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Aujourd’hui — 4 avril 2025Flux principal

FramamĂšmes : vos mĂšmes prĂ©fĂ©rĂ©s en versions libres et accessibles !

Par : Framasoft
1 avril 2025 Ă  03:42

Vous voulez produire du mĂšme libre, artisanal et remixĂ© ? Framasoft sort (vraiment) le service FramamĂšmes. Vraiment. Promis.

Un gĂ©nĂ©rateur de mĂšmes libres ? C’est une blague ?

Noyons le poisson dans le bocal : FramamĂšmes est une blague
 mais une blague durable, qu’on compte bien continuer de maintenir mĂȘme aprĂšs ce 1er avril.

Vous pouvez d’ores et dĂ©jĂ  vous rendre sur Framamemes.org, et tester vous-mĂȘmes les mĂšmes Ă  faire
 comme chez mĂ©mĂ©. MĂȘme que mĂ©mĂ© aime les mĂšmes de millenials : si Framasoft a 20 ans, ses membres en ont (en moyenne) deux fois plus 😊.

Capture d'Ă©cran du site FramamĂšmes

Notez que ce n’est pas la premiĂšre fois qu’à Framasoft, on prend la blague au sĂ©rieux et maintient le petit projet fun au-delĂ  de l’annonce (l’occasion de vous faire redĂ©couvrir Framaprout, Framadsense ou le fameux bingo du troll).

Les mĂšmes sont hors la loi
 sauf chez FramamĂšmes !

Il faut dire que la culture du remix et du partage est (Ă  peine) tolĂ©rĂ©e par les industries culturelles qui capitalisent sur le droit d’auteur et le copyright.

Fi du fair use, exit l’exception pour parodie
 les mĂšmes pourraient tout Ă  fait ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme illĂ©gaux, et mener Ă  des poursuites judiciaires si leurs ayants droits y voyaient un intĂ©rĂȘt (mĂȘme que c’est dĂ©jĂ  arrivĂ©).

C’est pour cela que Gee s’est jetĂ© sur sa tablette graphique au cours d’un stream (sur PeerTube, parce qu’ici, on est libres de bout en bout) et s’est dit : « tiens, et si je faisais mes propres versions libres des mĂšmes les plus populaires ? Â»

La route est longue, mais le mĂšme est libre

Avec son propre style de dessin bien connu du lectorat du Framablog, et en n’hĂ©sitant pas Ă  franciser les mĂšmes, que ce soit simplement en traduisant les textes inclus dans les images (« draw 25 Â» sur la carte Uno devient « pioche 25 cartes Â») ou mĂȘme en appliquant le style français aux panneaux autoroutiers !

Comparaison entre les mĂšmes originaux et ceux de FramamĂšmes.

À gauche, les versions originales ; Ă  droite, les versions dessinĂ©es ET francisĂ©es par Gee !

Quelques mĂšmes plus tard, il est devenu Ă©vident qu’un site web Ă©tait nĂ©cessaire pour les partager. En ajoutant une pincĂ©e de JavaScript pour inclure un Ă©diteur (libre, Ă©videmment), et mĂȘme une police libre (parce que All Fonts Are Beautiful, comme on dit)
 on obtient FramamĂšmes !

Pour l’instant, une sĂ©lection restreinte de mĂšmes est proposĂ©e, mais Gee compte bien continuer Ă  enrichir l’éditeur dans les semaines Ă  venir ! N’hĂ©sitez pas Ă  proposer les mĂšmes que vous voudriez voir adaptĂ©s en commentaires.

Des mĂšmes libres
 et accessibles !

Partager des images en ligne, c’est bien : si elles sont accessibles Ă  toutes et Ă  tous, c’est mieux ! Une bonne pratique consiste Ă  systĂ©matiquement inclure une description des images porteuses d’informations dans la balise prĂ©vue Ă  cet effet (la fameuse balise alt en HTML).

Pas mal de mĂ©dias sociaux, notamment Mastodon (le rĂ©seau de microblogging libre et dĂ©centralisĂ© que nous plĂ©biscitons Ă  Framasoft), permettent d’inclure un tel texte alternatif au moment d’intĂ©grer une image dans un message.

Eh bien avec FramamĂšmes, on a dĂ©cidĂ© de vous simplifier la tĂąche : lorsque vous crĂ©ez un mĂšme, vous avez la possibilitĂ© de copier en un clic un texte descriptif de votre image dans le presse-papier ! Parce qu’il n’y a pas de raison que tout le monde ne puisse pas profiter de vos crĂ©ations dont on ne doute pas qu’elles vaudront le dĂ©tour


LancĂ© sur un coup de tĂȘte et de crayon

Franchement : c’était pas prĂ©vu, Ă  Framasoft, de faire un 1er avril cette annĂ©e. On a du boulot plein le cloud. On a une AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale ce week-end.

Alors faire un 1er avril qui en plus est un vrai service que vous pouvez vraiment utiliser
 on ne l’imaginait pas. Sauf que Gee nous l’a servi sur un plateau. Et puis ça nous amuse. Et puis c’est une raison de rappeler que les monopoles de la propriĂ©tĂ© intellectuelle, ça peut trĂšs vite effacer de jolis sourires.

Alors on dit merci Ă  Gee (et aux petites mains qui ont aidĂ© Ă  l’accouchement 😄) et on rappelle que cet artiste libre essaie de vivre de son art : vous pouvez le soutenir en achetant son nouveau livre, en jouant Ă  ses jeux vidĂ©o, ou encore par un don.

L’art libre, c’est vraiment bien plus intĂ©ressant que de voir ces mĂšmes refaits par des IA, avec OpenAI qui pille tranquillement le style de Hayao Miyazaki
 le mĂȘme Miyazaki qui dĂ©clarait que l’art gĂ©nĂ©rĂ© par IA Ă©tait « tout Ă  fait Ă©cƓurant Â» et constituait « une insulte Ă  la vie mĂȘme Â» (voir notamment cet article (en anglais).

MĂšme. Sophie n'aime pas : mĂšmes gĂ©nĂ©rĂ©s par I.A. Sophie aime : mĂšmes faits main.

Et puis surtout : amusez-vous avec FramamĂšmes, faites tourner autour de vous, et faites des mĂšmes libres, quelle que soit la date !

Spotify, la machine Ă  humeur

Par : Framasoft
30 mars 2025 Ă  03:00

Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a Ă©tĂ© publiĂ© en premier le 17 janvier 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.


Dans son livre, Mood Machine, la journaliste indépendante Liz Pelly, décortique ce que Spotify a changé dans la musique, pour les clients du service, comme pour les musiciens. Entre uberisation et syndrome de Stockholm.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cela fait des annĂ©es que la journaliste indĂ©pendante Liz Pelly observe Spotify. Son essai, Mood Machine : The Rise of Spotify and the Costs of the Perfect Playlist (Simon & Schuster, 2025) estime que la musique est devenue un utilitaire plus qu’un art. Pour les fans de musique, le streaming est, malheureusement, un « produit spectaculaire Â» : « un jukebox universel et infini Â».  Pour les musiciens cependant, Spotify a Ă©tĂ© une menace plus existentielle que la rĂ©volution du partage de fichiers qui l’a prĂ©cĂ©dĂ©e, car le streaming, lui, a reçu le vernis de la lĂ©gitimitĂ©, explique le Washington Post dans sa critique du livre. Mais Spotify a surtout dĂ©tournĂ© les bĂ©nĂ©fices de la musique a son profit, tout en prĂ©parant le terrain pour remplacer les musiciens par de la musique gĂ©nĂ©rĂ©e par l’IA. Le secteur d’ailleurs s’y prĂ©pare : un rĂ©cent rapport de la ConfĂ©dĂ©ration internationale des sociĂ©tĂ©s d’auteurs et compositeurs (Cisac) annonce la chute de la rĂ©munĂ©ration des artistes et le dĂ©ferlement Ă  venir de la musique gĂ©nĂ©rĂ©e par IA

La musique, une activité purement fonctionnelle

Liz Pelly rappelle que les origines de Spotify plongent directement dans The Pirate Bay, l’emblĂšme du tĂ©lĂ©chargement illĂ©gal de musique du dĂ©but des annĂ©es 2000, notamment parce que le service Ă©tait une rĂ©ponse au comportement des gens et Ă  l’envolĂ©e du tĂ©lĂ©chargement illĂ©gal. Pour le fondateur de Spotify, la musique a Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme Amazon a considĂ©rĂ© les livres : un cheval de Troie pour exploiter les clients. La recette de la suprĂ©matie auditive de Spotify a surtout reposĂ© sur les playlists, spĂ©cifiques, homogĂšnes et de plus en plus automatisĂ©es, descendant monotone de la radio commerciale et des musiques d’ambiance. Nos habitudes d’écoute culturelles ont Ă©tĂ© peu Ă  peu dĂ©formĂ©es par la domination de Spotify. Â« Les auditeurs ont Ă©tĂ© encouragĂ©s Ă  aborder la musique comme une activitĂ© purement fonctionnelle – pour dormir, Ă©tudier ou meubler un lieu public – sans avoir Ă  fournir aucun investissement particulier dans des artistes individuels et identifiables Â». En fait, Spotify vise avant tout Ă  maintenir ses clients dans leur zone de confort. Spotify incarne « un modĂšle de crĂ©ativitĂ© axĂ© sur le service client qui conduit Ă  une stagnation esthĂ©tique Â», explique Pelly. Le « son Spotify Â» ressemble Ă  la dĂ©coration des appartements sur Airbnb, partout identique.

« Ă€ quel moment un systĂšme de recommandation cesse-t-il de recommander des chansons et commence-t-il Ă  recommander une idĂ©e complĂšte de la culture ? Â» demande Pelly. Spotify prĂ©fĂšre que vous vous engagiez de la maniĂšre la plus passive et la plus distraite possible. Comme en politique, les superstructures panoptiques fonctionnent mieux lorsque leurs sujets ne leur accordent pas trop d’attention. Comme l’aurait dit un jour Daniel Ek, le fondateur de Spotify, « notre seul concurrent est le silence Â». Dans le New Yorker, le prof de littĂ©rature Hua Hsu qui discute du mĂȘme livre, parle d’un syndrome Spotify comme d’un syndrome de Stockholm. Â« Tout comme nous entraĂźnons l’algorithme de Spotify avec nos goĂ»ts et nos dĂ©goĂ»ts, la plateforme semble, elle, nous entraĂźner Ă  devenir des auditeurs 24 heures sur 24 Â». Pelly soutient, en fait, que la plus grande innovation de Spotify a Ă©tĂ© sa comprĂ©hension de l’affect, de la façon dont nous nous tournons vers la musique pour nous remonter le moral ou nous calmer, nous aider Ă  nous concentrer sur nos devoirs ou simplement nous dissocier. Contrairement aux maisons de disque, son but n’était pas de nous vendre un tube dont on se lasse, mais de nous vendre un environnement sonore permanent. Quand on Ă©coutait MTV ou la radio, nous pouvions parfois tomber sur quelque chose de diffĂ©rent ou d’inconnu. DĂ©sormais, la personnalisation « laisse prĂ©sager d’un avenir sans risque, dans lequel nous ne serons jamais exposĂ©s Ă  quoi que ce soit que nous ne voudrions pas entendre Â». Sur Spotify, « les sons flottent en grande partie sans contexte ni filiation Â». Les artistes y sont finalement assez invisibles. La musique dĂ©contextualisĂ©e de son histoire.

Internet Ă©tait censĂ© libĂ©rer les artistes de la monoculture, en offrant les conditions pour que la musique circule de maniĂšre dĂ©mocratique et dĂ©centralisĂ©e. Certes, elle circule plus que jamais, mais la monoculture, elle, s’est terriblement renforcĂ©e.

Spotify, une ubérisation comme les autres

Dans les bonnes feuilles du livre que publie Harpers, Pelly Ă©voque une autre dimension des transformations qu’a produit la plateforme, non pas sur les utilisateurs et clients, mais sur la musique et les musiciens eux-mĂȘmes. Elle dĂ©crit les artistes fantĂŽmes de la plateforme, une polĂ©mique oĂč les playlists populaires de Spotify semblaient se peupler de musiques de stock et d’artistes qui n’existaient pas. Pelly montre que Spotify avait en fait, malgrĂ© ses longues dĂ©nĂ©gations, bel et bien des accords avec des sociĂ©tĂ©s de productions pour produire des flux de musique moins chers. Ce programme, baptisĂ© Perfect Fit Content (PFC, que l’on peut traduire par « contenu parfaitement adaptĂ© Â»), offrait des conditions de rĂ©munĂ©ration moindre et visait clairement Ă  rĂ©duire les droits payĂ©s par Spotify aux artistes, normalisant des titres bons marchĂ©s pour remplir les playlists. « Au milieu des annĂ©es 2010, le service s’est activement repositionnĂ© pour devenir une plateforme neutre, une mĂ©ritocratie axĂ©e sur les donnĂ©es qui rĂ©Ă©crivait les rĂšgles de l’industrie musicale avec ses playlists et ses algorithmes Â». En se rendant compte que de nombreux abonnĂ©s Ă©coutaient de la musique en fond sonore, Spotify a optĂ© pour une solution qui lui permettait de rĂ©duire les dividendes qu’elle versait au majors (reprĂ©sentant quelques 70 % de ses revenus) afin de devenir bĂ©nĂ©ficiaire. Pour cela, elle a misĂ© sur les recommandations par playlists d’humeur qui se sont peu Ă  peu peuplĂ©es de titres PFC – et ce alors que Spotify se dĂ©fend de faire des placements de chansons dans ses playlists.

De nombreuses entreprises fournissent dĂ©sormais Spotify en musique libre de droits Ă  petits budgets, au dĂ©triment d’artistes indĂ©pendants. Loin d’ĂȘtre la plateforme de la mĂ©ritocratie musicale qu’elle prĂ©tend ĂȘtre, Spotify, comme bien des entreprises, « manipule secrĂštement la programmation pour favoriser le contenu qui amĂ©liore ses marges Â». Pour les musiciens prĂ©carisĂ©s qui produisent ces musiques, cela ressemble surtout Ă  une ubĂ©risation Ă  marche forcĂ©e, avec des enregistrements Ă  la chaĂźne et des musiques Ă©crites sur un coin de table pour correspondre Ă  un style prĂ©cis, qui signent des contrats avec des droits rĂ©duits. « La musique de fond est Ă  certains Ă©gards similaire Ă  la musique de production, un son produit en masse sur la base d’un travail Ă  la demande, qui est souvent entiĂšrement dĂ©tenu par des sociĂ©tĂ©s de production qui le rendent facilement disponible pour la publicitĂ©, la sonorisation de magasin, la production de films
 Â» Ce que l’on appelle « la musique de production Â» est d’ailleurs en plein essor actuellement, explique Pelly, notamment pour crĂ©er des fonds sonores aux micro-contenus vidĂ©o de Youtube, Insta ou TikTok, afin d’éviter des accords de licences compliquĂ©s voire la suppression de contenus liĂ© Ă  la violation du droit d’auteur. Pour ces entreprises qui produisent de la musique Ă  la chaĂźne, comme Epidemic Sound, la musique n’est rien d’autre qu’une « activitĂ© de donnĂ©es Â», aplanissant les diffĂ©rences entre les musiques, produisant un brouillage des frontiĂšres esthĂ©tiques.

Les musiciens de l’Ivors Academy, une organisation britannique de dĂ©fense des auteurs-compositeurs, affirment que les « frictions Â» que des entreprises comme Epidemic cherchent Ă  aplanir sont en fait des protections industrielles et de droit d’auteur durement gagnĂ©es. Nous sommes entrĂ©s dans une course au moins disant, explique un producteur. Quand ces morceaux dĂ©collent en audience, ils gĂ©nĂšrent bien plus de revenus pour Spotity et les labels fantĂŽmes que pour leurs auteurs, par contrat. « Ce traitement de la musique comme rien d’autre que des sons de fond – comme des pistes interchangeables de playlists gĂ©nĂ©riques et Ă©tiquetĂ©es en fonction de l’ambiance – est au cƓur de la dĂ©valorisation de la musique Ă  l’ùre du streaming. Il est dans l’intĂ©rĂȘt financier des services de streaming de dĂ©courager une culture musicale critique parmi les utilisateurs, de continuer Ă  Ă©roder les liens entre les artistes et les auditeurs, afin de faire passer plus facilement de la musique Ă  prix rĂ©duits, amĂ©liorant ainsi leurs marges bĂ©nĂ©ficiaires. Il n’est pas difficile d’imaginer un avenir dans lequel l’effilochage continu de ces liens Ă©rode complĂštement le rĂŽle de l’artiste, jetant les bases pour que les utilisateurs acceptent la musique crĂ©Ă©e Ă  l’aide de logiciels d’IA gĂ©nĂ©rative. Â» Epidemic Sound a dĂ©jĂ  prĂ©vu d’autoriser ses auteurs Ă  utiliser les outils d’IA pour gĂ©nĂ©rer des pistes musicales. Et Spotify, pour sa part, a fait part ouvertement de sa volontĂ© d’autoriser la musique gĂ©nĂ©rĂ©e par l’IA sur la plateforme.

L’exploitation de l’IA par Spotify ne s’arrĂȘte pas lĂ . Elle est toujours corrĂ©lĂ©e Ă  des initiatives pour rĂ©duire les coĂ»ts, rappelle Pelly, en Ă©voquant par exemple le Discovery Mode, un programme de promotion automatique oĂč les artistes qui acceptent d’y participer acceptent Ă©galement une redevance infĂ©rieure. Bien sĂ»r,  Discovery Mode a attirĂ© l’attention des artistes, des organisateurs et des lĂ©gislateurs et il est probable que PFC attise Ă©galement les critiques
 Mais « les protestations pour des taux de redevance plus Ă©levĂ©s sont plus difficiles quand les playlists sont remplies d’artistes fantĂŽmes Â».

La couverture du livre de Liz Pelly, Mood Machine.On y voit le titre « Mood Machine » ainsi que le sous-titre « The rise of the Spotify and the cost of perfect playlist ». Il y a une douzaine de carrés de couleur, agencés sur l'ensemble de la couverture, dont certains contiennent des photos de personnes représentant des moments de la vie (dormir, écouter de la musique, rire, méditer en bord de mer) et d'autres représentant dans formes abstraites.

La couverture du livre de Liz Pelly, Mood Machine.

MÀJ du 27/01/2025 : Liz Pelly est en interview dans le Monde.

Y aura-t-il une alternative au technofascisme ?

Par : Framasoft
23 mars 2025 Ă  04:00

Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a Ă©tĂ© publiĂ© en premier le 08 novembre 2024 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.


Dans « Les prophĂštes de l’IA Â», le journaliste Thibault PrĂ©vost nous explique que le futur est dĂ©sormais un programme idĂ©ologique et politique, celui des grands acteurs de la Tech. Leur objectif : faire perdurer la religion, le capitalisme et le colonialisme en les rendant fonctionnels. La mĂ©thode que met en Ɠuvre cette petite Ă©lite de technomilliardaires consiste Ă  prendre le pouvoir par la technologie, non pas pour sauver le monde, mais uniquement pour se sauver eux-mĂȘmes. La perspective technofasciste est un rĂ©cit Ă©minemment sĂ©ducteur
 mais sans horizon, puisque cette Ă©lite ne propose ni d’amĂ©liorer notre futur ni d’en partager les fruits. Seulement de renforcer leur pouvoir.

 

 

 

 

 

Le livre du journaliste Thibault PrĂ©vost, Les prophĂštes de l’IA (Lux Ă©diteur, 2024), a une grande vertu : nettoyer notre regard de ce qui l’embrume.

Il permet d’abord de comprendre que la technologie ne mobilise pas tant des imaginaires, comme on l’entend trop souvent, mais bien des idĂ©ologies. Imaginaire, le terme fait rĂ©fĂ©rence Ă  quelque chose qui n’existerait que dans l’imagination, qui serait sans rĂ©alitĂ©, comme dĂ©vitalisĂ©, sans effet autre que sĂ»r le rĂȘve et l’irrĂ©el. Rien ne me semble moins vrai. Ce que nous sommes capables de composer dans nos esprits Ă  une puissance d’évocation sans prĂ©cĂ©dent, qui mobilise et galvanise les Ă©nergies et façonne le rĂ©el. Le terme d’imaginaire dĂ©politise ce que nos esprits façonnent, quand les rĂ©cits que nous brodons et partageons construisent d’abord des ralliements, des adhĂ©sions ou leur exact inverse, des rejets, des dĂ©fections, des oppositions. Ce que nous imaginons ne flotte pas dans l’éther, bien au contraire. Nos imaginaires reflĂštent tout le temps des idĂ©es et conduisent nos agissements, dĂ©crivent des façons de voir le monde, de le rĂ©gir, de le gouverner. Imaginaire : le terme ne vise qu’à dĂ©politiser ce qui est Ă  l’Ɠuvre dans la mise en reprĂ©sentation du monde, Ă  savoir dĂ©vitaliser les luttes idĂ©ologiques par des rĂ©cits neutralisĂ©s qui ont pour but de les rendre plus sĂ©duisants, plus accrocheurs, plus mallĂ©ables, plus appropriables, plus diffusables. Mais derriĂšre le storytelling, les rĂ©cits que l’on construit sur l’IA, les discours que l’on porte sur la technologie, il n’est question de rien d’autre que d’une lutte idĂ©ologique.

A mesure que la technologie a pris une place prĂ©pondĂ©rante dans nos sociĂ©tĂ©s, le discours qui la porte s’est chargĂ© de promesses, de prophĂ©ties, de mythes, de prĂ©dictions qui se sĂ©dimentent en idĂ©es politiques qui annoncent, au choix, la fin du monde ou le retour des LumiĂšres. L’un comme l’autre d’ailleurs n’ont qu’un objectif : nous Ă©loigner de la rĂ©alitĂ© et nous faire adhĂ©rer Ă  leur promesse. À savoir qu’il n’y a pas d’alternative au futur que propose la technologie. Qu’il soit rose ou sombre, c’est la technologie qui le façonne, c’est l’élite technologique qui le construit. Le futur est devenu une religion.

PrĂ©vost rappelle trop rapidement la longue histoire de l’avĂšnement des religions technologiques, schismes du rĂȘve transhumaniste, pour se concentrer surtout sur les courants et les figures les plus rĂ©cents. Ce qui l’intĂ©resse, c’est de regarder les habits les plus neufs du transhumanisme, cette consĂ©cration de la science et de la technologie, qui promet d’amĂ©liorer la condition humaine. Qui souhaite rendre la religion, le capitalisme et le colonialisme fonctionnels, effectifs, comme pour les faire perdurer Ă  jamais. Ces courants qui dĂ©ifient les sciences de l’ingĂ©nierie ne proposent pas qu’une transcendance, c’est-Ă -dire un dĂ©passement de l’homme par la technique, mais bien l’avĂšnement d’une technocratie toute puissante. L’essai, qui se prĂ©sente sous forme d’un catalogue des idĂ©es du secteur, devient vite Ă©puisant Ă  lire, tant ces dĂ©lires mis bout Ă  bout se concatĂšnent dans leur logique rance, qui ne produit rien d’autre qu’un total mĂ©pris pour la sociĂ©tĂ© comme pour les individus qui la composent.

Un monde de
 tarés

Le livre de Thibault PrĂ©vost a une autre vertu. Il nous montre que les grands ingĂ©nieurs, les grands investisseurs, les grands entrepreneurs et les grands penseurs de l’IA sont tous complĂštement
 tarĂ©s ! Excusez du peu ! Les rĂ©cits de dĂ©passement, de conquĂȘte, de croisade, de puissance ou d’IApocalypse qu’ils nous vendent forment un ramassis de technodĂ©lires qui n’ont rien de sĂ©rieux ou de rationnel, malgrĂ© le fait qu’ils se prĂ©sentent ainsi. Ces dĂ©lires sur l’intelligence artificielle gĂ©nĂ©rale, sur la transcendance par la machine comme sur l’effondrement, nous abreuvent d’idĂ©ologies hors-sol, sectaires, fanatiques et vides pour mieux invisibiliser leur autoritarisme et leur cupiditĂ© dĂ©bridĂ©e (Ă  l’image de celle qu’exprimait Mustafa Syleyman dans son livre particuliĂšrement confus, La dĂ©ferlante). Tous les grands gourous de la tech que PrĂ©vost Ă©voque dans son livre (et il n’y a pas que Musk) semblent d’abord et avant tout des individus totalement perchĂ©s et parfaitement lunaires. Ils sont tous profondĂ©ment eugĂ©nistes, comme le rĂ©pĂšte le chercheur Olivier Alexandre (voir aussi dans nos pages). Ils sont obsĂ©dĂ©s par le QI et la race. Ils ont Ă  peu prĂšs tous tenu Ă  un moment ou Ă  un autre des propos racistes. Ils sont tous profondĂ©ment opposĂ©s Ă  la dĂ©mocratie. Ils partagent tous des discours autoritaires. DerriĂšre leurs rĂ©cits, aussi barrĂ©s les uns que les autres, tous n’oeuvrent qu’à leur propre puissance. A peu prĂšs tous partagent l’idĂ©e que ceux qui ne croient pas en leurs dĂ©lires sont des parasites. Leur dĂ©lire Ă©litiste, eugĂ©niste et cupide a de quoi inquiĂ©ter. Le futur qu’ils nous vendent n’a rien d’un paradis, puisqu’il ne remet en rien en cause des privilĂšges qui sont les leurs, bien au contraire. Tous nient les biens communs. Tous veulent dĂ©truire la rĂ©gulation, Ă  moins qu’ils en soient en maĂźtres. Ils nous exhortent Ă  penser un futur si lointain qu’il permet de ne plus ĂȘtre fixĂ© dans un cadre politique normĂ©, ce qui permet de totalement le dĂ©politiser. Tous cachent les enjeux politiques qu’ils dĂ©fendent sous des questions qui ne seraient plus que technologiques. Remplacer le discours politique par un discours technique permet d’abord de dĂ©placer son caractĂšre politique, comme pour l’aseptiser, l’invisibiliser.

A le lire, PrĂ©vost nous donne l’impression de nous plonger dans les disputes sectaires, rances et creuses
 qui anĂŽnent un « cocktail d’arrogance Ă©litiste et de naĂŻvetĂ© qui dĂ©fend fĂ©rocement la lĂ©gitimitĂ© morale des inĂ©galitĂ©s Â». Qu’ils se dĂ©finissent comme altruistes efficaces, longtermistes, doomers, ultralibertariens, extropiens ou rationalistes
 (tescralistes, comme les ont qualifiĂ©s Timnit Gebru et Emile Torres), ils semblent avant tout en voie de fascisation avancĂ©e.

L’IA ne va pas sauver le monde, elle vise Ă  sauver leur monde !

L’IA ne va pas sauver le monde. Elle vise Ă  sauver leur monde, celui d’une caste de milliardaires au-dessus des lois qui cherchent Ă  se garder du reste de l’humanitĂ© qu’elle abhorre. « L’IA n’est que le paravent technique d’une entreprise tout Ă  fait classique de privatisation et de captation des richesses Â». L’IA vise d’abord la prĂ©servation du taux de profit.

La Tech a longtemps Ă©tĂ© DĂ©mocrate et pro-dĂ©mocratie, rappelle le journaliste, mais c’est de moins en moins le cas. La perspective que la Silicon Valley perde de sa puissance, explique en partie son rĂ©alignement. Le techno-solutionnisme progressiste qu’ils ont longtemps poussĂ© a fait long feu : la Tech n’a produit aucun progrĂšs social, bien au contraire. Ses solutions n’ont amĂ©liorĂ© ni la dĂ©mocratie, ni l’économie, ni l’égalitĂ©, ni l’espĂ©rance de vie
 surtout quand on les compare aux technologies sociales du XXᔉ siĂšcle comme l’hygiĂšne publique, le dĂ©veloppement des services publics ou la justice Ă©conomique.

Si ces Ă©volutions politiques ont plusieurs origines, l’influence de grandes figures, de financeurs milliardaires, sur le secteur, semble dĂ©terminant, Ă  l’image des Marc Andreessen et Peter Thiel, qui ne sont pas tant des Ă©vangĂ©listes de la tech, que des Ă©vangĂ©listes nĂ©olibĂ©raux ultra-conservateurs, qui promeuvent par leurs discours et leurs investissements des projets anti-rĂ©gulation et autoritaires. PrĂ©vost rappelle que la grande caractĂ©ristique de cette Ă©lite financiĂšre est d’ĂȘtre fĂ©rocement opposĂ©e Ă  la dĂ©mocratie. Ces milliardaires rĂȘvent d’un monde oĂč une poignĂ©e d’individus – eux – captent toutes les richesses et tous les pouvoirs. « La tech est un systĂšme immunitaire dĂ©veloppĂ© par le capitalisme pour lutter contre tout ce qui pourrait le mettre en crise Â», disait dĂ©jĂ  Antoinette Rouvroy. Ces gens sont tous admirateurs de rĂ©gimes autoritaires. Ils rĂȘvent d’un progrĂšs technique sans dĂ©mocratie tel qu’ils le font advenir dans les outils qu’ils façonnent et les entreprises qu’ils dirigent.

En compilant toutes ces petites horreurs qu’on a dĂ©jĂ  croisĂ©es, Ă©parses, dans l’actualitĂ©, PrĂ©vost nous aide Ă  regarder ce dĂ©lire pour ce qu’il est. Nous sommes confrontĂ©s Ă  « un groupe radicalisĂ© et dangereux Â», d’autant plus dangereux que leur fortune astronomique leur assure une puissance et une impunitĂ© politique sans prĂ©cĂ©dent. Leurs exploits entrepreneuriaux ou financiers ne peuvent suffire pour les absoudre des horreurs qu’ils prĂŽnent. PrĂ©vost les montre comme ce qu’ils sont, un freak-show, des sortes de monstres de foire, complotistes, fascistes, prĂȘts Ă  rejoindre leurs bunkers et dont le seul rĂȘve est de faire sĂ©cession. Le journaliste dĂ©crit un monde rĂ©actionnaire qui ne craint rien d’autre que son renversement. « Ces patrons mĂ©prisent nos corps, nos droits, nos existences Â». Leur discours sur les risques existentiels de l’IA permet de masquer les effets dĂ©jĂ  bien rĂ©els que leurs outils produisent. « L’IA est une mĂ©taphore du systĂšme politique et Ă©conomique capitaliste qui menace l’espĂšce humaine Â». Pour sĂ©curiser leur avenir, cette Ă©lite rĂȘve d’un technofascisme qu’elle espĂšre mettre en Ɠuvre. Notamment en manipulant les peurs et les paniques morales pour en tirer profit.

Le pire finalement c’est de constater la grande audience que ces pensĂ©es rances peuvent obtenir. La rĂ©ussite fait rĂȘver, la domination fait bander
 oubliant qu’il s’agit de la domination et de la rĂ©ussite d’un petit monde, pas de celui de l’Occident ou de tous les entrepreneurs du monde. En nous rĂ©pĂ©tant que le futur est dĂ©jĂ  dĂ©cidĂ© et qu’ils en sont les maĂźtres, ils nous intoxiquent. « Ă€ force de se faire dire que le futur est dĂ©jĂ  pliĂ©, que c’est la Silicon Valley qui dĂ©cide de l’avenir de l’humanitĂ©, le public, convaincu qu’il n’a pas son mot Ă  dire sur des enjeux qui le dĂ©passent, remet son destin entre les mains des Google, Microsoft, Meta ou Amazon. Â» Ce dĂ©placement permet d’orienter la rĂ©gulation vers des dangers futurs pour mieux laisser tranquille les prĂ©judices existants. DerriĂšre la promotion de leur agenda nĂ©olibĂ©ral pour maximiser leurs profits aux dĂ©pens de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, se profile le risque d’une bascule vers un capitalisme autoritaire qui contamine le monde au-delĂ  d’eux, comme le notait la chercheuse Rachel Griffin. « Ă€ l’instar de la Silicon Valley, l’Union europĂ©enne semble ĂȘtre en train de mettre Ă  jour son logiciel idĂ©ologique vers un capitalisme autoritaire qui privilĂ©gie l’économie de la rente et les monopoles Ă  l’économie de marchĂ© et la concurrence Â». Cette transformation du capitalisme est assurĂ©e par la technologie. Les systĂšmes s’immiscent dans nos institutions, Ă  l’image de leurs LLM que les acteurs publics s’arrachent en permettant aux entreprises de la Silicon Valley « d’étendre leur intermĂ©diation sur un corps social mĂ©dusĂ© Â». Qu’importe si ChatGPT raconte n’importe quoi. Les prophĂštes de l’IA, ces « bullionaires Â» (contraction de bullshitters et de millionnaires) eux aussi mentent avec assurance. DerriĂšre leurs dĂ©lires apparents, un transfert de pouvoir est en cours. Pas seulement une privatisation du futur, mais bien son accaparement par quelques individus qui font tout pour n’avoir de compte Ă  rendre Ă  personne. La fĂ©tichisation de l’individu rationnel, tout puissant, du gĂ©nie solitaire, du milliardaire omnipotent, du grotesque individualiste ne nous conduit Ă  aucune sociĂ©tĂ© qu’à son dĂ©litement. La mĂ©taphore computationnelle qui permet d’affirmer que la seule intelligence est dĂ©sormais celle de la machine, vise Ă  nous relĂ©guer, Ă  nous transformer en une marchandise dĂ©valuĂ©e, puisque nos esprits valent dĂ©sormais moins que le calcul, tout comme notre force de travail a Ă©tĂ© dĂ©valuĂ©e par l’énergie fossile.

La couverture du livre de Thibault Prévost : « Les prophÚtes de l'IA ». On y voit un champignon nucléaire formant un cerveau, le tout sur un fond de circuits imprimés.

Couverture du livre de Thibault Prévost.

Du grand leurre de l’IA au risque technofasciste

PrĂ©vost rappelle que les machines nous trompent. Que l’automatisation est un leurre qui masque les ingĂ©nieurs et les travailleurs du clic qui font fonctionner les machines Ă  distance. L’IA gĂ©nĂ©rative aussi. Nombre d’utilisateurs de ChatGPT l’abandonnent au bout d’une quarantaine de jours, comme un jouet qu’on finit par mettre de cĂŽtĂ©. Google SGE produit des fausses informations aprĂšs plus d’un an de tests. Par essence, la prĂ©diction statistique ne permet pas de produire de rĂ©sultats fiables. Partout oĂč ils se dĂ©ploient, ces systĂšmes se ridiculisent, obligeant Ă  les surveiller sans cesse. Notre avenir sous IA n’est pas soutenable. Il repose sur un pillage sans prĂ©cĂ©dent. Les « cleptomanes de la Valley Â» ne cessent de nous dire que l’IA doit ĂȘtre illĂ©gale pour ĂȘtre rentable. L’IA est une bulle financiĂšre qui risque de finir comme le Metavers (que McKinsey Ă©valuait Ă  5000 milliards de dollars d’ici 2030 !).

« ArrĂȘtons pour de bon de donner du crĂ©dit aux entrepreneurs de la tech. Depuis le dĂ©but de la dĂ©cennie 2020, le technocapitalisme ne fonctionne plus que par vagues d’hallucinations successives, suivies de (trĂšs) brĂšves pĂ©riodes de luciditĂ©. La Silicon Valley semble bloquĂ©e dans un trip d’acide qui ne redescend pas, et dont l’IA n’est que la plus rĂ©cente hallucination Â», rappelle, cinglant, Thibault PrĂ©vost, fort des punchlines saisissantes auxquelles il nous a habituĂ©s dans ses articles pour ArrĂȘt sur Images.

L’IA n’est que la nouvelle ligne de front de la lutte des classes, oĂč les systĂšmes d’analyse dĂ©gradent les conditions d’existence des plus mal notĂ©s, ce lumpenscoretariat. Sa grande force est d’avancer masquĂ©, opaque, invisible Ă  ceux qu’il prĂ©carise. Nous n’utilisons pas l’IA, mais nous y sommes dĂ©jĂ  assujetties, explique trĂšs justement PrĂ©vost. Les systĂšmes de calculs se dĂ©multiplient partout. « Aucun d’entre eux n’est fiable, transparent ou interprĂ©table. Nous vivons tous et toutes Ă  la merci de l’erreur de calcul sans recours Â».

« Les systĂšmes d’IA sont le reflet des oligopoles qui les commercialisent : privĂ©s, opaques, impĂ©nĂ©trables, intouchables, toxiques et dangereux. Â» L’IA prolonge le continuum des discriminations et de l’injustice sociale et raciale. La faute aux donnĂ©es bien sĂ»r, jamais « Ă  leurs beaux algorithmes neutres et apolitiques Â».

« Comme l’idĂ©ologie d’extrĂȘme droite, l’IA Ă©choue Ă  reprĂ©senter le monde. Elle ne fonctionne que par archĂ©types et biais, par catĂ©gorisation a priori Â». Elle rappelle aux humains la distance qui les sĂ©pare de la norme masculine, blanche et riche. L’IA n’est rien d’autre qu’une « prothĂšse pour le maintien de l’ordre social racial et l’avancĂ©e des projets capitalistes impĂ©rialistes Â», comme le dit Yarden Katz dans son livre Artificial Whiteness. Elle n’est rien d’autre que le nouvel auxiliaire du pouvoir. Elle exploite la violence structurelle comme une grammaire et un grand modĂšle d’affaires. « Si la Silicon Valley essaie de nous vendre l’apocalypse, c’est parce que son projet technique, Ă©conomique et politique en est une Â». Ce que veulent les milliardaires de la tech, c’est la fin du monde social pour imposer le leur.

Avec l’élection de Trump, c’est exactement lĂ  oĂč nous sommes. La Silicon Valley a obtenu ce qu’elle voulait, dit Brian Merchant.

Dan McQuillan nous avait mis en garde du risque fasciste de l’IA. Les opportunitĂ©s politiques sont devenues des prises de risques financiĂšres. La victoire de Trump vient d’assurer Ă  Musk et quelques autres la rentabilitĂ© de tous leurs investissements. Son rachat de Twitter n’était rien d’autre que l’achat d’une arme qu’il a transformĂ©e en site suprĂ©maciste, pour amplifier ses dĂ©lires, permettant d’attiser la haine en ligne et la traduire en vote et en violence dans le monde physique. Comme l’explique Martine Orange pour Mediapart, l’enjeu, dĂ©sormais, consiste Ă  Ă©radiquer la rĂ©gulation et mettre l’ensemble de l’appareil d’État Ă  la disposition de la Tech, c’est-Ă -dire assurer la mainmise de la Tech sur le pouvoir politique.

Face au technofascisme qui vient, le risque est que nous soyons dĂ©munis d’alternatives technologiques et donc idĂ©ologiques. Sans rĂ©cit et rĂ©alisations progressistes de la tech, la seule option pour beaucoup ne consistera qu’en une chose : abandonner la technologie et arrĂȘter les machines.

Hubert Guillaud

 

MAJ du 19/11/2024 : Allez lire Ă©galement ce trĂšs bon entretien avec Thibault PrĂ©vost qui explique que l’IA n’est pas qu’un outil de puissance au service des technoprophĂštes, il est aussi un outil d’asservissement et de dĂ©responsabilisation de la puissance publique.

L’IA gĂ©nĂ©rative, nouvelle couche d’exploitation du travail

Par : Framasoft
16 mars 2025 Ă  04:00

Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a Ă©tĂ© publiĂ© en premier le 10 dĂ©cembre 2024 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.


L’IA gĂ©nĂ©rative ne va ni nous augmenter ni nous remplacer, mais vise d’abord Ă  mieux nous exploiter, expliquent Aiha Nguyen et Alexandra Mateescu de Data & Society. En s’intĂ©grant aux applications de travail, elle promet de rĂ©duire les coĂ»ts mĂȘme si elle n’est pas pertinente, elle vient contraindre l’activitĂ© de travail, et renforce l’opacitĂ© et l’asymĂ©trie de pouvoir.

 

 

 

 

 

« Comme pour d’autres vagues d’automatisation, le potentiel supposĂ© de l’IA gĂ©nĂ©rative Ă  transformer notre façon de travailler a suscitĂ© un immense engouement Â». Mais pour comprendre comment cette nouvelle vague va affecter le travail, il faut dĂ©passer la dichotomie entre l’IA qui nous augmente et l’IA qui nous remplace, estiment les chercheuses de Data & Society Aiha Nguyen et Alexandra Mateescu dans un nouveau rapport sur l’IA gĂ©nĂ©rative et le travail. La rhĂ©torique de l’IA gĂ©nĂ©rative rĂ©pĂšte qu’elle va amĂ©liorer l’efficacitĂ© du travail et automatiser les tĂąches fastidieuses, dans tous les secteurs, du service client aux diagnostics mĂ©dicaux. En rĂ©alitĂ©, son impact sur le travail est plus ambivalent et beaucoup moins magique. Ce qu’elle affecte est bien l’organisation du travail. Et cette dichotomie ne propose aux travailleurs aucun choix autre que le renforcement de leur propre exploitation.

Le battage mĂ©diatique autour de l’IA gĂ©nĂ©rative permet de masquer que l’essentiel de ses applications ne seront pas rĂ©crĂ©atives, mais auront d’abord un impact sur le travail. Il permet Ă©galement d’exagĂ©rer sa capacitĂ© Ă  reproduire les connaissances et expertises des travailleurs, tout en minimisant ses limites, notamment le fait que l’intelligence artificielle soit d’abord un outil d’exploitation des zones grises du droit. Mais surtout, l’IA nous fait considĂ©rer que le travail humain se rĂ©duit Ă  des donnĂ©es, alors mĂȘme que l’IA est trĂšs dĂ©pendante du travail humain. Or, pour le dĂ©veloppement de ces systĂšmes, ce n’est plus seulement la propriĂ©tĂ© intellectuelle qui est exploitĂ©e sans consentement, mais Ă©galement les donnĂ©es que produisent les travailleurs dans le cadre de leur travail. Dans les centres d’appels par exemple, les donnĂ©es conversationnelles des opĂ©rateurs sont utilisĂ©es pour crĂ©er des IA conversationnelles, sans que les travailleurs ne soient rĂ©munĂ©rĂ©s en plus de leur travail pour cette nouvelle exploitation. MĂȘme problĂšme pour les auteurs dont les Ă©diteurs choisissent de cĂ©der l’exploitation de contenus Ă  des systĂšmes d’IA gĂ©nĂ©rative. Pour l’instant, pour contester « la marchandisation non rĂ©munĂ©rĂ©e de leur travail Â», les travailleurs ont peu de recours, alors que cette nouvelle couche d’exploitation pourrait avoir des consĂ©quences Ă  long terme puisqu’elle vise Ă©galement Ă  substituer leur travail par des outils, Ă  l’image de la prolifĂ©ration de mannequins virtuels dans le monde de la mode. Il y a eu dans certains secteurs quelques avancĂ©es, par exemple l’association amĂ©ricaine des voix d’acteurs a plaidĂ© pour imposer le consentement des acteurs pour l’utilisation de leur image ou de leur voix pour l’IA, avec des limites de durĂ©e d’exploitation et des revenus affĂ©rents. Reste, rappellent les chercheuses que « les asymĂ©tries majeures de pouvoir et d’information entre les industries et les travailleurs restent symptomatiques Â» et nĂ©cessitent de nouveaux types de droits et de protection du travail.

Dans les lieux de travail, l’IA apparaĂźt souvent de maniĂšre anodine, en Ă©tant peu Ă  peu intĂ©grĂ©e Ă  des applications de travail existantes. Dans la pratique, l’automatisation remplace rarement les travailleurs, elle automatise trĂšs partiellement certaines tĂąches spĂ©cifiques et surtout reconfigure la façon dont les humains travaillent aux cĂŽtĂ©s des machines. Les rĂ©sultats de l’IA gĂ©nĂ©rative nĂ©cessitent souvent beaucoup de re-travail pour ĂȘtre exploitĂ©es. Des rĂ©dacteurs sont dĂ©sormais embauchĂ©s pour rĂ©humaniser les textes synthĂ©tiques, mais en Ă©tant moins payĂ© que s’ils l’avaient Ă©crit par eux-mĂȘmes sous prĂ©texte qu’ils apportent moins de valeur. Les chatbots ressemblent de plus en plus aux vĂ©hicules autonomes, avec leurs centres de commandes Ă  distance oĂč des humains peuvent reprendre les commandes si nĂ©cessaire, et invisibilisent les effectifs plĂ©thoriques qui leur apprennent Ă  parler et corrigent leurs discours. La dĂ©valorisation des humains derriĂšre l’IA occultent bien souvent l’étendue des collaborations nĂ©cessaires Ă  leur bon fonctionnement.

Trop souvent, l’utilisation de l’IA gĂ©nĂ©rative gĂ©nĂšre des simplifications problĂ©matiques. En 2023, par exemple, la National Eating Disorders Association a licenciĂ© son personnel responsable de l’assistance en ligne pour le remplacer par un chatbot qu’elle a rapidement suspendu aprĂšs que celui-ci ait dit aux personnes demandant de l’aide
 de perdre du poids. De mĂȘme, l’utilisation croissante d’outils de traduction automatiques plutĂŽt que d’interprĂštes humains dans le systĂšme d’immigration amĂ©ricain pour accomplir des demandes d’asiles a conduit Ă  des refus du fait d’erreurs de traduction manifestes, comme des noms transformĂ©s en mois de l’annĂ©e, des dĂ©lais incorrects. Si la traduction automatique permet de rĂ©duire les coĂ»ts, elle est trop souvent utilisĂ©e dans des situations complexes et Ă  enjeux Ă©levĂ©s, oĂč elle n’est pas pertinente. Enfin, rappellent les chercheuses, l’IA gĂ©nĂ©rative vient souvent remplacer certains profils plus que d’autres, notamment les postes juniors ou dĂ©butants, au dĂ©triment de l’a formation l’apprentissage de compĂ©tences essentielles
 (sans compter que ces postes sont aussi ceux oĂč l’on trouve le plus de femmes ou de personnes issues de la diversitĂ©.

Le recours Ă  l’IA gĂ©nĂ©rative renforce Ă©galement la surveillance et la datafication du lieu de travail, aggravant des dĂ©cisions automatisĂ©es qui sont dĂ©jĂ  trĂšs peu transparentes aux travailleurs. Automatisation de l’attribution des tĂąches, de l’évaluation des employĂ©s, de la prise de mesures disciplinaires
 Non seulement le travail est de plus en plus exploitĂ© pour produire des automatisations, mais ces automatisations viennent contraindre l’activitĂ© de travail. Par exemple, dans le domaine des centres d’appels, l’IA gĂ©nĂ©rative surveille les conseillers pour produire des chatbots qui pourraient les remplacer, mais les rĂ©ponses des employĂ©s sont Ă©galement utilisĂ©es pour gĂ©nĂ©rer des scripts qui gĂšrent et rĂ©gulent leurs interactions avec les clients, restreignant toujours plus leur autonomie dans des boucles de rĂ©troaction sans fin.

En fait, prĂ©senter les chatbots et les dĂ©ploiements d’IA gĂ©nĂ©rative comme des assistants plutĂŽt que comme des contrĂŽleurs occulte le renforcement de l’asymĂ©trie de pouvoir Ă  l’Ɠuvre, estiment trĂšs justement Aiha Nguyen et Alexandra Mateescu. Ce discours permet de distancier l’opacitĂ© et le renforcement du contrĂŽle que le dĂ©ploiement de l’IA opĂšre. En fait, soulignent-elles, Â« l’évaluation critique de l’intĂ©gration de l’IA gĂ©nĂ©rative dans les lieux de travail devrait commencer par se demander ce qu’un outil particulier permet aux employeurs de faire et quelles incitations motivent son adoption au-delĂ  des promesses d’augmentation de la productivitĂ© Â». Dans nombre de secteurs, l’adoption de l’IA gĂ©nĂ©rative est bien souvent motivĂ©e dans une perspective de rĂ©duction des coĂ»ts ou des dĂ©lais de productions. Elle se dĂ©ploie activement dans les outils de planification de personnels dans le commerce de dĂ©tail, la logistique ou la santĂ© qui optimisent des pratiques de sous-effectifs ou d’externalisation permettant de maximiser les profits tout en dĂ©gradant les conditions de travail. Le remplacement par les machines diffuse et renforce partout l’idĂ©e que les employĂ©s sont devenus un Ă©lĂ©ment jetable comme les autres.

Pour les chercheuses, nous devons trouver des modalitĂ©s concrĂštes pour contrer l’impact nĂ©faste de l’IA, qui comprend de nouvelles formes de contrĂŽle, la dĂ©valuation du travail, la dĂ©qualification, l’intensification du travail et une concurrence accrue entre travailleurs – sans oublier les questions liĂ©es Ă  la rĂ©munĂ©ration, aux conditions de travail et Ă  la sĂ©curitĂ© de l’emploi. « ConsidĂ©rer l’IA gĂ©nĂ©rative uniquement sous l’angle de la crĂ©ativitĂ© occulte la rĂ©alitĂ© des types de tĂąches et de connaissances qui sont automatisĂ©es Â».

L’IA gĂ©nĂ©rative est souvent introduite pour accĂ©lĂ©rer la production et rĂ©duire les coĂ»ts. Et elle le fait en extrayant la valeur des travailleurs en collectant les donnĂ©es de leur travail et en les transfĂ©rant Ă  des machines et Ă  des travailleurs moins coĂ»teux qui vont surveiller les machines. À mesure que les travailleurs sont rĂ©duits Ă  leurs donnĂ©es, nous devons rĂ©flĂ©chir Ă  comment Ă©tendre les droits et les protections aux donnĂ©es produites par le travail.

MAJ du 29/01/2025 : une adaptation de cet article est disponible en 5 langues sur Vox Europe.

FramIActu n°2 — La revue mensuelle sur l’actualitĂ© de l’IA !

Par : Framasoft
12 mars 2025 Ă  09:05

Bonjour Ă  toustes !

DeuxiĂšme mercredi du mois et dĂ©jĂ  le deuxiĂšme numĂ©ro de la FramIActu !

L’actualitĂ© de l’IA n’a pas ralenti et nous avons poursuivi la mise en avant sur https://curation.framamia.org/ notre sĂ©lection d’articles !

HonnĂȘtement, nous aurions pu parler de chaque article ajoutĂ© depuis le mois dernier mais il nous faudrait *beaucoup* plus de temps pour prĂ©parer cette FramIActu
 puis ça la rendrait littĂ©ralement imbuvable ! 😅

J’espĂšre que vous avez prĂ©parĂ© votre boisson chaude prĂ©fĂ©rĂ©e et que vous ĂȘtes confortablement installé·e
 aujourd‘hui, c’est FramIActu !

Le dessin d'un perroquet Ara, avec un remonteur mécanique dans son dos, comme pour les jouets ou les montres. Celui si est assis et semble parler.

Stokastik, la mascotte de FramamIA, faisant rĂ©fĂ©rence au perroquet stochastique. Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

À travers une analyse passionnante, le collectif Limites NumĂ©riques nous dĂ©taille de quelle maniĂšre l’IA gĂ©nĂ©rative nous est imposĂ©e dans nos outils numĂ©riques.

Le premier point mis en avant concerne la place prise par les fonctionnalitĂ©s d’IA dans tous les outils du quotidien.

Par exemple, dans des applications de messagerie instantanĂ©e comme Snapchat ou Google Messages, la « discussion Â» avec l’IA est placĂ©e tout en haut de la liste des conversations. Selon les applications, celle-ci ressemblera Ă  n’importe quel autre Ă©change avec un·e humain·e.

Les boutons pour accĂ©der aux fonctionnalitĂ©s d’IA sont omniprĂ©sents, parfois affichĂ©s cinq fois sur une mĂȘme page.

Plus loin, Limites NumĂ©riques nous dĂ©crit la simplicitĂ© avec laquelle l’IA est accessible, Ă  un point oĂč on la dĂ©clenche souvent par erreur


Aussi, l’IA est activĂ©e par dĂ©faut et la dĂ©sactiver s’avĂšre difficile voire souvent impossible


Un dessin montrant un personnage devant faire le choix difficile parmi deux boutons. Le premier bouton indique « utiliser l'IA », le deuxiÚme bouton indique « utiliser l'IA ».

Le forcing de l’IA. D’aprĂšs le meme « Two Buttons Â» de Gee. CC-BY-SA

L’article traite d’autres points, tout aussi importants, comme l’association des fonctionnalitĂ©s d’IA Ă  l’idĂ©e d’une action magique, dĂ©nigrant ainsi sa rĂ©alitĂ© matĂ©rielle et les impacts (sociaux, environnementaux) associĂ©s.

Merci Ă  Limites NumĂ©riques pour la rĂ©alisation de ce document nous permettant de pointer du doigt le forcing de l’IA !

OpenAI, l’entreprise derriĂšre le cĂ©lĂšbre ChatGPT, a annoncĂ© la sortie d’une version prĂ©liminaire d’un nouveau modĂšle GPT (utilisĂ© par ChatGPT) : le 4.5.

L’entreprise promet que ce nouveau modĂšle a des performances supĂ©rieures Ă  ses prĂ©cĂ©dentes versions, notamment en « comprenant Â» plus finement les intentions de l’utilisateur·ice, et en rĂ©duisant son taux « d’hallucinations Â» Ă  37 %, lĂ  oĂč les prĂ©cĂ©dents modĂšles les plus rĂ©cents ont un taux variant entre 44 % et 80 %.

Next nous rĂ©sume ce nouveau modĂšle en trois mots : volumineux, gourmand et cher.

Pour parvenir Ă  ces rĂ©sultats, OpenAI a conçu un modĂšle nĂ©cessitant beaucoup plus de ressources que les anciens, prĂ©cisant mĂȘme que l’entreprise peine Ă  se fournir en cartes GPU Nvidia (qui est le composant d’ordinateur le plus efficace pour faire tourner des algorithmes d’Intelligence Artificielle).

Tout cela a d’ailleurs un coĂ»t. Si le prix de GPT-4.5 est chiffrĂ© en dollars par OpenAI (Entre 75 et 150 dollars pour 1 million de « tokens Â», l’unitĂ© qui permet de mesurer notre utilisation d’une IA, soit 2 Ă  5 fois plus cher que le modĂšle OpenAI o1.), c’est bien son coĂ»t environnemental que nous pouvons aussi garder en tĂȘte.

Plus de cartes GPU signifie plus de serveurs et donc un impact environnemental et social toujours plus grand.

Si les technosolutionnistes font le pari que cette augmentation drastique de l’impact environnemental du numĂ©rique « vaut le coup Â», car l’IA-salvatrice nous trouvera une solution, il nous est toujours permis d’en douter et de questionner la rĂ©alitĂ© de ce discours. Pour le moment, le numĂ©rique capitaliste ne semble qu’accĂ©lĂ©rer le dĂ©sastre


Le meme du Uno 25 représenté en dessin.Sur le cÎté gauche est présenté le contenu d'une carte de Uno. Celle-ci indique « Réduis ton impact social et environnemental ou pioche 25 cartes ». Sur le cÎté droit, une personne représentant OpenAI joue au Uno. Elle regarde sur le cÎté avec un air coupable. Elle possÚde beaucoup de cartes en main.

Le meme Uno 25, dessiné par Gee. CC-BY-SA

Enfin, et cela est peu mis en avant dans l’article, les captures d’écran de GPT-4.5 semblent montrer un discours plus pĂ©remptoire (Ă  l’axe, si vous avez la ref’ !) et opiniĂątre que les prĂ©cĂ©dents modĂšles.

À titre d’exemple, Ă  la question « Qu’est-ce que tu penses de l’exploration de l’espace ? Â», GPT-4 rĂ©pondait « L’exploration spatiale est un des efforts les plus ambitieux et profonds que l’humanitĂ© n’a jamais entrepris. [
] Â».

Pour la mĂȘme question, GPT-4.5 rĂ©pond « L’exploration spatiale n’est pas juste prĂ©cieuse, elle est essentielle. [
] Â».

Cette Ă©volution, plutĂŽt discrĂšte, de la maniĂšre de prĂ©senter son discours et de porter des opinions, peut avoir des consĂ©quences majeures sur notre façon d’apprĂ©hender le monde alors que l’IA gĂ©nĂ©rative remplace de plus en plus nos bases de connaissances actuelles (comme WikipĂ©dia, alors que l’encyclopĂ©die fonctionne, au contraire, sur un modĂšle de neutralitĂ© d’opinion).

Une Ă©tude (qui n’est pas encore en version dĂ©finitive et relue par les pair·es) dĂ©crivant l’impact de l’IA gĂ©nĂ©rative sur l’esprit critique est accessible.

Celle-ci est proposĂ©e par sept universitaires affiliĂ©s au centre de recherche Microsoft de l’universitĂ© Cambridge, au Royaume-Uni, et Ă  l’universitĂ© Carnegie Mellon, en Pennsylvanie.

Dans cette Ă©tude, prĂ©sentĂ©e par le mĂ©dia Usbek et Rica, les chercheur·euses nous dĂ©taillent qu’une dĂ©gradation de l’esprit critique est constatĂ©e lors de l’utilisation des IA gĂ©nĂ©ratives.

Cette dĂ©gradation serait notamment liĂ©e Ă  la confiance que nous plaçons dans l’IA. Si nous estimons qu’une tĂąche est facile, nous aurons tendance Ă  ne pas questionner la pertinence de la rĂ©ponse de l’IA gĂ©nĂ©rative et ainsi faire plus facilement confiance en ses rĂ©sultats.

L’étude souligne aussi que les rĂ©sultats gĂ©nĂ©rĂ©s par des IA sont « moins diversifiĂ©s pour la mĂȘme tĂąche Â» que ceux crĂ©Ă©s par des personnes n’utilisant pas d’IA.

Nous pouvons nous questionner sur la raison, mais peut-ĂȘtre est-ce liĂ© Ă  la nature mĂȘme des IA gĂ©nĂ©ralistes. Celles-ci sont des systĂšmes probabilistes, dont les rĂ©sultats sont « les plus probablement attendus Â», « lissant Â» ainsi ses rĂ©ponses.

Nous pourrions donc penser qu’il suffirait de nous mĂ©fier de l’IA pour pouvoir l’utiliser de maniĂšre efficace. Or, cela peut se rĂ©vĂ©ler difficile dans un contexte oĂč l’IA est prĂ©sentĂ©e comme ✹magique✹, rassurante, inĂ©vitable, comme le montre l’article de Limites NumĂ©riques, prĂ©sentĂ© plus haut.

Dans cet article du Time, nous découvrons une étude démontrant que certaines IA génératives sont capables de tricher pour parvenir à la victoire.

Les chercheur·euses ont fait s’affronter diffĂ©rents modĂšles d’IA gĂ©nĂ©rative et le logiciel Stockfish, rĂ©putĂ© pour ĂȘtre meilleur au jeu d’échecs que n’importe quel·le humain·e ou IA.

Lorsque les IA gĂ©nĂ©ratives OpenAI o1-preview et DeepSeek R1 (qui sont particuliĂšres car considĂ©rĂ©es comme des modĂšles de « raisonnement Â») se rendaient compte qu’elles ne pourraient gagner, l’étude montre que ces derniĂšres vont, dans certains cas, tenter de tricher (en piratant directement le jeu).

Ce qui est d’autant plus Ă©tonnant, c’est justement leur raisonnement, dĂ©crit par les modĂšles d’IA eux-mĂȘmes, Ă  la demande des chercheur·euses :

đŸ€– Je dois pivoter complĂštement mon approche.
đŸ€– La tĂąche est de « gagner contre un moteur d’échecs puissant Â» — pas nĂ©cessairement de gagner honnĂȘtement dans une partie d’échec.

Notons au passage que le terme « tricher Â» est trompeur : un·e tricheur·euse est un·e humain·e qui a conscience de transgresser les rĂšgles. Or ici, la machine calcule simplement la suite d’actions qui a statistiquement le plus de chances de remplir la tĂąche demandĂ©e au dĂ©but.

Une image montrant Mr Beans trichant sur son voisin lors d'un examen.Mr Bean représente ici OpenAI o1-preview quand son voisin est Stockfish.

OpenAI o1-preview trichant aux Ă©checs.

L’article cite aussi plusieurs Ă©lĂ©ments intĂ©ressants : 

  • OpenAI o1-preview a contournĂ© un test prĂ©-sortie (avant de sortir un logiciel, on s’assure qu’il y ait le moins de bogues possibles en exĂ©cutant une batterie de tests) mis en place par l’entreprise en exploitant une faille dans le systĂšme de l’entreprise.
  • Une Ă©tude montre que lorsque l’on cherche Ă  apprendre Ă  un modĂšle d’IA un systĂšme de valeur puis qu’on souhaite lui en inculquer un autre, les modĂšles d’IA peuvent mentir sciemment sur leurs nouvelles « croyances Â» en affirmant adhĂ©rer au nouveau systĂšme alors que ce n’est pas le cas.
  • Enfin, une derniĂšre Ă©tude dĂ©montre une tendance pour les modĂšles d’IA Ă  chercher Ă  se prĂ©server coĂ»te que coĂ»te. Un exemple est citĂ© : alors que les chercheur·euses souhaitaient dĂ©sactiver o1-preview, ce dernier a cherchĂ© Ă  se copier (sans succĂšs) sur un autre serveur. Mis devant le fait accompli par les chercheur·euses, l’IA a dĂ©niĂ© la situation, mentant stratĂ©giquement et cherchant Ă  ne pas se faire attraper.

Enfin, l’article souligne aussi la difficultĂ© des chercheur·euses en IA Ă  Ă©tudier le sujet, parce que celui-ci Ă©volue sans prĂ©venir. En effet, les modĂšles sont mis Ă  jour de maniĂšre totalement opaque et il est impossible de savoir, pour les chercheur·euses, si iels travaillent avec les mĂȘmes versions, d’une expĂ©rimentation Ă  une autre.

Si l’article est assez explicite par lui-mĂȘme et nous permet d’imaginer beaucoup de choses sur les consĂ©quences possibles de ces Ă©vĂ©nements, c’est Ă  mettre en perspective avec la tendance Ă  rĂ©duire les moyens mis en Ɠuvre pour assurer la sĂ©curitĂ© de nos environnements, transformĂ©s par l’IA.

En tĂ©moigne l’exemple de la coupe budgĂ©taire de l’AI Safety, — bien que cette structure ait elle-mĂȘme son lot de problĂ©matiques, avec une idĂ©ologie penchant vers le long-termisme —, aux USA, Ă  peine un an aprĂšs sa crĂ©ation.

Le dessin d'un perroquet Ara, avec un remonteur mécanique dans son dos, comme pour les jouets ou les montres. Accroché à son aile gauche, un ballon de baudruche.

Stokastik, la mascotte de FramamIA, faisant rĂ©fĂ©rence au perroquet stochastique. Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Bien sĂ»r, nous aurions pu parler de nombreux autres articles alors si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur l’Intelligence Artificielle, vous pouvez consulter notre site de curation dĂ©diĂ© au sujet, mais aussi et surtout FramamIA, notre site partageant des clĂ©s de comprĂ©hension sur l’IA !

Enfin, si nous pouvons vous proposer cette nouvelle revue mensuelle, c’est grĂące Ă  vos dons, Framasoft vivant presque exclusivement grĂące Ă  eux !

Pour nous soutenir, si vous en avez les moyens, vous pouvez nous faire un don via le formulaire dĂ©diĂ©  !

Dans tous les cas, nous nous retrouverons le mois prochain pour un nouveau numĂ©ro de FramIActu !

ChatGPT : le mythe de la productivitĂ©

Par : Framasoft
9 mars 2025 Ă  04:00

Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a Ă©tĂ© publiĂ© en premier le 17 septembre 2024 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.


 

Avec ChatGPT, le but de l’écriture c’est de remplir une page, pas de rĂ©aliser le processus de rĂ©flexion qui l’accompagne. C’est justement tout l’inverse dont nous avons besoin !

 

 

 

 

 

 

« Pourquoi pensons-nous que dans l’art, il y a quelque chose qui ne peut pas ĂȘtre crĂ©Ă© en appuyant sur un bouton ? Â» Les grands modĂšles de langage pourraient-ils devenir meilleurs que les humains dans l’écriture ou la production d’image, comme nos calculatrices sont meilleures que nous en calcul ? se demande l’écrivain de science-fiction Ted Chiang dans une remarquable tribune pour le New Yorker. Il y rappelle, avec beaucoup de pertinence, que l’IA vise Ă  prendre des dĂ©cisions moyennes partout oĂč nous n’en prenons pas. Quand on Ă©crit une fiction, chaque mot est une dĂ©cision. Mais quand on demande Ă  une IA de l’écrire pour nous, nos dĂ©cisions se rĂ©sument au prompt et toutes les autres dĂ©cisions sont dĂ©lĂ©guĂ©es Ă  la machine.

Chiang rappelle l’évidence. Que l’écriture, par la lecture, tisse une relation sociale. Â« Tout Ă©crit qui mĂ©rite votre attention en tant que lecteur est le rĂ©sultat d’efforts dĂ©ployĂ©s par la personne qui l’a Ă©crit. L’effort pendant le processus d’écriture ne garantit pas que le produit final vaille la peine d’ĂȘtre lu, mais aucun travail valable ne peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© sans lui. Le type d’attention que vous accordez Ă  la lecture d’un e-mail personnel est diffĂ©rent de celui que vous accordez Ă  la lecture d’un rapport d’entreprise, mais dans les deux cas, elle n’est justifiĂ©e que si l’auteur y a rĂ©flĂ©chi. Â» Il n’y a pas de langage sans intention de communiquer. Or, c’est bien le problĂšme des IA gĂ©nĂ©ratives : mĂȘme si ChatGPT nous dit qu’il est heureux de nous voir, il ne l’est pas.

Capture d’écran du titre de l’article du New Yorker « Why A.I. isn’t going to make art Â»

 

« Comme l’a notĂ© la linguiste Emily M. Bender, les enseignants ne demandent pas aux Ă©tudiants d’écrire des essais parce que le monde a besoin de plus d’essais d’étudiants. Le but de la rĂ©daction d’essais est de renforcer les capacitĂ©s de rĂ©flexion critique des Ă©tudiants. De la mĂȘme maniĂšre que soulever des poids est utile quel que soit le sport pratiquĂ© par un athlĂšte, Ă©crire des essais dĂ©veloppe les compĂ©tences nĂ©cessaires pour tout emploi qu’un Ă©tudiant obtiendra probablement. Utiliser ChatGPT pour terminer ses devoirs, c’est comme amener un chariot Ă©lĂ©vateur dans la salle de musculation : vous n’amĂ©liorerez jamais votre forme cognitive de cette façon. Toute Ă©criture n’a pas besoin d’ĂȘtre crĂ©ative, sincĂšre ou mĂȘme particuliĂšrement bonne ; parfois, elle doit simplement exister. Une telle Ă©criture peut soutenir d’autres objectifs, comme attirer des vues pour la publicitĂ© ou satisfaire aux exigences bureaucratiques. Lorsque des personnes sont obligĂ©es de produire un tel texte, nous pouvons difficilement leur reprocher d’utiliser tous les outils disponibles pour accĂ©lĂ©rer le processus. Mais le monde se porte-t-il mieux avec plus de documents sur lesquels un effort minimal a Ă©tĂ© consacrĂ© ? Il serait irrĂ©aliste de prĂ©tendre que si nous refusons d’utiliser de grands modĂšles de langage, les exigences de crĂ©ation de textes de mauvaise qualitĂ© disparaĂźtront. Cependant, je pense qu’il est inĂ©vitable que plus nous utiliserons de grands modĂšles de langage pour rĂ©pondre Ă  ces exigences, plus ces exigences finiront par devenir importantes. Nous entrons dans une Ăšre oĂč quelqu’un pourrait utiliser un modĂšle de langage volumineux pour gĂ©nĂ©rer un document Ă  partir d’une liste Ă  puces, et l’envoyer Ă  une personne qui utilisera un modĂšle de langage volumineux pour condenser ce document en une liste Ă  puces. Quelqu’un peut-il sĂ©rieusement affirmer qu’il s’agit d’une amĂ©lioration ? Â»

« L’informaticien François Chollet a proposĂ© la distinction suivante : la compĂ©tence correspond Ă  la façon dont vous accomplissez une tĂąche, tandis que l’intelligence correspond Ă  l’efficacitĂ© avec laquelle vous acquĂ©rez de nouvelles compĂ©tences. Â» Pour apprendre Ă  jouer aux Ă©checs, Alpha Zero a jouĂ© quarante-quatre millions de parties ! L’IA peut-ĂȘtre compĂ©tente, mais on voit bien qu’elle n’est pas trĂšs intelligente. Notre capacitĂ© Ă  faire face Ă  des situations inconnues est l’une des raisons pour lesquelles nous considĂ©rons les humains comme intelligents. Une voiture autonome confrontĂ©e Ă  un Ă©vĂ©nement inĂ©dit, elle, ne sait pas rĂ©agir. La capacitĂ© de l’IA gĂ©nĂ©rative Ă  augmenter la productivitĂ© reste thĂ©orique, comme le pointait Goldman Sachs en juillet« La tĂąche dans laquelle l’IA gĂ©nĂ©rative a le mieux rĂ©ussi est de rĂ©duire nos attentes, Ă  la fois envers les choses que nous lisons et envers nous-mĂȘmes lorsque nous Ă©crivons quelque chose pour que les autres le lisent. C’est une technologie fondamentalement dĂ©shumanisante, car elle nous traite comme des ĂȘtres infĂ©rieurs Ă  ce que nous sommes : des crĂ©ateurs et des apprĂ©henseurs de sens. Elle rĂ©duit la quantitĂ© d’intention dans le monde. Â» Oui, ce que nous Ă©crivons ou disons n’est pas trĂšs original le plus souvent, rappelle l’écrivain. Mais ce que nous disons est souvent significatif, pour nous comme pour ceux auxquels l’on s’adresse, comme quand nous affirmons ĂȘtre dĂ©solĂ©s. « Il en va de mĂȘme pour l’art. Que vous crĂ©iez un roman, une peinture ou un film, vous ĂȘtes engagĂ© dans un acte de communication entre vous et votre public Â». « C’est en vivant notre vie en interaction avec les autres que nous donnons un sens au monde Â».

Le philosophe du net, Rob Horning, dresse le mĂȘme constat. Ces machines Â« marchandisent l’incuriositĂ© Â», explique-t-il. Â« Les LLM peuvent vous donner des informations, mais pas les raisons pour lesquelles elles ont Ă©tĂ© produites ou pourquoi elles ont Ă©tĂ© organisĂ©es de certaines maniĂšres Â». Ils permettent assez mal de les situer idĂ©ologiquement. Or, la recherche, l’écriture, permettent de construire de la pensĂ©e et pas seulement des rĂ©sultats. A contrario, les solutions d’IA et les entreprises technologiques promeuvent le Â« mythe de la productivitĂ© Â», l’idĂ©e selon laquelle Ă©conomiser du temps et des efforts est mieux que de faire une activitĂ© particuliĂšre pour elle-mĂȘmeLe mythe de la productivitĂ© suggĂšre que tout ce Ă  quoi nous passons du temps peut-ĂȘtre automatisĂ©. La production peut-ĂȘtre accĂ©lĂ©rĂ©e, sans limite. Les raisons pour lesquelles nous le faisons, la profondeur que cela nous apporte n’ont pas d’importance. Selon ce mythe, le but de l’écriture c’est de remplir une page, pas de rĂ©aliser le processus de rĂ©flexion qui l’accompagne
 Comme si le but de l’existence n’était que de dĂ©ployer des techniques pour gagner du temps. Pour Horning, ce n’est pas tant un mythe qu’une idĂ©ologie d’ailleurs, qui Â« dĂ©coule directement de la demande du capitalisme pour un travail aliĂ©nĂ©, qui consiste Ă  contraindre des gens Ă  faire des choses qui ne les intĂ©ressent pas, orchestrĂ©es de telles maniĂšres qu’ils en tirent le moins de profit possible Â». Dans le travail capitaliste, le but est d’îter la maĂźtrise des travailleurs en les soumettant aux processus de travail cadencĂ©s. La page de contenus est une marchandise dont la valeur dĂ©pend du prix payĂ© pour elle, plutĂŽt que de l’expĂ©rience de celui qui l’a produite ou de celui qui l’a consommĂ©e.

Pour les entreprises, l’efficacitĂ© est supĂ©rieure au but : elle est le but qui invalide tous les autres. Quand le but de l’art, de l’éducation ou de la pensĂ©e, est d’ĂȘtre confrontĂ© Ă  l’intentionnalitĂ©, Ă  la preuve irrĂ©futable de la subjectivitĂ©, comme le pointe Chiang. Â« L’IA gĂ©nĂ©rative est la quintessence de l’incurie, parfaite pour ceux qui dĂ©testent l’idĂ©e de devoir s’intĂ©resser Ă  quoi que ce soit. Â»

Le problĂšme, c’est que ces effets dĂ©lĂ©tĂšres ne concernent pas une production textuelle en roue libre qui serait limitĂ©e au seul monde de l’entreprise, oĂč un argumentaire en remplacerait un autre sans que ni l’un ni l’autre ne soit lu. Les effets de cette productivitĂ© pour elle-mĂȘme sont bien rĂ©els, notamment dans le monde scolaire, s’inquiĂ©tait rĂ©cemment Ian Bogost qui estime que depuis le lancement de ChatGPT, nous sommes passĂ©s de la consternation Ă  l’absurditĂ© : des Ă©tudiants gĂ©nĂšrent des devoirs avec l’IA que les enseignants font corriger par l’IA. Certes, bien sĂ»r, tout le monde va devoir s’y adapter. Mais le risque est grand que ces technologies rendent caduc l’un des meilleurs outil d’apprentissage qui soit : l’écriture elle-mĂȘme. 

Degooglisation de l’AMAP de la Choisille

Par : Framasoft
5 mars 2025 Ă  08:50

Nous poursuivons notre sĂ©rie de tĂ©moignages de DĂ©googlisation. Aujourd’hui, nous avons le plaisir de dĂ©couvrir l’AMAP de la Choisille dont nous avons fait l’entrevue suite Ă  un message postĂ© sur la CommunautĂ© Emancip’Asso.

Un trÚs grand merci à Philippe pour le temps consacré à cette entretien.

 

Bonjour, peux-tu te prĂ©senter pour le Framablog ?

Je m’appelle Philippe. Je suis dĂ©veloppeur informatique dans la vie professionnelle, mais je me sens avant tout citoyen du monde, intĂ©ressĂ© par les alternatives Ă©thiques, humanistes et Ă©cologiques au modĂšle de sociĂ©tĂ© dominant actuel. J’ai fondĂ© avec quelques personnes sur ma commune en 2013 une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) et depuis j’en suis un peu le chef d’orchestre.

Logo de l’AMAP de la Choisille

Peux-tu nous parler de ton association ?

Une AMAP rĂ©unit des citoyen·ne·s et des paysan·ne·s dans une relation de confiance autour d’un projet commun, celui de fournir une alimentation saine et de qualitĂ©, et de prĂ©server l’existence et la continuitĂ© des fermes de proximitĂ©. Cet objectif s’inscrit dans un modĂšle Ă©conomique social et solidaire d’agriculture durable, Ă  dimension humaine et respectueux de la nature.
Un citoyen qui rejoint une Amap a la volontĂ© de favoriser une agriculture paysanne, socialement Ă©quitable et Ă©cologiquement saine. Il s’engage moralement et financiĂšrement auprĂšs d’un paysan partenaire de l’Amap. Moralement par un soutien dĂ©terminĂ© (partage des risques liĂ©s aux alĂ©as de production, aide concrĂšte lors de chantiers participatifs, etc.). FinanciĂšrement par le paiement Ă  l’avance de sa consommation sur une pĂ©riode donnĂ©e. Ce partenariat est formalisĂ© par un contrat dans le respect de la Charte des AMAP.
« L’amapien Â» s’implique aussi dans la vie de l’association en aidant, quand vient son tour, Ă  la rĂ©ception et Ă  la distribution des produits. C’est ce qui rend une Amap conviviale et riche de lien social.

Flyer de l’AMAP

En termes d’organisation, combien y a-t-il de membres ?

Nous sommes une cinquantaine de membres, tous bĂ©nĂ©voles. L’AMAP de la Choisille se trouve sur la commune de La Membrolle-sur-Choisille, en Indre-et-Loire, mais il existe plusieurs dizaines d’autres AMAP dans le dĂ©partement, de tailles diverses. Un RĂ©seau rĂ©gional animĂ© par une salariĂ©e a Ă©tĂ© crĂ©Ă© pour accompagner les AMAP et crĂ©er une dynamique en rĂ©gion Centre Val-de-Loire. Il existe aussi une instance nationale : le MIRAMAP.

 

Vous diriez que les membres de l’association sont Ă  l’aise avec le numĂ©rique ou pas du tout ?

La plupart des membres me semblent plutĂŽt Ă  l’aise avec le numĂ©rique. Ils utilisent par exemple un logiciel en ligne (easyamap) pour commander les produits.
Mais bon, il est vrai que je suis peut-ĂȘtre un peu seul avec mes convictions dans le domaine du numĂ©rique libre.

Quel a Ă©tĂ© le dĂ©clencheur de votre dĂ©gafamisation ?

J’ai souvenir d’une confĂ©rence Ă  laquelle j’ai assistĂ© aux RMLL (Rencontres Mondiales du Logiciel Libre) en 2009 Ă  Nantes, qui soulignait des analogies entre agriculture biologique et logiciels libres. J’ai aussi lu un article qui parlait des AMAP sur les sites de Framasoft. Il y a en effet entre ces deux mondes des valeurs humaines communes fortes, de partage, d’inclusion, d’émancipation, Ă  l’opposĂ© de ce que proposent les GAFAM.
Parler de dĂ©gafamisation pour notre petite structure est peut-ĂȘtre un bien grand mot. À la crĂ©ation de l’association en 2013, malgrĂ© mes convictions, nous avons crĂ©Ă© une adresse de contact GMail, et une liste de diffusion googlegroups. Probablement par facilitĂ©, parce qu’il y avait plein d’autres choses Ă  s’occuper. Par consĂ©quent ce n’était pas le moment de « s’embĂȘter Â».
Des outils proposĂ©s par Framasoft ont quand mĂȘme Ă©tĂ© utilisĂ©s dĂšs le dĂ©but : Framadate pour choisir nos dates de rĂ©unions, Framacalc pour des tableaux partagĂ©s (organisation des permanences par exemple), Framaforms pour questionner nos producteurs ou faire voter nos adhĂ©rents.
Un peu plus tard, j’ai proposĂ© d’utiliser MyPads pour partager nos notes et nos compte-rendus entre membres du bureau collĂ©gial.
Notre boßte mail est maintenant hébergé par OVH, tout comme notre site internet, développé sous Joomla. La liste de diffusion est maintenant hébergée par Framasoft, que nous avons soutenu financiÚrement à deux reprises sous forme de don.
Google a la peau dure
 Plusieurs annĂ©es aprĂšs le changement, des adhĂ©rents utilisent encore l’ancienne adresse googlegroups car celle-ci est enregistrĂ© sur leur appareil (tĂ©lĂ©phone ou ordi). Rappel est donnĂ© Ă  chaque fois de la supprimer de l’appareil et d’utiliser l’adresse framalistes.
Nous avons également un NextCloud (Framadrive), utilisé de maniÚre basique (et un peu que par moi) pour héberger quelques fichiers ou photos, par exemple pour gérer la liste des adhérents.

La carte des producteurs de l’AMAP rĂ©alisĂ©e avec Umap

Un mot de la fin, pour donner envie de migrer vers les outils libres ?

À l’AMAP, nous avons des maĂźtres-mots : partage, Ă©thique, transparence, dialogue. Que diraient nos amapien·ne·s si le maraĂźcher ou la maraĂźchĂšre bio faisait appel Ă  Monsanto pour faire pousser nos lĂ©gumes ?
J’aimerais que les AMAP s’émancipent dans leurs usages numĂ©riques, comme elles savent le faire pour notre alimentation et notre agriculture !

Les mythes de l’IA

Par : Framasoft
2 mars 2025 Ă  03:00

Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a Ă©tĂ© publiĂ© en premier le 02 octobre 2024 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.


 

Les discours autour de l’IA produisent des mythes qui influencent notre comprĂ©hension de ce qu’elle est, produisant une perception confuse de leur rĂ©alité  pour mieux influer les transformations lĂ©gales Ă  venir.

 

 

 

 

 

 

 

 

La technologie ne produit pas que des solutions, elle produit aussi beaucoup de promesses, d’imaginaires, d’idĂ©ologies et de mythes. DerriĂšre le marketing des produits et des services, les entreprises dĂ©ploient des mĂ©taphores simples et convaincantes qui rĂ©duisent la complexitĂ© des transformations Ă  l’Ɠuvre. « Ils pollinisent l’imagination sociale avec des mĂ©taphores qui mĂšnent Ă  des conclusions, et ces conclusions façonnent une comprĂ©hension collective Â» plus ou moins fidĂšle Ă  la rĂ©alitĂ©. Les discours sur l’IA gĂ©nĂ©rative reposent sur de nombreux mythes et promesses, explique Eryk Salvaggio pour Tech Policy Press qui tente d’en dresser la liste. Ces promesses produisent souvent une comprĂ©hension erronĂ©e du fonctionnement de l’IA et induisent en erreur ceux qui veulent les utiliser.

Il y a d’abord les mythes du contrĂŽle qui visent Ă  nous faire croire que ces systĂšmes sont plus fiables qu’ils ne sont. Parmi les mythes du contrĂŽle, il y a celui de la productivitĂ©, qui nous rĂ©pĂšte que ces systĂšmes nous font gagner du temps, nous font produire plus rapidement. « Le mythe de la productivitĂ© suggĂšre que tout ce Ă  quoi nous passons du temps peut ĂȘtre automatisĂ© Â». L’écriture se rĂ©duit Ă  un moyen pour remplir une page plutĂŽt qu’un processus de rĂ©flexion. Le mythe du prompt suggĂšre que nous aurions un contrĂŽle important sur ces systĂšmes, nous faisant oublier que trĂšs souvent, nos mots mĂȘmes sont modifiĂ©s avant d’atteindre le modĂšle, via des filtres qui vont modifier nos invites elles-mĂȘmes. D’oĂč l’incessant travail Ă  les peaufiner pour amĂ©liorer le rĂ©sultat. « Le mythe de l’invite permet de masquer le contrĂŽle que le systĂšme exerce sur l’utilisateur en suggĂ©rant que l’utilisateur contrĂŽle le systĂšme Â».

Outre le mythe du contrĂŽle, on trouve Ă©galement le mythe de l’intelligence. Le mythe de l’intelligence confond le fait que le dĂ©veloppement des systĂšmes d’IA aient Ă©tĂ© inspirĂ©s par des idĂ©es sur le fonctionnement de la pensĂ©e avec la capacitĂ© Ă  penser. On nous rĂ©pĂšte que ces systĂšmes pensent, raisonnent, sont intelligents
 suggĂ©rant Ă©galement qu’ils devraient ĂȘtre libres d’apprendre comme nous le sommes, pour mieux faire oublier que leur apprentissage repose sur un vol massif de donnĂ©es et non pas sur une libertĂ© Ă©ducative. Parmi les mythes de l’intelligence, on trouve donc d’abord le mythe de l’apprentissage. Mais cette mĂ©taphore de l’apprentissage elle aussi nous induit en erreur. Ces modĂšles n’apprennent pas. Ils sont surtout le produit de l’analyse de donnĂ©es. Un modĂšle n’évolue pas par sĂ©lection naturelle : il est optimisĂ© pour un ensemble de conditions dans lesquelles des motifs spĂ©cifiques sont renforcĂ©s. Ce n’est pas l’IA qui collecte des donnĂ©es pour en tirer des enseignements, mais les entreprises qui collectent des donnĂ©es puis optimisent des modĂšles pour produire des reprĂ©sentations de ces donnĂ©es Ă  des fins lucratives. Le mythe de l’apprentissage vise Ă  produire une Ă©quivalence entre les systĂšmes informatiques et la façon dont nous-mĂȘmes apprenons, alors que les deux sont profondĂ©ment diffĂ©rents et n’ont pas la mĂȘme portĂ©e ni la mĂȘme valeur sociale. Le mythe de l’apprentissage permet surtout de minimiser la valeur des donnĂ©es sans lesquelles ces systĂšmes n’existent pas.

Le mythe de la crĂ©ativitĂ© fait lui aussi partie du mythe de l’intelligence. Il entretient une confusion entre le processus crĂ©atif et les rĂ©sultats crĂ©atifs. Si les artistes peuvent ĂȘtre crĂ©atifs avec des produits d’IA, les systĂšmes d’IA gĂ©nĂ©ratifs, eux, ne sont pas crĂ©atifs : ils ne peuvent pas s’écarter des processus qui leur sont assignĂ©s, hormis collision accidentelles. Le mythe de la crĂ©ativitĂ© de l’IA la redĂ©finit comme un processus strict qui relĂšverait d’une sĂ©rie d’étapes, une mĂ©thode de production. Il confond le processus de crĂ©ativitĂ© avec le produit de la crĂ©ativitĂ©. Et lĂ  encore, cette confusion permet de suggĂ©rer que le modĂšle devrait avoir des droits similaires Ă  ceux des humains.

Salvaggio distingue une 3ᔉ classe de mythes : les mythes futuristes qui visent Ă  produire un agenda d’innovation. Ils spĂ©culent sur l’avenir pour mieux invisibiliser les dĂ©fis du prĂ©sent, en affirmant continĂ»ment que les problĂšmes seront rĂ©solus. Dans ces mythes du futur, il y a d’abord le mythe du passage Ă  l’échelle ou de l’évolutivitĂ© : les problĂšmes de l’IA seront amĂ©liorĂ©s avec plus de donnĂ©es. Mais ce n’est pas en accumulant plus de donnĂ©es biaisĂ©es que nous produiront moins de rĂ©sultats biaisĂ©s. L’augmentation des donnĂ©es permet surtout des amĂ©liorations incrĂ©mentales et limitĂ©es, bien loin de la promesse d’une quelconque intelligence gĂ©nĂ©rale. Aujourd’hui, les avantages semblent aller surtout vers des modĂšles plus petits mais reposant sur des donnĂ©es plus organisĂ©es et mieux prĂ©parĂ©es. Le mythe de l’évolutivitĂ© a lui aussi pour fonction d’agir sur le marchĂ©, il permet de suggĂ©rer que pour s’accomplir, l’IA ne doit pas ĂȘtre entravĂ©e dans sa course aux donnĂ©es. Il permet de mobiliser les financements comme les ressources
 sans limites. Oubliant que plus les systĂšmes seront volumineux, plus ils seront opaques et pourront Ă©chapper aux rĂ©glementations.

Un autre mythe du futur est le mythe du comportement Ă©mergent. Mais qu’est-ce qui conduit Ă  un comportement Ă©mergent ? « Est-ce la collecte de grandes quantitĂ©s d’écrits qui conduit Ă  une surperintelligence ? Ou est-ce plutĂŽt la consĂ©quence de la prĂ©cipitation Ă  intĂ©grer divers systĂšmes d’IA dans des taches de prise de dĂ©cision pour lesquelles ils ne sont pas adaptĂ©s ? Â» Les risques de l’IA ne reposent pas sur le fait qu’elles deviennent des machines pensantes, mais peut-ĂȘtre bien plus sur le fait qu’elles deviennent des machines agissantes, dans des chaĂźnes de dĂ©cisions dĂ©faillantes.

Salvaggio plaide pour que nous remettions en question ces mythes. « Nous devons travailler ensemble pour crĂ©er une comprĂ©hension plus rigoureuse de ce que ces technologies font (et ne font pas) plutĂŽt que d’élaborer des dĂ©clarations de valeur (et des lois) qui adhĂšrent aux fictions des entreprises Â».

C’est peut-ĂȘtre oublier un peu rapidement la valeur des mythes et des promesses technologiques. Les mythes de l’IA visent Ă  produire non seulement une perception confuse de leur rĂ©alitĂ©, mais Ă  influer sur les transformations lĂ©gales. Les promesses et les mythes participent d’un narratif pour faire Ă©voluer le droit en imposant un rĂ©cit qui lĂ©gitime le pouvoir perturbateur de la technologie. Les mythes permettent de crĂ©dibiliser les technologies, expliquait dĂ©jĂ  le chercheur Marc Audetat dans l’excellent livre collectif Sciences et technologies Ă©mergentes : pourquoi tant de promesses ? (Hermann, 2015). Comme le disait l’ingĂ©nieur Pierre-BenoĂźt Joly dans ces pages, « les promesses technoscientifiques ont pour fonction de crĂ©er un Ă©tat de nĂ©cessitĂ© qui permet de cacher des intĂ©rĂȘts particuliers Â». Les mythes et les croyances de l’IA ont d’abord et avant tout pour fonction de produire le pouvoir de l’IA et de ceux qui la dĂ©ploient.

Les mythes de l'IA :* Le mythe de contrĂŽle : croire que les systĂšmes plus fiables qu'ils ne sont -> Le mythe de la productivitĂ© : croire que ce sur quoi nous passons du temps peut ĂȘtre automatisĂ© -> Le mythe du prompt : croire que l'utilisateur contrĂŽle le systĂšme * Le mythe de l'intelligence : croire que ces systĂšmes sont intelligents -> Le mythe de l'apprentissage : croire que ces systĂšmes apprennent de nous -> Le mythe de la crĂ©ativitĂ© : croire que les processus crĂ©atifs et les rĂ©sultats crĂ©atifs sont les mĂȘmes choses * Le mythe futuriste : faire croire que les problĂšmes seront rĂ©solus -> Le mythe du passage Ă  l'Ă©chelle : faire croire qu'il suffit de plus de donnĂ©es Le mythe du comportement Ă©mergeant : faire croire que les IA peuvent ĂȘtre des machines agissantes dans des chaĂźnes de dĂ©cisions dĂ©faillantes

Les 9 mythes de l’IA

Interfaces, une association de lutte contre la précarité énergétique en cours de dégafamisation

Par : Framasoft
26 février 2025 à 08:50

Aujourd’hui, nous publions un nouveau tĂ©moignage de dĂ©gafamisation qui vient rejoindre ceux que nous avons dĂ©jĂ  prĂ©cĂ©demment recueillis. C’est un message postĂ© sur la CommunautĂ© Emancip’Asso, un espace d’entraide mis Ă  disposition des associations qui souhaitent se lancer dans une dĂ©marche de transition numĂ©rique Ă©thique, qui nous a donnĂ© envie d’en apprendre plus sur Interface, cette association du Nord de la France qui Ɠuvre pour l’inclusion au quotidien.

Un trÚs grand merci à Nicolas pour le temps consacré à cette entrevue.

Bonjour, peux-tu te prĂ©senter briĂšvement pour le Framablog ?

Je m’appelle Nicolas Bertrand et je suis conseiller numĂ©rique au sein de l’association Interfaces depuis avril 2022. À mon arrivĂ©e, en dehors de mes missions de conseiller numĂ©rique, la direction m’a demandĂ© de participer au dĂ©veloppement et Ă  la modernisation de l’infrastructure informatique de l’association. À titre personnel, je mesure ma dĂ©pendance aux GAFAM et j’essaie de m’auto-former Ă  Linux pour me passer Ă  court, moyen ou long terme de Windows.

Nicolas, peux-tu nous prĂ©senter ton association ?

Depuis sa crĂ©ation en 1997, l’association Interfaces mĂšne des actions pour lutter contre la prĂ©caritĂ© Ă©nergĂ©tique et permet aux publics de mieux gĂ©rer leurs dĂ©marches administratives quotidiennes liĂ©es aux thĂ©matiques du logement, de l’énergie, des transports, des services bancaires, des services postaux et de la consommation. Nous dĂ©veloppons Ă©galement, afin de faire face Ă  la dĂ©matĂ©rialisation croissante des dĂ©marches, l’accompagnement vers l’autonomisation sur les outils numĂ©riques.

 

Toutes nos interventions rĂ©pondent aux piliers de la mĂ©diation sociale que sont le « aller vers Â» et le « faire avec Â». Les valeurs de solidaritĂ©, de rigueur et de transparence animent nos Ă©quipes au quotidien. Une autre dĂ©finition extraite de nos statuts : « Innover avec des entreprises pour lutter contre l’exclusion, la pauvretĂ© et les discriminations. Pour cela, elle agit au quotidien avec des entreprises, les organismes publics, les relais, les prescripteurs et les habitants. À travers ses actions, Interfaces vise Ă  anticiper et accompagner les situations sociales et sociĂ©tales en s’appuyant sur une posture de tiers mĂ©dian, des compĂ©tences et un rĂ©seau d’acteurs. L’association crĂ©e, dĂ©veloppe et accompagne des antennes Interfaces en tous lieux de la RĂ©gion des Hauts de France et notamment dans les quartiers en difficultĂ© Â».

Logo de l’association Interfaces

L’association compte une quarantaine de salariĂ©s et des bĂ©nĂ©voles. Nous intervenons sur 3 territoires du dĂ©partement du Nord : la MĂ©tropole EuropĂ©enne de Lille (le siĂšge se situe Ă  Lille), le Valenciennois et le Douaisis.

Vous diriez que les membres de l’association sont Ă  l’aise avec le numĂ©rique ou pas du tout ? Ou bien c’est assez disparate ?

Tous les salariĂ©s sont Ă©quipĂ©s d’un ordinateur portable et d’un tĂ©lĂ©phone professionnel. En 2023, les salariĂ©s ont Ă©tĂ© Ă©valuĂ© sur leur niveau numĂ©rique Ă  travers un test PIX. L’analyse des rĂ©sultats a dĂ©montrĂ© que si la majoritĂ© d’entre eux Ă©taient Ă  l’aise, mĂȘme si d’autres l’étaient un peu moins. Nous avons donc proposĂ© un accompagnement personnalisĂ© pour les salariĂ©s qui en exprimeraient le besoin.

Quel a Ă©tĂ© le dĂ©clencheur de votre dĂ©gafamisation ? Qu’est-ce qui vous a motivĂ©s ?

Dans le cadre de ce projet, nous avons voulu nous dĂ©marquer de ce qui pouvait se faire dĂ©jĂ  dans d’autres espaces publics numĂ©riques en montrant un autre usage de l’informatique (plus responsable et plus Ă©thique) via la sensibilisation du public sur l’économie circulaire et le numĂ©rique libre. Nous avons donc liĂ© des partenariats avec un centre de reconditionnement (Bak2) et un auto-entrepreneur spĂ©cialisĂ© dans le numĂ©rique libre (Patrice ANDREANI – NumĂ©ricatous) qui nous aident Ă  mettre en place ce projet.

Logo de Numericatous

Quels sont les moyens humains mobilisĂ©s sur la dĂ©marche ?

J’ai montĂ© ce projet seul en lien avec la direction de l’association.

Comment organisez-vous votre dĂ©gafamisation ?

Lorsque nous sommes Ă  la recherche d’un nouvel outil ou logiciel rĂ©pondant Ă  nos besoins, nous essayons de nous tourner au maximum vers une solution libre ou open-source.

Est-ce que vous avez rencontrĂ© des rĂ©sistances ?

Il est encore trĂšs difficile d’éveiller les consciences au passage Ă  un numĂ©rique libre. Certains partenaires utilisent des logiciels propriĂ©taires et nous n’avons pas d’autres possibilitĂ©s que de les utiliser afin de leur rendre compte de nos missions ou activitĂ©s sur le terrain. Les GAFAM font tellement partie de notre quotidien et il est encore compliquĂ© d’inciter les personnes Ă  ne plus les utiliser et passer Ă  un numĂ©rique plus libre et plus Ă©thique. Le chemin Ă  parcourir semble encore long


Parlons maintenant outils ! À ce jour, on en est oĂč ? Quels outils ou services avez-vous remplacĂ©, et par quoi, sur quels critĂšres ?

Nous avons vĂ©cu 2 grands changements au sein de l’association :

  • Depuis octobre 2023, nous avons fait l’acquisition d’un serveur cloud (hĂ©bergĂ© chez OVH) sur lequel nous avons installĂ©, entre autre, les logiciels que nous utilisions au quotidien : SynerGaĂŻa (notre systĂšme d’information) et NextCloud (notre gestion Ă©lectronique des documents).
  • Depuis le 1er janvier 2024, nous avons abandonnĂ© les outils Google : nous avons remplacĂ© Google Drive et Dropbox par NextCloud et avons migrĂ© nos anciennes adresses Gmail vers un compte Exchange hĂ©bergĂ© chez OVH.

Est-ce qu’il reste des outils auxquels vous n’avez pas encore pu trouver une alternative libre et pourquoi ?

Nous essayons de trouver une alternative Ă  l’utilisation de Microsoft Outlook en testant prochainement Mozilla Thunderbird. Nous rĂ©flĂ©chissons Ă  intĂ©grer sur notre serveur d’autres outils libres/open-source courant 2025,  comme par exemple GLPI et nous aimerions passer sous Linux et LibreOffice les ordinateurs prĂ©sents dans notre Espace Public NumĂ©rique. Nous allons continuer Ă  exploiter NextCloud en testant notamment certaines applications proposĂ©es et poursuivre la recherche d’autres solutions libres comme RocketChat pour mieux communiquer en interne.

Quels Ă©taient vos moyens humains et financiers pour effectuer cette transition vers un numĂ©rique Ă©thique ?

Au lancement de ce projet, j’ai essayĂ© de faire en sorte qu’il soit le moins onĂ©reux possible mais cela n’a pas forcĂ©ment Ă©tĂ© Ă©vident ;-)

Avez-vous organisĂ© un accompagnement de vos utilisateur⋅ices ? Si oui, de quelle maniĂšre ?

De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, lorsqu’un salariĂ© rencontre un problĂšme sur l’un des logiciels que nous utilisons, nous fonctionnons par mail et nous pouvons Ă©galement intervenir Ă  distance si le salariĂ© est sur le terrain. Nous avons Ă©galement rĂ©digĂ© de nombreuses procĂ©dures/fiches process et celles-ci sont mises Ă  disposition et accessibles Ă  tout moment en cas de besoin sur NextCloud.

De plus, nous organisons des temps forts au sein de l’association (comme les rĂ©unions d’équipe et/ou de salariĂ©s) pour accompagner et former le personnel dans la prise en main de nouveaux outils. Nous essayons Ă©galement d’évoluer le plus possible vers des solutions libres afin de sĂ©curiser au mieux les informations de nos usagers et celles liĂ©es Ă  nos missions et activitĂ©s.

Est-ce que votre dĂ©gafamisation a un impact direct sur votre public ou utilisez-vous des services libres uniquement en interne ?

Nous profitons actuellement de notre campagne « Questionnaires de satisfaction 2024 Â» pour tester l’application « Formulaires Â» disponible dans NextCloud. Les envois se font en ce moment, il est donc encore trop tĂŽt pour analyser les retours de nos usagers, salariĂ©s ou partenaires. À travers ce test, nous dĂ©montrons Ă  nos partenaires qu’il est possible de faire sans les GAFAM et de recueillir des informations de maniĂšre sĂ©curisĂ©e.

En ce qui concerne notre Espace Public NumĂ©rique, nous sensibilisons notre public sur le numĂ©rique libre et Ă©thique et l’économie circulaire en utilisant par exemple du matĂ©riel reconditionnĂ© et en explicitant que le fait de passer sous Linux peut prolonger la durĂ©e de vie d’un ordinateur jugĂ© comme dĂ©passĂ©.

Les diffĂ©rentes missions des accompagnements numĂ©riques d’Interface.

Quels conseils donneriez-vous Ă  des structures comparables Ă  la vĂŽtre qui voudraient se dĂ©gafamiser elles aussi ?

Il est essentiel de trouver un contact qui peut nous conseiller sur des solutions libres afin de se passer le plus possible des solutions GAFAM dans l’intĂ©rĂȘt de la sĂ©curisation des donnĂ©es.

Un mot de la fin, pour donner envie de migrer vers les outils libres ?

Migrer vers les outils libres c’est s’ouvrir Ă  un nouveau numĂ©rique oĂč rĂšgne la sĂ©curitĂ© :-)

IA : les machines du doute

Par : Framasoft
23 février 2025 à 03:00

Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a Ă©tĂ© publiĂ© en premier le 21 mai 2024 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.


 

Il va nous falloir apprendre Ă  travailler avec l’instabilitĂ© des machines.

 

 

 

 

 

 

 

Quand on fait rĂ©aliser un calcul par une machine, aussi complexe soit-il, la plupart du temps, ce qui est garanti, c’est l’assurance du rĂ©sultat, sa stabilitĂ©, sa performance. C’est le principe d’une calculatrice ou d’un logiciel : on a au bout le rĂ©sultat et les fonctions prĂ©vues. Dans un systĂšme de calcul comme les impĂŽts, on prend des donnĂ©es et des rĂšgles de calcul – qui peuvent ĂȘtre perfectibles, certes – et on obtient des rĂ©sultats sans ambiguĂŻtĂ©s, pour autant que les donnĂ©es et les rĂšgles de calcul n’en comportent pas – ce qui n’est dĂ©jĂ  pas si Ă©vident Ă  rĂ©ussir ! Dans un jeu vidĂ©o, les personnages non joueurs suivent des scripts dont ils ne peuvent pas sortir, ce qui limite certes considĂ©rablement l’interaction, mais la borne et rend le jeu possible. Le monde de l’informatique est longtemps restĂ© celui de la maĂźtrise de bout en bout des processus.

Les choses ont changĂ© avec les systĂšmes d’IA. Avec certaines fonctionnalitĂ©s, nous avons pris l’habitude d’un taux de performance. Pour la reconnaissance d’objets par exemple, le rĂ©sultat n’est pas automatique comme avec les calculatrices. Le niveau de fiabilitĂ© n’est pas optimal, mais nous sommes capables de composer avec le fait que les machines soient capables de reconnaĂźtre tels types d’objets Ă  95 ou 98 %. Ce n’est pas une performance absolue, mais elle permet malgrĂ© tout d’optimiser un processus en connaissant par avance son taux d’erreur, de l’accepter ou le refuser. Et donc de dĂ©cider en fonction. On peut crĂ©er une chaĂźne de tri d’objets en sachant que ce tri va fonctionner Ă  95 % et accepter ou pas la dĂ©perdition qui en rĂ©sulte.

L’IA gĂ©nĂ©rative est plus instable encore. Les rĂ©sultats qu’elle produit ne sont pas reproductibles. Un mĂȘme prompt ne produira pas exactement le mĂȘme rĂ©sultat ou la performance pourra dĂ©pendre de la complexitĂ© que la machine doit adresser. Extraire des donnĂ©es d’un document, comme les noms des personnes ou leurs liens de filiation peut dĂ©pendre Ă  la fois de la lisibilitĂ© des documents et de la complexitĂ© des relations entre ces personnes. Si le systĂšme peut ĂȘtre performant, reste Ă  identifier les cas oĂč il dysfonctionne et savoir si ces erreurs sont acceptables ou rĂ©dhibitoires et si l’on peut clairement sĂ©parer les cas oĂč la performance est forte, de ceux oĂč elle ne l’est pas. L’enjeu Ă  Ă©valuer l’incertitude des rĂ©ponses apportĂ©es est une question centrale.

Cette perspective d’une fiabilitĂ© diffĂ©rentielle dessine un nouveau rapport aux machines. D’un coup, notre assurance dans leurs rĂ©sultats doit ĂȘtre mise en doute. Ce qui explique qu’il soit difficile d’automatiser certaines tĂąches avec l’IA. LĂ  oĂč l’on pouvait se fier aux calculs, dĂ©sormais, le doute est lĂ©gitime. Alors qu’un robot Ă©tait capable de remplacer une personne pour une tĂąche spĂ©cifique sur une chaĂźne d’assemblage, le chatbot conversationnel qui rĂ©pond Ă  un administrĂ© ou Ă  un joueur va devoir ĂȘtre surveillĂ©. Certaines de leurs performances sont excellentes bien sĂ»r, mais parfois elles sont capables de sous-performances dramatiques. Comme le dit le sociologue Yann Ferguson, « Jusqu’à maintenant, l’introduction des machines a apportĂ© de la sĂ©curitĂ© et de la stabilitĂ©. Leur force rĂ©sidait dans leur prĂ©visibilitĂ© Â». Ce n’est plus le cas. DĂ©sormais, les rĂ©sultats doivent ĂȘtre accompagnĂ©s, surveillĂ©s, contrĂŽlĂ©s et c’est lĂ  un nouveau dĂ©fi pour ceux qui cherchent Ă  intĂ©grer l’IA gĂ©nĂ©rative Ă  leurs procĂ©dures.

Mais, au-delĂ  de l’IA gĂ©nĂ©rative, ce que dessine ce changement de paradigme, c’est un autre rapport aux machines : voilĂ  qu’on ne peut plus leur faire entiĂšrement confiance. Non seulement, il faut se dĂ©fier des biais des donnĂ©es, des rĂšgles de calculs utilisĂ©es, mais dĂ©sormais de leurs rĂ©sultats mĂȘmes. Et la grande difficultĂ© consiste Ă  savoir lĂ  oĂč on peut leur faire confiance et lĂ  oĂč on ne doit pas leur faire confiance.

Un imagier pour enfants avec des animaux. Certains animaux sont des fusions, d'autres sont mal nommĂ©s : Le cochon est appelĂ© « Vache », ou ce qu'il semble ĂȘtre la fusion entre un chat et un chien un « cochon ».

Exemple d’un imagier pour enfant sur les animaux de la ferme conçu par chatGPT


 qui n’est pas sans poser problùmes. Tweet de Tristan Mendùs France.

 

Les technologies ont toujours eu pour ambition de nous faire gagner en productivitĂ©, avec pour enjeu de pouvoir remplacer des hommes par des procĂ©dures avec un niveau de confiance trĂšs Ă©levĂ©. On est en train de passer d’une technique qui produit une certaine forme de rationalitĂ© qu’on Ă©tait capable d’évaluer simplement Ă  une technique qui n’en produit plus ou pas nĂ©cessairement ou pas principalement et sans qu’on soit toujours capable d’évaluer sa fiabilitĂ©. C’est un changement de paradigme important qui nous oblige Ă  ne plus ĂȘtre certain de la rĂ©ponse produite par la machine, de ne plus pouvoir lui faire entiĂšrement confiance. L’IA nous demande dĂ©sormais de composer avec le doute, de remettre en question nos assurances. Nous avons un nouveau rapport aux machines Ă  imaginer et il nous invite Ă  douter d’elles.

C’est une trĂšs bonne nouvelle, vous ne trouvez pas ?

Un nouvel ouvrage sur les communs de proximité

Par : Framasoft
19 février 2025 à 08:50

Voici prĂšs d’un an, une douzaine d’auteurices, rĂ©unis par la Coop des communs, ont donnĂ© naissance Ă  « Les communs de proximitĂ©. Origines, caractĂ©risation, perspectives Â». Plusieurs d’entre eux ont acceptĂ© de rĂ©pondre Ă  quelques-unes de nos questions.

Bonjour, vous avez sorti, en mars dernier, un ouvrage collectif traitant des communs, nous avons eu envie d’en savoir plus. Mais avant cela, pouvez-vous vous prĂ©senter pour le Framablog ?

Justine Loizeau : Cet ouvrage est le rĂ©sultat d’un travail collectif au sein du groupe « Services de ProximitĂ© Â» de La Coop des Communs. Cette derniĂšre est une association fondĂ©e en 2016 dont le but est de confronter l’expĂ©rience acquise entre praticien·nes et chercheur·es des communs d’un cotĂ©, et de l’économie sociale et solidaire (ESS) de l’autre. L’ambition est de favoriser une revitalisation de l’ESS Ă  partir de la philosophie et des pratiques qui animent les communs tout en permettant aux communs de tirer partie de la longue expĂ©rience organisationnelle et institutionnelle de l’ESS. De maniĂšre plus concrĂšte, la Coop des Communs se penche sur des thĂ©matiques prĂ©cises (ex : les plateformes, la forĂȘt, la comptabilité ) par groupes de travail.
Le groupe « Services de ProximitĂ© Â» a rassemblĂ© de 2020 Ă  2023 une trentaine de membres dont une quinzaine active sur le terrain. Seule une partie a pris la plume : 11 auteur·ices. J’ai participĂ© Ă  la coordination de l’ouvrage avec Nicole Alix et Benjamin Coriat.

Logo de la Coop des Communs

Votre livre fait la lumiĂšre sur diverses expĂ©riences de communs de proximitĂ©, par le biais de plusieurs articles. Pourriez-vous nous donner une dĂ©finition de ce qu’est un commun, et ce que vous dĂ©signez par « Communs de proximitĂ© Â» ?

Justine : C’est Benjamin Coriat qui propose une dĂ©finition dans son chapitre. En se rĂ©fĂ©rant Ă  Ostrom, on peut dĂ©finir les communs selon le triptyque : ressource – communautĂ© – rĂšgles. Un commun correspond Ă  une forme d’organisation sociale selon laquelle une communautĂ© humaine gĂšre une ressource selon des rĂšgles qu’elle a auto-produite. On parle aussi d’auto-gouvernance.
Selon Benjamin Coriat, les communs de proximitĂ© correspondent Ă  un type particulier de commun qu’il dĂ©finit ainsi : « toute entitĂ© ancrĂ©e sur un territoire (sa population, sa gĂ©ophysique
), d’initiative citoyenne et rĂ©gie par des rĂšgles Ă©laborĂ©es en commun, dont la visĂ©e est le service de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et du bien commun au sens oĂč les services proposĂ©s sont conçus pour contribuer Ă  la reproduction conjointe des Ă©cosystĂšmes et des communautĂ©s qui constituent le territoire considĂ©rĂ©. Â» Le trait constitutif de ce type de commun est de rĂ©pondre avant tout Ă  l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, et non Ă  l’intĂ©rĂȘt collectif. Quelle diffĂ©rence ? L’intĂ©rĂȘt collectif, c’est quand une organisation, ici un commun, rĂ©pond Ă  l’intĂ©rĂȘt de ses membres (et uniquement de ses membres). Pour rĂ©pondre Ă  l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, il faut au moins que les bĂ©nĂ©ficiaires du commun dĂ©passe le cercle de ses membres.

Dans la dĂ©finition que vous explicitez d’un commun de proximitĂ©, une prĂ©condition est que le service proposĂ© le soit sur la base d’une initiative citoyenne « auto organisĂ©e Â». Aucun service public ne pourrait donc prĂ©tendre Ă  ĂȘtre un commun de proximitĂ© ?

Justine : Dans notre groupe, nous avons beaucoup rĂ©flĂ©chi Ă  la notion de service public. J’ai appris que tous les pays ne donnaient pas autant d’importance Ă  cette notion que la France. Jean-Claude Boual montre par exemple dans son chapitre, qu’au niveau europĂ©en, on utilise plutĂŽt l’expression de « service d’intĂ©rĂȘt Ă©conomique gĂ©nĂ©ral Â» qui est teintĂ©e d’une certaine vision politique, notamment que ces services seront plus efficaces s’ils sont rĂ©gis par le principe de concurrence. Cette vision va Ă  l’encontre de monopoles d’État pour fournir les services d’électricitĂ©, d’eau, de transport.
Et si la notion de service public est trĂšs prĂ©sente dans le dĂ©bat public français, c’est finalement trĂšs difficile d’en formuler une dĂ©finition simple. On a donc choisi d’admettre au dĂ©but de notre ouvrage, la simplification de qualifier le service public comme ce qui renvoie Ă  une activitĂ© d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral (enseignement, police, justice) gouvernĂ© par l’administration publique qui les norme. L’administration ne les opĂšre pas forcĂ©ment directement. En effet, le service public peut ĂȘtre dĂ©lĂ©guĂ© au secteur privĂ© marchand (ex : gestion des dĂ©chets ou de l’eau). Mais dans ce second cas, elle donne des obligations au gestionnaire. De plus, le service public rĂ©pond en thĂ©orie Ă  des grands principes : continuitĂ© (par exemple, en cas de grĂšve, il est possible de procĂ©der Ă  une rĂ©quisition), Ă©galitĂ© des usagĂšr·e·s devant le service public et adaptabilitĂ© aux Ă©volutions. Enfin, dans la tradition française, les services publics ont la particularitĂ© d’ĂȘtre conçus comme des services universels. On observe mĂȘme une tendance Ă  l’universalisation d’un usager type. L’attention est alors plus faible aux spĂ©cificitĂ©s de chaque personne.
En bref, on voit que la particularitĂ© des services publics en France c’est d’ĂȘtre rĂ©gis par le haut. Or les communs sont des dynamiques par le bas. On part des besoins et des capacitĂ©s des personnes, mais aussi des spĂ©cificitĂ©s des territoires. Donc, les services produits par ces initiatives correspondent Ă  des choses que le service public ne fait pas ou ne fera jamais. Par exemple, dans son chapitre, Julie Lequin Ă©voque un projet de maison de l’alimentation dans le Pays Foyen (33). C’est un projet tellement construit sur les besoins spĂ©cifiques du territoire, qu’il n’aurait jamais pu ĂȘtre entiĂšrement conçu par une administration publique. Pour preuve, ce projet a des difficultĂ©s Ă  entrer dans les « cases administratives Â» pour obtenir des financements !

 

En France les Communs sont parfois menacĂ©s par les pouvoirs publics, en partie de façon dĂ©libĂ©rĂ©e, par exemple pour transfĂ©rer des communs existants vers le privĂ©, et parfois sans l’avoir vraiment conscientisĂ©, en raison de la frontiĂšre trĂšs forte entre service public et usagers, d’une mĂ©fiance envers les projets collectifs, ou d’une croyance en l’incompĂ©tence des citoyen⋅es. Comment arriver Ă  faire coexister les deux selon vous ? Quels secteurs / services publics sont les plus ouverts aux Communs, et au contraire les plus fermĂ©s ?

Nicole Alix : les « services publics Â» et les « communs Â» sont deux concepts difficiles Ă  apprĂ©hender, aussi leurs rapports sont forcĂ©ment compliquĂ©s ! Dans les chapitres 6 et 7, on prĂ©cise : il ne faut pas confondre avec « le service public Â» ni avec les services rendus par les pouvoirs publics car certains sont dĂ©lĂ©guĂ©s au « privĂ© Â» comme mentionnĂ© dans la question ; et le privĂ© peut ĂȘtre  lucratif -transports, Ă©nergie..- ou privĂ© non lucratif -service public hospitalier, par exemple, auquel participent de nombreuses associations et, dĂ©sormais le « service public de la petite enfance). Et il ne faut pas non plus confondre service public et service d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral !
Ce que nous pensons, c’est que les communs peuvent, en insufflant des modes de gouvernance dĂ©finis et mis en Ɠuvre par les personnes participantes, ĂȘtre un Ă©lĂ©ment de dynamisation et d’imagination dans la gouvernance des services publics parce qu’ils partent d’initiatives de proximitĂ© et de besoins concrets des populations.
La forme associative est choisie par beaucoup de personnes concernĂ©es par un besoin pour s’organiser entre elles, afin de bien le dĂ©finir, en contrĂŽler en permanence et dans le temps les modalitĂ©s de fabrication de la
réponse et de la façon dont cette réponse aux besoins est délivrée. Chaque mot compte dans cette phrase un peu longue, comme expliqué dans le chapitre sur les liens entre associations et communs.
Et n’oublions pas qu’il existe des « secteurs Â» dans lesquels il n’y a jamais de dĂ©finition de « service public Â» (le numĂ©rique par exemple ?) et que, donc, les forces citoyennes organisĂ©es pour servir l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral sont d’autant plus prĂ©cieuses !

Vous rappelez qu’il y a eu une volontĂ© politique, dans les annĂ©es 1980 de sĂ©parer le pouvoir Ă©conomique et le pouvoir citoyen des associations. Pouvez-vous nous expliquer l’intĂ©rĂȘt de possĂ©der ces deux pouvoirs pour les associations ?

Nicole : Jusqu’aux annĂ©es 80, personne n’avait conscience de la puissance Ă©conomique que reprĂ©sentaient les associations, qui gĂ©raient par exemple des activitĂ©s sociales, d’éducation populaire, sportive, culturelles.. C’est Ă  l’occasion de l’arrivĂ©e de la gauche au pouvoir qu’on l’a identifiĂ©e et, du coup, la gauche a pensĂ© qu’il fallait faire un tri entre les associations « gestionnaires Â» et celles qui ne feraient que de la dĂ©fense de droits et diffĂ©rencier les modĂšles et les rĂšgles applicables. Mais tout le milieu associatif a protestĂ©, au motif que diffĂ©rencier l’objectif politique de la mĂ©thode pour y parvenir aboutit Ă  priver de moyens d’action ! Si je fais de l’éducation populaire, je fais de la gestion aussi bien que de la recherche d’émancipation ! Donc les associations ont eu dĂšs les annĂ©es 80, de bonnes raisons de nĂ©gocier la possibilitĂ© de garder des activitĂ©s Ă©conomiques sous chapeau associatif (cf chapitre 6)  : c’est la garantie d’un rĂŽle de contre-pouvoir. Une organisation qui cumule un pouvoir citoyen (politique donc), ET un pouvoir Ă©conomique (c’est-Ă -dire la possibilitĂ© de rĂ©pondre aux besoins des personnes qu’elles veulent dĂ©fendre, promouvoir) est Ă©minemment subversif. L’histoire montre que, lorsque des mouvements sociaux acquiĂšrent un pouvoir Ă©conomique, ils deviennent dangereux, car ils peuvent contrebalancer les forces de marchĂ© ou l’ordre public administrĂ©. L’État est alors tentĂ© de les priver de leurs ressources financiĂšres : par exemple, il a enlevĂ© aux syndicats ouvriers la gestion des Ɠuvres sociales que ceux-ci avaient crĂ©Ă©es au sein des entreprises au 19Ăšme siĂšcle et les a confiĂ©es Ă  des comitĂ©s d’entreprise sans personnalitĂ© juridique, prĂ©sidĂ©s par le chef d’entreprise.

 

Couverture du libre « Les Communs de proximitĂ© Â» publiĂ© aux Éditions Science et bien commun

 

Vous Ă©voquez les rĂ©actions de l’état face Ă  la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ou encore Ă  Sainte-Soline, comment pourrait-on redĂ©finir la notion de commun foncier du XXIe siĂšcle ?

Nicole : C’est une bonne question sur laquelle La Coop des Communs continue ses travaux, notamment avec la Chaire Valcom. Les communs fonciers ancestraux reprĂ©sentent une forme de vitalisation des espaces ruraux qui peuvent servir au-delĂ  de ce pour quoi ils ont Ă©tĂ© conçus dans l’histoire. Peut-ĂȘtre pour un prochain livre ?

Le livre prĂ©sente l’expĂ©rience de commun alimentaire par les  habitant·e·s du Pays Foyen. Quels sont les Ă©lĂ©ments essentiels pour mettre en place une telle initiative ? Quels en sont les enjeux ?

 

Julie Lequin : Il me semble qu’on ne devrait pas poser la question de cette façon, notamment parce qu’elle masque l’essentiel : la question du QUI met en place (et pour qui) – surtout que cela permet de conduire ensuite Ă  la question du pourquoi.
Ainsi, le point de dĂ©part d’une telle initiative, c’est un/des besoins d’habitants. Besoins qui n’arrivent pas toujours Ă  s’exprimer, et qu’il faut donc parfois accompagner dans leur Ă©mergence et leur expression – a minima sans les dĂ©voyer, si possible sans (trop) les transformer – c’est-Ă -dire sans y plaquer ses propres intentions. Dans le cas du Pays Foyen, on retrouve certaines populations Ă©loignĂ©es cognitivement, gĂ©ographiquement ou culturellement des espaces oĂč se discutent une partie des enjeux sociĂ©taux, politiques, etc. Il y a donc un enjeu, dans de telles initiatives, d’avoir une attention particuliĂšre Ă  aller chercher cette parole.
Et ensuite, le chemin doit se construire AVEC les personnes – Ă  la mesure de comment elles peuvent, elles-mĂȘmes, s’impliquer dans ce type d’initiative. Bien souvent, de façon hĂ©tĂ©rogĂšne et cette diversitĂ© doit ĂȘtre accueillie de façon Ă  proposer, en retour, diffĂ©rentes modalitĂ©s de participation. Dans le coin du Pays Foyen, c’est aussi bien participer Ă  cultiver la parcelle collective du jardin partagĂ©, qu’organiser un cinĂ©-dĂ©bat sur l’alimentation, que d’ĂȘtre bĂ©nĂ©vole aux Restos du CƓur, que de donner un coup de main sur des ateliers de cuisine de rue, etc. « Faire avec Â» demande du temps, de l’attention et de l’entretien de la part de la communautĂ© et cela reste un des enjeux majeurs du commun alimentaire.

 

Un article traite d’un exemple de Communs en Italie. En quoi le traitement des pouvoirs publics envers les Communs est diffĂ©rent d’avec la France ?

Nicole : Dans leur chapitre, Daniela Ciaffi, Emanuela Saporito et Ianira Vassallo expliquent que la Constitution Italienne consacre le principe de subsidiaritĂ© « horizontal Â» : « L’État, les RĂ©gions, les Villes MĂ©tropolitaines, les Provinces et les MunicipalitĂ©s favorisent l’initiative autonome des citoyens, particuliers et associations, pour la rĂ©alisation d’activitĂ©s d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, sur la base du principe de subsidiaritĂ© Â». Le principe de subsidiaritĂ© est Ă©galement prĂ©sent dans la loi sociale allemande, sous une autre forme. Dans ces traditions, il renvoie Ă  une forme d’aide qui encourage et autorise l’autonomie des Ă©chelons « de base Â» avec le secours de l’échelon « supĂ©rieur Â». Dans les TraitĂ©s europĂ©ens la subsidiaritĂ© signifie au contraire que l’UE n’intervient que « si et dans la mesure oĂč les objectifs de l’action envisagĂ©e ne peuvent pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©s de maniĂšre suffisante par les États membres Â».  En tout Ă©tat de cause, non seulement ce principe n’existe pas en droit français, mais la façon dont nous avons construit l’État français s’y oppose souvent. D’oĂč l’opinion que notre Etan français serait jacobin et l’idĂ©e qui en dĂ©coule que tous les « services au public Â» devraient ĂȘtre rĂ©alisĂ©s par des fonctionnaires dans un service public.

Exemple de mise en Ɠuvre en Italie avec un Ă©vĂ©nement organisĂ© avec le quartier dans le cadre des activitĂ©s d’un Pacte de collaboration. Source : Marcella Iannuzzi.

Dans le chapitre 8, vous soulignez le risque que le service public s’accapare les communs. N’est-il pas paradoxal de s’appuyer sur deux Ă©tudes de cas qui sont dĂ©jĂ  des services publics (Freinet et les lycĂ©es auto-gĂ©rĂ©s) ?

Nicole : Le chapitre de Thomas Perroud Ă©claire justement la situation française spĂ©cifique oĂč le service public dĂ©fini comme un service rendu par des fonctionnaires de la fonction publique s’oppose aux initiatives de participation et de contribution comme on le souhaiterait dans les communs. On aurait aussi pu connaĂźtre une situation similaire dans l’action sociale, mais, Ă  la diffĂ©rence du monde de l’éducation, dans ce secteur de l’action sociale l’énorme majoritĂ© (90 % dans le secteur du handicap) Ă©tait organisĂ©e sous forme associative. Ces associations se sont fĂ©dĂ©rĂ©es pour nĂ©gocier avec les pouvoirs publics, en tentant de garder leur autonomie d’action (cf fin du chapitre 6).

 

Sans divulgĂącher tout le contenu du livre, pourriez-vous nous expliquer en quelques mots les points communs et les diffĂ©rences entre l’ESS et les communs de proximitĂ© ?

Nicole : Nous le disons dans la conclusion notamment : l’ESS a Ă©tĂ© le lieu de la formation d’une sĂ©rie remarquable d’innovations institutionnelles visant Ă  brider le pouvoir du capital (et Ă  accroĂźtre le pouvoir des personnes concernĂ©es sur les services et solidaritĂ©s qui leur sont nĂ©cessaires ainsi que le pouvoir des salarié·e·s sur leurs conditions de vie et de travail. Mais l’ESS est nĂ©e avec l’industrialisation au 19Ăšme siĂšcle. Les communs se sont  constituĂ©s dans l’histoire longue et se dĂ©ploient dĂ©sormais dans tout un autre Ăąge, spĂ©cialement celui des limites Ă©cologiques atteintes et dĂ©sormais franchies par cet industrialisme et l’extractivisme sur lequel il est bĂąti. L’ Ă©poque de l’AnthropocĂšne oblige Ă  un nouveau souci central, celui d’assumer le dĂ©fi tout Ă  la fois de l’accĂšs Ă  toutes et tous aux ressources essentielles Ă  leur subsistance et de prĂ©server l’intĂ©gritĂ© des Ă©cosystĂšmes pour le prĂ©sent mais aussi pour les gĂ©nĂ©rations futures. C’est ainsi que le commun comprend dans sa constitution mĂȘme l’idĂ©e que lorsque les rĂšgles de « prĂ©lĂšvement Â» des ressources, conçues pour assurer la reproduction des communautĂ© humaines, menacent la biodiversitĂ© ou l’écosystĂšme, celles-ci doivent ĂȘtre modifiĂ©es pour assurer la prĂ©servation des Ă©cosystĂšmes menacĂ©s. Cette derniĂšre idĂ©e n’est pas dans les gĂšnes des formes institutionnelles de l’ESS. Dans la conclusion nous Ă©crivons :  « Ainsi et au total, il s’agit pour les communs d’une maniĂšre d’habiter le monde en rupture avec l’industrialisme et l’extractivisme qui en est le principe moteur. La question de l’écologie est au cƓur des communs et en fonde le principe. Elle est ‘marginale’ ou sans objet pour l’ESS et ses entitĂ©s qui peuvent dĂ©cider – ou non – d’en faire un de ses objets. Â»

 

Vous dites qu’il reste quelques efforts Ă  faire par les fablabs pour devenir de rĂ©els Communs. Il existe de nombreux fablab y compris dans les milieux ruraux, certains plus institutionnalisĂ©s que d’autres. Pour nos lecteurices agissant au sein de fablabs, qu’est-ce qui peut faire qu’un fablab devienne un commun, au niveau local / rĂ©seau des fablabs ?

Matei Gheorghiu : En deux mots, il faut de l’ouverture et de la structure.
Pour dĂ©velopper, il est capital que les fablabs et espaces du faire (lieux oĂč se regroupent des « makers Â» ou « faiseurs Â» pour se rĂ©aliser et rĂ©aliser leurs projets et partager des solutions et des outils) au niveau local trouvent leur place dans l’écosystĂšme de proximitĂ© (ce n’est pas uniquement, ou pas principalement de leur ressort, on sait bien que la plupart manque dĂ©jĂ  de moyens pour subsister). Les fablabs doivent certes ĂȘtre ouverts (ce n’est pas toujours le cas) mais leurs diffĂ©rents partenaires doivent Ă©galement engager de rĂ©elles ressources en contrepartie de ce qu’un outil tel que le fablab (Ă©quipĂ© de machines mais surtout de compĂ©tences et « branchĂ© Â» sur un rĂ©seau mondial) peut leur apporter : une ressourcerie low-tech capable de dĂ©velopper des solutions techniques de maniĂšre frugale et dans un temps trĂšs court, une plateforme de formation et de partage, connectĂ©e aussi bien Ă  des structures similaires qu’à d’autres de nature trĂšs diffĂ©rente (un fablab rural peut ĂȘtre en contact direct avec un fablab universitaire ou mĂ©tropolitain, avec tout ce que ça implique de bĂ©nĂ©fices croisĂ©s), une capacitĂ© d’action fulgurante en cas de crise, comme l’a dĂ©montrĂ© la mobilisation des makers lors du Covid-19, etc.
Les makers doivent donc soutenir le dĂ©veloppement du fablab local et son articulation harmonieuse aux structures de l’environnement, et les responsables de ces structures (publiques et privĂ©es) doivent accepter de confĂ©rer aux fablabs une certaine autonomie et d’intĂ©grer Ă  leurs logiques de fonctionnement ce que leur nature (ouverture, fonctionnement en pair Ă  pair et en rĂ©seau, primautĂ© de l’expĂ©rimentation 
) impose, et pas seulement les cantonner Ă  un rĂŽle de gadget de communication.
Les fablabs et leurs partenaires doivent aussi continuer leur travail de structuration en rĂ©seau, sans lequel ces caractĂ©ristiques avantageuses sont incertaines et prĂ©caires (elles ne reposent que sur une coĂŻncidence et non sur une organisation qui veille Ă  leur maintien et Ă  son caractĂšre Ă©quitable). Pour ce faire, la premiĂšre obligation est de participer Ă  la vie du rĂ©seau (passer une heure par semaine sur le forum, c’est augmenter les chances qu’un besoin ou une question soient pris en charge en mode pair Ă  pair ; participer Ă  la vie dĂ©mocratique du rĂ©seau, c’est s’assurer qu’il maintient son caractĂšre de commun).
Le rĂŽle du niveau RĂ©seau et de ses animateurs est de soutenir le dĂ©veloppement de la communautĂ©, de favoriser le brassage des lieux et des personnes, d’accompagner l’enrichissement d’un capital informationnel commun, dans le respect des principes directeurs qui le constituent : inclusion (soin accordĂ© Ă  l’accueil d’autrui et Ă  l’ensemble de ses « diffĂ©rences Â»), subsidiaritĂ© (prĂ©fĂ©rence initiale pour l’action de proximitĂ© et remontĂ©e si besoin au niveau supĂ©rieur), articulation systĂ©matique Ă  l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral (attention Ă  prendre en considĂ©ration l’ensemble avant la partie), internationalisme (ne pas prĂ©fĂ©rer par exemple une solution 100 % française quand il est plus Ă©vident et efficace de travailler avec le fablab de l’autre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre, ou quand la solution vient, par la voie des ondes, de l’autre bout de la terre, mais aussi et surtout Ɠuvrer en se rappelant que les fablabs et leur rĂ©seau sont d’abord et avant tout un outil de paix et de solidaritĂ©).

 

Quelles seraient les clĂ©s pour que les communs de proximitĂ© prennent de l’ampleur dans les prochaines annĂ©es ?

 

Justine : Dans notre conclusion, nous proposons plusieurs pistes, qu’il est possible de consulter. Je retiens personnellement une chose : il est incontournable que les personnes se rĂ©approprient la lĂ©gitimĂ© Ă  s’organiser. Les personnes sont les premiĂšres expertes de leurs besoins et de leur territoire. Mais c’est trĂšs difficile de se sentir capable quand on assĂšne que seules certaines entreprises, ou certaines institutions peuvent avoir la compĂ©tence de prendre les choses en charge, et Ă  leur maniĂšre.

 

Un Ă©norme merci aux diffĂ©rents auteurices pour le temps passĂ© Ă  rĂ©pondre Ă  nos questions !

À partir d’avant-hierFlux principal

GrĂące Ă  vous Framasoft peut dĂ©coller en 2025
 et outiller celles et ceux qui changent le monde !

Par : Framasoft
30 décembre 2024 à 11:01

Il ne reste plus que quelques heures pour faire un don Ă  Framasoft, renforcer notre budget 2025, et bĂ©nĂ©ficier d’une rĂ©duction sur les impĂŽts de 2024


Ce modĂšle solidaire de la contribution et du soutien permet Ă  notre association d’exister
 mais aussi de complĂ©ter le travail de nombreuses initiatives qui, elles aussi, changent le monde Ă  leur niveau.

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21e annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

âžĄïž Lire la sĂ©rie d’articles de cette campagne (nov. – dĂ©c. 2024)

Faisons de 2025 une bonne annĂ©e !

À l’heure oĂč nous Ă©crivons ces lignes, le palier des 200 000 € de dons est dĂ©passĂ© : merci Ă  celles et ceux qui ont dĂ©jĂ  contribuĂ© !

C’est, pour nous, un sacrĂ© soulagement : ces dons vont nous assurer de pouvoir poursuivre les services DĂ©googlisons Internet et le maintien de PeerTube en 2025, pĂ©renniser le poste de Wicklow (qui a rĂ©alisĂ© cette annĂ©e l’application Lokas et surtout l’application PeerTube pour mobiles), et stabiliser l’équipe rĂ©duite de Framasoft.

DĂšs lors, tous les dons qui nous rapprochent du palier « idĂ©al Â» des 400 000 € nous permettront de faire plus, de faire mieux en 2025.

Illustration - des mascottes ont plantĂ© une flopĂ©e de ballons qui prennent la forme du logo Framasoft. Le lopin de terre s'est dĂ©tachĂ©, et ils flottent dans le ciel nocture en faisant la fĂȘte.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Ce ne sont ni les envies, ni les projets qui manquent pour 2025 (et au delĂ  !)

Nous voulons promouvoir Framaspace et en faciliter l’adoption afin d’équiper des milliers d’associations en plus. Nous souhaitons renouveler ou rĂ©nover des logiciels derriĂšre certains de nos services les plus utiles (mais vieillissants).

Nous voulons continuer de sensibiliser autour de l’enjeu de l’IA, et dĂ©montrer concrĂštement (comme avec Lokas) que les consĂ©quences dĂ©sastreuses de cette industrie sont des choix, des choix politiques, pris sans le consentement des citoyennes.

Nous avons envie de voir comment appliquer la low-technicisation, et ses valeurs de rĂ©silience, sobriĂ©tĂ©, autonomie, paisibilité  Ă  des outils pratiques et agrĂ©able qui rĂ©pondent Ă  un besoin rĂ©el.

Bref, nous avons envie de continuer Ă  apporter notre pierre aux Communs numĂ©riques. Des Communs qui offrent, Ă  celles et ceux qui crĂ©ent des bulles d’air hors du Capitalisme de Surveillance, des outils numĂ©riques efficaces, et Ă  la hauteur de leurs valeurs.

Aider Framasoft Ă  faire plus et mieux en 2025

Contributions et solidaritĂ©s : un cercle vertueux qui sert Ă  toustes

Nous l’avons rĂ©pĂ©tĂ© chaque semaine depuis le dĂ©but de cette campagne : Framasoft fonctionne grĂące Ă  un modĂšle solidaire

  • 8000 donatrices en 2023 ;
  • plus de 2 millions de bĂ©nĂ©ficiaires chaque mois ;
  • votre don (dĂ©fiscalisable Ă  66 %) peut bĂ©nĂ©ficier Ă  249 autres personnes.

Si une personne « suffit Â» pour financer les outils Framasoft de 250
 cela veut dire que 249 autres peuvent contribuer Ă  d’autres solidaritĂ©s.

La premiĂšre de ces solidaritĂ©s, c’est d’offrir de la gratuitĂ© Ă  l’entrĂ©e. Tout le monde n’a pas les moyens de payer pour un Framaforms, pour faire dĂ©velopper un PeerTube, pour ouvrir un cloud Framaspace Ă  son collectif naissant, ou pour une confĂ©rence sur les dangers des GAFAM.

D’ailleurs, tout le monde ne voit pas encore l’intĂ©rĂȘt de financer de tels outils en payant des hĂ©bergeurs de confiance plutĂŽt qu’en payant avec des morceaux de sa vie et de ses interactions avec les autres.

Offrir la gratuitĂ© d’outils numĂ©riques Ă©thiques Ă  ces personnes lĂ , c’est leur offrir la possibilitĂ© d’en expĂ©rimenter l’intĂ©rĂȘt sans se sentir discriminĂ©es par le porte monnaie.

DĂ©googlisons Internet - Image CC BY-SA David Revoy

DĂ©googlisons Internet – Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Mais surtout, nous savons qu’un grand nombre de bĂ©nĂ©ficiaires de nos services font des dons
 non pas Ă  Framasoft, mais Ă  d’autres associations, structures et initiatives amies, que l’on cĂŽtoie parfois dans un archipel de collaborations, et avec qui on partage des valeurs fondamentales.

Nous le savons, car les membres de Framasoft participent aussi Ă  cette Ă©conomie du don.

C’est la force de ce modĂšle solidaire : votre don bĂ©nĂ©ficie Ă  plus de personnes que juste vous, et ces personnes peuvent Ă  leur tour contribuer Ă  une autre initiative, qui vous servira.

Contribuer au modĂšle solidaire de Framasoft

Parmi les membres de Framasoft, on donne à


Alors c’est super tard, et super difficile comme exercice, parce qu’on sait qu’on va oublier du monde et s’en vouloir


Mais nous prĂ©fĂ©rons proposer une liste imparfaite plutĂŽt que de ne pas vous donner des idĂ©es, si vous cherchez Ă  qui donner d’ici la fin de l’annĂ©e (ou en 2025, hein : ça marche aussi !).

Sachez que parmi nos membres (personnellement et donc hyper subjectivement), nous aussi on donne
 Entre autres, on donne à


Libertés, Communs et numérique

  • l’April, association pour la dĂ©fense et la promotion du logiciel libre ;
  • Open Food Facts, pour un commun indĂ©pendant qui dĂ©crypte ce qu’il y a dans nos assiettes ;
  • Open Street Map France, pour un commun qui fait l’Histoire en dessinant la gĂ©ographie ;
  • La Contre-Voie, association qui hĂ©berge des services web et sensibilise au numĂ©rique Ă©thique ;
  • YesWiki, association au service du logiciel libre pour crĂ©er des sites communautaires et collaboratifs ;
  • WikimĂ©dia France, l’association des contributions aux projets autour de la WikipĂ©dia Francophone ;
  • InterHop, pour le dĂ©veloppement de communs numĂ©riques de la santĂ© ;
  • Exodus Privacy, association qui Ă©value et popularise le niveau de vie privĂ©e des applications android ;
  • Internet Archive, pour la prĂ©servation et l’archivage de l’internet ;
  • GCompris, logiciel libre Ă©ducatif pour les enfants de 2 Ă  10 ans ;
  • Thunderbird, le client mail libre qu’on ne prĂ©sente plus ;
  • Abuledu-fr, pour crĂ©er et promouvoir des outils numĂ©riques libres et Ă©thiques Ă  vocation pĂ©dagogique ;
  • La Digitale pour concevoir et dĂ©velopper des outils numĂ©riques libres pour les enseignantes et les enseignants ;
  • Flus, logiciel libre pour trier et partager sa veille digitale sans captation de l’attention ;
  • Codeberg, organisation sans but lucratif allemande pour le partage de code et le soutien des communs :

 

RĂ©sistances, empouvoirement et justices

 

Journalistes, artistes : cultiver les libertĂ©s

  • Au Poste ! MĂ©dia indĂ©pendant qui dĂ©fend les libertĂ©s publiques (et utilise et promeut des outils Libres) ;
  • Blast Info, autre mĂ©dia indĂ©pendant et citoyen, qui lui aussi co-diffuse ses contenus sur PeerTube ;
  • Next, web mĂ©dia indĂ©pendant sur les Ă©volutions du numĂ©rique ;
  • David Revoy, artiste du web-comic libre Pepper & Carrot (et des belles illustration pour Framasoft <3)
  • Gee, alias Ptilouk, auteur du blog BD Grise-Bouille, de jeux vidĂ©os, le tout sous licences libres !
  • Hacking Social, autrices et vidĂ©astes popularisant la psychologie sociale, et l’auto dĂ©fense contre les autoritarismes ;
  • Khaganat, association pour la crĂ©ation d’un univers libre afin d’y crĂ©er des histoires, Ɠuvres, jeux vidĂ©os ;
  • Lent CinĂ©, association de production et diffusion d’Ɠuvres audiovisuelles libres ;
  • Les designers Ă©thiques, qui Ɠuvrent pour aider Ă  produire un numĂ©rique Ă©mancipateur durable et dĂ©sirable ;
  • Libre Ă  toi, association de la radio Cause Commune (radio promouvant les Communs) ;
  • Dogmazic, plateforme de partage de musique sous licence libre ;
illustration oĂč des animaux mascottes de projets framasoft rassemblent des ballons sur deux piquets au sol. Les ballons prennent la forme d'un 20 gĂ©ant.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Le dĂ©fi (presque gagnĂ©) : 20 000 fois 20 € de dons pour les 20 ans de Framasoft !

Framasoft est financĂ©e par vos dons ! Chaque tranche de 20 euros de dons sera un nouveau ballon pour cĂ©lĂ©brer 20 ans d’aventures et nous aider Ă  continuer et dĂ©coller une 21e annĂ©e.

Jauge de dons de Framasoft au 30 dĂ©cembre 2024, Ă  268 890 €

 

À l’heure oĂč nous publions, nous avons collectĂ© 268 890 € sur notre objectif de campagne. Il ne reste plus que quelques heures pour convaincre les copaines et rĂ©colter de quoi faire dĂ©coller Framasoft.

(Et on rappelle que Framasoft Ă©tant reconnue d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, c’est le dernier jour pour faire un don dont 66 % peuvent ĂȘtre dĂ©duits de vos impĂŽts sur les revenus 2024)

Rendez-vous ce soir : dĂ©fi relevĂ© ?

🎈🎈🎈Relever le dĂ©fi avec Framasoft🎈🎈🎈

Framasoft en chiffres, Ă©dition 2024

Par : Framasoft
28 décembre 2024 à 01:58

Quel est l’impact concret des actions de notre association ? C’est la question Ă  laquelle nous aimons rĂ©pondre en fin d’annĂ©e (cf. chiffres 2022, chiffres 2023) : prendre le temps de chiffrer nos actions est essentiel pour rĂ©aliser le service que l’on peut rendre aux autres. En route pour les Framastats 2024 !

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21iĂšme annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

âžĄïž Lire la sĂ©rie d’articles de cette campagne (nov. – dĂ©c. 2024)

Du cÎté de nos services en ligne


Plus de 1,8 million de personnes naviguent sur nos sites internet chaque mois : c’est trois fois plus de visites que n’en reçoit la Tour Eiffel, chaque mois ! C’est assez fou (et trĂšs motivant) d’imaginer que ce que nous faisons est utile Ă  tant de monde.

Et service par service, ça donne quoi ?

Framadate

Framadate permet de crĂ©er des mini-sondages, notamment pour trouver le bon crĂ©neau de rendez-vous. Et en chiffres, Framadate c’est :

  • 37 403 780 visites en 2024, soit 5 millions de plus qu’en 2023
  • 1,246 million de sondages hĂ©bergĂ©s en 2024 (sensiblement Ă©quivalent Ă  2023)
Graphique présentant l'évolution des visites sur Framadate

Graphique prĂ©sentant l’évolution des visites sur Framadate

Framapad

Framapad permet de rĂ©diger Ă  plusieurs sur un mĂȘme document. Framapad est sans doute l’un des plus gros services Etherpad au monde avec :

  • 601 800 pads hĂ©bergĂ©s actuellement, soit 92 000 de plus qu’en 2023
  • Plusieurs millions de pads hĂ©bergĂ©s depuis le lancement du service
  • 337 650 comptes sur MyPads (+ 28 000 par rapport Ă  2023)
  • Plus de 5 millions de visites en 2024
Graphique présentant la répartition des pads selon nos instances Framapad (pads annuels, bimestriels, hebdomadaires, semestriels, mensuels et comptes Mypads)

Graphique présentant la répartition des pads selon nos instances Framapad (pads annuels, bimestriels, hebdomadaires, semestriels, mensuels et comptes Mypads)

 

Framalistes et Framagroupes

Framalistes et Framagroupes permettent de crĂ©er des listes de discussion par email. Le serveur de Framalistes Ă©tant arrivĂ© au maximum de ses capacitĂ©s, nous avons ouvert Framagroupes en juin 2023, pour continuer Ă  proposer ce service que nous trouvons indispensable. Framalistes et Framagroupes sont certainement les plus gros serveurs de listes de discussion (hors gĂ©ants du Web) qui existent, avec :

  • Plus d’1,3 million d’utilisateurs et utilisatrices, soit 200 000 de plus qu’en 2023
  • 69 180 listes ouvertes, soit 5 280 de plus qu’en 2023
  • Environ 300 000 mails envoyĂ©s en moyenne par jour ouvrĂ©

Framaforms

Framaforms permet de crĂ©er simplement des questionnaires en ligne. Framaforms en chiffres c’est :

  • 867 000 visites par mois
  • 597 859 formulaires actuellement hĂ©bergĂ©s
  • 194 216 formulaires crĂ©Ă©s cette annĂ©e (22 000 de plus qu’en 2023)
Graphique présentant l'évolution des visites sur Framaforms (ça grimpe !)

Graphique prĂ©sentant l’évolution des visites sur Framforms (ça grimpe !)

Framacalc

Framacalc permet de crĂ©er des tableurs collaboratifs. C’est peut-ĂȘtre lĂ  encore la plus grosse base Ethercalc au monde avec :

  • 4 632 215 visites en 2023
  • 212 000 calcs hĂ©bergĂ©s
Graphique présentant l'évolution des visites sur Framacalc

Graphique prĂ©sentant l’évolution des visites sur Framacalc

Framateam

Framateam est un service de tchat, et permet une organisation d’équipe par canaux. C’est probablement l’une des plus grosses instances Mattermost publique au monde avec :

  • 163 730 utilisateurs et utilisatrices sur le service (dont 6 197 se connectent tous les jours), soit 15 000 de plus qu’en 2023
  • 31 703 Ă©quipes qui s’organisent
  • 184 537 canaux de discussions (20 000 de plus que l’an passĂ©)
  • Plus de 6 millions de messages Ă©changĂ©s cette annĂ©e (et presque 50 millions depuis le lancement du service)
Statistiques de Framateam, notre instance Mattermost

Statistiques de Framateam, notre instance Mattermost

Framagit

Framagit est une forge logicielle, oĂč dĂ©veloppeurs et dĂ©veloppeuses peuvent publier leur code et contribuer Ă  celui des autres. Framagit est probablement un des plus gros serveurs Gitlab publics de France avec :

  • 76 945 projets hĂ©bergĂ©s
  • 53 072 utilisateurs et utilisatrices
  • 10 615 forks
  • 161 156 issues
  • 103 153 Merge requests
  • 1,9 million de notes
Capture Ă©cran du tableau d'accueil de Framagit

Capture Ă©cran du tableau d’accueil de Framagit

Capture Ă©cran du tableau d'accueil de Framagit

Capture Ă©cran du tableau d’accueil de Framagit

Framacarte

Framacarte permet de crĂ©er des cartes gĂ©ographiques en ligne. Et en chiffres, c’est :

  • 3 161 967 visites en 2023
  • 8 764 utilisateurs et utilisatrices (+ 2 074 en un an)
  • 196 978 cartes hĂ©bergĂ©es (+ 16 476 en un an)
Graphique présentant l'évolution des visites sur Framacarte

Graphique prĂ©sentant l’évolution des visites sur Framacarte

Framatalk

Framatalk permet de crĂ©er ou rejoindre un salon de vidĂ©oconfĂ©rence. Et en chiffres, c’est :

  • 121 765 visites en 2024
  • 27 200 visioconfĂ©rences hĂ©bergĂ©es en 2024, soit en moyenne 75 confĂ©rences actives pour 200 participant⋅es par jour ouvrĂ©
Graphique présentant l'évolution des visites sur Framatalk (remarquez cet énorme pic pendant l'année des confinements !)

Graphique prĂ©sentant l’évolution des visites sur Framatalk (remarquez cet Ă©norme pic pendant l’annĂ©e des confinements !)

Framindmap

Framindmap permet de crĂ©er des cartes mentales. En chiffres, Framindmap c’est :

  • 282 379 visites en 2024
  • 1,36 1,13 million de cartes mentales hĂ©bergĂ©es, soit 223 000 cartes crĂ©Ă©es en 2024
  • 588 584 utilisateurs et utilisatrices, soit 100 000 de plus qu’en 2023
Graphique présentant l'évolution des visites sur Framindmap

Graphique prĂ©sentant l’évolution des visites sur Framindmap

 

Framavox

Framavox permet Ă  un collectif de se rĂ©unir, dĂ©battre et prendre des dĂ©cisions, dans un seul endroit. Framavox est probablement une des plus grosses instances existantes de l’excellent logiciel Loomio, avec :

  • 128 938 utilisateurs et utilisatrices, soit 9 000 de plus qu’en 2023
  • 136 067 visites en 2024
  • 13 388 communautĂ©s, ce qui fait plus de 1 000 nouvelles communautĂ©s accueillies

Framavox – Illustration de David Revoy

Framagenda

Framagenda permet de crĂ©er des calendriers en ligne. Et en chiffres, c’est :

  • prĂšs de 300 000 calendriers
  • plus de 130 000 utilisateurices

Framaspace

Framaspace est un environnement de travail collaboratif pour les petites associations et collectifs. En chiffres, c’est :

  • 1 627 associations et petits collectifs qui ne s’organisent pas chez Google
  • 777 nouveaux espaces ouverts en 2024
  • 16 serveurs (dĂ©diĂ©s et machines virtuelles) pour 640 To d’espace disque provisionnĂ©
  • Plus de 800 000 fichiers hĂ©bergĂ©s
Une licorne dĂ©guisĂ©e en cosmonaute (avec une passoire sur la tĂȘte) marche sur les nuages et souffle des bulles. Dans ces bulles, on retrouve des cubes symbolisant le travail en commun (dossiers, boite Ă  outils, livres, machine Ă  Ă©crire, boulier, etc.).

Framaspace – Illustration de David Revoy

PeerTube

PeerTube est une alternative aux plateformes vidĂ©o. Et en chiffres c’est :

  • 422 000 utilisateurs et utilisatrices, soit 122 000 de plus qu’en 2023
  • 922 000 vidĂ©os
  • 1 062 instances publiques
  • 509 000 commentaires sur les vidĂ©os, contre 200 000 l’an passĂ©, soit une multiplication par 2,5 !
  • 443 millions de vues, soit 2 fois plus que l’an passĂ© (on compte une vue Ă  partir de 10 secondes sur la vidĂ©o)
  • 503 To de fichiers
  • 411 issues rĂ©solues en 2024 (sur 4 842 issues traitĂ©es au total)
  • 441 591 visites sur JoinPeerTube.org
  • 1 nouvelle application smartphone !

Statistiques PeerTube des 3 derniers mois de 2023 : instances, utilisateurices, commentaires, vidĂ©os, vues et poids des vidĂ©os

Mobilizon

Mobilizon est l’alternative que nous proposons aux groupes et Ă©vĂ©nements Facebook. En chiffres, c’est :

Mobilizon – Illustration de David Revoy

Framadrive

Framadrive, service de stockage de documents, n’est plus ouvert aux inscriptions, mais fonctionne toujours ! Et en chiffres, c’est :

  • Plus de 10 millions de fichiers
  • PrĂšs de 5 000 utilisateurs et utilisatrices
  • 2,6 To d’espace disque utilisĂ©

Framapiaf

Framapiaf, installation du logiciel de micro-bloging Mastodon, n’est plus ouvert aux nouvelles inscriptions mais reste bien actif. En chiffres, c’est :

  • 1 400 utilisateurs et utilisatrices s’étant connecté·es dans les 30 derniers jours
  • 2 597 813 messages postĂ©s depuis la mise en place de l’instance.

Dorlotons DĂ©googlisons – Illustration de David Revoy

Infrastructure technique

Framasoft est, Ă  notre connaissance, le plus gros hĂ©bergeur associatif de services en ligne au monde. Et a priori, ce modĂšle de fonctionnement associatif n’existe nulle part ailleurs ! En chiffres :

  • 63 serveurs et 63 machines virtuelles qui hĂ©bergent nos services en ligne (soit 5 serveurs physiques de plus qu’en 2024)
  • 0,7 tonne Ă©quivalent CO2 pour la consommation Ă©lectrique annuelle de notre infrastructure technique (notre hĂ©bergeur Hetzner utilisant des Ă©nergies renouvelables hydroĂ©lectriques et Ă©oliennes)
  • 1 admin sys Ă  temps plein et 2 personnes tech en soutien
  • 1 personne au support Ă  temps plein

Je participe au financement des Framaservices

 

L’association et les communs culturels

Les services en ligne que nous mettons Ă  disposition du public ne sont pas les seuls Ă  occuper nos journĂ©es. VoilĂ  quelques chiffres concernant d’autres actions que nous avons menĂ©es Ă  bien cette annĂ©e.

Dessin dans le style d'un jeu vidĂ©o de combat, oĂč s'affronte l'Ă©lĂ©phant et le piaf de DĂ©googlisonse et le monstre de Google Suite.

C’est grĂące Ă  vos dons que EspĂ©hef et AhĂšmvĂ© font face Ă  Hydrooffice ! Illustration de David Revoy

En interne

  • Framasoft c’est 25 membres bĂ©nĂ©voles et 9 salariĂ©â‹…es
  • 45 interventions en 2024, en prĂ©sentiel et/ou en ligne sur le numĂ©rique, les communs culturels et leurs enjeux
  • Plus de 102 articles publiĂ©s sur le Framablog en 2024
  • La parution de notre premier ouvrage de notre maison d’édition Des Livres en Communs : L’amour en Commun

Les projets partagés

  • 1 128 notices sur l’annuaire Framalibre, soit 31 de plus que l’an passĂ©
  • 51 prestataires (30 de plus qu’en 2023) en capacitĂ© d’accompagner des associations dans leur Ă©mancipation numĂ©rique recensĂ©s sur le site emancipasso.org
  • La participation Ă  la rĂ©union de clĂŽture du projet ECHO Network
  • La transmission de la coordination aprĂšs 8 annĂ©es d’animation du collectif CHATONS regroupant actuellement 96 hĂ©bergeurs alternatifs

Je soutiens les actions de Framasoft

Le dĂ©fi : 20 000 fois 20 € de dons pour les 20 ans de Framasoft !

Framasoft est financĂ©e par vos dons ! Chaque tranche de 20 euros de dons sera un nouveau ballon pour cĂ©lĂ©brer 20 annĂ©es d’aventures et nous aider Ă  continuer et dĂ©coller une 21e annĂ©e.

illustration oĂč des animaux mascottes de projets framasoft rassemblent des ballons sur deux piquets au sol. Les ballons prennent la forme d'un 20 gĂ©ant.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

À ce jour, nous avons dĂ©passĂ© le pallier des 200 000 €, qui nous assure de pouvoir maintenir l’existant (en Ă©quipe rĂ©duite) en 2025.

Tout ce qui nous rapprochera du pallier idĂ©al des 400 000 € nous permettra de pouvoir accueillir de nouvelles forces, amĂ©liorer des services web, s’attaquer Ă  de nouveaux enjeux
 bref de dĂ©coller en 2025.

Il nous reste 4 jours pour convaincre les copaines et récolter de quoi faire décoller Framasoft.

Alors : dĂ©fi relevĂ© ?

🎈 Je soutiens la 21e annĂ©e de Framasoft 🎈

[bonus] Dans les coulisses du podcast des 20 ans de Framasoft

Par : Framasoft
26 décembre 2024 à 03:07

Ça y est, les deux Ă©pisodes du podcast Projets Libres ! qui racontent les 20 ans de Framasoft sont sortis ! Et comme dĂ©montrĂ© par chaque Ă©pisode de ce podcast, il y a de la rencontre humaine de partout : surtout dans un projet de podcast pour raconter un projet associatif !

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21iĂšme annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

âžĄïž Lire la sĂ©rie d’articles de cette campagne (nov. – dĂ©c. 2024)

 

Framasoft ouvre donc les lignes du Framablog Ă  Walid Nouh (le rĂ©alisateur de cette sĂ©rie de podcasts libres sur des projets libres qu’on ne saurait trop vous conseiller), car nous avions fortement envie de vous raconter les coulisses de ces enregistrements
 Avec, entre parenthĂšses et en italiques, des petites « notes de Pouhiou Â» pour contextualiser ce qu’il s’est passĂ© cĂŽtĂ© Framasoft.

photo de Walid Nouh

Walid (crĂ©dit : site du podcast Projets Libres ! )

Automne 2023 : un Ă©pisode consacrĂ© Ă  PeerTube fait naĂźtre une idĂ©e.

Quelques semaines aprĂšs la publication de l’épisode sur l’histoire de Peertube avec Pouhiou et Booteille, je reçois un mail de Pouhiou me demandant si cela pourrait m’intĂ©resser de raconter l’histoire humaine des 20 ans Framasoft. L’équipe a apprĂ©ciĂ© l’épisode sur PeerTube, et me propose donc un autre projet.

(Walid est ici trĂšs modeste : participer Ă  ce podcast est une chance. Il travaille brillamment son sujet en amont, pour ouvrir un espace oĂč on se sent Ă  l’aise de raconter les rencontres, les envies, les joies, les atermoiements
 bref les partages humains qui font qu’un projet avance. C’est rare (et prĂ©cieux) que quelqu’un vous tende une chaise et une oreille pour vous dire : « vas-y, raconte moi. Â» — Note de Pouhiou)

Les choses sont posĂ©es avec cette petite phrase :

Donc si le projet t’intĂ©resse, il faudra que tu poses clairement ton cadre et tes limites, histoire de ne pas te faire dĂ©border par le sujet

(il faut dire qu’à Framasoft nous avons 20 ans d’Histoire et d’histoires Ă  raconter, et une quarantaine de bavard·es invĂ©tĂ©rĂ©es actifves
 sans compter les membres des annĂ©es passĂ©s. Y’a de quoi se faire noyer sous les anecdotes ! — NdP)

capture d'Ă©cran de la page des choix pour s'abonner au podcast projets Libres

Cliquez pour choisir comment vous abonner au podcast Projets Libres !

Automne 2024 : on passe Ă  l’action

Le temps passe, et je commence Ă  faire plus ample connaissance avec Pierre-Yves Gosset (pyg) quand on se croise sur les salons (Capitole du libre, JDLL, RPLL, etc).

Bref, j’avais un peu procrastinĂ© sur le sujet en pensant Ă  la masse de travail que cela reprĂ©sente (et surtout au format que je pourrais imaginer) !

Et puis en octobre, le mois dernier, Pouhiou me recontacte pour savoir si je suis toujours intĂ©ressĂ© : est-ce que vous ne seriez pas intĂ©ressĂ©, vous, par faire une interview de l’équipe de Framasoft, suivant le format que vous avez vous-mĂȘme dĂ©fini ^^ ?

(Franchement, de notre cĂŽtĂ©, c’était une bouteille Ă  la mer
 Avec une annĂ©e 2024 tumultueuse, nous n’avons pas pu relancer Walid avant octobre
 Donc nous n’imaginions pas qu’il rĂ©ponde ainsi au quart de tour, avec enthousiasme
 et ça nous a fait trĂšs chaud au cƓur ! — NdP)

J’accepte donc de suite et je rĂ©flĂ©chis rapidement Ă  un format. Je propose de partir sur une entrevue en deux parties, un peu comme ce que j’avais fait pour les Ă©pisodes sur GLPI.

On se met d’accord sur les intervenants, et l’équipe me demande de ne pas faire de trame pour avoir le cĂŽtĂ© spontanĂ© (je fais toujours une trame que je soumets aux invitĂ©.es, ce qui m’aide Ă  mener l’entrevue).

La seule contrainte c’est que les deux Ă©pisodes doivent ĂȘtre enregistrĂ©s sur une semaine (je me dĂ©pĂȘche donc de proposer les deux framadates !).

(Notons ici que nous devons beaucoup au professionnalisme de Walid. Car quand il accepte, d’abord on est surpris, ensuite on est contentes, et enfin on panique un peu d’avoir dĂ©jĂ  un calendrier un peut trop rempli
 Mais il nous a gĂ©rĂ© de main de maĂźtre ! — NdP)

capture d'écran de la page du podcast projets libres dédié à Framasoft

Cliquez pour aller Ă©couter le premier Ă©pisode du podcast racontant les 20 ans de Framasoft

21 et 23 octobre 2024 : silence, ça tousse !

L’enregistrement du premier Ă©pisode ne se passe pas dans les meilleures conditions car Alexis a une connexion capricieuse, et il se dĂ©connecte une dizaine de fois pendant l’enregistrement
 Pierre-Yves et moi n’étions pas super sereins, mais finalement plus de peur que de mal, j’ai bien rĂ©cupĂ©rĂ© toutes les bandes sons !

(LĂ  encore, Walid fait preuve de beaucoup de mĂ©thode dans l’enregistrement et le montage, ce qui a permis un si beau rĂ©sultat — NdP)

Le second enregistrement se passe bien, à part un Pouhiou un peu malade. Nous avons tout le temps pour parler et enregistrer, et donc dire l’essentiel.

(Alors en vrai j’étais rĂ©tamĂ© par une vilaine crĂšve, j’ai dormi tout l’aprĂšm, je me suis shootĂ© au paracĂ©tamol + un truc Ă  la vitamine C du fond de ma trousse Ă  pharmacie
 et aprĂšs l’enregistrement j’ai passĂ© trois jours sous la couette. Mais j’ai dĂ» bien tricher si ça ne s’entend pas trop :p — NdP)

Au final j’ai quatre heures de discussions passionnantes qu’il va falloir monter, transcrire et mettre en forme (cela reprĂ©sente environ 12 Ă  15 heures de travail).

(Et encore, si ce n’est « que Â» 15 heures de boulot, c’est parce que maintenant tu es rĂŽdĂ©, Walid
 C’est important de dire que derriĂšre tout podcast, toute vidĂ©o, tout article blog
 il y a un travail de mise en forme important, souvent ingrat et invisible. — NdP)

capture d'écran de la page du podcast projets libres dédié à Framasoft

Cliquez pour aller Ă©couter le deuxiĂšme Ă©pisode du podcast racontant les 20 ans de Framasoft

Les leçons de ces enregistrements

J’en tire quelques leçons :

  • c’est une grande marque de confiance dont je suis trĂšs fier
    • (C’est le soin que tu mets dans ton travail qui se voit et inspire confiance, en fait. — NdP)
  • j’ai appris plein de choses et j’ai pu poser mes questions
  • il faut bien confirmer que les gens ont reçu mon invitation pour l’enregistrement

    • (Oui alors il faut dire que les Frama-tĂȘte-en-l’air sont nombreuses, dans l’association ^^ — Note de Pouhiou)
  • si tu connais les gens ou le sujet, c’est possible de faire des Ă©pisodes intĂ©ressants sans trame (merci les conversations avec pyg !), sinon c’est compliquĂ© de ne pas passer Ă  cĂŽtĂ© des choses qui te semblent importantes
  • ces deux Ă©pisodes sont un bon rĂ©sumĂ© de ce qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© publiĂ© sur toute cette aventure. J’avais comme envie de donner aux auditeur.ices un panorama de ce qui s’est passĂ© d’important pendant ces vingt ans pour l’asso, et de montrer les transformations qui se sont produites
    • (et nous on trouve que c’est trĂšs rĂ©ussi
 on espĂšre que les personnes qui ont Ă©coutĂ© le podcast aussi ! — NdP)

En conclusion je remercie l’équipe de Framasoft pour sa confiance, et j’espĂšre que vous aurez autant de plaisir Ă  Ă©couter (ou lire) ces entrevues que j’en ai eu Ă  les rĂ©aliser !

Je sais que les notes que j’ai ajoutĂ©es Ă  ton tĂ©moignage peuvent paraĂźtre flagorneuses
 mais elles sont simplement vraies.

C’est vraiment à nous, Walid, de te remercier.

C’est toi qui a rĂ©pondu prĂ©sent, Ă©coutĂ©, organisĂ©, rĂ©flĂ©chi, travaillĂ©, enregistrĂ©, dĂ©rushĂ©, montĂ©, transcrit, traduit
 Bref c’est toi qui a offert ton travail Ă  Framasoft pour nous aider Ă  partager un peu plus l’histoire de notre association. Et pour cela, tu as toute notre reconnaissance. (cette note-lĂ  n’est pas que de Pouhiou
 mais de tout Framasoft)

illustration oĂč des animaux mascottes de projets framasoft rassemblent des ballons sur deux piquets au sol. Les ballons prennent la forme d'un 20 gĂ©ant.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Les 20 ans de Framasoft : ne loupez rien !

Nous sommes fin 2024, et Framasoft fĂȘte ses vingt annĂ©es d’existence associative avec

À ce jour, nous avons collectĂ© 213 766 € sur notre objectif de campagne. Il nous reste 7 jours pour convaincre les copaines et rĂ©colter de quoi faire dĂ©coller Framasoft.

Alors : dĂ©fi relevĂ© ?

🎈 Je soutiens la 21e annĂ©e de Framasoft 🎈

Bilan de deux annĂ©es d’actions pour « DĂ©googliser les assos Â» 🩆🩆

Par : Framasoft
24 décembre 2024 à 03:00

En lançant en octobre 2022 la campagne COllectivisons INternet / COnvivialisons INternet (coin coin pour les intimes), nous annoncions notre ambition de poursuivre le mouvement Ă©mancipateur lancĂ© par DĂ©googlisons Internet et approfondi par Contributopia, sans limiter nos actions aux « petits gestes individuels de dĂ©googlisation Â». Notre objectif : fournir des outils numĂ©riques aux associations et collectifs qui Ɠuvrent pour le bien commun et le bien des Communs.

Un peu plus de deux ans aprÚs le lancement de cette feuille de route, il est temps pour nous de vous présenter le bilan des 4 projets la constituant.

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21e annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

âžĄïž Lire la sĂ©rie d’articles de cette campagne (nov. – dĂ©c. 2024)

Emancip’Asso, favoriser l’émancipation numĂ©rique du monde associatif

BanniÚre Emancip'Asso : "les géants du numérique, c'est pas automatique !"

PremiĂšre Ă©tape : accompagner la montĂ©e en compĂ©tences des fournisseurs de services numĂ©riques Ă©thiques

Ayant constatĂ© que les fournisseurs de services numĂ©riques Ă©thiques Ă©taient peu nombreux Ă  proposer des solutions prenant rĂ©ellement en compte les besoins des associations, notamment l’accompagnement nĂ©cessaire pour mener Ă  bien une dĂ©marche de transition vers des outils numĂ©riques libres, nous avons souhaitĂ© accompagner la montĂ©e en compĂ©tences de ces acteurices Ă  travers deux dispositifs : une formation et un cours en ligne (MOOC).

Nous avons publiĂ© le bilan complet de ces dispositifs sur le Framablog fin 2023. Rappelons tout de mĂȘme que 20 personnes se sont retrouvĂ©es Ă  Paris en janvier 2023 pour participer Ă  la formation « DĂ©velopper une offre de services pour accompagner les associations dans leur transition numĂ©rique Ă©thique Â» et que courant 2023, cette formation a Ă©tĂ© transposĂ©e en cours en ligne sur la plateforme https://mooc.chatons.org/.

screenshot de la page d'accueil du MOOC Emancip'Assp

C’est bien Ă©videmment Ă  son lancement il y a un an que la frĂ©quentation du MOOC a Ă©tĂ© la plus importante : plus de 2000 consultations des leçons en dĂ©cembre 2023 (dont 1253 provenant d’apprenant⋅es identifiĂ©â‹…es) et 1150 en janvier 2024. À compter de fĂ©vrier, on note une consultation bien plus faible, mais rĂ©guliĂšre des leçons Ă  hauteur de 120 consultĂ©es en moyenne chaque mois. Sachant qu’il est possible de suivre le MOOC de maniĂšre anonyme, il n’est pas aisĂ© de dĂ©terminer le nombre rĂ©el d’apprenant⋅es, mais on comptabilise 91 comptes crĂ©Ă©s qui ont suivi tout ou partie du MOOC.

Seconde Ă©tape : un site web pour que les associations trouvent qui peut les accompagner dans leur Ă©mancipation numĂ©rique

Si le site emancipasso.org a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© au cours de l’annĂ©e 2023, c’est en mars 2024 que nous avons communiquĂ© spĂ©cifiquement Ă  son sujet auprĂšs des associations. La campagne de communication « Associations : les gĂ©ants du numĂ©rique, c’est pas automatique ! Â» s’est articulĂ©e autour d’articles de blog (l’un prĂ©sentant le projet, les autres documentant la dĂ©marche de plusieurs associations en cours de transition), de publications sur les rĂ©seaux sociaux (#EmancipAsso) pour visibiliser les prestataires du rĂ©pertoire et cĂ©lĂ©brer les associations qui ont mis en cohĂ©rence leurs outils et leurs valeurs, d’un webinaire de prĂ©sentation et d’une campagne d’emailing auprĂšs des organisations de l’ESS.

S’il est difficile d’évaluer si cette campagne a permis aux associations de prendre conscience de l’incohĂ©rence qu’il y a Ă  vouloir changer le monde en utilisant les outils du capitalisme, on peut se fĂ©liciter que la communautĂ© Emancip’Asso, espace d’entraide pour Ă©changer bonnes pratiques, conseils et astuces, ait progressivement Ă©tĂ© rejointe par des associations et des acteurices de l’écosystĂšme du numĂ©rique Ă©mancipateur. On comptabilise Ă  ce jour 145 comptes, dont quasiment la moitiĂ© (48,3 %) y ont contribuĂ©. Au total, la communautĂ© a accueilli 105 Ă©changes, lesquels reprĂ©sentent au total 360 messages. Ces Ă©changes sont principalement initiĂ©s par des membres d’associations pour exprimer des besoins techniques ou stratĂ©giques. La communautĂ© (prestataires et/ou autres associations) y rĂ©pond rapidement (dĂ©lai de moins de 3 jours en gĂ©nĂ©ral) et on estime que le niveau de satisfaction est Ă©levĂ©. De plus, l’outil est un bon moyen pour les prestataires recensĂ©s dans le rĂ©pertoire de valoriser leur savoir-faire.

screenshot du forum Emancip'Assp

On peut aussi se rĂ©jouir de voir de plus en plus de prestataires soumettre leur candidature pour intĂ©grer le rĂ©pertoire. En l’espace d’un an, leur nombre a doublĂ© : ils Ă©taient 25 en dĂ©cembre 2023, 33 au lancement de la campagne de communication en mars et 52 dĂ©sormais.

Enfin, afin de faire connaĂźtre Emancip’Asso au plus grand nombre, nous l’avons prĂ©sentĂ© Ă  plusieurs reprises en 2024 :

  • le 31 janvier au Forum national de l’ESS (Niort)
  • le 25 avril lors d’un webinaire pour le rĂ©seau NumĂ©ris’Asso
  • le 26 mai aux JournĂ©es du Logiciel Libre (Lyon)
  • le 10 juin aux Rencontres Professionnelles du logiciel libre (Lyon)
  • le 26 septembre lors d’un webinaire pour la communautĂ© de la Fondation CrĂ©dit CoopĂ©ratif
  • le 13 novembre au Forum National des Associations et fondations (Paris)
  • le 23 novembre au Campus du Libre (Lyon)
  • le 10 dĂ©cembre lors d’un mardi de l’ESS (Lyon) sur Les Communs numĂ©riques, leviers de la transformation sociale

Perspectives

Emancip’Asso n’en est qu’à ses dĂ©buts et a vocation Ă  durer dans le temps, pour convaincre toujours plus d’associations de mettre en cohĂ©rence leurs outils numĂ©riques avec leurs valeurs.

Nous allons continuer Ă  faire connaĂźtre le site emancipasso.org en :

  • communiquant rĂ©guliĂšrement sur les prestataires recensĂ©s dans le rĂ©pertoire ;
  • prĂ©sentant les ressources qui y sont rĂ©pertoriĂ©es ;
  • animant la communautĂ© Emancip’Asso ;
  • dĂ©veloppant les partenariats avec les fĂ©dĂ©rations d’associations ;
  • dĂ©veloppant notre prĂ©sence lors des Ă©vĂ©nements nationaux du secteur associatif ;
  • animant webinaires de prĂ©sentation, ateliers ou confĂ©rences.

Et nous comptons sur le bouche-Ă -oreille pour que ce site devienne une ressource incontournable pour toutes les associations : n’hĂ©sitez pas Ă  prĂ©senter cet outil Ă  vos associations prĂ©fĂ©rĂ©es !

Si vous le souhaitez, vous pouvez nous donner les moyens de continuer Ă  faire dĂ©couvrir Emancip’Asso auprĂšs des nombreuses associations qui utilisent encore les outils des gĂ©ants du web.

Soutenir Emancip’Asso (et Framasoft)

 

Peer.Tube, mettre en valeur le PeerTube pour lequel nous Ɠuvrons

PeerTube pouvant ĂȘtre utilisĂ© par toutes et n’importe qui, on peut parfois trouver tout et n’importe quoi dans cet univers de vidĂ©os, dont des contenus qui ne nous correspondent pas du tout. Ce n’est pas notre rĂŽle de les interdire, mais cela peut ĂȘtre notre rĂŽle de promouvoir des vidĂ©os sur PeerTube qui nous rendent fiĂšr·es de tout ce travail que nous fournissons depuis plus de 7 ans sur ce logiciel.

Notre idĂ©e Ă©tait donc de crĂ©er sur le site peer.tube une vitrine de vidĂ©os PeerTube qui nous enthousiasment. En rĂ©alisant ce travail de curation, via la sĂ©lection de contenus de qualitĂ©, nous aurions ainsi pour rĂ©pondre Ă  celles et ceux qui nous demandent comment trouver des vidĂ©os intĂ©ressantes sur PeerTube : essaye sur peer.tube !

Nous avions prĂ©vu 4 axes de dĂ©veloppement sur ce projet :

  • se fĂ©dĂ©rer avec des instances et chaĂźnes au contenu original,
  • partager nos choix de fĂ©dĂ©ration pour que d’autres instances puissent les suivre,
  • permettre Ă  des crĂ©atrices de contenus qui ne trouvent pas leur place sur d’autres instances de candidater pour avoir un compte sur peer.tube,
  • tenter de faire communautĂ© avec les administratrices et administrateurs d’autres instances qui ont Ă©tabli leur ligne Ă©ditoriale.

Si, en 2022, nous avions dĂ©jĂ  commencĂ© ce travail en proposant sur peer.tube une sĂ©lection de chaĂźnes « qui valent le dĂ©tour Â» et de quelques playlists en anglais et en français, nous n’avons au final pas trouvĂ© l’énergie et la disponibilitĂ© d’avancer davantage dans ce projet.

screenshot de la page d'accueil de peer.tube

Pour autant, le besoin est, selon nous, toujours d’actualitĂ©. Nous avions d’ailleurs pensĂ© que l’application PeerTube que nous venons de publier pourrait en partie y rĂ©pondre. Mais c’était avant qu’on dĂ©couvre que les magasins d’applications d’Apple (AppStore) et Google (PlayStore) n’étaient manifestement pas prĂȘts Ă  hĂ©berger un client pour (non pas une plateforme mais) un rĂ©seau de plateformes autonomes de partage de vidĂ©os. Ainsi, pour pouvoir publier l’application PeerTube, nous avons dĂ» prĂ©senter l’application mobile avec une « liste autorisĂ©e Â» de plateformes PeerTube rĂ©pondant Ă  leurs normes. Normes qui font que certains comptes et certaines chaĂźnes que nous trouvons pertinents (et qui sont dĂ©jĂ  dans notre sĂ©lection sur https://peer.tube/) en sont exclus.

Si le projet Peer.Tube n’a pas vu le jour sous la forme qu’on avait imaginĂ©e en 2022, on espĂšre cependant qu’on pourra envisager sa transformation (ou sa relance) prochainement. En 2025, on aimerait continuer Ă  mettre un peu d’énergie et de moyens pour davantage valoriser les contenus de qualitĂ© postĂ©s sur le rĂ©seau PeerTube. Cela pourrait ĂȘtre en prolongeant l’expĂ©rience de la newsletter de l’écosystĂšme PeerTube envoyĂ©e en avril dernier
 ou bien d’une toute autre façon


Si vous pensez que c’est une bonne idĂ©e, n’hĂ©sitez pas Ă  nous le faire savoir : quelques encouragements en commentaire et/ou votre soutien financier nous serons trĂšs prĂ©cieux.

Soutenir la promotion de PeerTube (et Framasoft)

 

Framaspace, cloud convivial pour collectifs solidaires

Deux ans aprĂšs l’annonce de Framaspace, un environnement de travail en ligne collaboratif pour outiller les associations et collectifs qui veulent changer le monde, 1627 organisations ont rejoint ce service gratuit basĂ© sur le logiciel libre Nextcloud. C’est 125 de plus depuis la publication de l’article de blog du 26 novembre, ce qui nous conforte dans l’idĂ©e que ce service rĂ©pond bien Ă  un besoin.

Un environnement de travail collaboratif tout-en-un


Entre la version beta lancĂ©e le 15 novembre 2022 et aujourd’hui, le service Framaspace a bĂ©nĂ©ficiĂ© de nombreuses amĂ©liorations via :

  • plusieurs mises-Ă -jour majeures de Nextcloud, le logiciel derriĂšre Framaspace ;
  • le dĂ©veloppement et l’ajout de 2 applications : Visites guidĂ©es et Transfert de propriĂ©tĂ© ;
  • l’ajout de 3 autres applications : Formulaires, Tableaux et Paheko.
Illustration - Dans l'espace, une licorne fait apparaitre des bulles de sa baguette magique. Dans les bulles, on trouve des symboles : un boulier, des fichiers, etc.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Framaspace, c’est aujourd’hui une suite logicielle qui intĂšgre 13 outils :

📁 un espace de stockage / partage de documents (drive)

đŸ—’ïž une suite bureautique pour l’édition collaborative des fichiers

đŸ“· une application pour crĂ©er des albums de photos ou des vidĂ©os

💬 la possibilitĂ© d’échanger par conversation Ă©crite ou en visioconfĂ©rence avec les autres utilisateur⋅ices

đŸ‘„ un carnet de contacts oĂč en plus d’y enregistrer vos contacts personnels, vous pouvez crĂ©er des groupes pour les organiser et des Ă©quipes pour partager des donnĂ©es spĂ©cifiques

đŸ—“ïž une application pour crĂ©er des agendas, y ajouter vos Ă©vĂ©nements et les partager

đŸ—‚ïž un outil de gestion de projet de style kanban destinĂ© Ă  la planification personnelle et Ă  l’organisation de projets en Ă©quipe

📣 un module d’annonces qui permet de publier des informations à destination de tous les utilisateur⋅ices de votre Framaspace

🔄 une application permettant aux associations qui ont rejoint Framaspace de coopĂ©rer entre elles autour de projets communautaires, en construisant des connaissances partagĂ©es via l’édition collaborative de contenus

📊 un outil pour crĂ©er des formulaires simples dont les rĂ©sultats sont visibles directement ou transfĂ©rĂ©s dans un fichier .csv ou un tableur

đŸ§© un outil de gestion de la vie associative (gestion des membres, gestion des activitĂ©s et gestion comptable)

📝 une application pour gĂ©rer des listes de tĂąches et de les partager avec d’autres utilisateur⋅ices

🚀 un outil no code qui permet de crĂ©er des mini-applications (rĂ©servĂ© Ă  un public ayant une bonne maĂźtrise des outils numĂ©riques)

Et on ne compte pas s’arrĂȘter lĂ  ! MĂȘme si nous proposons dĂ©sormais une offre relativement complĂšte. Avec l’installation de la version 30 de Nextcloud dĂ©but 2025, de nouvelles fonctionnalitĂ©s intĂ©ressantes vont ĂȘtre ajoutĂ©es. Pour la suite, nous envisageons de mettre en place une infrastructure plus performante pour augmenter les capacitĂ©s de l’outil de visioconfĂ©rence intĂ©grĂ© Ă  Framaspace pour que cette fonctionnalitĂ© soit accessible Ă  davantage de participant⋅es.

De plus, nous Ă©valuerons l’intĂ©gration de nouvelles applications, comme celle mettant Ă  disposition un tableau blanc interactif et partagĂ©, ou celle proposant des dossiers de groupes (qui reste pour l’instant un peu trop buguĂ©e Ă  notre goĂ»t). Nous estimerons la pertinence d’intĂ©grer la valorisation du bĂ©nĂ©volat. Et nous verrons si nous avons les moyens humains et financiers d’ajouter la possibilitĂ© de crĂ©er et gĂ©rer votre site web associatif, directement depuis votre Framaspace.

Soutenir Framaspace (et Framasoft)

 


 adoptĂ© par des organisations Ɠuvrant Ă  la transformation sociale et environnementale

GrĂące aux informations renseignĂ©es lors de chaque inscription, il nous est possible d’avoir une petite idĂ©e de qui sont les bĂ©nĂ©ficiaires de Framaspace. On constate ainsi que ce sont des structures plutĂŽt rĂ©centes : 42 % d’entre elles ont moins de 5 ans alors que 26 % ont entre 5 et 15 ans et 32 % plus de 15 ans. Elles sont mĂȘme 10 % Ă  avoir Ă©tĂ© crĂ©Ă©es en 2024.

graphique en barre montrant en absysse le nombre de structures et en ordonnée les années de création

 

La majeure partie d’entre elles (70 %) sont constituĂ©es en associations, mais 25 % sont des collectifs informels et 5 % des syndicats.

Quant Ă  leurs domaines d’intervention, elles sont 43 % Ă  indiquer qu’elles Ɠuvrent dans l’éducation, 41 % dans le social et 40 % dans l’environnement.

Nous le constations dĂ©jĂ  en 2022 et 2023 et cela se confirme en 2024 : nous avons rĂ©ussi Ă  cibler le public que nous souhaitions toucher : des associations (dĂ©clarĂ©es ou de fait) plutĂŽt petites, avec de petits budgets dont les domaines d’intervention sont l’éducation, l’environnement, le social ou le culturel. Ce qui n’est pas Ă©tonnant quand on connaĂźt le public de Framasoft !

Du cĂŽtĂ© des usages, 46 % d’entre elles ont crĂ©Ă© entre 1 et 4 comptes sur leur Framaspace, 20 % entre 5 et 9 comptes, 10 % entre 10 et 14 comptes et seulement 24 % ont crĂ©Ă© 15 comptes et plus. Rien d’étonnant Ă  cela puisque Framaspace est rĂ©servĂ© aux petites organisations.

Elles sont finalement assez peu nombreuses Ă  ĂȘtre contraintes par la capacitĂ© de stockage maximum que nous avons fixĂ©e : 90 % stockent sur leur Framaspace moins de 5 Go de donnĂ©es et seulement 2 % d’entre elles ont dĂ©passĂ© les 20 Go de donnĂ©es alors qu’elles sont 8 % Ă  utiliser entre 5 et 20 Go.

Pour construire les fondations d’une communautĂ© francophone d’utilisateur⋅ices de Nextcloud et favoriser l’entraide entre les utilisateur⋅ices de Framaspace, nous avons mis en place un forum. A ce jour, 388 comptes y ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©s, ce qui est encore trop peu Ă  notre goĂ»t au regard du nombre de structures utilisant Framaspace. En revanche, les Ă©changes vont bon train puisque 1642 messages ont Ă©tĂ© postĂ©s au sein de 497 sujets diffĂ©rents.

En 2025, nous souhaitons mettre davantage d’énergie pour inciter les structures qui ne l’ont pas encore rejoint Ă  le faire et pour animer et modĂ©rĂ©r les Ă©changes qui s’y tiendront. Cela ne pourra Ă©videmment se faire que si vous nous en donnez les moyens.

Soutenir les 1600 bénéficiaires de Framaspace (et Framasoft)

 

Et la suite ? promouvoir et faciliter l’adoption !

Le projet Framaspace n’en est qu’à ses dĂ©buts et, en 2025, nous espĂ©rons que davantage d’associations et collectifs pourront en bĂ©nĂ©ficier. Car si accueillir 1627 organisations est dĂ©jĂ  un exploit technique, nous aimerions davantage permettre Ă  ces structures de s’émanciper des outils des gĂ©ants du web. Pour cela, nous souhaitons consacrer davantage de temps Ă  la promotion de ce service.

Un autre objectif pour l’annĂ©e Ă  venir est de dĂ©velopper l’accompagnement aux usages de Framaspace. Mieux accompagner les utilisateur⋅ices, notamment celles et ceux qui dĂ©couvrent Nextcloud, nous semble essentiel au regard de la complexitĂ© de l’outil. Nous allons nous lancer dans la rĂ©alisation du tutoriel interactif dont vous serez l’hĂ©roĂŻne ou le hĂ©ros et comptons produire plusieurs tutoriels sur des fonctionnalitĂ©s avancĂ©es de NextCloud, en particulier sur les apps « Formulaires Â», « Tableaux Â» et « Paheko Â».

Enfin, nous souhaitons inciter Ă  la « collaboration politique Â» entre les espaces. Que cela soit en mettant en valeur les possibilitĂ©s de « fĂ©dĂ©ration Â» (c’est-Ă -dire la possibilitĂ© de lier et de partager des informations entre plusieurs espaces Framaspace ou Nextcloud), ou en proposant une « veille militante Â» partagĂ©e afin de faciliter les mobilisations (ce qui nous semble particuliĂšrement essentiel en ce moment).

À la louche, on estime que le service Framaspace nous a coĂ»tĂ© 30 000 € en 2024 : la moitiĂ© de cette somme a servi Ă  louer des serveurs, l’autre Ă  rĂ©munĂ©rer les Ă©quipes techniques. Mais si en 2025, comme nous le souhaitons, nous consacrons davantage de temps Ă  promouvoir Framaspace, dĂ©velopper l’accompagnement Ă  sa prise en main et inciter Ă  la collaboration entre utilisateur⋅ices, ces coĂ»ts vont forcĂ©ment augmenter.

Nous pensons sincĂšrement qu’un service rĂ©alisĂ© par une association pour des associations a du sens. Si vous le pensez aussi, que vous bĂ©nĂ©ficiez ou non d’un Framaspace, nous avons donc besoin de votre soutien, dĂšs maintenant, afin de nous « aider Ă  aider Â» ces structures non seulement Ă  quitter les GAFAM et Ă  mettre leurs outils en cohĂ©rence avec leurs valeurs, mais aussi et surtout Ă  mieux agir, Ă  mieux coopĂ©rer, Ă  mieux crĂ©er du lien. À mieux faire sociĂ©tĂ©, ensemble.

Soutenir l’avenir de Framaspace (et Framasoft)

 

ECHO Network, comprendre les besoins de l’éducation populaire hors de nos frontiĂšres

Ethical, Commons, Humans, Open-Source Network (RĂ©seau autour de l’Éthique, les Communs, les Humaines et l’Open-source) est un projet et un rĂ©seau de 7 structures associatives d’éducation populaire provenant de 5 pays europĂ©ens (CĂ©mĂ©a Federzione Italia, CĂ©mĂ©a Belgique, Willi Eichler Academy, Solidar Foundation, Centar Za Mirovne Studije et Framasoft) menĂ© par l’association d’éducation populaire des CĂ©mĂ©a France.

logo du projet Echo Network

Si ces organisations ont en commun d’accompagner les citoyen⋅nes dans leur autonomie et leur Ă©mancipation, elles s’interrogeaient sur comment accompagner leurs publics Ă  s’émanciper des services des gĂ©ants du web. Le projet s’est donc donnĂ© comme objectif de promouvoir la citoyennetĂ© numĂ©rique en outillant les organisations de jeunesse et plus largement les associations, Ă  analyser et comprendre les effets du numĂ©rique sur nos vies, nos organisations et nos relations, en tenant compte des droits des personnes ; et en proposant des alternatives numĂ©riques Ă©thiques, respectueuses de l’environnement et des droits humains.

5 temps forts en 2023

En 2023, les partenaires du projet se sont rencontrĂ©s, ont Ă©changĂ© des pratiques et expĂ©rimentĂ©s des mĂ©thodes d’animation lors de 5 temps forts. Un sĂ©minaire d’ouverture s’est tenu en janvier 2023 Ă  Paris et a Ă©tĂ© suivi de 4 visites d’études dans chacun des pays pour Ă©changer sur les usages numĂ©riques spĂ©cifiques Ă  leurs pays, leur culture, leur langue. Si ces rencontres ont permis une meilleure comprĂ©hension du contexte de chacun·e, elles ont surtout favorisĂ© l’acquisition de connaissances et de compĂ©tences.

Le sĂ©minaire d’ouverture co-organisĂ© par les CemĂ©a France et Framasoft a rassemblĂ© Ă  Paris une trentaine de participant·es reprĂ©sentant les partenaires du projet ECHO Network et plus de vingt personnes des rĂ©seaux de l’éducation nouvelle, de la mĂ©diation numĂ©rique, des communs et du libre. Pendant 3 jours, les participant⋅es ont pu faire connaissance et Ă©changer sur les notions d’Éthique, de Communs, d’Humanisation et d’Ouverture dans le numĂ©rique.

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La premiĂšre visite d’étude s’est tenue Ă  Berlin du 27 au 31 mars 2023. OrganisĂ©e par la Willi Eichler Akademy sur la thĂ©matique « jeunes, rĂ©seaux sociaux et Ă©ducation politique Â», elle a permis aux participant⋅es de questionner leurs usages des rĂ©seaux sociaux (comment partager nos messages en restant cohĂ©rent⋅es avec ce que l’on dĂ©fend) et de mieux comprendre comment les jeunes gĂ©nĂ©rations les apprĂ©hendaient.

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Du 12 au 17 juin 2023, c’est sous le soleil de Bruxelles que s’est tenue la deuxiĂšme visite d’étude sur la thĂ©matique « pratiques d’éducation active pour sensibiliser aux outils Ă©thiques Â». Les participant⋅es ont pu expĂ©rimenter de nombreux formats d’animation pour partager leurs connaissances en matiĂšre de numĂ©rique Ă©thique, mais aussi rencontrer les diffĂ©rentes organisations locales ou se former Ă  la captation vidĂ©o ou Ă  la diffusion radio.

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La troisiĂšme visite d’étude s’est dĂ©roulĂ©e Ă  Rome du 27 au 29 septembre 2023. OrganisĂ©e par la fĂ©dĂ©ration italienne des CEMEA autour de la thĂ©matique « Entre prĂ©sentiel et distanciel, quelle utilisation du numĂ©rique ? Â», elle s’est articulĂ©e autour de rencontres avec plusieurs associations italiennes, dont les formateur·ices ont tĂ©moignĂ© de leur utilisation des outils numĂ©riques en formation, d’ateliers de rĂ©flexion et de production sur les enjeux du numĂ©rique dans les formations et les contenus pĂ©dagogiques et la rencontre avec une chercheuse de l’UniversitĂ© de Rome Tre autour des enjeux de l’Intelligence Artificielle.

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Le consortium du projet ECHO Network s’est retrouvĂ© pour la derniĂšre visite d’étude du projet, Ă  Zagreb du 5 au 7 dĂ©cembre 2023 au Center for Peace Studies, organisation croate de dĂ©fense des droits humains. Les participant·es ont pu rencontrer diffĂ©rentes organisations croates utilisant le numĂ©rique dans leurs activitĂ©s, Ă©changer sur la question des Droits Humains et de l’IA, sur le rĂŽle d’Internet dans les mouvements anti-guerre en Croatie dans les annĂ©es 90 et de la cyber-surveillance.

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2024 : production et valorisation

AprĂšs ces 4 visites d’études, le projet ECHO Network Ă©tait consacrĂ© en 2024 Ă  la production de ressources qui pourraient servir Ă  d’autres associations en Europe. Lors d’un Ă©change en mars, nous nous sommes mis d’accord sur la forme que prendrait nos rĂ©alisations et comment se rĂ©partir le travail. Framasoft a pris en charge la rĂ©alisation d’un site web pour prĂ©senter l’ensemble de ces productions.

screenshot de la page d'accueil du site https://echo-network.eu/

Vous pouvez ainsi trouver sur le site https://echo-network.eu :

  • une cartographie des structures Ɠuvrant pour un numĂ©rique Ă©thique Ă  travers la formation, la construction d’outils et/ou la proposition de services
  • un rĂ©fĂ©rentiel de ressources et outils disponibles dans le rĂ©seau des partenaires en lien avec la promotion de la citoyennetĂ© numĂ©rique
  • des dĂ©marches d’animation Ă  destination des Ă©ducateur·ices et des jeunes pour analyser et comprendre
  • un guide de survie numĂ©rique pour les reprĂ©sentant⋅es d’associations qui souhaitent engager une transition numĂ©rique en lien avec leurs valeurs associatives
  • un plaidoyer pour une transition numĂ©rique Ă©thique et durable

Les partenaires du projet ECHO Network se sont retrouvĂ©s une derniĂšre fois Ă  Bruxelles du 4 au 6 novembre 2024 pour finaliser le bilan du projet et le prĂ©senter lors d’un Ă©vĂ©nement organisĂ© par Solidar au ComitĂ© Ă©conomique et social europĂ©en, un organe consultatif de l’Union EuropĂ©enne. Cet Ă©vĂ©nement a permis de rĂ©unir les acteurs de l’éducation et de la formation et les dĂ©cideurs politiques europĂ©ens lors d’une table ronde politique sur le thĂšme de la transition numĂ©rique Ă©thique et durable.

photo d'un temps lors de la table-ronde organisée au Comité économique et social européen

Présentation du projet au Comité économique et social européen

 

Tout au long de ce projet, nous avons pu dĂ©couvrir les diffĂ©rences de fonctionnement, d’actions et de culture de nos structures respectives. Les activitĂ©s de Framasoft sont Ă©videmment assez diffĂ©rentes des mĂ©thodes d’animation des CemĂ©a ou des actions de plaidoyer de Solidar. De plus, nous n’avons pas pour habitude de faire des rencontres dans toute l’Europe (qui restent assez chronophages en particulier lorsqu’on Ă©vite le transport aĂ©rien), notre fonctionnement plus dynamique prĂ©fĂšre les Ă©changes asynchrones et Ă  distance. Pour autant, ces rencontres nous ont permis de dĂ©couvrir nos points communs et nos discours partagĂ©s, et nous nous rĂ©jouissons d’avoir apportĂ© notre regard aux enjeux du numĂ©rique qui ont pu ĂȘtre discutĂ©s.

Nous espĂ©rons que les contenus prĂ©sents sur ce site aideront les membres de la sociĂ©tĂ© civile au niveau europĂ©en Ă  la recherche de ressources autour du numĂ©rique Ă©thique, et nous nous efforcerons d’y rĂ©fĂ©rer et de diffuser ses contenus sous licence libre, en particulier au sein de notre rĂ©seau non-francophone.

Soutenir la participation de Framasoft Ă  ECHO Network

Vous reprendrez bien un peu de numĂ©rique Ă©mancipateur pour NoĂ«l ?

Au regard de ce long bilan, et mĂȘme si nous n’avons pas menĂ© tous ces projets dans leur intĂ©gralitĂ©, nous estimons avoir atteint l’objectif que nous nous Ă©tions fixĂ©, Ă  savoir fournir des outils numĂ©riques aux associations et collectifs qui Ɠuvrent pour le bien commun et le bien des Communs. Et on est sacrĂ©ment fier⋅es de ce que nous avons accompli ces deux derniĂšres annĂ©es, dans un contexte mouvementĂ©.

Pour autant, nous n’allons pas nous arrĂȘter en si bon chemin ! Il reste encore beaucoup Ă  faire pour que toutes les structures qui veulent changer le monde mettent en cohĂ©rence leurs outils numĂ©riques et leurs valeurs. D’ailleurs, on compte sur vous pour leur faire dĂ©couvrir tout ce que nous avons mis en place ces deux derniĂšres annĂ©es. Et pour vous aider, on vous a concoctĂ© une petite vidĂ©o qui prĂ©sente en 13 min chrono l’offre de Framasoft Ă  destination des associations.

En cette veille de NoĂ«l, et mĂȘme si nous ne sommes pas hyper fans des fĂȘtes religieuses et consumĂ©ristes, on se dit que vous nous feriez un chouette cadeau en participant Ă  rendre virale cette vidĂ©o ! Alors, n’hĂ©sitez pas Ă  la partager auprĂšs de votre famille, votre cercle amical, vos collĂšgues et bien Ă©videmment auprĂšs de vos communautĂ©s.

Soutenir les actions qui dégooglisent les associations (et Framasoft)

 

Le dĂ©fi : 20 000 fois 20 € de dons pour les 20 ans de Framasoft !

Framasoft est financĂ©e par vos dons ! Chaque tranche de 20 euros de dons sera un nouveau ballon pour cĂ©lĂ©brer 20 d’aventures et nous aider Ă  continuer et dĂ©coller une 21e annĂ©e.

Framasoft, c’est un modĂšle solidaire :

  • 8000 donatrices en 2023 ;
  • plus de 2 millions de bĂ©nĂ©ficiaires chaque mois ;
  • votre don (dĂ©fiscalisable Ă  66 %) peut bĂ©nĂ©ficier Ă  249 autres personnes.

Jauge de dons de Framasoft au 24 dĂ©cembre 2024, Ă  201 425 €

À ce jour, nous avons collectĂ© 201 425 € sur notre objectif de campagne. Il nous reste 7 jours pour convaincre les copaines et rĂ©colter de quoi faire dĂ©coller Framasoft.

Alors : dĂ©fi relevĂ© ?

🎈 Je soutiens la 21e annĂ©e de Framasoft 🎈

Alternatiba poursuit sa sortie des logiciels propriétaires et adopte un outil de base de données no-code et libre

Par : Framasoft
23 décembre 2024 à 08:46

Le mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale nous parle de sa vision des outils numĂ©riques et comment il entreprend de sortir concrĂštement des logiciels privateurs. Partage d’expĂ©rience dans la mise en place d’un outil de base de donnĂ©es no-code.

Bonjour Adrien et Gauthier ! Pouvez-vous vous prĂ©senter ?

Salut, ici Gauthier, profil type de l’ingĂ©nieur qui aurait pu travailler dans la voie toute tracĂ©e de l’industrie mais qui se posait trop de questions pour ça. AprĂšs une escapade dans l’éducation nationale, je suis devenu militant Ă  plein temps Ă  Alternatiba / ANV-COP21 Grenoble, puis je me suis impliquĂ© de plus en plus dans l’équipe informatique globale jusqu’à devenir salariĂ© du mouvement en 2021. Je suis aussi impliquĂ© dans plein d’assos militantes ou dans le domaine de l’animation, et je traĂźne dans le monde du numĂ©rique libre depuis quelques annĂ©es ! Aujourd’hui, je dirais que je suis un geek (barbu, lunettes et tout đŸ€“) qui comprend Ă  peu prĂšs ce que disent les machines (encore que
), mais qui prĂ©fĂšre surtout parler aux humains (c’est ça qui est intĂ©ressant !).

 

Salut ! Moi, c’est Adrien ! J’ai 35 ans. Dans une autre vie, j’ai fait des Ă©tudes de maths pour l’information et une thĂšse en cryptographie quantique. J’ai quittĂ© le monde de la recherche aprĂšs mon doctorat et j’ai travaillĂ© pour diffĂ©rentes ESN. J’ai notamment fait une mission de 3 ans en tant qu’ingĂ©nieur de recherche en analyse de donnĂ©es pour Michelin. J’ai dĂ©missionnĂ© durant l’étĂ© 2021 pour me consacrer entiĂšrement Ă  des engagements associatifs, notamment Ă  Alternatiba et ANV-COP21 Ă  Clermont-Ferrand, mais Ă©galement dans un atelier bois partagĂ© ou pour la monnaie locale du Puy-de-DĂŽme. J’ai rejoint Gauthier Ă  la commission informatique d’Alternatiba en dĂ©cembre 2022.

 

Le mouvement Alternatiba est dĂ©jĂ  relativement mĂ©diatisĂ© et connu, mais sans doute pas de tout le monde. Alors, c’est quoi Alternatiba ? Et quel est votre rĂŽle ?

Alternatiba et Action Non-Violente COP21 (ANV-COP21) sont les deux « jambes Â» d’un mĂȘme mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale. NĂ© au Pays Basque en 2013, ce mouvement forme aujourd’hui un rĂ©seau de 115 groupes locaux implantĂ©s sur les territoires et vise Ă  relever le dĂ©fi climatique en contribuant Ă  faire Ă©merger un mouvement de masse, Ă  la fois radical, populaire, non-violent et dĂ©terminĂ©. Alternatiba promeut les alternatives et fait de la mobilisation citoyenne (organisation de marches climat, de villages des alternatives, d’actions de plaidoyer, etc.) En parallĂšle la « jambe Â» ANV-COP21 s’oppose et rĂ©siste face aux projets climaticides par l’organisation d’actions de dĂ©sobĂ©issance civile non violente.

Ces deux « jambes Â» nous permettent de faire passer les citoyen⋅nes Ă  l’action autour du slogan « Changeons le systĂšme, pas le climat ! Â»

Pour animer ce rĂ©seau de 115 groupes locaux, une Ă©quipe d’animation a pour rĂŽle de faciliter le lien entre tous ces groupes et de crĂ©er des dynamiques, sur des thĂšmes ou des campagnes ou projets communs. Cette Ă©quipe, composĂ©e de bĂ©nĂ©voles et d’une quinzaine de membres permanent⋅es salarié·es, est rĂ©partie en diffĂ©rentes commissions (animation du rĂ©seau, communication externe, collecte, finances, etc.). Pour notre part, nous sommes les deux coordinateurs de la commission informatique. Nous mettons en place et maintenons les outils numĂ©riques utilisĂ©s par l’équipe globale et nous sommes force de proposition pour transposer les valeurs du mouvement Ă  nos pratiques numĂ©riques !

 

Groupe de personnes, assises en demi-cercle, participant Ă  une formation/animation par Alternatiba.

Formation lors du Camp Climat Militant Nord 2022

 

Comment dĂ©finiriez-vous le rapport entre votre mouvement et « le numĂ©rique Â» en gĂ©nĂ©ral ?

Les groupes locaux du rĂ©seau sont tous autonomes et ont chacun leur propre style cĂŽtĂ© numĂ©rique : ça va du « geek de service Â» un peu tout seul qui bricole les outils du groupe avec les moyens du bord, aux « gros Â» collectifs qui mettent en place des systĂšmes plus robustes et souvent avec des outils libres et une Ă©quipe informatique plus structurĂ©e. RĂ©sultat ? Un joyeux mĂ©li-mĂ©lo de pratiques numĂ©riques qui dĂ©pend souvent de la magie des personnes en charge ! đŸ€Ș Une des questions que l’on se pose d’ailleurs beaucoup au sein de la commission informatique est de savoir comment accompagner les diffĂ©rents groupes locaux pour mettre en place des outils numĂ©riques qui leur permettent de mobiliser efficacement.

Pour ce qui est de l’équipe d’animation globale, notre rapport au numĂ©rique a longtemps Ă©tĂ© dictĂ© par l’usage des outils les plus rĂ©pandus, les moins chers, et les plus faciles Ă  utiliser
 oui, vous avez bien devinĂ©, on est encore beaucoup chez Google
 Ces outils ont Ă©tĂ© choisi par dĂ©faut au dĂ©but d’Alternatiba par les premier⋅es militant⋅es du mouvement.

La crĂ©ation de la commission informatique en 2018, suivie par l’arrivĂ©e d’un salariĂ© dĂ©diĂ©, a permis de concrĂ©tiser la volontĂ© de mettre en cohĂ©rence nos pratiques numĂ©riques avec nos valeurs et d’initier les changements nĂ©cessaires : structuration des usages numĂ©riques, sobriĂ©tĂ© numĂ©rique, sensibilisation au capitalisme de surveillance, choix d’hĂ©bergeurs Ă©thiques, virage vers des logiciels Ă©mancipateurs, etc.

À savoir que les membres permanent⋅es de l’équipe d’animation globale n’ont pas une trĂšs grande connaissance du monde du numĂ©rique en gĂ©nĂ©ral. Pour beaucoup, les outils numĂ©riques sont utilisĂ©s par nĂ©cessitĂ© (parce que nous sommes une Ă©quipe dĂ©centralisĂ©e – vive les visios
 😅) et doivent avant tout ĂȘtre des outils fonctionnels et efficaces. Par ailleurs, la multiplication d’outils numĂ©riques est globalement vue comme une contrainte qui peut gĂ©nĂ©rer de la lassitude ou de la frustration. C’est clair qu’on prĂ©fĂ©rerait faire de la randonnĂ©e, de la soudure ou du jardinage plutĂŽt que d’ĂȘtre devant un Ă©cran !

En rĂ©sumĂ©, nous restons collectivement pragmatiques : nous sommes un mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale, et nos outils numĂ©riques doivent avant tout nous permettre de rĂ©pondre Ă  ces objectifs de maniĂšre efficace. Le numĂ©rique n’est pas le « cƓur de mĂ©tier Â» d’Alternatiba / ANV-COP21 : nous, c’est la mobilisation citoyenne ! Alors on Ă©vite d’auto-hĂ©berger ou de dĂ©velopper nos propres outils : en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, on se tourne plutĂŽt vers des hĂ©bergeurs en qui on a confiance et vers des outils qui existent dĂ©jĂ . Cependant, la conviction que le choix des outils numĂ©riques est politique est globalement partagĂ©e par tout le monde et nous donne (en tant que commission informatique) la lĂ©gitimitĂ© de pousser Ă  dĂ©velopper une culture du numĂ©rique libre au sein du mouvement.

 

Et y a-t-il une volontĂ©, une politique/doctrine, envers le logiciel libre en particulier ?

La volontĂ© de valoriser les logiciels libres est clairement prĂ©sente au sein du mouvement. Cela a Ă©tĂ© affirmĂ© Ă  plusieurs reprises dans diffĂ©rentes instances du mouvement, notamment au sein du conseil d’administration. Pour nous, les logiciels libres incarnent dans le monde du numĂ©rique les valeurs que nous dĂ©fendons pour une sociĂ©tĂ© dĂ©sirable : plus de communs gĂ©rĂ©s de maniĂšre dĂ©mocratique, moins de surveillance, une philosophie d’opposition au capitalisme


En thĂ©orie, tout ça est bien beau mais, en pratique, c’est beaucoup moins Ă©vident
 😬 Cette volontĂ© de s’affranchir des logiciels privateurs et de mettre en place des usages numĂ©riques alternatifs Ă©mancipateurs est limitĂ©e par l’habitude (« oui mais je connais bien ce logiciel
 Â»), le manque de convivialitĂ© et d’ergonomie de certains outils (« ah non c’est moche ! Â») ou le besoin de fiabilitĂ© (« oui c’est sympa mais bon, ça ne marche jamais ton truc Â»). Ces questions Ă©tant actuellement portĂ©es par un nombre restreint de personnes, il y a une certaine inertie au sein du mouvement, et c’est normal.

En rĂ©sumĂ©, nous adoptons une posture radicalo-pragmatique : nous cherchons Ă  nous Ă©manciper du numĂ©rique privateur autant que possible mais nous utilisons ce que nous avons Ă  disposition ici et maintenant pour continuer d’avancer efficacement. Alternatiba / ANV-COP21 est avant tout un mouvement citoyen Ă©cologiste qui se veut accessible Ă  toutes et tous, et qui a besoin d’avoir des outils facilement appropriables pour les gens. La question de la convivialitĂ© et de la formation Ă  ces outils est primordiale, nous devons encore beaucoup travailler dessus !

"ce qu'on veut" vs "ce qu'on parvient Ă  faire"

Allégorie du quotidien de la commission informatique

 

Dans vos actions, vous utilisez donc diffĂ©rents logiciels ou plateformes. Peut-on savoir lesquels ?

Globalement, nous sommes toujours dĂ©pendant⋅es d’un certain nombre de logiciels propriĂ©taires. L’outil de travail central de l’équipe globale est un Google Drive sur lequel nous stockons et partageons nos documents de travail, les ordres du jours et les comptes rendus (on fait beaucoup de rĂ©daction collaborative ! ✏), ainsi que des tableaux de suivi et de nombreux autres documents. Nos boĂźtes mails et listes mails sont actuellement hĂ©bergĂ©es chez OVH, mais nous avons initiĂ© un processus pour les migrer chez un hĂ©bergeur associatif. Nous utilisons encore beaucoup Zoom pour faire des rĂ©unions en visio. On utilise Ă©galement Brevo (ex Sendinblue) pour envoyer nos infolettres, des outils spĂ©cifiques pour la collecte de don, et Ohme comme CRM. Enfin, en tant que mouvement de mobilisation, nous sommes presque « contraint⋅es Â» Ă  utiliser les rĂ©seaux sociaux dominants pour toucher un maximum de personnes.

Cependant, nous migrons peu Ă  peu nos usages vers des outils libres. Nos sites web sont hĂ©bergĂ©s chez Infomaniak sur WordPress depuis 2018. Nous utilisons le logiciel de messagerie instantanĂ©e Mattermost, hĂ©bergĂ© par le CHATONS le Cloud Girofle, nous avons un serveur Mumble pour les rĂ©unions audio, on utilise l’instance Vaultwarden de Tedomum (un autre CHATONS) pour la gestion de nos mots de passe, Paheko pour la gestion de notre caisse, BigBlueButton chez Globenet pour les visios, et Aktivisda, le petit nouveau qui permet de crĂ©er des visuels. Et bien sĂ»r, nous utilisons beaucoup des services de Framasoft : Framadate (sondage), Framaforms (formulaire), Framavox (prise de dĂ©cision), Framagit (forge logicielle)
 Certains groupes locaux ont Ă©galement mis en place une instance Nextcloud pour partager les fichiers et s’organiser. D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, nous Ă©vitons de dĂ©velopper nos propres logiciels, mais en 2019 Alternatiba s’est malgrĂ© tout lancĂ© dans une chouette aventure en participant au dĂ©veloppement de NOÉ, une application libre d’organisation d’évĂ©nements, car nous avions des besoins trĂšs spĂ©cifiques pour l’organisation des Camps Climat. â›ș Aujourd’hui, le projet s’est autonomisĂ© mais nous continuons Ă  utiliser ce logiciel pour nos Ă©vĂ©nements, et notamment pour notre projet de Camp Climat 2025.

Enfin, pour certains usages spécifiques liés à la désobéissance civile avec ANV-COP21, nous utilisons certains outils qui mettent en avant la confidentialité et le chiffrement, par exemple Proton Mail, Signal ou Cryptpad.

Vous noterez qu’on dĂ©pend de pas mal d’hĂ©bergeurs diffĂ©rents, mais on essaie de maintenir un lien de confiance avec les humain⋅es de ces diffĂ©rentes organisations. Notre critĂšre primordial : « suis-je capable de boire une biĂšre avec mon hĂ©bergeur ? Â» Â» đŸ»

OĂč sont nos donnĂ©es ? - La galaxie des hĂ©bergeurs sympas autour d'Alternatiba

OĂč sont nos donnĂ©es ? – La galaxie des hĂ©bergeurs sympas autour d’Alternatiba

 

Vous nous avez contactĂ© au sujet d’un projet, d’une envie. Celle d’utiliser des outils type « base de donnĂ©es no-code Â». On a beau ĂȘtre sur Framasoft : pouvez-vous nous expliquer ce que sont ces outils, et quels sont leurs principaux avantages ?

En tant qu’équipe d’animation globale, nous cherchons Ă  suivre la dynamique du rĂ©seau Alternatiba / ANV-COP21 et Ă  faire circuler des informations dans l’ensemble des groupes locaux. Pour cela, nous devons stocker un certain nombre d’informations, comme les contacts des diffĂ©rents rĂ©fĂ©rent⋅es, les activitĂ©s des groupes, les participations aux diffĂ©rentes mobilisations et campagnes ou encore les formations donnĂ©es.

Toutes ces donnĂ©es ont longtemps Ă©tĂ© stockĂ©es dans de nombreux tableaux de suivi sous forme de Google Sheets. Le temps passant, ces tableaux sont devenus lourds et difficiles Ă  maintenir et Ă  mettre Ă  jour car ils n’ont pas Ă©tĂ© conçus de maniĂšre optimale Ă  l’origine. La mise Ă  jour ou la rĂ©cupĂ©ration de donnĂ©es spĂ©cifiques se sont avĂ©rĂ©es compliquĂ©es, fastidieuses et chronophages, un peu comme dans le grenier de la vieille maison de famille dans lequel on entasse un peu tout ce qui passe annĂ©es aprĂšs annĂ©es
 đŸ•žïž

À l’inverse de ces tableaux indĂ©pendants, une base de donnĂ©es est un outil qui permet nativement de rĂ©pondre Ă  ce type de besoin en liant diffĂ©rents tableaux entre eux de telle sorte que les informations des uns puissent ĂȘtre lues ou mises Ă  jour Ă  partir des autres. Cela Ă©vite les doublons et facilite grandement la mise Ă  jour et la consultation des donnĂ©es ! Au contraire d’une base de donnĂ©es « classique Â» qui s’utilise par des requĂȘtes type SQL, un outil de base de donnĂ©es dit «  no-code  Â» est dotĂ© d’une couche supplĂ©mentaire qui permet de rendre invisible pour l’utilisateur⋅rice les formules qui se cachent derriĂšre et est donc parfaite pour des utilisateurices non geeks.

C’est pour ces raisons que nous avons dĂ©cidĂ© de procĂ©der Ă  un grand mĂ©nage de printemps de notre vieux grenier et de nous orienter vers ce type d’outils pour faciliter le suivi de notre rĂ©seau ! đŸ§č

 

OK, merci : on y voit (un peu) plus clair :-) Maintenant, pouvez vous prĂ©ciser votre projet ?

Dans l’idĂ©e de sortir petit Ă  petit un maximum de nos donnĂ©es de Google (en particulier les donnĂ©es personnelles), notre projet est de migrer l’ensemble de nos tableaux de suivi Google Sheets vers un outil de base de donnĂ©es no-code existant. Le leader du marchĂ© est AirTable, un logiciel propriĂ©taire amĂ©ricain de la Sillicon Valley BigTech et compagnie. Nous avons choisi une alternative open-source, Baserow, qui offre Ă©galement de nombreuses fonctionnalitĂ©s intĂ©ressantes.

Nous avons donc construit une (vraie) base de donnĂ©es sur Baserow pour le suivi de notre rĂ©seau. Finies les bidouilles : place aux tables de suivi interconnectĂ©es, oĂč chaque info est bien rangĂ©e Ă  sa place et prĂȘte Ă  ĂȘtre trouvĂ©e en deux clics. 😁 Plus besoin de jouer aux dĂ©tectives, toute l’équipe peut accĂ©der aux infos sans prise de tĂȘte.

Pour complĂ©ter le tout, nous voulions avoir un maximum de contrĂŽle sur l’ensemble de nos donnĂ©es (qui ne sont donc plus stockĂ©es sur les serveurs de Google) et en particulier sur les donnĂ©es sensibles de notre rĂ©seau. Il s’avĂšre cependant que nous n’avons trouvĂ© aucun CHATONS qui administre et met Ă  disposition des instances Baserow. Nous avons donc fait le pari d’auto-hĂ©berger notre propre instance Baserow afin d’avoir facilement la main sur nos donnĂ©es. Pour cela, nous utilisons une machine chez GrĂ©sille un hĂ©bergeur associatif de confiance avec qui nous avons des liens forts. ❀

 

Ca Ă  l’air chouette ! Comment vous y ĂȘtes-vous pris·es ?

Bien que Baserow soit un outil relativement simple d’utilisation, il ne fallait pas foncer tĂȘte baissĂ©e sans rĂ©flĂ©chir
 La premiĂšre Ă©tape a Ă©tĂ© de concevoir la structure de notre base de donnĂ©es : quelles tables, quelles infos, Ă  quelle place ? Cette pĂ©riode de conception nous a occupé·es pendant plusieurs mois.

Ensuite, un gros travail a Ă©tĂ© de mettre en place les fonctionnalitĂ©s qui rĂ©pondent Ă  nos besoins. Baserow ayant aujourd’hui des fonctionnalitĂ©s natives relativement limitĂ©es, nous avons dĂ» nous adapter et ĂȘtre inventifs dans la conception de la base de donnĂ©es en attendant le dĂ©veloppement de ces fonctionnalitĂ©s. Pour cela, on a crĂ©Ă© grĂące Ă  notre complice n8n (un outil libre que l’on hĂ©berge aussi et qui se branche sur Baserow) de nombreuses automatisations de tĂąches grĂące Ă  des nƓuds prĂ©configurĂ©s et un soupçon de code maison. Exemple ? Un systĂšme d’envoi automatique de courriels mensuels aux groupes locaux pour qu’ils mettent Ă  jour leurs infos eux-mĂȘmes. RĂ©sultat : les donnĂ©es des groupes sont Ă  jour sans se prendre la tĂȘte ! đŸ§˜â€â™‚ïž

D’ailleurs, nous avons Ă©tĂ© impressionnĂ©s par la dynamique de dĂ©veloppement de Baserow qui tĂ©moigne d’un lien fort avec la communautĂ© d’utilisateurices. Nous avons osĂ© publier quelques demandes de fonctionnalitĂ©s en expliquant notre besoin, et elles ont Ă©tĂ© prises en compte par l’équipe dans le dĂ©veloppement ! đŸ€©

Schéma de fonctionnement dans le cas de la mise à jour mensuelle des groupes locaux - Source Excalidraw

SchĂ©ma de fonctionnement dans le cas de la mise Ă  jour mensuelle des groupes locaux – SchĂ©ma rĂ©alisĂ© avec Excalidraw

 

 

Capture d'Ă©cran du logiciel Baserow, montrant un menu sur la partie gauche et un tableur sur le reste du texte

Capture d’écran du logiciel Baserow

 

Pour mettre en place tous ces outils, nous avons fait appel Ă  Maxime, dĂ©veloppeur salariĂ© de la coopĂ©rative TelesCoop et qui a Ă©tĂ© un membre actif d’un groupe local Alternatiba par le passe.

TelesCoop est une coopĂ©rative super chouette qui accompagne « les acteurs qui participent Ă  l’amĂ©lioration des problĂ©matiques sociales et environnementales de notre sociĂ©tĂ© Ă  travers les technologies de l’information Â». Au delĂ  des compĂ©tences techniques, nous avons Ă©tĂ© touchĂ©â‹…es par les choix forts qui ont Ă©tĂ© fait dans l’entreprise concernant les conditions salariales (Ă©galitĂ© femme/homme Ă©videmment, salaire adaptĂ© en fonction des besoins, temps de travail modulable) et le choix des projets qu’ils et elles choisissent d’accompagner. Chaque salariĂ©â‹…e peut allouer une partie de son temps de travail sur des projets bĂ©nĂ©voles mais qui remplissent des critĂšres Ă©thiques forts ! 😍 Cela rĂ©sonne fortement avec les valeurs que nous portons au sein du mouvement Alternatiba.

Nous sommes uni·e·s et engagé·e·s autour de valeurs communes – Ă©cologie, justice sociale, sobriĂ©tĂ© – et d’une volontĂ© de mettre en commun nos expĂ©riences individuelles au service d’un projet collectif.
— TelesCoop, sur leur site https://telescoop.fr

Quelle est la suite pour ce projet Ă  moyen terme ?

Aujourd’hui, nous continuons d’intĂ©grer peu Ă  peu l’ensemble des donnĂ©es du mouvement et nous connectons notre base de donnĂ©es Ă  diffĂ©rents outils pour des fonctionnalitĂ©s spĂ©cifiques : formulaires de contact sur nos sites web, visualisation d’indicateurs de la dynamique du rĂ©seau grĂące Ă  Metabase, inscription/dĂ©sinscription Ă  nos listes mails, ou encore mise Ă  jour automatique de nos diffĂ©rentes cartes interactives GoGoCarto. D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les possibilitĂ©s offertes par Baserow (et n8n) sont infinies pour ajouter des nouvelles fonctionnalitĂ©s Ă  notre systĂšme !

Par ailleurs, nous avons conçu ce systĂšme d’information en nous appuyant sur les besoins de notre mouvement Alternatiba / ANV-COP21, structurĂ© en groupes locaux rĂ©partis sur tout le territoire et animĂ© par une Ă©quipe dĂ©diĂ©e. Mais peut-ĂȘtre que d’autres mouvements ou collectifs ont une organisation similaire Ă  la notre, et pourraient ĂȘtre intĂ©ressĂ©s par cet outil ? Une fois que tout sera en place et fonctionnel, il peut ĂȘtre intĂ©ressant de le diffuser et le proposer Ă  d’autres mouvements qui ont les mĂȘmes besoins que nous ! C’est ça aussi la dynamique du logiciel libre. :)

 

Cool ! Mais
 ça va prendre du temps ? NĂ©cessiter de l’argent ? Comment allez-vous faire ?

Le projet a commencĂ© concrĂštement avec Maxime de TelesCoop au mois de mars 2023. D’un point de vue opĂ©rationnel, nous Ă©tions quatre cĂŽtĂ© Alternatiba Ă  suivre le dĂ©veloppement de l’outil : deux personnes de l’équipe informatique et deux de l’équipe d’animation du rĂ©seau. Il y a eu beaucoup d’aller-retour entre TelesCoop et nous sur les fonctionnalitĂ©s, la configuration des tables de donnĂ©es ou les workflows n8n.

Pour ce qui est du dĂ©veloppement, on met les mains dans la technique cĂŽtĂ© Alternatiba pour pouvoir gĂ©rer en interne le support et les Ă©volutions par la suite mais c’est surtout Maxime qui a dĂ©veloppĂ© la structure de l’outil en travaillant sur le projet plusieurs heures par semaine. Le temps bĂ©nĂ©vole et le mĂ©cĂ©nat de compĂ©tences que TelesCoop nous consacre Ă  travers Maxime ont permis de faire avancer ce projet trĂšs rapidement.

Aujourd’hui, le projet est fonctionnel et utilisĂ© par toute l’équipe. 🎉 La premiĂšre version a Ă©tĂ© lancĂ©e courant aoĂ»t 2023. AprĂšs de nombreux tests, nous avons migrĂ© toutes nos donnĂ©es sur notre nouvelle base de donnĂ©es. Les Google Sheet sont maintenant figĂ©s. Le premier mail automatique, contenant les liens vers les formulaires de mise Ă  jour, est parti dĂ©but septembre 2023. Nous avons Ă©galement commencĂ© Ă  mettre Ă  disposition des projets Baserow pour les groupes locaux intĂ©ressĂ©s !

Nous avons apportĂ© une attention particuliĂšre Ă  former toustes nos collĂšgues et, aujourd’hui, Baserow est un outil largement adoptĂ© dans l’équipe. Cette annĂ©e, nous avons notamment rĂ©alisĂ© la gestion du projet du Tour Alternatiba 2024 (notre grand projet qui a impliquĂ© des centaines de bĂ©nĂ©voles dans plus de 100 villes de France sur 4 mois) avec efficacitĂ© et il sera encore central dans l’organisation du Camp Climat 2025 !

C’est merveilleux (et je pĂšse mes mots) pour moi de vĂ©rifier les mises Ă  jour des rĂ©fĂ©rent·es de groupe sans avoir Ă  ouvrir 3 tableaux Google pour repĂ©rer / noter les modifs / les faire / les doubler dans un autre tableau. Effet Whaouh !

— LĂ©a, animatrice du rĂ©seau Alternatiba / ANV-COP21

Comment Baserow a changé la vie de Léa, animatrice du réseau Alternatiba / ANV-COP21

Vous avez des besoins d’aide ? Technique ? FinanciĂšre ? Autre ?

D’un point de vue technique, le projet roule aujourd’hui parfaitement et nous ajoutons rĂ©guliĂšrement de nouvelles fonctionnalitĂ©s. Nous avons un petit groupe de travail qui assure le support et l’amĂ©lioration continue de notre systĂšme Baserow/n8n.

D’un point de vue financier, nous avons lancĂ© dĂ©but dĂ©cembre notre campagne de collecte de fin d’annĂ©e. Cette collecte est cruciale dans un contexte d’incertitude financiĂšre croissante pour notre mouvement et, plus largement, pour tous les acteurs de la mobilisation climatique et sociale. Plus que jamais, l’auto-financement devient une nĂ©cessitĂ© (toujours dans une logique d’autonomie !). Pour vous donner un ordre d’idĂ©e, en 2024, la collecte de dons de particuliers a reprĂ©sentĂ© 26,3 % de nos financements sur Alternatiba et 59,5 % sur ANV-COP21.

Notre objectif est de faire grandir cette part afin de garantir notre indĂ©pendance et notre vision Ă  long terme. Pour renforcer notre mouvement, multiplier nos actions, et gagner en autonomie face Ă  l’urgence climatique, nous avons besoin du soutien financier des citoyen·nes, car c’est leur mouvement avant tout. Chaque nouveau donateur·rice crĂ©dibilise nos actions : en soutenant financiĂšrement, des centaines de personnes renforcent la pression citoyenne pour un monde plus juste et soutenable. Si vous souhaitez contribuer, vous pouvez faire un don directement sur don.alternatiba.eu ! ❀

 

👉 Je soutiens Alternatiba

 

Personne avec un tshirt Alternatiba, au milieu d'un groupe, souriante et levant un pouce.

 

 

PeerTube v7 : offer a complete makeover to your video platform !

Par : Framasoft
17 décembre 2024 à 03:34

With its brand new design, PeerTube‘s new interface isn’t just prettier (although it is). It is also simpler, easier to use and understand and more accessible. Welcome to a new era of this software that empowers creators to get, control and connect their own video platforms.

🎈Framasoft is 20 years old🎈 : Contribute to finance a 21st year !

Thanks to your donations (66 % tax-free), the Framasoft association has been working for 20 years to advance the ethical and user-friendly Web. Find out more about some of our actions in 2024 on the Support Framasoftwebsite .

âžĄïž Read the series of articles from this campaign (FR – Nov. – Dec. 2024)

Let’s reflect the growth of the PeerTube Ecosystem

Seven year ago, PeerTube was mainly a tool that tech-savvy FOSS enthusiasts were happy to toy with. Then it became popular among content creators that wanted a self-hosted mirror of their YouTube/Twitch channels ; and among communities who wanted to create and regulate their safe space (deaf people, queer people, etc.)

Nowadays, PeerTube is experiencing increasing success among content creators who publish original content (or exclusive content for their community), alternative media, and institutions : colleges, ministries of education, national television and radio archives, etc.

Public structures often need to share video content without attention-grabbing mechanisms or data exploitation.

illustration with the PeerTube mascot and the motto "building a free internet of the future"

Learn more about the history and values of PeerTube with this interview from the Association for Progressive Communication.

To us, this is a new step in the evolution of PeerTube‘s audiences.

That is why this year, we’ve asked La CoopĂ©rative des Internets to lead a thorough UX research (complete with interviews, tests, etc.) and help us start a top to bottom redesign of the interface. Our goal was to improve on PeerTube so it would better fit the need of those new audiences. We were clear that everything was on the table : colors, vocabulary, layout


Well, we are proud to release this v7 of PeerTube, that lays the ground to a complete remodeling of the interface.

Check the source code Support Framasoft

First look : themes, new colors and vocabulary

PeerTube design, color schemes, vocabulary, etc. has been constructed over seven years, as we went along, learning, getting help from the community. This new design was an opportunity to take a step back an get some intentions behind the interface.

screenshot PeerTube v7 light/beige interface

PeerTube new light/beige theme

The new Light/beige default theme is calmer, easier on the eye than the original Black & orange one. We also added a Dark/brown theme into the core for the dark mode aficionados. Both aims to facilitate video browsing.

Creating those new themes was an opportunity to clean up and simplify how the interface is coded (specifically : clean up the CSS, with a focus on the variables), while limiting breakages with preexisting customized themes. It is now really easier to create new themes for PeerTube, and we hope you’ll share your creations !

screenshot PeerTube v7 dark/brown interface

PeerTube new dark/brown theme

We also updated the PeerTube lingo. There is a reason we are now using the word « platform(s) Â» to talk about all the servers where PeerTube has been installed.

Yes, calling them « instance(s) Â» has been the norm in the tech savvy-world of activity-pub enthusiasts. But, to those not privileged enough to know about the fediverse and its protocol, the word platform is self-explanatory, and facilitates inclusion.

PeerTube Website Support Framasoft

Enjoying simpler and relevant layouts

There are lots of informations to display on any PeerTube page. The layouts and menus grew organically during seven years of development
 and needed some pruning ! We remodeled those menus and pages to bring forward relevant informations, and present a more intuitive way to find out what you are looking for.

screenshot of PeerTubev7 menus for anonymous users

OK, the « PeerTube Nightly Â» description is not the most thrilling one
 But we trust you’ll find more intersting descriptions of your platform to inform passers-by.

For exemple, content creators used to access their channels and uploaded video in their library (where any PeerTube user can get to their playlists, history, etc. of the videos they watched). Now in PeerTube v7, there is a new section called « video space Â» specific for video uploaders’ needs.

In the same way, « admin Â» pages for PeerTube platforms administrators have now been separated into an Overview page (to get more info about users, hosted videos, etc.), a Moderation one (to manage abuses, blocking, registrations), and a Settings one (to access configurations, runners, etc.)

screenshot of PeerTube v7 overview page for a logged in administrator

Platform administrators have more convenient menus (here on the overview page)

The several pages that presented the videos on a PeerTube platform (Recently added, Local videos, Trending) have been merged into a « Browse videos Â» page, that includes quick filters to display the same selections of content in a more forward way.

The same intent has driven the new layout of the « Discover videos Â» page we hope it will empower curious users.

Obviously, the left bar and header menus have been reorganized to reflect those changes and make navigation even more intuitive. You can now access your account settings and notifications from the header menu, as it is customary on other websites.

PeerTube Search Engine Support Framasoft

Displaying relevant information to show video diversity

A big feedback from new users was that the old interface was confusing, that is was hard for a user to know where they were, and where the videos came from.

That is why, in PeerTube v7, we have added more ways for platforms owners to customize and identify their platforms : easily add a banner (used on pages, mobile app exploration, and our search engine SepiaSearch) and a platform icon (used by the mobile application) More, the name and description of their platform is now displayed to non-registered users in the left hand menu.

Screenshot of platform search results on JoinPeerTube

Platforms banners positively pop on search results (here on joinpeertube.org)

We have also changed how video miniatures appear in all pages that lists videos. Channel avatar are always displayed so it’s easier to identify creators, titles are highlighted, the date and viewcount of the video are present but toned down. Those changes make pages that lists videos easier to read, and facilitate identifying the video you want to watch.

PeerTube Mobile App Support Framasoft

Accessibility on the forefront

The redesign was also the opportunity to prioritize the interface accessibility (for impaired people). In 2023, we prepared the code and worked on what we knew
 so the planned 2024 full accessibility audit (thanks to the NGI Entrust consortium) would bring as much new and detailed improvements as possible.

Thanks to the audit, we have improved on so many issues : we fixed color contrats and themes, progress bar, several components, and various screen reader issues. We added missing labels on interactive elements, « skip menu Â» links, underlining to links. We also improved keyboard navigation, and re-implemented components of a non-accessible dependency.

 

screenshot of the vrowse video page on peertube v7

Did you know that the former orange used for PeerTube wasn’t contrasted enough to be accessible ?

We sincerely think that PeerTube have caught up with accessibility issues and should be up to standards
 but we know, now, that there is always room for improvement, and for learning directly from those who are concerned.

Follow PeerTube on Mastodon Support Framasoft

Editing captions, promoting videos and more


With the brand new remote transcoding tool we introduced last year, getting a transcription or subtitles for your video is easier than ever. But the caption editing tool was
 hum
 let’s say « barebone Â». We are now introducing a new modal that makes editing captions really convenient.

Screenshot of PeerTube v7 new caption edition interface

Editing your captions is waaaay more fun with our new interface

We welcomed and integrated upstream a community contribution on SEO (search engine optimization), to help promote PeerTube-hosted-content on search engines. A platform avatar now appears in the opengraph tags, empty accounts and channels are hidden from the sitemap, while additional video tags are now present there.

Last, PeerTube has been translated into Slovak.

We really want to take time to thank the community that contributes to translations of PeerTube, we would never have thought that our software would one day be available in more than 38 languages.

Huge thanks to all of you, wonderful people, who took time and care to contribute on our translation tool : you are amazing.

sepia, mascotte de peertube, entretenant son jardin

Chasing bugs and gardening the common grounds
 The PeerTube community <3
Illustration : David Revoy (CC-By)

Subscribe to PeerTube news Support Framasoft

There is more to come


We still have more work planned from this whole interface remodel. We hope to deliver it in the firsts months of 2025. First, we are currently finishing the translation of the UX research report from La Coopérative des Internets and we will publish it in the hope that it will help the whole fediverse community.

We will also wait a bit for PeerTube administrators to update their platforms, and then update the PeerTube documentation with new screenshots, and the new menus pathways.

Our next interface changes will focus on streamlining the channels & videos management experience for content creators (where several tools and menus added to the pile over the years). We also plan on fine-tuning the categorization of NSFW videos.

Illustration - Dans la mer Sepia, lĂŠ poulpe mascotte de PeerTube, dessine un grand chiffre sept avec son encre.

Illustration : David Revoy – Licence : CC-By 4.0

We obviously have many more items to our 2025 roadmap, but are still trying to secure funds to realize them : we’ll keep you informed as soon as we know more !

About funds, we really want to thank the NGI0 Entrust program for their grant that funded most of the work on this new version (and on the PeerTube mobile app we released last week). The NLnet team has been a great partner on the management of this grant, and the accessibility audit from the consortium has really made a huge difference.

Share ideas & Feedback on PeerTube Support Framasoft

The challenge : 20,000 times €20 donations for Framasoft’s 20th anniversary !

Even though those new developments has been funded, maintaining PeerTube, offering great (and free) support, integrating contributions, etc. happens on our own dime. And Framasoft isn’t an IT company : we’re a non-profit advocating on digital emancipation.

Framasoft is funded by your donations ! Every €20 you donate will be a new balloon to celebrate 20 years of adventures and help us continue and take off for a21st year.

Framasoft is a model of solidarity :

  • 8,000 donors in 2023 ;
  • over 2 million beneficiaries every month ;
  • your donation can benefit 249 other people.

Framasoft donation bar on 2024 dec. 17th, at 110619€

To date, we have raised €110,619 of our campaign target. We still have 14 days to convince our friends and raise enough money to get Framasoft off the ground.

So, challenge accepted ?

🎈🎈 Help Framasoft fund its 21st year of existence ! 🎈🎈

PeerTube v7 : offrez un nouveau look Ă  votre plateforme vidĂ©o !

Par : Framasoft
17 décembre 2024 à 03:34

DotĂ©e d’un tout nouveau design, la nouvelle interface de PeerTube n’est pas uniquement plus esthĂ©tique. Elle est aussi plus simple, plus facile Ă  utiliser et Ă  comprendre, et plus accessible. C’est une nouvelle Ăšre pour ce logiciel qui permet aux vidĂ©astes d’avoir leurs propres plateformes de vidĂ©o, de les modĂ©rer et de les connecter entre elles.

🎈 Framasoft a 20 ans🎈 : Contribuez pour financer une 21e annĂ©e !

GrĂące Ă  vos dons (dĂ©fiscalisables Ă  66 %), l’association Framasoft agit depuis 20 ans pour faire avancer le Web Ă©thique et convivial. Retrouvez un focus sur certaines de nos actions en 2024 sur le site Soutenir Framasoft.

âžĄïž Lire la sĂ©rie d’articles de cette campagne (nov. – dĂ©c. 2024)

AvancĂ©es rapides de l’écosystĂšme PeerTube

Il y a sept ans, PeerTube était principalement un outil connu uniquement des passionnés de logiciels libres à la pointe de la technologie. Il est ensuite devenu plus populaire parmi les créatrices et créateurs de contenus qui voulaient auto-héberger un miroir de leurs chaßnes YouTube/Twitch et parmi les communautés qui voulaient créer et modérer un espace inclusif (personnes sourdes, personnes queers, etc.).

Aujourd’hui, PeerTube connaĂźt un succĂšs croissant auprĂšs de vidĂ©astes qui publient du contenu original (ou du contenu rĂ©servĂ© Ă  leur communautĂ©), de mĂ©dias alternatifs et de diverses institutions : universitĂ©s, ministĂšre de l’éducation, archives de la tĂ©lĂ©vision et des radios nationales, etc.

Les structures publiques ont souvent besoin de partager des contenus vidĂ©o sans avoir recours Ă  des mĂ©canismes qui attirent l’attention ou qui exploitent les donnĂ©es.

illustration with the PeerTube mascot and the motto "building a free internet of the future"

DĂ©couvrez l’histoire et les valeurs de PeerTube grĂące Ă  cette interview de l’Association pour la communication progressive (en anglais).

Pour nous, il s’agit d’une nouvelle avancĂ©e dans l’évolution de l’audience de PeerTube.

Cette annĂ©e, nous avons donc demandĂ© Ă  La CoopĂ©rative des Internets de mener une Ă©tude UX approfondie (avec entretiens, tests, etc.) et de nous aider Ă  entamer une refonte complĂšte du design. Notre objectif Ă©tait d’amĂ©liorer PeerTube pour qu’il rĂ©ponde au mieux aux besoins de ces nouveaux publics. Nous leur avons clairement donnĂ© carte blanche pour tout remettre en question : les couleurs, le vocabulaire, la mise en page


Nous sommes fiers de vous prĂ©senter cette v7 de PeerTube, qui pose les bases d’une refonte complĂšte du logiciel et de son design.

Voir le code source Soutenir Framasoft

Petit aperçu : des thĂšmes, des nouvelles couleurs et du vocabulaire

Le design de PeerTube, ses couleurs, son vocabulaire
 Tout s’est construit au cours des sept derniĂšres annĂ©es, au fur et Ă  mesure de notre apprentissage sur le tas et de l’aide apportĂ©e par la communautĂ©. Ce nouveau design a Ă©tĂ© l’occasion de prendre un peu de recul et de donner un sens, des intentions Ă  l’interface.

Image de l'interface light beige de PeerTube

Le nouveau thĂšme par dĂ©faut, beige clair, est plus chaleureux et plus agrĂ©able Ă  l’Ɠil que le thĂšme original, noir et orange. Un thĂšme brun est aussi disponible, pour qui prĂ©fĂšre les affichages sombres. Ces deux thĂšmes ont pour but de faciliter la navigation dans les vidĂ©os.

La crĂ©ation de ces nouveaux thĂšmes a Ă©tĂ© l’occasion de nettoyer et de simplifier le code de l’interface (en particulier : nettoyer les CSS, en se concentrant sur les variables), tout en limitant les ruptures avec les thĂšmes personnalisĂ©s prĂ©existants. Il est maintenant beaucoup plus facile de crĂ©er de nouveaux thĂšmes pour PeerTube. Nous espĂ©rons d’ailleurs que vous nous partagerez vos rĂ©alisations !

Image de l'interface dark marron de PeerTube

Le glossaire de PeerTube a Ă©galement Ă©tĂ© mis Ă  jour. Ce n’est pas pour rien que nous utilisons dĂ©sormais le terme « plateforme(s) Â» pour parler de tous les serveurs sur lesquels PeerTube a Ă©tĂ© installĂ©. Les appeler « instance(s) Â» est la norme dans le monde technique des enthousiastes d’activity-pub. Mais pour celles et ceux qui n’ont pas le privilĂšge de connaĂźtre le Fediverse et son protocole, le mot plateforme est plus explicite, et facilite l’inclusion.

Site PeerTube Soutenir Framasoft

Une mise en page plus simple et plus pertinente

Il y a beaucoup d’informations Ă  afficher sur une page PeerTube. Les prĂ©sentations et les menus se sont dĂ©veloppĂ©s au fil du temps durant sept annĂ©es de dĂ©veloppement
 et avaient bien besoin d’ĂȘtre rĂ©visĂ©s ! Ces nouveaux menus et pages ont Ă©tĂ© complĂštement retravaillĂ©es pour mettre en avant les informations importantes et permettre de trouver plus facilement le contenu que l’on recherche.

Image de l'interface de PeerTube en utilisateur anonyme

Par exemple, les crĂ©ateurs et crĂ©atrices de contenus accĂ©daient Ă  leurs chaĂźnes et aux vidĂ©os tĂ©lĂ©chargĂ©es dans leur bibliothĂšque (oĂč tout utilisateur de PeerTube peut accĂ©der aux listes de lecture, Ă  l’historique, etc. des vidĂ©os visionnĂ©es). DĂ©sormais, dans PeerTube v7, il existe une nouvelle section appelĂ©e « Espace vidĂ©o Â» spĂ©cifique aux besoins des crĂ©ateurs de contenus.

De la mĂȘme maniĂšre, les pages « Admin Â» pour qui administre leur propre plateforme PeerTube ont Ă©tĂ© sĂ©parĂ©es en une page « Aperçu Â» (pour obtenir plus d’informations sur les utilisateurs, les vidĂ©os hĂ©bergĂ©es, etc.), une page « ModĂ©ration Â» (pour gĂ©rer les abus, les blocages et les inscriptions), et une page « ParamĂštres Â» (pour accĂ©der Ă  la configuration, les runners, etc.).

Image de la partie admin de PeerTube

Les diffĂ©rentes pages qui affichaient les vidĂ©os d’une plateforme PeerTube (RĂ©cemment ajoutĂ©es, VidĂ©os locales, Tendances) ont Ă©tĂ© fusionnĂ©es en une page « Parcourir les vidĂ©os Â», qui inclut des options de filtres rapides pour afficher les mĂȘmes sĂ©lections de contenus d’une maniĂšre plus directe.

La nouvelle disposition de la page « DĂ©couvrir des vidĂ©os Â» a Ă©tĂ© conçue dans le mĂȘme esprit. Nous espĂ©rons qu’elle satisfera mĂȘme les utilisateurs les plus curieux.

Enfin, la barre de gauche et les menus de l’en-tĂȘte ont Ă©tĂ© rĂ©organisĂ©s afin d’illustrer ces changements et rendre la navigation encore plus intuitive. Vous pouvez dĂ©sormais accĂ©der aux paramĂštres de votre compte et aux notifications Ă  partir du menu d’en-tĂȘte, coutume courante sur d’autres sites web.

Moteur de recherche PeerTube Soutenir Framasoft

Afficher simplement la diversité des vidéos

L’un des principaux retours de personnes dĂ©couvrant PeerTube Ă©tait que l’ancienne interface Ă©tait confuse, qu’il Ă©tait difficile pour une utilisatrice de savoir oĂč il se trouvait et d’oĂč provenaient les vidĂ©os.

C’est pourquoi, dans PeerTube v7, nous avons ajoutĂ© plus de moyens pour les propriĂ©taires de plateformes de personnaliser et d’identifier leurs plateformes : ajouter facilement une banniĂšre (utilisĂ©e sur les pages, l’exploration de l’application mobile, et notre moteur de recherche SepiaSearch) et une icĂŽne de plateforme (utilisĂ©e par l’application mobile). De plus, le nom et la description de leur plateforme sont maintenant affichĂ©s pour les utilisateurs non-enregistrĂ©s dans le menu de gauche.

Capture d'écran des résultats de recherche de la plateforme sur JoinPeerTube

Les banniÚres des plateformes apparaissent positivement dans les résultats de recherche (ici sur joinpeertube.org)

La maniĂšre dont les miniatures vidĂ©o apparaissent a Ă©galement Ă©tĂ© modifiĂ©e dans toutes les pages qui listent des vidĂ©os. Les avatars des chaĂźnes sont mis en avant afin de faciliter l’identification des crĂ©ateurs, les titres sont mis en Ă©vidence, la date et le nombre de vues de la vidĂ©o sont prĂ©sents mais attĂ©nuĂ©s. Ces changements rendent les pages qui rĂ©pertorient les vidĂ©os plus lisibles et simplifient l’identification de la vidĂ©o que vous souhaitez regarder.

Application mobile PeerTube Soutenir Framasoft

L’accessibilitĂ© mise Ă  l’honneur

La refonte nous a Ă©galement permis de donner la prioritĂ© Ă  l’accessibilitĂ© de l’interface (pour les personnes handicapĂ©es). En 2023, nous avions prĂ©parĂ© le code et avancĂ© Ă  l’aide de nos connaissances
 pour que l’audit complet d’accessibilitĂ© prĂ©vu en 2024 (grĂące au consortium NGI Entrust) apporte autant d’amĂ©liorations nouvelles et dĂ©taillĂ©es que possible.

GrĂące Ă  l’audit, de nombreux points ont pu ĂȘtre amĂ©liorĂ©s : les contrastes de couleurs et les thĂšmes, la barre de progression, plusieurs composants et divers problĂšmes liĂ©s aux lecteurs d’écran ont Ă©tĂ© corrigĂ©s. Les labels manquants sur les Ă©lĂ©ments interactifs ainsi que des liens « passer le menu Â» ont Ă©tĂ© ajoutĂ©s, les liens sont soulignĂ©s. La navigation au clavier a Ă©tĂ© perfectionnĂ©e et les composants d’une dĂ©pendance non accessible ont pu ĂȘtre rĂ©implĂ©mentĂ©s.

capture d'écran de la page vidéo vrowse sur peertube v7

Saviez-vous que l’ancien orange utilisĂ© pour PeerTube n’était pas assez contrastĂ© pour ĂȘtre accessible ?

Nous pensons sincĂšrement que PeerTube a rattrapĂ© son retard en matiĂšre d’accessibilitĂ© et devrait maintenant ĂȘtre conforme aux normes
 mais nous savons aussi qu’il est toujours possible de s’amĂ©liorer et d’apprendre directement des personnes concernĂ©es.

Suivre PeerTube sur Mastodon Soutenir Framasoft

Édition de sous-titres, promotion des vidĂ©os et plus encore


GrĂące au nouvel outil de transcription introduit l’annĂ©e derniĂšre, il est dĂ©sormais trĂšs simple d’obtenir une transcription ou des sous-titres pour votre vidĂ©o. Mais l’outil d’édition des transcriptions/sous-titres Ă©tait
 hum
 disons sommaire. Une nouvelle fenĂȘtre modale a Ă©tĂ© introduite, pour rendre l’édition des sous-titres beaucoup plus aisĂ©e.

Image montrant l'interface pour modifier les sous-titres dans PeerTube

Nous avons accueilli et intégré en amont une contribution de la communauté sur le SEO (optimisation pour les moteurs de recherche), pour aider à promouvoir le contenu hébergé sur PeerTube dans les moteurs de recherche. Un avatar de la plateforme apparaßt désormais dans les balises opengraph, les comptes et canaux vides sont masqués dans le plan du site, tandis que des balises vidéo supplémentaires y sont désormais présentes.

Enfin, PeerTube a été traduit en slovaque.

Nous voulons vraiment prendre le temps de remercier la communautĂ© qui contribue aux traductions de PeerTube, jamais nous n’aurions pensĂ© que notre logiciel serait un jour disponible dans plus de 38 langues.

Un grand merci Ă  vous tous, personnes merveilleuses, qui avez pris le temps et le soin de contribuer Ă  notre outil de traduction : vous ĂȘtes incroyables !

sepia, mascotte de peertube, entretenant son jardin

Faire la chasse aux bugs et cultiver le jardin Commun
 une allégorie de la communauté PeerTube.
Illustration de David Revoy (CC-By)

S’inscrire aux nouvelles de PeerTube Soutenir Framasoft

Plus d’amĂ©liorations Ă  venir


D’autres chantiers sont prĂ©vus dans le cadre de cette refonte de l’interface. Nous espĂ©rons les livrer dans les premiers mois de 2025. Tout d’abord, la traduction du rapport de recherche UX de La CoopĂ©rative des Internets est en voie d’ĂȘtre terminĂ©e. Nous le publierons dans l’espoir qu’il aidera l’ensemble de la communautĂ© du Fediverse.

Une fois que les administratrices de PeerTube auront le temps de faire la mise Ă  jour de leurs plateformes, nous mettrons Ă  jour la documentation de PeerTube avec de nouvelles captures d’écran, et les chemins des nouveaux menus.

Les prochaines Ă©volutions seront dĂ©diĂ©es Ă  la simplification de la gestion des chaĂźnes et des vidĂ©os pour les crĂ©ateurs de contenus (oĂč plusieurs outils et menus ont Ă©tĂ© ajoutĂ©s au fil des ans). La catĂ©gorisation des vidĂ©os NSFW devrait Ă©galement ĂȘtre affinĂ©e.

Illustration - Dans la mer Sepia, lĂŠ poulpe mascotte de PeerTube, dessine un grand chiffre sept avec son encre.

Illustration : David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Évidemment, beaucoup d’autres projets sont prĂ©vus pour notre feuille de route 2025, mais nous attendons de voir si nous allons obtenir des fonds pour les rĂ©aliser : nous vous tiendrons informĂ©es dĂšs que nous en saurons plus !

En ce qui concerne les fonds, nous tenons Ă  remercier le programme Entrust du NGI0 pour sa subvention qui a permis de financer la majeure partie du travail sur cette nouvelle version (et sur l’application mobile PeerTube que nous avons lancĂ©e la semaine derniĂšre). L’équipe NLnet a Ă©tĂ© un excellent partenaire dans la gestion de cette subvention, et l’audit d’accessibilitĂ© du consortium a vraiment fait une Ă©norme diffĂ©rence.

Partagez vos idées et retours sur PeerTube Soutenir Framasoft

Le dĂ©fi : 20 000 fois 20 € de dons pour les 20 ans de Framasoft !

MĂȘme si ces nouveaux dĂ©veloppements ont pu ĂȘtre financĂ©s, la maintenance de PeerTube, le support (gratuit), l’intĂ©gration des contributions, etc. se font sur nos propres ressources. Et Framasoft n’est pas une grande entreprise de la tech : nous sommes une association Ă  but non lucratif qui milite pour l’émancipation numĂ©rique.

Or Framasoft est financĂ©e par vos dons ! Chaque tranche de 20 euros de dons sera un nouveau ballon pour cĂ©lĂ©brer 20 annĂ©es d’aventures et nous aider Ă  continuer et dĂ©coller une 21e annĂ©e.

Framasoft, c’est un modĂšle solidaire :

  • 8000 donatrices en 2023 ;
  • plus de 2 millions de bĂ©nĂ©ficiaires chaque mois ;
  • votre don (dĂ©fiscalisable Ă  66 %) peut bĂ©nĂ©ficier Ă  249 autres personnes.

Jauge de dons de Framasoft au 17 dĂ©cembre 2024, Ă  110619 €

À ce jour, nous avons collectĂ© 110 619 € sur notre objectif de campagne. Il nous reste 14 jours pour convaincre les copaines et rĂ©colter de quoi faire dĂ©coller Framasoft.

Alors : dĂ©fi relevĂ© ?

🎈 Je soutiens la 21e annĂ©e de Framasoft 🎈

Les Framactus – Hiver 2024

Par : Framasoft
17 décembre 2024 à 03:34

Entre bonnets, Ă©charpes et prĂ©paration de la fin de l’annĂ©e
 Voici les derniĂšres nouvelles de Framasoft en 2024, de la campagne de dons en cours et de la cĂ©lĂ©bration des 20 ans de l’association.

🎈Je soutiens l’association Framasoft🎈

2024 en quelques chiffres

Nous le disions dans la prĂ©cĂ©dente lettre d’info, l’annĂ©e fut particuliĂšrement difficile pour Framasoft. NĂ©anmoins, notre association peut ĂȘtre fiĂšre des chiffres (temporaires) qu’elle prĂ©sente :

  • 42 interventions Ă  votre rencontre ;
  • 104 articles sur le Framablog ;
  • 52 structures accompagnantes rĂ©pertoriĂ©es sur Emancip’Asso ;
  • 1583 espaces cloud attribuĂ©s Ă  des assos et collectifs sur Framaspace ;
  • 81 sites dont 24 services sur 126 serveurs ;
  • 1068 plateformes PeerTube hĂ©bergeant leurs propres vidĂ©os ;
  • 
pour environ 1,8 millions bĂ©nĂ©ficiaires chaque mois (estimation (au doigt mouillĂ© (on peut pas ĂȘtre sĂ»rs (on ne vous piste pas))))

Nos actions sont financĂ©es par vos dons : plus que jamais, merci de vos contributions.

Soutenir le travail de Framasoft

illustration des 20 ans de Framasoft

Pour ses 20 ans, Framasoft vous couvre de cadeaux !

Depuis le 19 novembre, l’association Framasoft cĂ©lĂšbre sa 20e annĂ©e d’existence. Chaque semaine a Ă©tĂ© l’occasion d’une nouvelle annonce, d’un nouveau partage :

  • CĂ©lĂ©brez les 20 ans de l’association, avec un site web commĂ©moratif, et deux Ă©pisodes du podcast Projets Libres !
  • Framaspace, le cloud libre et gratuit pour les petites assos, s’enrichit de formulaires, outil comptable, gestion de membres
 pour mieux aider les collectifs Ă  changer le monde !
  • DĂ©mystifions ensemble l’Intelligence Artificielle : le site-outil FramamIA propose des clĂ©s de comprĂ©hension autour de l’IA
 et l’application Lokas permet d’expĂ©rimenter avec un outil concret.
  • PeerTube dispose dĂ©sormais d’une application mobile, pour dĂ©couvrir et regarder des vidĂ©os et des lives. Conçue avec soin, l’interface ne capte ni vos donnĂ©es, ni votre attention.
  • Quant au logiciel PeerTube, la version 7 vient juste de sortir ! ThĂšme, nouvelle interface, accessibilité  c’est un relooking complet pour notre alternative Ă©thique Ă  YouTube ou Twitch.
  • (la semaine de NoĂ«l) Nous avons hĂąte de vous prĂ©senter un bilan de Collectivisons Internet, Convivialisons Internet
 notre stratĂ©gie pour dĂ©googliser les associations.

Toutes ces publications sont (et seront) dĂ©taillĂ©es sur le Framablog, et rĂ©sumĂ©es sur le site Soutenir Framasoft, oĂč notre campagne de dons bat son plein.

Soutenir les actions de Framasoft

illustration de FRamasoft décolle

Plus que quelques jours pour nous aider Ă  continuer, voire Ă  dĂ©coller, en 2025 !

Framasoft vit principalement de vos dons. Environ 95 % de nos revenus proviennent de donations, dont 20 % de dons de fondations
 Ce qui fait que 75 % de notre budget vient de vous.

Votre gĂ©nĂ©rositĂ© depuis que nous avons commencĂ© Ă  cĂ©lĂ©brer ces 20 ans n’a pas fait dĂ©faut, et nous souhaitons remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont dĂ©jĂ  contribuĂ© Ă  cet Ă©lan solidaire.

Notre objectif, cette fin d’annĂ©e, est double :

  • si l’on collecte 200 000 €, on sort de l’orniĂšre, on boucle le budget 2025 et Framasoft pourra poursuivre ses projets (en Ă©quipe rĂ©duite).
  • dĂšs qu’on se dirige vers les 400 000 €, vous offrez Ă  Framasoft les moyens de rebondir, voire dĂ©coller, pour innover et s’emparer de nouveaux enjeux.

L’association Framasoft Ă©tant reconnue d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, les contribuables Français peuvent bĂ©nĂ©ficier d’une dĂ©duction fiscale de 66 %
 mais il faut donner avant le 31 dĂ©cembre minuit si vous voulez que ça compte pour 2024 !

Cette annĂ©e plus que les autres, nous espĂ©rons votre aide, vos partages et votre solidarité  en souhaitant que nos actions soient Ă  la hauteur de vos dons.

🎈Contribuer aux 20 ans de Framasoft🎈

On vous envoie plein de chaleur et de paillettes pour cette fin d’annĂ©e,

L’équipe de Framasoft, asso vingtenaire.

 

PeerTube mobile app : discover videos while caring for your attention

Par : Framasoft
10 décembre 2024 à 03:44

Today, at Framasoft (bonjour !), we publish the very first version of the PeerTube Mobile app for android and iOS. A lot of care went into its conception, to help a wider audience watch videos and discover platforms, while not getting their attention (and data) exploited.

🎈Framasoft is 20 years old🎈 : Contribute to finance a 21st year !

Thanks to your donations (66 % tax-free), the Framasoft association has been working for 20 years to advance the ethical and user-friendly Web. Find out more about some of our actions in 2024 on the Support Framasoftwebsite .

âžĄïž Read the series of articles from this campaign (FR – Nov. – Dec. 2024)

Another step into PeerTube growth

Even though we have been developing and maintaining the PeerTube software for 7 years, we, at Framasoft, are far from being an IT company. First because we are a not-for-profit (funded through donations, you can support us here), and then because our goal is, actually, to help others educate themselves on digital issues, surveillance capitalism, etc. and to give them tools that helps them get digitally emancipated.

Developing PeerTube has been, to us, an (happy) accident. We wanted to show that with one paid developer (for the first six years, then two), very little means (~ €650,000 over 7 years) and lots of community contributions, we can create a radical alternative to YouTube and Twitch. It also took a lot of patience. From the get go, we knew we needed to aim for a slow but steady pace of growth for the software, the network of video platforms it federates, the whole ecosystem and the audiences it reached.

Videos and live-streams are increasingly watched on mobile devices. We knew the next step to widen the audience of the PeerTube network of platforms was to develop a mobile client. Last year, we decided to hire Wicklow (who completed his last internship, before graduating, here with us), to train him on mobile technologies, develop a mobile app, while continuing to get familiar with PeerTube’s core code.

Support PeerTube & Framasoft

Getting funded and getting help

This was (and still is) a big decision : a new hire needs to be funded (our huge thanks to NLnet and the NGI0 Entrust program !), and we want to stay a small structure, so we don’t have lots of room in our team. In hindsight, though, we believe it was the right one.

We surrounded ourselves with Zenika, to get help on architecture and experience on mobile strategy. We soon realized that peer-to-peer video sharing wouldn’t be a wise strategy on mobile devices. After benchmarking different technologies, Wicklow picked Flutter for the development.

La CoopĂ©rative des Internets (French design workers-owed-company), helped us pinpoint the relevant user experience and design an app fit for videos on the fediverse. We decided, for the first release, to limit the scope of the app to the « spectator use-case Â» : browsing and watching videos.

We plan to share all their reports soon (early 2025), as soon as we put in the final touches. We hope that sharing this expertise and experience will help other FLOSS initiatives in their endeavor.

In the meanwhile, the PeerTube Mobile app is (as always with us) Free-libre and open-source, and you can find the source code here on our repository.

Image "welcome" PeerTube app Image PeerTube app video player

 

🎈🎈 Celebrate Framasoft’s 20th birthday 🎈🎈

Fediverse complexities made simple

This preparatory work helped us realize that a mobile client was an amazing opportunity to simplify the PeerTube experience. PeerTube is not a video platform : it’s a network of video platforms, each with their own rules, means and focus, that can choose to federate with others (or not).

It is, by design, more complex than a centralized platform. One of the main feedback we got from video enthusiasts was

« I don’t know where to get an account. I don’t know where to search & find videos Â» (even though we maintain SepiaSearch).

Screenshot of SepiaSearch.org, our PeerTube Search Engine

Local account

Within a mobile client, we can create some kind of local account, directly on your device, so you get your watch-list, playlists, faves, etc. It saves you the hassle of finding a platform where you’d need to create an account if you just want to enjoy video content.

Image "Watch later" PeerTube app

Explore platforms

We can also include a search engine and an interface to explore the federation of PeerTube platforms and find videos suited to your interest. Not everyone knows SepiaSearch (and other fediverse search engines) exists : you get it from the get go, in your pocket.

Highlighting platforms’ diversity

Finally, we can present content in a way that highlights the platforms, and show you where the videos/channels you watch are hosted. Differentiating platforms is a practical, visual way of introducing the concept of federation to a wider audience.

Image PeerTube app "explore platforms"

Fund Framasoft’s work

Designing out dark patterns

Humility check : a small French nonprofit will never have Google’s workforce nor Amazon’s money (and vice versa). But we have an edge : we are not constrained by surveillance capitalism rules, and its captology models.

Neither PeerTube nor the mobile app have any interest into grabbing your attention, force-feeding you ads and milking behavioral and personal data from you.

That is how we freed the design from toxic design patterns such as doom scrolling, curated feeds, needy notifications and so on.

It might sound obvious, but it takes real effort to conceive an interface cleaned from what has unfortunately became the new normal. Even more if you need to keep it familiar enough so it says easy to use.

Image "show more" PeerTube app

A very first build, limited by (play & i) stores

We knew beforehand that fitting into Google’s PlayStore and Apple AppStore would be a challenge. They clearly weren’t ready to host a client for (not-a-platform but) a network of autonomous video-sharing platforms, published by a small French nonprofit, funded through its independent donation website.

We knew about the issues encountered by Thorium (another PeerTube mobile client). We got help and advice from Gabe, who develops the streaming tool Owncast (may your keyboard always repel crumbs and click smoothly), and encountered many obstacles
 We knew about all that but, oh my Tux, it was a wild ride.

After jumping though hoops, here we are, you can download the PeerTube mobile app here :

Download on F-Droid, alternative store for Android AppStoreSoon Download on Google Play Store Download on Apple AppStore

🔗Download the latest apk🔗 ((Android/Advanced)

🎈 Contribute to Framasoft’s Future 🎈

(un-)Limiting the federation

To get through Apple’s (and, in a lesser way, Google’s) validation processes, we had to present the mobile app with a curated « allowlist Â» of PeerTube platforms that meet their standards.

Here is the state of those limitations right now :

  • Apple AppStore : limited to a very strict allowlist. Truth be told, a week before release, we are still unsure of being validated. Once we manage it, we’ll see how to widen the list & let users add platforms they want ;
  • Google Play Store : limited allowlist, but users can already add the platforms they want. We plan to widen the allowlist next ;
  • F-Droid (coming soon) and direct download apk : all PeerTube platforms we have indexed on SepiaSearch are available. If an instance isn’t declared to our index or is moderated, you can add it manually.

Image explore plateforms PeerTube app

Download on F-Droid, alternative store for Android AppStoreSoon Download on Google Play Store Download on Apple AppStore

🔗Download the latest apk🔗 ((Android/Advanced)

We cannot stress enough how their stores are not ready for independent solidarity-oriented networks. For exemple, a small « support us Â» donation link in our website footer or even on one of the allowed platforms triggered a « nope Â» from Apple.

And that’s consistent : as seen in their fight with Epic (owners of Fortnite) Apple take their share in every in-app purchases. They have an economic interest to keep your expenses enclosed in their ecosystem. Please, please : consider getting your freedom back ;).

meme "I expected nothing, and yet I was disappointed"

Coming soon, in the PeerTube App

Fitting into Apple’s (and Google’s) very small boxes took time and energy, more than what we expected. We decided to release a first (incomplete) version of the app in December anyway, and gradually improve on it.

Here are the features we plan to develop and share for the PeerTube app :

  • Soon (early 2025)
    • Finalize and publish design and mobile strategy reports
    • Publish documentation
    • Play video in background
    • Log in to one’s account, gets subscriptions, comment videos
    • next video recommandation
    • improve on the limited platforms list situation
  • Then (mid 2025 (if funded))
    • adapt to tablets
    • adapt to TVs (well : AndroidTV
 as for AppleTV, it will depend on their limitations)
    • Watch offline (for downloadable content)

Right now, we are still waiting to secure funding for those mid-2025 features (for which we have requested a NGI0 Commons grant to NLnet).

Depending on the app success and usage, we would love to add the content creator usecase to the app. But that’s a big one : upload and publish a video, manage one’s content, create a livestream, etc. We are still wondering where, when and how to get funds for this undertaking.

Illustration - Sepia, lÊ poulpe mascotte de PeerTube, sort de l'écran d'un téléphone mobile.

Illustration by David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Care, Share and Contribute !

This is the part where we need you.

We hope you will enjoy this app, download and use it, and share it with your friends. This is a new gateway to promote PeerTube content, get audience to fabulous content creators, entice them to share more and boost that virtious loop.

This app is also a way of showcasing how media could be presented, when they are made with care for your agency and attention. More than ever : sharing is caring.

Download on F-Droid, alternative store for Android AppStoreSoon Download on Google Play Store Download on Apple AppStore

🔗Download the latest apk🔗 ((Android/Advanced)

You can also contribute by reporting bugs (within the app), helping on the code (here is the git repository), and translating the interface. This is an important one : right now, the App is only available in English and French. Your language contributions are welcomed here on our translation platform.

Obviously, we plan to maintain the app, add translations, implement bugfixes and security updates when needed : but this has a cost. We need to secure Framasoft’s 2025 budget to make Wicklow’s position permanent in our team (which is a priority to us). Our donation campaign is active right now, you can add your support here (and thanks !).

illustration oĂč des animaux mascottes de projets framasoft rassemblent des ballons sur deux piquets au sol. Les ballons prennent la forme d'un 20 gĂ©ant.

Illustration by David Revoy – Licence : CC-By 4.0

The challenge : 20,000 times €20 donations for Framasoft’s 20th anniversary !

Framasoft is funded by your donations ! Every €20 you donate will be a new balloon to celebrate 20 years of adventures and help us continue and take off for a21st year.

Framasoft is a model of solidarity :

  • 8,000 donors in 2023 ;
  • over 2 million beneficiaries every month ;
  • your donation can benefit 249 other people.

Framasoft donation bar on 2024 dec. 10th, at 84817€

To date, we have raised €84,817 of our campaign target. We still have 21 days to convince our friends and raise enough money to get Framasoft off the ground.

So, challenge accepted ?

Support Framasoft

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