui utilise du Nextcloud (sur Framaspace, au hasard 😏), il peut ĂȘtre bien pratique de transfĂ©rer ses fichiers avant de supprimer son compte. Cela permet d’éviter de perdre des archives importantes, des factures,
 De mĂȘme pour ses agendas, ou mĂȘme ses carnets d’adresses.

Ça tombe bien, OwnershipTransfer (qu’on abrĂ©gera par la suite « OT Â») fait tout ça. Elle permet aux administrateur⋅ices d’un espace Nextcloud de transfĂ©rer les donnĂ©es de n’importe qui vers n’importe qui. À l’origine surtout destinĂ©e au transfert de fichiers, j’ai pu Ă©tendre l’application au transfert d’agendas et de contacts.

OT permet de transfĂ©rer toutes les donnĂ©es d’une application, mais aussi de choisir plus finement ce qui devra ĂȘtre transfĂ©rĂ©. On peut ainsi choisir l’agenda, le carnet d’adresse ou un dossier Ă  transfĂ©rer, pour Ă©viter de se retrouver avec les photos de vacances de quelqu’un d’autre dans ses fichiers.

Capture Ă©cran d'Ownership Transfer Capture Ă©cran d'Ownership Transfer

 

Mais
 cette possibilitĂ© n’existait pas dĂ©jĂ  dans Nextcloud ?

Si, mais pas exactement comme on le voulait.

Nextcloud permet dĂ©jĂ  de transfĂ©rer ses propres fichiers Ă  une autre personne, via une petite interface graphique dans les paramĂštres utilisateurs. On peut lĂ  uniquement transfĂ©rer ses propres fichiers vers un autre utilisateur, mais pas choisir l’utilisateur source : ce n’est pas une solution pour les admins d’espace qui voudraient transfĂ©rer des fichiers d’une personne Ă  une autre.

Un⋅e administrateurice d’espace peut aussi transfĂ©rer des fichiers ou des agendas d’un⋅e utilisateur⋅ice Ă  un⋅e autre, via une commande « OCC Â». OCC est la CLI de Nextcloud, via laquelle les admins peuvent lancer diverses opĂ©rations de maintenance ou de management. On y accĂšde donc en ligne de commande via le terminal uniquement, ce qui a de quoi repousser la plupart des ĂȘtres vivants sur cette planĂšte.

En bref cette solution fonctionne, mais ne propose pas d’interface graphique simple aux admins. Cela pose problĂšme dans le cas de « fermes Ă  Nextcloud Â» (une organisation qui hĂ©berge des instances Nextcloud pour beaucoup de clients d’un coup) comme Framaspace, dans lesquelles les administrateur⋅ices d’un espace n’ont pas accĂšs Ă  la ligne de commande.

 

Techniquement, comment ça marche ?

Comme elle s’intĂšgre avec d’autres applications, OT se base essentiellement sur des APIs existantes de Nextcloud. L’application rĂ©utilise aussi des parties du code de Nextcloud que j’ai adaptĂ©es aux besoins de l’application. Par exemple, je rĂ©utilise le code de transfert de ses propres fichiers, en l’adaptant pour pouvoir choisir Ă  la fois l’utilisateur⋅ice source et destinataire. De mĂȘme pour le transfert d’agendas.

J’ai par contre dĂ» implĂ©menter le transfert de contacts, non disponible dans Nextcloud par dĂ©faut. Il est cependant trĂšs similaire au transfert d’agendas, dont je me suis inspirĂ©, puisque les deux se basent sur le protocole WebDAV.

Pour l’affichage, j’utilise bien sĂ»r les composants Vue proposĂ©s par Nextcloud. Leurs composants sont assez complets et agrĂ©ables Ă  utiliser, et ils en sortent de nouveaux rĂ©guliĂšrement. Cela m’a permis de rĂ©aliser une interface graphique complĂšte en peu de temps, et cohĂ©rente avec le reste du logiciel.

 

Tu as rencontrĂ© des soucis, qu’ils soient techniques, organisationnels, etc ?

La documentation de Nextcloud n’ayant pas miraculeusement centuplĂ© en taille depuis la derniĂšre fois, j’ai encore dĂ» fouiller dans le code source de Nextcloud pour aller trouver les fonctions Ă  utiliser. Ça commencerait presque Ă  me plaire. Presque.

MÚme d'un Val (avec quelques années de plus) face la (non) doc de Nextcloud.

MĂšme d’un Val (avec quelques annĂ©es de plus) face Ă  la (non) doc de Nextcloud.

 

Au moins, comme les fonctionnalitĂ©s existaient dĂ©jĂ  en partie dans Nextcloud, les adapter n’a pas Ă©tĂ© d’une difficultĂ© monstre. Surtout que j’ai pu beaucoup compter sur les conseils de Tcit, codirecteur de Framasoft et contributeur bĂ©nĂ©vole de Nextcloud. En gros : j’écris du code, il le regarde, il se dit « Cool, mais ça passe pas Ă  l’échelle ton truc Â», et puis je corrige.

C’était le problĂšme la plupart du temps, le passage Ă  l’échelle. C’est bien beau quand ça fonctionne sur mon petit environnement de test Ă  5 comptes et 7 dossiers, mais dans l’idĂ©al il faut aussi que ça fonctionne sur les grosses instances Nextcloud avec beaucoup de fichiers. Par exemple, le transfert de fichiers peut prendre beaucoup de temps et de ressources : il faut dĂ©placer tous les fichiers du dossier source vers la destination, ce qui peut ĂȘtre plus ou moins long en fonction de la quantitĂ© de fichiers et du type de stockage. Celui-ci est donc gĂ©rĂ© en fond : au lieu de l’exĂ©cuter au premier plan dĂšs la rĂ©ception de la requĂȘte, il est placĂ© dans une file de « jobs Â» que le serveur effectue pĂ©riodiquement.

Les transferts de contacts et d’agendas n’ont pas le mĂȘme problĂšme : il s’agit dans leur cas d’une simple requĂȘte SQL qui vient modifier la propriĂ©tĂ© de l’élĂ©ment en question. Cette opĂ©ration est rapide, et peut donc ĂȘtre exĂ©cutĂ©e au premier plan.

Outre le transfert en soi, rĂ©aliser l’interface a aussi Ă©tĂ© un vrai dĂ©fi. L’application doit permettre Ă  l’administrateurice de choisir quel Ă©lĂ©ment doit ĂȘtre transfĂ©rĂ©, et doit donc lui proposer une interface pour faire son choix. Pour les agendas et les contacts, c’est plutĂŽt simple : avec les composants de Nextcloud, j’ai pu facilement faire une liste d’agendas ou de carnets d’adresses. Pour les fichiers, ça se complexifie : il faut rĂ©crĂ©er une arborescence complĂšte de fichiers, capable d’afficher des sous-dossiers.

Heureusement, un « insalien Â» n’est jamais seul. Romain, ancien Ă©tudiant INSA Lyon (du dĂ©partement TĂ©lĂ©com, comme moi !) et ancien stagiaire Ă  Framasoft, a travaillĂ© il y a quelques annĂ©es sur l’application Sorts. Le but de Sorts est d’amĂ©liorer la recherche de fichiers de Nextcloud, en proposant une recherche avec des filtres notamment. Mais Sorts a surtout quelque chose qui m’intĂ©ressait : une arborescence de fichiers en arbre. Pile ce qu’il me fallait.

Sorts interface with tree directory Sorts Interface adapted to OT for choosing the file to be transferred

AprĂšs avoir rĂ©cupĂ©rĂ© et adaptĂ© le code de Sorts, ce qui n’était pas forcĂ©ment de tout repos, son arborescence s’intĂ©grait parfaitement Ă  OwnershipTransfer. Cela m’a permis de gagner beaucoup de temps de dĂ©veloppement, et j’ai mĂȘme pu apporter des amĂ©liorations, comme les lignes qui mettent mieux en Ă©vidence l’arborescence, ou les icĂŽnes de partage. Pas mal non ? C’est insalien 😎

MÚme « Pas mal non ? C'est insalien »

MĂšme « Pas mal non ? C’est insalien Â»

 

Maintenant que ton stage s’achĂšve, et aprĂšs avoir « mangĂ© Â» du Nextcloud pendant prĂšs de 6 mois, quels sont tes potentiels positionnements sur ce logiciel ?

Ah, c’est le moment oĂč je rĂąle !

Non blague Ă  part, malgrĂ© toutes les critiques que je pourrais faire sur Nextcloud (notamment sa documentation lĂ©gĂšre, sa lenteur occasionnelle ou son interface qui laisse parfois Ă  dĂ©sirer), le logiciel est fonctionnel, et franchement c’est tout ce qui compte pour la plupart des gens. Des amĂ©liorations sont possibles (et sont en cours !), mais je le trouve dĂ©jĂ  assez opĂ©rationnel pour la plupart des besoins que peuvent avoir ses utilisateur⋅ices. Je l’utilise personnellement depuis 2 ans sur ma Raspberry PI pour stocker mes fichiers, et je n’ai jamais eu de problĂšme majeur avec.

Le logiciel peut par contre s’amĂ©liorer sur ses aspects collaboratifs, qui sont trĂšs demandĂ©s par les utilisateur⋅ices (Ă©crire Ă  plusieurs sur un fichier texte ou calc par exemple). Ces fonctionnalitĂ©s existent, mais sont souvent encore difficiles Ă  prendre en main et peu optimisĂ©es. Du coup, quand je les vois se vanter d’intĂ©grer de l’IA au logiciel (alors que franchement, je pense que pour beaucoup ça n’a que trĂšs peu d’utilitĂ©) alors mĂȘme que quand on ouvre un fichier texte en collaboratif c’est parfois encore le bordel
 je me dis qu’ils pourraient mieux diriger leurs efforts. Mais bon, faut bien des annonces pour faire vendre.

 

Nous avons Ă©tĂ© trĂšs heureux⋅ses et satisfait⋅es de travailler avec toi pendant ces quelques mois ! Un dernier mot pour la fin ?

J’ai Ă©tĂ© trĂšs heureux de travailler Ă  Framasoft ! Ce stage a Ă©tĂ© trĂšs enrichissant pour moi, et je remercie encore l’association pour son accueil et ses conditions de travail au top. Si les sujets que j’aborde dans cet article vous intĂ©ressent et que vous cherchez un stage dĂ©googlisĂ©, je vous encourage Ă  venir Ă  Framasoft (promis le dev Nextcloud c’est pas si terrible en vrai). Sinon, vous pouvez toujours faire un don !

Maintenant c’est l’heure des vacances pour moi (puis des « cours Â», mais ne le dites pas trop fort), puis de mon stage de fin d’études en dĂ©but d’annĂ©e prochaine. Je glisse ça lĂ , au cas oĂč ;)

Merci et bonne continuation, Val !


Pour information, si vous ĂȘtes Ă©tudiant⋅e, que vous aimez Nextcloud, et que ce genre de sujet de stage vous intĂ©resse (de prĂ©fĂ©rence Ă  Lyon pour faciliter l’encadrement, mais tĂ©lĂ©travail possible), n’hĂ©sitez pas Ă  nous envoyer rapidement une candidature spontanĂ©e sur stages @ framasoft.org !

DĂ©gafamisation de L’atelier en SantĂ©

Depuis plusieurs annĂ©es, nous publions rĂ©guliĂšrement (tant que faire se peut du moins !) des articles tĂ©moignant de la dĂ©gafamisation de structures associatives ou relevant de l’économie sociale et solidaire. Dans le cadre du lancement de emancipasso.org, notre nouvelle initiative pour accompagner les associations vers un numĂ©rique plus Ă©thique (lire l’article de lancement), nous avons eu envie de reprendre la publication de ces tĂ©moignages.

Pour ce faire, nous avons lancĂ© un appel Ă  participation sur nos rĂ©seaux sociaux et quelques structures nous ont rĂ©pondu (vous pouvez continuer Ă  le faire en nous contactant) ! Nous sommes donc ravis de reprendre une nouvelle sĂ©rie d’articles de dĂ©gafamisation avec aujourd’hui le tĂ©moignage de L’atelier en SantĂ©, un centre de santĂ© communautaire Ă  PlounĂ©our-MĂ©nez dans le FinistĂšre.

Merci Ă  Gabriel et Ă  Alex d’avoir voulu partager leur aventure en rĂ©pondant Ă  nos questions, bonne lecture !

Bonjour, peux-tu te prĂ©senter briĂšvement pour le Framablog ?

Je suis donc Gabriel Perraud, mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste et militant pour des solutions libres et respectueuses des donnĂ©es des utilisateurs dans le champ de la santĂ©. Je me suis dĂ©jĂ  investi dans diffĂ©rents projets Ă  ce sujet avec notamment feu LibreHealthCare, puis maintenant, Ă  mon Ă©chelle, au sein de l’association InterHop.

(ndlr : Ah oui, je me souviens de LibreHealthCare, je les suivais sur Diaspora*, d’ailleurs j’ai retrouvĂ© le wiki du projet)

Logo de l'association InterHop, icĂŽne reprĂ©sentant deux tĂȘtes de personnes de profil, l'une ayant un symbole d'Ă©lectrocardiogramme et l'autre une roue crantĂ©e.

Logo de l’association InterHop

Mais dis moi donc Gabriel, Peux tu nous parler de ce projet qui te tient Ă  cƓur, depuis un bon moment maintenant ?  tu avais Ă©tĂ© trĂšs Ă©vasif en 2019 lors de notre rencontre.

L’Atelier En SantĂ© : Il s’agit d’une association qui a pour but la mise en place d’un centre de santĂ© communautaire au sein d’une commune rurale du FinistĂšre. La devise de notre association est : « Faire santĂ© en commun Â». Je vous remets ici des extraits de notre site web de prĂ©sentation sur la prĂ©sentation et la dĂ©finition de notre projet :

  •  L’idĂ©e naĂźt en 2018, Ă  Brest, en FinistĂšre, Ă  l’initiative de 2 mĂ©decins et d’une salariĂ©e agricole. Le souhait de pratiquer la santĂ© autrement. D’avoir le temps d’ĂȘtre pleinement Ă  l’écoute des patients. De faire partie d’un collectif de travail oĂč toutes les voix comptent. D’un collectif dont les patients seraient parties prenantes, qui s’appuierait sur leurs savoirs, encouragerait leur pouvoir d’agir. Et oĂč leur santĂ© serait apprĂ©hendĂ©e de maniĂšre globale, dans ses dimensions tant physiologiques que sociales, environnementales, Ă©conomiques, etc.

  • « SantĂ© communautaire Â», d’autres Centres, ailleurs en France qui pratiquent ce type de soin, se sont donnĂ© ce nom, source d’inspiration pour les personnes Ă  l’initiative du projet.

  • Ce pourrait ĂȘtre en zone rurale oĂč les soins se font rares. Dans les Monts d’ArrĂ©e oĂč cette raretĂ© rime avec un tissu Ă©troit de solidaritĂ©s. À PlounĂ©our-MĂ©nez oĂč la mairie accueille favorablement le projet.

  • Depuis, l’équipe bĂ©nĂ©vole de l’association loi 1901 porteuse du projet, L’Atelier en santĂ© (LAES), s’est modifiĂ©e et Ă©largie. Elle compte aujourd’hui 9 membres bĂ©nĂ©voles – 2 coordinatrices de projet, 2 mĂ©decins, 2 kinĂ©s (dont Alex), 1 sage-femme et 2 psychologues – qui Ɠuvrent ensemble Ă  la crĂ©ation du futur Centre de santĂ©, qu’ils soient professionnels, futurs salariĂ©s du centre ou habitants concernĂ©s par le manque d’accĂšs aux soins. Â»

Et comme on l’a vu dans ta prĂ©sentation, les logiciels libres seront prĂ©sents dans cette aventure.

Gabriel : Nous nous sommes mis d’accord dĂšs les premiĂšres Ă©tapes du projet pour utiliser des logiciels libres tant que cela nous Ă©tait possible sans mettre en pĂ©ril la vitalitĂ© du projet. Nous avons pu ainsi mettre en place nos outils libres communs pour toute la phase de prĂ©figuration de notre projet de centre de santĂ©.

Vous n’ĂȘtes pas toustes des geeks , qu’est ce qui a fait que vous ayez eu envie d’utiliser des outils libres ? 

Alex : A vrai dire, je n’avais pas vraiment d’avis sur la question avant ma rencontre avec Gabriel. Je trouve trĂšs intĂ©ressant de mettre en commun et de rendre accessible des outils numĂ©riques. Il y a un vĂ©ritable enjeu Ă©thique derriĂšre tout ça.

Cela ne t’a pas paru trop compliquĂ©, Alex ? 

Au dĂ©part, oui, n’étant pas familier avec l’outil informatique
. Mais je ne saurai dire si c’est liĂ© au fait que le logiciel soit libre ou non, ma pratique en la matiĂšre Ă©tant quasi nulle. Ceci dit, aprĂšs un temps d’apprentissage, ces outils se rĂ©vĂšlent extrĂȘmement utiles pour le travail en collectif et permettent une efficacitĂ© d’action, si bien utilisĂ©s. Cela m’a un peu rĂ©conciliĂ© avec l’usage de l’outil informatique.

Quel a Ă©tĂ© le dĂ©clencheur de votre dĂ©gafamisation ?

Pour ma part, un des premiers Ă©lĂ©ments dĂ©clencheurs a Ă©tĂ© le besoin de faire fonctionner de façon plus fluide mon Thinkpad T42 sous Windows XP lorsque j’étais Ă©tudiant. J’ai lu sur des sites d’informations numĂ©riques grand public la sortie d’une nouvelle version d’Ubuntu 10.10 et c’est lĂ  que tout a commencĂ©. J’ai commencĂ© Ă  suivre un tutoriel sur, anciennement, « le Site du ZĂ©ro Â» pour savoir comment installer ce systĂšme d’exploitation gratuit qui avait l’air bien sympa.

Puis de fil en aiguille je me suis intĂ©ressĂ© Ă  la philosophie et aux enjeux politiques des logiciels libres. C’est arrivĂ© au dĂ©but de mes Ă©tudes de mĂ©decine et le lien s’est spontanĂ©ment fait pour moi entre l’intĂ©rĂȘt d’avoir des logiciels issus du mouvement open-source dans le champ de la santĂ©, dans l’intĂ©rĂȘt des professionnels, des patients et du systĂšme de santĂ© en gĂ©nĂ©ral.

Dans le cadre de LAES, nous avons mis en place ces outils dĂšs le dĂ©but. Nous avons d’abord voulu aller Ă  ce qui nous semblait le moins onĂ©reux et le plus flexible en auto-gĂ©rant l’infrastructure nous-mĂȘme sur des serveurs OVH, via YunoHost que j’avais dĂ©jĂ  testĂ© Ă  la maison pour divers projets personnels. La responsabilitĂ© restait cependant sur les Ă©paules d’une seule personne de l’équipe. Pour rester en cohĂ©rence avec le souhait d’une gouvernance partagĂ©e et pour me laisser plus de temps Ă  d’autres aspects du projet nous avons pu basculer la gestion des services que nous utilisions Ă  d’autres personnes.

  • Forum/Discourse : cloud.girofle
  • Nuage/Nextcloud : cloud.girofle
  • BoĂźte mail : OVH
  • Site web/Wordpress : OVH
  • Pads : Cryptpad
  • Messagerie instantanĂ©e : on est restĂ© sur Signal.

Parlons d’abord du processus de dĂ©cision de cette transition. En amont de votre « dĂ©gafamisation Â», avez-vous organisĂ© en interne des moments pour crĂ©er du consensus sur le sujet et passer collectivement Ă  l’action (lever aussi les Ă©ventuelles rĂ©sistances au changement) ? RĂ©unions pour prĂ©senter le projet, ateliers de rĂ©flexion, autres ?

Oui, cela s’est fait lors de rĂ©unions. DĂšs le dĂ©but avec une mise en commun des savoirs sur ce que comprenait le concept de logiciel libre et les enjeux techniques et politiques qui allaient avec. Nous avions cependant anticipĂ© le fait qu’il n’existe pas (encore) de logiciels mĂ©tiers (gestion de dossier patient, logiciel d’aide Ă  la prescription) accrĂ©ditĂ©s qui soient libres dans le cadre d’un centre de santĂ©.

Cela ayant un fort impact sur le financement de notre structure et donc sur la vitalitĂ© du projet dans son ensemble, nous sommes tombĂ©s d’accord sur le fait que la vitalitĂ© du projet du centre passerait tout de mĂȘme avant et que la recherche de logiciel libre se ferait « du mieux que l’on puisse Â». Cela ne nous empĂȘche donc pas de nous investir auprĂšs d’Interhop et en particulier des projets Toobib et Goupile par exemple.

Nous avons Ă©galement comme projet de mettre en place un fablab suivant l’état d’esprit lowtech orientĂ© santĂ© en parallĂšle du centre de santĂ© pour le dĂ©veloppement de solutions libres dans le domaine de la santĂ©.

Mon mĂ©decin utilisait jusqu’à il y a 4 ou 5 ans des logiciels libres, mais il a Ă©tĂ© obligĂ© d’arrĂȘter. Pression des collĂšgues du cabinet, difficultĂ©s avec les logiciels de la CPAM
 Alors, quand j’entends parler de votre aventure je me demande si vous aussi vous rencontrez des rĂ©sistances dans l’appropriation de votre Ă©cosystĂšme numĂ©rique ? 

Oui, j’en parle au-dessus mais lĂ  c’est plus un retour d’expĂ©rience sur la prĂ©figuration. Pour l’exercice, nous n’avons pas encore du tout libre, nous ferons au mieux. On est en lien avec Interhop/Toobib pour essayer d’avoir des solutions libres/Ă©thiques accrĂ©ditĂ©es.

Au sein de l’équipe, nous avons mis cet Ă©tat d’esprit dĂšs le dĂ©but, il n’y avait pas de frein particulier.

En nous ouvrant aux habitants de la commune, l’outil Discourse nous permet d’avoir une interface suffisamment inclusive pour le moment pour permettre des Ă©changes avec des personnes ayant diffĂ©rents niveaux de facilitĂ© avec le numĂ©rique. Nous utilisons Ă©galement des pads de Framapad avec les habitants pour nos comptes-rendus de rĂ©unions et rĂ©partition des tĂąches.

Est-ce que vous avez rencontrĂ© des rĂ©sistances que vous n’aviez pas anticipĂ©es, qui vous ont pris par surprise ? Au contraire, y a-t-il eu des changements dont vous aviez peur et qui se sont passĂ©s comme sur des roulettes ?

Non pas franchement pour le moment avant ouverture du centre. Pour la phase d’exercice, nous allons faire des choix dans l’étĂ© justement et nous aurons des retours plus tard.

Est-ce qu’il reste des outils auxquels vous n’avez pas encore pu trouver une alternative libre et pourquoi ?

Les logiciels mĂ©tiers pour le moment, de ce que j’en comprends, l’accrĂ©ditation peut-ĂȘtre techniquement compliquĂ©e et trĂšs onĂ©reuse.

Quels Ă©taient vos moyens humains et financiers pour effectuer cette transition vers un numĂ©rique Ă©thique ? 

PlutÎt des ressources internes, la communauté de YunoHost pour les soucis techniques auxquels je pouvais faire face, puis la plateforme des chatons pour migrer nos outils auprÚs de personnes bien plus compétentes que nous tout en restant raccord avec nos valeurs et à un coût abordable pour notre structure (prix libre pour cloud.girofle).

Infographie sur la dynamique entre l’équipe projet, l’équipe salariĂ©e et les habitant⋅es

Avez-vous organisĂ© un accompagnement de vos utilisateur⋅ices ? Si oui, de quelle maniĂšre (formation, tutos, etc.) ?

Oui, avec des tutoriels Ă  la demande, on essaie de simplifier l’accĂšs aux outils au fur et Ă  mesure de l’implication des adhĂ©rents. Et de rĂ©duire leur nombre Ă©galement quand on peut.

On profite Ă©galement des temps off, lorsque nous avons nos rĂ©unions en prĂ©sentiel, pour rĂ©soudre les Ă©ventuels soucis techniques, faire une installation d’Ubuntu sur un PC qui ne tourne plus sur Windows, installer Aurora Store pour rĂ© accĂ©der Ă  l’installation de Signal sur un vieil appareil Android (pour qui le PlayStore ne fonctionne plus comme il devrait), par exemple.

Est-ce que votre dĂ©gafamisation a un impact direct sur votre public ou utilisez-vous des services libres uniquement en interne ? Si le public est en contact avec des solutions libres, comment y rĂ©agit-il ? Est-il informĂ© du fait que ça soit libre ?

Pour le moment nous communiquons aux nouveaux bĂ©nĂ©voles des raisons de nos choix de logiciels libres et nous faisons l’effort d’essayer au maximum de rĂ©duire l’écart possible entre les compĂ©tences techniques nĂ©cessaires Ă  l’utilisation d’outil et les compĂ©tences/envies/besoins des habitants bĂ©nĂ©voles. LĂ  on fait un gros travail d’adaptation du forum pour une utilisation plus fluide avec les mails.


Nous devrons ensuite voir pour un choix de messagerie instantanĂ©e : utiliser les modules prĂ©sents dans Discourse ? Proposer Signal Ă  tout le monde ? Chercher d’autres solutions ensemble ?

Au niveau des patients, ce seront donc essentiellement des outils libres ou sans GAFAM que vous allez utiliser ? (prise de rdv, mails hors gmail et compagnie ?)  Qui sont les adhĂ©rents ? Des patients ou quiconque habitant votre secteur et n’ayant pas de suivi mĂ©dical avec vous ? C’est Ă©tonnant ce systĂšme d’adhĂ©sion pour un centre de santĂ©. 

  • Pour les mails professionnels nous allons Ă©galement passer par les messageries dites sĂ©curisĂ©es mises en place par les institutions et utilisĂ©es par les autres acteurs du systĂšme de santĂ© avec notamment MSSantĂ©.

  • Pour ce qui est du travail avec les adhĂ©rents de l’association et des logiciels hors logiciels mĂ©tiers avec accrĂ©ditations nous allons nous efforcer d’utiliser des logiciels libres au maximum : traitement de texte, espace nuagique, pads, etc.

  • Pour le systĂšme d’adhĂ©sion, il s’agit de la valence communautaire ou participative du centre. Ce n’est pas forcĂ©ment le cƓur de cette interview, mais en rĂ©sumĂ©, toutes personnes souhaitant avoir des soins sera pris en charge comme dans d’autres structures dĂ©jĂ  en place (maisons ou centres de santĂ©). Mais nous travaillons Ă  la mise en place d’une gouvernance partagĂ©e avec les habitant.es et diffĂ©rentes parties prenantes de la commune Ă  l’échelle du centre. Par exemple, nous avons pu organiser un cinĂ©-dĂ©bat avec des habitant.es bĂ©nĂ©voles du futur centre, et nous avons pu utiliser comme outils informatiques : framapad, mails et Discourse. 

  • Il y aura donc la partie soin oĂč nous allons rĂ©pondre aux demandes rĂ©glementaires nationales tout en nous investissant auprĂšs de Toobib et d’Interhop pour participer au dĂ©veloppement de solutions Ă©thiques et libres. Et il y aura la partie associative/participative sur laquelle nous allons avoir plus de marge de manƓuvre pour la mise en place de solutions open-sources/libres.

 

Quels conseils donneriez-vous Ă  des structures comparables Ă  la vĂŽtre qui voudraient se dĂ©gafamiser aussi ? (erreurs Ă  ne pas commettre ? Astuces et bonnes pratiques Ă©prouvĂ©es Ă  l’usage ?)

Ne pas hĂ©siter Ă  passer rapidement, si ce n’est dĂšs le dĂ©but, par des services rĂ©pertoriĂ©s sur les CHATONS. La gestion en interne de ces outils peut ĂȘtre plus ou moins compliquĂ©e lorsque ce n’est plus uniquement un projet personnel et que les enjeux ne sont plus les mĂȘmes en cas de soucis techniques (perte d’accĂšs Ă  des services, incendie dans des datacenters), etc.

Sinon, par rapport Ă  d’autres projets, cela reste plus simple, Ă  mon sens, de proposer une infrastructure libre dans le cadre d’un nouveau projet. En choisissant un projet qui a relativement peu d’impact sur le reste de la structure et en montrant que ça marche, le discours autour du logiciel libre a de plus en plus d’impact dans les reprĂ©sentations que peuvent se faire les diffĂ©rentes parties prenantes sur la question.

 

Un mot de la fin, pour donner envie de migrer vers les outils libres ?

Un argument qui semble souvent fonctionner est le cĂŽtĂ© prosaĂŻquement libre de ces outils. Si nous ne sommes plus satisfait d’un hĂ©bergeur, d’un gĂ©rant, d’un outil, il est plutĂŽt aisĂ© d’en changer de par les formats de donnĂ©es utilisĂ©s et les communautĂ©s prĂ©sentes et aidantes autour de ces outils.

Encore merci Alex pour ta participation Ă  l’interview ! Je sais qu’il n’a pas Ă©tĂ© simple de trouver du temps pour cela. Et merci Gabriel, pour l’interview mais aussi pour ton implication, depuis toutes ces annĂ©es, dans les projets de logiciels libres en mĂ©decine  ! 

On en parle aussi dans les journaux locaux (Ouest-France et Le TĂ©lĂ©gramme) !

Intros, a Nextcloud app to help you get to grips with Framaspace

The Framaspace project currently hosts a cloud environment (files, calendars, contacts, wiki, kanban, etc.) for more than 1,200 associations and groups. That’s as many instances of the Nextcloud free software. Unfortunately, it’s not always easy to get to grips with Nextcloud, despite the documentation, forums and so on. So Framasoft decided to get an intern, Val, to work on the subject of supporting people using Nextcloud for the first time. Here’s his story.


Une version française de cette interview est disponible Ă  l’adresse suivante : https://framablog.org/2024/07/31/intros-une-app-nextcloud-pour-faciliter-la-prise-en-main-de-framaspace

Hi Val, can you introduce yourself ?

Hi ! I’m Val, and I’m 22. I was raised in Paris’ suburbs, and I have been studying at INSA Lyon, an engineering school in Villeurbanne for 4 years now. I am parisian, lyonnais, suburbanite, or even Swedish, depending on the mood.
If everything goes as expected, I’ll graduate next year as an Telecommunication Engineer.

I like singing and playing music, climbing plastic walls, solving Rubik’s cubes and playing video games, when I’m not busy tweaking some lines of code. Over the last few years, I have also been active in multiple associations, including some at INSA or the Red Cross.

Photo de Val, stagiaire Framasoft entre mai et août 2024

Photo of Val, Framasoft intern between May and August 2024

You chose Framasoft for your internship. Why ?

I had to search for an internship while being in Sweden, and it wasn’t really easy. Searching from another country didn’t help of course, and I also wanted an internship matching my personal values. Basically, being cheap labour to help big business get richer isn’t really my thing.

The year before, I participated in organising an event with the Exit Lyon association, at which a Framasoft employee gave a conference on queer emancipation through digital technology. Being engaged in associations, I already knew Framasoft from their web services, as many do. I still had her email, so I sent an application, and there I am !

It was kind of an ideal case : an internship in a non-profit, breaking with capitalism, and contributing to build more social justice in our society.

MĂšme Val

Val choosing his internship at Framasoft — Allegory

 

Let’s talk about your internship. What was the general objective ?

Framasoft’s collaborative cloud platform for associations and activist groups, Framaspace, has been active for 2 years now, and is based on Nextcloud. Even though it is a good solution, this open source software is far from perfect, and in particular is more difficult to use than other existing solutions (closed-source and maintained by GAFAMs, such as Google Drive or Microsoft 365).

Please note that Framaspace is a service reserved for French-speaking audiences. The Framasoft association, which provides this product free of charge only to associations and militant collectives, relies solely on donations. Consequently, it is our association that bears the technical support and financial costs of hosting and we cannot afford to host a worldwide audience.

 

My internship tries to solve part of this problem : how to make sure that first time someone logs into Nextcloud they don’t run away. My aim is to make the first use of Nextcloud easier, by supporting users and helping them using the software. It would encourage people to stay on a free solution that respects their privacy, and not run towards GAFAM solutions, considered easier to use.

Luckily, Nextcloud allows the community to create apps that integrate with the software to enhance it. Hence my first contribution to this mission is a Nextcloud app, « Intros Â».

OK, so let’s talk about the Intros App. What’s it for ? Who is the target audience ?

Intros answers an user’s most simple question when meeting Nextcloud : « Where is the button to [insert a random action] ? Â».

To answer it, Intros highlight elements, buttons or even parts of Nextcloud’s interface to explain what they do. For example, the app will highlight the small sharing icon and display a text explaining how to share a file to someone else. This applies to several Nextcloud apps, including files, contacts or calendar.

Video demonstration of how the ‘Intros’ app works

Technically, how does it work ?

The app uses the intro.js library, which helps creating step-by-step tutorials that highlight a web page’s elements. The library simply integrates to Nextcloud as any other javascript library would, and we can customise tutorials for the users.

That’s it ? No ! The library handles most of the visual aspects for us, but it had to be adapted to integrate to Nextcloud properly. For example, remembering when a tutorial has already been seen to not display it again, and making a menu to re-enable it if needed. Or even handling multiple languages, displaying buttons in Nextcloud’s style, highlighting elements nested in menus
 Lots of small enhancements that allow a smooth integration of the library to Nextcloud.

Have you encountered any technical or organisational problems ?

Of course, otherwise where would the fun be ? As always when I’m coding something, sometimes it works and I think, « wow, I’m a genius Â», and sometimes (often) it doesn’t work and I think, « wow, I’m an intern Â».

For example, during development I realised that the application sometimes had trouble finding some elements on the page. One of the problems with intro.js is that the library is designed to be deployed on a site that has been designed by the person who writes the tutorials. This person would have a good knowledge of the site’s structure, and would know which elements need to be selected for it to work every time
 Except this person isn’t me. I’m integrating it into Nextcloud, which I obviously didn’t design, so I have to adapt to the structure of the existing pages. As if that wasn’t simple enough, the way the pages are built changes depending on the application (Files, Calendar, Contacts
) or even the version of Nextcloud. So I had to reverse-engineer the HTML DOM on a case-by-case basis, to find out which elements it was possible to select and avoid selecting elements that could change name, class or even completely disappear.

But even being careful, it sometimes didn’t work. The application couldn’t find certain elements, and displayed an explanation over empty space. Not ideal. In intro.js, by default, you give a list of elements to highlight and the explanations that go with them, and the library takes care of detecting them in the DOM when the page loads. This was the critical point in this case : when the page loads. The elements are all loaded at once, so they can’t change along the way. I had problems with this specifically in two cases :

  • first, elements nested in menus. We sometimes want to highlight an element that isn’t visible on page load, and would be after a user click
  • then, elements that aren’t loaded immediately on page load. Some Nextcloud apps take a bit more time to load their elements, so the library can’t detect them on load.

So what ? Well, press the keys on the keyboard, in the right order if possible, and after a while it makes code that solves the problem. Here, instead of detecting all the elements at once, I’ve made sure to detect them just before they’re needed. Each time the user presses ‘next’, the application detects the next element to be highlighted and replaces the default element with this element before launching the next step. This way, we don’t have to worry about page load times or the fact that the button is in a menu. All that’s left to do is simulate a user click with javascript for buttons in menus and tada ! It works.

Val "This is fine" MĂšme in English

Val « This is fine Â» MĂšme

Now that the app has been published, what’s next ?

What’s next ? It’s not really about me anymore ! I hope the app will be used by Nextcloud’s users, and it’s already in use in Framaspace.

We have also discussed with Nextcloud for a possible integration of the app to the software core (and not as a third-party app). That would make it easier to add new tutorial to the apps for developers, but Nextcloud had some remarks regarding this. One of them was that the app explains the interface, while they could simply improve it so it wouldn’t need an explanation.

 

And of course, the app can still be perfected (I’m only a humble intern, after all) to make it more efficient, easier to maintain,
 It’s also very important since we want it to be maintained over the (frequent !) Nextcloud updates.

A little birdie tells me that you’re working on another Nextcloud application, can you tell us more about that ?

A new app is indeed on the road (#WIP). The OwnershipTransfer app will allow admins to transfer the ownership of files (or even other types of data ?) from one user to another. This would be especially useful for when someone is leaving an association that uses Nextcloud, and forgot to transfer their important files to someone else ! It will prevent them from losing a very important budget file, forever. However, it still doesn’t make coffee
 sorry.

We’ve come to the end of this interview. Would you like to share a feeling about the work you’ve done during this internship ?

I’m really satisfied with what I accomplished. Over and above the fact that I designed and developed a Nextcloud application for the first time from A to Z, I’ve learnt a lot of new skills. Whether it’s PHP, a language I’d only just got to grips with before my internship, or software development in general, managing releases, issues and merge requests, and so on. I’m very happy to be able to have learnt a lot during this internship.

By the way, huge thanks to Framasoft’s employee team who’s always been eager to help me and answer my questions when needed !

Last question, a recurring one in our interviews : what question would you like to have been asked, and what would your answer be ?

« Tell me, what do you think of Nextcloud’s documentation ? Â»

It’s time to rant (after all, I’m French !). It’s
 lightweight, to say the least. But you can see it from a good perspective : I guess browsing the source code to understand how the APIs work is a great learning experience !

Thanks Val !

 

Intros, une app Nextcloud pour faciliter la prise en main de Framaspace

Le projet Framaspace propose, Ă  ce jour, un espace cloud (fichiers, agendas, contacts, wiki, kanban, etc) Ă  plus de 1 200 associations et collectifs. C’est autant d’instances du logiciel libre Nextcloud. Malheureusement, ce dernier n’est pas toujours trĂšs facile Ă  prendre en main, malgrĂ© les documentations, les forums, etc. Framasoft a donc dĂ©cidĂ© de faire plancher un stagiaire, Val, sur le sujet de l’accompagnement des personnes utilisant Nextcloud pour la premiĂšre fois. Voici son histoire.


 

Bonjour Val, peux-tu te prĂ©senter ?

Salut ! Je m’appelle Val, j’ai 22 ans. J’ai grandi en banlieue parisienne, et depuis 4 ans maintenant je fais mes Ă©tudes Ă  l’INSA Lyon, Ă©cole d’ingĂ©nieur qui se trouve à
 Villeurbanne (c’est comme Lyon, mais avec les endroits jolis en moins). Je suis Parisien, Lyonnais, banlieusard, parfois mĂȘme SuĂ©dois, selon l’humeur.
Si tout se passe bien, je serai diplĂŽmĂ© l’an prochain comme IngĂ©nieur en TĂ©lĂ©communications.

J’aime chanter et faire de la musique, aller grimper des murs en plastique, rĂ©soudre des Rubik’s cube et jouer aux jeux vidĂ©os, quand je suis pas occupĂ© Ă  bidouiller du code. Ces derniĂšres annĂ©es, j’ai aussi participĂ© Ă  plusieurs projets associatifs, notamment dans des associations de l’INSA, ou encore avec la Croix-Rouge.

Photo de Val, stagiaire Framasoft entre mai et août 2024

Photo de Val, stagiaire Framasoft entre mai et août 2024

 

Concernant ton stage, tu as choisi Framasoft. Pourquoi ?

J’étais en SuĂšde au moment de chercher un stage, et c’était un peu galĂšre. Chercher Ă  distance c’est forcĂ©ment plus compliquĂ©, surtout que je voulais si possible faire un stage qui corresponde Ă  mes valeurs. Si vous vous posez la question, en gros, ĂȘtre de la main d’Ɠuvre pas chĂšre pour renflouer le capital de grandes entreprises c’est pas trop mon truc.

L’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, j’avais participĂ© Ă  organiser un Ă©vĂšnement avec l’association Exit Lyon, dans lequel une salariĂ©e de Framasoft Ă©tait venue faire une confĂ©rence sur l’émancipation queer par le numĂ©rique. Étant engagĂ© dans le milieu associatif, je connaissais dĂ©jĂ  un peu Framasoft, je pense comme beaucoup Ă  travers les services numĂ©riques que l’asso propose. J’avais encore son mail, donc j’ai envoyĂ© une candidature, et voilĂ  oĂč j’en suis quelques mois plus tard.

C’est un peu le cas idĂ©al pour moi : un stage dans une organisation Ă  but non-lucratif, en rupture avec le capitalisme, et qui contribue Ă  construire plus de justice sociale dans notre sociĂ©tĂ©.

MĂšme Val

Val choisissant son stage chez Framasoft — AllĂ©gorie

 

Venons-en au sujet de ton stage. Quel Ă©tait l’objectif gĂ©nĂ©ral ?

Depuis 2 ans Framasoft propose Framaspace, une solution de collaboration et de stockage de fichier en ligne Ă  destination d’associations et de collectifs militants, basĂ©e sur le logiciel libre Nextcloud. Bien qu’il rĂ©ponde Ă  la problĂ©matique posĂ©e, celui-ci est loin d’ĂȘtre parfait, et est notamment plus difficile d’utilisation que d’autres solutions existantes (non-libres et administrĂ©es par des GAFAM, par exemple Google Drive ou Microsoft 365).

Mon sujet de stage vient s’inscrire dans cette problĂ©matique : comment faire pour que la premiĂšre fois qu’une personne se connecte Ă  Nextcloud elle ne fuit pas en courant. Mon but est de faciliter la premiĂšre utilisation de Nextcloud, en accompagnant les utilisateurices et en les aidant Ă  s’approprier le logiciel. Si tout se passe bien, cela encourage les gens Ă  rester sur cette solution libre et respectueuse de leur vie privĂ©e, Ă  dĂ©faut de les voir courir vers des solutions jugĂ©es plus simples d’utilisation chez les GAFAM.

Fort heureusement, Nextcloud permet Ă  la communautĂ© de crĂ©er des applications qui s’intĂšgrent au logiciel pour venir l’amĂ©liorer. La premiĂšre incarnation de cette mission prend donc la forme d’une Application Nextcloud, « Intros Â».

OK, donc, parlons de l’App Intros. À quoi sert-elle ? Quel est le public visĂ© ?

Intros rĂ©pond Ă  la question la plus simple qu’une personne a en arrivant sur Nextcloud : « Il est oĂč le bouton pour [insĂ©rer une action quelconque] ? Â».

Pour y rĂ©pondre, Intros met en lumiĂšre des Ă©lĂ©ments, des boutons ou mĂȘme des parties de l’interface de Nextcloud et explique Ă  quoi elles servent. Par exemple, l’application va surligner la petite icĂŽne de partage d’un fichier et afficher un texte qui explique comment partager un fichier Ă  une autre personne. C’est valable pour plusieurs des applications de Nextcloud, des fichiers aux contacts, en passant par le calendrier.

Techniquement, comment ça marche ?

L’application est basĂ©e sur la bibliothĂšque intro.js, qui permet justement de rĂ©aliser des tutoriels pas Ă  pas en surlignant les Ă©lĂ©ments d’une page web. La bibliothĂšque s’intĂšgre simplement Ă  Nextcloud comme une bibliothĂšque javascript classique, et on peut personnaliser des visites pour les utilisateurices.

C’est tout ? Non ! La bibliothĂšque gĂšre certes la plupart des aspects de l’affichage pour nous, mais il a fallu l’adapter pour qu’elle s’intĂšgre Ă  Nextcloud. Par exemple, gĂ©rer quand la visite d’une application a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© suivie, pour ne pas la proposer une nouvelle fois Ă  l’utilisateurice, et faire un menu pour rĂ©activer les visites en cas de besoin. Ou encore gĂ©rer diffĂ©rentes langues, afficher des boutons cohĂ©rents avec le reste de Nextcloud, surligner des Ă©lĂ©ments dans des menus
 Bref, de nombreuses petites amĂ©liorations qui permettent Ă  la bibliothĂšque de bien s’intĂ©grer Ă  Nextcloud, sans que les utilisateurices ne se doutent de rien.

Tu as rencontrĂ© des soucis, qu’ils soient techniques, organisationnels, etc ?

Bien sĂ»r, sinon c’est moins marrant. Comme toujours quand je dĂ©veloppe quelque chose, parfois ça fonctionne et je me dis que, quand mĂȘme, je suis vraiment gĂ©nial, et parfois (souvent) ça fonctionne pas et je me dis que, quand mĂȘme, je suis stagiaire.

Par exemple, au cours du dĂ©veloppement je me suis rendu compte que l’application avait parfois du mal Ă  trouver certains Ă©lĂ©ments de la page. L’un des soucis d’intro.js, c’est que la bibliothĂšque est prĂ©vue pour ĂȘtre dĂ©ployĂ©e sur un site qui a Ă©tĂ© conçu par la personne qui Ă©crit les visites guidĂ©es. Cette personne aurait donc une bonne connaissance de la structure du site, et saurait quels Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©s pour que ça fonctionne Ă  tous les coups
 Sauf que cette personne, c’est pas moi. Je l’intĂšgre Ă  Nextcloud, que je n’ai Ă©videmment pas conçu, et je dois donc m’adapter Ă  la structure des pages existantes. Comme si c’était pas assez simple, la façon dont les pages sont construites change en fonction de l’application (Fichiers, Agenda, Contacts
) ou mĂȘme de la version de Nextcloud. Bref, il a fallu rĂ©tro-ingĂ©nierer le DOM HTML au cas par cas, pour trouver quels Ă©lĂ©ments il Ă©tait possible de sĂ©lectionner et Ă©viter de sĂ©lectionner des Ă©lĂ©ments qui peuvent changer de nom, de classe, ou mĂȘme disparaĂźtre totalement.

Mais mĂȘme en faisant attention, parfois ça ne passait pas. L’application n’arrivait pas Ă  trouver certains Ă©lĂ©ments, et affichait une explication sur du vide. Pas idĂ©al. Dans intro.js, par dĂ©faut, on donne une liste d’élĂ©ments Ă  surligner et les explications qui vont avec, et la bibliothĂšque se charge de les dĂ©tecter dans le DOM au chargement de la page. C’est ce point qui Ă©tait bloquant dans ce cas : au chargement de la page. Les Ă©lĂ©ments sont tous chargĂ©s d’un coup, et ne peuvent donc pas changer en cours de route. Ça m’a posĂ© problĂšme spĂ©cifiquement dans deux cas :

  • d’abord, les Ă©lĂ©ments dans des menus. Parfois on veut mettre en Ă©vidence un Ă©lĂ©ment qui n’est pas visible par dĂ©faut, et qui le deviendrait aprĂšs un clic de l’utilisateurice sur un bouton ;
  • ensuite, les Ă©lĂ©ments qui ne sont pas chargĂ©s immĂ©diatement au chargement de la page. Certaines applications de Nextcloud mettent un peu plus de temps Ă  charger leurs Ă©lĂ©ments, et la bibliothĂšque ne peut donc pas les dĂ©tecter dĂšs le chargement.

Alors comment on fait ? Ben on appuie sur les touches du clavier, dans le bon ordre si possible, et au bout d’un moment ça fait du code qui rĂšgle le problĂšme. Ici, au lieu de dĂ©tecter tous les Ă©lĂ©ments d’un coup, j’ai fait en sorte de les dĂ©tecter juste avant qu’on ait besoin d’eux. A chaque fois que l’utilisateurice appuie sur « suivant Â», l’application dĂ©tecte l’élĂ©ment suivant qui doit ĂȘtre surlignĂ© et remplace l’élĂ©ment par dĂ©faut par cet Ă©lĂ©ment avant de lancer l’étape suivante. Comme ça, on n’a pas Ă  se soucier du temps de chargement de la page, ou du fait que le bouton soit dans un menu. Reste plus qu’à simuler un clic utilisateur avec javascript pour les boutons dans les menus et paf ! ça fait des chocap
 bref ça fonctionne.

MĂšme Val "This is fine"

Val faisant face aux disparitĂ©s de gestion du DOM HTML dans Nextcloud –AllĂ©gorie

 

Maintenant que l’app est publiĂ©e, quelle est la suite des Ă©vĂ©nements ?

La suite, j’allais dire que ça ne dĂ©pend presque plus de moi ! J’espĂšre que l’application sera utilisĂ©e par les utilisateurices de Nextcloud, elle est en tout cas dĂ©jĂ  utilisĂ©e au sein de Framaspace.

Par ailleurs, on a discutĂ© avec Nextcloud d’une possible intĂ©gration de l’application au cƓur du logiciel (non plus en tant qu’application tierce, mais directement dans Nextcloud). Cela faciliterait l’ajout de nouveaux tutoriels pour les applications tierces, mais Nextcloud Ă©met des rĂ©serves quant Ă  la pertinence de son intĂ©gration. Une des remarques faites est que l’appli vient expliquer l’interface, alors qu’on peut directement adapter l’interface pour la rendre plus facile d’utilisation (elle se passerait alors d’explications).

 

Et puis l’application peut encore ĂȘtre amĂ©liorĂ©e (aprĂšs tout je ne suis qu’un modeste stagiaire) pour la rendre plus performante, plus facile Ă  maintenir, etc. C’est Ă©galement important puisqu’on souhaite qu’elle soit maintenue au fur et Ă  mesure des mises Ă  jour (frĂ©quentes !) de Nextcloud.

Mon petit doigt me dit que tu travailles sur une autre application Nextcloud, tu peux nous en dire plus ?

Ton petit doigt m’a l’air trĂšs bien renseignĂ© ;)

Une nouvelle application est effectivement en cours de construction (#WIP). L’application OwnershipTransfer de son petit nom permettra Ă  l’admin d’un Nextcloud de transfĂ©rer la propriĂ©tĂ© des fichiers (ou mĂȘme d’autres types de donnĂ©es) d’un-e utilisateurice vers un-e autre. Bien pratique par exemple quand une personne quitte une association qui utilisait Nextcloud sans penser Ă  transfĂ©rer ses fichiers importants Ă  un-e autre membre : cela Ă©vite de perdre Ă  tout jamais le budget prĂ©visionnel de l’asso. Par contre, ça fait toujours pas le café  dĂ©solĂ©.

On arrive Ă  la fin de cette interview. Souhaites-tu nous partager un sentiment sur le travail effectuĂ© pendant ce stage ?

Je suis pleinement satisfait du travail que j’ai effectuĂ©. Au delĂ  du fait d’avoir conçu et dĂ©veloppĂ© une application Nextcloud pour la premiĂšre fois de A Ă  Z, c’est surtout d’en tirer Ă©normĂ©ment de nouvelles compĂ©tences et apprentissages. Que ça soit en PHP, langage que je n’avais que peu apprivoisĂ© avant mon stage, en dĂ©veloppement logiciel de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, gĂ©rer des releases, des issues et des merge request
 Je suis trĂšs heureux de pouvoir sortir de ce stage en ayant beaucoup appris.

J’en profite pour remercier l’équipe salariĂ©e de Framasoft, qui a toujours su m’aider et rĂ©pondre Ă  mes questions quand j’en avais besoin !

DerniĂšre question, rĂ©currente dans nos interviews : quelle est la question que tu aurais aimĂ© qu’on te pose, et quelle serait ta rĂ©ponse ?

« Mais dis moi Val, tu la trouves comment la documentation de Nextcloud ? Â»

C’est un peu mon instant rĂąleur (aprĂšs tout je suis Français). Elle est
 peu fournie, pour profiter d’une occasion d’utiliser une figure de style que j’aime beaucoup. Ça prĂ©sente ses avantages d’un cĂŽtĂ©, si on veut y voir du positif : aller fouiller dans le code source pour comprendre comment utiliser les API c’est trĂšs formateur !

Merci beaucoup, Val !
Pour information, si vous ĂȘtes Ă©tudiant⋅e, que vous aimez Nextcloud, et que ce genre de sujet de stage vous intĂ©resse (de prĂ©fĂ©rence Ă  Lyon pour faciliter l’encadrement, mais tĂ©lĂ©travail possible), n’hĂ©sitez pas Ă  nous envoyer rapidement une candidature spontanĂ©e sur stages @ framasoft.org !

L’Union EuropĂ©enne doit poursuivre le financement des logiciels libres

Le programme de financement europĂ©en NGI est en danger, alors qu’il s’agit probablement d’une des meilleures choses qui soit arrivĂ©e au logiciel libre durant ces derniĂšres annĂ©es. En effet, cette initiative permet de soutenir financiĂšrement des centaines de projets libres communautaires, dont certaines briques fondamentales pour notre vie numĂ©rique quotidienne. Framasoft bĂ©nĂ©ficie depuis plusieurs annĂ©es de ce type de fonds, notamment sur les projets PeerTube et Mobilizon.

Pour nous et pour d’autres, il s’agit d’un vĂ©ritable accĂ©lĂ©rateur pour tous les logiciels libres, et le fait que ce programme soit en danger met en pĂ©ril tout l’écosystĂšme qu’il consolide et fortifie.

Nous vous invitons à contacter vos élu·es pour les alerter des enjeux et faire perdurer ce programme.

Cette lettre a été publiée initialement par les petites singularités. Si vous souhaitez la signer, merci de la publier sur votre site et de compléter le tableau ici.

Lettre ouverte à la Commission Européenne

Depuis 2020, les programmes Next Generation Internet (NGI), sous-branche du programme Horizon Europe de la Commission Européenne financent en cascade (via les appels de NLnet) le logiciel libre en Europe. Cette année, à la lecture du brouillon du Programme de Travail de Horizon Europe détaillant les programmes de financement de la commission européenne pour 2025, nous nous apercevons que les programmes Next Generation Internet ne sont plus mentionnés dans le Cluster 4.

Les programmes NGI ont dĂ©montrĂ© leur force et leur importance dans le soutien Ă  l’infrastructure logicielle europĂ©enne, formant un instrument gĂ©nĂ©rique de financement des communs numĂ©riques qui doivent ĂȘtre rendus accessibles dans la durĂ©e. Nous sommes dans l’incomprĂ©hension face Ă  cette transformation, d’autant plus que le fonctionnement de NGI est efficace et Ă©conomique puisqu’il soutient l’ensemble des projets de logiciel libre des plus petites initiatives aux mieux assises. La diversitĂ© de cet Ă©cosystĂšme fait la grande force de l’innovation technologique europĂ©enne et le maintien de l’initiative NGI pour former un soutien structurel Ă  ces projets logiciels, qui sont au cƓur de l’innovation mondiale, permet de garantir la souverainetĂ© d’une infrastructure europĂ©enne. Contrairement Ă  la perception courante, les innovations techniques sont issues des communautĂ©s de programmeurs europĂ©ens plutĂŽt que nord-amĂ©ricains, et le plus souvent issues de structures de taille rĂ©duite.

Le Cluster 4 allouait 27 millions d’euros au service de :

  • « Human centric Internet aligned with values and principles commonly shared in Europe Â» ;
  • « A flourishing internet, based on common building blocks created within NGI, that enables better control of our digital life Â» ;
  • « A structured eco-system of talented contributors driving the creation of new internet commons and the evolution of existing internet common« .

Au nom de ces enjeux, ce sont plus de 500 projets qui ont reçu un financement NGI0 dans les 5 premiĂšres annĂ©es d’exercice, ainsi que plus de 18 organisations collaborant Ă  faire vivre ces consortia europĂ©ens.

NGI contribue Ă  un vaste Ă©cosystĂšme puisque la plupart du budget est dĂ©volue au financement de tierces parties par le biais des appels ouverts (open calls). Ils structurent des communs qui recouvrent l’ensemble de l’Internet, du matĂ©riel aux applications d’intĂ©gration verticale en passant par la virtualisation, les protocoles, les systĂšmes d’exploitation, les identitĂ©s Ă©lectroniques ou la supervision du trafic de donnĂ©es. Ce financement des tierces parties n’est pas renouvelĂ© dans le programme actuel, ce qui laissera de nombreux projets sans ressources adĂ©quates pour la recherche et l’innovation en Europe.

Par ailleurs, NGI permet des Ă©changes et des collaborations Ă  travers tous les pays de la zone euro et aussi avec ceux des widening countriesÂč, ce qui est actuellement une rĂ©ussite tout autant qu’un progrĂšs en cours, comme le fut le programme Erasmus avant nous. NGI0 est aussi une initiative qui participe Ă  l’ouverture et Ă  l’entretien de relation sur un temps plus long que les financements de projets. NGI encourage Ă©galement Ă  l’implĂ©mentation des projets financĂ©s par le biais de pilotes, et soutient la collaboration au sein des initiatives, ainsi que l’identification et la rĂ©utilisation d’élĂ©ments communs au travers des projets, l’interopĂ©rabilitĂ© notamment des systĂšmes d’identification, et la mise en place de modĂšles de dĂ©veloppement intĂ©grant les autres sources de financements aux diffĂ©rentes Ă©chelles en Europe.

Alors que les États-Unis d’AmĂ©rique, la Chine ou la Russie dĂ©ploient des moyens publics et privĂ©s colossaux pour dĂ©velopper des logiciels et infrastructures captant massivement les donnĂ©es des consommateurs, l’Union EuropĂ©enne ne peut pas se permettre ce renoncement. Les logiciels libres et open source tels que soutenus par les projets NGI depuis 2020 sont, par construction, Ă  l’opposĂ©e des potentiels vecteurs d’ingĂ©rence Ă©trangĂšre. Ils permettent de conserver localement les donnĂ©es et de favoriser une Ă©conomie et des savoirs-faire Ă  l’échelle communautaire, tout en permettant Ă  la fois une collaboration internationale. Ceci est d’autant plus indispensable dans le contexte gĂ©opolitique que nous connaissons actuellement. L’enjeu de la souverainetĂ© technologique y est prĂ©pondĂ©rant et le logiciel libre permet d’y rĂ©pondre sans renier la nĂ©cessitĂ© d’Ɠuvrer pour la paix et la citoyennetĂ© dans l’ensemble du monde numĂ©rique.

Dans ces perspectives, nous vous demandons urgemment de réclamer la préservation du programme NGI dans le programme de financement 2025.

Âč Tels que dĂ©finis par Horizon Europe, les États Membres Ă©largis sont la Bulgarie, la Croatie, Chypre, la RĂ©publique TchĂšque, l’Estonie, la GrĂšce, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie et la SlovĂ©nie. Les pays associĂ©s Ă©largies (sous conditions d’un accord d’association) l’Albanie, l’ArmĂ©nie, la Bosnie HerzĂ©govine, les Iles FĂ©roĂ©, la GĂ©orgie, le Kosovo, la Moldavie, le MontĂ©nĂ©gro, le Maroc, la MacĂ©doine du Nord, la Serbie, la Tunisie, la Turquie et l’Ukraine. Les rĂ©gions Ă©largies d’outre-mer sont : la Guadeloupe, la Guyane Française, la Martinique, La RĂ©union, Mayotte, Saint-Martin, Les Açores, MadĂšre, les Iles Canaries.

Zikapanam : une asso de musiciens amateurs qui organise des jams

Depuis plusieurs annĂ©es, nous publions rĂ©guliĂšrement (tant que faire se peut du moins !) des articles tĂ©moignant de la dĂ©gafamisation de structures associatives ou relevant de l’économie sociale et solidaire. Dans le cadre du lancement de emancipasso.org, notre nouvelle initiative pour accompagner les associations vers un numĂ©rique plus Ă©thique (lire l’article de lancement), nous avons eu envie de reprendre la publication de ces tĂ©moignages.

Pour ce faire, nous avons lancĂ© un appel Ă  participation sur nos rĂ©seaux sociaux et quelques structures nous ont rĂ©pondu (vous pouvez continuer Ă  le faire en nous contactant) ! Nous sommes donc ravis de reprendre une nouvelle sĂ©rie d’articles de dĂ©gafamisation avec aujourd’hui le tĂ©moignage de Zikapanam, qui organise et participe Ă  des jams, rĂ©pĂ©titions, scĂšnes ouvertes et concerts. Merci Ă  Laurent pour son tĂ©moignage riche, et bonne lecture !

Bonjour, peux-tu te prĂ©senter briĂšvement pour le Framablog ? Qui es-tu, ton parcours ? Ton rĂŽle dans l’association ?

Je suis Laurent Schwartz, l’un des quatre fondateurs de l’association Zikapanam crĂ©ee en octobre 2022. J’en suis son actuel PrĂ©sident et le seul opĂ©rationnel sur l’acquisition et le dĂ©veloppement des outils informatiques de l’association. J’ai une formation d’ingĂ©nieur en informatique. L’informatique et la musique (Basse, Batterie et Chant) sont deux des mes passions depuis mon adolescence.  J’utilise Linux au quotidien depuis 2008.

Tu nous parles de ton association ? Quel est son objet, les valeurs qu’elle porte ? 

Zikapanam est une association de musiciens amateurs de tout niveau qui organise et participe Ă  des jams, rĂ©pĂ©titions, scĂšnes ouvertes et concerts. Des musiciens adultes de toute l’üle de France nous rejoignent. Nous organisons nos Ă©vĂ©nements et nos rencontres musicales sur Paris intra muros et petite couronne. 
La bienveillance caractérise les relations souvent décrites par les nouveaux arrivants .

En termes d’organisation, combien y a-t-il de membres ? y a-t-il des salariĂ©â‹…es ? Êtes-vous localisĂ© gĂ©ographiquement ou bien un peu partout ?

Nous sommes (juin 2024) environ 190 membres cotisants. La cotisation est modique. L’association est basĂ©e entiĂšrement sur le bĂ©nĂ©volat. L’ancrage de Zikapanam est la rĂ©gion parisienne. Nous souhaitons aussi dĂ©velopper une communautĂ© de jams distancielles par internet pour attirer des musiciens francophones de toute la France.

Tim Sheerman-Chase, CC BY 2.0 <https://creativecommons.org/licenses/by/2.0>, via Wikimedia Commons

Vous diriez que les membres de l’association sont Ă  l’aise avec le numĂ©rique ou pas du tout ? Ou bien c’est assez disparate ?

Nous utilisons beaucoup d’outils pour communiquer (Discord, solution logicielle maison, rĂ©seaux sociaux etc.), il y a donc un filtrage consĂ©quent Ă  l’arrivĂ©e sur notre Discord. Les gens qui vont au bout du processus d’inscription sont les plus motivĂ©s et peut-ĂȘtre aussi ceux qui prennent le temps de s’adapter Ă  nos outils. Nous sommes composĂ©s de musiciens et pour la plupart l’ordinateur fait peur. Ils utilisent plutĂŽt leur tĂ©lĂ©phone. Cependant, parmi les bĂ©nĂ©voles, l’usage de l’ordinateur est souvent la norme.

Quel a Ă©tĂ© le dĂ©clencheur de votre dĂ©gafamisation ? Qu’est-ce qui vous a motivĂ©s ?

Nous avons une partie de nos membres qui est sensible aux enjeux du libre et qui utilisent les outils Framasoft ou du Fediverse.. C’est arrivĂ© Ă  mes oreilles et je me suis renseignĂ© car je constatais qu’il y avait des freins importants Ă  l’adoption de certains rĂ©seaux sociaux comme Meta mĂȘme par des gens qui n’étaient pas forcĂ©ment activiste du libre 

Au grĂ© de mes rĂ©flexions sur le sujet, je me suis donnĂ© ces objectifs :
– offrir un accĂšs libre Ă  nos communications sur nos rĂ©seaux sociaux (sans besoin de crĂ©er un compte) ;
– limiter la nuisance de la publicitĂ© et des algorithmes qui dĂ©cident pour vous les publications qu’on vous prĂ©sente 
  Qui dĂ©tournent l’attention de nos publications ;
– toucher tous nos followers plutĂŽt que le 5 % que Meta dans « sa bontĂ© gĂ©nĂ©reuse Â» nous laisse toucher !

Quels sont les moyens humains mobilisĂ©s sur la dĂ©marche ? Y a-t-il une Ă©quipe dĂ©diĂ©e au projet ? Ou plutĂŽt une personne seule ? Quelles compĂ©tences ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires ?

Je suis le seul opĂ©rationnel en informatique mais je reçois des idĂ©es de beaucoup de monde dans l’association. Il est cependant Ă  ma charge de qualifier la pertinence des propositions qui me sont faĂźtes. Le monde du libre est documentĂ© mais n’arrive pas dans le top des moteurs de recherche que j’utilise 
 Et ça complique grandement les recueils d’informations ! En tant qu’ingĂ©nieur en informatique, j’ai l’habitude de me former aux outils, de les dĂ©couvrir et d’apprĂ©cier leurs fonctionnalitĂ©s mais ça demande du temps et je ne peux le faire qu’à certaines pĂ©riodes de l’annĂ©e.  C’est ce que j’appelle la veille techno.

Comment avez-vous organisĂ© votre dĂ©gafamisation ? Plan stratĂ©gique machiavĂ©lique puis passage Ă  l’opĂ©rationnel ? Ou par itĂ©rations et petit Ă  petit, au fil de l’eau ? Quelles Ă©tapes avez-vous suivi ?

À vrai dire, je n’ai rien contre les GAFAMs. Ces sociĂ©tĂ©s ont apportĂ© beaucoup Ă  internet Ă  son dĂ©marrage et leurs actions d’aujourd’hui sont compatibles avec un monde d’entreprise oĂč l’argent est roi !. Mon raisonnement est pragmatique, nous sommes une association et nous n’avons pas les moyens financiers d’une entreprise commerciale ! Les outils que nous serons amenĂ©s Ă  utiliser ou que nous utilisons dĂ©jĂ  le seront parce qu’ils nous sont accessibles financiĂšrement, peuvent convenir et fĂ©dĂ©rer un maximum de personnes parmi lesquels des technophobes. Et c’est un vĂ©ritable challenge !

Est-ce que vous avez rencontrĂ© des rĂ©sistances que vous n’aviez pas anticipĂ©es, qui vous ont pris par surprise ? Au contraire, y a-t-il eu des changements dont vous aviez peur et qui se sont passĂ©s comme sur des roulettes ?

Notre arrivĂ©e sur le Fediverse est rĂ©cente et les outils Ă  ma disposition actuellement ne permettent pas de qualifier l’adhĂ©sion des membres de notre association Ă  ces rĂ©seaux sociaux. Je constate juste que trĂšs peu de membres se sont crĂ©Ă©s des comptes sur le Fediverse mais ça ne veut pas dire qu’il ne le consulte pas ponctuellement ou mĂȘme rĂ©guliĂšrement puisque la crĂ©ation d’un compte n’est pas obligatoire pour accĂ©der Ă  ces contenus. D’aprĂšs mes premiĂšres remontĂ©es d’information, se crĂ©er un compte sur le fediverse ne serait pas trivial 
 Un effort de formation devra sĂ»rement ĂȘtre engagĂ© sur ce point.

Parlons maintenant outils ! À ce jour, on en est oĂč ? Quels outils ou services avez-vous remplacĂ©, et par quoi, sur quels critĂšres ?

Nous n’avons pas « remplacĂ© Â» Meta, Les bars et les lieux culturels avec lesquels nous travaillons sont tous sur ces rĂ©seaux. Mais nous avons commencĂ© Ă  dĂ©velopper nos rĂ©seaux parallĂšlement sur le Fediverse.. Nous dĂ©veloppons des usages qui nous permettent de mettre en valeur la souplesse de Mobilizon. De plus  keskonfai, pixelfed et Mastodon nous ont apportĂ© une certaine visibilitĂ© supplĂ©mentaire dans les moteurs de recherche au contraire de Meta qui par exemple empĂȘche l’intĂ©gration aux moteurs de recherche des Ă©vĂ©nements publics que nous organisons  afin de nous forcer Ă  acheter de la publicitĂ© pour les mettre en avant 

Note : Plus rĂ©cemment j’ai dĂ©couvert Linkstack une alternative sĂ©rieuse Ă  Linktree.

Est-ce qu’il reste des outils auxquels vous n’avez pas encore pu trouver une alternative libre et pourquoi ?

Oui, bento. J’aimerai avoir une ferme de bento spĂ©cifique Ă  notre asso mais je n’ai pas encore trouvĂ© d’alternative Ă  bento en logiciel libre. VoilĂ  ce que nous faisons avec Bento : https://bento.me/strawberry-jam-band et nous avons une dizaine d’autres dans le mĂȘme genre.

Avez-vous organisĂ© un accompagnement de vos utilisateur⋅ices ? Si oui, de quelle maniĂšre (formation, tutos, support, etc.) ?

Non pas encore.  Mais j’y pense sous forme de vidĂ©o conf sur Discord.

Est-ce que votre dĂ©gafamisation a un impact direct sur votre public ou utilisez-vous des services libres uniquement en interne ? Si le public est en contact avec des solutions libres, comment y rĂ©agit-il ? Est-il informĂ© du fait que ça soit libre ?

Dans notre newsletter, j’ai largement communiquĂ© sur keskonfai, pixelfed et mastodon mais cette communication doit ĂȘtre rappelĂ©e rĂ©guliĂšrement et je vais m’y astreindre.

Un mot de la fin, pour donner envie de migrer vers les outils libres ?

BĂ©nĂ©ficier de l’adhĂ©sion de toute notre communautĂ© est un challenge que j’ai acceptĂ©. Il faut convaincre en allant Ă  la rencontre des membres et en expliquant avec un argumentaire concret Ă  toute Ă©preuve qui voit avant tout leurs intĂ©rĂȘts quotidiens !
Le potentiel du Fediverse est important. En tant qu’ingĂ©nieur, je vois bien les efforts d’interconnexion qu’il existe entre ces plateformes et je les apprĂ©cie en tant qu’utilisateur !
J’espĂšre que d’ici 6 mois/un an, je pourrai faire un bilan trĂšs positif sur cette premiĂšre Ă©tape dans la DĂ©gafamisation ! !
Merci de m’avoir donnĂ© l’occasion de m’exprimer sur ce sujet. Plus d’infos sur notre association : https://linktr.ee/AssoZikapanam

La nouvelle #solarpunk du jour : « 100 Papier Â»

Pour la deuxiĂšme fois, Framasoft participe, au sein de l’UniversitĂ© de Technologie de CompiĂšgne (UTC), Ă  une semaine de cours sur le thĂšme des lowtechs et du Solarpunk.

Les Ă©tudiant⋅es ont pour mission d’écrire (sans se faire aider par l’I.A. !) des nouvelles dans cet univers, qui sont publiĂ©es ici et participeront Ă  un concours organisĂ© par Low-Tech Journal. Ces nouvelles ont Ă©tĂ© lues en direct sur la radio indĂ©pendante Graf’Hit. La lecture de cette nouvelle est Ă©coutable ici :

Aujourd’hui, dĂ©couvrons un Ă©trange personnage accroc au papier dans un monde oĂč ce matĂ©riau est devenu
 interdit !

100 Papier

Auteur·rices : Zatar Myriam , ASPE Candice , MOURCHID Soumaya ,GAO Rongtian, KADRI Elias, Nkoumba Eric Donald

Ce document est disponible sous licence CC-BY-SA.

« Bonjour Paris, il est 8 heures, on est le 9 septembre 2042 et la journĂ©e s’annonce ensoleillĂ©e ! Aujourd’hui, je rappelle que c’est la douziĂšme journĂ©e mondiale sans papier. Alors, la question du jour est : comment vivez-vous sans papier ? Tout le monde est invitĂ© Ă  laisser un message sur notre ToothBook. Â»

« Bonjour Ă  tous ! Vous ĂȘtes chanceux aujourd’hui, je suis un prĂ©curseur de la vie sans papier ! Je m’appelle Jordan. Ça fait 20 ans que je l’ai aboli. Avec mon casque VR et mon PC, je vis la belle vie tout en protĂ©geant la planĂšte. Je peux jouer Ă  GTA et envoyer un mail en mĂȘme temps ! Le papier Ă©tait une vĂ©ritable catastrophe Ă©cologique. Maintenant, je m’amuse sans couper aucun arbre ! Â» 

LĂ©on Roman Ă©teignit sa radio, marmonnant des injures : « Comment avez-vous pu
 Â» 

« ChĂ©ri, regarde devant toi ! Â» s’exclama Juliette en tendant le bras depuis le siĂšge passager. 

Devant, la police effectuait une fouille des vĂ©hicules. La voiture freina, Ă©crasant la ceinture de sĂ©curitĂ© sur le ventre arrondi de sa femme. Son mari inspira bruyamment, le cƓur battant Ă  tout rompre, face aux gyrophares bleus et rouges vers lesquels ils progressaient lentement. Il ne remarqua pas la goutte de sueur coulant sur son front. Le souvenir de sa rencontre avec la police lors de la prĂ©cĂ©dente manifestation lui procura une impression dĂ©sagrĂ©able. 
Loin d’ĂȘtre dupe, LĂ©on respirait de plus en plus vite : de toute Ă©vidence, ils Ă©taient en quĂȘte de contrebande. Et juste sous la banquette arriĂšre de sa voiture se trouvait aujourd’hui le trafic le plus important au monde : du papier.

Un jeune policier, le regard vif et un sourire crispĂ© sur le visage, s’approcha du jeune couple.

— Bonjour madame et monsieur, inspecteur Hernandez. Nous sommes tenus de contrĂŽler tous les vĂ©hicules. Sortez du vĂ©hicule. OĂč allez-vous ?

— Nous allons Ă  la campagne chez ma belle-famille jusqu’à l’accouchement de ma femme, rĂ©pondit LĂ©on, d’une voix plus aiguĂ« que d’habitude. Un peu en retrait, Juliette observait l’échange, priant pour que l’interrogatoire se finisse sans encombre. Les deux policiers soulevĂšrent la banquette arriĂšre, dĂ©voilant une pile de livres, Ă  sa grande surprise.

— Cela n’a rien Ă  voir avec ma femme, vous ne
, s’écria LĂ©on, avant d’ĂȘtre plaquĂ© au sol.

— Épargnez-nous ces bĂȘtises, vous en parlerez au juge.

Quelques mois plus tard, la jeune femme, son bĂ©bĂ© sur les genoux, pĂąle de rage, recevait un appel. « Oui, Roman, ici MaĂźtre Gimenez. Je suis au regret de vous annoncer la condamnation Ă  perpĂ©tuitĂ© de votre mari pour trafic de papier. Â»

« Bonjour Paris, il est 8h, on est le 9 septembre 2152 et la journĂ©e s’annonce caniculaire ! N’oubliez pas de vous hydrater et de vous abriter durant les heures les plus chaudes. On accueille aujourd’hui sur notre chaĂźne le spĂ©cialiste M. 
 Â»

Mathieu coupa l’hologramme en jurant. Encore une fois, il allait devoir installer le « Sunshade Â», un pare-soleil blanc de son invention. En effet, il a lu que le blanc est la couleur qui absorbe le moins la chaleur. Aujourd’hui, c’était le grand jour ! 

Mathieu descendit dans sa cave, pour Ă©chapper Ă  la chaleur Ă©touffante qui alourdissait l’atmosphĂšre. Son plan, prĂ©parĂ© depuis plusieurs annĂ©es, nĂ©cessitait encore quelques retouches. Les escaliers craquaient sous ses pieds alors qu’il descendait dans l’obscuritĂ© rafraĂźchissante de sa bibliothĂšque secrĂšte, hĂ©ritĂ©e de sa famille. Des livres ouverts jonchaient le sol, annotĂ©s d’une Ă©criture soignĂ©e. Les murs Ă©taient couverts de cĂąbles, de serveurs et d’écrans lumineux. 

9h00 : il s’installa devant son poste de travail, ajustant les lignes de code qu’il avait prĂ©parĂ©es. Chaque partie qu’il modifiait le rapprochait de son objectif : dĂ©montrer les vulnĂ©rabilitĂ©s d’une sociĂ©tĂ© entiĂšrement numĂ©rique.

J’ai jusqu’à minuit pour exĂ©cuter mon plan, avant la mise Ă  jour des serveurs

Sous la pression, il fabriquait des cigarettes en dĂ©chirant des pages de livre. Des recettes de cuisine par-ci, des extraits de comĂ©die par lĂ . AprĂšs tout, qui aurait besoin de savoir faire une bĂ©chamel ou de lire des piĂšces ennuyeuses ? Les mots imprimĂ©s se transformaient en fumĂ©e et remplissaient l’air de la cave d’un Ă©pais nuage gris.

10h00 : il recevait un coup de fil de sa petite amie Soraya, ingĂ©nieure Ă  l’Agence de Sauvegarde des DonnĂ©es Nationales. Une journĂ©e portes ouvertes du macro serveur X2150 Ă©tait prĂ©vue sur invitation.

11h00 : il avait dĂ©jĂ  fumĂ© sa 39Ăšme clope, le livre de cuisine arrivait bientĂŽt Ă  sa fin.
 11h45 : « Ă‡A Y EST ! Â», cria-t-il, « La clĂ© USB est prĂȘte. Â»

Son plan Ă©tait simple mais brillant. Le virus qu’il avait crĂ©Ă© Ă©tait conçu pour tout dĂ©truire sur son passage.

12h00 : pour se rĂ©compenser de sa victoire, il prit une longue inspiration : « il est temps de fumer Â».

12h15 : Mathieu commença Ă  prĂ©parer ses affaires. Je suis tellement stressĂ©, je ne tiendrai pas la journĂ©e sans papier, songea-t-il en fouillant frĂ©nĂ©tiquement dans ses Ă©tagĂšres. Il chercha un livre d’oĂč il pourrait arracher des feuilles pour faire ses cigarettes. En ouvrant le premier venu, il dĂ©couvrit d’anciennes notes familiales entre les pages. SubmergĂ© par la culpabilitĂ©, il referma dĂ©licatement le livre et en prit un autre. Cette fois, il choisit un vieux recueil de contes pour enfants et, avec une nouvelle pointe de honte, arracha plusieurs pages.

13h00 : il quitta son appartement en direction du centre-ville. Il marchait, jetant des coups d’Ɠil Ă  sa montre. Le bĂątiment de l’ASDN n’était pas loin, mais chaque minute lui semblait une Ă©ternitĂ©.

14h00 : « Bienvenue, mesdames et messieurs, Ă  la journĂ©e d’inauguration du Macro serveur X2150 Â», annonça un prĂ©sentateur.

15h00 : aprĂšs avoir fait une visite guidĂ©e des lieux avec Soraya, Mathieu se dirigea vers le stand d’exposition de la maquette du X2150.

16h00 : un baiser langoureux lui permit de subtiliser Ă  Soraya son badge d’accĂšs Ă  la salle des machines.

17h00 : Mathieu n’avait toujours pas trouvĂ© la salle des machines, peu habituĂ© Ă  utiliser la padlocalisation. Il se cacha pour fumer des clopes de plus.

18h00 : aprĂšs plusieurs essais, il rĂ©ussit enfin Ă  identifier le chemin d’accĂšs vers la salle des machines.

19h00 : Mathieu effectua un dernier tour en salle des machines. Puis il rejoignit Soraya dans le hall.

20h00 : des applaudissements retentirent en l’honneur de Soraya. Sa prĂ©sentation fit un carton !

21h00 : Mathieu s’approcha pour la fĂ©liciter. Il se dirigea vers les toilettes avant de rejoindre la salle des machines.

22h00 : les mains tremblantes, il insĂ©ra sa clĂ© USB dans un serveur. La barre de transfert s’afficha Ă  l’écran : « TĂ©lĂ©chargement du fichier en cours  %2 % Â». Ça y est, j’ai rĂ©ussi ! ÉpuisĂ© et ruisselant de sueur, il se laissa tomber sur une chaise. Il profita de cette pause bien mĂ©ritĂ©e pour entamer sa 87Ăšme clope de la journĂ©e.

22h10 : « OÙ EST MON BADGE ? ! Â» s’exclama Soraya. Elle fonça Ă  son bureau et se jeta sur son PC. Elle localisa le badge dans la salle des machines et remarqua le tĂ©lĂ©chargement d’un fichier inconnu en cours. Elle parvint Ă  le stopper puis prĂ©vint la police.

22h30 : des bruits dans le couloir de plus en plus proches se firent entendre. Mathieu barricada la porte. « POURQUOI LE TÉLÉCHARGEMENT N’AVANCE PLUS ? ! Â». Des mĂ©gots s’accumulaient au sol, une voix grave se fit entendre de l’autre cĂŽtĂ© de la porte :

— Police ! Sortez immĂ©diatement ou on enfonce la porte !

Illustration « Smoke design Â» par HervĂ© Simon (CC By Sa 2.0)

— Je vous interdis de tenter quoi que ce soit sinon JE VAIS TOUT CRAMER ! La sueur perlait sur son front, et chaque mouvement semblait plus laborieux que le prĂ©cĂ©dent. La patience des policiers Ă©tait mise Ă  l’épreuve. Certains d’entre eux commençaient Ă  se lasser de cette opĂ©ration. D’autres vĂ©rifiaient leur Ă©quipement. Quelques-uns Ă©changeaient des blagues nerveuses pour allĂ©ger la tension.

23h00 : assis dans la pĂ©nombre, les mains tremblantes, le regard perdu, il savait que la police finirait par entrer. Ses pensĂ©es tourbillonnaient, une tempĂȘte de regrets et de colĂšre contre une sociĂ©tĂ© qui l’avait poussĂ© Ă  bout. « Pourquoi ? Â» murmura-t-il en fixant la barre de tĂ©lĂ©chargement statique. « Une sociĂ©tĂ© sans Ăąme, sans mĂ©moire. Ils disent que le papier est obsolĂšte, que tout doit ĂȘtre numĂ©rique. Mais le papier, c’est l’histoire, c’est la culture, c’est nous. Â»

23h12 : il se leva lentement, les jambes flageolantes, et s’approcha de la porte. « Si prĂšs du but
 Â»

— Commissaire, il faut intervenir, on ne peut pas attendre plus longtemps !

— Non, surtout pas. Les serveurs sont trop prĂ©cieux. Si on cause des dĂ©gĂąts, ce sera encore pire. La seule chose qu’on puisse faire, c’est le persuader.

23h28 : il fuma sa derniĂšre lueur d’espoir avec sa 100Ăšme clope, ignorant les appels insistants de la police.

00h00 : Les larmes coulaient lentement sur ses joues alors que la fumĂ©e noire envahissait la piĂšce, une chaleur intense l’enveloppant. Les alarmes se dĂ©clenchĂšrent, stridentes. « Peut-ĂȘtre qu’un jour, ils comprendront
 Â»

« Bonjour Paris, il est 8h, on est le 10 septembre 2152, et la journĂ©e s’annonce Ă©touffante ! Aux derniĂšres nouvelles, un acte terroriste a Ă©tĂ© commis cette nuit. La salle des serveurs de l’ASDN a Ă©tĂ© incendiĂ©e, entraĂźnant la perte totale des donnĂ©es du pays. L’auteur de cet acte, identifiĂ© comme Mathieu Roman, descend d’une cĂ©lĂšbre famille de terroristes. Il a pĂ©ri dans l’incendie. Â»

Soraya, encore sous le choc des Ă©vĂ©nements de la veille, Ă©coutait le cƓur serrĂ© Ă  l’annonce du nom de Mathieu. « Non
 ça ne peut pas ĂȘtre vrai
 Â»

50 ans plus tard
 Des enfants s’amusaient dans le parc. L’un d’eux s’aventura un peu plus loin qu’à son habitude. Et lĂ , il l’aperçut, Ă  moitiĂ© cachĂ© sous une pierre, un livre abĂźmĂ© intitulĂ© « La culture des pommes de terre au XXIe siĂšcle Â». Il y manquait des pages
 Fier de sa trouvaille, le petit garçon courut montrer le livre Ă  ses parents.

« C’est quoi, les pommes de terre ? Â»

"Solarpunk flag, blue diagonal" by @Starwall@radical.town is licensed under CC BY-SA 4.0.

La nouvelle #solarpunk du jour : « Les Lozacs, rĂ©invention d’un mode de vie Â»

Pour la deuxiĂšme fois, Framasoft participe, au sein de l’UniversitĂ© de Technologie de CompiĂšgne (UTC), Ă  une semaine de cours sur le thĂšme des lowtechs et du Solarpunk.

Les Ă©tudiant⋅es ont pour mission d’écrire (sans se faire aider par l’I.A. !) des nouvelles dans cet univers, qui sont publiĂ©es ici et participeront Ă  un concours organisĂ© par Low-Tech Journal. Ces nouvelles ont Ă©tĂ© lues en direct sur la radio indĂ©pendante Graf’Hit. La lecture de cette nouvelle est Ă©coutable ici :

Aujourd’hui, les Lozacs essaient de profiter des bienfaits de la nature sans en abuser.

Les Lozacs, rĂ©invention d’un mode de vie

Auteur·rices : Anna, Kamilia, MĂŽmo, Wahida, JĂ©rĂŽme, Paul

Ce document est disponible sous licence CC-BY-SA.

Chaque jour, Ninon Ă©tait la premiĂšre des Lozacs Ă  se lever. Elle sifflait Ă  travers le zimcuat, une sorte de trompette qui permettait de rĂ©veiller les autres membres de la communautĂ©. C’était le printemps : Ninon rĂ©coltait les tomates dans le jardin participatif. Puis elle salua Robin et Emma au loin.

À ses dĂ©buts, le jardin ressemblait Ă  un petit potager avec quelques bacs en bois. On y pratiquait exclusivement de la permaculture afin d’obtenir divers fruits et lĂ©gumes. Au fil du temps, les Lozacs s’étaient habituĂ©s Ă  ces tĂąches qu’ils trouvaient auparavant laborieuses, ils avaient compris que chaque goutte compte pour remplir le seau. GrĂące aux efforts constants et collectifs, de nouvelles techniques avaient Ă©tĂ© introduites comme les serres faites maison. Des plaques de verre rĂ©cupĂ©rĂ©es et des bottes de paille protĂ©geaient les rĂ©coltes des intempĂ©ries. Le jardin Ă©tait alimentĂ© en eau Ă  l’aide d’un systĂšme initiĂ© par Ninon. Celui-ci Ă©tait placĂ© au centre d’un genre de petite station d’eau. De larges gouttiĂšres rĂ©cupĂ©raient l’eau de pluie puis Ă©taient raccordĂ©es Ă  un entonnoir. Elles se rejoignaient ensuite pour former un flux d’eau plus important. Enfin, l’eau Ă©tait rĂ©cupĂ©rĂ©e dans de larges cuves remplies d’un mĂ©lange de roches, tissus et cĂ©ramiques permettant de filtrer l’eau et de la rendre potable. Ce systĂšme Ă©voquait Ă  Ninon une rĂ©flexion de son grand-pĂšre : « Tous les fleuves sont issus de ruisseaux Â».

À l’origine, alors que les limites planĂ©taires avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©passĂ©es, des citoyens s’étaient opposĂ©s Ă  un projet de zone commerciale sur des prairies et une forĂȘt. La prĂ©fecture avait fini par retirer son accord, Ă©vitant ainsi la destruction de la forĂȘt, aprĂšs l’installation d’une Zone À DĂ©fendre. Cet Ă©vĂ©nement marqua la naissance des Lozacs, avec le slogan « PrĂ©servons la nature, cĂ©lĂ©brons la biodiversitĂ© ! Â». Ils embrassĂšrent, sans se l’ĂȘtre dit, un mode de vie simple et Ă©cologique, devenant une source d’inspiration pour un nouveau modĂšle de sociĂ©tĂ©.

À son arrivĂ©e chez les Lozacs, Ninon gardait en elle un projet qui lui Ă©tait cher : la culture raisonnĂ©e du blĂ©. Elle avait convoquĂ© un souvenir agrĂ©able : le pain chaud et moelleux avec son odeur allĂ©chante. Certains restaient sceptiques Ă  l’idĂ©e de faire des cultures, qui allaient forcĂ©ment prendre de la place sur les espaces naturels.

Alors que les discussions aillaient bon train et que les opinions divergeaient, la question se rĂ©suma Ă  : jusqu’oĂč Ă©taient-ils prĂȘts Ă  aller pour Ă©quilibrer tradition et innovation, respect de la nature et besoins de la communautĂ© ? Elle continua Ă  dĂ©fendre son idĂ©e d’usage raisonnĂ©.

— Du coup tu voulais utiliser la forĂȘt ? demanda Emma.

— Ouais c’est ça, rĂ©pondit Ninon.

— Mais jusque-lĂ , on ne l’a jamais fait.

— Oui, mais ce n’est pas parce qu’une chose n’a encore jamais Ă©tĂ© faite qu’on ne pourrait pas le faire, dit Ninon.

— Comment verrais-tu les choses ?

— On pourrait utiliser les ressources Ă  notre disposition comme le bois des arbres ou encore rĂ©colter des fruits Ă  notre guise, proposa Ninon.

— Mmmh, je ne pense pas que ce soit une bonne idĂ©e. L’exploitation des ressources naturelles a toujours menĂ© Ă  des dĂ©rives. La forĂȘt est une zone avec une forte biodiversitĂ©, nous ne devrions toucher Ă  aucun fruit qui lui appartienne ! rĂ©torqua Emma.

Le groupe hocha la tĂȘte.

— Ce que tu peux ĂȘtre cul-cul Emma ! s’emporta Ninon. Aujourd’hui, c’est diffĂ©rent ! Nos techniques ont drastiquement changĂ© puisqu’on a rĂ©duit l’emploi de technologies.

— Ce qu’on pourrait faire c’est qu’on pourrait mettre en place des lois et des limites concernant l’exploitation de la forĂȘt, proposa Robin qui comprenait les deux points de vue et souhaitait trouver la meilleure solution pour la communautĂ©.

— D’accord, dit Emma, mais la crainte que j’ai et je pense qu’elle est partagĂ©e, c’est que nous allons encore tout faire foirer ! C’est-Ă -dire qu’au dĂ©part on va ĂȘtre plutĂŽt sympathiques et vertueux, mais on va progressivement dĂ©passer les limites.

— Mais pas du tout ! On pourrait trĂšs bien mettre en place des quotas par rapport Ă  ce qui sort de la forĂȘt, comme ça on ne perturberait pas son Ă©quilibre ! rĂ©pondit Ninon.

— Il faudra alors tout rĂ©glementer, rĂ©pondit Robin qui semblait pensif.

— Exactement, ça pourrait ĂȘtre une idĂ©e, dit Emma.

— Je propose qu’on en discute avec les autres membres, convoquons la communautĂ© et prenons des dĂ©cisions tous ensemble et formellement, dit Robin qui remarqua qu’on Ă©coutait avec attention le dĂ©bat.

— GĂ©nial, ça me va ! s’exclama Ninon.

Illustration par JĂ©rĂŽme Leclere (CC By Sa)

Ce dĂ©bat marquait le dĂ©but d’un renouveau pour les Lozacs, oĂč ils exploreraient ensemble les limites de leur utopie. Il questionnait sur l’utilisation des communs. Le dĂ©bat venait de mettre en lumiĂšre que ce qui semblait ĂȘtre des Ă©vidences, des idĂ©aux, n’en Ă©taient pas nĂ©cessairement. Une chose Ă©tait certaine, sans dialogue les idĂ©aux ne pourraient pas exister. À la suite de cela, beaucoup d’autres discussions allaient avoir lieu :

— L’eau Ă©tait-elle un bien dont il faut la rĂ©server un usage plutĂŽt qu’à un autre ?

— Les habitations faisaient-elles l’objet d’une propriĂ©tĂ© privĂ©e et exclusive Ă  un individu ?

— Fallait-il penser une communautĂ© gĂ©rĂ©e de maniĂšre nĂ©cessairement horizontale ?

— Ă‰tait-il normal et viable de privilĂ©gier un mode de vie toujours plus sobre ?

Une nouvelle Ăšre de questionnements et de rĂ©flexions s’ouvrait devant eux, en donnant l’espoir de construire un avenir durable et partagĂ© sans ambiguĂŻtĂ©.

Ninon contemplait le coucher du soleil depuis la colline surplombant le village, elle se rappela des paroles de son grand-pĂšre : « La nature nous parle si nous savons l’écouter Â» Elle se tourna vers la forĂȘt, sentant un lien profond avec chaque arbre, chaque ruisseau. Le dilemme des Lozacs ne serait pas rĂ©solu par des rĂšgles strictes, mais par une comprĂ©hension collective et une adaptation constante. Ensemble, ils allaient dĂ©finir de nouvelles frontiĂšres pour leur avenir, oĂč l’harmonie avec la nature serait au cƓur de chaque dĂ©cision.

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La nouvelle #solarpunk du jour : « Archipel Â»

Pour la deuxiĂšme fois, Framasoft participe, au sein de l’UniversitĂ© de Technologie de CompiĂšgne (UTC), Ă  une semaine de cours sur le thĂšme des lowtechs et du Solarpunk.

Les Ă©tudiant⋅es ont pour mission d’écrire (sans se faire aider par l’I.A. !) des nouvelles dans cet univers, qui sont publiĂ©es ici et participeront Ă  un concours organisĂ© par Low-Tech Journal. Ces nouvelles ont Ă©tĂ© lues en direct sur la radio indĂ©pendante Graf’Hit. La lecture de cette nouvelle est Ă©coutable ici :

Aujourd’hui, on fuit un monde dystopique pour dĂ©couvrir une sociĂ©tĂ© organisĂ©e en villages interdĂ©pendants


Archipel

Auteur·rices : MT, M, Paul, KC, LĂ©a et Loul

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— Bonjour Zaden, il est huit heures.

— Bonjour Alann, ouvre les volets, allume la lumiĂšre.

— Bien sĂ»r ! Pour votre petit-dĂ©jeuner, souhaitez-vous de la confiture ?

— Du beurre. Ah ! Allume la salle de bain et lance la playlist.

— Tout de suite. Vos vĂȘtements sont prĂȘts, dans le tiroir du bas.

— Alann, quelles sont les nouvelles aujourd’hui ?

— Aujourd’hui 15 janvier 2042, 8h23, il fait 16°C et il pleut, la qualitĂ© de l’air est bonne. Le pic de particules epsilon se maintient au-dessus de la ville Ă  cause d’un anticyclone. L’entreprise Tomaframe a annoncĂ© le lancement des tests du projet ITER et le gouvernement dĂ©clare travailler sur l’exploitation durable des ressources aquifĂšres du satellite Encelade.

— Merci, Alann. Il faut que j’y aille. DĂ©verrouille la porte d’entrĂ©e.

— Zaden, avant que vous ne partiez, je viens de recevoir des informations Ă  propos de votre ami Dariux.

— Hein ?

— Votre ami est dĂ©cĂ©dĂ© dans un accident de voiture hier soir.

Cette nouvelle m’assomme.

— Dis-moi oĂč il est !

— Son corps a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© incinĂ©rĂ©, je peux prĂ©venir ses parents de votre arrivĂ©e si vous le voulez.

— D’accord, fais ça !

DĂ©jĂ  incinĂ©rĂ© ? Mais pourquoi ? Jamais je n’ai parcouru le trajet reliant ma maison Ă  celle de Dariux aussi rapidement. J’arrive devant sa porte mais quelque chose m’interpelle : elle est ouverte. Je m’interroge, cela pourrait ĂȘtre les militants Ă©cologistes de la TREV qui viennent encore faire pression sur la sociĂ©tĂ© de son pĂšre. Je glisse mon regard dans l’entrebĂąillement et je reconnais l’uniforme noir de deux membres du gouvernement ONAIME. Que peuvent-ils faire lĂ  ? Haletant, je m’approche sans faire de bruit.

« N’oubliez pas, les vraies circonstances de la mort de votre fils doivent rester secrĂštes
 Tout ce que vous devez dire c’est que votre fils est mort d’un accident de voiture Â». Cela me semble Ă©trange. Qu’est-ce qu’il se passe ?

Les deux hommes continuent : « D’autant plus qu’un groupe TREV se rassemblerait sur le BelvĂ©dĂšre. Il ne faudrait pas leur fournir un prĂ©texte. Â»

Un prĂ©texte Ă  quoi ? Je ne comprends rien. Justement un tract du TREV a Ă©tĂ© collĂ© sur le mur de la propriĂ©tĂ©. Je le reconnais, mĂȘme si je ne les lis jamais. Cette fois j’en prends connaissance. « NOTRE GOUVERNEMENT NOUS MENT Â» dit-il. Bien que quelqu’un ait tentĂ© de l’arracher, je peux dĂ©chiffrer ces quelques mots : epsilon, intoxication, Ă©cologie. La rage et l’incomprĂ©hension au ventre, je prends ma course. Je n’ai qu’une envie, celle de parler Ă  une personne qui ne me mentira pas. Je n’entends plus que les battements de mon cƓur Ă  mesure que je me dirige vers le point culminant de la ville. Quelques personnes discutent. Une femme aux cheveux gris vient Ă  ma rencontre, l’air soupçonneux.

— Bonjour, jeune homme. Tu t’es perdu ?

— Bonjour madame, c’est vous qui distribuez les tracts ? Mon ami est mort, et le gouvernement semble vouloir en dissimuler la cause
 Ils ont aussi parlĂ© de vous, je me suis dit que vous auriez peut-ĂȘtre des rĂ©ponses.

Elle m’explique.

— Si le gouvernement s’en mĂȘle, c’est sĂ»rement que ton ami est mort Ă  cause des particules epsilon.

Encore une pseudo-solution dite « verte Â» pour prĂ©server cette maudite croissance.

— Alors Dariux serait mort Ă  cause des epsilon ? Celles que le gouvernement juge inoffensives ? J’ai entendu les uniformes noirs. Ils savent que vous ĂȘtes lĂ , c’est comme ça que je vous ai trouvĂ©s.

La femme alerte immédiatement ses amis.

— Il faut qu’on bouge ! Heureusement, ils sont lourdauds alors que nous, on voyage lĂ©ger. Petit, tu peux venir avec nous si tu veux mais c’est maintenant !

D’autoritĂ©, le groupe m’embarque dans sa fuite.

°°°

Cela fait trois jours que nous marchons. Je suis Ă©reintĂ©. Manque d’entraĂźnement. Nous arrivons enfin dans un camp. Une nommĂ©e Dalia nous accueille, nous fait visiter. Elle m’explique que leur sociĂ©tĂ© est constituĂ©e de plusieurs Ăźlots d’individus organisĂ©s sous forme d’archipel.

— Ici nous sommes Ă  Luton. Chaque Ăźlot, ce que toi tu appelles « village Â», a des principes qui varient. Par exemple, ici nous ne renions pas totalement la technologie, mais nous la conservons dans son Ă©tat, le plus lowtech possible. Dans l’ülot voisin, on vit encore plus proche de la nature. Ils refusent tout appareil Ă©lectrique. Nos micro-sociĂ©tĂ©s sont interconnectĂ©es, communiquent entre elles et s’entraident pour rĂ©pondre Ă  des besoins communs. Tu savais que c’est comme cela que font les arbres ? Tu pourras choisir l’ülot dont les valeurs te correspondront le plus. Il y a tout de mĂȘme trois enseignements communs que nous, archipĂ©liens, nous efforçons d’honorer. PremiĂšrement, respecter la Terre et toute forme de vie. DeuxiĂšmement, partager. TroisiĂšmement, ne pas retomber dans les piĂšges du passĂ©. Bien sĂ»r, chacun peut s’exprimer librement et nous votons pour des propositions formulĂ©es dans la « boite Ă  idĂ©es Â».

Illustration « Last light on The Two Thumb Rang Â» par
Bernard Spragg. NZ (CC0)

Nous traversons le Jardin commun, oĂč plusieurs personnes de tous les Ăąges s’affairent. Dalia salue un homme qui prĂ©pare des boutures. Un autre demande des informations Ă  une jeune femme sur le fonctionnement technique du systĂšme de rĂ©cupĂ©ration d’eau en circuit fermĂ©. Cette eau, une fois propre, est rĂ©utilisĂ©e dans le jardin, dans les habitations, partout. Je comprends que, malgrĂ© un solide bagage thĂ©orique, il vient chercher des compĂ©tences pratiques. L’entraide est un principe clĂ© de cette civilisation.

C’est contraire Ă  tout ce que j’ai pu vivre. De lĂ  oĂč je viens, les connaissances Ă©taient surtout descendantes, une personne enseignant Ă  des centaines. Ici, le partage de connaissance est pluridisciplinaire et se fait lors de situations concrĂštes, en petits groupes.

— Au commencement, m’explique Dalia, nous n’étions qu’une dizaine ; chacun apportait son expertise dans son domaine. Cuisine, mĂ©canique, organisation, bĂątiment
 Mais c’était limitĂ©. Aujourd’hui que nous sommes plus nombreux, nous avons gardĂ© ce modĂšle et l’effet en est dĂ©multipliĂ©.

— Pourquoi le savoir et les compĂ©tences ne seraient-ils pas communs Ă  tous, de sorte qu’ils ne se perdent pas ?

—  Poste ça dans la boite Ă  idĂ©es, me taquine Dalia.

°°°

Cela fait maintenant cinq ans que je suis lĂ . Je ne m’ennuie jamais. La communautĂ© s’élargit. Nous sommes passĂ©s Ă  dix Ăźlots. Ma proposition s’est concrĂ©tisĂ©e, voici ALANN, l’AcadĂ©mie Libre pour l’AccĂšs aux Nouvelles Notions. Nous y dĂ©veloppons les solutions de demain en mettant l’accent sur la collaboration, l’accĂšs libre aux savoirs et la pluralitĂ© des idĂ©es. Aujourd’hui j’y anime l’atelier panneaux solaires, pour rĂ©parer ceux que nous avons rĂ©cupĂ©rĂ©s l’étĂ© dernier.

— Euh, Zaden
 je comprends pas pourquoi ça ne marche pas.

— Il faut y aller pas Ă  pas, Jorj. Regarde, une des cellules sur cette ligne est morte. Le plus simple, c’est d’en rĂ©cupĂ©rer une bonne sur un panneau irrĂ©parable.

— D’accord, je vais chercher le fer Ă  souder. On le fait ensemble ?

— Bien sĂ»r !

J’ai moi-mĂȘme appris les rudiments de l’électronique avec Dalia.

— J’y pense, Jorj, aprĂšs je te montrerai comment on transforme un vieux panneau en chauffe-eau solaire. On en a besoin pour l’habitation du nouvel arrivant.

— J’suis partant !

Je trouve fascinant que les connaissances puissent ruisseler de façon aussi fluide entre les archipĂ©liens. Depuis son arrivĂ©e dans l’ülot, j’ai assistĂ© avec fiertĂ© Ă  l’évolution de Jorj. Il dĂ©borde d’enthousiasme. Dariux Ă©tait comme lui. Il aurait adorĂ© cette vie. En prĂ©parant un petit sac dans ma chambre, je me souviens de ma premiĂšre leçon : voyager lĂ©ger. Demain, avec un groupe d’amis, on s’en va explorer les autres Ăźlots. J’ai hĂąte.

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La nouvelle #solarpunk du jour : « Le Compromis Â»

Pour la deuxiĂšme fois, Framasoft participe, au sein de l’UniversitĂ© de Technologie de CompiĂšgne (UTC), Ă  une semaine de cours sur le thĂšme des lowtechs et du Solarpunk.

Les Ă©tudiant⋅es ont pour mission d’écrire (sans se faire aider par l’I.A. !) des nouvelles dans cet univers, qui sont publiĂ©es ici et participeront Ă  un concours organisĂ© par Low-Tech Journal. Ces nouvelles ont Ă©tĂ© lues en direct sur la radio indĂ©pendante Graf’Hit. La lecture de cette nouvelle est Ă©coutable ici :

Aujourd’hui, nous assistons Ă  un choc des gĂ©nĂ©rations et des modes de transports (plus ou moins) lowtechs


Le Compromis

Auteur·rices : MathĂ©o, ChrisbĂ©, Inas, Chanerle, Liu, LĂ©naeile

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Chapitre 1 : Les retrouvailles

En 2032, AndrĂ© 65 ans, un jeune retraitĂ© des sociĂ©tĂ©s de chemins de fer profite d’une journĂ©e ensoleillĂ©e sur la terrasse de sa maison. Vieux de la vieille sur la mĂ©canique des trains, AndrĂ© a passĂ© quarante-quatre ans de sa vie Ă  rĂ©parer des trains. Voyant dĂ©filer au fil des annĂ©es, tous les types de trains du Gasoil Ă  l’électrique. La retraite arrive Ă  point nommĂ© pour lui, qui veut se dĂ©tacher du monde industriel et du transport de masse. Son fils, Jaurel, 25 ans, ingĂ©nieur en informatique fraĂźchement diplĂŽmĂ© de l’universitĂ© a rejoint ses parents pour l’étĂ© :

— Belle journĂ©e, pas vrai papa ?

— Tu l’as dit ! Tu as prĂ©vu des choses Ă  faire pour aujourd’hui ?

— Je me disais que ça serait bien que nous allions à la plage. Cela fait longtemps, propose Jaurel.

— C’est bien vrai, la derniĂšre fois, tu devais avoir 10 ans ! Je m’en souviens, tu avais ton petit bob rouge et tes lunettes de soleil rondes.

— Oui, mais surtout, ce jour-lĂ , nous avions remportĂ© le concours du chĂąteau de sable. Que de bons souvenirs ! Je conduis, si tu veux, suggĂšre Jaurel.

— Conduire ? Pourquoi pas en vĂ©lo ? Demande AndrĂ©, l’air assez surpris.

AndrĂ© se souvient que Jaurel a achetĂ© une nouvelle voiture Ă©lectrique. Bien que trĂšs jolie et confortable, AndrĂ© n’est pas totalement convaincu par cette solution. En effet, sa femme et lui ont subi les effets du rĂ©chauffement climatique. . La mer est entrĂ©e de plus de 20 kilomĂštres dans les terres et les cours d’eau ont dĂ©bordĂ© dans toute la rĂ©gion, e qui a failli tuer sa femme. ProfondĂ©ment marquĂ© par cette catastrophe, AndrĂ© a adoptĂ© un mode de vie plus respectueux de l’environnement . Il a rĂ©duit son l’empreinte carbone et a favorisĂ© les solutions durables.

Illustration « VĂ©lo du matin (3) Â» par Jean-François Gornet (CC By Sa 2.0)

— Tu ne veux pas qu’on y aille comme au bon vieux temps ? À vĂ©lo, en famille ? demande AndrĂ©.

— C’est loin, papa, ça va nous prendre au moins 2 heures Ă  vĂ©lo. En plus, j’ai vu que la mĂ©tĂ©o ne va pas rester comme ça . On prĂ©voit de la pluie en milieu de journĂ©e.

En effet, la station balnéaire de Estra Kanté est située à 30 kilomÚtres du centre de la ville de Mutrus City.

— Nous avons le temps d’y rĂ©flĂ©chir, il est encore tĂŽt. Viens avec moi chercher de quoi manger ce midi. C’est Ă  l’épicerie du centre, cela n’est pas trop loin pour toi, quand mĂȘme ?

— Ne sois pas condescendant non plus, papa. Bien sĂ»r que je viens.

AndrĂ© a l’habitude de marcher jusqu’à l’épicerie un matin sur deux pour faire ses courses. C’est une sorte de thĂ©rapie pour lui, qui est encore traumatisĂ©.

en chemin la discussion se poursuit entre pĂšre et fils :

— Pourquoi est-ce que tu ne veux pas que je conduise ? Ça t’éviterait de faire des efforts sous cette chaleur, se questionne Jaurel.

— Je sais que je ne suis plus de toute jeunesse, mais je ne suis pas encore dans le cercueil, cher fils. Je pensais juste prendre un peu de temps avec toi comme avant, rĂ©pond le pĂšre avec un sourire nostalgique.

— Je me doute, mais ça serait plus pratique en voiture,non ?

— Pour ĂȘtre franc, je ne suis pas convaincu par l’électrique. Tu le sais, en plus. Je comprends l’idĂ©e, mais est-ce vraiment la solution Ă  nos problĂšmes actuels ?

— Eh bien, sans voiture, comment je fais pour mon travail, venir ici, voir mes amis ?

— C’est peut-ĂȘtre ça le problĂšme, plutĂŽt. Rien n’est Ă  taille humaine.

Sur cette remarque, tous deux arrivent Ă  l’épicerie du village. À l’entrĂ©e, ils rencontrent Christophe, un ami d’AndrĂ©. Christophe est un ancien agriculteur intensif qui dĂ©pendait lourdement des machines et des produits chimiques pour maximiser ses rendements. Plus tard, il s’est converti Ă  une agriculture low-tech au vu des changements climatiques. Il est revenu Ă  des mĂ©thodes simples et Ă  la fois enrichies avec des connaissances modernes.

— Mon vieil AndrĂ© ! s’exclame Christophe. Tu te fais rare ces derniers temps ! Laisse-moi deviner, c’est le fiston JaurĂšs ?

— Pas loin, Jaurel ! Ah Ă©coute, il faut que je m’habitue Ă  tout ce temps libre que j’ai maintenant. C’est dur, tu sais !

— Je ne te le fais pas dire ! Alors fiston, toujours dans l’informatique ?

— Oui, monsieur. Comment va votre exploitation ?

— J’ai su rebondir, on va dire. Je suis reparti de zĂ©ro, ça m’a permis de me poser les bonnes questions. C’est ça le plus compliquĂ©, Jaurel, savoir poser les bonnes questions et trouver des solutions ensemble. Maintenant je rĂ©flĂ©chis Ă  des projets utiles, accessibles et durables pour la population.

AndrĂ©, Jaurel et Christophe continuent de discuter pendant quelques minutes sur les projets que Christophe rĂ©alise en ce moment. Christophe sort de l’épicerie, tout comme AndrĂ© et Jaurel aprĂšs avoir achetĂ© de quoi manger. Sur le chemin du retour, AndrĂ© explique Ă  son fils son point de vue :

— Tu sais fils, je sais que depuis peu, tu t’intĂ©resses aux problĂ©matiques climatiques. Cependant, je crois que tu te trompes de mĂ©thode pour rĂ©pondre au problĂšme. J’ai vu que les machines se voulant Ă©cologiques ne le sont pas tout le temps. Tu connais l’effet rebond ? Une voiture, un train, c’est pas diffĂ©rent. Regarde, quand j’étais jeune, les trains Ă©lectriques dĂ©barquaient. Tout le monde Ă©tait Ă©poustouflĂ© par ces nouvelles machines, plus performantes, plus Ă©conomes, mais qui savait qu’on utilisait du gaz ou du charbon pour produire l’électricitĂ© du train ?

— TrĂšs bien, mais maintenant, l’électricitĂ© est en partie produite par du renouvelable chez nous ! rĂ©fute Jaurel, un air de dĂ©fi dans ses yeux.

— Chez nous, oui ! Mais ailleurs ? Le problĂšme est mondial, pas local. Et puis une partie ne vaut pas 100 %. AndrĂ© s’arrĂȘte un instant, posant une main sur l’épaule de son fils.

— 100 % d’énergie renouvelable, c’est un mythe, papa, et tu le sais, un soupçon de frustration dans la voix.

— Sans doute, mais en rĂ©duisant notre consommation, en rĂ©flĂ©chissant plus au but de nos crĂ©ations, de nos besoins, il y a une possibilitĂ© que ça marche.

— Tout le monde n’est pas prĂȘt Ă  ça.

— Si c’est un effort collectif, alors oui j’en suis persuadĂ©. Regarde, si tu fais l’effort de partir Ă  vĂ©lo, tu ne consommes pas d’électricitĂ©. Cette Ă©nergie peut ĂȘtre utilisĂ©e ailleurs par un systĂšme qui est vital pour d’autres personnes. Pense Ă  ta santĂ©. Pense aux Ă©conomies que tu ferais si tu utilisais des moyens de transport alternatifs ou partagĂ©s. Au-delĂ  des transports alternatifs, tu te rends compte du nombre d’heures que tu dois travailler pour payer une voiture ? Certes, la voiture est plus rapide, mais seulement Ă  des moments prĂ©cis. Tu ne vis pas sur l’autoroute Ă  ce que je sache ? En supposant une consommation d’énergie de cinquante centimes par kilomĂštre, on doit non seulement conduire pendant une demi-heure pour parcourir les trente kilomĂštres, mais aussi travailler pendant une heure et demie pour gagner les quinze euros pour couvrir les frais de ce trajet. Au total, on consacre deux heures pour parcourir trente kilomĂštres en voiture. Tu te rends compte ? Jaurel prenant le temps de cogiter sur ce que son pĂšre vient de lui dire, finit par cĂ©der.

— OK, on prendra le vĂ©lo.

Chapitre 2 : Le trajet

L’un des vĂ©los d’AndrĂ© est en trĂšs bon Ă©tat et l’autre demande une petite touche de Il est onze heures quand les deux partent de la maison. Le rĂ©seau de pistes cyclables a Ă©tĂ© grandement amĂ©liorĂ© et sĂ©curisĂ© aprĂšs l’inondation de 2026. Les riverains touchĂ©s par l’inondation ont souhaitĂ© rĂ©duire l’impermĂ©abilisation des sols en amĂ©liorant le rĂ©seau cyclable. La piste vers la plage est pittoresque, bordĂ©e de champs verdoyants et de maisons colorĂ©es, promettant une belle journĂ©e.

Cependant, aprĂšs vingt-cinq minutes de route, la pluie annoncĂ©e par les prĂ©visions mĂ©tĂ©orologiques s’invita.

— La pluie n’est pas un obstacle ! s’exclame AndrĂ©. D’autant plus que la chaussĂ©e n’est pas glissante et le faible vent permet de poursuivre ce trajet Ă  vĂ©lo. D’ailleurs, les grands tours sont rarement perturbĂ©es par la pluie.

On aurait dit un gĂ©nĂ©ral d’armĂ©e galvanisant ses troupes. L’intensitĂ© de la pluie et celle du vent augmentent soudain. En un laps de temps, la visibilitĂ© se rĂ©duit Ă  tel point que Jaurel Ă  du mal Ă  voir son pĂšre qui se trouve Ă  cinq mĂštres devant lui. Ces conditions les obligent Ă  stopper loin de toute habitation et Ă  s’abriter sous un arbre. D’un air stupĂ©fait, Jaurel interpelle son pĂšre :

— C’est Ă  n’y plus rien comprendre, ce temps ! Les prĂ©visions mĂ©tĂ©o ne servent plus Ă  rien !

— Le rĂ©chauffement climatique, malheureusement. Ça me rappelle l’inondation, je suis un peu inquiet pour ta mĂšre.

— Nous sommes Ă  mi-chemin, la pluie va nous ralentir, mais nous pouvons ĂȘtre rentrĂ©s dans une heure et demie Ă  vue de nez.

— Pas sĂ»r que ce soit une bonne idĂ©e, nous risquons d’ĂȘtre emportĂ©s avec toute cette eau. Je dois bien l’avouer, je n’ai pas d’autres solutions pour rentrer.

— Si j’avais su, je t’aurais forcĂ© Ă  prendre la voiture. Nous aurions pu arriver plus rapidement auprĂšs de maman.

— MĂȘme s’il nous arrive des problĂšmes, le principal, c’est d’avancer, de se poser les bonnes questions. Quoi qu’il arrive, on ne doit pas abandonner ! Je pense qu’on peut inventer une application pour fournir des informations sur la mĂ©tĂ©o, la qualitĂ© de l’air, etc. pour les cyclistes. Combiner high-tech et low-tech afin de favoriser le low-tech, c’est acceptable non ?

— Eh bien non ! L’application donnera les mĂȘmes mauvais rĂ©sultats que le site de la mĂ©tĂ©o ! C’est du solutionnisme technologique, ton affaire, rien d’autre !

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La nouvelle #solarpunk du jour : « Bunkertech Â»

Pour la deuxiĂšme fois, Framasoft participe, au sein de l’UniversitĂ© de Technologie de CompiĂšgne (UTC), Ă  une semaine de cours sur le thĂšme des lowtechs et du Solarpunk.

Les Ă©tudiant⋅es ont pour mission d’écrire (sans se faire aider par l’I.A. !) des nouvelles dans cet univers, qui sont publiĂ©es ici et participeront Ă  un concours organisĂ© par Low-Tech Journal. Ces nouvelles ont Ă©tĂ© lues en direct sur la radio indĂ©pendante Graf’Hit. La lecture de cette nouvelle est Ă©coutable ici :

Aujourd’hui, suivons les aventures d’un contrĂŽleur des ressources dans un bunker oĂč deux populations cohabitent tant bien que mal


Bunkertech

Auteur·rices : Elsa MENUGE, Alexandre MERIMEE, Ness noĂ© MOUSSOYI, RaphaĂ«l P., Quentin CEYSSON, Guillaume BERLINERBLAU

Ce document est disponible sous licence CC-BY-SA.

Nous sommes en 2042, cela fait environ 5860j-3h-35min que nous habitons dans un ancien bunker. Une pandĂ©mie volatile a touchĂ© la Terre dĂ©cimant 99.8 % de la population. Le bunker est sĂ©parĂ© en deux factions. Les lowtech se nourrissent essentiellement de lĂ©gumes et optimisent leur utilisation d’électricitĂ©. Tandis que les hightech se nourrissent d’aliments lyophilisĂ©s et se concentrent dans le stockage d’énergie Ă©lectrique. Les lowtech veillent pendant que les hightech dorment et inversement. Cela a Ă©tĂ© mis en place pour rĂ©duire le flux de mouvement dans le bunker. Je suis le contrĂŽleur des ressources du bunker, c’est pourquoi je rencontre souvent les deux factions. Malheureusement, cela fait deux semaines qu’une rumeur sur une mystĂ©rieuse maladie sĂ©vit.

La participation de Dominique et Bobby, qui appartiennent à la faction hightech, a été souhaitée par Odin, le chancelier. Je dois donc les réveiller


— Je suis crevĂ©, Jarvis. J’ai dormi Ă  peine deux heures ! Appelle les gueux plutĂŽt que nous ! s’exclame Bobby commençant Ă  suer Ă  peine sorti de son lit.

— Cela doit ĂȘtre sĂ©rieux si nous sommes convoquĂ©s sur l’horaire des pĂ©cores, soupire Dominique en sortant doucement de sa demeure.

Je les accompagne dans la salle de contrĂŽle oĂč se trouvent dĂ©jĂ  des membres de la faction lowtech.

— Que se passe-t-il ici ? s’interroge Arthur.

— J’aimerais bien le savoir aussi. Qui ĂȘtes-vous ? rĂ©pond Dominique en les pointant avec sa canne.

— Arthur, chef de la faction lowtech. Vous ĂȘtes ? dit Arthur, le menton relevĂ©, la moustache agressive.

— Oh, on se retrouve avec les clodos ! Je suis Dominique, le responsable de la faction hightech, dit celui-ci en bĂątonnant le sol.

Je ressens l’électricitĂ© dans l’air. Soudain, la voix d’Odin retentit l depuis les haut-parleurs.

— Bonsoir Ă  tous. Je vous ai rĂ©unis aujourd’hui, car la filtration de l’air est dĂ©faillante. La santĂ© de la population est en danger. Dix occupants du bunker sont victimes d’une maladie semblable Ă  l’épidĂ©mie qui fait rage Ă  l’extĂ©rieur. Le taux de contamination de l’air augmente. Vous devez trouver une solution. La survie de tout le monde en dĂ©pend.

Il a le toupet d’inventer un retour de l’épidĂ©mie alors que selon mes sources, l’air est de bonne qualitĂ© et il n’y a mĂȘme pas de malade. En plus, cela fait environ 2680j que l’air extĂ©rieur est redevenu sain !

— Hum, le systĂšme de filtrage de l’air, il se situe oĂč dĂ©jĂ  ? demande Dominique.

— Il se trouve dans les canalisations, papy
 au niveau -10, prùs des machines pressurisant et filtrant l’eau.

— Allons voir, pour comprendre ce qui a bien pu se passer. Et mĂȘme si l’idĂ©e ne me plaĂźt guĂšre, les gueux doivent nous accompagner.

Je vois Charlie se tourner vers Arthur.

— Chef, je ne veux pas travailler avec des incapables, mais ça m’a l’air sĂ©rieux. Des rumeurs parlent d’une maladie avec des symptĂŽmes Ă©tranges, dit-elle en s’en approchant.

— C’est vraiment inquiĂ©tant, plusieurs de nos compagnons ont fait des malaises ces derniers temps, dit Arthur, triturant sa moustache.

— Trouver une solution avec les hightech, jamais ! Tu sais trĂšs bien que je ne peux pas collaborer avec eux. Ces vieux ploucs sont des flemmards qui gaspillent nos prĂ©cieuses ressources.

— Ils n’ont qu’à crever dans leur coin !

— MAMMA MIA, quel culot ! Vous n’acceptez pas le progrĂšs et vivez comme au Moyen Âge ! s’exclame Bobby.

Soudain, la voix d’Odin rĂ©sonne dans toute la piĂšce.

— Silence ! J’ai besoin de chacune de vos compĂ©tences. La rĂ©solution du problĂšme est urgente.

Toute l’équipe dĂ©cide de se rendre dans la salle de filtrage d’air en grommelant. Avant de les rejoindre, je dĂ©cide de m’adresser Ă  Odin seul Ă  seul :

— ODIN ! Tu te fous de tout le monde ? Tu cherches Ă  rĂ©concilier ces deux factions alors que depuis le dĂ©but tu ne fais qu’amplifier leur haine !

— TU MENS ! Je les ai sĂ©parĂ©s pour rĂ©duire l’encombrement du bunker.

— Quelle bonne blague ! Tu les forces Ă  faire du sport pour produire de l’électricitĂ©, comme des hamsters ! Juste pour alimenter ton serveur ! En plus, ils font ça en pensant fournir des ressources Ă  l’autre faction. En y repensant c’est sĂ»rement la cause de tous ces malaises. Comment peux-tu prĂ©tendre ne pas vouloir les diviser ?

AgacĂ© par son comportement, je sors de la piĂšce pour rejoindre les Ă©quipes. Le couinement de l’une de mes roulettes gĂąche un peu l’effet dramatique, mais tant pis.

On sort du monte-charge au niveau -10. Les yeux de Charlie s’écarquillent, Ă©merveillĂ©s par la tuyauterie faisant fonctionner l’ensemble du bunker, et dit devant l’impressionnante machine de filtrage :

— Chef, je ne comprends rien à toute cette technologie.

AprĂšs avoir diagnostiquĂ© le systĂšme de filtrage grĂące Ă  ses lunettes SDM, Bobby conclut :

— On n’a plus assez d’énergie pour alimenter cet Ă©quipement vĂ©tuste.

— Tout ça Ă  cause de vos inventions hyper Ă©nergivores, souligne Arthur. Il faudrait rationner le rĂ©seau Ă©lectrique qui passe par les ateliers des hightech.

— Non, on ne changera pas nos ateliers. On en a besoin pour stocker l’électricitĂ© produisant nos nourritures lyophilisĂ©es, et puis vous utilisez aussi notre Ă©nergie pour faire pousser vos graines. Il faudrait passer par les fermes des lowtech en rĂ©duisant l’utilisation de lampes Ă  UV. De toute façon, votre soja est immangeable ! fait remarquer Dominique.

— Je ne vous permets pas de dĂ©nigrer notre soja ! Il est tellement plus savoureux que la poudre qui vous sert de nourriture, s’exclame Charlie.

Cela fait 2j-5h-45min que la tension entre les deux factions ne cesse d’augmenter, je ne sais plus oĂč donner de la tĂȘte


— Je vous retrouve aujourd’hui puisqu’il y a 10 % des occupants qui sont atteints de la maladie. Il n’y aura bientĂŽt plus de place pour tous les placer en quarantaine. DĂ©pĂȘchez-vous de rĂ©soudre le problĂšme, la solution ne va pas se trouver toute seule ! presse Odin.

Il n’arrĂȘte pas d’inventer des mensonges et s’il continue, les factions vont s’en rendre compte


— Bon ! Pour voir quel est le problĂšme, j’ai ramenĂ© notre plan des installations Ă©lectriques, informe Arthur.

— Votre carte est pourrie ! Elle n’est mĂȘme pas Ă  jour
 rĂ©torque Bobby.

— Effectivement, soupire Dominique. Bobby, pose tes lunettes SDM et montre à ces gueux le vrai plan.

MĂȘme mentir, Odin ne sait pas le faire
 Il a donnĂ© deux mauvaises cartes complĂštement diffĂ©rentes. Il est vraiment minable
 Je vais les aider :

— HĂ©, ho, hĂ©, ho, je dĂ©tecte une anomalie au niveau -10 au quartier C5, suivez-moi.

Illustration « Stairs lit with colorful neon lights inside a corridor of the Atomium in Brussels Belgium Â» par Basile Morin (CC By Sa 4.0)

— Enfin arrivĂ©s ! braille Bobby. C’est un putain de labyrinthe !

— Mais qu’est ce que c’est que ce bordel ! crie Charlie. Je n’ai jamais vu cet escalier !

J’ai fait une bourde
 Ils vont arriver devant cette fameuse porte.

— Utilisons notre bonne vieille mĂ©thode pour enfoncer une porte : un bĂ©lier, propose Arthur.

Je vois quatre regards se tourner vers moi
 Je vais prendre cher
 Des mains saisissent ma carcasse. Soudain, mon front rencontre dix fois la porte violemment.

— AAAAH ! MON DOS ! Mon dos est bloquĂ© ! hurle Dominique.

— Euh, je ne sais pas si vous avez vu, mais regardez juste en haut, il y a un actionneur ! informe Charlie.

— Tu nous auras servi à rien, Jarvis, rigole Arthur.

Une fois la porte ouverte grĂące Ă  la canne de Dominique, je vois leur visage se figer. La salle est remplie de serveurs. Au centre se trouve un Ă©norme Ă©cran Ă©tiquetĂ© 0D1. IntriguĂ©e, l’équipe s’avance. Cependant, des lasers leur bloquent le passage. Charlie dĂ©chire son manteau pour fabriquer une fronde de fortune. Elle prend sur le sol une roulette que j’ai perdue et neutralise le systĂšme. En se rapprochant de l’écran, des indicateurs de qualitĂ© de l’air apparaissent, l’extĂ©rieur est donc vivable.

Cela fait maintenant 254j-7h-17min que l’HumanitĂ© a recommencĂ© Ă  vivre Ă  la surface. Les deux factions vivent maintenant en harmonie, combinant leur savoir-faire. Elles ont dĂ©cidĂ© de restreindre le dĂ©veloppement de technologies autonomes. Ces derniĂšres sont plus responsables, comportent des piĂšces recyclĂ©es d’Odin et des autres machines. Quant Ă  moi, ma technologie devenant inutile, j’ai dĂ©cidĂ© de me dĂ©sactiver pour faire place Ă  une nouvelle gĂ©nĂ©ration.

# mysql -u root -p -e 'drop database JRVS' && shutdown -H now

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La nouvelle #solarpunk du jour : « Qu’ai-je fait ? Â»

Pour la deuxiĂšme fois, Framasoft participe, au sein de l’UniversitĂ© de Technologie de CompiĂšgne (UTC), Ă  une semaine de cours sur le thĂšme des lowtechs et du Solarpunk.

Les Ă©tudiant⋅es ont pour mission d’écrire (sans se faire aider par l’I.A. !) des nouvelles dans cet univers, qui sont publiĂ©es ici et participeront Ă  un concours organisĂ© par Low-Tech Journal. Ces nouvelles ont Ă©tĂ© lues en direct sur la radio indĂ©pendante Graf’Hit. La lecture de cette nouvelle est Ă©coutable ici :

Aujourd’hui, nous allons suivre une hĂ©roĂŻne amnĂ©sique dĂ©couvrir une Ă©trange citĂ© apparemment idĂ©ale
 mais oĂč une Ă©trange atmosphĂšre rĂšgne.

Qu’ai-je fait ?

Auteur·rices : Marie, Apolline, Jade, Anatole, Ombeline, Agathe

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Partie 1 : Le rĂ©veil

Tout le monde court autour de moi. J’essaye de bouger, de courir, mais je suis tĂ©tanisĂ©e. Je cherche des visages familiers parmi la foule, mais tout va trop vite. Les battements de mon cƓur rĂ©sonnent et le sang afflue dans mes tempes, brouillant mes sens. Je sens une main familiĂšre sur mon Ă©paule :

— Mais
 qu’est-ce que tu as fait ?

J’ai chaud. L’odeur de soufre me brĂ»le les sinus. J’ouvre les yeux, les mains encore tremblantes.

— Encore ce rĂȘve.., dis-je en me levant.

Depuis maintenant cinq jours, j’erre seule dans ce dĂ©sert de dĂ©chets. J’ai le ventre tiraillĂ© par la faim et la gorge sĂšche Ă  cause du manque d’eau. J’avance sans but, me nourrissant de conserves trouvĂ©es dans des supermarchĂ©s laissĂ©s Ă  l’abandon. Je me dirige maintenant vers le nord, restant Ă  l’affĂ»t du moindre bruit autour de moi. Je ne me sens pas Ă  ma place dans cet environnement hostile. Tout Ă  coup, j’entends un craquement derriĂšre moi. Je me retourne vivement et aperçois des enfants cachĂ©s derriĂšre les montagnes de dĂ©tritus. Ils m’observent en rigolant :

— Bonjour
 ? commencĂ©-je en m’approchant. Vous ĂȘtes du coin ? Vous savez


Sans me laisser finir, les enfants se mettent Ă  courir. Ils sont les seules personnes que je rencontre depuis que je me suis perdue, et sont sĂ»rement ma seule porte de sortie. ÉpuisĂ©e, je fais alors appel Ă  mes derniĂšres forces pour partir Ă  leur poursuite. Ils courent plus vite que moi, et je peine Ă  les suivre. Soudain, je me revois Ă  l’époque de ma propre enfance faisant des courses poursuites avec mes amis dans les rues de la ville. Le vent soulĂšve mes cheveux et me ramĂšne Ă  la rĂ©alitĂ©. Cette vie-lĂ  n’est plus la mienne aujourd’hui. Je reprends mon souffle pĂ©niblement, et cherche des yeux les enfants. J’aperçois une foule qui s’éloigne. Je suis Ă  bout de force, mais je ressens quelque chose que je pensais avoir perdu : l’espoir. Je puise dans mes derniĂšres ressources. Je me faufile dans cette masse et suis le mouvement, ne voulant pas me faire remarquer. Au loin, les contours d’une ville se dessinent. Je me surprends Ă  sentir des parfums familiers. Encore quelques pas et j’arrive enfin dans cette citĂ© inconnue.

Partie 2 : La dĂ©couverte d’un nouveau monde

J’ai l’impression d’entrer dans une civilisation qui ne ressemble Ă  rien que je connais. Je dĂ©cide de sortir de la foule agitĂ©e. J’emprunte une petite rue dĂ©serte et m’adosse contre un mur afin de reprendre mon souffle. Les lumiĂšres commencent Ă  tourner autour de moi, je sens mes yeux se fermer et mon corps s’alourdir. Alors que je commence Ă  m’évanouir, j’entends : « viens avec moi, il faut que tu manges Â».

Je dĂ©cide de suivre cette voix grave qui m’est inconnue. Une main m’incite Ă  m’asseoir puis me donne de la nourriture. Je reprends peu Ă  peu mes esprits et vois alors l’homme qui m’a amenĂ©e ici. Il doit avoir une cinquantaine d’annĂ©es, les cheveux blancs, quelques rides, assez grand, d’une stature imposante et avec un regard perçant.

— Merci, merci pour votre aide
 Je m’appelle Jaamao, balbutiĂ©-je.

— MaĂ«l. Tu viens pas d’ici toi. J’me trompe ?

— Je
 pardon, je vais vous laisser, dis-je alors que la peur que l’on me renvoie dehors s’éveille en moi.

— Tu peux rester.

AprĂšs quelques jours de repos, je retrouve assez d’énergie pour aider MaĂ«l dans les tĂąches quotidiennes. Un matin, alors que je le rejoins pour notre petit dĂ©jeuner habituel, il me lance :

— Ă‡a va, aujourd’hui ?

— Je me sens bien mieux, merci !

— Et ta mĂ©moire ?

— Rien pour le moment
 Je ne comprends toujours pas comment je me suis retrouvĂ©e dehors. Le seul souvenir qu’il me reste est cet horrible cauchemar qui ne me quitte pas.

AprĂšs une pause Ă  regarder sa tasse de thĂ©, MaĂ«l prend une dĂ©cision :

— Avale vite ton p’tit dĂšj’. On visite la ville aujourd’hui.

Il me conduit dans un dĂ©dale de rues et de jardins qui s’entremĂȘlent. Les odeurs de menthe et de persil montent jusqu’à mes narines et se mĂ©langent Ă  celles des lĂ©gumes grillĂ©s, de l’autre cĂŽtĂ© de la rue. Une brise lĂ©gĂšre souffle, qui adoucit la chaleur accablante ; les feuilles dansent et s’agitent en rythme. Je profite de ce nouveau paysage et reprends plaisir Ă  entendre la foule calme Ă©voluer autour de moi. Cependant, je remarque que certaines personnes me regardent attentivement. Je me tourne vers MaĂ«l :

— J’aime beaucoup cette ville ! Tout le monde a l’air si gentil
 mais certains me dĂ©visagent.

— Tes yeux, me rĂ©pond-il brusquement Ă  voix basse. Les yeux vairons sont rares ici. La derniĂšre fois qu’on en a vus, il paraĂźt que des catastrophes sont arrivĂ©es.

Il me tend discrĂštement une paire de lunettes de soleil que je m’empresse de porter. Confuse, j’essaye de soutirer plus d’informations, mais MaĂ«l fait mine de ne pas m’entendre et continue sa route. Il m’explique l’organisation de cette citĂ© rĂ©adaptĂ©e. Nous retournons Ă  l’endroit oĂč il m’a amenĂ©e le jour de mon arrivĂ©e : l’espace de rassemblement pour les repas. La nourriture qui y est servie provient d’élevages et de cultures raisonnĂ©es que les habitants pratiquent au sein mĂȘme de la ville. Je dĂ©couvre ensuite la zone rĂ©sidentielle, oĂč un logement est attribuĂ© Ă  chaque famille, contenant le strict minimum pour se reposer. Les habitations sont organisĂ©es autour de zones communes, de nombreux parcs et espaces de jeux entourent les immeubles jusqu’aux Ă©coles, bibliothĂšques et magasins de premiĂšre nĂ©cessitĂ©. La ville contient Ă©galement un espace spĂ©cialisĂ© pour les soins avec un centre hospitalier. MaĂ«l m’explique que l’usage des mĂ©dicaments a fortement diminuĂ©, au profit de soins plus doux et plus naturels.

— C’est trĂšs Ă©trange, tout ce que je dĂ©couvre est si diffĂ©rent, si ordonnĂ© et si rĂ©flĂ©chi par rapport au peu de souvenirs qu’il me reste du monde d’avant.

— On ne surproduit plus. T’as vu comment c’était dehors. Trop polluĂ©. Trop sale.

— Comment ?

— On revalorise, on composte, on traite, on rĂ©utilise.

Je remarque des panneaux solaires et des Ă©oliennes disposĂ©s sur le haut des bĂątiments. Je sais que cela permet Ă  cette citĂ© d’ĂȘtre autonome, cependant je ne parviens pas Ă  expliquer comment je peux ĂȘtre si sĂ»re de moi. Perdue dans mes pensĂ©es, j’entends Ă  peine MaĂ«l qui me parle :

— â€Š ta visite. Jaamao ?
Je tourne la tĂȘte vers lui.
— Tu apprĂ©cies ta visite ? reprend-il.
— C’est beau, bredouillĂ©-je.
— On travaille dur pour ça. Mais c’est pas parfait.

Sur ces mots, il se retourne, dĂ©signant un semblant de puits dans le sol partiellement rebouchĂ©. Cet endroit me rappelle l’extĂ©rieur de la ville : « Et dire que le changement climatique ne prĂ©occupait personne
 Â», me dis-je.

— Il n’y a pas d’eau ?

— C’est le problĂšme de notre quartier. Il y a six quartiers dans la ville, chacun gĂ©rĂ© de maniĂšre autonome. Sauf qu’on manque tous d’au moins une ressource. À cause de ça, on est dĂ©pendants les uns des autres. Par exemple, dit-il en pointant le Nord, le quartier Delfino n’a quasiment aucune culture Ă  cause du sol polluĂ©. Carlingo ne possĂšde pas de systĂšme de recyclage des dĂ©chets. Et chez nous, c’est l’eau.

— Je trouve ça bien que vous arriviez Ă  ĂȘtre en connexion avec les autres, remarquĂ©-je surprise que MaĂ«l m’explique autant de choses.

— Oui
 dans l’idĂ©e. Mais y’a pas assez d’échanges, on a du mal Ă  parler
 Il y a toujours des rivalitĂ©s Ă  deux balles entre les quartiers.

Sur ces mots, MaĂ«l soupire, et la ride sur son front se creuse un peu plus, avant de poursuivre :

— Tu vas penser que je suis qu’un vieux rĂąleur. Mais c’est important qu’on s’entende bien. Il faut arriver Ă  se mettre d’accord sur nos lois et nos Ă©changes.

Comme il ne dĂ©taille pas plus, je lui demande alors :

— Comment vous faites ?

— Une fois par mois, les conseils de quartier se rĂ©unissent pour en parler. Mais une vraie dĂ©mocratie avec tous les citoyens ? C’est pas si facile, conclut-il.

Illustration basĂ©e sur « Alice Eyes Â» de audi_insperation (CC-By 2.0), modifiĂ©e par Ombeline

Partie 3 : « Qu’ai-je fait ? Â»

Nous avançons dans les rues sur le chemin du retour. Le soleil commence Ă  baisser, je dĂ©cide d’enlever mes lunettes.

— On va sur la place Luis Orogan. Elle est centrale Ă  notre quartier. Tu vas aimer.

Je commence Ă  sentir Ă  nouveau les regards sur moi. Des murmures se font entendre lorsque je passe devant certaines personnes.

— C’est la fille aux yeux vairons, non ?

— C’est elle !

— Elle est revenue !

— Elle va nous porter malheur


— Regardez ce qu’il s’est passĂ© la derniĂšre fois !

Les gens du quartier se sont agglutinĂ©s sur la place. Je me sens de plus en plus oppressĂ©e et commence Ă  voir trouble. Je cherche des visages familiers parmi la foule, mais tout va trop vite. Je sens une main familiĂšre sur mon Ă©paule :

— Mais
 Qu’est-ce que tu as fait ?

Le regard inquiet de MaĂ«l me transperce. Tout se met Ă  tourner autour de moi. Les souvenirs me frappent et un goĂ»t amer m’envahit. Je me souviens Ă  prĂ©sent : mon arrestation, mon exil
 Pourquoi tout le monde me rejette, s’éloigne de moi
 C’est de ma faute.

Quelques annĂ©es auparavant, nous avons Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  nos premiers gros problĂšmes d’accĂšs Ă  l’eau potable. J’ai cru pouvoir rĂ©soudre seule ce problĂšme en crĂ©ant une machine permettant de potabiliser les eaux rejetĂ©es. Les premiers tests ayant Ă©tĂ© rĂ©ussis, j’ai tentĂ© de crĂ©er une deuxiĂšme version, plus puissante, plus efficace, plus performante. Le conseil ne l’avait pas encore validĂ© mais je l’ai quand mĂȘme mise en place Ă  leur insu. Malheureusement, la fuite de l’un des composĂ©s chimiques a polluĂ© toute l’eau potable causant la mort de nombreuses personnes. Parmi eux, Gabi, mon meilleur ami.

En redĂ©couvrant, avec un regard neuf, le fonctionnement de cette ville, je rĂ©alise Ă  quel point j’ai Ă©tĂ© stupide. Je relĂšve la tĂȘte, les larmes aux yeux, et regarde les visages autour de moi :

— J’ai cru
 j’ai cru que je pouvais y arriver. Je voulais y arriver. Je ne vous demande pas de me pardonner. Je ne suis pas sĂ»re de pouvoir moi-mĂȘme.

Je cherche MaĂ«l du regard, et, la gorge nouĂ©e, je m’adresse Ă  lui :

— Je veux apprendre Ă  faire ce que tu fais. Je veux pouvoir apporter des choses ici, rattraper ce que j’ai dĂ©truit. Mais pas toute seule, plus toute seule. Je veux contribuer Ă  cette citĂ©, avec la communautĂ©. Est-ce que tu peux m’aider ?

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Bonus : « Comment tout s’est effondrĂ© Â», le prĂ©quel

Les membres du groupe n’ont pas voulu s’arrĂȘter si vite et ont donc enchaĂźnĂ© avec la rĂ©daction d’une courte histoire complĂ©mentaire, qui raconte le fameux Ă©vĂ©nement qui a tout dĂ©clenché 

— Tu es sĂ»re que tu ne te prĂ©cipites pas trop ? Tu sais, le conseil n’avait vraiment pas l’air d’ĂȘtre partant pour mettre en place ta nouvelle invention.

— Oui, mais si on doit tout le temps attendre la validation du conseil, nous n’avancerons jamais !

Jaamao est convaincue que son invention pourrait nous sauver face Ă  la pĂ©nurie d’eau qui touche tout le quartier. Elle voit que je doute toujours de son idĂ©e :

— Gabi, fais-moi confiance ! La pompe reprend les eaux usĂ©es et les purifie grĂące Ă  l’ajout de fluoferonitrate. Tous les tests que nous avons rĂ©alisĂ©s montrent que ça va fonctionner ! J’en suis certaine ! Tu vas m’aider ?

Je la connais, Jaamao. Une fois qu’elle a une idĂ©e en tĂȘte il est difficile de la lui enlever. De toute façon, je vais l’aider. Je prĂ©fĂšre m’assurer que tout se dĂ©roule bien plutĂŽt que de la laisser faire cela seule.

— Tu veux mettre en place la machine quand ? demandĂ©-je.

— On peut le faire ce soir, quand tout le monde sera couchĂ©. Demain, c’est la fĂȘte du quartier, ce sera l’occasion rĂȘvĂ©e de montrer que le conseil avait tort de ne pas me faire confiance.

AprĂšs nous ĂȘtre mis d’accord sur les diffĂ©rents dĂ©tails pour l’installation, nous nous retrouvons Ă  la tombĂ©e de la nuit quand seul le bruit d’un hibou rompt le calme pesant. Nous entrons dans le centre de traitement des eaux usĂ©es et Jaamao y branche sa pompe de purification. Je me positionne pour faire le guet devant la porte, je ressens presque l’envie que quelqu’un nous interrompe et que tout cela tombe Ă  l’eau. Mais il n’y a plus personne dans les rues, Ă  cette heure. Jaamao termine rapidement sa manipulation et nous repartons tout aussi vite. Nous nous quittons aprĂšs nous ĂȘtre donnĂ© rendez-vous Ă  la fĂȘte du quartier.

Le lendemain, Jaamao et moi arrivons sur la place principale du quartier Luis Orogan. Des Ă©clats de rire percent Ă  travers la foule. Les odeurs des brochettes de champignons grillĂ©s me titillent les narines et rĂ©veillent mon appĂ©tit. La peur me tĂ©tanise et l’atmosphĂšre commence Ă  ĂȘtre de plus en plus pesante. Que se passera-t-il si un habitant se rend compte de ce que l’on a fait ?

Au fond de la place, prĂšs de la fontaine, les gens se servent en eau. Je prends alors un verre et je le bois entiĂšrement. L’eau a un lĂ©ger goĂ»t, mais rien d’alarmant. Toutes les eaux ont un goĂ»t.

— Alors ? Tu vois que mon invention Ă©tait nĂ©cessaire et fonctionne ! s’exclame Jaamao

Des bruits de toux commencent peu Ă  peu Ă  remplacer les rires, et mon cƓur se serre. Une femme s’effondre Ă  ma gauche. Encore une autre. Encore et encore. Les gens commencent Ă  paniquer et Ă  s’agiter. Tout le monde court autour de moi. Je vois Jaamao tĂ©tanisĂ©e. Elle cherche des visages familiers parmi la foule, mais tout va trop vite. Je transpire tellement. Que se passe-t-il ? Que m’arrive-t-il ? Je m’effondre, et me rattrape Ă  elle :

— Mais
 qu’est-ce que tu as fait ?

DĂ©googlisons Internet fĂȘte ses 10 ans : mises Ă  jour et nouveaux services

Pétitions, Tableau blanc, Tricount-like, etc
 De nouveaux services Framasoft sont en préparation, et des services existants sont en rénovation. On vous dit tout, et notamment pourquoi nous avons besoin de vous.

Cet article étant particuliÚrement long, on vous en propose ici un court résumé.

Pour tout cela, nous avons besoin de votre aide

Soutenir la campagne « Dorlotons DĂ©googlisons #2 Â»

 

Carte DĂ©googlisons Internet 2016

Carte DĂ©googlisons Internet 2016

Il y a dix ans, nous annoncions notre campagne DĂ©googlisons Internet, qui fut un succĂšs relativement retentissant : en couplant le plaidoyer (c’est Ă  dire le fait de dĂ©noncer la « triple domination Â» des GAFAM et leur toxicitĂ©) avec la mise en place de solutions concrĂštes, cette campagne de Framasoft a marquĂ© les esprits, et nous pensons mĂȘme en toute humilitĂ© qu’elle a Ă©tĂ© parfois un socle pour apporter une rĂ©ponse structurĂ©e Ă  l’envahissement des Big Tech dans nos vies.

Dans la foulĂ©e (en 2016), nous impulsions le collectif CHATONS, qui compte aujourd’hui plus de 80 structures.

Puis, quelques annĂ©es plus tard, nous fermions une partie des services DĂ©googlisons. Les raisons Ă©taient nombreuses (au moins 10 !) mais il y avait l’envie d’arrĂȘter la course Ă  l’échalote de la sortie de services, puisque nous en avions publiĂ© quasiment un par mois pendant trois ans. Notre Ă©puisement (surtout post COVID) Ă©tait alors Ă  la hauteur de la pression du public.

Des CHATONS autonomisĂ©s pour des GAFAM atomisĂ©s ?

En parallĂšle le collectif CHATONS continuait sa montĂ©e en puissance. CoordonnĂ© par Framasoft, qui finançait son animation, nous estimons que fin 2023, l’association Framasoft a investi environ 100 000€ (essentiellement en temps de travail salariĂ©) dans la mise en place de ce collectif.

Alors, certes, comme tout projet collectif, celui-ci comporte des faiblesses et des failles. Mais cette association de fait est rĂ©ellement un succĂšs Ă  de nombreux points de vue :

  • la marque « CHATONS Â» est connue et reconnue par de trĂšs nombreux utilisateur⋅ices, qui peinaient Ă  retenir les identitĂ©s de nombreuses structures locales ;
  • le fait d’avoir un projet structurant a encouragĂ© de nombreuses personnes Ă  crĂ©er leur propre organisation. Ces personnes se sont senties lĂ©gitimes Ă  crĂ©er ou rejoindre des associations locales. Avoir rĂ©ussi Ă  faciliter ce « faire ensemble Â» est une vĂ©ritable fiertĂ© pour nous ;
  • l’entraide entre CHATONS est une rĂ©alitĂ©, comme l’atteste le forum du collectif.

Le collectif est maintenant autonome et auto-gĂ©rĂ© depuis plusieurs mois, Framasoft Ă©tant depuis redevenu un « simple membre Â».

Ne pas regarder le train du numérique passer

Cependant, en 10 ans, le numérique a bien évolué, et les GAFAM, les NATU, et autres BATX ne sont pas gentiment restées à attendre de se faire démanteler par des CHATONS ou la commission européenne.

Le cloud s’est gĂ©nĂ©ralisĂ©, l’usage du mobile s’est imposĂ© que ce soit pour payer son parcmĂštre ou ses impĂŽts, l’intelligence artificielle participe certes d’une certaine hype, mais elle bouscule et percute aujourd’hui dĂ©jĂ  de nombreux usages (et ce n’est qu’un dĂ©but).

Bref, le numĂ©rique est toujours plus prĂ©sent, et pour le dire clairement, nous, militant⋅es du libre, des communs culturels et d’un numĂ©rique Ă©mancipateur n’avons gagnĂ© quasiment aucune bataille dans la lutte contre un adversaire gigantesque et tentaculaire. Cependant, le simple fait de critiquer, de se rĂ©unir, de manifester, de s’opposer, de proposer
 est dĂ©jĂ  une victoire en soi !

Il convient donc, aujourd’hui de « mettre Ă  jour notre logiciel Â». L’expression peut Ă©videmment ĂȘtre entendue dans les deux sens. Mettre Ă  jour notre façon d’agir, mettre Ă  jour l’objet de nos luttes, relever la tĂȘte du guidon numĂ©rique libriste pour regarder comment le TGV du numĂ©rique capitaliste a Ă©voluĂ© cette derniĂšre dĂ©cennie.

Cela s’est traduit par des prises de conscience pour Framasoft ces derniĂšres annĂ©es :

  • le libre est un moyen nĂ©cessaire (mais non suffisant) pour aller vers une sociĂ©tĂ© libre, mais il n’est pas une fin en soi. Savoir que du logiciel libre Ă©quipe des drones larguant des bombes en Palestine ou en Ukraine ne nous rĂ©jouit pas (litote) ;
  • la centralisation est une source de puissance pour les BigTech, la dĂ©centralisation est donc l’équivalent d’un caillou dans leur chaussure. Et dans ce cadre, la fĂ©dĂ©ration (par exemple via ActivityPub) est une rĂ©ponse pertinente, a minima pour explorer les interstices dans lesquels ces entreprises n’arrivent pas encore Ă  se glisser ;
  • il y a une forme de « paradoxe de la tolĂ©rance Â» dans le libre : d’un cĂŽtĂ© une espĂšce de « puretĂ© militante Â» Ă  vouloir du 100 % libre sans reconnaĂźtre que le libre est un chemin sur lequel chaque individu ou communautĂ© se situe Ă  une Ă©tape qui lui est propre ; et Ă  l’inverse, une rĂ©elle difficultĂ© du monde libre Ă  reconnaĂźtre que l’autorisation explicite de rĂ©utiliser le travail produit par les communautĂ©s profite aussi largement aux gĂ©ants du numĂ©riques qui, eux, n’ont ensuite aucun scrupule Ă  mettre des bĂątons dans les roues des projets de ces mĂȘmes communautĂ©s ;
  • nous comprenons et adhĂ©rons Ă  l’adage « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. Â». Nous croyons fortement dans l’intĂ©rĂȘt des processus collectifs. Mais
 en vingt ans d’existence, force nous a Ă©tĂ© de constater que « Ensemble, on va moins vite. Â» (sauf Ă  ĂȘtre trĂšs bien organisĂ©, ce qui n’est que rarement le cas des communautĂ©s libristes). Il y a souvent une Ă©nergie folle dĂ©pensĂ©e dans la structuration de nos luttes, souvent due Ă  un impensĂ© : l’animation/coordination est un mĂ©tier, qui rĂ©clame des compĂ©tences souvent ignorĂ©es ou peu valorisĂ©es. Or comme on l’a vu, le numĂ©rique « avance Â» vite. ChatGPT 4 est sorti depuis ~18 mois, et quelle a Ă©tĂ©, Ă  quelques exceptions prĂšs, la rĂ©action du monde libriste ? Un silence plutĂŽt assourdissant au mieux, des moqueries en mode « Ă§a ne marchera jamais Â» au pire.

Ce sont ces raisons qui nous ont poussĂ©â‹…es ces derniĂšres annĂ©es Ă  dĂ©velopper avec nos petits bras associatifs un logiciel comme PeerTube, ou Ă  proposer des projets comme Emancip’Asso ou Framaspace, qui nous permettent de mettre nos compĂ©tences aux services de communautĂ©s la plupart du temps non-libristes, mais qui partagent nos valeurs.

Ainsi, dans le contexte social et politique actuel, il nous paraüt essentiel de renforcer notre offre de services en ligne à dispositions des collectifs et militant⋅es.

Mais « mettre Ă  jour notre logiciel Â» peut aussi ĂȘtre entendu d’un point de vue beaucoup plus littĂ©ral : il s’agit en effet de mettre Ă  jour les logiciels qui motorisent notre campagne « DĂ©googlisons Internet Â», voire d’en proposer de nouveaux au public.

MĂšme "Mettre Ă  jour son logiciel"

Mettre Ă  jour son logiciel (intellectuel) ou mettre Ă  jour son logiciel (sur son serveur) ?

Framasoft ouvre et va rouvrir de nouveaux services

« Hein ? Quoi ? Mais vous n’aviez pas dit que vous vouliez « dĂ©framasoftiser internet Â» ? Â»

Si si, on l’a dit. Et on l’a fait.

Mais 4 Ă  5 ans ont passĂ© depuis. Et il faut bien se rendre Ă  l’évidence, la situation est moins propice au libre aujourd’hui qu’à l’époque. Pour les raisons Ă©voquĂ©es ci-dessus, et bien d’autres encore.

L’an passĂ©, dans notre campagne « Dorlotons DĂ©googlisons Â», nous avions notamment proposĂ© la mise en place du service Framagroupes. Un immense merci aux personnes qui ont permis le financement de ce service 🙏

L’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, c’était l’ouverture de Framaspace, espace cloud destinĂ© aux petites associations et collectifs militants. Nous hĂ©bergeons Ă  ce jour plus de 1 130 Framaspaces, soit autant d’instances du logiciel Nextcloud, le tout gratuitement.

Cette année encore, Framasoft souhaite proposer de nouveaux services. Toujours gratuitement (enfin, pas tout à fait, puisque ce sont vos dons qui financent), toujours respectueux de votre vie privée, toujours sur la base de logiciels libres, toujours sans aucune exploitation commerciale de vos données. Car les usages numériques évoluent, et nous devons évoluer avec eux. Ou plutÎt nous devons évoluer avec vous, car ce sont avant tout le cheminement de vos pratiques qui guide nos actions.

MĂšme "Reframasoftiser Internet ?"

Nous sommes bien conscient⋅es que ça peut donner cette impression.

En consĂ©quence, cette seconde campagne « Dorlotons DĂ©googlisons Â» nous permet de faire le point sur ce que nous avons fait depuis un an, mais aussi ce sur quoi nous travaillons en ce moment, ainsi que ce que nous envisageons pour les mois Ă  venir.

 

Passez Ă  l’action ! Framasoft souhaite ouvrir de nouveaux services libres, Ă©thiques, dĂ©centralisĂ©s et solidaires. Pour cela, nous nous sommes fixĂ©s un objectif de collecte de 60 000€ pour nous permettre de financer les machines, mais surtout le temps de travail pour leur mise en place. Si vous le pouvez : soutenez-nous !

Soutenir Framasoft

 

Ce que nous avons fait ces 12 derniers mois

Nous avons publiĂ© le service Framagroupes. Pour information, aujourd’hui, ce service expĂ©die plus de 50 000 mails par jour ( !) et accueille dĂ©jĂ  7 900 listes de discussions, ce qui, avec les 59 000 listes de Framalistes, fait probablement de Framasoft l’organisation Ă  but non lucratif hĂ©bergeant le plus gros serveurs de listes au
 monde (si on compare par exemple Ă  RiseUp (15,225 listes 389,871 utilisateur⋅ices) ou Renater/Universalistes (1 600 listes).

À cause d’utilisations (trĂšs) malveillantes de Framatalk, nous avons dĂ©veloppĂ© un logiciel (libre, bien entendu) qui permet d’imposer l’authentification des personnes qui souhaitent ouvrir un salon de visioconfĂ©rence. Si on peut entendre que cela reprĂ©sente une contrainte pour vous, au vu des usages (on le rĂ©pĂšte, trĂšs) malveillants qui Ă©taient faits de ce service, nous n’avions tout simplement pas le choix.

Nous avons migrĂ© plus de 1 000 instances Framaspace en version 28. Nous avons fait dĂ©velopper un logiciel de supervision spĂ©cifique, Argos PanoptĂšs, pour gĂ©rer autant d’instances.

Notre infrastructure email, malgrĂ© plus de 8 millions de mails envoyĂ©s par mois (oui oui, 271 000 mails en moyenne par jour !) continue d’ĂȘtre rĂ©guliĂšrement boudĂ©e par certains acteurs (oui, c’est vous qu’on regarde Orange, La Poste et SFR !). À tel point qu’aprĂšs une lutte de plusieurs mois qui nous aura demandĂ© autant d’énergie que de paracĂ©tamol, nous avons dĂ» nous rĂ©soudre, Ă  contrecƓur, Ă  utiliser les services d’un prestataire externe, pour les envois de nos newsletters (431 129 abonnĂ©â‹…es en double opt-in).

Du cĂŽtĂ© de Framaforms, nous avons amĂ©liorĂ© la gestion du spam, cette chienlit qui n’en finit pas de revenir dĂ©grader un service pourtant parmi les plus utilisĂ©s de Framasoft.

C’est vrai, ça, hein : et personne ne le prendrait au sĂ©rieux !

Pour faciliter les recherches de vidĂ©os sur l’ensemble du rĂ©seau PeerTube (notre alternative Ă  YouTube), nous avons changĂ© le logiciel qui motorise Sepiasearch, notre moteur de recherche du « vidiverse  Â». Ce dernier utilise maintenant la brique logicielle Meilisearch, et non plus Elasticsearch, dont la licence a pris un chemin bien moins libre.

Framacarte a aussi fait l’objet d’une mise Ă  jour majeure, qui fait suite au travail de la communautĂ© uMap, avec laquelle nous restons trĂšs en lien.

Concernant MyPads, le plugin qui permet de gĂ©rer et d’organiser vos Framapad, les changements ont Ă©tĂ© subtils, mais nombreux. Ainsi, grĂące au travail de Pierre, stagiaire Ă  Framasoft pour (seulement) 6 semaines, de nombreuses petites amĂ©liorations ont Ă©tĂ© faites.

Parmi les amĂ©liorations d’ores et dĂ©jĂ  disponibles :

  • ajout d’un logo pour revenir Ă  l’accueil (oui, c’est bĂȘte, mais il n’y en avait pas et beaucoup d’utilisateur⋅ices peinaient Ă  retourner sur la page d’accueil)
  • meilleure identification des dossiers restreints ou publics
  • les dossiers archivĂ©s sont maintenant repliĂ©s par dĂ©faut pour une meilleure lisibilitĂ©
  • les propriĂ©tĂ©s du dossiers sont maintenant repliĂ©es par dĂ©faut pour une meilleure lisibilitĂ©
  • la recherche, en page d’accueil, permet maintenant de rechercher sur les noms de pads (en plus des dossiers)
  • possibilitĂ© de trier les dossiers ou les pads par noms ou par dates de crĂ©ation
  • amĂ©liorations CSS diverses

Enfin, Mobilizon, notre logiciel libre et fĂ©dĂ©rĂ© alternatif aux groupes et pages Facebook, a Ă©tĂ© transmis Ă  la communautĂ© (aujourd’hui coordonnĂ©e par la communautĂ© Kaihuri/Keskonfai). Nous annoncions en effet il y a quelques mois que nous estimions notre engagement initial concernant Mobilizon rempli. Nous souhaitions pouvoir rediriger une partie de notre capacitĂ© de dĂ©veloppement logiciel vers les projets les plus prioritaires (contrairement Ă  ce que beaucoup de personnes pensent,  en dehors de PeerTube, nous ne disposons « que Â» d’un mi-temps de dĂ©veloppeur salariĂ©).

 

Passez Ă  l’action ! Framasoft accueille plus de 2 millions de personnes par mois, et amĂ©liore et maintient de trĂšs nombreux services tout au long de l’annĂ©e. Cela implique Ă©normĂ©ment de travail humain (dĂ©veloppement, support, administration systĂšme, etc), ainsi qu’une infrastructure technique consĂ©quente. Si vous le pouvez : soutenez-nous !

Soutenir Framasoft

 

Ce sur quoi nous travaillons en ce moment

Framapétitions, un service de
 pétitions

Il existe de nombreuses plateformes de pĂ©titions, mais ces derniĂšres ne sont que rarement basĂ©es sur du code libre. Par ailleurs, ces plateformes sont aussi largement soupçonnĂ©es d’utiliser vos donnĂ©es personnelles (nom, email, cause soutenue) Ă  d’autres fins que d’ajouter votre signature Ă  une pĂ©tition.

FramapĂ©titions est donc un service en test (on rĂ©pĂšte : il n’est PAS finalisĂ©) qui permet de crĂ©er ou signer des pĂ©titions citoyennes. Le service peut d’ores et dĂ©jĂ  ĂȘtre utilisĂ©, mais reconnaissons-le, il mĂ©rite encore d’ĂȘtre amĂ©liorĂ©. Ça tombe bien, nous allons travailler dessus dans les mois qui viennent.

 

Dans les coulisses

Un projet de plateforme de pĂ©titions qui n’exploiterait pas vos donnĂ©es Ă©tait donc dans nos cartons depuis plus de 10 ans. Mais
 faute de temps et d’énergies, nous repoussions sans cesse le sujet. Une autre raison Ă©tait plus politique : Ă  quoi servent vraiment les pĂ©titions ? Parfois uniquement Ă  se donner bonne conscience en se disant « J’ai agi Â», nous dĂ©douanant alors d’un passage Ă  l’action plus directe. Cependant, vos demandes rĂ©guliĂšres Ă  ce que nous avancions sur le sujet nous ont motivĂ©s Ă  remettre ce projet au goĂ»t du jour.

VoilĂ  plusieurs annĂ©es que nous soutenons un projet libre nommĂ© « Pytition« . Fonctionnel, mais nĂ©cessitant encore pas mal de travail sur les aspects visuels. Nous soutenir financiĂšrement, c’est nous permettre d’allouer du temps de travail pour amĂ©liorer Pytition, en lien avec le dĂ©veloppeur originel et permettre, Ă  moyen terme, d’ouvrir une plateforme de pĂ©titions rĂ©ellement libre, ouverte, et avec une garantie de non-exploitation commerciale de vos donnĂ©es.

 

Affichage des derniĂšres pĂ©titions Édition d'une pĂ©tition Affichage d'une pĂ©tition

Tester FramapĂ©titions (sans garantie ni support !)

 

Framalab, pour expĂ©rimenter des logiciels avant qu’ils ne deviennent (potentiellement) des services

Mettre en place un logiciel utilisable en ligne est assez simple, surtout quand, comme nous, vous disposez d’un administrateur systĂšme trĂšs compĂ©tent. Cependant, entre installer un service en ligne et ĂȘtre capable d’y accueillir plusieurs centaines de milliers de personnes par mois, il y a tout un monde. Il faut tester les fonctionnalitĂ©s du logiciel, Ă©valuer sa maintenance, savoir jauger le temps et l’énergie qu’il nous prendra en support et en modĂ©ration, crĂ©er une page d’accueil, parfois corriger quelques bugs gĂȘnants, constituer une Foire Aux Questions, communiquer dessus, etc.

Afin de faciliter ce processus, nous avons décidé de rendre public le site Framalab. Sur ce site vous trouverez quelques unes de nos applications en test.

Captures d'Ă©crans du site Framalab

Notez bien que les applications qui suivent sont en test. Elles peuvent disparaĂźtre Ă  tout moment, ce qui signifie que vous pouvez perdre vos donnĂ©es du jour au lendemain. Par ailleurs, elles ne feront l’objet d’aucun support de notre Ă©quipe salariĂ©e : si vous avez des questions ou rencontrez des difficultĂ©s, vous pouvez les remonter sur notre forum, oĂč l’entraide sera communautaire (comprendre : peut-ĂȘtre que quelqu’un vous rĂ©pondra, peut-ĂȘtre pas).

 

Visiter Framalab (sans garantie ni support !)

Des alternatives Ă  Tricount

Tricount est une application (non libre) de gestion des dĂ©penses de groupes (familles, ami⋅es, colocataires, etc).

Elle compte plus de 5 millions d’utilisateur⋅ices dans le monde.

L’application fonctionnait auparavant trĂšs bien sur le web, qui s’affichait dans une version mobile tout Ă  fait correcte. Mais depuis peu la version web n’est plus disponible, et vous ĂȘtes obligĂ©â‹…es de tĂ©lĂ©charger et installer une application web sur votre smartphone. Nos ami⋅es d’ Exodus Privacy dĂ©tectent, sur cette application, pas moins de 12 pisteurs et 16 permissions. D’oĂč l’idĂ©e de vous proposer des alternatives libres, garanties sans pisteurs.

I Hate Money

Un « petit Â» projet libre comme on les aime : il fait une chose, mais la fait bien, et sans fioriture. Par exemple pour un voyage entre ami⋅es, une premiĂšre personne crĂ©Ă©e un projet (pas besoin de crĂ©er un compte : il suffit de choisir un nom, de dĂ©finir un code d’accĂšs, et de laisser un email). Les autres personnes pourront alors s’y connecter, et ajouter chacune leurs dĂ©penses. Au final, un clic sur « remboursement Â» permettra de savoir trĂšs facilement « Qui doit combien Ă  qui ? Â». Simple, rapide, efficace, on vous dit !

 

Dans les coulisses

Cette application, nĂ©e en 2011, n’a peut-ĂȘtre pas le « look and feel Â» le plus moderne. Cependant, nous l’avons testĂ© en conditions rĂ©elles, et
 elle fonctionne trĂšs trĂšs bien et nous l’avons trouvĂ©e simple et efficace sur mobile. Elle a principalement Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e par Alexis MĂ©taireau (oui, le mĂȘme qui a dĂ©veloppĂ© pour nous Argos Panoptes, que nous Ă©voquions plus haut dans la partie « Framaspace Â»).

 

 

Tester I Hate Money (sans garantie ni support !)

Spliit

Encore une fois, un petit projet trĂšs simple, mais avec un look rĂ©solument moderne : pas besoin de s’authentifier, quelqu’un crĂ©Ă© un groupe, puis ensuite ajoute des participant·es, et enfin leur partage l’URL. Tout le monde peut rentrer des dĂ©penses simplement, et l’application calcule ensuite automatiquement qui doit quoi Ă  qui. Il est possible d’utiliser des modes de partage plus avancĂ©s : par nombre de portions ou encore par pourcentage. Seul hic, le projet est Ă  l’heure actuelle uniquement anglophone, donc il vous faudra comprendre a minima la langue de Shakespeare pour pouvoir l’utiliser. Sans pour autant le garantir, si cela devait devenir un service Framasoft, peut-ĂȘtre que notre communautĂ© pourrait aider Ă  le rendre traductible puis Ă  le traduire pour un public francophone !

Split : Accueil Split : inscription de dépenses Split : remboursements
Dans les coulisses

Et pourquoi pas Cospend ?

Vous connaissez peut-ĂȘtre Cospend, l’application Nextcloud qui propose des fonctionnalitĂ©s similaires. Nous avons choisi de ne pas expĂ©rimenter avec cette derniĂšre, pour plusieurs raisons. La premiĂšre, c’est qu’elle nĂ©cessite une instance de Nextcloud (bravo Sherlock !), et que cela signifierait de mettre en place une instance de Nextcloud uniquement dĂ©diĂ©e Ă  ce service. La deuxiĂšme, c’est qu’il faudrait Ă©galement rajouter des modifications au logiciel, pour que les utilisateur·ices de l’instance ne puissent pas ajouter n’importe qui d’autre utilisant le service Ă  un groupe de dĂ©pense. La troisiĂšme, c’est que la version Web mobile nous a semblĂ© peu utilisable (avec des Ă©crans qui se recouvrent les uns les autres), et bien qu’une application mobile Android MoneyBuster propose en thĂ©orie de se lier Ă  un Cospend, en pratique il n’est plus possible de rejoindre un groupe de dĂ©pense Cospend avec cette derniĂšre, et ce depuis quelques mois, sans visiblement de rĂ©solution apparente de ce bug critique). Alors on sait ce que c’est qu’ĂȘtre bĂ©nĂ©vole sur un logiciel libre, donc on ne jettera la pierre Ă  personne, et au contraire on encouragera le dĂ©veloppement, depuis les gradins. Mais en l’état actuel, cela nous semble plutĂŽt une alternative dont l’évolution est Ă  surveiller, ou viable Ă  utiliser sur des instances Nextcloud (coucou les Framaspaces  !), plutĂŽt qu’un service que nous voudrions proposer Ă  grande Ă©chelle. Affaire Ă  suivre


 

 

Tester Spliit (sans garantie ni support !)

Tableaux blancs et diagrammes en ligne

Draw.io

Draw.io permet de créer des diagrammes professionnels. Ce service est plutÎt adapté si vous souhaitez réaliser un organigramme ou un diagramme UML.

Interface de Draw.io

 

Dans les coulisses

La version de Draw.io que nous proposons actuellement est une version offline dans le sens oĂč elle ne permet que l’enregistrement local, et ne permet pas la modification collaborative.

Il faut donc considĂ©rer notre version de draw.io comme un logiciel « Ă  l’ancienne Â» oĂč vous allez crĂ©er votre diagramme (dans votre navigateur), puis l’enregistrer. Il est cependant possible de partager votre diagramme publiquement (en lecture seule) en utilisant la commande « Fichier → Publier → Lien Â».

Nous avons tout de mĂȘme ajoutĂ© la possibilitĂ© d’enregistrer vos donnĂ©es sur Framagit (il faudra vous y crĂ©er un compte).

Les fonctions collaboratives en temps réel imposent, elles, de passer par les serveurs de la société Jgraph qui édite le logiciel, elles ne sont donc pour le moment pas supportées.

Nous choisissons cependant de tester draw.io car nous le trouvons trĂšs intĂ©ressant de par ses fonctionnalitĂ©s avancĂ©es. Peut-ĂȘtre le proposerons nous, Ă  terme, comme plugin au sein de Framaspace.

 

 

 

Tester Draw.io (sans garantie ni support !)

Excalidraw

LĂ  oĂč Draw.io permet d’organiser des diagrammes, voyez plutĂŽt Excalidraw comme un outil de « tableau blanc Â» (qui permet, aussi, de rĂ©aliser des diagrammes simples).

Cette simplicité rend Excalidraw, selon nous, plus accessible au grand public.

 

Dans les coulisses

Contrairement Ă  Draw.io, notre version d’Excalidraw permet de travailler de façon collaborative. Nous expĂ©rimentons cette fonctionnalitĂ©, mais nous pourrions la retirer si nous ne la trouvons pas suffisamment stable et sĂ©curisĂ©e. Cependant, Excalidraw utilisant Ă  ce jour la plateforme Firebase de Google pour enregistrer les images en ligne, nous avons pour l’instant dĂ©sactivĂ© la possibilitĂ© d’ajouter des images dans notre version d’Excalidraw.

Notez que nous avons aussi Ă©valuĂ© le logiciel tldraw, qui nous a paru une initiative intĂ©ressante, mais sa licence n’est pas libre car interdisant les usages commerciaux (ce qui n’aurait pas Ă©tĂ© le cas de Framasoft, mais ne rĂ©pond pas pour autant aux exigences d’une licence libre).

Excalidraw, un tableau blanc pour mettre en forme vos idées collaborativement

 

Tester Excalidraw (sans garantie ni support !)

Des outils pour manipuler vos PDF en ligne

Ahhhh, les PDF ! Un format ouvert certes, pratique pour l’impression, mais clairement pas adaptĂ© Ă  la modification. Si vous devez rĂ©organiser des pages, en supprimer, en ajouter, les faire pivoter, ou les signer, c’est assez rapidement la croix et la banniĂšre. Par ailleurs, il faut parfois pouvoir rĂ©duire leur poids avant de l’envoyer par email. Ça tombe bien, les deux outils que nous proposons sont lĂ  pour ça !

Signature PDF

CrĂ©Ă© par la sociĂ©tĂ© coopĂ©rative « La 24eme Â», ce logiciel permet, au travers de quelques entrĂ©es simples, de manipuler vos PDF :

  • « Signer Â» : permet de signer, parapher, tamponner un pdf, mais aussi de partager le PDF signĂ©, pour qu’il puisse ĂȘtre signĂ© par d’autres personnes ;
  • « Organiser Â» : permet de tourner les pages d’un PDF (rotation), de dĂ©placer des pages, d’en supprimer, d’en ajouter (depuis un autre PDF, par exemple pour faire un seul PDF Ă  partir de plusieurs fichiers), etc.
  • « MĂ©tadonnĂ©es Â» : permet d’afficher les mĂ©tadonnĂ©es d’un fichier PDF (par exemple la date de crĂ©ation ou le logiciel utilisĂ© pour sa crĂ©ation), mais aussi d’éditer ces mĂ©tadonnĂ©es ou d’en supprimer ;
  • « Compresser Â» : pour rĂ©duire la taille d’un PDF. Si le PDF original a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© compressĂ©, cela n’aura aucun effet Ă©videmment. Mais nos tests ont dĂ©montrĂ© qu’un PDF constituĂ© de pages scannĂ©es de 38Mo au dĂ©part n’en faisait plus que 6 au final, ce qui est un gain consĂ©quent.
Écran d'accueil de Signature PDF sur Framalab Ajouter une signature en 3 clics RĂ©organiser, ajouter ou supprimer des pages Ă  un PDF

Tester Signature PDF (sans garantie ni support !)

Stirling PDF

LĂ , on sort la grosse artillerie. Stirling PDF propose pas moins de 71 outils diffĂ©rents !

Depuis des outils « simples Â» (fusion, rotation, etc) Ă  ceux bien plus complexes (extraire les tableaux d’un PDF pour un faire un fichier .csv exploitable par un tableur, ajuster les couleurs, transformer une URL de page web en PDF, etc), en passant par des fonctions bien utiles (protĂ©ger par mot de passe, numĂ©roter automatiquement les pages, etc.). Il existe mĂȘme un outil « pipeline Â» qui permet d’enchaĂźner diffĂ©rentes actions (par exemple : rotation 90°, puis suppression des pages 1 et 14, puis ajout de numĂ©ros de pages, puis compression).

Écran d'accueil Stirling PDF

Écran d’accueil Stirling PDF

 

Tester Stirling PDF (sans garantie ni support !)

Liberaforms, un successeur pour Framaforms ?

Framaforms est basĂ© sur le logiciel Yakforms, logiciel qui arrive en fin de vie. Pour diffĂ©rentes raisons (cf. « coulisses Â»), nous avons dĂ» faire le choix de lui trouver un successeur, qui permettra de continuer Ă  fournir un service proche de celui que vous utilisez actuellement.

AprĂšs moult essais-recherches (et quelques dĂ©ceptions), notre choix s’est arrĂȘtĂ© sur Liberaforms, un logiciel libre de formulaires crĂ©Ă© et dĂ©veloppĂ© par une petite Ă©quipe espagnole.

Le « pĂ©rimĂštre fonctionnel Â», c’est Ă  dire l’ensemble de ce que vous pouvez faire avec ce logiciel, est sensiblement le mĂȘme que celui que propose Yakforms, en dehors de certaines fonctions avancĂ©es (gestion de conditions, ou emails de validation, par exemple). Nous vous proposons de le tester sur notre plateforme https://beta.framaforms.org pendant plusieurs mois. Au terme de cette phase de tests, pendant laquelle nous pensons (si vous nous en donnez les moyens) amĂ©liorer quelque peu l’interface, nous pourrons alors commencer une bascule entre Yakforms et Liberaforms qui, rassurez-vous, s’étalera elle aussi sur plusieurs mois (vous ne perdrez donc pas vos formulaires en cours).

Création d'un formulaire Liberaforms Affichage d'un formulaire, dans Liberaforms Graphiques de réponses, dans Liberaforms Réponses, dans Liberaforms

 

Dans les coulisses

L’histoire de Framaforms/Yakforms s’étale sur prĂšs de 10 ans et est racontĂ©e sur le Framablog. Yakforms est donc basĂ© sur Drupal 7, publiĂ© en 2011, qui aura donc eu une durĂ©e de vie de 14 ans, ce qui en fait une longĂ©vitĂ© relativement exceptionnelle pour une application web. La « fin de vie Â» de Drupal 7, plusieurs fois repoussĂ©e, s’achĂšve finalement le 5 janvier 2025. À compter de cette date, il n’y aura donc plus de mise Ă  jour de sĂ©curitĂ© : si une faille Ă©tait dĂ©couverte, elle ne serait plus couverte (annoncĂ©e, rĂ©parĂ©e, suivie, etc) par la communautĂ©, et donc Yakforms serait touchĂ© par ricochet.

Notre premiĂšre idĂ©e a donc Ă©tĂ©, Ă©videmment, de migrer Yakforms vers Drupal 8, 9, ou mĂȘme maintenant Drupal 10. Cependant, c’était plus facile Ă  dire qu’à faire, car Yakforms est composĂ© de nombreux modules compatibles avec Drupal 7 mais pas avec les versions suivantes. C’est notamment le cas du module « form_builder Â» qui n’a jamais Ă©tĂ© portĂ© dans les versions suivantes.

Il y a eu diffĂ©rentes tentatives de migration de Yakforms, la derniĂšre en date par le Centre d’Expressions Musicales, au Havre, qui utilise massivement Framaforms (et bien d’autres logiciels libres, d’ailleurs). Mais le sujet Ă©tant complexe, le projet n’a pas abouti.

DĂ©but 2024, nous nous sommes donc lancĂ©s Ă  la recherche de logiciels libres de formulaires alternatifs. Bonne nouvelle : le paysage avait bien Ă©voluĂ© depuis la sortie de Framaforms en 2016, et de nombreuses alternatives existent aujourd’hui. Voici quelques unes des solutions testĂ©es :

  • https://www.limesurvey.org/fr : la rĂ©fĂ©rence en matiĂšre de logiciel libre d’enquĂȘte. Cependant, « enquĂȘte Â» ≠ « formulaire Â» ! LimeSurvey est un logiciel idĂ©al si vous voulez rĂ©aliser une enquĂȘte de plusieurs dizaines ou centaines de questions, avec des embranchements, etc. Mais notre objectif avec Framaforms est de proposer une alternative Ă  Google Forms, Ă  savoir un logiciel simple Ă  prendre en main, qui permet de publier son premier formulaire en 5mn chrono. Ce qui est trĂšs, trĂšs loin d’ĂȘtre le cas de LimeSurvey ;
  • https://apps.nextcloud.com/apps/forms : une app pour Nextcloud (logiciel que l’on connaĂźt bien Ă  Framasoft) pour crĂ©er des formulaires. Ce choix est arrivĂ© en second dans notre Ă©valuation. D’autant que nos ami⋅es du chaton La Contre-Voie ont apportĂ© un dĂ©veloppement spĂ©cifique permettant un accĂšs simplifiĂ©. Mais nous avons estimĂ© que le code de Nextcloud Forms n’était pas encore suffisamment stable pour nos besoins, ni capable d’accueillir des dizaines de milliers de visiteurs quotidien ;
  • https://cryptpad.fr/form/ : issu de l’excellente suite bureautique chiffrĂ©e Cryptpad. L’interface n’est pas trĂšs jolie, mais plutĂŽt fonctionnelle. Cependant, le cĂŽtĂ© 100 % chiffrĂ© du logiciel Ă©tait, paradoxalement, rĂ©dhibitoire pour nous : nous gĂ©rons plusieurs centaines de milliers de formulaires par an, et un chiffrement de bout en bout aurait largement limitĂ© notre capacitĂ© de support, et donc multipliĂ© les personnes qui se seraient plaintes auprĂšs de nous ;
  • https://surveyjs.io/ dispose d’un excellent concepteur de formulaire, mais la partie enregistrement et analyse n’est pas libre, ce qui ne prĂ©sage habituellement rien de bon quant Ă  l’ouverture du logiciel dans les annĂ©es Ă  venir ;
  • https://formbricks.com/ : ce logiciel nous a semblĂ© tout Ă  fait correct. Par contre, il est pensĂ© pour faire de « l’enquĂȘte pas Ă  pas Â» et non des formulaires. Par ailleurs, il nous aurait fallu adapter de nombreuses fonctionnalitĂ©s (souvent marquĂ©es comme « pro Â» ;
  • https://getinput.co : comme SurveyJS, il s’agit plus d’une alternative Ă  Typeform qu’à GoogleForms, avec « une question = un Ă©cran Â». Le travail de traduction aurait Ă©tĂ© consĂ©quent, mais nous l’avons Ă©liminĂ© aussi parce que bien que le code soit libre, l’entreprise qui Ă©dite ce logiciel semble avoir une politique commerciale relativement agressive et n’aurait probablement pas bien acceptĂ© de voir Framasoft proposer son logiciel gratuitement, devenant un concurrent de poids qui aurait « rĂ©cupĂ©rĂ© Â» leur travail ;
  • https://ec.europa.eu/eusurvey/ : DĂ©veloppĂ© par l’Union EuropĂ©enne depuis 2016. Le rythme de dĂ©veloppement est relativement lent. Ça aurait pu ĂȘtre un candidat intĂ©ressant, mais le code nous a semblĂ© une vĂ©ritable usine Ă  gaz, puisque conçu pour gĂ©rer des formulaires au sein d’institutions publiques de grandes tailles, avec l’obligation de gĂ©rer plusieurs langues, etc ;
  • https://ohmyform.com/ : lĂ  encore, plutĂŽt une alternative Ă  Typeform qu’à Google Forms. Notez qu’en l’absence de plateforme pour tester ce logiciel, il vous faudra donc l’installer. Par ailleurs, le dĂ©veloppement, bien que toujours en cours, semble relativement ralenti ;
  • https://tripetto.app/ a clairement le concepteur de formulaire le plus avancĂ©. Malheureusement le logiciel est uniquement en anglais (et non facilement traduisible). Mais surtout, si le « builder Â» (l’interface de crĂ©ation de formulaire) est libre, d’autres parties essentielles du logiciel ne le sont pas, ce qui Ă©tait Ă©videmment rĂ©dhibitoire pour nous ;
  • Nous avons aussi Ă©valuĂ© plusieurs outils « no-code Â» (comme NocoDB ou Baserow) qui sont aussi trĂšs pertinents pour crĂ©er des formulaires. Cependant, nous avons estimĂ© que nous n’étions pas sur des outils simples Ă  prendre en main alors que c’était un critĂšre essentiel pour nous. Nous n’excluons pas de proposer ces outils Ă  termes, mais cela nous paraissait prĂ©maturĂ© pour le moment.
  • https://gitlab.com/liberaforms/liberaforms – ce n’est ni la plus belle, ni la plus moderne des alternatives testĂ©es. Cependant, elle fait correctement le travail, et semble bien pouvoir passer Ă  l’échelle en gĂ©rant plusieurs dizaines ou centaines de milliers de formulaires. Par consĂ©quent, nous avons contactĂ© les dĂ©veloppeurs de Liberaforms, qui semblaient enchantĂ©s que Framasoft propose leur logiciel Ă  l’évaluation (merci Ă  eux !).

Le logiciel n’était pas traduit en français, alors
 nous l’avons fait ! Un grand merci Ă  Framalang, spf et Booteille pour leur aide !

Dans les mois qui viennent, grĂące Ă  vos dons, nous nous appliquerons donc Ă  finaliser la traduction, Ă  amĂ©liorer l’interface (notre code sera bien Ă©videmment reversĂ© auprĂšs de la communautĂ© Liberaforms), et Ă©valuerons vos retours pour dĂ©terminer si, oui ou non, Liberaforms remplacera Ă  terme Yakforms comme moteur de Framaforms.

 

Tester Liberaforms (sans garantie ni support !)

 

Framaspace, de l’accompagnement pour une plus grande autonomisation

Framaspace accueille plus de 1 100 associations et collectifs. Nous envisageons de doubler ce chiffre, au moins, d’ici la fin de l’annĂ©e. Ce qui positionne Framasoft comme un des plus gros hĂ©bergeurs Nextcloud (le logiciel qui motorise Framaspace) de France, hors opĂ©rateurs type OVH.

Mais il nous reste un problĂšme majeur auquel il faut rĂ©pondre : comment accompagner les personnes qui dĂ©couvrent Nextcloud ? En effet, comme nos enquĂȘtes le dĂ©montraient, et comme nous l’indiquions dans notre confĂ©rence de lancement, Nextcloud reste relativement peu connu, et pas aussi simple Ă  prendre en main qu’un Google Drive, par exemple. Il nous faut donc trouver des façons qui permettent Ă  une personne qui n’a jamais utilisĂ© le logiciel de s’y retrouver : qu’elle puisse importer ses fichiers ou calendriers, qu’elle sache comment partager publiquement un fichier, qu’elle comprenne comment utiliser le tableur ou le traitement de texte intĂ©grĂ©, etc.

Nos actions en cours sont nombreuses sur le sujets : nous soutenons par exemple l’initiative d’ateliers Nextcloud (en juin 2024) organisĂ© par L‘Établi NumĂ©rique et La DĂ©rivation. Nous avons aussi un stagiaire, Val, qui travaille sur deux sujets : faciliter la migration depuis un espace cloud externe (Google Drive, Dropbox, ou mĂȘme un autre Nextcloud) vers Framaspace ; proposer un tutoriel aux nouvelles et nouveaux arrivants sur Framaspace, en utilisant la bibliothĂšque IntroJS.

VidĂ©o de dĂ©monstration de l’application IntroJs, dĂ©veloppĂ©e par Val, pour faciliter la prise en main de Framaspace.

LĂ  encore, vos dons nous permettent de faire, et surtout de faire sans trop attendre.

Proposer la candidature de votre asso/collectif

 

Passez Ă  l’action ! Pour pouvoir rĂ©pondre Ă  vos besoins et vos envies en termes de services libres Ă©mancipateurs, nous nous sommes fixĂ©s un objectif de collecte de 60 000€ qui nous permettront de mettre l’énergie nĂ©cessaire Ă  la mise en place de ces services. Si vous le pouvez : soutenez-nous !

Soutenir Framasoft

 

Et ensuite ?

Mais Framasoft ne s’arrĂȘte pas lĂ  !

D’autres projets sont en cours, mais sont, eux, plus incertains.

Leur mise en place dĂ©pendra Ă©videmment du succĂšs de cette collecte (oui, on manque peut-ĂȘtre un peu de subtilitĂ© 😉), mais aussi des rĂ©sultats des Ă©tudes de faisabilitĂ© technique qui sont en cours.

Nous pouvons cependant les Ă©voquer ici, en insistant sur le fait qu’en parler maintenant n’est pas pour autant un engagement de mise en place de notre part.

Aktivisda : dĂ©cliner des visuels rapidement

Un des besoins rĂ©currents repĂ©rĂ©s parmi les associations que Framasoft cĂŽtoie est celui de pouvoir rapidement crĂ©er ou dĂ©cliner des visuels. Par exemple, pour une chorale qui ferait 5 reprĂ©sentations en fin d’annĂ©e, il s’agit surtout, sur la base d’un affiche commune, de changer les dates, les heures, et les lieux. C’est un besoin simple, qui doit prendre quelques minutes maximum, afin de consacrer l’essentiel du temps et de l’énergie Ă  imprimer et diffuser les affiches.

C’est aussi le mĂȘme besoin qui revient avec les rĂ©seaux sociaux, oĂč le besoin est d’avoir un visuel commun identifiable (par exemple avec le logo de l’association), puis de pouvoir ajouter un texte dessus pour inviter Ă  une action ou un Ă©vĂ©nement.

Par ailleurs, mettre Ă  disposition ce type d’outil permettant en quelques clics de partager un visuel (une affiche, par exemple), de l’imprimer, ou de crĂ©er un code QR personnalisĂ©, nous semble utile dans le contexte social et politique actuel.

Ce sont justement à ces besoins que répond le logiciel Aktivisda.

Choisir un visuel dans Aktivisda Éditer un visuel dans Aktivisda (un message subliminal s'est glissĂ© dans cette capture, saurez-vous le retrouver ?)

Pour l’instant, aucune version « diffusĂ©e par Framasoft Â» n’est disponible, mais nous travaillons avec le dĂ©veloppeur originel, ainsi que la sociĂ©tĂ© qui l’emploie (Telescoop) afin de faciliter son dĂ©ploiement pour de multiples organisations, ainsi que l’ajout de nouveaux visuels (il faut actuellement passer par Framagit, ce qui peut ĂȘtre fastidieux).

Nous espĂ©rons donc, d’ici la fin de l’annĂ©e, revenir avec de bonnes nouvelles du cĂŽtĂ© de Aktivisda :)

 

Dans les coulisses

S’il y a un logiciel dont l’usage s’est massifiĂ© dans le paysage associatif ces derniĂšres annĂ©es, c’est bien Canva. Ce logiciel (non libre, et qui ne se prive pas de nourrir des entreprises tierces d’intelligence artificielle avec vos donnĂ©es) permet de crĂ©er rapidement des designs ou des prĂ©sentations.

Le logiciel libre le plus proche est probablement l’excellent Polotno Studio. Malheureusement, il n’est que trùs partiellement libre.

C’est un peu par hasard, lors des JDLL 2023 que nous avons dĂ©couvert Aktivisda. En dĂ©cembre 2023, nous rencontrions alors son dĂ©veloppeur, Marc-Antoine, avec qui nous avons discutĂ© de ses projets pour Aktivida, mais aussi de nos envies et de nos besoins d’un logiciel plus simple Ă  dĂ©ployer. Les Ă©changes se sont poursuivis ponctuellement, mais rĂ©guliĂšrement, avec l’objectif de rendre le logiciel multi-tenant, c’est Ă  dire facilement utilisable par de multiples individus ou organisations. Marc-Antoine et ses collĂšgues sont actuellement en train d’explorer le sujet (de façon bĂ©nĂ©vole, prĂ©cisons-le), et nous y verrons donc plus clair d’ici quelques semaines.

Framaspace : gestion des adhĂ©rent⋅es, de la comptabilitĂ©, nouvelles applications

Comme Ă©voquĂ© plus haut, l’annĂ©e 2024 sera largement dĂ©diĂ©e Ă  amĂ©liorer la prise en main et l’accompagnement des utilisateur⋅ices qui dĂ©couvrent Framaspace.

Cependant, cela ne signifie pas que nous n’allons pas avoir de missions plus techniques. Ainsi, nous comptons passer tous les espaces en version 29 (vous pouvez en lire une description en français chez nos ami⋅es d’Arawa. En parallĂšle, nous allons Ă©valuer l’ajout de quelques applications, comme par exemple Tables qui permet de construire et partager une petite base de donnĂ©es, ou Impersonate pour permettre Ă  l’admin d’un espace de dĂ©panner un utilisateur. Suivant vos retours sur Excalidraw (Ă©voquĂ© plus haut), nous pourrons aussi le proposer comme application complĂ©mentaire.

Tables dans Framaspace : crĂ©er des tableaux pour diffĂ©rents usages Tables dans Framaspace : des formulaires pour que vos utilisateur⋅ices puissent saisir leurs donnĂ©es Tables dans Framaspace : visualisez et manipulez vos donnĂ©es

 

Cependant, le plus gros du travail, qui commencera au second semestre 2024, sera de voir jusqu’oĂč nous pouvons aller dans l’intĂ©gration de Paheko dans Framaspace. Paheko est un logiciel libre de gestion d’associations complet et qui bĂ©nĂ©ficie aujourd’hui d’une belle rĂ©putation. De plus son dĂ©veloppeur est français, et impliquĂ© dans diffĂ©rentes communautĂ©s libristes depuis longtemps. Lors du dernier camp CHATONS, nous avons commencĂ© Ă  discuter de la possibilitĂ© d’intĂ©grer des parties de Paheko Ă  Framaspace. Notamment, nous savons que pouvoir gĂ©rer les adhĂ©rent⋅es (dates d’entrĂ©e et sortie de l’association, gestion des cotisations, etc.), mais aussi la comptabilitĂ© (suivant le Plan Comptable Associatif) seraient de gros avantages pour Framaspace. Pour l’instant, nous sommes toujours dans une dĂ©marche exploratoire, mais l’idĂ©e nous paraĂźt suffisamment importante pour que nous y consacrions du temps et de l’énergie.

Ajout d'une ligne comptable dans Paheko

Empreinte carbone associative

Nous ne sommes pas climato-sceptiques. Nous considĂ©rons que le rĂ©chauffement climatique est la mĂšre de toutes les batailles. Nous pensons que la rĂ©ponse au dĂ©rĂšglement climatique est avant tout politique, et nous sommes irritĂ©â‹…es de voir Ă  quel point les politiques publiques sont avant tout orientĂ©es, parfois de façon trĂšs culpabilisantes, sur les gestes individuels. Cependant, pour pouvoir correctement faire face Ă  un problĂšme et y rĂ©pondre de façon pertinente, il peut ĂȘtre utile de bien comprendre les enjeux, mais aussi les leviers sur lesquels agir. C’est dans cette optique que Framasoft, en partenariat avec le groupement de recherche Labos 1point5 souhaite proposer, Ă  moyen terme, une application en ligne permettant d’évaluer l’empreinte carbone de son association (ainsi qu’un simulateur permettant de voir l’impact de chaque levier activable).

PossibilitĂ© de jouer sur des leviers impactant l'empreinte carbone Évaluation de l'empreinte carbone Saisie de donnĂ©es dans l'application 1point5

 

 

Dans les coulisses

Il n’y a pas, et il n’y aura jamais de numĂ©rique « vert Â». Le numĂ©rique est intrinsĂšquement Ă©cocidaire. Cependant, nous vivons dans un monde oĂč le numĂ©rique existe, et a aussi des apports (pour calculer, pour communiquer, pour ĂȘtre en lien, pour faire ensemble, etc.). Et ni vous, ni nous, ni personne, ne peut faire disparaĂźtre le numĂ©rique d’un claquement de doigts. C’est ce qu’on appelle une problĂ©matique complexe, face Ă  laquelle aucune solution n’est triviale. Les solutions aux problĂšmes complexes reposent souvent sur des dĂ©cisions politiques Ă  grande Ă©chelle. Et le plus souvent, ces dĂ©cisions font face Ă  une grande rĂ©actance au dĂ©but, ce qui est assez naturel.

Concernant le rĂ©chauffement climatique, nous ne croyons pas aux « petits pas Â», et nous condamnons les politiques publiques qui pointent beaucoup plus facilement les gestes individuels (le fameux « pipi sous la douche Â») plutĂŽt que les actions Ă  grande Ă©chelle.

Cependant, pour bien comprendre un problĂšme complexe, il faut pouvoir prendre conscience des « sous-problĂšmes Â» qui le composent. Et lĂ , ça tombe bien, Framasoft peut avoir un (petit) rĂŽle Ă  jouer.

Ainsi, nous avons Ă©tĂ© contacté·es il y a quelques mois par le Groupement de Recherche Labos 1point5 qui propose, pour les labos de recherche (UniversitĂ©s, CNRS, etc.) des outils pour Ă©valuer et comprendre l’empreinte carbone liĂ©e au laboratoire. Ils et elles nous ont annoncĂ© travailler sur un outil Ă©quivalent, mais destinĂ© aux associations et nous ont demandĂ© si nous serions d’accord pour « porter Â» ces outils auprĂšs du monde associatif.

Pour ĂȘtre franc⋅hes, nous avons d’abord hĂ©sitĂ©, car ce genre d’outils fait souvent l’objet de gros biais de calcul, et « oublie Â» le scope 3 (et mĂȘme parfois le scope 1). Mais nous avons testĂ© l’outil, et l’avons trouvĂ© trĂšs complet. Par ailleurs, le fait que ces outils soient produits par des chercheuses et chercheurs pointu⋅es sur ce sujet permet de sortir des nombreuses dĂ©marches marketing de « greenwashing Â» que l’on peut observer ces derniers temps.

Nous avons donc entamĂ© un dialogue qui nous semble fort constructif. Pour l’instant, nous laissons l’équipe de recherche avancer sur le sujet, et nous vous tiendrons informĂ©â‹…es des avancĂ©es d’ici quelques mois.

D’ici lĂ , si votre association est intĂ©ressĂ©e Ă  tester lesdites avancĂ©es ou Ă  participer aux Ă©changes avec les chercheuses et chercheurs, vous pouvez vous inscrire au panel d’associations testeuses.

 

 

Proposer votre association comme beta-testeuse

D’autres ajouts sur Framalab ?

Ah
 Framadate sur mobile
 Si on avait touchĂ© 1€ Ă  chaque fois que l’on avait reçu une plainte concernant l’usage de Framadate sur smartphone, nous n’aurions probablement pas besoin de faire de collecte 😅.

Cependant, le code de Framadate est tellement datĂ© (certaines parties du code datent de 2008) qu’il paraĂźt aujourd’hui bien plus simple de repartir de zĂ©ro.

Ça tombe bien, des logiciels alternatifs comme https://rallly.co/fr ou https://crab.fit/ s’y sont lancĂ©s. Mais aussi, plus localement, la DINUM en 2021 ou, encore plus proche, la communautĂ© CHATONS.

Bref, ça ne sera pas pour tout de suite, et surtout, on ne sait pas encore quelle sera la voie (longue, mais libre) suivie par Framasoft, mais les choses avancent :)

Rallly : résultats Rallly : choisir ses dates Rallly : affichage mobile Crabfit : choisir ses dates Crabfit : résultats Crabfit : dispos de groupe

D’autres logiciels sont Ă©videmment envisagĂ©s, comme Hedgedoc, par exemple. N’hĂ©sitez pas Ă  signaler vos envies et besoins sur notre forum.

Nous Ă©tudions aussi de prĂšs la possibilitĂ© de mettre Ă  votre disposition des outils « No Code Â» comme Baserow ou NoCoDB, car ils nous semblent rĂ©pondre Ă  des besoins courants. Cependant d’un point de vue technique, ce n’est pas simple (ces logiciels sont gourmands et coĂ»tent donc cher Ă  hĂ©berger), et il s’agit de logiciels un peu complexes Ă  prendre en main, donc il faudrait aussi travailler Ă  leur accompagnement.

Pour tout cela, nous avons (encore) besoin de votre aide

FĂ©licitations si vous nous avez lu jusqu’ici, car nous avions beaucoup Ă  dire !

Vous l’aurez compris, de nombreux chantiers sont en cours, et il nous faudra des semaines, voire des mois, pour les faire avancer.

Cependant, comme toujours, nous ne pourrons nous atteler Ă  ces projets que si vous nous donnez les moyens de le faire.

Pour cette campagne, le montant de 60 000 € demandĂ© est le minimum vital pour nous permettre de maintenir l’existant comme nous l’avons fait ces 12 derniers mois, et de mettre en place les projets dĂ©jĂ  engagĂ©s en 2024, si nous atteignons cette somme, nous pourrons alors plus facilement mettre en place les projets exploratoires Ă©voquĂ©s plus haut.

Nous pensons sincĂšrement que nous avons la possibilitĂ© de faire bouger les lignes, comme nous l’avons fait avec Framadate, Framalistes, Framapad, ou maintenant Framaspace. Le contexte politique et social actuel nous presse Ă  « outiller la sociĂ©tĂ© de contribution Â», c’est Ă  dire Ă  Ă©quiper numĂ©riquement celles et ceux qui souhaitent changer le monde vers plus de collectif, plus de diversitĂ©, plus de communs. Notre boussole reste notre volontĂ© de vous proposer des outils libres et Ă©thiques, un peu comme si nous fournissions des planches, des marteaux et des clous numĂ©riques pour que vous puissiez concrĂ©tiser les projets qui vous ressemblent, et non ceux qui sont tĂ©lĂ©guidĂ©s par les gĂ©ants du numĂ©rique.

Nous pensons avoir prouvĂ© lors de ces dix derniĂšres annĂ©es de « dĂ©googlisation Â» que votre confiance n’était pas mal placĂ©e, et que chaque euro perçu avait Ă©tĂ© bien dĂ©pensĂ©.

Aujourd’hui, au regard de nos ambitions Ă  vous proposer de nouveaux services (mais aussi Ă  maintenir ceux qui sont en place !), nous faisons donc de nouveau appel Ă  votre gĂ©nĂ©rositĂ©, en vous rappelant que l’association Framasoft ne vit que de vos dons, et en vous invitant donc, si vous en avez l’envie et les moyens, Ă  nous soutenir pour cette nouvelle campagne. Merci 🙏

Soutenir la campagne « Dorlotons DĂ©googlisons #2 Â»

Framalibre : Une refonte pour revenir Ă  l’essentiel

L’annuaire des outils numĂ©riques libres et Ă©thiques a fait peau neuve fin 2023, pour devenir encore plus pratique et faciliter les recommandations. Petit tour en coulisses pour vous expliquer le parcours de cette refonte.

Ici Maiwann qui vous Ă©crit d’un cafĂ©, enfin d’une gare, en train d’attendre son train de 17h23 parce que le train de 16h24 a Ă©tĂ© annulĂ©.

Est-ce qu’il y a un meilleur moment pour vous raconter l’histoire de la refonte de Framalibre ? Je ne crois pas, et en plus la touche E de mon clavier fonctionne pour l’instant, alors c’est parti pour ce long article qui vous raconte les coulisses.

Houston, on va (bientĂŽt) avoir un problĂšme !

Les plus vieux d’entre vous le savent peut-ĂȘtre, Framalibre est en quelque sorte le projet fondateur de Framasoft, qui a commencĂ© en s’appelant Framasoft.net avec une liste de logiciels gratuits pour l’éducation, avant de devenir une liste de logiciels
 libres !

Il y a dĂ©jĂ  eu plusieurs Ă©volutions de l’annuaire, car on part initialement d’un site qui sent bon les annĂ©es 2000 vous en conviendrez vous-mĂȘme :)

La premiÚre version de Framalibre appelé Framasoft.net à l'époque La seconde version de Framalibre, qui fleure bon les années 2000 La troisiÚme version de Framalibre , un annuaire bien fourni La quatriÚme et derniÚre version de framalibre, sorti en décembre 2023, avec de belles illustrations

La version historique de Framalibre, qui n’avait d’ailleurs pas de nom Ă  l’époque fonctionnait sous SPIP. Elle Ă©tait uniquement centrĂ©e sur les logiciels libres.

En 2017, une premiĂšre refonte de l’annuaire a vu le jour, sous Drupal, grĂące Ă  Makina Corpus via un mĂ©cĂ©nat de compĂ©tences. À cette occasion, le nom de Framalibre est donnĂ© Ă  ce service. L’objectif consiste alors Ă  ne plus restreindre l’annuaire aux logiciels libres mais Ă  l’élargir aux Ɠuvres culturelles, au matĂ©riel, aux structures libres.

Or, quand on a un projet aussi vieux, et aussi connu pour reprĂ©senter l’association, faire une refonte entraĂźne tout un tas de complexitĂ©s, de la gestion des donnĂ©es qui fĂȘtent pour certaines leur majoritĂ©, Ă  un changement d’interface qui peut bousculer les utilisateurices
 cela reprĂ©sente une grosse masse de travail. Mais alors pourquoi est-ce qu’on s’est lancé·es ?

Pourquoi donc se lancer dans ce chantier ?

Ce qui ne pardonne pas : la dette technique

La derniĂšre version de Framalibre se basait sur un Drupal, version 7. Or, cette version n’était plus mise Ă  jour depuis un moment, et allait bientĂŽt devenir dĂ©suĂšte. Il faut dire que l’annuaire tournait assez bien tout seul, nĂ©cessitant surtout un peu de modĂ©ration mais pas particuliĂšrement de compĂ©tences techniques
 ce qui fait que personne n’avait le Drupal actuel suffisamment en main pour le faire Ă©voluer
 il fallait trouver l’énergie et pour rĂ©aliser cette montĂ©e en version, eh bien de l’énergie, il n’y en avait pas beaucoup.

Vous me direz “Mais Maiwann, ce n’est pas parce que c’est une refonte technique qu’il faut aussi chambouler toute l’interface”. Et vous auriez raison. Mais, il n’y avait pas que la partie technique !

Les autres indices

En 2018, nous avions rĂ©alisĂ© une enquĂȘte afin de savoir ce que vous pensiez de nos services. Lors de l’analyse des rĂ©ponses, il s’avĂ©rait que le seul reproche fait Ă  Framalibre Ă©tait liĂ© au changement d’interface qui dĂ©contenançait les rĂ©pondant·es.

8 retours sur l'ergonomie et le graphisme, les autres champs sont à 1 (dysfonctionnement du service, manque/proposition de fonctionnalité) ou 0 (Remerciements, Accessibilité, Documentation d'utilisation, Documentation pour l'hébergement, Regrette frmeture inscription, lenteur à l'utilisation, adaptation mobile

Évidemment, il y a toujours un peu de rĂ©actance face au changement. Mais de mon Ɠil d’ergonome, on retrouvait tout de mĂȘme des points un peu compliquĂ©s :

  • Une interface trĂšs chargĂ©e notamment pour la version mobile, ça donnait envie de la faire Ă©voluer !
  • La catĂ©gorisation “S’équiper”, “Se cultiver” et “S’informer” n’était pas parlante pour les utilisateurices. S’ensuivait une complexitĂ© Ă  trouver ce que l’on cherchait plutĂŽt qu’une facilitĂ© Ă  naviguer, dommage.
  • L’évolution des logiciels “à tĂ©lĂ©charger” vers les services en ligne qui sont maintenant majoritaires a pris de court notre catĂ©gorisation. Nous avions alors crĂ©Ă© une catĂ©gorie “Cloud / WebApp” mais un logiciel ne pouvait rentrer que dans une seule catĂ©gorie
 Alors comment faire quand votre logiciel correspondait Ă  la fois Ă  “Bureautique” et Ă  “WebApp” ?
  • La base de donnĂ©es n’était pas accessible facilement Ă  des personnes extĂ©rieures qui auraient voulu rĂ©cupĂ©rer l’ensemble des notices Framalibre
 dommage pour une liste de logiciels libres.

Tout ça nous a permis de rĂ©aliser que l’ambition de la premiĂšre refonte de Framalibre, qui Ă©tait de faire un annuaire du Libre en gĂ©nĂ©ral, (c’est-Ă -dire ne pas se contenter des logiciels) Ă©tait trop ambitieuse.

Cela impliquait des rĂ©dactions de notices trop longues, trop informelles ; les contributions concernaient de toute façon en majoritĂ© des logiciels
 Nous en avons conclu que finalement, Framalibre devait rester un annuaire de logiciels libres avant tout. Le mĂ©lange des genres ne marchait pas.

De mĂȘme les gadgets que nous avions voulu, eux, n’étaient pas ergonomiques ni clairs :

  • le systĂšme de vote pour promouvoir un logiciel avec les Ă©toiles (qui fut assez vite abandonnĂ©)
  • le systĂšme de registres (un utilisateur inscrit pouvait crĂ©er une liste de ses logiciels prĂ©fĂ©rĂ©s).
  • l’historique des modification des notices : chacun pouvait voir qui avait modifiĂ© quoi, qui Ă©tait l’initiateur d’une notice, etc. Tout cela constituait un systĂšme trop complexe pour finalement ne fournir qu’un service que l’utilisateur veut simple Ă  l’usage et direct Ă  la lecture.

Bref, toutes ces frictions techniques ajoutées aux frictions ergonomiques, ont fait que nous avons commencé à discuter de la refonte que nous voulions


Tout cramer pour repartir sur des bases saines

Lors de nos premiĂšres discussions autour de cette refonte, nous avons envisagĂ© deux pistes : – Mettre Ă  jour le Drupal existant, – Repartir sur une base technique nouvelle.

En n’étant pas expert·e Drupal, dur dur de se rendre compte de la masse de travail que reprĂ©sentait la montĂ©e en version. Et notre manque de contrĂŽle sur les donnĂ©es nous frustrait. C’est ce manque de contrĂŽle qui a guidĂ© notre choix : nous voulions repartir sur quelque chose de plus simple et de plus rĂ©silient.

C’est comme cela qu’est venu le choix de rĂ©aliser un site statique, avec des donnĂ©es au format YAML ou Markdown. Si vous n’y comprenez rien, pas de panique on vous explique ça simplement : Markdown et YAML, ce sont des façons d’écrire les informations dans nos notices qui seront simples Ă  lire pour un ordinateur comme pour des humains.

Regardez plutĂŽt l’exemple suivant, ce sont les informations de la notice d’un petit logiciel que nous aimons bien :

Contenu en Markdown d'une notice Excalidraw (disponible sur https://framagit.org/framasoft/framalibre/-/blob/main/_notices/Excalidraw.md )

Facile Ă  lire n’est-ce pas ? Eh bien c’est Ă  partir de ce document, ce code en YAML/Markdown en fait, que sa notice est actuellement gĂ©nĂ©rĂ©e. Si vous n’ĂȘtes pas dĂ©veloppeur·euse, voire que vous n’y comprenez rien au code, fĂ©licitations vous venez de lire (et comprendre, peut-ĂȘtre) du code informatique qui se transforme en page de site internet !

Les choix d’une refonte

Une fois cette décision technique prise, il fallait commencer à faire le ménage. Puisque nous étions parties pour tout refaire, il était temps de remettre en question des choix qui ont été faits il y a fort fort longtemps.

Voici une petite liste des questions qui se sont posĂ©es :

Garder les captures d’écran ?
– Pour : elles permettent de se rendre compte de ce Ă  quoi ressemble le logiciel rapidement
– Contre : elles deviennent vite obsolĂštes, et il faut les remettre Ă  jour
– DĂ©cision : trop de contenu Ă  surveiller, les utilisateurices peuvent dĂ©couvrir le logiciel en allant sur son site web, on ne garde pas !

Garder les noms des crĂ©ateurices d’un logiciel ?
– Pour : cela valorise le travail effectuĂ©, souvent bĂ©nĂ©volement, par une personne
– Contre : cela personnifie le travail rĂ©alisĂ© alors que l’idĂ©al, c’est quand il y a un collectif derriĂšre le logiciel et non pas une personne unique

– DĂ©cision : pour l’instant, on garde

Les notices d’Ɠuvres culturelles sous licence libre, on garde ou on jette ?
– Pour : c’est chouette de documenter les rĂ©alisations artistiques sous licence libre
– Contre : nous n’avons pas assez d’énergie pour dynamiser cette section, et la qualitĂ© des Ɠuvres qui s’y trouvent est trĂšs alĂ©atoire, pas surs que cela soit une bonne vitrine finalement
– DĂ©cision : on ne garde pas, pour se concentrer sur ce qu’on fait de mieux : le logiciel

Le champ « alternative Ă  Â», on garde ou on jette ?
– En contre, nous avions :
– Beaucoup de personnes utilisent alternativeto, un site qui fait dĂ©jĂ  trĂšs bien son travail de recherche d’alternatives.
– Dans notre rĂ©flexion philosophique, les logiciels libres ne sont pas (ou plus ?) de simples alternatives, mais proposent parfois des fonctionnalitĂ©s qui ne peuvent simplement pas ĂȘtre proposĂ©es par les logiciels propriĂ©taires
 Aussi il nous semblait rĂ©ducteur de continuer Ă  les rĂ©sumer en « une alternative Ă  Â»
– Il est parfois dĂ©cevant de chercher une « alternative Ă  Â» un logiciel propriĂ©taire que l’on connaĂźt bien et de tomber sur un logiciel libre qui sera profondĂ©ment diffĂ©rent.
– Mais, nous avons fini par garder ce champ ! Pourquoi ? Parce que dans une recherche, parfois les personnes n’ont Ă  l’esprit que l’outil auquel elles cherchent une alternative. Si philosophiquement ce n’est pas parfait, si nous risquons de dĂ©cevoir, il vaut quand mĂȘme mieux laisser le contrĂŽle aux personnes et leur permettre d’avoir des rĂ©sultats lorsqu’elles font leur recherche.

 

Et ainsi de suite pour chaque sujet, jusqu’à ne garder que ce qui nous semblait vraiment le plus intĂ©ressant.

On repart donc sur des bases minimalistes :

– Un annuaire de logiciels libres

– Qui s’offre une mise à jour graphique avec la nouvelle charte de l’association

– Et une amĂ©lioration sur le plan ergonomique, ne serait-ce que par la simplification de l’interface, et par la possibilitĂ© d’un usage en version mobile

N’ayant pas le combo temps-compĂ©tences en interne pour assurer le dĂ©veloppement, nous avons fait appel Ă  L’ÉchappĂ©e Belle.

Les prioritĂ©s que l’on se donne

Si nous voulions une nouvelle version plus simple, nous avons aussi choisi d’avancer sur une frustration : le peu de contributions Ă  cet annuaire.

En effet, Framalibre comptait alors 1054 notices, or nous sommes persuadé·es qu’il y a bon nombre de logiciels, notamment des logiciels un peu “de niche” ou “spĂ©cialisĂ©s” qui n’ont pas leur page dans notre annuaire !

Pour avancer sur ce terrain, nous avons choisi de faciliter la crĂ©ation de nouvelles notices en :

  • proposant un formulaire trĂšs souple, pour lequel seuls sont obligatoires le nom et la licence du logiciel
  • permettant aux personnes de crĂ©er une nouvelle notice sans avoir Ă  se crĂ©er de compte, c’est ce que nous appelons “les contributions anonymes”

C’était un pari que nous faisions, pari qui pouvait nous coĂ»ter cher : est-ce que mettre du temps de dĂ©veloppement dans ce formulaire allait rĂ©ellement donner lieu Ă  de nouvelles contributions ? Est-ce que nous n’allons pas ouvrir Framalibre Ă  tout un ensemble de spammeurs grĂące Ă  cette contribution anonyme ?

Il n’y a que le futur qui nous le dira !

Formulaire de contribution sans compte
 oui mais, le spam ? !

L’équipe technique de Framasoft a passĂ© une bonne partie de l’annĂ©e 2023 Ă  gĂ©rer du spam, encore et encore. Aussi, le projet de rĂ©aliser un formulaire de contribution sans compte apportait-il un nouveau risque, celui qu’il soit utilisĂ© par les spammeurs pour nous casser les pieds.

Aussi avons nous prĂ©vu un “gros bouton rouge”, c’est Ă  dire une possibilitĂ© de dĂ©brancher ce formulaire de contribution en cas de nĂ©cessitĂ©. Une petite sĂ©curitĂ© pour anticiper pas mal de pĂ©nibilitĂ©s, on croise les doigts pour avoir Ă  l’utiliser le plus tard possible !

Et comment ça se passe cĂŽtĂ© modĂ©ration ?

Proposer des ajouts, c’est bien, mais il faut s’organiser pour modĂ©rer ces propositions et valider (ou non) leur ajout Ă  l’annuaire.

GrĂące aux choix techniques de lĂ©gĂšretĂ© que nous avons fait pour ce nouveau Framalibre, nous avions la possibilitĂ© de l’hĂ©berger sur une forge logicielle, gĂ©nĂ©ralement surtout utilisĂ©e par des dĂ©veloppeureuses pour collaborer ensemble.

Or, une forge, ça permet de relire le code de la copine, avant de l’ajouter dĂ©finitivement Ă  celui du logiciel, ou de discuter sur X ou Y propositions de modification. C’est exactement ce dont nous avions besoin pour la modĂ©ration de notices : de quoi discuter, de quoi relire, la possibilitĂ© de faire “Pouce” ou “Non merci” quand on nous propose une notice pour
 Microsoft Excel (oui oui !). Nous nous sommes donc basĂ©s sur l’interface de Gitlab, la forge logicielle libre sur laquelle repose Framagit, plutĂŽt que de rĂ©inventer la roue.

(Et, je vous le dis depuis le futur, ça fonctionne trĂšs bien !)

Mais on en profite aussi pour creuser les usages

Pour se dĂ©cider parmi cette myriade de micro-choix Ă  faire, et aussi pour confronter Framalibre aux usages (cela avait-il dĂ©jĂ  Ă©tĂ© fait auparavant ? Pas sĂ»r !), j’ai profitĂ© de plusieurs rencontres avec vous pour faire tester la refonte en cours de rĂ©alisation.

Il en est sorti un apprentissage majeur : lorsque je cherche un outil / service / application libre, une fois ma recherche lancĂ©e, si j’ai plusieurs choix, je vais me tourner vers celui dont j’ai dĂ©jĂ  entendu parler.

Quelques citations entendues pendant ces tests :

  • « Ah oui, ce logiciel, ça me dit un truc Â»
  • « Ah, je crois qu’on m’a dĂ©jĂ  parlĂ© de celui-là
 Â»
  • « Est-ce qu’il est bien, celui-lĂ  ? Â»
  • « Et maintenant
 lequel vous me recommandez ? Â»

Bref, ça n’est pas tout de lister des logiciels, il y a une part qui semble impondĂ©rable : la recommandation d’un·e humain⋅e, soit parmi vos proches, soit croisĂ©â‹…e sur un stand, lors d’un atelier, d’une animation
 On n’allait pas y couper.

Et lĂ , c’est le moment d’imaginer tout un tas de solutions avant de choisir la meilleure. Cela nous est passĂ© par la tĂȘte (non) d’ouvrir une hotline Framalibre pour rĂ©pondre Ă  toutes vos questions, mais il nous a (Ă©trangement !) semblĂ© un peu compliquĂ© de trouver le temps de la tenir sur la durĂ©e, aussi nous avons fait des choix plus
 lĂ©gers pour nos Ă©paules dĂ©jĂ  bien chargĂ©es (et qui permettent de diffuser ce pouvoir auprĂšs de tous celleux qui ont dĂ©jĂ  recommandĂ© un logiciel libre autour d’elleux !)

Étape 1 : les recommandations des membres de Framasoft

Si Framalibre est un projet historique de Framasoft, c’est bien parce que depuis longtemps (toujours ? !), les membres de l’association passent leur temps Ă  recommander leurs logiciels favoris. Nous avons collectivement une grande expĂ©rience de tout un tas de logiciels, pour pouvoir rĂ©pondre Ă  vos questions lorsque l’on tient des stands, selon nos affinitĂ©s aussi (tout le monde ne saura pas vous recommander des logiciels de design ou de musique, mais certains sauront !), mais surtout parce que nous sommes tous tombĂ©s dans la marmite du logiciel libre Ă  un moment ou Ă  un autre, et que lorsqu’on a goĂ»tĂ© aux logiciels libĂ©rateurs, on a envie de les recommander autour de nous !

Bref, nous avions une expĂ©rience suffisante au sein de l’association pour avoir envie de guider les utilisateurices de Framalibre vers les logiciels que nous recommandons dĂ©jĂ  lorsque nous vous rĂ©pondons “en direct”.

Aussi est venue l’idĂ©e de rajouter une caractĂ©ristique “mis-en-avant” dans les notices, et de crĂ©er un encart “Framasoft recommande” en haut de la recherche, pour vous recommander certains logiciels.

Mais (car il y a un mais !), cette section a vite Ă©tĂ© renommĂ©e “Les membres de Framasoft utilisent
”. En effet, si nous avons de l’expĂ©rience, nous ne connaissons pas tous les logiciels, et si nous voulons aider les utilisateurices Ă  choisir, nous ne voulons pas leur faire croire que certains logiciels seraient moins “recommandables” que d’autres. Aussi cette section nommĂ©e “Les membres de Framasoft utilisent” a un titre bien plus long, mais aussi bien plus proche de la vĂ©ritĂ© : nous pouvons parler de ce que nous utilisons et nous aimons, rien de plus !

Une capture d'écran montrant des logiciels mis en avant comme étant utilisés par les membres de Framasoft

Étape 2 : dis-moi ce que toi, tu utilises !

Peu importe Ă  quel point nous pouvions essayer d’optimiser la recherche, lorsque nous arrivons au moment oĂč la personne a besoin de la recommandation d’un humain, jusqu’à prĂ©sent, ça coince.

C’est pourquoi nous avons pensĂ© Ă  une nouvelle fonctionnalitĂ©, particuliĂšrement consĂ©quente mais sur laquelle nous basons beaucoup d’espoirs : Les mini-sites de recommandation !

  • Mais dis-moi Maiwann, c’est quoi un mini-site de recommandation ?
  • Eh bien Framy c’est trĂšs simple !

Un mini-site de recommandation, c’est une page web que toi, moi, et tous celleux qui le veulent, peuvent rĂ©aliser pour lister les outils Ă©mancipateurs qu’iels utilisent et les partager autour d’elleux. On peut imaginer les partager :

  • Ă  sa famille,
  • aux membres de son association,
  • aux participant·es d’un de nos ateliers


Il n’y a pas de limites (c’est libre dira l’autre !) autres que vos envies et votre imagination. Si vous souhaitez faire quatre sites, un pour votre conjoint, l’autre pour votre club de tricot, le troisiĂšme pour votre club “Les Ă©colos anonymes”, et enfin pour le festival de musique que vous organisez, n’hĂ©sitez pas !

Pour vous dĂ©tailler un peu comment cela s’est passĂ© cotĂ© conception, nous voulions quelque chose d’assez simple en terme d’usage, tout en sachant que nous nous adressions Ă  des gens qui Ă©taient tout de mĂȘme assez Ă  l’aise pour bidouiller un peu, Ă©tant donnĂ© qu’ils avaient envie de recommander des logiciels libres, ils avaient dĂ©jĂ  un peu testĂ© des outils numĂ©riques pour les comparer. :)

Nous voulions aussi une page web qu’il Ă©tait possible de faire Ă©voluer dans le temps, selon si un outil devenait obsolĂšte ou, si on en dĂ©couvrait un nouveau dont on voulait absolument parler ! Il fallait aussi permettre de partager ce contenu, idĂ©alement par une adresse web qu’il serait facile d’envoyer


C’est alors que nous avons eu l’idĂ©e de nous baser sur un autre logiciel, nommĂ© Scribouilli !

Scribouilli, un outil pour créer son petit site

Scribouilli a Ă©tĂ© conçu par une Ă©quipe de personnes qui avaient envie de rendre accessibles les sites
 statiques (oh il y a comme un point commun lĂ  !) aux non informaticien·nes, pour leur permettre de crĂ©er facilement un petit site trĂšs simple.

Nous nous sommes dit qu’en faisant un peu Ă©voluer cet outil, il serait possible de renvoyer les personnes qui voulaient crĂ©er leur mini-site de recommandations sur Scribouilli, plutĂŽt que de dĂ©velopper une trĂšs grosse fonctionnalitĂ© sur Framalibre (et potentiellement rajouter la gestion des utilisateurs dans la, dĂ©jĂ  longue, liste de choses Ă  faire).

Il y avait 2 choses principales Ă  faire pour adapter Scribouilli :

  • crĂ©er un thĂšme graphique dĂ©diĂ© (assez facile Ă  faire)
  • permettre de crĂ©er son mini-site en se basant sur du libre uniquement (jusque lĂ , Scribouilli passait par Github, il fallait maintenant passer par Gitlab). C’était le trĂšs trĂšs gros morceau ! !

Mais grĂące au travail de L’ÉchappĂ©e Belle, les mini-sites existent et vous pouvez dĂšs maintenant crĂ©er le vĂŽtre !

Avant de les lancer, on a mĂȘme pu prendre le temps de rĂ©aliser pas mal de tests utilisateur·ices pour vĂ©rifier que le parcours se tenait, ce qui nous a permis de rectifier quelques bricoles, pour que tout soit le plus facile possible Ă  utiliser.

Étape 3 : les mini-sites de recommandations
 de Framasoft

Maintenant que chacun·e pouvait crĂ©er des mini-sites, nous pouvions nous emparer d’un autre retour qui nous avait Ă©tĂ© fait lors des tests sur cette nouvelle version : « Ă‡a fait un peu vide, il n’y a que le champ de recherche Â» / « Ă‡a manque de recommandations Â».

Du coup, nous avons dĂ©cidĂ© de rĂ©aliser nos propres mini-sites et de les mettre en avant sur la page d’accueil ! Pour cela, nous avons dĂ©cidĂ© de :

Et il en viendra sĂ»rement d’autres !

Liste des mini-sits mis en avant sur Framalibre : Des applications libres pour Android, Des lecteurs de flux Web, Outils libres pour la cartographie, Les logiciels préférés de Framatophe, Les logiciels qui m'ont fait grandir, Libre sous Mac, Outils pour les designers

Deux mots sur le graphisme

Une fois toutes ces nouvelles fonctionnalitĂ©s prĂȘtes, nous avons pu passer un beau coup de peinture en adaptant la nouvelle charte graphique de Framasoft Ă  ce nouveau Framalibre. Le beau fond violet et les titres sur fond orange donnent tout de suite une belle ambiance, conviviale et un peu fun au site, ce qui dĂ©tonne pas mal avec la version prĂ©cĂ©dente !

Il faut dire aussi que nous avons conçu Framalibre en “mobile first”, c’est-Ă -dire en concevant d’abord pour que le site fonctionne sur mobile, puis en l’adaptant pour les plus grands Ă©crans. Cette façon de concevoir contraint davantage en dĂ©but de projet, mais Ă©vite de se confronter au problĂšme Ă  la toute fin du projet, car il est parfois nĂ©cessaire de casser ce qui aurait Ă©tĂ© conçu sur grand Ă©cran pour trouver une façon de l’afficher sur les petits. En dĂ©marrant petit et minimaliste, pas de problĂšme !

La sortie !

Framalibre nouvelle version a donc été publié officiellement le 26 décembre, comme un dernier cadeau de Noël déposé sous le sapin.

Depuis, nous avons Ă©tĂ© trĂšs surpris·es du grand nombre de contributions qui ont mis Ă  jour ou ajoutĂ© de nouvelles notices ! Le pari de rĂ©aliser un formulaire anonyme est rĂ©ussi, et la modĂ©ration est facile d’accĂšs et donc est redevenue collaborative, alors qu’elle reposait depuis plusieurs annĂ©es sur les Ă©paules de trĂšs peu de personnes.

Pour les mini-sites, c’est plus compliquĂ© Ă  savoir car nous ne sommes pas notifiĂ©s si vous en avez crĂ©Ă©s ! Aussi, nous vous proposons si vous en avez crĂ©Ă© un, de le faire savoir via un hashtag #MonFramalibre sur votre mĂ©dia social favori pour que nous puissions les dĂ©couvrir (et dĂ©couvrir de nouveaux outils libres !)

Et maintenant ?

Eh bien il y a dĂ©jĂ  du nouveau !

Nous avons amĂ©liorĂ© la recherche qui Ă©tait un peu
 minimaliste (si vous cherchiez “Firefox” il fallait taper toutes les lettres avant d’avoir la notice qui s’affichait, pas top top).

Nous allons continuer Ă  regarder quelles sont les petites amĂ©liorations que nous pouvons espĂ©rer faire avec notre niveau d’énergie. Nous en avons quelques unes qui nous plairaient Ă©normĂ©ment parmi lesquelles :

  • une feuille de style permettant l’impression des mini-sites (pour partager votre liste de logiciels en atelier ou en classe) ;
    • avoir une page avec la liste de toutes les notices ;
    • une page avec toutes les Ă©tiquettes ;
    • faire le lien entre un logiciel et les CHATONS qui le proposent


Bref, nous avons du pain sur la planche !

Qu’est-ce que je peux faire ?

L’idĂ©al pour nous, c’est de faire connaĂźtre encore davantage Framalibre et surtout, les outils qui s’y trouvent.

Pour cela vous pouvez :

  • parler de Framalibre autour de vous ;
  • crĂ©er votre mini-site et le partager (autour de vous ou avec le #MiniSiteFramalibre par exemple) ;
  • ajouter des notices de logiciel qui manquent (pour ensuite rajouter ce logiciel Ă  votre mini-site !).

Créer son mini-site

Si vous avez envie de tester la crĂ©ation de votre propre mini-site, youpi ! Il y a seulement deux grandes Ă©tapes :

Étape 1 : crĂ©er sa page Scribouilli

Vous pouvez démarrer en créant votre premier site Scribouilli par ici.

Pensez bien Ă  choisir “ma liste de recommandations liĂ©e Ă  Framalibre” dans la liste dĂ©roulante.

Page de Scribouilli permettant de choisir "ma liste de recommendations liée à framalibre"

Étape 2 : rajouter vos logiciels prĂ©fĂ©rĂ©s

Ensuite, vous pouvez naviguer sur l’annuaire pour choisir quels logiciels vous souhaitez ajouter à votre mini-site.

Pour vous faciliter la vie, sans trop compliquer notre nouveau Framalibre, nous avons crĂ©Ă© un petit bouton “Copier pour mon mini-site” sur chaque notice. Vous pouvez cliquer dessus pour copier un bout de code HTML dans votre presse-papier, et le coller dans votre mini-site pour qu’un encart dĂ©diĂ© Ă  cette notice soit crĂ©Ă©, avec le nom, le logo, et le lien vers la notice dĂ©jĂ  tout rĂ©digĂ© !

Si vos logiciels prĂ©fĂ©rĂ©s n’ont pas encore leur notice sur Framalibre, l’idĂ©al est de contribuer Ă  l’annuaire en crĂ©ant une nouvelle notice pour que d’autres personnes puissent dĂ©couvrir ce logiciel.

Étape optionnelle : partager sur un mĂ©dia social votre mini-site

En utilisant par exemple le #MiniSiteFramalibre pour que les autres personnes curieuses de découvrir des recommandations puissent tomber sur votre mini-site.

Dorlotons DĂ©googlisons

La premiĂšre partie de ce travail touche Ă  sa fin, aprĂšs plus d’un an et demi de travail, qui a demandĂ© la participation de plusieurs bĂ©nĂ©voles pour le suivi de A Ă  Z, une prestation technique aboutie de la part de Fanny et David de l’ÉchappĂ©e Belle, les retours de nombreux membres de Framasoft avant la publication de la v1, des tests utilisateurices avec des personnes volontaires pour donner un coup de main, une aide technique de la part des salariĂ©s de l’association
 Bref un trĂšs gros travail nĂ©cessitant tout une galaxie d’énergies.

Car mettre Ă  jour un Framaservice, faire de la recherche utilisateur, amĂ©liorer l’ergonomie de nos outils
 tout cela n’a Ă©tĂ© possible que grĂące Ă  votre participation et/ou grĂące Ă  vos dons !

Merci encore pour votre soutien, et Ă  bientĂŽt pour de nouvelles aventures.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Liens utiles

Comment Framasoft sensibilise les acteurices de la médiation numérique aux pratiques numériques éthiques

À l’occasion de la publication de la synthĂšse de l’atelier Comment accompagner les usagers Ă  adopter des pratiques numĂ©riques Ă©thiques ? proposĂ© aux mĂ©diateurices numĂ©riques en octobre dernier lors de l’évĂ©nement NEC [NumĂ©rique en communs], on vous propose un point d’étape sur les diffĂ©rentes actions que Framasoft mĂšne au sein de l’écosystĂšme de la mĂ©diation numĂ©rique.

Un constat : trop de GAFAM dans ce secteur !

Ces derniĂšres annĂ©es, chez Framasoft, nous dĂ©plorons que, sous couvert d’accompagner les personnes dans la dĂ©couverte et la prise en main d’outils numĂ©riques, l’écosystĂšme de la mĂ©diation numĂ©rique (ou inclusion numĂ©rique) Ă©vacue souvent un peu trop vite certaines questions : quels sont ces outils ? Quels sont leurs impacts sur celleux qui les utilisent ?

Ainsi, nous avons constatĂ© Ă  de multiples reprises qu’une nouvelle gĂ©nĂ©ration d’aidant⋅es et de conseiller⋅es numĂ©riques recommandaient Ă  leurs bĂ©nĂ©ficiaires l’utilisation d’outils et services numĂ©riques privateurs sans les informer de l’existence d’alternatives plus Ă©thiques. Et cette situation nous pose problĂšme.

Ces bĂ©nĂ©ficiaires, qui sont dans leur grande majoritĂ© en situation de fracture numĂ©rique et d’illectronisme (difficultĂ©s d’accĂšs et d’usage), sont aussi, la plupart du temps, des personnes fragilisĂ©es (en situation de prĂ©caritĂ© sociale, peu diplĂŽmĂ©es, aux revenus modestes ou isolĂ©es), premiĂšres victimes potentielles de l’appĂ©tit des gĂ©ants du web. N’ayant pas ou peu connaissance des enjeux liĂ©s aux usages du numĂ©rique, elles ne sont pas en mesure de questionner les recommandations qui leur sont faites (surtout si ce sont des professionnel⋅les qui les leur font), et vont donc les appliquer Ă  la lettre, contribuant ainsi Ă  se maintenir dans une situation de dĂ©pendance (technologique cette fois-ci).

Au cours de la rĂ©daction de cet article, nous avons dĂ©couvert sur LinkedIn (rĂ©seau social oĂč l’écosystĂšme est trĂšs actif) cette publication de Florent Salem qui synthĂ©tise bien la situation :copie d'une publication LinkedIn de Florent Salem qui explicite le rapport des acteur⋅ices de la mĂ©diation numĂ©rique aux outils privateurs

Cette situation nous rappelle aussi qu’une partie des professionnel⋅les amenĂ©â‹…es Ă  aider ces personnes n’a pas Ă©tĂ© correctement formĂ©e aux enjeux du numĂ©rique. La formation initiale du dispositif CNFS (Conseiller⋅e numĂ©rique France Service) est basĂ©e sur le bloc de compĂ©tences « Accompagner diffĂ©rents publics vers l’autonomie dans les usages des technologies, services et mĂ©dias numĂ©riques Â» du titre professionnel REMN (Responsable d’Espace de MĂ©diation NumĂ©rique), mais la liste des compĂ©tences Ă  dĂ©velopper n’est pas dĂ©taillĂ©e. Ainsi, rien n’oblige les organismes de formation en charge de cette formation initiale Ă  former aux enjeux Ă©thiques, sociaux et environnementaux du numĂ©rique. Si certains (coucou Zoomacom !) s’en sont emparĂ©s, beaucoup de CNFS n’en ont jamais entendu parler !

capture du bloc de compétences RNCP34137BC01 (titre pro REMN)

bloc de compétences du titre professionnel REMN

Du cĂŽtĂ© des offres ciblĂ©es de formation continue Ă  destination des CNFS, ce n’est pas mieux. Par exemple, l’ARNia (Agence RĂ©gionale du NumĂ©rique et de l’intelligence artificielle en Bourgogne-Franche-ComtĂ©, en charge de la mission rĂ©gionale pour la mĂ©diation numĂ©rique en Bourgogne-Franche-ComtĂ©) propose au sein du catalogue de formation pour les CNFS la formation CrĂ©er, utiliser une boĂźte email et gĂ©rer ses courriers dont on peut trouver au programme :

extrait du catalogue de formation pour CNFS

Vous vous en doutez, ça nous hĂ©risse les poils de lire que les CNFS qui suivront cette formation ne se verront prĂ©senter que deux services de messagerie, dont aucun ne peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme Ă©thique !

Souhaitant agir sur cette situation, Framasoft s’est rapprochĂ© de l’écosystĂšme de la mĂ©diation numĂ©rique ces derniĂšres annĂ©es afin de sensibiliser les acteurices aux pratiques numĂ©riques Ă©thiques.

Approcher l’écosystĂšme de la mĂ©diation numĂ©rique

Jusqu’à il y a peu, chez Framasoft, on ne pensait pas ĂȘtre des acteur⋅ices de la mĂ©diation numĂ©rique. Alors que pourtant, nous aussi, nous concevons et produisons de ressources pĂ©dagogiques et documentaires pour diffĂ©rents supports (ateliers, manuels, cours en ligne, etc.) et Ă©laborons des actions de sensibilisation aux enjeux du numĂ©rique pour faciliter l’appropriation de savoirs et de nouvelles pratiques numĂ©riques. D’ailleurs, chaque annĂ©e, nous accompagnons plusieurs centaines de personnes Ă  questionner leurs pratiques et nous leur proposons de s’en Ă©manciper en adoptant des outils numĂ©riques plus Ă©thiques.

Depuis 2019, nous nous sommes rapprochĂ©â‹…es petit Ă  petit de cet Ă©cosystĂšme en participant Ă  plusieurs Ă©vĂ©nements du secteur :

  • atelier MĂ©diation numĂ©rique et contribution aux logiciels libres lors de la 2Ăšme Ă©dition de NEC [NumĂ©rique en Communs] organisĂ©e les 17 & 18 octobre 2019 Ă  Marseille ;
  • intervention sur les enjeux de mĂ©diation et de culture numĂ©rique pour tous et atelier Peut-on se passer des GAFAM ? lors du NEC Haute-Savoie organisĂ© le 26 novembre 2021 Ă  Annecy (tĂ©lĂ©chargez le carnet en faisant la synthĂšse) ;
  • atelier Pratiques numĂ©riques Ă©thiques dans l’accompagnement des usagers pour les acteurs de la mĂ©diation numĂ©rique du bassin ChambĂ©rien accompagnĂ©s par le projet Transistor – incubateur numĂ©rique inclusif de l’Agence Alpine des territoires le 10 mars 2022 Ă  ChambĂ©ry ;
  • pitch pour prĂ©senter PeerTube lors de la 4Ăšme Ă©dition de NEC organisĂ©e les 28 et 29 septembre 2022 Ă  Lens.

Nous avons aussi cherchĂ© Ă  dĂ©velopper nos relations avec les acteurices historiques de la mĂ©diation numĂ©rique. En septembre 2022, nous avons rejoint le sociĂ©tariat de la MedNum, la coopĂ©rative des acteurs de la mĂ©diation numĂ©rique pour y porter la voix d’un numĂ©rique Ă©mancipateur. Nous sommes ainsi en contact avec les diffĂ©rentes organisations de l’écosystĂšme et avons dĂ©veloppĂ© des relations plus poussĂ©es avec certaines d’entre elles (coucou Coll.In, Hubikoop, Zoomacom, etc.). Nous incitons ces organisations Ă  s’emparer du sujet, Ă  modifier leurs pratiques numĂ©riques en interne et Ă  sensibiliser leurs bĂ©nĂ©ficiaires.

Et c’est suite Ă  de nombreux Ă©changes avec Yann Vandeputte, en charge du titre professionnel REMN (Responsable d’Espace de MĂ©diation NumĂ©rique) au sein de l’AFPA, que nous avons publiĂ© la sĂ©rie d’articles Lost in mĂ©diation en mars et avril 2023.

Un parcours pour acculturer aux enjeux et outils numériques éthiques avec Hubikoop

Fin 2021, Marley Nguyen-Van, chargĂ© de dĂ©veloppement territorial au sein de Hubikoop (Hub territorial pour un numĂ©rique inclusif de la rĂ©gion Nouvelle-Aquitaine), nous contacte afin de dĂ©velopper des actions en commun. De ces Ă©changes Ă©mergera rapidement le projet de proposer aux conseiller⋅es numĂ©riques de la rĂ©gion Nouvelle Aquitaine un dispositif pour les acculturer aux enjeux, dispositifs et ressources en matiĂšre de pratiques numĂ©riques Ă©thiques, afin qu’iels puissent Ă  leur tour transmettre leurs connaissances Ă  leurs Ă©quipes, leurs partenaires et mĂȘme en faire bĂ©nĂ©ficier leurs publics.

Nous concevons un parcours pĂ©dagogique en 8 webinaires d’une durĂ©e de 2h que nous intitulons Parcours d’accompagnement Ă  la dĂ©couverte des services numĂ©riques Ă©thiques (oui, on n’a pas Ă©tĂ© super originaux sur ce coup lĂ  ^^) et dont l’articulation est la suivante :

– webinaire 1 – C’est quoi le problĂšme avec les gĂ©ants du web ?
– webinaire 2 – Alternatives et rĂ©sistances : comment se rĂ©approprier Internet ?
– webinaire 3 – Logiciels et services libres, de quoi parle-t-on ?
– webinaire 4 – DĂ©googlisons Internet : une offre de services libres
– webinaire 5 – ProtĂ©ger sa vie privĂ©e sur Internet
– webinaire 6 – LibĂ©rer son smartphone Android
– webinaire 7 – Des outils libres pour collaborer
– webinaire 8 : Des outils libres pour communiquer

Un calendrier est proposĂ© pour des webinaires rĂ©partis entre avril et juin 2022. Il est convenu que Framasoft prendra en charge l’animation de ces webinaires et fournira l’outil technique (un salon dĂ©diĂ© sur notre instance Big Blue Button). Hubikoop se chargera de l’organisation de l’action et du ciblage des potentiel⋅les participant⋅es. Cependant, nous recontrons des difficultĂ©s Ă  mobiliser des participant⋅es et le parcours sera finalement reprogrammĂ© Ă  la rentrĂ©e scolaire (entre septembre 2022 et fĂ©vrier 2023).

Le premier webinaire, programmĂ© le 20 septembre, rĂ©unit une cinquantaine de personnes et au final, le parcours sera suivi en intĂ©gralitĂ© (les 8 webinaires) par une trentaine de professionnel⋅les de l’inclusion numĂ©rique. Certain⋅es ne suivront pas tous les webinaires, mais la frĂ©quentation sera tout de mĂȘme de 37 personnes en moyenne. Tous les webinaires ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s et il est dĂ©sormais possible de les visionner sur Framatube.
Au regard du nombre de participant⋅es,l’action est considĂ©rĂ©e comme une rĂ©ussite. Afin d’en savoir plus, nous leur avons envoyĂ© un questionnaire pour recueillir leur avis sur le parcours et l’impact que celui-ci avait sur leurs pratiques professionnelles. Seulement 13 d’entre elleux y ont rĂ©pondu malgrĂ© les nombreuses relances et iels ont toustes indiquĂ© ĂȘtre satisfait⋅es de maniĂšre gĂ©nĂ©rale du parcours. Iels sont 94 % Ă  prĂ©ciser que le parcours a rĂ©pondu Ă  leurs attentes, 82 % Ă  exprimer leur satisfaction concernant la durĂ©e du parcours d’accompagnement et 88 % Ă  ĂȘtre satisfait⋅es du niveau d’explication donnĂ© par les intervenant⋅es.

Graphiques prĂ©sentant les taux de satisfaction des participant⋅es au parcours

Ce parcours semble donc avoir rĂ©pondu aux besoins et attentes des participant⋅es, qui prĂ©cisent les points forts suivants :

  • des modules trĂšs riches en informations et explications (enjeux et outils) ;
  • un argumentaire permettant de convaincre ;
  • la posture des intervenant⋅es ;
  • la diversitĂ© des thĂ©matiques abordĂ©es ;
  • le partage des supports et des replays.

Ce qui nous importait aussi, c’était de savoir si les connaissances acquises allaient ĂȘtre utilisĂ©es dans leur contexte professionnel. Iels sont 64 % Ă  indiquer que le parcours leur a permis de renforcer leurs pratiques professionnelles et 76 % Ă  souhaiter mettre en place des ateliers sur les thĂ©matiques abordĂ©es. Mais iels ont aussi indiquĂ© que le format webinaire ne permettait pas de rĂ©ellement mettre en pratique et ont suggĂ©rĂ© que soient organisĂ©s des temps d’échanges permettant d’identifier les activitĂ©s et postures pour porter ces sujets auprĂšs des publics accompagnĂ©s.

Des ateliers pour identifier pratiques et postures de mĂ©diation afin d’accompagner les pratiques numĂ©riques Ă©thiques

Si ce parcours a permis aux participant⋅es de mieux comprendre la toxicitĂ© des gĂ©ants du web et de dĂ©couvrir de nombreuses alternatives Ă  leurs services, il n’y Ă©tait en effet pas inclus de temps dĂ©diĂ© aux mĂ©thodes de mĂ©diation sur ces questions. Car c’est une chose de comprendre les enjeux et de savoir utiliser soi-mĂȘme les outils, ça en est une autre d’accompagner des personnes ayant peu de maĂźtrise du numĂ©rique dans cette voie.

Avec Hubikoop, nous avons donc envisagĂ© de proposer Ă  toutes les personnes ayant suivi le parcours de se retrouver pendant une journĂ©e complĂšte avant l’étĂ© 2023 afin d’échanger sur les diffĂ©rentes modalitĂ©s de mĂ©diation au numĂ©rique Ă©thique. Comme les participant⋅es Ă©taient gĂ©ographiquement assez Ă©loignĂ©â‹…es (c’est grand la Nouvelle Aquitaine !), on pensait proposer cette journĂ©e en amont ou en aval d’un Ă©vĂ©nement professionnel. Ceci n’a finalement pas pu se faire immĂ©diatement. Apprenant que le NEC national allait avoir lieu Ă  Bordeaux en octobre 2023, nous y avons vu l’opportunitĂ© de programmer cette journĂ©e la veille de l’évĂ©nement. Mais nous avons sĂ» trĂšs vite que ça ne serait pas possible vu que les CNFS Ă©taient dĂ©jĂ  mobilisĂ©s ce jour lĂ . Afin que le sujet puisse tout de mĂȘme ĂȘtre abordĂ©, nous avons proposĂ© un atelier plus court afin qu’il soit intĂ©grĂ© au programme du NEC.

visuel atelier au NEC

IntitulĂ© Comment accompagner les usagers Ă  adopter des pratiques numĂ©riques Ă©thiques ?, l’atelier proposait aux participant⋅es de rĂ©aliser un Ă©tat des lieux de leurs pratiques de mĂ©diation aux outils numĂ©riques Ă©thiques et de questionner les postures de mĂ©diation spĂ©cifiques Ă  cette thĂ©matique. AprĂšs une introduction rappelant le contexte de l’atelier (suite du parcours) et reprĂ©cisant ce qu’est le numĂ©rique Ă©thique, les participant⋅es ont partagĂ© en groupes les diffĂ©rentes façons dont iels portent la question du numĂ©rique Ă©thique. Afin de garder une trace de ces Ă©changes, il Ă©tait proposĂ© de complĂ©ter des fiches (1 fiche activitĂ© / dispositif formalisĂ© et 1 fiche accompagnement informel). La seconde partie de l’atelier a permis de mettre en commun des Ă©lĂ©ments les plus signifiants de chaque groupe et de questionner les participant⋅es sur la reproductibilitĂ© de ces pratiques.

Ce mĂȘme atelier a Ă©tĂ© aussi proposĂ© lors de l’évĂ©nement NEC Hauts de France Les Communs pour un numĂ©rique au service de tous le 7 novembre 2023 Ă  Lille et le sera aussi lors du NEC Grand Est #1 LibertĂ©s numĂ©riques le 9 avril prochain Ă  Strasbourg (il est encore temps de s’inscrire, mais ne tardez pas !).

Une synthĂšse de l’ensemble des dispositifs de mĂ©diation numĂ©rique partagĂ©s lors des deux ateliers a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e. Nous avons proposĂ© aux personnes ayant participĂ© Ă  ces ateliers et Ă  celles ayant suivi le parcours un nouveau webinaire le 24 janvier 2024 durant lequel nous avons commentĂ© et enrichi collectivement cette synthĂšse, laquelle a Ă©tĂ© mise en forme afin d’ĂȘtre diffusĂ©e au plus grand nombre.

Illustration de la couverture de la synthĂšse de l'atelier

Cliquez sur l’image pour tĂ©lĂ©charger la synthĂšse de l’atelier

Ce document, aprĂšs avoir rappelĂ© ce qu’on entend par numĂ©rique Ă©thique, prĂ©sente sous deux angles les dispositifs de mĂ©diation aux pratiques numĂ©riques Ă©thiques. La premiĂšre partie propose plusieurs pistes pour susciter la curiositĂ© des bĂ©nĂ©ficiaires sur la thĂ©matique, que ce soit en outillant les espaces de mĂ©diation numĂ©rique, en fournissant de la documentation ou en accompagnant au cas par cas les usages. La seconde partie regroupe, elle, plusieurs pistes d’activitĂ©s pour inviter les bĂ©nĂ©ficiaires Ă  s’emparer de la question, telles que des temps de rĂ©flexions-discussions ou l’organisation d’ateliers spĂ©cifiques pour dĂ©couvrir et manipuler ces outils.

Si vous avez mis en place ou avez connaissance de dispositifs de mĂ©diation qui n’apparaissent pas dans ce document, n’hĂ©sitez pas Ă  nous l’indiquer en commentaire afin qu’on l’enrichisse. Nous espĂ©rons que les acteur⋅ices de la mĂ©diation numĂ©rique s’appropriront ces diffĂ©rents dispositifs et qu’iels nous partagerons leurs retours d’expĂ©rience.

Et la suite ?

Dans les mois et annĂ©es Ă  venir, Framasoft souhaite continuer Ă  s’intĂ©grer dans l’écosystĂšme de la mĂ©diation numĂ©rique, que ce soit en intervenant lors des Ă©vĂ©nements de la communautĂ©, en produisant des ressources afin d’aider les mĂ©diateur⋅ices Ă  mieux apprĂ©hender ces questions du numĂ©rique Ă©thique ou en dĂ©veloppant de nouveaux projets avec les organisations du secteur.

MLC44, une association et une monnaie locale en cours de libération des géants du numérique

Depuis plusieurs annĂ©es, nous publions rĂ©guliĂšrement (tant que faire se peut du moins !) des articles tĂ©moignant de la dĂ©gafamisation de structures associatives ou relevant de l’économie sociale et solidaire. Dans le cadre du lancement de emancipasso.org, notre nouvelle initiative pour accompagner les associations vers un numĂ©rique plus Ă©thique (lire l’article de lancement), nous avons eu envie de reprendre la publication de ces tĂ©moignages.

Pour ce faire, nous avons lancĂ© un appel Ă  participation sur nos rĂ©seaux sociaux et quelques structures nous ont rĂ©pondu (vous pouvez continuer Ă  le faire en nous contactant) ! Nous sommes donc ravis de reprendre une nouvelle sĂ©rie d’articles de dĂ©gafamisation avec aujourd’hui le tĂ©moignage de MLC44, qui porte la monnaie locale Moneko. Merci Ă  Thibaut pour son tĂ©moignage riche, et bonne lecture !

Bonjour, peux-tu te prĂ©senter briĂšvement pour le Framablog ? Qui es-tu, ton parcours ? Ton rĂŽle dans l’association ?

Je suis Thibaut, 41 ans. De formation ingĂ©nieur en informatique et travaillant dans une ESN spĂ©cialisĂ©e dans l’open-source au civil ;) J’ai dĂ©butĂ© comme dĂ©veloppeur web PHP, Ă©voluĂ© dans le pilotage de projet et la direction d’un centre de production et suis actuellement dans des fonctions plus commerciales, toujours dans la mĂȘme ESN.

Au sein de l’association MLC44, je suis bĂ©nĂ©vole : membre Ă©lu du collectif qui pilote l’association et aidant sur toutes les problĂ©matiques liĂ©es aux outils informatiques Ă  travers la commission support (c’est un groupe de travail, rassemblant bĂ©nĂ©voles et certains membres de l’équipe salariĂ©e, chargĂ© de donner les moyens et outils Ă  l’association pour remplir ses objectifs).

Tu nous parles de ton association ? Quel est son objet, les valeurs qu’elle porte ?

MLC44 est l’association qui porte Moneko, une monnaie locale et citoyenne qui circule dans le dĂ©partement de la Loire-Atlantique. La monnaie circule au sein d’un rĂ©seau de particuliers et de structures partenaires agrĂ©Ă©es (commerces, restaurants, producteurs, artisans, associations, professions libĂ©rales, etc.), rĂ©unis autour d’une charte de valeurs et qui intĂšgrent des prĂ©occupations sociales, environnementales et Ă©conomiques dans leurs activitĂ©s.

Sans possibilitĂ© d’épargne et non spĂ©culative, cette monnaie est adossĂ©e (on dit aussi complĂ©mentaire) Ă  l’euro. Comme la plupart des monnaies locales, c’est un outil d’éducation populaire : Moneko permet aux citoyen⋅nes de se rĂ©approprier l’usage de la monnaie, d’en dĂ©couvrir les enjeux, de s’impliquer dans la gouvernance de leur monnaie, d’échanger et de partager au sein d’un rĂ©seau solidaire pour devenir acteur de la transition Ă©conomique et Ă©cologique de leur territoire.

Cela a bien fonctionnĂ© avec moi, car depuis que je suis adhĂ©rent, j’ai dĂ©placĂ© une bonne partie de ma consommation vers des structures locales. Ça devient assez ludique quand on s’y met ;)

Le fonctionnement de Moneko. Source : site de Moneko

En termes d’organisation, combien y a-t-il de membres ? y a-t-il des salariĂ©â‹…es ? Êtes-vous localisĂ© gĂ©ographiquement ou bien un peu partout ?

Nous avons 4 salariĂ©s et 1 Ă  2 VSC (Volontaire en Service Civique) suivant les pĂ©riodes. Les bureaux de l’association sont localisĂ©s Ă  Nantes au sein du Solilab (super lieu rĂ©unissant plein d’énergies autour de l’ESS), mais nous avons aussi des groupes locaux dans plusieurs lieux du 44. Notre objectif est de les multiplier sur le territoire de la monnaie. L’association rassemble une cinquantaine de bĂ©nĂ©voles et les adhĂ©rents Ă  la monnaie sont Ă  ce jour prĂšs de 1000 (760 particuliers et 220 pros Ă  jour de leur cotisation).

Vous diriez que les membres de l’association sont Ă  l’aise avec le numĂ©rique ou pas du tout ? Ou bien c’est assez disparate ?

La majoritĂ© est plutĂŽt Ă  l’aise et en plus volontaire pour progresser, cela aide beaucoup !

Quel a Ă©tĂ© le dĂ©clencheur de votre dĂ©gafamisation ? Qu’est-ce qui vous a motivĂ©s ?

Quand j’ai rejoint l’association en 2021, le sujet Ă©tait dĂ©jĂ  dans les objectifs de l’association avec quelques premiĂšres actions en cours. Utiliser des outils libres ou open-source plutĂŽt que les outils des GAFAM ou propriĂ©taire est une prĂ©occupation proche des valeurs qui guident notre association. C’est donc une voie d’évolution tout Ă  fait naturelle pour nous et facilement comprĂ©hensible par nos membres.

En dehors donc de l’aspect valeur, une autre motivation est l’autonomie que cela peut nous apporter : nous trouverons toujours une ressource apte Ă  maintenir/dĂ©velopper nos outils vs du propriĂ©taire, et en plus cela nous rend moins dĂ©pendant d’un prestataire. Nous identifions Ă©galement des bĂ©nĂ©fices en termes de coĂ»t financier Ă  moyen/long terme une fois l’investissement initial passĂ© (mise en place et montĂ©e en compĂ©tence des Ă©quipes).

C’est aussi l’occasion de travailler Ă  plus facilement fĂ©dĂ©rer/mutualiser nos usages et outils au niveau national, voire europĂ©en avec les autres monnaies locales (coucou Ă  nos copains du mouvement SOL). C’est une des raisons pour laquelle nous avons Ă©galement rejoint l’association Lokavaluto qui est un commun numĂ©rique Ă  destination de projets de l’ESS tels que les Monnaies Locales complĂ©mentaires et Citoyennes, les SĂ©curitĂ©s sociales de l’alimentation, les SEL, les places de marchĂ© locales, etc.

Quels sont les moyens humains mobilisĂ©s sur la dĂ©marche ? Y a-t-il une Ă©quipe dĂ©diĂ©e au projet ? Quelles compĂ©tences ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires ?

Il n’y a pas rĂ©ellement de personne dĂ©diĂ©e au sujet. Cette dĂ©marche restant chaque annĂ©e suivie et prĂ©sente dans le plan d’action de l’association, nous nous en soucions rĂ©guliĂšrement. Pour aller dans le dĂ©tail, c’est la commission support de l’association qui en a la responsabilitĂ© et qui suit l’avancement. Étant dans cette commission et par ailleurs dĂ©fenseur de l’open-source, j’ai pris en main le dossier ;) Mais je suis aidĂ© par d’autres bĂ©nĂ©voles qui aident Ă  la mise en place des outils et Ă  la formation des utilisateurs, tout comme notre partenaire Lokavaluto qui met Ă  disposition de nombreux tutoriels et formations.

Comment avez-vous organisĂ© votre dĂ©gafamisation ? Plan stratĂ©gique machiavĂ©lique puis passage Ă  l’opĂ©rationnel ? Ou par itĂ©rations et petit Ă  petit, au fil de l’eau ?

Cela se passe plutĂŽt par itĂ©ration et au fil d’eau. Une premiĂšre Ă©tape a Ă©tĂ© de dresser la liste des outils majeurs utilisĂ©s par tous les intervenants de l’assocation.

Nous avons ensuite cherchĂ© une alternative libre adĂ©quate. La liste a ensuite Ă©tĂ© priorisĂ©e pour dĂ©terminer en fonction des contraintes et de la difficultĂ© Ă  migrer, dans quel ordre nous allions procĂ©der. Au fur et Ă  mesure, cela nous a construit une sorte de plan d’action sur cette dĂ©marche. Mais le plan continue d’évoluer : nous dĂ©couvrons de temps en temps l’usage d’un outil qui n’avait pas Ă©tĂ© identifiĂ© mais aussi, nous restons en veille sur les solutions et pouvons donc changer quelques prioritĂ©s. À titre d’exemple, lors de notre rĂ©cent changement d’outil pour notre site internet, nous en avons profitĂ© pour migrer nos vidĂ©os de Youtube vers un Peertube alors que ce n’était pas forcĂ©ment prĂ©vu.

En plus de ces itĂ©rations au niveau global, nous pouvons aussi itĂ©rer au niveau de chaque outil : on ne cherche pas forcĂ©ment la perfection dĂšs le dĂ©part. L’idĂ©e c’est d’avancer. Par exemple, certain-e-s utilisateur-ices commencent Ă  utiliser le nouvel outil et pas tous en mĂȘme temps. Cela permet aussi de faciliter l’acceptation du changement et pour nous d’avoir le temps d’accompagner « tranquillement Â» les utilisateurs.

L’association Ă©tant en plein changement d’échelle, toute la difficultĂ© est d’arriver Ă  faire les changements sans trop bouleverser les habitudes des intervenant-e-s qui sont dĂ©jĂ  bien chargĂ©-e-s par le quotidien.

Est-ce que vous avez rencontrĂ© des rĂ©sistances que vous n’aviez pas anticipĂ©es, qui vous ont pris par surprise ? Au contraire, y a-t-il eu des changements dont vous aviez peur et qui se sont passĂ©s comme sur des roulettes ?

Je dirais qu’il faut ĂȘtre vigilant si certains de vos prestataires sentent le vent tourner. L’idĂ©e est de bien faire maintenir le niveau de service attendu jusqu’au bout.

Un autre point d’attention Ă©galement, c’est d’ĂȘtre vigilant lors de l’arrivĂ©e de nouvelles personnes (ce qui peut arriver frĂ©quemment dans une association). Le nouvel arrivant doit prendre les bonnes habitudes, et Ă©ventuellement perdre ses mauvais rĂ©flexes perso/pro d’utilisation d’outil Gafam ;) Cela peut ĂȘtre un peu dĂ©licat, car la personne arrive avec de l’envie et de l’énergie pour faire progresser l’association, il faut donc bien expliquer la dĂ©marche, le pourquoi et gĂ©nĂ©ralement ça se passe bien !

Autre vigilance Ă  avoir : lorsque de nouveaux besoins sont exprimĂ©s, l’équipe doit avoir le rĂ©flexe de d’abord chercher des solutions libres/open-source, il faut parfois le rappeler.

Enfin, il faut globalement rester un peu souple : notre objectif est d’avant tout de faire progresser l’usage de notre monnaie locale Moneko. Nous ne devons donc pas ĂȘtre sectaires et interdire l’usage d’outil propriĂ©taire ou GAFAM quand l’alternative n’apporte pas un service suffisant oĂč est trop coĂ»teuse (temps/argent) Ă  mettre en Ɠuvre pour le moment. (Mais on le garde dans nos radars pour une future voie d’amĂ©lioration !)

Parlons maintenant outils ! À ce jour, on en est oĂč ? Quels outils ou services avez-vous remplacĂ©, et par quoi, sur quels critĂšres ?

Certains outils sont migrĂ©s, d’autres en cours et d’autres sont encore dans la TODO list ;) Voici un Ă©tat des lieux :

  • Partage de fichiers : Google Drive vers Nextcloud : en cours/partiel, ici la stratĂ©gie a Ă©tĂ© d’abord de migrer nos documents publics (cela permet d’évangĂ©liser notre public) avant tout l’interne qui demande un gros boulot de tri.
  • Suite bureautique : Google => Onlyoffice : en test, ici aussi la marche est importante car il y a beaucoup d’historique et c’est un outil du quotidien pour l’équipe. Nous allons y aller au fur et Ă  mesure.
  • Mesure du trafic web : Google Analytics => Matomo, terminĂ© : cela a Ă©tĂ© facile Ă  faire Ă  l’occasion de la refonte de notre site web.
  • Fichiers tableurs pour gĂ©rer l’asso : Excel => Odoo, en finalisation, nous avons migrĂ© toute la gestion de nos membres en 2023 et avons pu automatiser les relances de dĂ©but 2024 avec le nouvel outil. Un gain de temps assurĂ© au final.
  • Gestion des mails : Gmail => Thunderbird (bureau) + Roundcube (web), en cours/partiel : seuls quelques membres ont franchi le pas, il y a pas mal d’accompagnements Ă  faire.
  • SystĂšme d’exploitation : Windows => Ubuntu, Ă  commencer : l’idĂ©e est d’abord d’installer un poste Ă  l’occasion d’un nouvel arrivant pour ensuite proposer la migration Ă  ceux qui le veulent. Cela se fera sur un temps long.
  • Messagerie instantanĂ©e : Whatsapp => Rocketchat, en cours : l’usage de Whatsapp est de moins en moins frĂ©quent, mais l’usage de Rocketchat a encore du mal Ă  prendre.
  • ConfĂ©rence audio et vidĂ©o : Zoom => Big Blue Button, terminĂ© : la bascule s’est faite assez rapidement d’autant plus que cela nous a permis d’économiser quelques dizaines d’euros par mois !
  • Carte gĂ©ographique : Google Maps => Gogocarto, en cours : la migration des donnĂ©es prend un peu de temps, mais ça ne va pas tarder
  • HĂ©bergement vidĂ©o : Youtube => PeerTube, terminĂ© : cela a Ă©tĂ© facile Ă  faire Ă  l’occasion de la refonte de notre site web.

Pour rĂ©pondre Ă  ta question sur les critĂšres majeurs c’est : rĂ©ponse au besoin, ergonomie de la solution, pĂ©rennitĂ© de l’outil.

Comment avez-vous choisi s’il y avait plusieurs alternatives ?

Beaucoup de choix se sont faits en discutant avec notre Ă©cosystĂšme (Lokavaluto, SOL, autres monnaies, autres structures du Solilab, etc.) et en observant leur usage. Nous tenons aussi compte de notre capacitĂ© Ă  avoir de la compĂ©tence interne pour accompagner les utilisateurs fonctionnellement. La pĂ©rennitĂ© de l’outil et la capacitĂ© Ă  trouver facilement des ressources techniques pour maintenir/corriger un bug compte aussi.

Planche de billets Moneko

À quoi ressemblerait la planche Ă  billet Moneko ? Source : site de Moneko

Est-ce qu’il reste des outils auxquels vous n’avez pas encore pu trouver une alternative libre et pourquoi ?

Il nous reste l’outil de gestion des transactions de la monnaie (cyclos) : nous avons une piste avec Com’Chain, mais nous n’envisageons pas encore la migration car trop risquĂ©e. C’est le cƓur de notre activitĂ© : l’outil est encore jeune, on surveille les Ă©volutions de l’outil et ses avancĂ©es. Mais cela exigera aussi de notre part une maturitĂ© technique que nous n’avons pas encore.

Quels Ă©taient vos moyens humains et financiers pour effectuer cette transition vers un numĂ©rique Ă©thique ?

Nous n’avons pas de ressource ou temps dĂ©diĂ©, c’est un sujet du quotidien portĂ© par la chargĂ©e de coordination et les bĂ©nĂ©voles « techniques Â». Comme cela reste un objectif prĂ©cis de l’association, les membres les plus actifs l’ont bien en tĂȘte et sont facilitateurs.

Avez-vous organisĂ© un accompagnement de vos utilisateur⋅ices ?

Oui, nous essayons d’accompagner au mieux les utiliateur⋅ices, avec par exemple :

  • une formation rĂ©guliĂšre aux nouveaux usages (Odoo notament) : Ă  chaque dĂ©ploiement de nouveau module (ex. : facturation, gestion RH), nous formons les utilisateurs (+ tutoriel vidĂ©o/retranscription vidĂ©o de formations d’autres MLC mis Ă  dispo par Lokavaluto)
  • des tutoriels sous forme de diapo pour expliquer des cas d’usage

Mais on ne peut pas le faire systĂ©matiquement. Donc on compte aussi sur la dĂ©brouillardise car comme dit plus haut, on essaye de sĂ©lectionner avant tout des outils ergonomiques et qui fonctionnent bien Ă  l’instinct. Mais lorsqu’on nous remonte une difficultĂ©, on passe en mode support par tchat et mails (voir tĂ©lĂ©phone pour les urgences, mais c’est rare) L’idĂ©e est que les utiliateur⋅ices aient bien une personne d’identifiĂ©e Ă  contacter en cas de besoin.

Est-ce que votre dĂ©gafamisation a un impact direct sur votre public ou utilisez-vous des services libres uniquement en interne ? Si le public est en contact avec des solutions libres, comment y rĂ©agit-il ? Est-il informĂ© du fait que ça soit libre ?

Cela peut avoir un impact via l’exemple. Quand on propose un document Ă  tĂ©lĂ©charger par exemple, c’est sur nuage.moneko.org. Les utilisateurs voient que c’est du Nextcloud et non du Google Drive. On laisse les crĂ©dits des solutions qu’on utilise pour contribuer. Mais en effet, ta question m’amĂšne Ă  me demander si on ne pourrait pas faire une page dĂ©diĂ©e pour montrer nos choix et notre dĂ©marche. Je le note dans la todo ;)

Quels conseils donneriez-vous Ă  des structures comparables Ă  la vĂŽtre qui voudraient se dĂ©gafamiser elles aussi ? (erreurs Ă  ne pas commettre ? Astuces et bonnes pratiques Ă©prouvĂ©es Ă  l’usage ?)

Quelques conseils en vrac : entourez-vous de personnes en phase avec l’objectif, ne soyez pas seul, allez-y tranquillement, montrez l’exemple par vos propres usages, itĂ©rez, essaimez, montrez les bĂ©nĂ©fices, l’alignement des valeurs et ne vous dĂ©couragez pas s’il y a quelques entorses ou petits retours en arriĂšre, la route est longue mais
 [Ndr : 
 la voie est libre 🙂 ] ;)

Un mot de la fin, pour donner envie de migrer vers les outils libres ?

Avancer sur cette migration peut aider Ă  se sentir bien, cela fait partie des gestes positifs Ă  apporter Ă  notre sociĂ©tĂ©, cela aide au bien-ĂȘtre mental et Ă  lutter contre la dissonance cognitive que l’on peut avoir dans nos activitĂ©s quotidiennes/pro.

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