Framasoft souhaite mettre Ă disposition, dâici 3 ans, jusquâĂ 10 000 espaces « cloud » collaboratifs, gratuitement, Ă destination des associations et collectifs militants. 40 Go et de nombreuses fonctionnalitĂ©s Ă se partager entre 50 comptes sur un espace de type https://monasso.frama.space
. Voici pourquoi nous nous lançons ce défi technique, humain, et politique.
Basé sur la solution collaborative libre Nextcloud, votre espace Frama.space vous permettra de gérer (sur votre ordinateur ou smartphone) :
- des fichiers de tous types et de les partager
- des agendas, publics ou privés
- des contacts
- des photos (partageables sous forme dâalbums)
- des projets (méthode Kanban)
- de la documentation (en mode wiki)
- des visioconfĂ©rences (jusquâĂ une dizaine de personnes)
- lâĂ©dition en ligne ou Ă plusieurs, de documents bureautiques (textes, feuilles de calculs, prĂ©sentations, etc.)
Tout ça gratuitement.

Mais derriĂšre cet objectif technique dĂ©jĂ ambitieux (et coĂ»teux : soutenez-nous !), un autre, politique, lâest plus encore : nous voulons accroĂźtre les capacitĂ©s de collaboration numĂ©rique libre de ces structures, afin de renforcer leur pouvoir dâagir.
Soutenir ce projet

Page dâaccueil du service Frama.space. Illustration CC by-sa David Revoy
Pourquoi Frama.space ?
Pour comprendre la volontĂ© de Framasoft dâinvestir autant dâĂ©nergie dans un projet aussi ambitieux, il va nous falloir prendre un peu de hauteur et de recul historique sur la question associative.
Dâabord, nous affirmons sans ambage que nous constatons, ces derniĂšres annĂ©es, une volontĂ© politique de lâĂtat de⊠dĂ©politiser le champ associatif.
Les gouvernements et les institutions nâapprĂ©cient que moyennement de voir des militant·es associatifs leur rĂ©clamer des comptes, les bousculer pour lever le voile et Ă©lever la voix sur les indignitĂ©s et injustices. Quâil sâagisse dâenvironnement, de logement, de santĂ© publique, etc., les associations sont, depuis la loi de 1901, lâun des fers de lance des luttes sociales.
Afin de leur ĂŽter cette Ă©pine du pied, nous assistons depuis des annĂ©es Ă une forme de « ringardisation » du statut associatif par les grandes institutions publiques. Pour cela, elles nâont pas hĂ©sitĂ© Ă supprimer les emplois aidĂ©s, Ă rĂ©duire le montant des subventions ou Ă les orienter sur du financement « dâinvestissement » en finançant des appels Ă projets spĂ©cifiques, plutĂŽt que du financement de « fonctionnement » (participant par exemple aux salaires ou aux frais associatifs, et donc plus pĂ©renne). Le discours ambiant et mĂ©diatique dĂ©crĂ©dibilise peu Ă peu le rĂŽle et les actions des associations, actrices du contrat social.
Ă cela sâajoute un mouvement de « marchandisation » des associations. Elles sont dâune part de plus en plus mises en concurrence, notamment par la communication qui devient un Ă©lĂ©ment central â parfois au dĂ©triment des actions associatives â pour pouvoir ĂȘtre plus visibles et compenser la perte de subventions par des crowdfundings, collectes, et campagnes. Framasoft nây Ă©chappe dâailleurs pas.
Dâautre part, le courant de lâentrepreneuriat social engage les associations Ă copier les modĂšles de lâentreprise privĂ©e jugĂ©e plus efficace, plus moderne, plus innovanteâŠ
Enfin, de belles saloperies et machineries comme les « contrats à impacts » transforment les associations en blanchisseuses sociales des entreprises du CAC40.

Vous avez bien compris ce schĂ©ma (officiel) du « Contrat Ă Impact Social » : ce sont des entreprises (pardon « des investisseurs privĂ©s » ) qui dĂ©cident quelles sont les associations (pardon « acteurs sociaux » ) Ă soutenir, et vont financer leur action (pardon « besoin social » ). Mais cette action sera remboursĂ©e par lâĂtat (pardon « puissance publique » ), donc avec nos impĂŽts, Ă lâentreprise en cas de « succĂšs » đ± . Vous voyez venir les problĂšmes que cela pose ? Parce que nous, oui ! Ce fonctionnement dit tellement de choses sur notre sociĂ©tĂ© et sa façon de percevoir les associations quâil mĂ©riterait un article Ă part entiĂšre.

Mais en plus dâassĂ©cher les capacitĂ©s dâaction des associations, il y a maintenant la volontĂ© de les faire « marcher au pas », par exemple en les contraignants Ă signer des textes tels que le « Contrat dâEngagement RĂ©publicain » , aux contours flous et sujet Ă interprĂ©tation, dans lequel les associations doivent sâengager formellement Ă respecter les lois et les symboles de la RĂ©publique sous peine de se voir refuser toute subvention publique. Cela place de facto toute structure qui, par exemple, refuserait de chanter la Marseillaise, dans une situation oĂč elle pourrait perdre des financements publics.
Pour rĂ©sumer, on peut dire quâil y a une volontĂ© Ă ne garder que les « bonnes » associations : celles qui se tiennent sages et ne viennent pas questionner les pouvoirs en place. Une espĂšce de paternalisme, si ce nâest de caporalisation, de la part de lâĂtat envers le mouvement associatif. Pas de souci pour les collectivitĂ©s Ă soutenir un club de bridge, ou une association sportive dâaĂŻkido. Mais pour les associations dâaide aux migrants, ou pour une association de dĂ©fense de lâenvironnement, lâĂtat semble avoir actĂ© que toute structure qui ne va pas dans le sens de sa politique est nĂ©cessairement contre lui, et devient potentiellement ennemie.
DĂ©politisation, caporalisation, ringardisation, marchandisation sont autant dâattaques contre les libertĂ©s associatives, et donc contre leur capacitĂ© Ă faire Ă©voluer le contrat social et la sociĂ©tĂ© toute entiĂšre.

Or, nous pensons que dans un monde oĂč les crises se multiplient, et sont amenĂ©es Ă se multiplier encore, lâimportance des actions de la sociĂ©tĂ© civile, et notamment des associations, permettent dâenvisager des rĂ©ponses rĂ©ellement innovantes et rĂ©silientes, adaptĂ©es aux terrains, proches des citoyenâ
nes, impliquĂ©es, et Ă©loignĂ©es des propositions tiĂšdes et centralisĂ©es portĂ©es par les gouvernements (ex. : numĂ©ros verts, Grenelle de MachinTruc, âŠ) ou le systĂšme capitaliste (ex : greenwashing, start-ups « Ă impact », tech « for good »âŠ).
Framasoft est une association, fiĂšre de son statut, et souhaite soutenir â autant que possible et dans la mesure de ses moyens â les associations les plus fragiles, mais dont la sociĂ©tĂ© a radicalement besoin.
Mais⊠quel rapport avec le numérique ?
Aujourdâhui, les pratiques collaboratives numĂ©riques peuvent permettre aux associations dâĂȘtre plus rĂ©actives et efficaces, en actionnant des rĂ©seaux et des personnes plus rapidement, en facilitant lâimplication de bĂ©nĂ©voles ou de partenaires, en permettant de mieux rĂ©partir les pouvoirs et la responsabilitĂ©, en encourageant la transparence, etc.
Cependant, ces collectifs et associations sont parfois Ă la peine avec les outils numĂ©riques, qui permettent parfois (ce nâest pas systĂ©matique) dâaccroĂźtre leur pouvoir dâagir. Notamment, elles disposent rarement de parcours de formation adaptĂ©s Ă leurs besoins ou leurs moyens et elles doivent composer avec des niveaux de compĂ©tences numĂ©riques trĂšs diffĂ©rents dans leurs structures.
Par ailleurs, mĂȘme lorsquâelles ont des connaissances et des facilitĂ©s avec le numĂ©rique, elles sont poussĂ©es Ă utiliser des outils toxiques (ex : Google Workspace, Microsoft 365, Zoom, etc) dont elles nâont pas rĂ©ellement la maĂźtrise, et qui, surtout, sont rarement en cohĂ©rence avec leurs objectifs et leurs valeurs.
FormulĂ© autrement : les associations sont souvent consommatrices dâun numĂ©rique pensĂ© par des acteurs qui veulent crĂ©er un monde dont les associations ne veulent pas. La rĂ©ciproque est aussi vraie : le monde rĂȘvĂ© par ces acteurs du numĂ©rique ne veut pas dâassociations puissantes, politiques, proposant dâautres façons de vivre ensemble.
En effet ces entreprises (notamment les GAFAM) ont une vision du monde trĂšs libĂ©rale oĂč lâargent compte plus que la gĂ©nĂ©rositĂ©. OĂč le succĂšs compte plus que la solidaritĂ©. OĂč un profit immĂ©diat vaut plus quâun impact Ă long terme sur la planĂšte.

Leurs outils comportent donc, dans leur code mĂȘme, une partie de cette vision du monde. Et les utiliser revient non seulement Ă renforcer le pouvoir de ces entreprises et Ă leur donner raison, mais empĂȘche aussi le dĂ©veloppement de pratiques adaptĂ©es Ă des structures dont lâobjet nâest pas la croissance ou le profit.
Les associations sont passées en « mode survie »
Les associations sont coincĂ©es entre ces entreprises qui les utilisent pour blanchir leurs pratiques, et lâĂtat qui a rompu la confiance avec elles en jouant du bĂąton et de la carotte. Elles sont passĂ©es en mode « survie ».
Nous pensons quâil sâagit rĂ©el danger pour une sociĂ©tĂ© bien portante et une dĂ©mocratie vivante. Mais câest peut-ĂȘtre, aussi, une occasion dâagir.
Alors : on fait quoi ?
On prend un risque.
On tire la langue au diable. On lui montre quâon existe, quâon est lĂ , et quâon est prĂȘt Ă en dĂ©coudre, comme Ă se lever et se casser. Quâil ne nous impressionne pas. Quâon est libres.
Pour Framasoft, Ă notre modeste hauteur, cela se traduit par un acte quâon pense politique, une « recette » en quatre Ă©tapes : 1) rendre visibles les alternatives ; 2) faciliter leur dĂ©couverte et leur usage ; 3) aider Ă faire Ă©merger des communautĂ©s ; 4) participer avec humilitĂ© Ă leur donner du pouvoir, de la confiance, et soyons dingues â un peu dâespoir.
Câest ce que pratique Framasoft depuis 20 ans (Framalibre, Framakey, Framabook, etc), et sans doute plus encore ces 10 derniĂšres annĂ©es avec notre campagne « DĂ©googlisons Internet ».
Et câest ce que nous comptons faire dans les prochaines annĂ©es avec notre feuille de route « Collectivisons Internet / Convivialisons Internet » (COIN COIN pour les intimes), qui sâadresse particuliĂšrement aux associations et collectifs militants.
Dans ce cadre, si on applique la recette ci-dessus Ă une offre dâespace « cloud associatifs » cela pourrait se traduire comme suit.
1) Rendre visible Nextcloud
Le service Frama.space repose sur la suite collaborative libre Nextcloud. Il existe plusieurs logiciels libres pour faire du « cloud », mais aucun ne nous semble aussi riche en fonctionnalités et en promesses que celui-ci.
Partage de fichiers, agendas, gestion de tĂąches et de projets, documentations collectives, visio-confĂ©rences, ⊠Nextcloud, mĂȘme sâil est perfectible, permet de rĂ©pondre immĂ©diatement Ă un grand nombre de besoins.
Cependant, si vous prenez au hasard 100 personnes dans la rue, il est peu probable que plus de 5 (et encore, on est sympas) vous disent avoir dĂ©jĂ entendu parler de ce logiciel. Dâailleurs, si vous faites partie des 95 %, rassurez-vous, la suite est justement faite pour vous :)
1ïžâŁ Donc, notre premiĂšre mission sera de faire connaĂźtre et dâaccroĂźtre la notoriĂ©tĂ© de Nextcloud aux personnes francophones. Par des confĂ©rences de sensibilisation, des webinaires, des ateliers, la production de vidĂ©os et tutoriels ou⊠en offrant la possibilitĂ© dâutiliser gracieusement Nextcloud via le service Frama.space.

Bon, câest de lâallemand certes, mais le graphique est plutĂŽt parlant : sur les marchĂ©s des suites collaboratives en ligne en 2022, Microsoft 365 reprĂ©sente 48,1 %, Google Apps 46,4 %, « Autres » 4,2 %. Nextcloud ne reprĂ©sentant lui mĂȘme quâun petit pourcentage de ces 4,2 %. Duopole, vous avez dit ?
2) Faciliter lâaccĂšs Ă Nextcloud
Il existe dĂ©jĂ des centaines dâhĂ©bergeurs proposant une offre Nextcloud. De Gandi Ă OVH ou Hetzner (pour les « gros » hĂ©bergeurs), dâIndieHosters Ă Zaclys, en passant par Paquerette (pour les membres du collectif CHATONS).
Mais, dĂšs quâil sâagit dâavoir accĂšs Ă un espace collaboratif dĂ©diĂ© (pour une entreprise, une association, une collectivitĂ©), il faut ĂȘtre prĂȘt Ă payer. Et câest bien normal : libre ne veut pas dire gratuit, et ces hĂ©bergeurs ont des coĂ»ts (humains, matĂ©riels et financiers) quâils doivent bien rĂ©percuter.
Cependant, le problĂšme financier reste entier pour les petites associations ou les collectifs militants que nous Ă©voquions en dĂ©but dâarticle. Certaines ont un budget infĂ©rieur Ă 1 000⏠par an pour leurs actions, et ne peuvent tout simplement pas consacrer 10 % ou 20 % de ce budget Ă un outil numĂ©rique. Donc : elles utilisent massivement Microsoft 365 ou Google Workspace (souvent en version limitĂ©e gratuite, ou Ă prix cassĂ©).
Ă Framasoft, nous sommes convaincuâ
es quâil faut faire comprendre le prix des choses, mais nous sommes aussi convaincuâ
es que le prix ne doit pas ĂȘtre la barriĂšre qui empĂȘche les gens de sâĂ©manciper. Nous avons donc mis en place sur Frama.space une infrastructure technique capable dâaccueillir gratuitement des milliers dâespaces Nextcloud (type https://mon-asso.frama.space
), Ă destination des structures qui nâont pas ou peu de moyens.
Un autre frein identifié au passage au libre, est la relative difficulté technique à mettre en place et à maintenir une solution logicielle. Avec Frama.space, la gestion technique de votre espace est déléguée à Framasoft. Nous nous chargeons de fournir une instance à jour, correctement sécurisée, directement utilisable, et à la maintenir dans le temps.
Ces espaces Frama.space comportent la plupart des outils nécessaires pour collaborer entre membres, y compris une suite bureautique collaborative en ligne (par défaut Collabora Online), mais le référent du Frama.space pourra lui préférer OnlyOffice).
Pour prĂ©server le modĂšle Ă©conomique des entreprises ou CHATONS dĂ©jĂ en place, nous limiterons cette offre Ă des structures ayant des besoins mesurĂ©s (50 comptes max, 40Go dâespace tous utilisateurs confondus) et des moyens modestes (câest-Ă -dire nâĂ©tant pas prĂȘtes Ă franchir le cap de payer chez un autre hĂ©bergeur).
2ïžâŁ Câest pourquoi notre seconde mission est de mettre gratuitement Ă disposition, sur les trois ans Ă venir, jusquâĂ 10 000 espaces Nextcloud, pour des petites structures associatives ou militantes.

Les espaces Frama.space sont livrĂ©s avec Collabora Online par dĂ©faut (OnlyOffice en alternative), ce qui permet une collaboration Ă plusieurs au sein dâun mĂȘme document bureautique (texte, tableur, prĂ©sentation, etc)
3) Aider à faire émerger une communauté Nextcloud francophone
Nextcloud est un logiciel complet, mais parfois complexe (« Comment synchroniser mon agenda sur mon smartphone ? », « Comment faire pour partager mon budget prévisionnel en ligne ? » « Comment rédiger collaborativement le compte-rendu de notre Assemblée Générale ? »).
Il existe de nombreuses documentations en ligne. Mais encore faut-il les trouver, et pouvoir se les approprier. Par ailleurs, certaines personnes sont Ă lâaise avec les documentations Ă©crites, dâautres avec les courtes vidĂ©os explicatives, dâautres encore prĂ©fĂšrent ĂȘtre accompagnĂ©es par des formations.
Or, aujourdâhui, alors que Nextcloud compte plus de 40 millions dâutilisateurâ
ices dans le monde, il nâexiste pas rĂ©ellement de communautĂ© francophone autour de ce logiciel. Il existe certes des espaces plutĂŽt rĂ©servĂ©s aux personnes administrant techniquement le logiciel, mais reconnaissons quâil ne sâagit pas vraiment de lieux dâentraide destinĂ©s aux personnes dĂ©couvrant le logiciel.
Par ailleurs, chaque hĂ©bergeur et utilisateur a tendance Ă exploiter ses espaces Nextcloud « dans son coin ». Nous voudrions dâune part quâils puissent se connaĂźtre, partager leurs expĂ©riences (leurs difficultĂ©s comme leurs succĂšs). Mais nous souhaitons aussi pouvoir rĂ©flĂ©chir collectivement aux apports que cette communautĂ© souhaiterait apporter au logiciel. Par exemple, pouvoir importer une liste dâutilisateurs sans passer par la ligne de commande, amĂ©liorer lâonboarding, câest-Ă -dire lâaccueil des nouveaux utilisateurs, etc. Discuter ensemble de nos besoins communs nous permettra dâamĂ©liorer ensemble Nextcloud pour quâil corresponde mieux Ă nos attentes et nos pratiques.
3ïžâŁ Câest pourquoi notre troisiĂšme mission consistera Ă faire Ă©merger une communautĂ© Nextcloud francophone, notamment par le biais dâun forum dâentraide.
4) Utiliser Nextcloud comme outil dâempuissantement
Vous lâaurez compris, notre objectif est ici avant tout politique : fournir des planches, des marteaux et des clous Ă des associations, afin quâelles puissent construire et dĂ©velopper leurs projets, leurs envies, sans ĂȘtre liĂ©es Ă des entreprises dont la vision du monde est aux antipodes de la leur.
Le fait que Frama.space ne sâadresse quâĂ des petites associations ou collectifs permet aussi dâenvisager dâautres possibilitĂ©s intĂ©ressantes.
Par exemple, cela nous permet dâenvisager de mettre les associations en contact entre elles beaucoup plus facilement, puisquâelles utiliseront le mĂȘme outil (petite parenthĂšse technique : Nextcloud est un outil fĂ©dĂ©rĂ©, câest Ă dire quâil est simple de « connecter » entre eux diffĂ©rents espaces associatifs pour partager par exemple des dossiers privĂ©s pour une action ou des communiquĂ©s de presse en communs).
Cela nous permet aussi de faire circuler de lâinformation relative aux questions associatives trĂšs facilement (par exemple en informant sur un nouveau texte de loi, sur une mobilisation spĂ©cifique, etc.).
Par ailleurs, en interrogeant rĂ©guliĂšrement les utilisatrices et utilisateurs par le biais de courtes enquĂȘtes, Framasoft pourra dĂ©velopper, ou faire dĂ©velopper, de nouvelles fonctionnalitĂ©s Ă Frama.space. Par exemple, en intĂ©grant une application de gestion de membres et cotisations, ou une application de comptabilitĂ© basique. Notre volontĂ© est de faire en sorte que lâoutil corresponde au mieux aux besoins rĂ©els et exprimĂ©s des personnes qui utilisent Frama.space.
Enfin, nous souhaitons permettre Ă chacune et chacun dâamĂ©liorer sa capacitĂ© Ă collaborer et Ă coopĂ©rer. Nous savons quâil faudra, pour cela, faire Ă©voluer certaines pratiques. Par exemple, il existe de nombreux outils de prises de notes collaboratives (de Google Docs Ă Framapad, en passant par⊠Nextcloud), mais combien dâassociations expĂ©rimentent au quotidien une situation de rĂ©union Ă distance ? Une transparence radicale de lâinformation ? Une gestion de projet en ligne ?
Nous pensons que Frama.space peut ĂȘtre une formidable porte dâentrĂ©e pour rĂ©flĂ©chir (avec dâautres ?) Ă ces changements de pratiques, sans pour autant laisser sur le carreau celles et ceux qui ont du mal avec les outils numĂ©riques.
Lâobjectif Ă©tant ici de faire en sorte que Frama.space ne soit pas quâun simple outil numĂ©rique de plus, mais plutĂŽt le support Ă lâexpĂ©rimentation de pratiques numĂ©riques nouvelles, qui pourront se reflĂ©ter dans des changements au sein de lâorganisation (par exemple en finir avec Le-prĂ©sident-tout-puissant, ou La-secrĂ©taire-quâon-cantonne-aux-compte-rendus).
4ïžâŁ Notre quatriĂšme mission (le boss de fin de jeu) sera donc dâaccompagner les bĂ©nĂ©ficiaires de Frama.space vers un accroissement de leurs compĂ©tences coopĂ©ratives, afin dâamplifier leur pouvoir dâagir.
Vidéo (© Nextcloud GmbH) de présentation de Nextcloud Hub, représentative des outils que vous pourrez retrouver dans Frama.space (hors Nextcloud mail).
Agrandir la taille du gĂąteau
Une autre façon de comprendre Frama.space, câest que Framasoft ne souhaite pas prendre une part du gĂąteau du « marchĂ© de Nextcloud » : nous ne vendons rien, et nous souhaitons au contraire que lâĂ©cosystĂšme autour de Nextcloud se dĂ©veloppe et se renforce, y compris pour les structures commerciales.
Nous essayons plutĂŽt dâagrandir la taille du gĂąteau, pour que chaque entreprise ou chaton puisse en avoir une part raisonnable.
Nous pensons en effet quâen augmentant significativement la base dâutilisateurâ
ices de Nextcloud Ă lâaide de Frama.space, quâen travaillant les aspects entraide et accompagnement, et quâen favorisant les dĂ©veloppements et amĂ©liorations du logiciel, cela crĂ©dibilisera cette solution libre par rapport Ă celles de Microsoft ou de Google.
Comment ça va se passer ?
Bien. Enfin⊠on lâespĂšre !
Tout dâabord, si vous ĂȘtes un ou une responsable dâune association correspondant aux critĂšres de sĂ©lection, vous pouvez dâores et dĂ©jĂ candidater. Nous prĂ©voyons dâouvrir quelques centaines dâespaces dâici fin dĂ©cembre 2022, puis nous ferons une pause de 3 mois environ dans les inscriptions afin de stabiliser les choses, rĂ©colter les premiers retours, et apporter les corrections et amĂ©liorations les plus demandĂ©es.
Si la candidature de votre association correspond aux critĂšres mais nâest pas validĂ©e, pas de souci : nous rouvrirons les inscriptions rĂ©guliĂšrement Ă partir du second trimestre 2023 afin dâatteindre 10 000 espaces actifs fin 2025. Inscrivez-vous Ă la Newsletter Framaspace pour avoir les dates des pĂ©riodes dâinscription.
Si vous ĂȘtes une entreprise, une Ă©cole, une mairie, une « grosse » association, alors nous sommes sincĂšrement dĂ©solé·es, mais nous ne pouvons vous accueillir sur Frama.space. Cependant, comme nous vous le disions, de nombreuses autres alternatives Ă Frama.space existent ! Voir notamment cette rĂ©ponse dans notre Foire Aux Questions qui pourra vous orienter.
Une fois votre candidature validĂ©e (le processus Ă©tant manuel, cela peut prendre jusquâĂ 30 jours !), vous recevrez un lien vous permettant de vous identifier sur votre espace (de type https://mon-asso.frama.space
) et commencer Ă utiliser votre espace Frama.space. Vos membres pourront sây inscrire (par lien dâinvitation) ou vous pourrez directement crĂ©er leurs comptes.
MaisâŠ
Ă ce stade, nous ne pouvons que vous fĂ©liciter de nous avoir lu jusquâici. :) Cependant, nous imaginons quâil vous reste pas mal de questionnements.
« Quelles sont les applications utilisables ? », « Comment protĂ©gez-vous mes donnĂ©es et mes utilisateurs ? », « Comment personnaliser mon espace ? », « Frama.space, câest centraliser des donnĂ©es, mais je croyais que Framasoft voulait dĂ©centraliser Internet ? ! »
Nous avons tentĂ© de rĂ©pondre Ă ces questions (et bien dâautres) dans notre Foire Aux Questions. NâhĂ©sitez pas Ă aller y jeter un Ćil. Si vous nây trouvez pas votre rĂ©ponse, posez nous vos questions en commentaire de cet article, nous tĂącherons dây rĂ©pondre de notre mieux.
DĂ©couvrir Frama.space
Nous avons besoin de vous
Nous pensons quâun service rĂ©alisĂ© par une association pour des associations a du sens.
Frama.space est, techniquement, le projet le plus ambitieux mené par Framasoft à ce jour.
Câest aussi le plus coĂ»teux. Câest aussi une des raisons qui explique que, contrairement aux services « DĂ©googlisons Internet » type Framapad ou Framadate, nous ne pouvons pas lâouvrir sans limite ni discrimination.
Offrir jusquâĂ 10 000 espaces, pouvant accueillir jusquâĂ 500 000 personnes, câest clairement une prise de risque financiĂšre pour Framasoft.
Surtout quand nous voulons les offrir, justement, Ă un public dĂ©sargentĂ©. Ajoutez Ă cela des crises sociales, Ă©nergĂ©tiques, Ă©conomiques qui ont dĂ©jĂ mis plus que le pied dans la porte, et vous comprendrez que ce projet se fera trĂšs probablement Ă perte pour Framasoft. Nous rappelons que 98 % des ressources de lâassociation provient de vos dons.

Ă lâheure oĂč nous publions ces lignes, nous estimons quâil nous manque 166 200 ⏠pour boucler notre budget annuel et nous lancer sereinement dans nos actions en 2023.
Nous avons donc besoin de votre soutien pour rĂ©ussir le pari Frama.space, mais nous pensons sincĂšrement quâun service rĂ©alisĂ© par une association pour des associations a du sens.
Si vous le pensez aussi, que vous bĂ©nĂ©ficiez dâun Frama.space ou pas, nous avons donc besoin de votre soutien, dĂšs maintenant, afin de nous « aider Ă aider » ces milliers de structures non seulement Ă quitter les GAFAM et Ă mettre leurs outils en cohĂ©rence avec leurs valeurs, mais aussi et surtout Ă mieux agir, Ă mieux coopĂ©rer, Ă mieux crĂ©er du lien. Ă mieux faire sociĂ©tĂ©, ensemble.
đŠ DĂ©couvrir Frama.space đŠ Soutenir ce projet
(Médias : lire notre communiqué de presse)