Courriel @facil.quebec - certificat erronné
Il y a un petit problÚme avec le certificat présenté par le serveur de courriel de facil.quebec.
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Il y a un petit problÚme avec le certificat présenté par le serveur de courriel de facil.quebec.
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Voulant tester le service Ăquipe FACiLe, jâai voulu mây crĂ©er un compte. Jâai donc cliquĂ© sur Pas de compte utilisateur ? dans lâespoir de mâen crĂ©er un. Je suis alors arrivĂ© sur une page qui me dit : « To access your teamâs workspace, contact your workspace admin. If youâve been invited already, check your email inbox for a Mattermost workspace invite. »
Comment fait-on pour se créer un espace de travail pour notre équipe ?
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Si je comprend bien, nous avons un compte différent pour nos différents services Facils
Juste pour vérifier
[Edit]
Jâai des « erreurs de connection », des accĂšs bloquĂ©s maintenant.
Soit une difficultĂ©s en ce moment avec les services facils (nuage, courriel, compte membre âŠ)
soit jâai trop fait dâerreurs et je suis tombĂ© dans les Bans.
Je vais laisser reposer quelques heures âŠ
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JâĂ©tais un utilisateur satisfait du registrar « gandi.net » avec quelques vrais comptes mail inclus dans le prix annuel du nom de domaine. Grosse dĂ©ception, il vont maintenant facturer ce service, deux fois plus cher que le nom de domaine lui mĂȘme, soit un triplement du prix pour mon utilisation effective dâun (seul) compte de courriel. Le slogan de gandi « Pas de bullshit » ne tiens plus.
Le service technique me propose de " passer par un autre prestataire mail (Outlook, Google) et celui-ci vous donnera ses enregistrements MX Ă remplacer sur le fichier de zone comme indiquĂ© sur cette page : Comment puis-je modifier mes enregistrements DNS ? | Noms de domaine â OpĂ©rations courantes | Gandi Documentation â Documentation Documentation Gandi "
Câest sur nos services facil que je prĂ©fĂšrerais venir. Je suppose que cela nâest pas si simple, alors âŠ
Il est temps pour moi de me mettre Ă utiliser mon adresse @facil.quebec, et de faire des redirections depuis Gandi. Jâavais des alias gĂ©nĂ©riques (genre xavier*) Je me sens piĂ©gĂ©.
Je nâaimes plus Gandi.net, et je dĂ©couvre infomaniak.com La visite de leur site laisse penser quâils sont responsables vis Ă vis des donnĂ©e, de lâĂ©cologie ⊠basĂ©s en Suisse (pas trĂšs local pour nous). Je vais probablement y migrer mon nom de domaine.
Quelles sont les limites du Compte mail de FACIL ?
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Dans ce quatriĂšme volet du processus de dĂ©googlisation de la ville dâĂchirolles (si vous avez manquĂ© le dĂ©but) Nicolas Vivant aborde le complexe problĂšme de la fracture numĂ©rique, qui demande dâaller au-delĂ de la mĂ©diation pour trouver des structures et des moyens adaptĂ©es aux pratiques diverses des citoyens : la stratĂ©gie numĂ©rique doit aller de pair avec lâaction sociale.
DĂ©googlisation dâĂchirolles, partie 4 : lâinclusion numĂ©rique
Avec 36 % de logements sociaux et 3 quartiers « politique de la ville » Ăchirolles est, sans nul doute, une ville populaire. Plusieurs Ă©tudes sur les difficultĂ©s liĂ©es au numĂ©rique ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es sur notre territoire : lâune par notre CCAS (2019), lâautre par un cabinet indĂ©pendant (2020-2021). Si elles nâont pas montrĂ© de situation spĂ©cifique Ă notre commune, elles ont permis de mesurer lâĂ©tendue des problĂ©matiques quâil est indispensable de travailler.
Quelles sont les populations qui rencontrent des difficultés avec le numérique ?
Notre CCAS adresse avec sĂ©rieux lâensemble de ces enjeux. Nos maisons des habitants (anciennement « centres sociaux ») jouent un rĂŽle majeur dans leur prise en charge, partout sur le territoire communal. Des Ă©quipes existent, avec qui il nâest pas envisageable de ne pas travailler. Pour autant, dans un effort de cohĂ©rence avec le schĂ©ma directeur « Ăchirolles numĂ©rique libre », nos Ă©lus et notre direction gĂ©nĂ©rale ont choisi de rattacher lâinclusion numĂ©rique Ă la DSCN (Direction de la StratĂ©gie et de la Culture NumĂ©riques).
Conclusion : la fracture numĂ©rique nâest pas un problĂšme en tant que tel. Câest un symptĂŽme dâenjeux sociaux qui doivent rester prioritaires dans lâaide apportĂ©e Ă nos habitants. Traiter la fracture numĂ©rique sans prendre en compte les problĂ©matiques sous-jacentes serait un pansement sur une jambe de bois. Un travail en transversalitĂ© est indispensable.
Les Ă©tudes rĂ©alisĂ©es ont Ă©galement montrĂ© que les difficultĂ©s rencontrĂ©es par notre population ne se limitaient pas aux usages. Un vĂ©ritable effort dâinclusion numĂ©rique nĂ©cessite dâadresser 6 grands domaines :
1. LâaccĂšs au matĂ©riel (PC, smartphones, systĂšmes dâimpression) ;
2. lâaccĂšs Ă une connexion internet de qualitĂ© ;
3. la formation technique ;
4. lâinformation, lâĂ©ducation populaire aux grands enjeux du numĂ©rique ;
5. lâassistance aux usages, lâaccĂšs au droit ;
6. le support matériel.
Les efforts de lâĂtat et des collectivitĂ©s sur lâinclusion numĂ©rique reposent principalement sur la mĂ©diation numĂ©rique (les points 3, 4 et 5, donc). Dans le cadre du plan « France Relance », par exemple, lâANCT (Agence Nationale de CohĂ©sion des Territoires) finance depuis 2021 le recrutement de « Conseillers NumĂ©riques France Services » dans les associations ou les collectivitĂ©s territoriales. Des « Maisons France Services » et des « Bus France Services » Ă©maillent Ă©galement nos rĂ©gions.
Pour les autres points (1, 2 et 6), seul le secteur privĂ© se positionne. On connaĂźt, par exemple, le travail dâassociations comme EmmaĂŒs Connect pour la mise Ă disposition de smartphones et de cartes SIM prĂ©payĂ©es, mais seuls les publics en grande prĂ©caritĂ© sont adressĂ©s.
La mise Ă disposition, dans les communes, dâaccĂšs publics, permet de rĂ©pondre, en partie, aux problĂ©matiques du manque de matĂ©riel et dâaccĂšs Ă internet. LâaccĂšs aux tĂ©lĂ©services mis Ă disposition (et souvent rendus obligatoires) par lâĂ©tat et les grandes structures compĂ©tentes dans le domaine social, est possible depuis ce type de lieu. Mais la dimension intime de lâaccĂšs au numĂ©rique nâest pas prise en compte : on ne contacte pas sa grand-mĂšre (ou sa compagne) en visioconfĂ©rence depuis un lieu public. On ne regarde pas une sĂ©rie ou un match de foot depuis une maison des habitants.
Sans faire lâeffort de mettre Ă la disposition des publics fragiles du matĂ©riel et une connexion Ă internet de qualitĂ© Ă domicile, on ne pratique pas une vĂ©ritable inclusion : ceux qui ont les moyens disposent dâaccĂšs dans des conditions confortables et dans lâintimitĂ©, les autres doivent sortir, par tous les temps, pour bĂ©nĂ©ficier dâun accĂšs au numĂ©rique limitĂ©, Ă des horaires quâils ne peuvent pas choisir et sous le regard de leurs concitoyens.
La mĂ©diation numĂ©rique ne peut constituer, Ă elle seule, un dispositif dâinclusion numĂ©rique efficace et complet. Un travail plus ambitieux est indispensable. Nous essayons de nous y atteler (et ce nâest pas simple).
LâaccĂšs au matĂ©riel
Pour la mise Ă disposition de matĂ©riel pour ceux qui en ont le plus besoin, la ville a choisi de sâappuyer sur une association Ă©chirolloise rĂ©cente : PC solidaire (site en cours de dĂ©veloppement au moment oĂč cet article est rĂ©digĂ©). Le processus est en cours de crĂ©ation : notre DSI remettra son matĂ©riel usagĂ© Ă cette association, qui se chargera de le reconditionner et de le remettre gratuitement, via les maisons des habitants, aux bĂ©nĂ©ficiaires.
Lâassociation a eu lâexcellente idĂ©e de se pencher sur le schĂ©ma directeur de la ville et a choisi, librement, de sâen inspirer. Le systĂšme dâexploitation par dĂ©faut devrait donc ĂȘtre le mĂȘme que celui est en cours de dĂ©ploiement : Zorin OS.
LâaccĂšs Ă internet
Câest le point le plus difficile Ă travailler, et de loin. Lâoffre Ă©tant exclusivement privĂ©e, nous essayons de nĂ©gocier avec les FAI (fournisseurs dâaccĂšs Ă internet) la mise en place dâune solution trĂšs abordable Ă destination des bĂ©nĂ©ficiaires de logement sociaux. Des discussions sont en cours, mais aujourdâhui aucune offre vĂ©ritablement satisfaisante nâest en place. Seule proposition (pas suffisamment) connue, Ă destination des populations bĂ©nĂ©ficiant des minima sociaux, celle dâOrange, « Coup de pouce Internet », Ă 15,99âŹ/mois.
La formation, lâinformation et lâassistance
GrĂące Ă un financement de lâANCT, la Ville et son CCAS ont pu, en 2021, recruter 4 conseillers numĂ©riques. Ils interviennent dans les maisons des habitants, les bibliothĂšques et la maison des associations. SpĂ©cialisĂ©s dans la mĂ©diation numĂ©rique et formĂ©s dans le cadre du dispositif de lâĂtat ils rĂ©alisent, depuis juillet 2021, des accompagnements individuels, des ateliers et des sessions de formation. Malheureusement, lâĂtat annonce une baisse des financements et ces emplois sont menacĂ©s. Nous travaillons donc Ă la mise en place dâun nouveau dispositif, pĂ©renne cette fois-ci, et qui ne dĂ©pendra pas de financements extĂ©rieurs.
Quelques-uns de nos conseillers, au travail dans une MDH
Dâautres initiatives existent Ă Ăchirolles depuis des annĂ©es : « Les Ă©crans, parlons-en ! », par exemple. Conçu par le service « Ă©ducation » de la ville en lien Ă©troit avec le CCAS, ce dispositif part du principe quâune bonne hygiĂšne numĂ©rique passe aussi par lâĂ©loignement raisonnĂ© des Ă©crans.
Mais encore ?
La ville a choisi de ne pas limiter son aide aux seuls habitants, mais aussi aux nombreuses associations qui animent le territoire (â https://asso-echirolles.fr). Notre tissu associatif est riche de ses bĂ©nĂ©voles, dynamique et innovant dans ses actions. Sa contribution au « vivre ensemble » est majeure. LâĂ©tude « Ăchirolles numĂ©rique » de 2021 a montrĂ© que lâaccĂšs aux ressources numĂ©riques Ă©tait trĂšs variable en fonction des associations. Nous avons donc dĂ©cidĂ© de leur apporter une aide sur deux volets : la crĂ©ation de sites web et (dans un second temps) la mise Ă disposition dâoutils numĂ©riques de gestion associative.
Le principe est simple : la DSI de la ville prend en charge lâhĂ©bergement, crĂ©e un sous-domaine dĂ©diĂ© Ă lâassociation, installe un CMS (systĂšme de gestion de contenu) libre et gĂšre les mises Ă jour (CMS, thĂšmes, extensionsâŠ) et les sauvegardes. 6 ateliers de formation sont organisĂ©s pour apprendre Ă crĂ©er son contenu et Ă faire vivre le site. Ă lâissue de ces ateliers, lâassociation administre son site en autonomie. En cas de problĂšme, un forum permet dâĂ©changer avec le formateur et les autres associations qui bĂ©nĂ©ficient du dispositif. Le point fort : si les personnes en charge du site ne sont plus en mesure de sâen occuper, un retour en atelier est toujours possible pour quâune nouvelle Ă©quipe sâen saisisse.
Inclusion vs dégooglisation
LâefficacitĂ© du dispositif dâinclusion numĂ©rique de la ville repose sur deux piliers principaux : le schĂ©ma directeur, boussole technique et politique de nos choix, et le travail en transversalitĂ©, qui garantit une prĂ©sence partout sur le territoire et la prise en compte de la problĂ©matique dans sa globalitĂ©. RattachĂ© Ă la direction du numĂ©rique, il permet une action cohĂ©rente Ă lâĂ©chelle de la ville.
Ce lien entre action sociale et stratĂ©gie numĂ©rique est lâune des forces dâĂchirolles. Il est lâun des Ă©lĂ©ments qui permettent de faire rayonner le schĂ©ma directeur Ă lâĂ©chelle de la commune, et pas seulement en interne. Mais une autre façon dâagir (et surtout dâinteragir) au delĂ sur pĂ©rimĂštre de la ville existe. Elle fera lâobjet du cinquiĂšme et dernier article de cette sĂ©rie.
â LâĂ©pisode 1 (structuration)
â LâĂ©pisode 2 (transformation)
â LâĂ©pisode 3 (solutions)
â LâĂ©pisode 4 (vous ĂȘtes ici)
â LâĂ©pisode 5 (fĂ©dĂ©ration)
Retrouvez-moi sur Mastodon : https://colter.social/@nicolasvivant
Lâafflux rĂ©cent dâinscriptions sur Mastodon, sous forme de vague inĂ©dite de cette ampleur, a largement retenti dans les mĂ©dias.
Beaucoup se sont penchĂ©s sur le rĂ©seau social fĂ©dĂ©rĂ© avec une curiositĂ© nouvelle, pour expliquer (parfois de façon maladroite ou fragmentaire, mais câest habituel1) de quoi il retourne aux nombreux « migrants » qui ont rĂ©agi vivement Ă la prise de contrĂŽle de lâoiseau bleu par E. Musk.
LâĂ©vĂ©nement, car câen est un tant les rĂ©seaux sociaux sont devenus un enjeu crucial, a suscitĂ©, et câest tout Ă fait sain, beaucoup dâinterrogations, mais souvent selon une seule perspective : « Vous venez de lâoiseau qui a du plomb dans lâaile, que pouvez-vous trouver et que devez-vous craindre en vous inscrivant sur Mastodon ? ». Et en effet cela rĂ©pond plus ou moins Ă une forte demande.
Cependant il nous est apparu intĂ©ressant dâadopter le temps dâun article une sorte de contre-champ : « que peuvent espĂ©rer ou redouter les mastonautes (ben oui on peut les appeler ainsi) avec de massives nouvelles arrivĂ©es ? »
Câest ce que propose dâanalyser Hugh Rundle dans le billet que nous avons traduit ci-dessous. Il connaĂźt bien Mastodon, dont il administre une instance depuis plusieurs annĂ©es. Sa position pourra sembler exagĂ©rĂ©ment pessimiste, car il estime quâil faudra faire le deuil de Mastodon tel quâon lâa connu depuis les dĂ©buts du FĂ©diverse. Qui sait ce quâapporteront les prochains mois Ă la fĂ©dĂ©ration de serveurs minuscules ou obĂšses qui par leur interconnexion fĂ©dĂšrent des ĂȘtres humains, hors de portĂ©e du capitalisme de surveillance ? Comme dâhabitude, les commentaires sont ouverts et modĂ©rĂ©s.
Article original sur le blog de lâauteur : Mastodonâs Eternal September begins
Licence CC BY 4.0
Plus personne nây va. Il y a trop de monde.
Cette fois, on dirait bien que câest arrivĂ©. Alors que les sites dâinformation commençaient Ă annoncer quâElon Musk avait finalisĂ© lâachat de Twitter, lâĂ©ternel septembre du Fediverse â espĂ©rĂ© et redoutĂ© en proportions Ă©gales par sa base dâutilisateurs existante â a commencĂ©.
Nous avons dĂ©jĂ connu des vagues de nouvelles arrivĂ©es â la plus rĂ©cente au dĂ©but de cette annĂ©e, lorsque Musk a annoncĂ© son offre dâachat â mais ce qui se passe depuis une semaine est diffĂ©rent, tant par son ampleur que par sa nature. Il est clair quâune partie non nĂ©gligeable des utilisateurs de Twitter choisissent de se dĂ©sinscrire en masse, et beaucoup ont Ă©tĂ© dirigĂ©s vers Mastodon, le logiciel le plus cĂ©lĂšbre et le plus peuplĂ© du Fediverse.
Ă Hobart, Ă la fin des annĂ©es 1990, il y avait essentiellement trois boĂźtes de nuit. Elles Ă©taient toutes plus ou moins louches, plus ou moins bruyantes, mais les gens y allaient parce que câĂ©tait lĂ que les autres se trouvaient â pour sâamuser avec leurs amis, pour attirer lâattention, pour affirmer leur statut social, etc. Ăa, câest Twitter.
Jâavais un ami qui vivait dans une colocation au coin dâun de ces clubs populaires. Il organisait des fĂȘtes Ă la maison les week-ends. De petites fĂȘtes, juste entre amis avec quelques amis dâamis. Ăa, câest le Fediverse.
Pour ceux dâentre nous qui utilisent Mastodon depuis un certain temps (jâai lancĂ© mon propre serveur Mastodon il y a 4 ans), cette semaine a Ă©tĂ© accablante. Jâai pensĂ© Ă des mĂ©taphores pour essayer de comprendre pourquoi jâai trouvĂ© cela si bouleversant.
Câest censĂ© ĂȘtre ce que nous voulions, non ? Pourtant, ça ressemble Ă autre chose. Comme lorsque vous ĂȘtes assis dans un wagon tranquille, discutant doucement avec quelques amis, et quâune bande entiĂšre de supporters de football monte Ă la gare de Jolimont aprĂšs la dĂ©faite de leur Ă©quipe. Ils nâont pas lâhabitude de prendre le train et ne connaissent pas le protocole. Ils supposent que tout le monde dans le train Ă©tait au match ou du moins suit le football. Ils se pressent aux portes et se plaignent de la configuration des siĂšges.
Ce nâest pas entiĂšrement la faute des personnes de Twitter. On leur a appris Ă se comporter dâune certaine maniĂšre. Ă courir aprĂšs les likes et les retweets. Ă se mettre en valeur. Ă performer. Tout ce genre de choses est une malĂ©diction pour la plupart des personnes qui Ă©taient sur Mastodon il y a une semaine. Câest en partie la raison pour laquelle beaucoup sont venues Ă Mastodon en premier lieu, il y a quelques annĂ©es.
Cela signifie quâil sâest produit un choc culturel toute la semaine, pendant quâune Ă©norme dĂ©ferlement de tweetos descendait sur Mastodon par vagues de plus en plus importantes chaque jour. Pour les utilisateurs de Twitter, câest comme un nouveau monde dĂ©routant, tandis quâils font le deuil de leur ancienne vie sur Twitter. Ils se qualifient de « rĂ©fugiĂ©s », mais pour les habitants de Mastodon, câest comme si un bus rempli de touristes de Kontiki venait dâarriver, et quâils se baladaient en hurlant et en se plaignant de ne pas savoir comment commander le service dâĂ©tage. Nous aussi, nous regrettons le monde que nous sommes en train de perdre.
Samedi soir, jâai publiĂ© un billet expliquant deux ou trois choses sur lâhistoire de Mastodon concernant la gestion des nĆuds toxiques sur le rĂ©seau. Puis tout sâest emballĂ©. Ă 22 heures, jâavais verrouillĂ© mon compte pour exiger que les abonnĂ©s soient approuvĂ©s et mis en sourdine tout le fil de discussion que jâavais moi-mĂȘme crĂ©Ă©.
Avant novembre 2022, les utilisateurs de Mastodon avaient lâhabitude de dire pour blaguer que vous Ă©tiez « devenu viral » si vous obteniez plus de 5 repouets ou Ă©toiles sur un post.
Au cours dâune semaine moyenne, une ou deux personnes pouvaient suivre mon compte. Souvent, personne ne le faisait. Et voilĂ que mon message recevait des centaines dâinteractions. Des milliers. Jâai reçu plus de 250 demandes de suivi depuis lors â tellement que je ne peux pas supporter de les regarder, et je nâai aucun critĂšre pour juger qui accepter ou rejeter. En dĂ©but de semaine, je me suis rendu compte que certaines personnes avaient crosspostĂ© mon billet sur le Mastodon sur Twitter. Quelquâun dâautre en avait publiĂ© une capture dâĂ©cran sur Twitter.
Personne nâa pensĂ© Ă me demander si je le voulais.
Pour les utilisateurs dâapplications dâentreprise comme Twitter ou Instagram, cela peut ressembler Ă de la vantardise. Le but nâest-il pas de « devenir viral » et dâobtenir un grand nombre dâabonnĂ©s ? Mais pour moi, câĂ©tait autre chose. Jâai eu du mal Ă comprendre ce que je ressentais, ou Ă trouver le mot pour le dĂ©crire. Jâai finalement rĂ©alisĂ© lundi que le mot que je cherchais Ă©tait âtraumatiqueâ.
En octobre, jâavais des contacts rĂ©guliers avec une douzaine de personnes par semaine sur Mastodon, sur 4 ou 5 serveurs diffĂ©rents. Soudain, le fait que des centaines de personnes demandent (ou non) Ă se joindre Ă ces conversations sans sâĂȘtre acclimatĂ©es aux normes sociales a Ă©tĂ© ressenti comme une violation, une agression. Je sais que je ne suis pas le seul Ă avoir ressenti cela.
Le fait que tous les administrateurs de serveurs Mastodon que je connais, y compris moi-mĂȘme, aient Ă©tĂ© soudainement confrontĂ©s Ă un dĂ©luge de nouveaux inscrits, de demandes dâinscription (sâils nâavaient pas dâinscription ouverte), puis aux inĂ©vitables surcharges des serveurs, nâa probablement pas aidĂ©. Aus.social a cĂ©dĂ© sous la pression, se mettant hors ligne pendant plusieurs heures alors que lâadministrateur essayait dĂ©sespĂ©rĂ©ment de reconfigurer les choses et de mettre Ă niveau le matĂ©riel. Chinwag a fermĂ© temporairement les inscriptions. MĂȘme lâinstance phare mastodon.social publiait des messages plusieurs heures aprĂšs leur envoi, les messages Ă©tant crĂ©Ă©s plus vite quâils ne pouvaient ĂȘtre envoyĂ©s. Jâobservais nerveusement le stockage des fichiers sur ausglam.space en me demandant si jâarriverais Ă la fin du week-end avant que le disque dur ne soit plein, et je commençais Ă rĂ©diger de nouvelles rĂšgles et conditions dâutilisation pour le serveur afin de rendre explicites des choses que « tout le monde savait » implicitement parce que nous pouvions auparavant acculturer les gens un par un.
JusquâĂ cette semaine, je nâavais pas vraiment compris â vraiment apprĂ©ciĂ© â Ă quel point les systĂšmes de publication des entreprises orientent le comportement des gens. Twitter encourage une attitude trĂšs extractive de la part de tous ceux quâil touche. Les personnes qui ont republiĂ© mes articles sur Mastodon sur Twitter nâont pas pensĂ© Ă me demander si jâĂ©tais dâaccord pour quâils le fassent. Les bibliothĂ©caires qui sâinterrogent bruyamment sur la maniĂšre dont ce ânouvelâ environnement de mĂ©dias sociaux pourrait ĂȘtre systĂ©matiquement archivĂ© nâont demandĂ© Ă personne sâils souhaitaient que leurs pouets sur le Fediverse soient capturĂ©s et stockĂ©s par les institutions gouvernementales. Les universitaires qui rĂ©flĂ©chissent avec enthousiasme Ă la maniĂšre de reproduire leurs projets de recherche sur Twitter sur un nouveau corpus de pouets âMastodonâ nâont pas pensĂ© Ă se demander si nous voulions ĂȘtre Ă©tudiĂ©s par eux. Les personnes crĂ©ant, publiant et demandant des listes publiques de noms dâutilisateurs Mastodon pour certaines catĂ©gories de personnes (journalistes, universitaires dans un domaine particulier, activistes climatiquesâŠ) ne semblaient pas avoir vĂ©rifiĂ© si certaines de ces personnes se sentait en sĂ©curitĂ© pour figurer sur une liste publique. Ils ne semblent pas avoir pris en compte le fait quâil existe des noms pour le type de personne qui Ă©tablit des listes afin que dâautres puissent surveiller leurs communications. Et ce ne sont pas des noms sympathiques.
Les outils, les protocoles et la culture du Fediverse ont Ă©tĂ© construits par des fĂ©ministes trans et queer. Ces personnes avaient dĂ©jĂ commencĂ© Ă se sentir mises Ă lâĂ©cart de leur propre projet quand des personnes comme moi ont commencĂ© Ă y apparaĂźtre il y a quelques annĂ©es. Ce nâest pas la premiĂšre fois que les utilisateurs de Fediverse ont dĂ» faire face Ă un changement dâĂ©tat significatif et Ă un sentiment de perte. NĂ©anmoins, les principes de base ont Ă©tĂ© maintenus jusquâĂ prĂ©sent : la culture et les systĂšmes techniques ont Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment conçus sur des principes de consentement, dâorganisation et de sĂ©curitĂ© communautaires. Bien quâil y ait certainement des amĂ©liorations Ă apporter Ă Mastodon en termes dâoutils de modĂ©ration et de contrĂŽle plus fin des publications, elles sont en gĂ©nĂ©ral nettement supĂ©rieures Ă lâexpĂ©rience de Twitter. Il nâest guĂšre surprenant que les personnes qui ont Ă©tĂ© la cible de trolls fascistes pendant la plus grande partie de leur vie aient mis en place des protections contre une attention non dĂ©sirĂ©e lorsquâelles ont crĂ©Ă© une nouvelle boĂźte Ă outils pour mĂ©dias sociaux. Ce sont ces mĂȘmes outils et paramĂštres qui donnent beaucoup plus dâautonomie aux utilisateurs qui, selon les experts, rendent Mastodon « trop compliquĂ© ».
Si les personnes qui ont construit le Fediverse cherchaient gĂ©nĂ©ralement Ă protĂ©ger les utilisateurs, les plateformes dâentreprise comme Twitter cherchent Ă contrĂŽler leurs utilisateurs. Twitter revendique la juridiction sur tout le « contenu » de la plateforme. Les plaintes les plus vives Ă ce sujet proviennent de personnes qui veulent publier des choses horribles et qui sont tristes lorsque la bureaucratie de Twitter finit, parfois, par leur dire quâelles nây sont pas autorisĂ©es. Le vrai problĂšme de cet arrangement, cependant, est quâil modifie ce que les gens pensent du consentement et du contrĂŽle de nos propres voix. Les universitaires et les publicitaires qui souhaitent Ă©tudier les propos, les graphiques sociaux et les donnĂ©es dĂ©mographiques des utilisateurs de Twitter nâont quâĂ demander la permission Ă la sociĂ©tĂ© Twitter. Ils peuvent prĂ©tendre que, lĂ©galement, Twitter a le droit de faire ce quâil veut de ces donnĂ©es et que, Ă©thiquement, les utilisateurs ont donnĂ© leur accord pour que ces donnĂ©es soient utilisĂ©es de quelque maniĂšre que ce soit lorsquâils ont cochĂ© la case « Jâaccepte » des conditions de service. Il sâagit bien sĂ»r dâune idiotie complĂšte (les Condition GĂ©nĂ©rales dâUtilisation sont impĂ©nĂ©trables, changent sur un coup de tĂȘte, et le dĂ©sĂ©quilibre des pouvoirs est Ă©norme), mais câest pratique. Les chercheurs se convainquent donc quâils y croient, ou bien ils sâen fichent tout simplement.
Cette attitude a Ă©voluĂ© avec le nouvel afflux. On proclame haut et fort que les avertissements de contenu sont de la censure, que les fonctionnalitĂ©s qui ont Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment non mises en Ćuvre pour des raisons de sĂ©curitĂ© de la communautĂ© sont « manquantes » ou « cassĂ©es », et que les serveurs gĂ©rĂ©s par des bĂ©nĂ©voles qui contrĂŽlent qui ils autorisent et dans quelles conditions sont « excluants ». Aucune considĂ©ration nâest donnĂ©e Ă la raison pour laquelle les normes et les possibilitĂ©s de Mastodon et du Fediverse plus large existent, et si lâacteur contre lequel elles sont conçues pour se protĂ©ger pourrait ĂȘtre vous. Les gens de Twitter croient au mĂȘme fantasme de « place publique » que la personne quâils sont censĂ©s fuir. Comme les EuropĂ©ens du quatorziĂšme siĂšcle, ils apportent la contagion avec eux lorsquâils fuient.
Lâironie de tout cela est que mon « fil de discussion viral » Ă©tait largement consacrĂ© Ă la nature anarchiste et consensuelle du Fediverse. Beaucoup de nouveaux arrivants ont vu trĂšs vite que les administrateurs de leurs serveurs se battaient hĂ©roĂŻquement pour que tout fonctionne, et ont donnĂ© de lâargent ou se sont inscrits sur un compte Patreon pour sâassurer que les serveurs puissent continuer Ă fonctionner ou ĂȘtre mis Ă niveau pour faire face Ă la charge. Les administrateurs se sont envoyĂ©s des messages de soutien privĂ©s et publics, partageant des conseils et des sentiments de solidaritĂ©. Les anciens partageaient des #FediTips pour aider Ă orienter les comportements dans une direction positive. Il sâagit, bien sĂ»r, dâentraide.
Câest trĂšs excitant de voir autant de personnes expĂ©rimenter des outils sociaux en ligne anarchistes. Les personnes intelligentes qui ont conçu ActivityPub et dâautres protocoles et outils Fediverse lâont fait de maniĂšre Ă Ă©chapper Ă la prĂ©dation monopolistique. Le logiciel est universellement libre et open source, mais les protocoles et les normes sont Ă©galement ouverts et extensibles. Alors que beaucoup seront heureux dâessayer de reproduire ce quâils connaissent de Twitter â une sorte de combinaison de LinkedIn et dâInstagram, avec les 4chan et #auspol toujours menaçants â dâautres exploreront de nouvelles façons de communiquer et de collaborer. Nous sommes, aprĂšs tout, des crĂ©atures sociales. Je suis surpris de constater que je suis devenu un contributeur rĂ©gulier (comme dans « contributeur au code » đČ) Ă Bookwyrm, un outil de lecture sociale (pensez Ă GoodReads) construit sur le protocole ActivityPub utilisĂ© par Mastodon. Ce nâest quâune des nombreuses applications et idĂ©es dans le Fediverse Ă©largi. Dâautres viendront, qui ne seront plus simplement des « X pour Fedi » mais plutĂŽt de toutes nouvelles idĂ©es. Alors quâil existe dĂ©jĂ des services commerciaux utilisant des systĂšmes basĂ©s sur ActivityPub, une grande partie des nouvelles applications seront probablement construites et exploitĂ©es sur la mĂȘme base dâentraide et de volontariat qui caractĂ©rise actuellement la grande majoritĂ© du Fediverse.
Beaucoup de personnes ont Ă©tĂ© enthousiasmĂ©es par ce qui sâest passĂ© cette semaine. Les nouveaux arrivants ont vu les possibilitĂ©s du logiciel social fĂ©dĂ©rĂ©. Les anciens ont vu les possibilitĂ©s de la masse critique.
Mais il est important que ce ne soit pas la seule chose quâon retienne du dĂ©but de novembre 2022. Mastodon et le reste du Fediverse peuvent ĂȘtre trĂšs nouveaux pour ceux qui sont arrivĂ©s cette semaine, mais certaines personnes Ćuvrent et jouent dans le Fediverse depuis presque dix ans. Il existait dĂ©jĂ des communautĂ©s sur le Fediverse, et elles ont brusquement changĂ© pour toujours.
Jâai Ă©tĂ© un utilisateur relativement prĂ©coce de Twitter, tout comme jâai Ă©tĂ© un utilisateur relativement prĂ©coce de Mastodon. Jâai rencontrĂ© certains de mes meilleurs amis grĂące Ă Twitter, qui a contribuĂ© Ă façonner mes opportunitĂ©s de carriĂšre. Je comprends donc et je compatis avec ceux qui ont fait le deuil de leur expĂ©rience sur Twitter â une vie quâils savent dĂ©sormais terminĂ©e. Mais Twitter sâest lentement dĂ©gradĂ© depuis des annĂ©es â jâai moi-mĂȘme traversĂ© ce processus de deuil il y a quelques annĂ©es et, franchement, je ne comprends pas vraiment ce qui est si diffĂ©rent maintenant par rapport Ă il y a deux semaines.
Il y a un autre groupe, plus restreint, de personnes qui pleurent une expĂ©rience des mĂ©dias sociaux qui a Ă©tĂ© dĂ©truite cette semaine â les personnes qui Ă©taient actives sur Mastodon et plus largement le Fediverse, avant novembre 2022. La boĂźte de nuit a un nouveau propriĂ©taire impĂ©tueux, et la piste de danse sâest vidĂ©e. Les gens affluent vers la fĂȘte tranquille du coin, cocktails Ă la main, demandant que lâon monte le volume de la musique, mettent de la boue sur le tapis, et crient par-dessus la conversation tranquille.
Nous avons tous perdu quelque chose cette semaine. Il est normal dâen faire le deuil.
« DĂ©googliser ne suffit pas ! », et câest avec cette affirmation dans la tĂȘte que nous sommes partiâ es explorer les mondes de Contributopia. Cette aventure de 5 ans (dĂ©jĂ ? !) se termine, et câest maintenant le moment de confronter nos attentes du voyage et ce quâon y a vraiment fait. Cap sur ces mondes numĂ©riques oĂč lâhumainâ e et ses libertĂ©s fondamentales sont respectĂ©es !
En commençant ce voyage, lâassociation avait vraiment envie de sâimpliquer davantage dans la conception de services et dâoutils conçus pour favoriser des Ă©changes apaisĂ©s. Lâenvie, câest bien, mais la rĂ©alitĂ© peut aussi ĂȘtre autre chose. On vous raconte point par point les diffĂ©rents Ă©lĂ©ments qui Ă©taient sur notre feuille de route initiale (et aussi comment on a fait bifurquer la barque !)
Alors lĂ , on va se lancer quelques fleurs : PeerTube, câest un succĂšs !
Notre alternative aux grandes plateformes vidĂ©os (YouTube pour nâen citer quâune) est un logiciel libre et fĂ©dĂ©rĂ© qui permet non seulement de visionner, publier et interagir avec des vidĂ©os mais aussi de crĂ©er sa plateforme de vidĂ©os. Un salariĂ© de lâassociation (un seul !) est en charge de son dĂ©veloppement, assistĂ© en interne par dâautres salarié·es sur des aspects moins techniques.
La version 1.0 du logiciel, parue en octobre 2018, a remportĂ© rapidement un vif succĂšs. En quelques mois, on comptait dĂ©jĂ environ 14 000 comptes utilisateurs, et prĂšs de 100 000 vidĂ©os rĂ©parties sur 350 installations recensĂ©es publiquement. Depuis, une nouvelle version majeure sort chaque annĂ©e (la v5 est prĂ©vue pour la fin dâannĂ©e 2022), et PeerTube va bientĂŽt atteindre le million de vidĂ©os hĂ©bergĂ©es.
On ne va pas refaire ici toute lâhistoire de PeerTube (vous pouvez tout retrouver ici), mais dans les temps forts Ă mentionner : la possibilitĂ© de faire des vidĂ©os en direct, le moteur de recherche SĂ©pia Search permettant de chercher toutes les vidĂ©os des instances publiques, la personnalisation de lâinterface et de nombreuses amĂ©liorations rĂ©alisĂ©es aussi grĂące Ă vos retours (merci !).
Pendant ce voyage en Contributopia, Mobilizon fut le deuxiĂšme logiciel libre et fĂ©dĂ©rĂ© dĂ©veloppĂ© par lâassociation (par un seul salariĂ©, lĂ encore). Mobilizon est une alternative aux Ă©vĂ©nements et groupes Facebook qui permet de facilement organiser ses Ă©vĂ©nements et rencontres, sans passer par une entreprise qui raffole de surveillance.
La version 1.0 de Mobilizon, sortie pendant le confinement dâoctobre 2020, nâa pour ainsi dire pas bĂ©nĂ©ficiĂ© de lâentrain espĂ©rĂ© (Quoi ? Organiser des Ă©vĂ©nements pendant un confinement, câest pas une bonne idĂ©e ?). Lâaccueil du logiciel a toutefois Ă©tĂ© trĂšs positif. Comme PeerTube, une nouvelle version majeure sort chaque annĂ©e, et la v3 est prĂ©vue pour fin 2022 (vous trouverez toutes les actualitĂ©s par ici).
Quelques temps forts Ă mentionner : lâamĂ©lioration de lâaccessibilitĂ© (un travail avec Koena), lâexport de liste des participant·es (pratique !), la prise en compte des fuseaux horaires ou encore lâajout possible de mĂ©tadonnĂ©es pour mettre en avant certaines informations essentielles. Nous avons aussi rapidement dĂ©cidĂ© de mettre en place une instance dĂ©diĂ©e et ouverte au public francophone : mobilizon.fr (essayez donc pour organiser votre prochaine fĂȘte dâanniversaire, rencontre-tricot ou manif-climat !).
AprĂšs une rencontre bienvenue avec lâĂ©quipe de RĂ©sistance Ă lâAgression Publicitaire en 2017, nous avons dĂ©cidĂ© de ne pas entamer le travail de dĂ©veloppement prĂ©vu sur un outil de pĂ©titions en ligne. En effet, un de leurs administrateurs avait dĂ©jĂ avancĂ© sur le dĂ©veloppement dâun tel outil : Pytition.
Lâenjeu restant pour nous particuliĂšrement important, nous avons dĂ©cidĂ© de soutenir leur travail, plutĂŽt que de crĂ©er un n-iĂšme « Framatruc » (et ainsi ne pas tout centraliser chez nous). Framasoft a donc affectĂ© un budget Ă Pytition. Cela a permis de financer une prestation de design, une partie du travail de dĂ©veloppement (faire du temps bĂ©nĂ©vole investi de vĂ©ritables journĂ©es de travail rĂ©munĂ©rĂ©es) et la mise Ă disposition dâune machine virtuelle pour hĂ©berger le proto site web.
Cependant les emplois du temps de chacun (y compris du cĂŽtĂ© de Framasoft) nâont pas concordĂ©, et « lâusure » due Ă la pandĂ©mie sâest fortement ressentie. Le dĂ©veloppement prend donc du temps, et, mĂȘme si le Pytition actuel est « fonctionnel », il reste trop « frais » pour ĂȘtre proposĂ© Ă tous les publics.
Nous qui pensions que gĂ©rer des projets de dĂ©veloppements « extĂ©rieurs » nous prendrait moins de temps que des dĂ©veloppements en interne, on a appris : lâaccompagnement prend du temps, et il est indispensable. Cela nous a ainsi questionnĂ©â es : quelle Ă©nergie sommes-nous capables dâinvestir dans de tels projets ?
Permettre aux gens de créer leur propre site internet sans passer par une plateforme privée, ça donne envie non ?
Nous avons ouvert Framasite, service dâhĂ©bergement et de crĂ©ation de sites web, en 2018 et ainsi proposĂ© un lieu dâexpression libre en ligne, sans nĂ©cessitĂ© de connaissances techniques prĂ©alables.
Seulement, Framasite, câĂ©tait un service complexe qui reposait sur 3 logiciels libres et une surcouche maison, ce qui le rendait particuliĂšrement difficile Ă maintenir sur la durĂ©e. Ainsi, malgrĂ© lâenthousiasme et lâutilitĂ© du service, nous nous sommes vite rendu compte quâen laissant faire, le service pouvait croĂźtre de maniĂšre illimitĂ©e et infinie. Et le problĂšme câest que plusieurs de nos services en ligne nous ont amenĂ©s Ă cette mĂȘme conclusion : la situation devenait ni tenable, ni gĂ©rable pour notre petite association.
AprÚs de nombreux questionnements et réflexions, Framasoft a pris position en décidant de fermer progressivement certains de ces services, de maniÚre planifiée (on vous en parle plus en détail en derniÚre partie de cet article). Framasite a donc fermé en juillet 2021.
Un monde oĂč chacun et chacune peut acquĂ©rir et approfondir son indĂ©pendance numĂ©rique, nous ça nous fait rĂȘver. Nous avons souhaitĂ© favoriser des actions qui encouragent lâautonomie numĂ©rique, pour mettre Ă la portĂ©e du plus grand nombre un hĂ©bergement de confiance solidaire de nos vies numĂ©riques. Une belle vision, mĂȘme si pas toujours facile Ă mettre en Ćuvre.
Le Collectif des HĂ©bergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires (CHATONS) a Ă©tĂ© initiĂ© par Framasoft fin 2016 pour donner une suite au projet « DĂ©googlisons Internet » : permettre aux internautes de sâĂ©manciper en utilisant des outils numĂ©riques de confiance (mais cette fois, sans passer par Framasoft).
Câest suite Ă lâembauche dâAngie en 2019 que la dynamique du collectif aura rĂ©ellement pris : un tiers de son temps de travail est consacrĂ© Ă animer les Ă©changes entre les membres et Ă donner davantage de visibilitĂ© au collectif et aux structures qui le composent.
Le collectif CHATONS, maintenant reconnu comme solution de confiance pour trouver un hĂ©bergeur Ă©thique et des services libres, nous a permis dâessaimer notre projet « DĂ©googlisons Internet » et dâainsi explorer dâautres horizons.
Le temps dâanimation restant important pour Framasoft, la prochaine Ă©tape est la reprise en main progressive de lâanimation du collectif⊠par le collectif lui-mĂȘme ! Et il se trouve que le sujet est justement en pleine discussion parmi ses membres. Affaire Ă suivre⊠!
YunoHost, câest gĂ©nial ! Câest un systĂšme dâexploitation pour serveur permettant dâinstaller des services (et leurs mises Ă jour) en auto-hĂ©bergement, facilement, par un clic. Le but de ce projet libre ? Permettre Ă quiconque dâauto-hĂ©berger ses services avec un minimum de connaissances techniques.
Pour soutenir ce projet bĂ©nĂ©vole, Framasoft, dĂšs janvier 2017, a consacrĂ© du temps salariĂ© au dĂ©veloppement de YunoHost pour quâun maximum de services libres de notre campagne « DĂ©googlisons Internet » puisse ĂȘtre disponible dans cette solution. En 2019 la majoritĂ© de ces services y sont prĂ©sents (mission accomplie !).
Sauf que, si YunoHost a rĂ©ussi Ă faciliter grandement lâauto-hĂ©bergement, le choix de gĂ©rer son propre serveur reste encore difficilement accessible Ă la majoritĂ© des personnes. Nous nâavons donc pas contribuĂ© davantage Ă ce projet pour consacrer nos Ă©nergies Ă explorer dâautres possibles. Et ça aussi, ça fait partie du voyage !
« DĂ©googlisons Internet » est un projet que nous avons volontairement ouvert exclusivement Ă un public francophone : une petite association française comme la nĂŽtre nâavait pas les Ă©paules pour prendre en charge les donnĂ©es du monde entier, et encore moins lâenvie. Seulement, au vu de lâengouement quâa gĂ©nĂ©rĂ© « DĂ©googlisons Internet » et les questionnements particuliĂšrement riches quâil a amenĂ©s, nous nous sommes mis Ă rĂȘver. Et si un projet comme « DĂ©googlisons Internet » pouvait essaimer dans dâautres pays, sâadapter Ă dâautres cultures, dans dâautres langues et inspirer dâautres collectifs ? Et si « DĂ©googlisons Internet » devenait un commun international ? (Rien que ça ? !)
Traduction. Le premier pas Ă franchir est la barriĂšre de la langue : traduire certains contenus a donc Ă©tĂ© indispensable. Nous avons menĂ© un gros chantier pour rendre diffĂ©rents supports multilangues : articles de blog, pages dâaccueil de nos services, site du collectif CHATONS.
Conception dâoutils comme des communs internationaux. Nous avons dĂ©cidĂ© de dĂ©velopper PeerTube et Mobilizon en anglais, puis de les traduire en français. Tout contenu en rapport avec ces logiciels (utilisation du logiciel, actualitĂ©s, etc.) peut ainsi toucher un public non francophone. Nous avons aussi coordonnĂ© la vidĂ©o « What is the Fediverse » en anglais (qui a rapidement Ă©tĂ© traduite par de nombreuses contributions â merci !). Nos tentatives dâanimations sur le rĂ©seau social Reddit sont une autre initiative allant dans ce sens.
Interventions en anglais. Nous sommes intervenus en anglais à différentes reprises pour partager notre expérience assez unique : réussir à informer sur les enjeux actuels du numérique tout en proposant des alternatives à une si large échelle tout en restant une structure indépendante du monde capitaliste (sans se la péter, hein !). Nous continuons ces interventions en anglais (tout en assumant notre bel accent), que vous pourrez en partie retrouver sur notre Framatube.
On partait de (vraiment) loin, mais savoir vers oĂč on avait envie dâaller, ça nous a aidĂ©es. Le but de tous ces efforts ? Fournir un compost riche, pour que les expĂ©rimentations de Framasoft puissent faire germer dâautres initiatives, un peu partout !
Alors mĂȘme si on avait trouvĂ© le super slogan « winter is coding », nous nâavons jamais rĂ©alisĂ© le projet « Framasoft Winter of Code », un contrepied (de nez) au programme de formation « Google Summer of Code ». Ă la place, nous avons contribuĂ© Ă Contribulle, un projet qui a pour objectif dâinformer sur les nombreuses maniĂšres de contribuer au Libre (sans forcĂ©ment savoir coder) et de mettre en relation les talents et les besoins.
DerriĂšre Contribulle, il y a le groupe de travail « Design et Libre » dont fait partie lâune des membres de Framasoft. Le groupe de travail a exprimĂ© sa volontĂ© de garder une certaine indĂ©pendance sur le niveau dâimplication de Framasoft dans ce projet (et nous, on trouve ça super !). Nous fournissons ainsi lâinfrastructure technique nĂ©cessaire Ă la bonne rĂ©alisation du projet (nom de domaine et machine virtuelle pour lâhĂ©bergement du site web).
Le projet a été officiellement annoncé en mars 2021 et vous pouvez dÚs maintenant consulter les différents projets cherchant un coup de pouce, ou proposer le vÎtre sur contribulle.org.
Pour nous, lâĂ©ducation populaire, câest la libertĂ© de chacune et chacun de partager les connaissances et dây accĂ©der : la base dâun monde meilleur, quoi !
Notre constat de dĂ©part : trouver un service web libre et Ă©thique qui corresponde Ă ses usages demande de nombreuses connaissances et reste difficile dâaccĂšs aux personnes les moins Ă lâaise avec lâoutil numĂ©rique.
Nous avons donc continuĂ© et renforcĂ© nos interventions et ateliers sur le sujet (en prĂ©sentiel ou en ligne) pour garder un contact humain avec les personnes (câest toujours bien plus impactant). Vous trouverez quelques-unes de ces interventions sur notre chaĂźne Framatube.
Nous avons aussi rédigé, soutenu ou participé à de nombreux contenus de sensibilisation et/ou pédagogiques autour du numérique. En voici quelques exemples :
Au fil du temps, nous avons pris conscience que soutenir, participer et rĂ©aliser de tels contenus est un levier essentiel pour une Ă©mancipation du plus grand nombre, mĂȘme si un accompagnement humain reste probablement le moyen le plus efficaceâŠ
Les Contribâateliers sont des rendez-vous de dĂ©couverte de la contribution au logiciel libre, selon ses compĂ©tences et ses envies, et pas seulement sur du code (oui, câest possible !). Ces ateliers ont commencĂ© sans attente particuliĂšre, mais vraiment en se disant « on verra bien si ça prend » â et ça a pris !
Comment ça se passe ? Les co-organisateur·rices rĂ©flĂ©chissent Ă des propositions (des pĂŽles dâactivitĂ©s). Les participant·es choisissent Ă quel projet libre contribuer parmi ces pĂŽles. Quelques exemples de Contribâateliers : participer Ă la cartographie libre OpenStreetMap, au projet de reconnaissance audio libre Common Voice, Ă la traduction de logiciels, mais aussi Ă des discussions autour de la vie privĂ©e en gĂ©nĂ©ralâŠil y en a pour tous les goĂ»ts !
La pandĂ©mie passant par lĂ , cette belle dynamique a Ă©tĂ© un peu chamboulĂ©e, mais, continuant sur sa lancĂ©e, lâĂ©quipe dâorganisation a proposĂ© des Confinâateliers, la version en ligne des Contribâateliers.
LâexpĂ©rimentation a Ă©tĂ© rĂ©ellement intĂ©ressante, mĂȘme si le rythme sâest, aujourdâhui, un peu essoufflĂ©. Si lâenvie vous prend de rejoindre lâaventure des Contribâateliers, sachez que toute lâĂ©quipe vous accueillera Ă bras ouverts !
Le premier module du MOOC CHATONS « Internet, Pourquoi et comment reprendre le contrĂŽle ? » a Ă©tĂ© mis en ligne dĂ©but 2020 (en nous ayant donnĂ© du fil Ă retordreâŠ).
Ce fut particuliĂšrement stressant pour nous de faire en sorte de respecter nos engagements avec notre partenaire (la Ligue de lâEnseignement) et le financeur (la fondation Afnic), tout en faisant face Ă de nombreux obstacles. Nous avons Ă diffĂ©rents moments pris de mauvaises dĂ©cisions (sur la maniĂšre dâordonner nos idĂ©es et de nous organiser Ă plusieurs) et nos Ă©quipes (Framasoft et la Ligue) se sont retrouvĂ©es en effectif rĂ©duit : des conditions non optimales qui nous ont fait prendre un an dans la vue. La sortie du MOOC a donc eu lieu quelques semaines avant lâannonce du tout premier confinement : les Ă©quipes de Framasoft ont trĂšs rapidement eu beaucoup dâurgences Ă traiter, prenant la prioritĂ© sur la promotion et lâanimation du MOOC. Nous nâavons donc pas pu prendre soin du projet ou de sa communautĂ© autant que nous lâaurions voulu.
Toutefois, nous sommes fierâ Ăšres du travail rĂ©alisĂ© et du contenu crĂ©Ă© qui correspondent tout Ă fait au discours portĂ© par lâassociation autour des enjeux du numĂ©rique, et notamment celui de la toxicitĂ© des GAFAM.
LâUniversitĂ© Populaire Libre, Ouverte, Autonome, et DĂ©centralisĂ©e (UPLOAD) est un grand projet dâĂ©ducation populaire initiĂ© et coordonnĂ© par Framasoft (pour le moment), mais dans une logique dĂ©centralisĂ©e et en rĂ©seau.
Lâobjectif ? Contribuer (Ă notre Ă©chelle) Ă rendre la sociĂ©tĂ© plus juste et notre monde plus vivable, en misant sur la formation des citoyenâ nes par les citoyenâ nes. Les sujets traitĂ©s sont vastes, on inclut ainsi « tous les sujets qui intĂ©ressent la sociĂ©tĂ© », mais pour le moment surtout en lien avec le numĂ©rique (parce que câest la gĂ©nĂ©tique de Framasoft) et lâĂ©cologie (parce que câest inĂ©vitable).
Les principaux projets que lâon trouve dans UPLOAD :
UPLOAD est ainsi un projet expĂ©rimental, oĂč, pour le moment, la production de ressources et le tissage de liens prennent volontairement le pas sur la structuration formelle du projet.
Comme tout voyage, lâexploration des planĂštes de Contributopia nous a beaucoup appris. On a expĂ©rimentĂ©, essayĂ©, changĂ© dâavis. On sâest formĂ©, on sâest entraidĂ©, on a partagĂ©. Et on a aussi profitĂ© de tous ces moments, parce que câest ça aussi le voyage !
Au fur et Ă mesure de notre exploration, nous nous sommes rendu compte que rester une petite association Ă taille humaine (moins de 40 membres dont 10 salariĂ©â es) et continuer Ă un rythme si intense (prĂšs de 40 services en ligne Ă maintenir), ce nâest pas compatible. Nous tenons Ă notre petite taille, Ă la qualitĂ© des liens que nous avons entre membres et avec le public de lâassociation. Nous tenons surtout au soin que lâon peut sâapporter les unâ es aux autres. Grossir nâĂ©tant pas une option, nous avons choisi une toute autre stratĂ©gie.
Nous avons ainsi, en 2019, annoncĂ© une nouvelle Ă©tape : « DĂ©framasoftisons Internet ». Une fermeture planifiĂ©e (jusquâen 2022) de certains services, pour progressivement rĂ©duire la charge qui pesait sur nos Ă©paules (tout en proposant des alternatives !). Nous avons pris le temps de dĂ©tailler nos raisons (en ayant conscience quâelles pouvaient paraĂźtre parfois contre-intuitives).
Maintenant, « DĂ©framasoftisons Internet », câest fini ! Les diffĂ©rentes fermetures ou restrictions de services sont bel et bien terminĂ©es. Nous avons ainsi mis Ă jour le site degooglisons-internet.org pour laisser une vitrine Ă lâensemble de nos services libres et gratuits, Ă disposition de toutes et tous. Vous trouverez Ă©galement les alternatives aux services expĂ©rimentaux dorĂ©navant fermĂ©s sur la page alt.framasoft.org.
En expĂ©rimentant gĂ©nĂ©reusement sur la planĂšte de lâĂ©ducation populaire, nous nous sommes rendu compte que lâassociation Ă©tait en pleine mutation, et quâil Ă©tait temps de lâofficialiser.
Ainsi, notre objet social a Ă©voluĂ© pour passer « dâassociation de promotion de la culture libre en gĂ©nĂ©ral et du logiciel libre en particulier » en « association dâĂ©ducation populaire aux enjeux du numĂ©rique et des communs culturels ».
Selon nous, le logiciel et la culture libre restent au cĆur des actions de lâassociation, mais deviennent un moyen, et non une fin. Lâobjectif devient alors de rĂ©flĂ©chir et mettre en place des actions diverses qui facilitent lâĂ©mancipation des internautes.
âŠet on lâassume !
On ne sait pas accueillir la contribution. Le comble ! Dans lâassociation, beaucoup de projets avancent en parallĂšle, menĂ©s par des membres qui sont dĂ©jĂ sur diffĂ©rents fronts. Nous sommes peu nombreux et nombreuses, nos Ă©nergies sont limitĂ©es, et quand on nous dit « Jâaimerais vous aider », on ne sait jamais quoi rĂ©pondre. Et câest en partie parce que lâon sait quâun accompagnement de qualitĂ© demande du temps, et on a plutĂŽt tendance Ă en manquer !
On ne fait pas Ă©merger une communautĂ© comme par magie. On a voulu laisser Yakforms Ă la communautĂ©, mais sans lâanimer, ça ne fonctionne pas ! En 2020, nous avons fait le choix de sĂ©parer clairement Yakforms (le logiciel) et framaforms.org (lâinstance de Yakforms gĂ©rĂ©e par Framasoft), pour faire Ă©merger une communautĂ© pouvant le maintenir quand nous nâen aurions plus les moyens. Seulement, Ă une pĂ©riode oĂč lâĂ©quipe Ă©tait dĂ©jĂ Ă©puisĂ©e, nous nâavons pas eu lâĂ©nergie de « pousser » Yakforms pour justement faire Ă©merger cette communautĂ©. RatĂ© !
On a du mal Ă avancer au rythme des autres. Ă Framasoft, on aime expĂ©rimenter, et en expĂ©rimentant souvent on va vite, on essaye, on se plante, on rĂ©essaye, on y arrive (ou pas !). En tout cas, les expĂ©riences de travail avec dâautres collectifs ou partenaires nous ont appris que souvent nous nâavons ni le mĂȘme rythme, ni la mĂȘme façon de travailler, et que ça peut ĂȘtre trĂšs frustrant (parce que nous on aime avancer plutĂŽt vite, quitte Ă se planterâŠ).
On utilise depuis maintenant quelques annĂ©es la notion dâarchipĂ©lisation en rĂ©fĂ©rence Ă nos relations avec les autres. Chacunâ e est une Ăźle avec son identitĂ© et baigne dans les mĂȘmes eaux que ses voisines, et ça, ça nous parle beaucoup :
Chacunâ e son identitĂ©, sa culture, sa raison dâĂȘtre, ses objectifs, ses moyens.
Mais on se retrouve sur des valeurs ou des stratégies communes.
On fait le choix de coopĂ©rer, mĂȘme ponctuellement.
Le problĂšme gĂ©nĂ©ral de notre sociĂ©tĂ© Ă©tant le systĂšme (capitalisme de surveillance), contribuer Ă un autre systĂšme (qui favorise les communs) nous semble une voie dâespoir. Alors, lâidĂ©e dâaccompagner celles et ceux qui veulent changer le monde vers des usages numĂ©riques cohĂ©rents avec leurs valeurs, ça nous plaĂźt !
Nous avons ainsi beaucoup expĂ©rimentĂ© et tissĂ© de liens avec dâautres acteurs et actrices dont lâobjet social nâest pas nĂ©cessairement le numĂ©rique. Interconnecter diffĂ©rentes militances apporte Ă©normĂ©ment au savoir commun, et par ricochet au bĂ©nĂ©fice commun.
On a beau sâinvestir et travailler sur des sujets en rapport avec le numĂ©rique, on se rend trĂšs bien compte que lâĂ©nergie des femmes et des hommes est indispensable.
Dans la force de notre collectif. Framasoft ne souhaite pas grossir pour bien des raisons, et prendre soin de ses membres est une des plus importantes. Garder des relations privilĂ©giĂ©es oĂč on peut Ă©changer, dĂ©battre, ne pas ĂȘtre dâaccord, sâĂ©couter, prendre le temps de se comprendre, et avancer, câest pour nous essentiel.
Dans lâanimation de collectif et de communautĂ©s. Pour quâune dynamique commune prenne, il faut y mettre de lâĂ©nergie et de lâĂ©nergie humaine ! CHATONS est un collectif qui a pris une fois quâune personne y a consacrĂ© une partie de son temps. La communautĂ© Yakforms nâa pas Ă©mergĂ©, car pour le moment personne nâa pris les devants. Comme toute relation qui sâentretient, la vie dâun collectif doit ĂȘtre prise avec soin, oĂč chacunâ e y met de soi.
Dans lâaccompagnement au changement dâoutils. Un changement dâoutil numĂ©rique, câest un changement dâhabitudes, et changer son quotidien câest difficile. Nous nous rendons compte quâun accompagnement humain est souvent plus « efficace », moins dĂ©stabilisant et plus facile Ă apprĂ©hender. Mais comment trouver un bon Ă©quilibre entre accompagner les bĂ©nĂ©ficiaires et les autonomiser ? Sans trop vous en dire, on va travailler sur la question prochainement.
Ce long voyage nous a permis, en tant que collectif, de nous affirmer, dâĂ©voluer et de donner du sens Ă notre projet associatif. Nous faisons des choix qui ne plaisent pas Ă tout le monde mais qui sont en accord avec le monde que lâon dĂ©sire (eh oui, on va continuer Ă assumer lâĂ©criture inclusive !), une dose de dĂ©conne ça nous motive Ă avancer (framaprout câest la concrĂ©tisation dâune bonne blague), et notre positionnement politique se clarifie (on a de plus en plus envie de sâadresser Ă celles et ceux qui Ćuvrent pour plus de progrĂšs social et de justice sociale).
Seulement, ces convictions internes ne sont pas toujours connues par nos bĂ©nĂ©ficiaires, et parfois en total dĂ©calage (non, nous ne sommes pas neutres : nous ne « devons » ni ne voulons cette place !). Câest pour clarifier tout ça au monde (rien que ça ?) que nous avons travaillĂ© derniĂšrement Ă lâĂ©laboration dâun manifeste qui exprimera clairement et sincĂšrement nos intentions aux yeux de toutes et tous. Et on nous glisse dans lâoreillette que trĂšs bientĂŽt vous en verrez le bout du nezâŠ
Ce passionnant voyage nous a permis dâexpĂ©rimenter, dâessayer, de nous tromper, de rĂ©essayer, dâĂȘtre plus Ă lâĂ©coute de ce que nous voulons, ce Ă quoi nous aspirons, et ce vers quoi nous voulons aller.
Si nous avons pu lâentreprendre, câest bien grĂące Ă vous, grĂące Ă vos dons.
On a maintenant envie dâembarquer toute la basse-cour sur notre radeau, parcourir les ruisseaux, les mares, les riviĂšres. Prendre aussi le temps de barboter, de se prendre le bec ou de profiter. Aller plus loin avec celles et ceux qui partagent nos valeurs. Inviter les contributopistes Ă notre table, prĂ©parer ensemble le repas et confronter nos points de vue.
Bref, quelque chose de plus collectif, de plus convivial. Et on vous en parle trĂšs vite.