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Comment fait-on pour utiliser le service Équipe FACiLe ?

Par : antdesros
4 janvier 2024 Ă  20:45

Voulant tester le service Équipe FACiLe, j’ai voulu m’y crĂ©er un compte. J’ai donc cliquĂ© sur Pas de compte utilisateur ? dans l’espoir de m’en crĂ©er un. Je suis alors arrivĂ© sur une page qui me dit : « To access your team’s workspace, contact your workspace admin. If you’ve been invited already, check your email inbox for a Mattermost workspace invite. Â»
Comment fait-on pour se créer un espace de travail pour notre équipe ?

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Gestion de nos comptes Facil

Par : xavier
21 novembre 2023 Ă  22:41

Si je comprend bien, nous avons un compte différent pour nos différents services Facils

  1. Compte de membre - https://facil.qc.ca
  2. Tous les services - https://facil.services/ dans mon portefeuille de mots de passe, mais inutile !?
  3. Mastodon - https://jasette.facil.service
  4. Ce forum - https://forumsdulibre.quebec
  5. Nextcloud - https://nuage.facil.services, le mĂȘme que pour IMAP et SMTP ??

Juste pour vérifier :face_with_monocle:

[Edit]
J’ai des « erreurs de connection Â», des accĂšs bloquĂ©s maintenant.
Soit une difficultés en ce moment avec les services facils (nuage, courriel, compte membre 
)
soit j’ai trop fait d’erreurs et je suis tombĂ© dans les Bans.
Je vais laisser reposer quelques heures 


7 messages - 4 participant(e)s

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Gandi décevant - Services FACIL comme alternatives?

Par : xavier
21 novembre 2023 Ă  22:20

J’étais un utilisateur satisfait du registrar « gandi.net Â» avec quelques vrais comptes mail inclus dans le prix annuel du nom de domaine. Grosse dĂ©ception, il vont maintenant facturer ce service, deux fois plus cher que le nom de domaine lui mĂȘme, soit un triplement du prix pour mon utilisation effective d’un (seul) compte de courriel. Le slogan de gandi « Pas de bullshit Â» ne tiens plus.

Le service technique me propose de " passer par un autre prestataire mail (Outlook, Google) et celui-ci vous donnera ses enregistrements MX Ă  remplacer sur le fichier de zone comme indiquĂ© sur cette page : Comment puis-je modifier mes enregistrements DNS ? | Noms de domaine – OpĂ©rations courantes | Gandi Documentation — Documentation Documentation Gandi "
C’est sur nos services facil que je prĂ©fĂšrerais venir. Je suppose que cela n’est pas si simple, alors 


Il est temps pour moi de me mettre Ă  utiliser mon adresse @facil.quebec, et de faire des redirections depuis Gandi. J’avais des alias gĂ©nĂ©riques (genre xavier*) Je me sens piĂ©gĂ©.

Je n’aimes plus Gandi.net, et je dĂ©couvre infomaniak.com La visite de leur site laisse penser qu’ils sont responsables vis Ă  vis des donnĂ©e, de l’écologie 
 basĂ©s en Suisse (pas trĂšs local pour nous). Je vais probablement y migrer mon nom de domaine.

Quelles sont les limites du Compte mail de FACIL ?

  • Volume ?
  • signatur Dkim ?
  • Antispam ?

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Échirolles libĂ©rĂ©e ! La dĂ©googlisation (4)

Par : Goofy
31 mars 2023 Ă  01:42

Dans ce quatriĂšme volet du processus de dĂ©googlisation de la ville d’Échirolles (si vous avez manquĂ© le dĂ©but) Nicolas Vivant aborde le complexe problĂšme de la fracture numĂ©rique, qui demande d’aller au-delĂ  de la mĂ©diation pour trouver des structures et des moyens adaptĂ©es aux pratiques diverses des citoyens : la stratĂ©gie numĂ©rique doit aller de pair avec l’action sociale.


DĂ©googlisation d’Échirolles, partie 4 : l’inclusion numĂ©rique

La fracture numĂ©rique : un symptĂŽme parmi d’autres

Avec 36 % de logements sociaux et 3 quartiers « politique de la ville Â» Échirolles est, sans nul doute, une ville populaire. Plusieurs Ă©tudes sur les difficultĂ©s liĂ©es au numĂ©rique ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es sur notre territoire : l’une par notre CCAS (2019), l’autre par un cabinet indĂ©pendant (2020-2021). Si elles n’ont pas montrĂ© de situation spĂ©cifique Ă  notre commune, elles ont permis de mesurer l’étendue des problĂ©matiques qu’il est indispensable de travailler.

Quelles sont les populations qui rencontrent des difficultĂ©s avec le numĂ©rique ?

  • Les personnes ĂągĂ©es ;
  • les personnes en situation de prĂ©caritĂ© sociale ou financiĂšre ;
  • les personnes ne maĂźtrisant pas bien la langue française ;
  • les jeunes qui possĂšdent les outils, mais ne maĂźtrisent pas les usages ;
  • les personnes en situation de handicap ou qui souffrent de pathologies.

Notre CCAS adresse avec sĂ©rieux l’ensemble de ces enjeux. Nos maisons des habitants (anciennement « centres sociaux Â») jouent un rĂŽle majeur dans leur prise en charge, partout sur le territoire communal. Des Ă©quipes existent, avec qui il n’est pas envisageable de ne pas travailler. Pour autant, dans un effort de cohĂ©rence avec le schĂ©ma directeur « Ă‰chirolles numĂ©rique libre Â», nos Ă©lus et notre direction gĂ©nĂ©rale ont choisi de rattacher l’inclusion numĂ©rique Ă  la DSCN (Direction de la StratĂ©gie et de la Culture NumĂ©riques).

Conclusion : la fracture numĂ©rique n’est pas un problĂšme en tant que tel. C’est un symptĂŽme d’enjeux sociaux qui doivent rester prioritaires dans l’aide apportĂ©e Ă  nos habitants. Traiter la fracture numĂ©rique sans prendre en compte les problĂ©matiques sous-jacentes serait un pansement sur une jambe de bois. Un travail en transversalitĂ© est indispensable.

La mĂ©diation comme unique solution ?

Les Ă©tudes rĂ©alisĂ©es ont Ă©galement montrĂ© que les difficultĂ©s rencontrĂ©es par notre population ne se limitaient pas aux usages. Un vĂ©ritable effort d’inclusion numĂ©rique nĂ©cessite d’adresser 6 grands domaines :

1. L’accĂšs au matĂ©riel (PC, smartphones, systĂšmes d’impression) ;
2. l’accĂšs Ă  une connexion internet de qualitĂ© ;
3. la formation technique ;
4. l’information, l’éducation populaire aux grands enjeux du numĂ©rique ;
5. l’assistance aux usages, l’accĂšs au droit ;
6. le support matériel.

Les efforts de l’État et des collectivitĂ©s sur l’inclusion numĂ©rique reposent principalement sur la mĂ©diation numĂ©rique (les points 3, 4 et 5, donc). Dans le cadre du plan « France Relance Â», par exemple, l’ANCT (Agence Nationale de CohĂ©sion des Territoires) finance depuis 2021 le recrutement de « Conseillers NumĂ©riques France Services Â» dans les associations ou les collectivitĂ©s territoriales. Des « Maisons France Services Â» et des « Bus France Services Â» Ă©maillent Ă©galement nos rĂ©gions.

Pour les autres points (1, 2 et 6), seul le secteur privĂ© se positionne. On connaĂźt, par exemple, le travail d’associations comme EmmaĂŒs Connect pour la mise Ă  disposition de smartphones et de cartes SIM prĂ©payĂ©es, mais seuls les publics en grande prĂ©caritĂ© sont adressĂ©s.

La mise Ă  disposition, dans les communes, d’accĂšs publics, permet de rĂ©pondre, en partie, aux problĂ©matiques du manque de matĂ©riel et d’accĂšs Ă  internet. L’accĂšs aux tĂ©lĂ©services mis Ă  disposition (et souvent rendus obligatoires) par l’état et les grandes structures compĂ©tentes dans le domaine social, est possible depuis ce type de lieu. Mais la dimension intime de l’accĂšs au numĂ©rique n’est pas prise en compte : on ne contacte pas sa grand-mĂšre (ou sa compagne) en visioconfĂ©rence depuis un lieu public. On ne regarde pas une sĂ©rie ou un match de foot depuis une maison des habitants.

Sans faire l’effort de mettre Ă  la disposition des publics fragiles du matĂ©riel et une connexion Ă  internet de qualitĂ© Ă  domicile, on ne pratique pas une vĂ©ritable inclusion : ceux qui ont les moyens disposent d’accĂšs dans des conditions confortables et dans l’intimitĂ©, les autres doivent sortir, par tous les temps, pour bĂ©nĂ©ficier d’un accĂšs au numĂ©rique limitĂ©, Ă  des horaires qu’ils ne peuvent pas choisir et sous le regard de leurs concitoyens.

La mĂ©diation numĂ©rique ne peut constituer, Ă  elle seule, un dispositif d’inclusion numĂ©rique efficace et complet. Un travail plus ambitieux est indispensable. Nous essayons de nous y atteler (et ce n’est pas simple).

L’inclusion Ă  l’échirolloise

L’accĂšs au matĂ©riel

Pour la mise Ă  disposition de matĂ©riel pour ceux qui en ont le plus besoin, la ville a choisi de s’appuyer sur une association Ă©chirolloise rĂ©cente : PC solidaire (site en cours de dĂ©veloppement au moment oĂč cet article est rĂ©digĂ©). Le processus est en cours de crĂ©ation : notre DSI remettra son matĂ©riel usagĂ© Ă  cette association, qui se chargera de le reconditionner et de le remettre gratuitement, via les maisons des habitants, aux bĂ©nĂ©ficiaires.

L’association a eu l’excellente idĂ©e de se pencher sur le schĂ©ma directeur de la ville et a choisi, librement, de s’en inspirer. Le systĂšme d’exploitation par dĂ©faut devrait donc ĂȘtre le mĂȘme que celui est en cours de dĂ©ploiement : Zorin OS.

L’accùs à internet

C’est le point le plus difficile Ă  travailler, et de loin. L’offre Ă©tant exclusivement privĂ©e, nous essayons de nĂ©gocier avec les FAI (fournisseurs d’accĂšs Ă  internet) la mise en place d’une solution trĂšs abordable Ă  destination des bĂ©nĂ©ficiaires de logement sociaux. Des discussions sont en cours, mais aujourd’hui aucune offre vĂ©ritablement satisfaisante n’est en place. Seule proposition (pas suffisamment) connue, Ă  destination des populations bĂ©nĂ©ficiant des minima sociaux, celle d’Orange, « Coup de pouce Internet Â», Ă  15,99€/mois.

La formation, l’information et l’assistance

GrĂące Ă  un financement de l’ANCT, la Ville et son CCAS ont pu, en 2021, recruter 4 conseillers numĂ©riques. Ils interviennent dans les maisons des habitants, les bibliothĂšques et la maison des associations. SpĂ©cialisĂ©s dans la mĂ©diation numĂ©rique et formĂ©s dans le cadre du dispositif de l’État ils rĂ©alisent, depuis juillet 2021, des accompagnements individuels, des ateliers et des sessions de formation. Malheureusement, l’État annonce une baisse des financements et ces emplois sont menacĂ©s. Nous travaillons donc Ă  la mise en place d’un nouveau dispositif, pĂ©renne cette fois-ci, et qui ne dĂ©pendra pas de financements extĂ©rieurs.


Quelques-uns de nos conseillers, au travail dans une MDH

D’autres initiatives existent Ă  Échirolles depuis des annĂ©es : « Les Ă©crans, parlons-en ! Â», par exemple. Conçu par le service « Ă©ducation Â» de la ville en lien Ă©troit avec le CCAS, ce dispositif part du principe qu’une bonne hygiĂšne numĂ©rique passe aussi par l’éloignement raisonnĂ© des Ă©crans.

Mais encore ?

La ville a choisi de ne pas limiter son aide aux seuls habitants, mais aussi aux nombreuses associations qui animent le territoire (→ https://asso-echirolles.fr). Notre tissu associatif est riche de ses bĂ©nĂ©voles, dynamique et innovant dans ses actions. Sa contribution au « vivre ensemble Â» est majeure. L’étude « Ă‰chirolles numĂ©rique Â» de 2021 a montrĂ© que l’accĂšs aux ressources numĂ©riques Ă©tait trĂšs variable en fonction des associations. Nous avons donc dĂ©cidĂ© de leur apporter une aide sur deux volets : la crĂ©ation de sites web et (dans un second temps) la mise Ă  disposition d’outils numĂ©riques de gestion associative.

Le principe est simple : la DSI de la ville prend en charge l’hĂ©bergement, crĂ©e un sous-domaine dĂ©diĂ© Ă  l’association, installe un CMS (systĂšme de gestion de contenu) libre et gĂšre les mises Ă  jour (CMS, thĂšmes, extensions
) et les sauvegardes. 6 ateliers de formation sont organisĂ©s pour apprendre Ă  crĂ©er son contenu et Ă  faire vivre le site. À l’issue de ces ateliers, l’association administre son site en autonomie. En cas de problĂšme, un forum permet d’échanger avec le formateur et les autres associations qui bĂ©nĂ©ficient du dispositif. Le point fort : si les personnes en charge du site ne sont plus en mesure de s’en occuper, un retour en atelier est toujours possible pour qu’une nouvelle Ă©quipe s’en saisisse.

Inclusion vs dégooglisation

L’efficacitĂ© du dispositif d’inclusion numĂ©rique de la ville repose sur deux piliers principaux : le schĂ©ma directeur, boussole technique et politique de nos choix, et le travail en transversalitĂ©, qui garantit une prĂ©sence partout sur le territoire et la prise en compte de la problĂ©matique dans sa globalitĂ©. RattachĂ© Ă  la direction du numĂ©rique, il permet une action cohĂ©rente Ă  l’échelle de la ville.

Ce lien entre action sociale et stratĂ©gie numĂ©rique est l’une des forces d’Échirolles. Il est l’un des Ă©lĂ©ments qui permettent de faire rayonner le schĂ©ma directeur Ă  l’échelle de la commune, et pas seulement en interne. Mais une autre façon d’agir (et surtout d’interagir) au delĂ  sur pĂ©rimĂštre de la ville existe. Elle fera l’objet du cinquiĂšme et dernier article de cette sĂ©rie.

→ L’épisode 1 (structuration)
→ L’épisode 2 (transformation)
→ L’épisode 3 (solutions)
→ L’épisode 4 (vous ĂȘtes ici)
→ L’épisode 5 (fĂ©dĂ©ration)

***

Retrouvez-moi sur Mastodon : https://colter.social/@nicolasvivant

Mastodon, fin de (premiĂšre) partie ?

Par : Framasoft
12 novembre 2022 Ă  01:42

L’afflux rĂ©cent d’inscriptions sur Mastodon, sous forme de vague inĂ©dite de cette ampleur, a largement retenti dans les mĂ©dias.

Beaucoup se sont penchĂ©s sur le rĂ©seau social fĂ©dĂ©rĂ© avec une curiositĂ© nouvelle, pour expliquer (parfois de façon maladroite ou fragmentaire, mais c’est habituel1) de quoi il retourne aux nombreux « migrants Â» qui ont rĂ©agi vivement Ă  la prise de contrĂŽle de l’oiseau bleu par E. Musk.

L’évĂ©nement, car c’en est un tant les rĂ©seaux sociaux sont devenus un enjeu crucial, a suscitĂ©, et c’est tout Ă  fait sain, beaucoup d’interrogations, mais souvent selon une seule perspective : « Vous venez de l’oiseau qui a du plomb dans l’aile, que pouvez-vous trouver et que devez-vous craindre en vous inscrivant sur Mastodon ? Â». Et en effet cela rĂ©pond plus ou moins Ă  une forte demande.

Cependant il nous est apparu intĂ©ressant  d’adopter le temps d’un article une sorte de contre-champ : « que peuvent espĂ©rer ou redouter les mastonautes (ben oui on peut les appeler ainsi) avec de massives nouvelles arrivĂ©es ? Â»

C’est ce que propose d’analyser Hugh Rundle dans le billet que nous avons traduit ci-dessous. Il connaĂźt bien Mastodon, dont il administre une instance depuis plusieurs annĂ©es. Sa position pourra sembler exagĂ©rĂ©ment pessimiste, car il estime qu’il faudra faire le deuil de Mastodon tel qu’on l’a connu depuis les dĂ©buts du FĂ©diverse. Qui sait ce qu’apporteront les prochains mois Ă  la fĂ©dĂ©ration de serveurs minuscules ou obĂšses qui par leur interconnexion fĂ©dĂšrent des ĂȘtres humains, hors de portĂ©e du capitalisme de surveillance ? Comme d’habitude, les commentaires sont ouverts et modĂ©rĂ©s.

Article original sur le blog de l’auteur : Mastodon’s Eternal September begins

Licence CC BY 4.0

L’éternel septembre de Mastodon commence


par Hugh Rundle

 

Plus personne n’y va. Il y a trop de monde.

Yogi Berra, et alii

Cette fois, on dirait bien que c’est arrivĂ©. Alors que les sites d’information commençaient Ă  annoncer qu’Elon Musk avait finalisĂ© l’achat de Twitter, l’éternel septembre du Fediverse – espĂ©rĂ© et redoutĂ© en proportions Ă©gales par sa base d’utilisateurs existante – a commencĂ©.

Nous avons dĂ©jĂ  connu des vagues de nouvelles arrivĂ©es – la plus rĂ©cente au dĂ©but de cette annĂ©e, lorsque Musk a annoncĂ© son offre d’achat – mais ce qui se passe depuis une semaine est diffĂ©rent, tant par son ampleur que par sa nature. Il est clair qu’une partie non nĂ©gligeable des utilisateurs de Twitter choisissent de se dĂ©sinscrire en masse, et beaucoup ont Ă©tĂ© dirigĂ©s vers Mastodon, le logiciel le plus cĂ©lĂšbre et le plus peuplĂ© du Fediverse.

Deux types de fĂȘtes

À Hobart, Ă  la fin des annĂ©es 1990, il y avait essentiellement trois boĂźtes de nuit. Elles Ă©taient toutes plus ou moins louches, plus ou moins bruyantes, mais les gens y allaient parce que c’était lĂ  que les autres se trouvaient – pour s’amuser avec leurs amis, pour attirer l’attention, pour affirmer leur statut social, etc. Ça, c’est Twitter.

J’avais un ami qui vivait dans une colocation au coin d’un de ces clubs populaires. Il organisait des fĂȘtes Ă  la maison les week-ends. De petites fĂȘtes, juste entre amis avec quelques amis d’amis. Ça, c’est le Fediverse.

DĂ©ferlement

Pour ceux d’entre nous qui utilisent Mastodon depuis un certain temps (j’ai lancĂ© mon propre serveur Mastodon il y a 4 ans), cette semaine a Ă©tĂ© accablante. J’ai pensĂ© Ă  des mĂ©taphores pour essayer de comprendre pourquoi j’ai trouvĂ© cela si bouleversant.

C’est censĂ© ĂȘtre ce que nous voulions, non ? Pourtant, ça ressemble Ă  autre chose. Comme lorsque vous ĂȘtes assis dans un wagon tranquille, discutant doucement avec quelques amis, et qu’une bande entiĂšre de supporters de football monte Ă  la gare de Jolimont aprĂšs la dĂ©faite de leur Ă©quipe. Ils n’ont pas l’habitude de prendre le train et ne connaissent pas le protocole. Ils supposent que tout le monde dans le train Ă©tait au match ou du moins suit le football. Ils se pressent aux portes et se plaignent de la configuration des siĂšges.

Ce n’est pas entiĂšrement la faute des personnes de Twitter. On leur a appris Ă  se comporter d’une certaine maniĂšre. À courir aprĂšs les likes et les retweets. À se mettre en valeur. À performer. Tout ce genre de choses est une malĂ©diction pour la plupart des personnes qui Ă©taient sur Mastodon il y a une semaine. C’est en partie la raison pour laquelle beaucoup sont venues Ă  Mastodon en premier lieu, il y a quelques annĂ©es.

Cela signifie qu’il s’est produit un choc culturel toute la semaine, pendant qu’une Ă©norme dĂ©ferlement de tweetos descendait sur Mastodon par vagues de plus en plus importantes chaque jour. Pour les utilisateurs de Twitter, c’est comme un nouveau monde dĂ©routant, tandis qu’ils font le deuil de leur ancienne vie sur Twitter. Ils se qualifient de « rĂ©fugiĂ©s Â», mais pour les habitants de Mastodon, c’est comme si un bus rempli de touristes de Kontiki venait d’arriver, et qu’ils se baladaient en hurlant et en se plaignant de ne pas savoir comment commander le service d’étage. Nous aussi, nous regrettons le monde que nous sommes en train de perdre.

Viral

Samedi soir, j’ai publiĂ© un billet expliquant deux ou trois choses sur l’histoire de Mastodon concernant la gestion des nƓuds toxiques sur le rĂ©seau. Puis tout s’est emballĂ©. À 22 heures, j’avais verrouillĂ© mon compte pour exiger que les abonnĂ©s soient approuvĂ©s et mis en sourdine tout le fil de discussion que j’avais moi-mĂȘme crĂ©Ă©.

Avant novembre 2022, les utilisateurs de Mastodon avaient l’habitude de dire pour blaguer que vous Ă©tiez « devenu viral Â» si vous obteniez plus de 5 repouets ou Ă©toiles sur un post.

Au cours d’une semaine moyenne, une ou deux personnes pouvaient suivre mon compte. Souvent, personne ne le faisait. Et voilĂ  que mon message recevait des centaines d’interactions. Des milliers. J’ai reçu plus de 250 demandes de suivi depuis lors – tellement que je ne peux pas supporter de les regarder, et je n’ai aucun critĂšre pour juger qui accepter ou rejeter. En dĂ©but de semaine, je me suis rendu compte que certaines personnes avaient crosspostĂ© mon billet sur le Mastodon sur Twitter. Quelqu’un d’autre en avait publiĂ© une capture d’écran sur Twitter.

Personne n’a pensĂ© Ă  me demander si je le voulais.

Pour les utilisateurs d’applications d’entreprise comme Twitter ou Instagram, cela peut ressembler Ă  de la vantardise. Le but n’est-il pas de « devenir viral Â» et d’obtenir un grand nombre d’abonnĂ©s ? Mais pour moi, c’était autre chose. J’ai eu du mal Ă  comprendre ce que je ressentais, ou Ă  trouver le mot pour le dĂ©crire. J’ai finalement rĂ©alisĂ© lundi que le mot que je cherchais Ă©tait “traumatique”.

En octobre, j’avais des contacts rĂ©guliers avec une douzaine de personnes par semaine sur Mastodon, sur 4 ou 5 serveurs diffĂ©rents. Soudain, le fait que des centaines de personnes demandent (ou non) Ă  se joindre Ă  ces conversations sans s’ĂȘtre acclimatĂ©es aux normes sociales a Ă©tĂ© ressenti comme une violation, une agression. Je sais que je ne suis pas le seul Ă  avoir ressenti cela.

Le fait que tous les administrateurs de serveurs Mastodon que je connais, y compris moi-mĂȘme, aient Ă©tĂ© soudainement confrontĂ©s Ă  un dĂ©luge de nouveaux inscrits, de demandes d’inscription (s’ils n’avaient pas d’inscription ouverte), puis aux inĂ©vitables surcharges des serveurs, n’a probablement pas aidĂ©. Aus.social a cĂ©dĂ© sous la pression, se mettant hors ligne pendant plusieurs heures alors que l’administrateur essayait dĂ©sespĂ©rĂ©ment de reconfigurer les choses et de mettre Ă  niveau le matĂ©riel. Chinwag a fermĂ© temporairement les inscriptions. MĂȘme l’instance phare mastodon.social publiait des messages plusieurs heures aprĂšs leur envoi, les messages Ă©tant crĂ©Ă©s plus vite qu’ils ne pouvaient ĂȘtre envoyĂ©s. J’observais nerveusement le stockage des fichiers sur ausglam.space en me demandant si j’arriverais Ă  la fin du week-end avant que le disque dur ne soit plein, et je commençais Ă  rĂ©diger de nouvelles rĂšgles et conditions d’utilisation pour le serveur afin de rendre explicites des choses que « tout le monde savait Â» implicitement parce que nous pouvions auparavant acculturer les gens un par un.

Consentement

Jusqu’à cette semaine, je n’avais pas vraiment compris – vraiment apprĂ©ciĂ© – Ă  quel point les systĂšmes de publication des entreprises orientent le comportement des gens. Twitter encourage une attitude trĂšs extractive de la part de tous ceux qu’il touche. Les personnes qui ont republiĂ© mes articles sur Mastodon sur Twitter n’ont pas pensĂ© Ă  me demander si j’étais d’accord pour qu’ils le fassent. Les bibliothĂ©caires qui s’interrogent bruyamment sur la maniĂšre dont ce “nouvel” environnement de mĂ©dias sociaux pourrait ĂȘtre systĂ©matiquement archivĂ© n’ont demandĂ© Ă  personne s’ils souhaitaient que leurs pouets sur le Fediverse soient capturĂ©s et stockĂ©s par les institutions gouvernementales. Les universitaires qui rĂ©flĂ©chissent avec enthousiasme Ă  la maniĂšre de reproduire leurs projets de recherche sur Twitter sur un nouveau corpus de pouets “Mastodon” n’ont pas pensĂ© Ă  se demander si nous voulions ĂȘtre Ă©tudiĂ©s par eux. Les personnes crĂ©ant, publiant et demandant des listes publiques de noms d’utilisateurs Mastodon pour certaines catĂ©gories de personnes (journalistes, universitaires dans un domaine particulier, activistes climatiques
) ne semblaient pas avoir vĂ©rifiĂ© si certaines de ces personnes se sentait en sĂ©curitĂ© pour figurer sur une liste publique. Ils ne semblent pas avoir pris en compte le fait qu’il existe des noms pour le type de personne qui Ă©tablit des listes afin que d’autres puissent surveiller leurs communications. Et ce ne sont pas des noms sympathiques.

Les outils, les protocoles et la culture du Fediverse ont Ă©tĂ© construits par des fĂ©ministes trans et queer. Ces personnes avaient dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  se sentir mises Ă  l’écart de leur propre projet quand des personnes comme moi ont commencĂ© Ă  y apparaĂźtre il y a quelques annĂ©es. Ce n’est pas la premiĂšre fois que les utilisateurs de Fediverse ont dĂ» faire face Ă  un changement d’état significatif et Ă  un sentiment de perte. NĂ©anmoins, les principes de base ont Ă©tĂ© maintenus jusqu’à prĂ©sent : la culture et les systĂšmes techniques ont Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment conçus sur des principes de consentement, d’organisation et de sĂ©curitĂ© communautaires. Bien qu’il y ait certainement des amĂ©liorations Ă  apporter Ă  Mastodon en termes d’outils de modĂ©ration et de contrĂŽle plus fin des publications, elles sont en gĂ©nĂ©ral nettement supĂ©rieures Ă  l’expĂ©rience de Twitter. Il n’est guĂšre surprenant que les personnes qui ont Ă©tĂ© la cible de trolls fascistes pendant la plus grande partie de leur vie aient mis en place des protections contre une attention non dĂ©sirĂ©e lorsqu’elles ont crĂ©Ă© une nouvelle boĂźte Ă  outils pour mĂ©dias sociaux. Ce sont ces mĂȘmes outils et paramĂštres qui donnent beaucoup plus d’autonomie aux utilisateurs qui, selon les experts, rendent Mastodon « trop compliquĂ© Â».

Si les personnes qui ont construit le Fediverse cherchaient gĂ©nĂ©ralement Ă  protĂ©ger les utilisateurs, les plateformes d’entreprise comme Twitter cherchent Ă  contrĂŽler leurs utilisateurs. Twitter revendique la juridiction sur tout le « contenu Â» de la plateforme. Les plaintes les plus vives Ă  ce sujet proviennent de personnes qui veulent publier des choses horribles et qui sont tristes lorsque la bureaucratie de Twitter finit, parfois, par leur dire qu’elles n’y sont pas autorisĂ©es. Le vrai problĂšme de cet arrangement, cependant, est qu’il modifie ce que les gens pensent du consentement et du contrĂŽle de nos propres voix. Les universitaires et les publicitaires qui souhaitent Ă©tudier les propos, les graphiques sociaux et les donnĂ©es dĂ©mographiques des utilisateurs de Twitter n’ont qu’à demander la permission Ă  la sociĂ©tĂ© Twitter. Ils peuvent prĂ©tendre que, lĂ©galement, Twitter a le droit de faire ce qu’il veut de ces donnĂ©es et que, Ă©thiquement, les utilisateurs ont donnĂ© leur accord pour que ces donnĂ©es soient utilisĂ©es de quelque maniĂšre que ce soit lorsqu’ils ont cochĂ© la case « J’accepte Â» des conditions de service. Il s’agit bien sĂ»r d’une idiotie complĂšte (les Condition GĂ©nĂ©rales d’Utilisation sont impĂ©nĂ©trables, changent sur un coup de tĂȘte, et le dĂ©sĂ©quilibre des pouvoirs est Ă©norme), mais c’est pratique. Les chercheurs se convainquent donc qu’ils y croient, ou bien ils s’en fichent tout simplement.

Cette attitude a Ă©voluĂ© avec le nouvel afflux. On proclame haut et fort que les avertissements de contenu sont de la censure, que les fonctionnalitĂ©s qui ont Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment non mises en Ɠuvre pour des raisons de sĂ©curitĂ© de la communautĂ© sont « manquantes Â» ou « cassĂ©es Â», et que les serveurs gĂ©rĂ©s par des bĂ©nĂ©voles qui contrĂŽlent qui ils autorisent et dans quelles conditions sont « excluants Â». Aucune considĂ©ration n’est donnĂ©e Ă  la raison pour laquelle les normes et les possibilitĂ©s de Mastodon et du Fediverse plus large existent, et si l’acteur contre lequel elles sont conçues pour se protĂ©ger pourrait ĂȘtre vous. Les gens de Twitter croient au mĂȘme fantasme de « place publique Â» que la personne qu’ils sont censĂ©s fuir. Comme les EuropĂ©ens du quatorziĂšme siĂšcle, ils apportent la contagion avec eux lorsqu’ils fuient.

Anarchisme

L’ironie de tout cela est que mon « fil de discussion viral Â» Ă©tait largement consacrĂ© Ă  la nature anarchiste et consensuelle du Fediverse. Beaucoup de nouveaux arrivants ont vu trĂšs vite que les administrateurs de leurs serveurs se battaient hĂ©roĂŻquement pour que tout fonctionne, et ont donnĂ© de l’argent ou se sont inscrits sur un compte Patreon pour s’assurer que les serveurs puissent continuer Ă  fonctionner ou ĂȘtre mis Ă  niveau pour faire face Ă  la charge. Les administrateurs se sont envoyĂ©s des messages de soutien privĂ©s et publics, partageant des conseils et des sentiments de solidaritĂ©. Les anciens partageaient des #FediTips pour aider Ă  orienter les comportements dans une direction positive. Il s’agit, bien sĂ»r, d’entraide.

C’est trĂšs excitant de voir autant de personnes expĂ©rimenter des outils sociaux en ligne anarchistes. Les personnes intelligentes qui ont conçu ActivityPub et d’autres protocoles et outils Fediverse l’ont fait de maniĂšre Ă  Ă©chapper Ă  la prĂ©dation monopolistique. Le logiciel est universellement libre et open source, mais les protocoles et les normes sont Ă©galement ouverts et extensibles. Alors que beaucoup seront heureux d’essayer de reproduire ce qu’ils connaissent de Twitter – une sorte de combinaison de LinkedIn et d’Instagram, avec les 4chan et #auspol toujours menaçants – d’autres exploreront de nouvelles façons de communiquer et de collaborer. Nous sommes, aprĂšs tout, des crĂ©atures sociales. Je suis surpris de constater que je suis devenu un contributeur rĂ©gulier (comme dans « contributeur au code Â» đŸ˜Č) Ă  Bookwyrm, un outil de lecture sociale (pensez Ă  GoodReads) construit sur le protocole ActivityPub utilisĂ© par Mastodon. Ce n’est qu’une des nombreuses applications et idĂ©es dans le Fediverse Ă©largi. D’autres viendront, qui ne seront plus simplement des « X pour Fedi Â» mais plutĂŽt de toutes nouvelles idĂ©es. Alors qu’il existe dĂ©jĂ  des services commerciaux utilisant des systĂšmes basĂ©s sur ActivityPub, une grande partie des nouvelles applications seront probablement construites et exploitĂ©es sur la mĂȘme base d’entraide et de volontariat qui caractĂ©rise actuellement la grande majoritĂ© du Fediverse.

Chagrin

Beaucoup de personnes ont Ă©tĂ© enthousiasmĂ©es par ce qui s’est passĂ© cette semaine. Les nouveaux arrivants ont vu les possibilitĂ©s du logiciel social fĂ©dĂ©rĂ©. Les anciens ont vu les possibilitĂ©s de la masse critique.

Mais il est important que ce ne soit pas la seule chose qu’on retienne du dĂ©but de novembre 2022. Mastodon et le reste du Fediverse peuvent ĂȘtre trĂšs nouveaux pour ceux qui sont arrivĂ©s cette semaine, mais certaines personnes Ɠuvrent et jouent dans le Fediverse depuis presque dix ans. Il existait dĂ©jĂ  des communautĂ©s sur le Fediverse, et elles ont brusquement changĂ© pour toujours.

J’ai Ă©tĂ© un utilisateur relativement prĂ©coce de Twitter, tout comme j’ai Ă©tĂ© un utilisateur relativement prĂ©coce de Mastodon. J’ai rencontrĂ© certains de mes meilleurs amis grĂące Ă  Twitter, qui a contribuĂ© Ă  façonner mes opportunitĂ©s de carriĂšre. Je comprends donc et je compatis avec ceux qui ont fait le deuil de leur expĂ©rience sur Twitter – une vie qu’ils savent dĂ©sormais terminĂ©e. Mais Twitter s’est lentement dĂ©gradĂ© depuis des annĂ©es – j’ai moi-mĂȘme traversĂ© ce processus de deuil il y a quelques annĂ©es et, franchement, je ne comprends pas vraiment ce qui est si diffĂ©rent maintenant par rapport Ă  il y a deux semaines.

Il y a un autre groupe, plus restreint, de personnes qui pleurent une expĂ©rience des mĂ©dias sociaux qui a Ă©tĂ© dĂ©truite cette semaine – les personnes qui Ă©taient actives sur Mastodon et plus largement le Fediverse, avant novembre 2022. La boĂźte de nuit a un nouveau propriĂ©taire impĂ©tueux, et la piste de danse s’est vidĂ©e. Les gens affluent vers la fĂȘte tranquille du coin, cocktails Ă  la main, demandant que l’on monte le volume de la musique, mettent de la boue sur le tapis, et crient par-dessus la conversation tranquille.

Nous avons tous perdu quelque chose cette semaine. Il est normal d’en faire le deuil.

Voyage en Contributopia : ça nous a fait mĂ»rir !

Par : Framasoft
4 octobre 2022 Ă  03:28

« DĂ©googliser ne suffit pas ! Â», et c’est avec cette affirmation dans la tĂȘte que nous sommes parti⋅es explorer les mondes de Contributopia. Cette aventure de 5 ans (dĂ©jĂ  ? !) se termine, et c’est maintenant le moment de confronter nos attentes du voyage et ce qu’on y a vraiment fait. Cap sur ces mondes numĂ©riques oĂč l’humain⋅e et ses libertĂ©s fondamentales sont respectĂ©es !

PlanĂšte des services : crĂ©er et proposer des outils

En commençant ce voyage, l’association avait vraiment envie de s’impliquer davantage dans la conception de services et d’outils conçus pour favoriser des Ă©changes apaisĂ©s. L’envie, c’est bien, mais la rĂ©alitĂ© peut aussi ĂȘtre autre chose. On vous raconte point par point les diffĂ©rents Ă©lĂ©ments qui Ă©taient sur notre feuille de route initiale (et aussi comment on a fait bifurquer la barque !)

Bilan de la planĂšte des services

PeerTube libÚre la vidéo

Alors lĂ , on va se lancer quelques fleurs : PeerTube, c’est un succĂšs !

Notre alternative aux grandes plateformes vidĂ©os (YouTube pour n’en citer qu’une) est un logiciel libre et fĂ©dĂ©rĂ© qui permet non seulement de visionner, publier et interagir avec des vidĂ©os mais aussi de crĂ©er sa plateforme de vidĂ©os. Un salariĂ© de l’association (un seul !) est en charge de son dĂ©veloppement, assistĂ© en interne par d’autres salarié·es sur des aspects moins techniques.

La version 1.0 du logiciel, parue en octobre 2018, a remportĂ© rapidement un vif succĂšs. En quelques mois, on comptait dĂ©jĂ  environ 14 000 comptes utilisateurs, et prĂšs de 100 000 vidĂ©os rĂ©parties sur 350 installations recensĂ©es publiquement. Depuis, une nouvelle version majeure sort chaque annĂ©e (la v5 est prĂ©vue pour la fin d’annĂ©e 2022), et PeerTube va bientĂŽt atteindre le million de vidĂ©os hĂ©bergĂ©es.

On ne va pas refaire ici toute l’histoire de PeerTube (vous pouvez tout retrouver ici), mais dans les temps forts Ă  mentionner : la possibilitĂ© de faire des vidĂ©os en direct, le moteur de recherche SĂ©pia Search permettant de chercher toutes les vidĂ©os des instances publiques, la personnalisation de l’interface et de nombreuses amĂ©liorations rĂ©alisĂ©es aussi grĂące Ă  vos retours (merci !).

SĂ©pia, mascotte de PeerTube

Mobilizon, pour faciliter rencontres et mobilisations

Pendant ce voyage en Contributopia, Mobilizon fut le deuxiĂšme logiciel libre et fĂ©dĂ©rĂ© dĂ©veloppĂ© par l’association (par un seul salariĂ©, lĂ  encore). Mobilizon est une alternative aux Ă©vĂ©nements et groupes Facebook qui permet de facilement organiser ses Ă©vĂ©nements et rencontres, sans passer par une entreprise qui raffole de surveillance.

La version 1.0 de Mobilizon, sortie pendant le confinement d’octobre 2020, n’a pour ainsi dire pas bĂ©nĂ©ficiĂ© de l’entrain espĂ©rĂ© (Quoi ? Organiser des Ă©vĂ©nements pendant un confinement, c’est pas une bonne idĂ©e ?). L’accueil du logiciel a toutefois Ă©tĂ© trĂšs positif. Comme PeerTube, une nouvelle version majeure sort chaque annĂ©e, et la v3 est prĂ©vue pour fin 2022 (vous trouverez toutes les actualitĂ©s par ici).

Quelques temps forts Ă  mentionner : l’amĂ©lioration de l’accessibilitĂ© (un travail avec Koena), l’export de liste des participant·es (pratique !), la prise en compte des fuseaux horaires ou encore l’ajout possible de mĂ©tadonnĂ©es pour mettre en avant certaines informations essentielles. Nous avons aussi rapidement dĂ©cidĂ© de mettre en place une instance dĂ©diĂ©e et ouverte au public francophone : mobilizon.fr (essayez donc pour organiser votre prochaine fĂȘte d’anniversaire, rencontre-tricot ou manif-climat !).

RÈŻse, mascotte de Mobilizon

Pytition : faire entendre les opinions

AprĂšs une rencontre bienvenue avec l’équipe de RĂ©sistance Ă  l’Agression Publicitaire en 2017, nous avons dĂ©cidĂ© de ne pas entamer le travail de dĂ©veloppement prĂ©vu sur un outil de pĂ©titions en ligne. En effet, un de leurs administrateurs avait dĂ©jĂ  avancĂ© sur le dĂ©veloppement d’un tel outil : Pytition.

L’enjeu restant pour nous particuliĂšrement important, nous avons dĂ©cidĂ© de soutenir leur travail, plutĂŽt que de crĂ©er un n-iĂšme « Framatruc Â» (et ainsi ne pas tout centraliser chez nous). Framasoft a donc affectĂ© un budget Ă  Pytition. Cela a permis de financer une prestation de design, une partie du travail de dĂ©veloppement (faire du temps bĂ©nĂ©vole investi de vĂ©ritables journĂ©es de travail rĂ©munĂ©rĂ©es) et la mise Ă  disposition d’une machine virtuelle pour hĂ©berger le proto site web.

Cependant les emplois du temps de chacun (y compris du cĂŽtĂ© de Framasoft) n’ont pas concordĂ©, et « l’usure Â» due Ă  la pandĂ©mie s’est fortement ressentie. Le dĂ©veloppement prend donc du temps, et, mĂȘme si le Pytition actuel est « fonctionnel Â», il reste trop « frais Â» pour ĂȘtre proposĂ© Ă  tous les publics.

Nous qui pensions que gĂ©rer des projets de dĂ©veloppements « extĂ©rieurs Â» nous prendrait moins de temps que des dĂ©veloppements en interne, on a appris : l’accompagnement prend du temps, et il est indispensable. Cela nous a ainsi questionnĂ©â‹…es : quelle Ă©nergie sommes-nous capables d’investir dans de tels projets ?

On se sentirait presque comme ces petits poissons dans l’eau, non ?

Framasite ou comment crĂ©er simplement son site (spoiler : ça n’existe plus !)

Permettre aux gens de crĂ©er leur propre site internet sans passer par une plateforme privĂ©e, ça donne envie non ?

Nous avons ouvert Framasite, service d’hĂ©bergement et de crĂ©ation de sites web, en 2018 et ainsi proposĂ© un lieu d’expression libre en ligne, sans nĂ©cessitĂ© de connaissances techniques prĂ©alables.

Seulement, Framasite, c’était un service complexe qui reposait sur 3 logiciels libres et une surcouche maison, ce qui le rendait particuliĂšrement difficile Ă  maintenir sur la durĂ©e. Ainsi, malgrĂ© l’enthousiasme et l’utilitĂ© du service, nous nous sommes vite rendu compte qu’en laissant faire, le service pouvait croĂźtre de maniĂšre illimitĂ©e et infinie. Et le problĂšme c’est que plusieurs de nos services en ligne nous ont amenĂ©s Ă  cette mĂȘme conclusion : la situation devenait ni tenable, ni gĂ©rable pour notre petite association.

AprÚs de nombreux questionnements et réflexions, Framasoft a pris position en décidant de fermer progressivement certains de ces services, de maniÚre planifiée (on vous en parle plus en détail en derniÚre partie de cet article). Framasite a donc fermé en juillet 2021.

PlanĂšte de l’essaimage : transmettre les savoir-faire

Un monde oĂč chacun et chacune peut acquĂ©rir et approfondir son indĂ©pendance numĂ©rique, nous ça nous fait rĂȘver. Nous avons souhaitĂ© favoriser des actions qui encouragent l’autonomie numĂ©rique, pour mettre Ă  la portĂ©e du plus grand nombre un hĂ©bergement de confiance solidaire de nos vies numĂ©riques. Une belle vision, mĂȘme si pas toujours facile Ă  mettre en Ɠuvre.

Bilan de la planĂšte de l'essaimage

Des CHATONS pour favoriser les petits hébergeurs locaux

Le Collectif des HĂ©bergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires (CHATONS) a Ă©tĂ© initiĂ© par Framasoft fin 2016 pour donner une suite au projet « DĂ©googlisons Internet Â» : permettre aux internautes de s’émanciper en utilisant des outils numĂ©riques de confiance (mais cette fois, sans passer par Framasoft).

C’est suite Ă  l’embauche d’Angie en 2019 que la dynamique du collectif aura rĂ©ellement pris : un tiers de son temps de travail est consacrĂ© Ă  animer les Ă©changes entre les membres et Ă  donner davantage de visibilitĂ© au collectif et aux structures qui le composent.

Le collectif CHATONS, maintenant reconnu comme solution de confiance pour trouver un hĂ©bergeur Ă©thique et des services libres, nous a permis d’essaimer notre projet « DĂ©googlisons Internet Â» et d’ainsi explorer d’autres horizons.

Le temps d’animation restant important pour Framasoft, la prochaine Ă©tape est la reprise en main progressive de l’animation du collectif
 par le collectif lui-mĂȘme ! Et il se trouve que le sujet est justement en pleine discussion parmi ses membres. Affaire Ă  suivre
 !

Trois chatons en pleine exploration

YunoHost ou l’auto-hĂ©bergement facile

YunoHost, c’est gĂ©nial ! C’est un systĂšme d’exploitation pour serveur permettant d’installer des services (et leurs mises Ă  jour) en auto-hĂ©bergement, facilement, par un clic. Le but de ce projet libre ? Permettre Ă  quiconque d’auto-hĂ©berger ses services avec un minimum de connaissances techniques.

Pour soutenir ce projet bĂ©nĂ©vole, Framasoft, dĂšs janvier 2017, a consacrĂ© du temps salariĂ© au dĂ©veloppement de YunoHost pour qu’un maximum de services libres de notre campagne « DĂ©googlisons Internet Â» puisse ĂȘtre disponible dans cette solution. En 2019 la majoritĂ© de ces services y sont prĂ©sents (mission accomplie !).

Sauf que, si YunoHost a rĂ©ussi Ă  faciliter grandement l’auto-hĂ©bergement, le choix de gĂ©rer son propre serveur reste encore difficilement accessible Ă  la majoritĂ© des personnes. Nous n’avons donc pas contribuĂ© davantage Ă  ce projet pour consacrer nos Ă©nergies Ă  explorer d’autres possibles. Et ça aussi, ça fait partie du voyage !

Quand la technique est poétique

Partager notre expérience hors des frontiÚres

« DĂ©googlisons Internet Â» est un projet que nous avons volontairement ouvert exclusivement Ă  un public francophone : une petite association française comme la nĂŽtre n’avait pas les Ă©paules pour prendre en charge les donnĂ©es du monde entier, et encore moins l’envie. Seulement, au vu de l’engouement qu’a gĂ©nĂ©rĂ© « DĂ©googlisons Internet Â» et les questionnements particuliĂšrement riches qu’il a amenĂ©s, nous nous sommes mis Ă  rĂȘver. Et si un projet comme « DĂ©googlisons Internet Â» pouvait essaimer dans d’autres pays, s’adapter Ă  d’autres cultures, dans d’autres langues et inspirer d’autres collectifs ? Et si « DĂ©googlisons Internet Â» devenait un commun international ? (Rien que ça ? !)

Traduction. Le premier pas Ă  franchir est la barriĂšre de la langue : traduire certains contenus a donc Ă©tĂ© indispensable. Nous avons menĂ© un gros chantier pour rendre diffĂ©rents supports multilangues : articles de blog, pages d’accueil de nos services, site du collectif CHATONS.

Conception d’outils comme des communs internationaux. Nous avons dĂ©cidĂ© de dĂ©velopper PeerTube et Mobilizon en anglais, puis de les traduire en français. Tout contenu en rapport avec ces logiciels (utilisation du logiciel, actualitĂ©s, etc.) peut ainsi toucher un public non francophone. Nous avons aussi coordonnĂ© la vidĂ©o « What is the Fediverse Â» en anglais (qui a rapidement Ă©tĂ© traduite par de nombreuses contributions – merci !). Nos tentatives d’animations sur le rĂ©seau social Reddit sont une autre initiative allant dans ce sens.

Interventions en anglais. Nous sommes intervenus en anglais Ă  diffĂ©rentes reprises pour partager notre expĂ©rience assez unique : rĂ©ussir Ă  informer sur les enjeux actuels du numĂ©rique tout en proposant des alternatives Ă  une si large Ă©chelle tout en restant une structure indĂ©pendante du monde capitaliste (sans se la pĂ©ter, hein !). Nous continuons ces interventions en anglais (tout en assumant notre bel accent), que vous pourrez en partie retrouver sur notre Framatube.

On partait de (vraiment) loin, mais savoir vers oĂč on avait envie d’aller, ça nous a aidĂ©es. Le but de tous ces efforts ? Fournir un compost riche, pour que les expĂ©rimentations de Framasoft puissent faire germer d’autres initiatives, un peu partout !

Le partage d’expĂ©rience, c’est toujours riche !

Contribulle : contribuer au libre

Alors mĂȘme si on avait trouvĂ© le super slogan « winter is coding Â», nous n’avons jamais rĂ©alisĂ© le projet « Framasoft Winter of Code Â», un contrepied (de nez) au programme de formation « Google Summer of Code Â». À la place, nous avons contribuĂ© Ă  Contribulle, un projet qui a pour objectif d’informer sur les nombreuses maniĂšres de contribuer au Libre (sans forcĂ©ment savoir coder) et de mettre en relation les talents et les besoins.

DerriĂšre Contribulle, il y a le groupe de travail « Design et Libre Â» dont fait partie l’une des membres de Framasoft. Le groupe de travail a exprimĂ© sa volontĂ© de garder une certaine indĂ©pendance sur le niveau d’implication de Framasoft dans ce projet (et nous, on trouve ça super !). Nous fournissons ainsi l’infrastructure technique nĂ©cessaire Ă  la bonne rĂ©alisation du projet (nom de domaine et machine virtuelle pour l’hĂ©bergement du site web).

Le projet a été officiellement annoncé en mars 2021 et vous pouvez dÚs maintenant consulter les différents projets cherchant un coup de pouce, ou proposer le vÎtre sur contribulle.org.

PlanĂšte de l’éducation populaire : inspirer les possibles

Pour nous, l’éducation populaire, c’est la libertĂ© de chacune et chacun de partager les connaissances et d’y accĂ©der : la base d’un monde meilleur, quoi !

Bilan de la planĂšte de l'Ă©ducation populaire

Actions de mĂ©diation pour faciliter l’accĂšs Ă  un web Ă©thique

Notre constat de dĂ©part : trouver un service web libre et Ă©thique qui corresponde Ă  ses usages demande de nombreuses connaissances et reste difficile d’accĂšs aux personnes les moins Ă  l’aise avec l’outil numĂ©rique.

Nous avons donc continuĂ© et renforcĂ© nos interventions et ateliers sur le sujet (en prĂ©sentiel ou en ligne) pour garder un contact humain avec les personnes (c’est toujours bien plus impactant). Vous trouverez quelques-unes de ces interventions sur notre chaĂźne Framatube.

Nous avons aussi rĂ©digĂ©, soutenu ou participĂ© Ă  de nombreux contenus de sensibilisation et/ou pĂ©dagogiques autour du numĂ©rique. En voici quelques exemples :

Au fil du temps, nous avons pris conscience que soutenir, participer et rĂ©aliser de tels contenus est un levier essentiel pour une Ă©mancipation du plus grand nombre, mĂȘme si un accompagnement humain reste probablement le moyen le plus efficace


Annuaire « mĂ©diation numĂ©rique Â», pratique !

Contribateliers : contribuer au libre

Les Contrib’ateliers sont des rendez-vous de dĂ©couverte de la contribution au logiciel libre, selon ses compĂ©tences et ses envies, et pas seulement sur du code (oui, c’est possible !). Ces ateliers ont commencĂ© sans attente particuliĂšre, mais vraiment en se disant « on verra bien si ça prend Â» – et ça a pris !

Comment ça se passe ? Les co-organisateur·rices rĂ©flĂ©chissent Ă  des propositions (des pĂŽles d’activitĂ©s). Les participant·es choisissent Ă  quel projet libre contribuer parmi ces pĂŽles. Quelques exemples de Contrib’ateliers : participer Ă  la cartographie libre OpenStreetMap, au projet de reconnaissance audio libre Common Voice, Ă  la traduction de logiciels, mais aussi Ă  des discussions autour de la vie privĂ©e en gĂ©nĂ©ral
il y en a pour tous les goĂ»ts !

La pandĂ©mie passant par lĂ , cette belle dynamique a Ă©tĂ© un peu chamboulĂ©e, mais, continuant sur sa lancĂ©e, l’équipe d’organisation a proposĂ© des Confin’ateliers, la version en ligne des Contrib’ateliers.

L’expĂ©rimentation a Ă©tĂ© rĂ©ellement intĂ©ressante, mĂȘme si le rythme s’est, aujourd’hui, un peu essoufflĂ©. Si l’envie vous prend de rejoindre l’aventure des Contrib’ateliers, sachez que toute l’équipe vous accueillera Ă  bras ouverts !

Un Contrib’atelier pas si commun

MOOC CHATONS : saisir les enjeux des gĂ©ants du web sur nos vies

Le premier module du MOOC CHATONS « Internet, Pourquoi et comment reprendre le contrĂŽle ? Â» a Ă©tĂ© mis en ligne dĂ©but 2020 (en nous ayant donnĂ© du fil Ă  retordre
).

Ce fut particuliĂšrement stressant pour nous de faire en sorte de respecter nos engagements avec notre partenaire (la Ligue de l’Enseignement) et le financeur (la fondation Afnic), tout en faisant face Ă  de nombreux obstacles. Nous avons Ă  diffĂ©rents moments pris de mauvaises dĂ©cisions (sur la maniĂšre d’ordonner nos idĂ©es et de nous organiser Ă  plusieurs) et nos Ă©quipes (Framasoft et la Ligue) se sont retrouvĂ©es en effectif rĂ©duit : des conditions non optimales qui nous ont fait prendre un an dans la vue. La sortie du MOOC a donc eu lieu quelques semaines avant l’annonce du tout premier confinement : les Ă©quipes de Framasoft ont trĂšs rapidement eu beaucoup d’urgences Ă  traiter, prenant la prioritĂ© sur la promotion et l’animation du MOOC. Nous n’avons donc pas pu prendre soin du projet ou de sa communautĂ© autant que nous l’aurions voulu.

Toutefois, nous sommes fier⋅ùres du travail rĂ©alisĂ© et du contenu crĂ©Ă© qui correspondent tout Ă  fait au discours portĂ© par l’association autour des enjeux du numĂ©rique, et notamment celui de la toxicitĂ© des GAFAM.

Cours « hors ligne Â» des chatons

UPLOAD, un projet sur le long terme

L’UniversitĂ© Populaire Libre, Ouverte, Autonome, et DĂ©centralisĂ©e (UPLOAD) est un grand projet d’éducation populaire initiĂ© et coordonnĂ© par Framasoft (pour le moment), mais dans une logique dĂ©centralisĂ©e et en rĂ©seau.

L’objectif ? Contribuer (Ă  notre Ă©chelle) Ă  rendre la sociĂ©tĂ© plus juste et notre monde plus vivable, en misant sur la formation des citoyen⋅nes par les citoyen⋅nes. Les sujets traitĂ©s sont vastes, on inclut ainsi « tous les sujets qui intĂ©ressent la sociĂ©tĂ© Â», mais pour le moment surtout en lien avec le numĂ©rique (parce que c’est la gĂ©nĂ©tique de Framasoft) et l’écologie (parce que c’est inĂ©vitable).

Les principaux projets que l’on trouve dans UPLOAD :

UPLOAD est ainsi un projet expĂ©rimental, oĂč, pour le moment, la production de ressources et le tissage de liens prennent volontairement le pas sur la structuration formelle du projet.

Un voyage riche en apprentissages

Comme tout voyage, l’exploration des planĂštes de Contributopia nous a beaucoup appris. On a expĂ©rimentĂ©, essayĂ©, changĂ© d’avis. On s’est formĂ©, on s’est entraidĂ©, on a partagĂ©. Et on a aussi profitĂ© de tous ces moments, parce que c’est ça aussi le voyage !

État des lieux de Framasoft en 2022

« DĂ©framasoftisons Internet Â» : une Ă©tape nĂ©cessaire et maintenant terminĂ©e !

Au fur et Ă  mesure de notre exploration, nous nous sommes rendu compte que rester une petite association Ă  taille humaine (moins de 40 membres dont 10 salariĂ©â‹…es) et continuer Ă  un rythme si intense (prĂšs de 40 services en ligne Ă  maintenir), ce n’est pas compatible. Nous tenons Ă  notre petite taille, Ă  la qualitĂ© des liens que nous avons entre membres et avec le public de l’association. Nous tenons surtout au soin que l’on peut s’apporter les un⋅es aux autres. Grossir n’étant pas une option, nous avons choisi une toute autre stratĂ©gie.

Nous avons ainsi, en 2019, annoncĂ© une nouvelle Ă©tape : « DĂ©framasoftisons Internet Â». Une fermeture planifiĂ©e (jusqu’en 2022) de certains services, pour progressivement rĂ©duire la charge qui pesait sur nos Ă©paules (tout en proposant des alternatives !). Nous avons pris le temps de dĂ©tailler nos raisons (en ayant conscience qu’elles pouvaient paraĂźtre parfois contre-intuitives).

Maintenant, « DĂ©framasoftisons Internet Â», c’est fini ! Les diffĂ©rentes fermetures ou restrictions de services sont bel et bien terminĂ©es. Nous avons ainsi mis Ă  jour le site degooglisons-internet.org pour laisser une vitrine Ă  l’ensemble de nos services libres et gratuits, Ă  disposition de toutes et tous. Vous trouverez Ă©galement les alternatives aux services expĂ©rimentaux dorĂ©navant fermĂ©s sur la page alt.framasoft.org.

Quand Framasoft renvoie vers d’autres hĂ©bergeurs Ă©thiques

Nos intentions ont évolué

En expĂ©rimentant gĂ©nĂ©reusement sur la planĂšte de l’éducation populaire, nous nous sommes rendu compte que l’association Ă©tait en pleine mutation, et qu’il Ă©tait temps de l’officialiser.

Ainsi, notre objet social a Ă©voluĂ© pour passer « d’association de promotion de la culture libre en gĂ©nĂ©ral et du logiciel libre en particulier Â» en « association d’éducation populaire aux enjeux du numĂ©rique et des communs culturels Â».

Selon nous, le logiciel et la culture libre restent au cƓur des actions de l’association, mais deviennent un moyen, et non une fin. L’objectif devient alors de rĂ©flĂ©chir et mettre en place des actions diverses qui facilitent l’émancipation des internautes.

 

L’association rĂ©alisant qu’il est temps de changer l’objet social

Framasoft n’est pas bonne partout



et on l’assume !

On ne sait pas accueillir la contribution. Le comble ! Dans l’association, beaucoup de projets avancent en parallĂšle, menĂ©s par des membres qui sont dĂ©jĂ  sur diffĂ©rents fronts. Nous sommes peu nombreux et nombreuses, nos Ă©nergies sont limitĂ©es, et quand on nous dit « J’aimerais vous aider Â», on ne sait jamais quoi rĂ©pondre. Et c’est en partie parce que l’on sait qu’un accompagnement de qualitĂ© demande du temps, et on a plutĂŽt tendance Ă  en manquer !

On ne fait pas Ă©merger une communautĂ© comme par magie. On a voulu laisser Yakforms Ă  la communautĂ©, mais sans l’animer, ça ne fonctionne pas ! En 2020, nous avons fait le choix de sĂ©parer clairement Yakforms (le logiciel) et framaforms.org (l’instance de Yakforms gĂ©rĂ©e par Framasoft), pour faire Ă©merger une communautĂ© pouvant le maintenir quand nous n’en aurions plus les moyens. Seulement, Ă  une pĂ©riode oĂč l’équipe Ă©tait dĂ©jĂ  Ă©puisĂ©e, nous n’avons pas eu l’énergie de « pousser Â» Yakforms pour justement faire Ă©merger cette communautĂ©. RatĂ© !

On a du mal Ă  avancer au rythme des autres. À Framasoft, on aime expĂ©rimenter, et en expĂ©rimentant souvent on va vite, on essaye, on se plante, on rĂ©essaye, on y arrive (ou pas !). En tout cas, les expĂ©riences de travail avec d’autres collectifs ou partenaires nous ont appris que souvent nous n’avons ni le mĂȘme rythme, ni la mĂȘme façon de travailler, et que ça peut ĂȘtre trĂšs frustrant (parce que nous on aime avancer plutĂŽt vite, quitte Ă  se planter
).

Oups !

ArchipĂ©lisation : les liens avec les autres sont essentiels

On utilise depuis maintenant quelques annĂ©es la notion d’archipĂ©lisation en rĂ©fĂ©rence Ă  nos relations avec les autres. Chacun⋅e est une Ăźle avec son identitĂ© et baigne dans les mĂȘmes eaux que ses voisines, et ça, ça nous parle beaucoup :

Chacun⋅e son identitĂ©, sa culture, sa raison d’ĂȘtre, ses objectifs, ses moyens.
Mais on se retrouve sur des valeurs ou des stratégies communes.
On fait le choix de coopĂ©rer, mĂȘme ponctuellement.

Le problĂšme gĂ©nĂ©ral de notre sociĂ©tĂ© Ă©tant le systĂšme (capitalisme de surveillance), contribuer Ă  un autre systĂšme (qui favorise les communs) nous semble une voie d’espoir. Alors, l’idĂ©e d’accompagner celles et ceux qui veulent changer le monde vers des usages numĂ©riques cohĂ©rents avec leurs valeurs, ça nous plaĂźt !

Nous avons ainsi beaucoup expĂ©rimentĂ© et tissĂ© de liens avec d’autres acteurs et actrices dont l’objet social n’est pas nĂ©cessairement le numĂ©rique. Interconnecter diffĂ©rentes militances apporte Ă©normĂ©ment au savoir commun, et par ricochet au bĂ©nĂ©fice commun.

La contribution aux communs, ça gĂ©nĂšre une sacrĂ©e Ă©nergie !

L’énergie humaine est la plus prĂ©cieuse

On a beau s’investir et travailler sur des sujets en rapport avec le numĂ©rique, on se rend trĂšs bien compte que l’énergie des femmes et des hommes est indispensable.

Dans la force de notre collectif. Framasoft ne souhaite pas grossir pour bien des raisons, et prendre soin de ses membres est une des plus importantes. Garder des relations privilĂ©giĂ©es oĂč on peut Ă©changer, dĂ©battre, ne pas ĂȘtre d’accord, s’écouter, prendre le temps de se comprendre, et avancer, c’est pour nous essentiel.

Dans l’animation de collectif et de communautĂ©s. Pour qu’une dynamique commune prenne, il faut y mettre de l’énergie et de l’énergie humaine ! CHATONS est un collectif qui a pris une fois qu’une personne y a consacrĂ© une partie de son temps. La communautĂ© Yakforms n’a pas Ă©mergĂ©, car pour le moment personne n’a pris les devants. Comme toute relation qui s’entretient, la vie d’un collectif doit ĂȘtre prise avec soin, oĂč chacun⋅e y met de soi.

Dans l’accompagnement au changement d’outils. Un changement d’outil numĂ©rique, c’est un changement d’habitudes, et changer son quotidien c’est difficile. Nous nous rendons compte qu’un accompagnement humain est souvent plus « efficace Â», moins dĂ©stabilisant et plus facile Ă  apprĂ©hender. Mais comment trouver un bon Ă©quilibre entre accompagner les bĂ©nĂ©ficiaires et les autonomiser ? Sans trop vous en dire, on va travailler sur la question prochainement.

Petits humain⋅es chatons trùs investis

Besoin d’affirmer Ă  l’extĂ©rieur du pourquoi on fait tout ça

Ce long voyage nous a permis, en tant que collectif, de nous affirmer, d’évoluer et de donner du sens Ă  notre projet associatif. Nous faisons des choix qui ne plaisent pas Ă  tout le monde mais qui sont en accord avec le monde que l’on dĂ©sire (eh oui, on va continuer Ă  assumer l’écriture inclusive !), une dose de dĂ©conne ça nous motive Ă  avancer (framaprout c’est la concrĂ©tisation d’une bonne blague), et notre positionnement politique se clarifie (on a de plus en plus envie de s’adresser Ă  celles et ceux qui Ɠuvrent pour plus de progrĂšs social et de justice sociale).

Seulement, ces convictions internes ne sont pas toujours connues par nos bĂ©nĂ©ficiaires, et parfois en total dĂ©calage (non, nous ne sommes pas neutres : nous ne « devons Â» ni ne voulons cette place !). C’est pour clarifier tout ça au monde (rien que ça ?) que nous avons travaillĂ© derniĂšrement Ă  l’élaboration d’un manifeste qui exprimera clairement et sincĂšrement nos intentions aux yeux de toutes et tous. Et on nous glisse dans l’oreillette que trĂšs bientĂŽt vous en verrez le bout du nez


Framasoft, auto-portrait (presque) réaliste

Et maintenant ?

Ce passionnant voyage nous a permis d’expĂ©rimenter, d’essayer, de nous tromper, de rĂ©essayer, d’ĂȘtre plus Ă  l’écoute de ce que nous voulons, ce Ă  quoi nous aspirons, et ce vers quoi nous voulons aller.

Si nous avons pu l’entreprendre, c’est bien grñce à vous, grñce à vos dons.

On a maintenant envie d’embarquer toute la basse-cour sur notre radeau, parcourir les ruisseaux, les mares, les riviĂšres. Prendre aussi le temps de barboter, de se prendre le bec ou de profiter. Aller plus loin avec celles et ceux qui partagent nos valeurs. Inviter les contributopistes Ă  notre table, prĂ©parer ensemble le repas et confronter nos points de vue.

Bref, quelque chose de plus collectif, de plus convivial. Et on vous en parle trĂšs vite.

 

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