Blocage de Tiktok en Nouvelle-CalĂ©donie : le Conseil dâĂtat se dĂ©robe en faveur de lâarbitraire
On aurait prĂ©fĂ©rĂ© que ce soit un poisson dâavril : dans une dĂ©cision rendue ce 1er avril 2025, le Conseil dâĂtat a validĂ© le principe de la censure arbitraire et opaque dâun rĂ©seau social. DerriĂšre lâapparente annulation de la dĂ©cision du Premier ministre de lâĂ©poque, Gabriel Attal, de bloquer Tiktok, la plus haute juridiction française offre en rĂ©alitĂ© le mode dâemploi de la « bonne censure ». Cette dĂ©cision est inquiĂ©tante, tant cette affaire aura montrĂ© lâinefficacitĂ© du Conseil dâĂtat Ă ĂȘtre un rempart efficace contre le fascisme montant.
Le 15 mai 2024, alors que la Nouvelle-CalĂ©donie Ă©tait le thĂ©Ăątre dâune trĂšs forte contestation sociale dans un contexte de passage en force dâune rĂ©forme du collĂšge Ă©lectoral calĂ©donien, le Premier ministre Gabriel Attal annonçait, en mĂȘme temps que lâactivation de lâĂ©tat dâurgence, la censure de Tiktok sur tout le territoire de Nouvelle-CalĂ©donie.
Comme La Ligue des droits de lâhomme, ainsi que des habitant·es calĂ©donien·nes, La Quadrature du Net avait attaquĂ© en rĂ©fĂ©rĂ© cette dĂ©cision. Ce premier recours avait Ă©tĂ© rejetĂ© dans les jours qui suivirent pour dĂ©faut dâurgence, mais nous nâavions pas voulu lĂącher lâaffaire et avions continuĂ© notre combat contre cette mesure de blocage en lâattaquant Ă nouveau, cette fois par la procĂ©dure classique -dite « au fond »- qui a conduit Ă la dĂ©cision dâhier.
Formellement, le Conseil dâĂtat a annulĂ© le blocage de Tiktok. Mais derriĂšre cette apparente victoire se cache une dĂ©cision qui ouvre la voie Ă de futures censures de plateformes en ligne en dehors de tout contrĂŽle dĂ©mocratique.
La validation dâun arbitraire dâĂtat
Cette affaire aura Ă©tĂ© lâoccasion de tous les arbitraires. Pour justifier factuellement son blocage, le gouvernement a toujours louvoyĂ© (voir notre rĂ©capitulatif de lâaffaire), laissant croire que ce serait dâabord pour lutter contre le terrorisme, puis contre des ingĂ©rences Ă©trangĂšres, pour enfin expliquer que de simples contenus violents lâautorisaient Ă procĂ©der Ă un tel blocage (nous revenons sur ce point plus bas). Par la suite, il justifiait lĂ©galement ce blocage en sortant de son chapeau la « thĂ©orie des circonstances exceptionnelles ». Cette thĂ©orie est une invention du juge administratif datant de plus dâun siĂšcle. Elle a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e Ă lâoccasion dâune guerre â câest-Ă -dire dans un contexte de suspension du pouvoir civil â et nâavait jamais Ă©tĂ© utilisĂ©e jusquâĂ prĂ©sent pour justifier de porter atteinte Ă la libertĂ© dâexpression.
Dans sa dĂ©cision, le Conseil dâĂtat admet que cette « thĂ©orie des circonstances exceptionnelles » puisse ĂȘtre invoquĂ©e, pour justifier lĂ©galement le blocage dâune plateforme en ligne dans le cas dâune « pĂ©riode de troubles Ă lâordre public dâune gravitĂ© exceptionnelle ». ArrĂȘtons-nous dĂ©jĂ sur cette premiĂšre brĂšche Ă lâĂtat de droit : cela signifie que lorsque cette condition de « trouble » est remplie, un gouvernement peut donc porter des atteintes Ă la libertĂ© dâexpression, alors quâaucune loi existante ne lây autorise et donc quâaucune condition prĂ©vue par le lĂ©gislateur nâest Ă respecter. Cette « thĂ©orie des circonstances exceptionnelles » nâa jamais Ă©tĂ© reprise par le lĂ©gislateur : elle ne comporte aucune limite prĂ©cise et nâest prĂ©sente nulle part ailleurs que dans les quelques dĂ©cisions du Conseil dâĂtat. Ce dernier autorise donc un empiĂ©tement pur et simple du pouvoir exĂ©cutif sur le pouvoir lĂ©gislatif.
Et quels sont ces « troubles Ă lâordre public dâune gravitĂ© exceptionnelle » qui permettent de nier le principe de sĂ©paration des pouvoirs ? On peut lĂ©gitimement se demander si les manifestations des gilets jaunes en 2018 et 2019, Ă©maillĂ©es de violences souvent entretenues par une politique de maintien de lâordre dĂ©sastreuse, auraient pu ĂȘtre qualifiĂ©es de suffisamment graves. De mĂȘme, les rĂ©voltes suite Ă la mort de Nahel Merzouk auraient-elles pu justifier le blocage des rĂ©seaux sociaux alors que la droite rĂ©actionnaire française voyait dans ces derniers le coupable idĂ©al et que Emmanuel Macron sâĂ©tait, Ă cette occasion, prononcĂ© en faveur de leur censure ?
Ne soyons pas naĂŻf·ves : tout est « exceptionnellement grave » pour lâexĂ©cutif et la police. GrĂące Ă cette notion floue, la voie Ă tous les abus est ouverte. Nâimporte quoi servira de prĂ©texte, demain, pour continuer dans la direction de la censure, de la rĂ©ponse rĂ©pressive facile au lieu dâune remise en cause profonde du systĂšme qui a conduit aux violences.
Et lâarbitraire dâĂtat ne sâarrĂȘte pas lĂ : le Conseil dâĂtat a, dâune certaine maniĂšre, autorisĂ© le gouvernement Ă ne pas respecter la loi lorsque celle-ci ne lui convient pas. En effet, au moment de la censure, la loi sur lâĂ©tat dâurgence avait Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e. Celle-ci autorisait bel et bien le blocage dâune plateforme, mais uniquement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Or, dans le cas du blocage de Tiktok, il ne sâagissait justement pas de lutte contre le terrorisme. Alors quâune telle possibilitĂ© de censure visant une plateforme en ligne, prĂ©vue par la loi sur lâĂ©tat dâurgence, est dĂ©jĂ trĂšs contestable en soi1Nous avions initialement demandĂ© Ă ce quâune question prioritaire de constitutionnalitĂ© (QPC) soit transmise au Conseil constitutionnel. Celle-ci a Ă©tĂ© rejetĂ©e par le Conseil dâĂtat parce quâil estimait que la loi sur lâĂ©tat dâurgence nâĂ©tait pas applicable au litige puisquâil ne sâagissait pas de lutte contre le terrorisme., le Conseil dâĂtat neutralise encore plus le lĂ©gislateur en permettant dâavoir recours Ă une thĂ©orie jurisprudentielle qui permet de contourner ces limites.
Un contrĂŽle juridictionnel de pacotille
Lâauditoire optimiste pourrait se dire que le juge administratif resterait prĂ©sent pour empĂȘcher les abus de ce recours Ă la censure en cas de « troubles Ă lâordre public dâune gravitĂ© exceptionnelle . Et aprĂšs tout, en ce qui concerne Tiktok, on pourrait ĂȘtre tentĂ© de se rassurer par le fait que la dĂ©cision de censurer le rĂ©seau social a finalement Ă©tĂ© annulĂ©e par le Conseil dâĂtat. Pourtant, dans cette affaire, aprĂšs avoir refusĂ© dâagir au moment oĂč sa dĂ©cision aurait Ă©tĂ© utile, câest-Ă -dire lorsquâil Ă©tait saisi en rĂ©fĂ©rĂ© lâannĂ©e derniĂšre, le Conseil dâĂtat a repris Ă son compte toutes les affirmations grossiĂšres du gouvernement pour justifier le besoin de bloquer la plateforme.
La question de lâexistence de certains contenus qui seraient illĂ©gaux au point de couper tout le rĂ©seau social a Ă©tĂ© longuement dĂ©battue en mai 2024 Ă lâoccasion de notre rĂ©fĂ©rĂ©. AprĂšs avoir Ă©tĂ© mis en difficultĂ© lors de lâaudience de rĂ©fĂ©rĂ©, le gouvernement sâĂ©tait enfin dĂ©cidĂ© Ă produire des exemples de contenus prĂ©tendument illicites⊠qui Ă©taient en fait totalement lĂ©gaux. Nous publions ces contenus2Politico avait dĂ©jĂ publiĂ© certains de ces contenus lâannĂ©e derniĂšre. pour que chacun·e puisse constater que leur illĂ©galitĂ© ne saute pas aux yeux : dĂ©noncer des violences policiĂšres, la constitution de milices privĂ©es avec le soutien des forces de lâordre, les agressions racistes sur des policiers kanaks, ou encore prendre des photos ou vidĂ©os de lieux en flamme comme lâa fait la presse locale est donc, pour le gouvernement, susceptible de justifier une restriction Ă la libertĂ© dâexpressionâŠ
Depuis ces quelques exemples produits lâannĂ©e derniĂšre, le gouvernement nâa pas complĂ©tĂ© ses dires. On devine un certain embarras Ă travers ce silence sur ces fameux contenus censĂ©s ĂȘtre « violents » : cette dĂ©cision de bloquer Tiktok ne semble en rĂ©alitĂ© pas avoir Ă©tĂ© prise en raison dâun besoin impĂ©ratif pour restaurer lâordre sur lâarchipel, mais pour couvrir une dĂ©cision politique du Haut-Commissaire (lâĂ©quivalent du prĂ©fet en Nouvelle-CalĂ©donie). Fin mai 2024, La Lettre Ă©crivait ainsi que « TrĂšs vite, cependant, le premier ministre a Ă©tĂ© averti de la fragilitĂ© juridique de cette dĂ©cision, prise par le haut-commissaire Louis Le Franc, Ă la demande du Gouvernement de la Nouvelle-CalĂ©donie, lâorgane exĂ©cutif de la collectivitĂ© prĂ©sidĂ© par Louis Mapou. » Le mĂ©dia spĂ©cialisĂ© prĂ©cisait Ă©galement que « lâexĂ©cutif a Ă©cartĂ© lâhypothĂšse de dĂ©savouer publiquement le haut-commissaire et les Ă©lus locaux » et que le gouvernement nâavait « aucun grief contre TikTok ». Ce quâa admis en creux le reprĂ©sentant de Tiktok quelques jours aprĂšs devant le SĂ©nat : il a indiquĂ©, sous serment, que la plateforme nâa non seulement pas reçu de demande de retrait de contenus de la part de lâexĂ©cutif, mais nâa Ă©galement pas dĂ©tectĂ© lui-mĂȘme de contenus illicites une fois le blocage dĂ©cidĂ© par le gouvernement.
Tout cela nâa pourtant pas empĂȘchĂ© le Conseil dâĂtat de valider lâobsession gouvernementale. Pour les juges, il sâagit bien de « contenus incitant au recours Ă la violence »3Les juristes remarqueront probablement que le Conseil dâĂtat ne parle plus de contenus « manifestement illicites », mais adopte une formulation beaucoup plus englobante.. Pour appuyer lâillĂ©galitĂ© des contenus diffusĂ©s Ă lâĂ©poque sur Tiktok, le Conseil dâĂtat explique que les « algorithmes » de ce rĂ©seau social favoriseraient leur diffusion trĂšs rapide. Il est vrai que des Ă©tudes, notamment dâAmnesty International, ont montrĂ© la grande toxicitĂ© des choix algorithmiques de Tiktok. Et nous ne nous cachons pas sur le fait que nous combattons en gĂ©nĂ©ral ce modĂšle Ă©conomique et technique de rĂ©seau social. Mais, pour ce qui est de la Nouvelle-CalĂ©donie, le gouvernement sâest contentĂ© dâaffirmations non-sourcĂ©es, sans rien dĂ©montrer. Dans son mĂ©moire, le Premier ministre affirmait ainsi simplement que le choix de bloquer Tiktok Ă©tait justifiĂ© par « les caractĂ©ristiques des algorithmes utilisĂ©s par âTiktokâ, qui amplifient lâeffet de valorisation mimĂ©tique » sans fournir dâĂ©tude ni mĂȘme de constatations par ses services. Autrement dit, le Conseil dâĂtat se contente dâaffirmations du gouvernement pour en faire une gĂ©nĂ©ralitĂ©, crĂ©ant ainsi une forme de prĂ©somption de nĂ©cessitĂ© de bloquer Tiktok. Et, Ă supposer mĂȘme quâil y ait eu quelques contenus manifestement illicites sur Tiktok, cela ne devrait pourtant pas permettre de prendre une mesure aussi grave que limiter ou bloquer toute un rĂ©seau social. Ce quâautorise pourtant le Conseil dâĂtat.
En fin de compte, dans cette affaire, le seul point qui a permis au Conseil dâĂtat dâaffirmer que le blocage Ă©tait illĂ©gal rĂ©side dans le fait que le gouvernement nâa pas cherchĂ© Ă dâabord limiter certaines fonctionnalitĂ©s de la plateforme avant dâen ordonner le blocage complet. En dâautres mots, la dĂ©cision de bloquer est jugĂ©e disproportionnĂ©e uniquement sur le fait que le gouvernement aurait dâabord dĂ» prĂ©venir Tiktok et lui demander de limiter les contenus, avant de pouvoir ordonner le blocage du rĂ©seau social. Le principe mĂȘme de bloquer nâest pas remis en question.
Cet argument sâinscrit dans la continuitĂ© dâune idĂ©e exprimĂ©e par Emmanuel Macron, aprĂšs les rĂ©voltes faisant suite Ă la mort de Nahel Merzouk, de limiter certaines fonctionnalitĂ©s des rĂ©seaux sociaux, voire les bloquer lors de prochaines Ă©meutes. Le Conseil dâĂtat lĂ©gitime le chantage auquel sâĂ©tait dĂ©jĂ adonnĂ© le gouvernement en 2023 : fin juin 2023, les reprĂ©sentants de TikTok, Snapchat, Twitter et Meta Ă©taient convoquĂ©s par le ministre de lâintĂ©rieur, dans le but de mettre une « pression maximale » sur les plateformes pour quâelles coopĂšrent et qui a conduit Ă des demandes de retraits de contenus hors de tout cadre lĂ©gal (voir notre analyse de lâĂ©poque). DĂ©sormais, le gouvernement a une nouvelle arme, la menace de censure, fraĂźchement inventĂ©e par le Conseil dâĂtat, pour forcer les plateformes Ă collaborer, quitte Ă retirer des contenus lĂ©gaux.
Mode dâemploi pour le fascisme montant
Il ne sâagit donc absolument pas dâune victoire. Le Conseil dâĂtat valide quasiment toute la dĂ©marche du Premier ministre. DĂ©sormais, mĂȘme pour sauver la face dâun prĂ©fet qui prĂ©fĂšre censurer avant de rĂ©flĂ©chir, un gouvernement peut bloquer une plateforme en ligne, Ă la condition de trouver sur cette plateforme quelques contenus vaguement violents et de justifier de « troubles Ă lâordre public dâune gravitĂ© exceptionnelle ».
Pas besoin de justifier dâune habilitation par le lĂ©gislateur. Pas besoin de justifier de maniĂšre rigoureuse des contenus incriminĂ©s. Pas besoin de faire la moindre publicitĂ© autour de cette dĂ©cision. Les associations se dĂ©brouilleront pour comprendre lâampleur et les raisons du blocage, et le gouvernement pourra mĂȘme changer de version si les premiĂšres justifications quâil aura trouvĂ©es sâavĂšrent bancales.
Lors de lâaudience publique, lâavocat de la Ligue des droits de lâHomme, elle aussi requĂ©rante dans cette affaire, avait prĂ©venu que les futurs rĂ©gimes illibĂ©raux sâempareront du mode dâemploi ainsi apportĂ© par le Conseil dâĂtat. De notre cĂŽtĂ©, nous avions rappelĂ© que les rĂ©gimes qui se sont jusquâalors aventurĂ©s dans la voie de la censure arbitraire dâInternet et qui se sont fait condamner par la Cour europĂ©enne des droits de lâHomme sont tous des rĂ©gimes autoritaires, Russie et Turquie en tĂȘte. Et peut-ĂȘtre, demain, la France.
Car cette dĂ©cision doit ĂȘtre replacĂ©e dans son contexte : celui dâun autoritarisme qui fait la courte-Ă©chelle depuis des annĂ©es Ă un fascisme dĂ©sormais aux portes du pouvoirs ; celui de garde-fous qui sâavĂšrent inefficaces lorsque lâaccompagnement de lâĂtat dans ses dĂ©lires sĂ©curitaires prend la place de la protection des droits ; celui de proximitĂ©s entre dĂ©cideurs publics et lobbys sĂ©curitaires qui interrogent ; celui dâun pouvoir politique qui prĂ©fĂšre la rĂ©ponse facile ou la dĂ©sinformation plutĂŽt que de revoir de fond en comble le systĂšme de violence quâil renforce ; celui de la remise en question quotidienne dâun du principe fondateur de nos dĂ©mocraties modernes quâest lâĂtat de droit, par un ministre de lâintĂ©rieur rĂ©cidiviste, ou par une alliance inquiĂ©tante entre une extrĂȘme droite prise la main dans le pot de confiture, un Premier ministre qui sait quâil sera peut-ĂȘtre le prochain, et une gauche qui a manquĂ© une occasion de se taire.
Quand on voit avec quelle rapiditĂ© lâĂtat de droit est en train de sâĂ©crouler aux Ătats-Unis, on ne peut que sâinquiĂ©ter. Car mĂȘme si Tiktok est une plateforme intrinsĂšquement problĂ©matique, utilisĂ©e comme caisse de rĂ©sonance pour la dĂ©sinformation et autres contenus extrĂȘmement toxiques, la fin ne peut pas tout justifier. LâĂtat de droit se dĂ©compose et le fascisme est aux portes du pouvoir. Il est urgent de porter une voix hautement critique sur ces institutions incapables de protĂ©ger la dĂ©mocratie alors quâelles devraient ĂȘtre Ă lâavant-garde de la lutte contre lâextrĂȘme droite et lâautoritarisme. Alors si vous le pouvez, vous pouvez nous aider en nous faisant un don.
References[+]
â1 | Nous avions initialement demandĂ© Ă ce quâune question prioritaire de constitutionnalitĂ© (QPC) soit transmise au Conseil constitutionnel. Celle-ci a Ă©tĂ© rejetĂ©e par le Conseil dâĂtat parce quâil estimait que la loi sur lâĂ©tat dâurgence nâĂ©tait pas applicable au litige puisquâil ne sâagissait pas de lutte contre le terrorisme. |
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â2 | Politico avait dĂ©jĂ publiĂ© certains de ces contenus lâannĂ©e derniĂšre. |
â3 | Les juristes remarqueront probablement que le Conseil dâĂtat ne parle plus de contenus « manifestement illicites », mais adopte une formulation beaucoup plus englobante. |